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la voir sans qu’elle sût

qu’elle le voyait
lafayette - princesse de clèves
INTRODUCTION

La cour se rend à Paris pour le sacre du nouveau roi. La princesse feint d’être malade pour se reposer à Coulommiers.
Elle reçoit Mme de Martigue qui informe la cour de ce que fait Madame de Clèves. Le duc de Nemour l’apprend
et lorsque la cour se déplace à Chambord (qui est prêt de Coulommiers) se rend jusqu’à la demeure de la princesse.
Mais le Prince a vu l’intérêt du duc et l’a fait suivre par un gentilhomme. On a dans cette scène le point de vue des
deux protagonistes >> mise en abîme qui inclut le lecteur. La scène est dominée par le thème du regard des uns et
des autres.
2 grands mouvements : 1- Parcours du Duc de Nemours : roman de chevalerie (l.1 à 14)
2- La vision de la princesse et la jouissance du duc de Nemours

I – PARCOURS DU DUC DE NEMOURS : UN ROMAN DE CHEVALERIE

• Roman de chevalerie : semé d’embûche


éléments dans le texte : éloignement du château : « demi-lieu »(l.3), Le duc a traversé une forêt de nuit. Insistance
sur l’obscurité : l.4,7,8 avec « nuit, obscur » > mettent la bien aimé en lumière. Obstacles : palissades nombreuses
(l.12), difficulté (l.10/11) « encore » > symbole de la difficulté à atteindre la prin voir inaccessible.
• Espion : gentilhomme de Nemours > roman de chevalerie
Point de vue du gentilhomme (l.3 à 10), devina (4), ne crut pas (4/5), le vit (9) = focalisation externe (le lecteur n’a
pas les pensées de Nemours).
Caractéristiques du conte : - gentilhomme : opposant > aspect romanesque.
- hyperbole, le gentilhomme vaut le duc de Nemours l.1, 2 : « toute l’exactitude imaginable », « devina aisément »
(4), « raisonnement » (7): espion parfait qui fait des bonnes décisions et des bonnes déductions
On a donc deux personnages parfait mais l’espion ne peut pas suivre Nemours à l’intérieur.

II – LA VISION DE LA PRINCESSE ET LA JOUISSANCE DU DUC

Changement de focalisation : point de vue de Nemours. Vision plus interne, sentiments.


• Champs lexical de la vision : voir, termes de la vision « voir » (l.18, 18, 19, 24) « vue » (l.20). Insistance sur cet
éclairage d’autant plus fort que Nemours est dans la nuit. Opposition lumière (l.14, 30 : « flambeau ») et l’obscurité
dans laquelle se trouve le duc.
•Rôle de la fenêtre ouvertes (l.15) qui sont des « portes-fenêtres » (l.18). Permet à Nemours de voir la princesse.
C’est une frontière ouverte entre la lumière et l’obscurité. Nemours ne peut pas aller plus loin. Regard caché et in-
terdit. Regard unilatéral : seul le duc voit > voyeurisme.
• Voyeurisme. Le duc viole l’intimité de la princesse. Pénétration illégale. Ligne 12/13 : « néanmoins » : clandesti-
nement. Mai aussi témérité du héro, renvoi à son agilité (comme quand lorsqu’il passe par dessus les chaises dans la
scène du bal). Le duc surprend la princesse dans une tenue décontracté. Elle n’attend personne (l.20/21). Dénotations
charnelles > « elle n’avait rien » (l.20) : effet sur Nemours ; « confusément », aspect négligé, intimité mais aussi
sensualité.
Nemours surprend aussi les sentiments de la princesse donc double voyeurisme. Les sentiment secrets. Ligne 28 à
33 insère le point de vue de la princesse dans celui du duc > mise en abîme. Réflexibilité des sentiments des deux
personnages : l.32 : « se mit à regarder », tandis que Nemours la regarde, la princesse regarde le portrait du duc
qu’elle a fait copier.
• Mise en évidence des sentiments communs mais aussi des différences entre le duc et la princesse. Notamment con-
cernant leur amour. Pas de passion violente pour la princesse : « douceur (30), grâce (30), attention et rêverie (32) »
différent du duc qui a un amour plus charnel.
• Le regard de la princesse se tourne ensuite sur la canne (allusion au roman de chevalerie). Le tableau est une copie
d’une copie > mise en abîme. Les occupations de la princesse tournent autour du duc : « couleur, canne (25/26) ».
Verbe évocateur : « porter » pour les couleurs et la canne. Le portrait a aussi un rôle important dans tout le roman
avec la princesse.
• L’émotion du duc croît de la ligne 16 à 19. Évolution physique. Le narrateur ne peut l’exprimer : « on ne peut ex-
primer » (34). Puis de nouveau point de vue de Nemours, Verbe de vision de nouveau « voir » (34, 36, 36, 36) : em-
boîtement des points de vue marqué par ces verbes. Jouissance de Nemours à ce voyeurisme : « la voir sans qu’elle
sût qu’il la voyait » (36). Amour sans contact, tradition courtoise : conte et aussi l’ambiance du conte : château,
couleur, pose de la princesse (l.35 : « le plus beau lieu du monde »). La dernière phrase montre la passion cachée de
la princesse et fait un résumé de la situation. Insistance du plaisir de Nemours avec la preuve de l’amour : « la voir
tout occupée de chose qui avaient du rapport avec lui »(36). Son bonheur augmente. Anaphore de voir marque la
gradation (34/36). 2ème bonheur : « à son insu » (36). 3ème bonheur : elle l’aime (35,36), anaphore à chaque fois.
Accumulation de négation (38) insiste sur la situation exceptionnelle : « c’est ce qui n’a jamais été goûté ni imaginé
par nul autre amant »(38).

CONCLUSION
Par la description de personnages parfaits, d’obstacles, de sentiments extrêmes cette scène a un caractère exemplaire.
Références subtiles à l’amour courtois, tradition dans laquelle s’inscrit la scène : dimension mythique. Scène pictu-
rale et ambiguë avec une valeur double symbolique et dramatique.

GROSSO MODO :
• roman de chevalerie : obstacles + espion + couleurs (tournois)
• éléments du conte
• Rôle important de la lumière et de l’obscurité qui opposent le duc et la princesse et mettent celle-ci en valeur.
• Double voyeurisme du duc : intimité et sentiments de la princesse
• importance du regard avec le rôle de la fenêtre, du portrait, de l’espion et de toutes les mises en abîme.

AUTRES RESSOURCES :

• http://rene.pommier.free.fr/Princesse06.html

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