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La Compagnie SANS TITRE production

DOSSIER PEDAGOGIQUE
 2009 - 2010

« J’ai des traits d’caractère masculin


J’ai des traits d’caractère féminin
Je suis une / je suis un /
Une personne singulière qu’est plurielle
Et t’sais quoi moi je suis Il et je suis
Elle »

Refrain d’un texte de Rap


écrit par les élèves du lycée de Joué-lès-Tours (37)
en collaboration avec Matthias rappeur
de La Gender CONFéRENCE
LES BRIGADES DU GENRE
Théâtre invisible dans les classes durant les cours
Un comédien en talons et une comédienne avec moustache entrent dans la classe introduits
par une personne de l’accueil de l’établissement.
Le professeur de la classe est de connivence avec les comédiens et fait comme si il ou elle
ne les connaissait pas.

La comédienne : « Bonjour, Brigade du Genre. Nous sommes chargés de mener une


enquête auprès des jeunes générations quant à leurs comportements face aux questions de
Genres »
Le comédien : « Vous n’êtes pas sans ignorer que la pilule « Choisir le sexe de son enfant »
va être commercialisée d’ici 1 an / 2 ans maximum, et que vous serrez donc les premières
générations à pouvoir choisir vous-même le sexe de vos enfants. »
La comédienne : « Nous sommes donc mandatés pour effectuer un sondage auprès de
vous pour connaître vos intentions de calibrage quant à votre descendance : calibrage
Garçon ou Fille.
Dans cette classe combien d’entre vous choisiront d’avoir un garçon comme premier enfant
et pourquoi ? Merci de justifier vos choix »….

Des doigts se lèvent, des réactions…


un élève : « on est obligé de choisir là ? et si on veut pas savoir ? »

La comédienne : « Ecoutez jeune homme quand la pilule sera commercialisée, vous


l’utiliserez comme tout le monde ; il vaut mieux y réfléchir dès maintenant afin de donner le
maximum de chance à votre enfant de réussir ; et ça commence par le choix de son sexe !
Non qu’est ce que vous en pensez ?»….

Le débat s’ouvre…

Tout au long de l’échange avec la classe, la comédienne défendra le fait qu’il vaut mieux :
La comédienne : « choisir un garçon pour lui donner un maximum de chance dans une
société dominée par le modèle occidental de l’homme Blanc ».

Le comédien prendra le parti de défendre : « le choix d’une fille est le bon choix, à cause
du potentiel séduction communication manipulation que les femmes ont par nature et qui leur
permet de mieux s’insérer dans la société.»

Les élèves réagissent alors selon leurs points de vues ou leur empathie avec les
personnages du comédien ou de la comédienne…

Les comédiens finissent par se disputer en reprenant un extrait de La Gender


CONFéRENCE et se présentent en tant que comédienne - metteur en scène et comédien -
rappeur du spectacle.

Un autre débat commence…


DEBAT
Autour des thèmes du spectacle : La Gender CONFéRENCE
«sexe / genre / préférence sexuelle»
Un débat s’ouvre autour de ce qu’il vient de se passer en « théâtre invisible » (inspiration
directe de la méthode d’Augusto Boal ).
A partir des réactions des élèves, les acteurs de La Gender CONFéRENCE, présents, font
avancer le débat autour de notions théoriques et sensibles :

• Le sexe biologique :
« sexes indéterminés ? sexes indéterminés ? qu’est ce que vous nous racontez ? Une fille
ça à un vagin un garçon un pénis ! C’est quand même pas compliqué !!! »

pas aussi simple…

« Tu l'traites de negro, mais finalement c'est toi qu'a un gros nez.


Tu te dis XX mais au fond n'es-tu pas XO ?
T'es casé, catalogué dans des F ou des M, mais l'important se serait-ce pas que les gens
s'aiment ?
Moi j'suis pas clichée, j'suis pas féminine, c'est bien vrai : comme ça j'paye pas de mine.
J'suis ce que je deviendrai mais certainement pas catin comme tous les clichés.
Visiblement, ici on ne demande qu'à te descendre, nous demandant ce qu'on est à 17 ans
alors qu'on n' arrive même pas à s'entendre.
On s'rend compte qu'on est heureux que quand on est dans le mieux. » Elève de terminale

• Le genre : caractéristiques masculines, caractéristiques féminines…


« Le 19/12/08 à 14h48 je suis
50% dans la lune, 10% de présent, 20% masculin, 5% féminin et 15% fatigué, out. Moi, je
suis 20% de ma mère –le caractère, 40% de mon père. Moi, je prends 20% de courants d’air.
Ce qui m’anime, c’est 10% de souvenirs. La terre de mon père n’est pas la terre de ma
mère.
Moi je suis fait de 10% de terre, 100% solitaire » Elève de 3ème Joué-lès-Tours

• la préférence sexuelle :
Hétérosexualité / Homosexualité / Bisexualité…. A un temps donné mais après ???

« Pas quoi, qui ?


Suis-je sexy, homo, abruti, hétéro
Il y a gros quiproquo
Sur le XY et le XO
Peut-être suis-je un salaud dans lequel règne une folie, ou une schizophrénie
Où va ma vie sans toi ma chérie ?
Pour le moment hétéro,
Ferais-je un jour le sot ?
De mon esprit j'ai fait le tour,
Et j'en suis sûr, je t'aime mon amour. »
LES ATELIERS D’ECRITURE…
«Et moi dans tout ça j’suis quoi ?»

Je suis hors-norme

Adélie, Maxime, Thomas, Léa- Mi femme, mi-homme, je suis hors-norme


Lucie- Je suis fière d’être ce que je suis
Pauline- Je suis celle qui est pour l’écologie et celui qui rêve d’Amérique
Audrey- Celle qui revient chez elle 1 cm plus féminine
Lucile- Je suis une bombe à retardement
Marion- Je suis la fille de ma mère, celle qui ne me fait pas confiance
Maxime- Je n’ai pas de modèle féminin
William- Je suis comme je suis
Islam- Je suis fier de ma terre
Lucille- Je suis calme un jour mais je peux exploser à tout moment
Aurore- Je suis un peu de mes amis aussi
Paul- J’ai le je-m’en-foutisme de ma mère
Pierre, Candice- Je suis un petit bout de femme, je suis un petit bout de flamme
Jules- Je suis celui qui se fait engueuler par son père quand il rentre bourré à trois
heures du mat’
Thomas- Je ne sais pas de quoi demain sera fait
Clément- Je suis le physique du père et le mental de la mère
Léa- Je suis unique
Damien- Je suis celui qui ne dit pas qui il est
Damien- Je suis unique, universel, mais pas exceptionnel
Lucas- Je suis celui qui n’dit rien
Virginie- Je suis celui qui rêve d’Amérique
Sandra, Jean-Marc, Destinée- Je suis moi
Marine, Madeline- Je suis celui qui dit de la merde mais qui fait rire
Brian- Mon modèle, c’est mon frère
Marie, Gaëlle- Peut-être, peut-être pas, j’essaye d’être moi
Islam- Je suis d’abord le petit frère et ensuite le grand frère
Adélie, Lola- Je suis en doute, je suis en route
Paul- Pas de modèle masculin, entouré de femmes
Pierre, Elsa- « Tu ressembles bien à ton père », « t’es le portrait de ta mère », peut-être,
peut-être pas, j’essaye juste d’être moi
Pauline- Je voudrais sortir de l’ombre et toucher la lumière
Sandy-Je suis d’ici, je suis d’ailleurs

Texte commun – 35 élèves classe de seconde – Poitiers


« Je suis celle et je suis celui »

Je suis celle qui sensible


Rancunière, méfiante
Celui qui traine dans les rues, qui voyage, qui divague
Celle qui est calme un jour
Et celui qui va exploser et tout casser un autre.
Celle qui prône l’écologie
Et celui qui rêve d’Amérique
Celle qui est casanière, reculée
Et celui qui prévoit de partir à l’aventure, de voyager, de s’ouvrir aux
autres
Celle qui va un jour s’apitoyer sur ses blessures, sur son passé
Et celui qui un autre jour va tendre la main, aider les gens à se
reconstruire, à se ressaisir »

Elève classe de seconde – Poitiers

& moi qui je suis ?*


Que j'sois bi, hétéro ou homo tout c'que t'arrives à baver c'est ce
genre de mots. Comment rayer la mention inutile sur des choses
aussi subtiles ? Sexe Féminin ou masculin. il faut qu'on s'use, qu'on
s'cache notre attirance sexuelle sinon les insultes fusent. On nous
entassent dans des cases comme si fallait pas qu'on soit la goutte
d'eau qui risquerai de faire déborder l'vase. Catalogués, coupables à
chaque fois , à croire que c'est cette " normalité" qui devrait faire la
loi. J'suis pas féminine, plutôt masculine, un peu libertine, c'est
comme ça, j'paye pas d'mine. Je demande rien, juste un brin de
respect pour tous les gens qui n'demanderaient pas plus que d'être
acceptés parce qu'ils sont bi ou gay. J'supporte pas les catins clichés
qu'on voit dans toutes les publicités qui s'cachent derrière une
sexualité qui peut-être ne les satisfait. Faut toujours c'cacher, pour se
faire accepter. Alors j'remballe ma fierté et j'assume être paumée.
Puisque la case de l'indécision n'est pas sur tous leurs fichus
papiers…
OPEN GENDER…
ou lever de rideau avant le spectacle

Les élèves sont invités et accompagnés à dire leurs textes, mis en espace ou en rap.

Accompagnement en amont
Ateliers d’écriture, forum, débats, rencontres, lectures sont possibles à organiser autour de la
création.
Des ateliers sont proposés, menés par les artistes autour du thème, de la pratique du jeu
théâtral, du rap et du slam.
(Adaptation des propositions en fonction des projets des enseignants).

De la construction de l’identité sexuelle / pistes pédagogiques en lien direct


avec le spectacle La Gender CONFéRENCE.

« La Gender CONFéRENCE » suit l’histoire d’un petit humain, de sa conception à sa vie


d’adulte. Elle explore la construction de son identité sexuée, relève les empreintes, les
traces, les marques, qui le suivent et l’influencent, sur son parcours de fille ou de garçon :
durant sa gestation, dans son enfance, durant son adolescence et dans sa vie d’adulte.
La « Trouble conférence » observe d’un œil curieux les attitudes, les chemins, que l’on fait
prendre au petit humain - et qu’il prend - pour devenir Homme ou Femme.

« La Gender CONFéRENCE » questionne la société sur ces manières de tout classifier :


masculin/féminin, riche/pauvre, jeune/vieux, noir/blanc… etc…qui rigidifient un être humain
dans sa seule existence sociale, le réduisent, le stigmatisent.

« La Gender CONFéRENCE » tente de bousculer les évidences, de faire trembler les


certitudes.

« La Gender CONFéRENCE » se demande comment la notion de norme, définie par une


société, peut influer sur quelque chose d’aussi intime que le sexe, l’identité sexuelle et la
sexualité même d’un individu.
Comment chacun peut se construire dans cette tension entre l’infiniment personnel et
l’absolument conforme.

La question du Genre, et plus largement celle de la construction de l’individu dans un corps


sexué, est au carrefour de questions biologiques, philosophiques, psychologiques,
historiques, sociales et politiques.

Comment chacun se construit lui-même ? Face à l’autre ? Dans quel contexte ? Comment la
société le façonne ? Existe t-il une volonté politique d’orienter les normes ? Dans quel sens ?
Dans quel but ?

Compagnie SANS TITRE production


A qui peut s’adresser La Gender CONFéRENCE ?

Touchant aux domaines de la biologie, de la philosophie, de la psychologie, de l’histoire,


de la sociologie, du politique et de l’art, ce spectacle peut croiser plusieurs matières
d'enseignement :

Science et Vie de la Terre


Génétique / reproduction
Philosophie
Nature et Culture
Français / Théâtre
Marivaux / Shakespeare / Genet…
Art Plastique
Hybridation du corps
EPS
Danse / Travail autour du corps

Bibliographie

L’identification L’autre c’est moi


(Grande découverte de la psychanalyse, recueil d’articles : Freud, Stoller, Kleisler / édition Tchou)

Féminin masculin mythes et idéologies (Belin)


Cerveau sexe et pouvoir (Belin)
De Catherine Vidal

Sexe et genre de la hiérarchie entre les sexes


Marie Hurtig,Michèle Kail, Hélène Reuch,(CNRS édition)

Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir


(2 tomes, Folio, Gallimard)

Trouble dans le Genre (Gender trouble). Le féminisme et la subversion de l’identité de


Judith Butler /Traduction par Cynthia Kraus
Défaire le genre, de Judith Butler, traduction par Marianne Cervulle (Amsterdam) (la
découverte Poche)

Trois essais sur la théorie de la sexualité de Sigmund Freud (Folio essai, Gallimard)

Le banquet de Platon, traduction par Luc Brisson (NRF)

La fabrique du sexe de Thomas Laqueur (NRF essais, Gallimard)

Masculin/Féminin de Françoise Héritier (2 tomes, Odile Jacob)

Théorie queer et culture populaire de Teresa de Laurentis, traduction par Marie-Hélène


Bourcier (la dispute)

Compagnie SANS TITRE production


Textes pour approfondir le sujet

« La vraie femme et le vrai homme »

« En effet, l’homme représente aujourd’hui le positif et le neutre, c’est-à-dire le mâle et l’être


humain, tandis que la femme est seulement le négatif, la femelle. Chaque fois qu’elle se
conduit en être humain, on déclare donc qu’elle d’identifie au mâle ; ses activités sportives,
politiques, intellectuelles, son désir pour d’autres femmes sont interprétés comme une
« protestation virile » ; on refuse de tenir compte des valeurs vers lesquelles elle se
transcende, ce qui conduit évidemment à considérer qu’elle fait le choix inauthentique d’une
attitude subjective. Le grand malentendu sur lequel repose ce système d’interprétations, c’est
qu’on admet qu’il est naturel pour l’être humain femelle de faire de soi un femme féminine : il
ne suffit pas d’être une hétérosexuelle, ni même une mère, pour réaliser cet idéal ; la « vraie
femme » est un produit artificiel que la civilisation fabrique comme naguère on fabriquait des
castrats ; ses prétendants instincts de coquetterie, de docilité lui sont insufflés comme à
l’homme l’orgueil phallique ; il n’accepte pas toujours sa vocation virile ; elle a de bonnes
raisons pour accepter moins docilement encore celle qui lui est assignée »

Simone de Beauvoir,
le deuxième sexe, 1949

« L’alibi de la nature »
« L’émergence, à la fin des années soixante, de la distinction entre sexe et genre (gender)…
associe à la notion de sexe les caractéristiques biologiques permettant de différencier les
hommes et les femmes ; à la notion de genre (elle associe) les attributs psychologiques, les
activités et les rôles et statuts sociaux culturellement assignés à chacune des catégories de
sexe et constituant un système de croyances, dont le principe d’une détermination
biologique est le pivot.
La distinction sexe/genre visait à mettre en question la réalité de la puissance explicative du
sexe biologique, du lien, jusque-là considéré comme inéluctable, entre différences
biologiques et différences psychologiques et sociales. Elle visait aussi à lever le voile sur les
rapports de domination liant les femmes aux hommes. Le lien causal entre différences
biologiques et catégories sociales des sexes,…, apparaît comme un alibi idéologique pour le
maintien de la domination, l’alibi de la nature. »

Marie Hurtig, Michèle Kail, Hélène Reuch


(CNRS édition)

Compagnie SANS TITRE production


« Homme ou femme, peut-on devenir autre chose ? »

Entretien avec Judith Butler

Philosophie magazine :
Quand vous abordez la question de la différence sexuelle, vous utilisez la notion de
« genre ». Quelle différence faites-vous entre « sexe » et « genre » ?

Judith Butler :
Alors que le « sexe » est une sorte de « fait », le « genre » est une construction sociale. Il
désigne l’ensemble des significations culturelles qu’assume un corps sexué. Le sexe, lui, est
conçu comme une présupposition biologique, un socle plus ou moins fixe et invariable. Dans
sa formulation première, le genre est lié au sexe : il le présuppose et agit à partir de lui. Le
genre est une constitution du sexe.

Philosophie magazine :
Alors que certains courants féministes se cantonnent à cette opposition entre sexe et genre,
vous introduisez un troisième terme, le désir. Pourquoi ?

Judith Butler :
Je tiens d’abord à préciser que mon approche est intimement liée au féminisme et en
particulier à la pensée de Simone de Beauvoir. Ce que je voulais montrer en distinguant ces
trois termes, c’est que, d’une part, notre « genre » ne suit pas nécessairement notre sexe
biologique ; d’autre part, notre désir n’épouse pas nécessairement ce « sexe », ni même ce
« genre ». Quelqu’un peut être mâle au niveau biologique, être « genré » comme une
femme, et avoir un désir homosexuel, hétérosexuel, bi ou asexuel. Dans la vie ordinaire, les
gens ont tendance à penser que la masculinité et la féminité sont hétérosexuelles, et qu’elles
exprimeraient une « vérité » biologique mâle et femelle. J’ai voulu casser ces « lignes
causales » entre sexe biologique, identité et pratique sexuelle. La discontinuité entre ces
trois termes permet de comprendre l’étendue et la diversité des pratiques. Si certains
courants féministes contestaient la présomption de domination masculine, ils conservaient ce
cadre de pensée hétérosexuel. L’alignement du sexe, du genre et du désir selon des « lignes
causales » est requis par une hiérarchie hétérosexuelle dominante. Mais cette norme
hétérosexuelle est constamment défiée et subvertie. Je suis formée, contrainte par les
normes du genre, mais ce « je » n’est pas entièrement déterminé par elles.

Compagnie SANS TITRE production


"Chaque sexe comporte des aspects du sexe opposé"

Contrairement à ce que Freud avait découvert sur le plan psychologique et avait extrapolé
par la suite comme s’il s’agissait d’un fait biologique, le clitoris n’est pas un petit pénis ;
anatomiquement, le pénis serait plutôt un clitoris androgénisé. Dans les deux sexes, une
quantité suffisante d’androgènes au moment propice produit un pénis normal
anatomiquement et physiologiquement. Dans les deux sexes, l’absence d’androgènes au
moment adéquat produit un clitoris anatomiquement et physiologiquement normal. Ainsi en
va-t-il des autres tissus (qui, à l’exception du cerveau, ne nous intéressent pas). Dans le cas
du cerveau existe la preuve, très nette chez l’animal, plus discrète chez l’homme, que cet
organe répond également aux conditions exposées ci-dessus. Le cerveau est femelle en ce
sens que si, dans les deux sexes, il n’y a pas apport d’hormones mâles, le comportement
sera féminin. Si, au moment critique de la période périnatale, la quantité d’androgènes est
suffisante, l’organisation de la physiologie cérébrale nécessaire à un comportement masculin
ne se produit pas, alors que l’apport d’androgènes à la période critique entraîne un
comportement masculin chez l’adulte – sans considération de sexe chez l’animal. Ce qui
rend cette règle moins claire chez les êtres humains tient à ce que ceux-ci sont beaucoup
plus sensibles, à l’origine de leur comportement, aux forces non biologiques que ne le sont
les animaux inférieurs.
Freud avait donc vraisemblablement tort de penser que le sexe « naturel » est le sexe mâle,
cette conviction étant devenue la « preuve » biologique de sa thèse selon laquelle les
femmes sont inférieures. Mais l’idée que biologiquement chacun des sexes porte en lui des
aspects ou témoigne de certaines potentialités pour le sexe opposé n’a pas été réfutée ; au
contraire, cette découverte n’a cessé d’être confirmée.
L’ « intersexualité » est le terme que nous utilisons aujourd’hui pour définir un changement
d’un ou de plusieurs des critères de détermination du sexe dans la direction du sexe opposé.
Ainsi, il peut y avoir trop de chromosomes sexuels (par exemple, XXY : le syndrome de
Klinefelter) ou trop peu (par exemple, XO : le syndrome de Turner) ; il est également
d’innombrables formes anatomiques et physiologiques d’intersexualité ; les dysfonctions des
gonades ; l’apparition hermaphrodite d’organes génitaux externes ; des appareils sexuels
internes déficients ou absents ; l’interruption de la production sexuelle hormonale normale ou
les conséquences qu’elle entraîne. Nous n’avons pas ici besoin de connaître les détails de
ces diverses formes, mais nous désirons savoir –comme Freud- quels effets ces désordres
somatiques exercent sur la fonction psychologique. Freud a eu le sentiment que
l’intersexualité (la bisexualité biologique) était une partie nécessaire de « l’ homosexualité
patente » (bisexualité psychologique) et aussi de « l’ homosexualité latente » des
hétérosexuels, qui se manifestent dans les deux sexes comme une « protestation
masculine ».

La difficile conquête de la masculinité – Robert Stoller


L’identification. L’autre c’est moi.
Ed.TCHOU

Compagnie SANS TITRE production


- Quand l’expérience forge nos têtes -

Les images du cerveau fascinent. Voir des régions qui « s’allument » différemment chez les
hommes et les femmes laisse penser qu’on détient enfin la clé que va permettre de
comprendre nos différences. Mais ces images ne sont qu’une représentation instantanée du
fonctionnement cérébral. Elles ne disent rien sur l’origine des différences. Car le
fonctionnement du cerveau n’est pas fixé une fois pour toutes. Il évolue en permanence, en
fonction des événements vécus par l’individu. L’apprentissage d’une langue, la pratique de la
musique, l’entraînement à mémoriser l’espace, conduisent à des remaniements prononcés
des circuits de neurones qui ne sont jamais figés, qui se font et de défont au gré des
expériences vécues. Il en résulte que personne ne possède exactement le même cerveau, y
compris les vrais jumeaux. Le cerveau est en quelque sorte notre livre d’histoire personnel,
témoin du passé et ouvert vers l’avenir.
Il n’est donc guère étonnant de constater des différences cérébrales entre les hommes et les
femmes qui ne vivent pas les mêmes expériences dans leur environnement social et culturel.
Dans nos sociétés occidentales, les petits garçons sont initiés très tôt à la pratique des jeux
collectifs de plein air (comme le football), particulièrement favorable pour apprendre à se
repérer dans l’espace et à s’y déplacer. Ce type d’apprentissage précoce facilite la formation
de circuits de neurones spécialisés dans l’orientation spatiale où les hommes excelleraient.
En revanche, cette capacité est sans doute moins sollicitée chez les petites filles qui restent
davantage à la maison, situation plus propice à utiliser le langage pour communiquer.
Garçons et filles, souvent éduqués différemment, mettent en place des stratégies cérébrales
différentes. Mais ces divergences cérébrales sont bien moins fortes qu’entre un avocat et un
rugbyman, ou entre une pianiste et une championne de natation.

Catherine Vidal – Dorothée Benoit-Browaeys


Cerveau, Sexe et Pouvoir (Belin)

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Contacts

Artistique – Chantier(s) GENDER


(OPEN GENDER / Soirées Slam du Genre / After GENDER)
Anne Morel I annemorel2@free.fr I +33(0)6 83 20 85 92

Diffusion des spectacles – Administration – Production


Patricia Royaux Müller I sanstitre.diff@free.fr I +33(0)6 48 80 05 02

Compagnie SANS TITRE production


25, rue du Général Sarrail I F – 86 000 POITIERS I www.lagenderconference.fr

La Cie est conventionnée par la Région Poitou – Charentes / Le Conseil Général


de la Vienne et subventionnée par La Ville de Poitiers et la DRAC Poitou-
Charentes (Aides au projet).
Soutenue par l'ONDA, ses partenaires actuels sont l'Espace Mendès - La Maison
des 3 Quartiers / Le WIP Villette – Paris / Didascalie.net / plate forme
intermédia / Azur Scenic – Textiles scénographiques / Nice"

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