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8R l$i62 ~3-1904

i9~3.i9()4
L'année ~C~M~
Anncc8
BtBUOTHËQUE
DE t'iHLOSOPHïE CONTEMPORAINE
""T~~

L'ANNÉE

SQCIOLOGIQ~Ë

< Ptf~ËËDlIlEGTION
SOU8 LA DtKMCTtON

f i sousLA
~~LS DURKWEtM
(~ t! t'PltIJY~"J::E
Pfuft~«'M '<)<t,<<ecio)etrio t )'Un)tMtit<t do Hof~oM!
Cht~A dt/cooM t te FacM)t<) dm iettMKJe Ptria.
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~'f:
*'t:t;LACOt,tAMKATtOXt))!m<.
A. MË~t.t.ET, 't'r'x'~ar à t'&Mtodet MttttM.6t))tf«!
RtOWAHO. <')Mr)f<' de couM 4 rt)t)tWM)« <)<)BontMa*!
eoUQLë, prof.K..)). <h p)ti)<ophie MMote t )'t'n<YOtett< deTootcM~!
WUaEftT MAU88, mt~ttt de runft'MOMt t )'6M)t dm HtatMËtudat;
HUVELtN et t. t.tw. profcM)Mt< il ). f~nH., do dt«)t de Lyon!
t-AftE, ")mf)t<dB<)ur< t !'t.'n)m'Mit~d))9onte*!)<!
AUBtN. h~jx'fttur .)'Ae«dAm)< A<ifi))M!
H. BOUHOtN. FAUCOKMET, HALBWACW9. HERTZ.
WOUtTtCO. PAttODt.
F.StMXNO. CACHER,"tr.;xf<dat'Ut))MM)M.
G. SOUHG'M. amh)ti~Mu)~tpht.

BPITÏËME ANNBE (I903.M04)


MtMOtRE8 OH)9tMAUX
'Bow'~<t.- ~M!<M)- M~x forme <fM<M<)'«'. Ma.
<tMt/fMde la tottcAff~ <t /'m-~ OMXM* <t~<?.
B. "'H'< Sur << C'aMm~at< <<M
tOCt~~t ~/M/<<'MO<'<.
ANALYSES
Des travem du t" juillet t9M a" 30 juin )RM. Socia.
'W" ~<W. )</M'<'tW. M.<H-M~)'<tMfMt'Mt~,cf)Mf.
"<-«<A-OMM~Mf.Atnt-~o/o~e <m'<a& 0<tvf!.

PARIS
FEUX
ALCAN. ËDtTEUR
ANCtËKNË DBnAtMtB CEHME)) ttitLUÈRE ETC"
M8. BuULEVAttb SA)NT-UHBM*)x, 108

~os'
JL'ANNËE

SGCIOLOGIQUE

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VtH

r~

h.a
<K).iXALCAN.h:DtTKt;H

L'ANNEH SOCIOLOG1QUE
t')')H.t)!t!sf)).tt.t))t<m:r)()\t))! 1(
E.DURKHEtM

Première année (ts%-)M7;. t)m{K)))-:)M t.t Mt-ahibiti~nde


hnc<'stect~!('t'i~tM.~(:.snntEh:C~)n<b-<ru!-Mt.~Mn-i:t).'t~-tt)at<)-
tienoeot. /<Mf<~M-~des n'avitux de )oci"t~'i!!e ':e!tet'wk pubtie~ dut )"JM)H''t t((!))}
aMi<Ojmut8U7.)w).m.)j. tof,
Deuxième année – m'MKHHtM Uo ).t dëftnitiott de<
– (tMT.)MS).
HUHHttT et M.U'SS Ks~i «tr t)t nature et lu
))het)"mén<-<M)ip)~.u!f.
toncn')ttd)t)'M<:t'ttic<–.t«M/)/<f<t.ttt)).in-)t. IMt'r.).
rro~éjBe année ()t!M<i-)8''i) – ttATZKL: t." «..t. ).<MM-x-tc.!'<itat.
– HtCXARU t.-< .fiscs .ciith~t ta ent«i)M)itt'. – STt:tXM)'t'}! Chxsi)).
ctt)<)t)de!'t))te!'xuci!tUi[.–.ht«/«'<.)v~<.ut- )t)h'.M
Quatr~me année (ttt'~)uo~. Mt;om ){.).tt.nue! tut- te
r~KMtMdes ca"tM. ttUt<KHt-:)M th-m ).)i.< d" )'CY.))utiu<t j.cn.th'.
(/HAKMO;<t \«t<"t sur les cttuset d't'oioctioo de la wxt'icte cot't'm'itUtF. –
/<)ta~tto)-itt-S. tutr.)) u
année t''J')-)i'o< – f. s)M)A~))
Cinquième R.)!,r<)M~ sur les
TMMttttttitdu )~n <tu charb'n) :tu !.i(;e)<.– JJUKKHMM Sur te tote-
)t)t!t)<te.–/t<)<t/w.)tM).iu-X. )t)fr.o n
S~îeœo année (t'O)-tfM – nfttKHr':))) MAf;ss
fotlM't ))ru<Htt*etda chtfMttie.'tH~u.<'o)«rihuti';)t A )'<-tu't<'dM )).)ntt~
f<-))t-<'M«)an'tt)jt
coUecm-cB.– Mm!C).K ){('"<«' t:<-tt<'t'!tkdt'tth'ut'iMreccotu!! sut- );t di'iti"n
du tratai). .tsM/f/~f~. ) vot. itt.S. <d h'. SU
Septième année fium.tt'o t). – m'BHtn'et M.\uss K.<'<ui~"(tune
tMort<)){<')!et'.ttedet;tn<a~i<'–~ftH/f/.t<'<.)v~titi~(. ~)r.!i«

RmHOTi!f':QUE t))-: Pt!)LOSUPHt)': (:O~TH)!POHAt'<K

AUTRES TRAVAUX DE M. Em<7eDW<fM<W


De la division du Travatt soaial. ')h. t tnt. io.s. 7 fr. se
Les Règles de la Méthode so9iotogtque.3*)it. ttot.m-i! S fr. M
Ï.e8uto!de'f/«'/<t'K;.)<M.)t-t.it<.)t" 7ff.!i()

(!. )tOUUt.K.- Les Soiences eooiates en AHemagne.~cdit..


<Yo).i)t-tj. S'fr.SO
C. BOUGLK.– L.et Id6ee ëgaitttira!. ) "d. i)t-s' :t ff. ?
C. BO);OL)- La Démocratie devant la science. t vol.
tn-S', cart. )i ff. M
P. LA)'))' – Les CiviUMtiona tunisiennes mu«')n)-))).<.i.Mf--
)tt<!<.(.-uM))CMtj,f'/t<<'f/t-/<<'<;w«~)t-.<).iH.)2. :tft'.5M
P. LAP)K. – La Justice par FÉtat. '~M'A' MOtH/t-;n'<:)o/f,
tvet.in.)~ Ït'r.St
P. LAPtK. – Logique de la volonté. 1 v..t. in-tf. ff. 60
M. FOUCAUt-T. – La Psycho-physique, t"). in-S' T fr. SO
G. tUCHARf). – Le SoeiaUsma et la Science Maiate. ï' edit.,
)To).in-t2. :fr.S)) 0
G. RK'HARD. L'ïdée d'évolution dans la nature et dans
t hMtoire tOM<')'<f <'o«<««<)<'~M«'<)c«f~tttff f/M .s'«eH<:f~«««'«<<'<
~<~)<)~M<<M).in-S' 7fr.!<0
L'ANNEE

SOCIOLOGIQUE
N 1 I)Iltl~CTI()N
1~«'F,
1 t'~H),)KKSOt'K).A)n){t':CT)0'<
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h EMtLEDURKHEtM
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)'rnt')'tM-ur :t )'U')h'ot-<i(<' de
""ciot'~ie Mot-dpttUt.
c'~U)- a ta Facutui de!' ietn'f.t du t'at'it.
~,j.,<~t%~e

A\ttCLA'X.).tt'OMMtO'it'KM!).

A.MEtHËT,dt)-<f[<turi.r~«tedM)tM).t.)f:tMdM;
HtCHAHO. d~tr~ ))f c.)ttf< it )'L't<)M"itt <te ttont~M,
COUQLÈ. )~<tf'ttf <JpjthH"to;tht<' tociatt* a t'UMbe~i~ de TontoMM.
WUBEHf pt MAUS8. n't')rt-< .)'' <mr.wm:<-< a )')im)e des OttttM-~ttdM. B
HU<E).tN E. LÉVY,))rur.r< t )t t'«-u«.' d.)roit ).tM)
LAt')Ë,<')M<tfcnt.)'t)t)it<-r.t(J'tt-KNrdetm:
AUBtM,')<rt<'t)f <)t''td''<H«'a A<tf<Ua<:
M. BOUROtH, FAUCOMMET.HAt.BWACHS, HERTZ. MOUHTtCO. fAXOOt.
F. S)M~MD. VACHER, <<n'):M.t~tr.titmi~.
o. aounot). t~).iti~t--)M).'t.)iM))))<

HOÏTtEME ANNEE (1903.~04)


1. )))ÉWO)RE8 OH'OtMAUX
t')<f« sl#r MM<'
<Mf titte
M. BoMfa;!«. – ~-Mf <<
fi'i#j(iiïsirie.
tMf/tM/t-fc. t'(K.
f/<M/<'t<'f/e<<tA«t«'<«'t't<'<t<'«t''<!<)))~M*)'tt'c<e..
K. Bttfhht'ttt) – .'<;«' < f«'j/<«tM<t<<o<tm't<<'t'wttMM<<' f~ j
<!«t-tt'7<Wf«M<f<'f/<tM<tM.
«.-AMASSES )
t)~'r!<Y.-tUX(int"!u)t))'t)M)):mMj))in~))t..Sa<-tf-
/n.)'<' .<;<)<'<'n/p. <'<</«M.tf. «)"<'«/<' f~ ~'Mt'tf/t'eMf. rt'ftttt-
o<<f, f't'ftmmt~Mf. Atur~/ta/o~tC <«f«)<< – b<M't'.<.

PA!U8 j
t-HX ALCAN, ËDtTEUtt

~Kt:)EK~H ).))mA)HtH <.H)())K)t tt.Ut.tJÈttH HT C"

t08. M')<;).HVA)(t) "AtST-fiKttO~ttf, «)tt <

H~5 j
)t"t'idn'ittr~tt~.
L'ANNEESOCIOLOGIQUE
i903"t90<

PREMIÈRE PARTIE
MÉMOIRES
ORIGINAUX

1
ESS.USURU~EFORMED't~DUSTMIE
L'iNDUSTRtE
DE LABOUCHERIE
A PARtS
AUDtX-HEUVtËME
StÈCLE
ParMUBËRT
BOURGIN

1
POSITIONDE LA OUftSTtOM

Ons'est proposé,dans le présentessai,d'étudierquelques-


uns des phénomènes que présenteà l'observationrévolution
d'une industriedéterminée,l'industrie de la boucherie<t
Parisau x)\"siècle.
Voicitesraisonspourlesquelleson a choisil'industriedela
boucherie.D'abordcette industrie peut être connuepar un
lllln .,1
grandnombrede faits, et d'une grandediversité,qui ont été .1
enregistrésdans tes publications,ofticiettesou privées, con-
cernant le nombredes individuset des établissements,!a
quantité des marchandisesmises en vente, tes spécialités
industriellesou commerciales,etc. Ensecondlieu,tes phéno-
1.L'emptot
deceterme.pt~Mrt,comme antermed''con)-
plusj;)!a<rat,
un
nte~ce. pf'JMge )<t
pe: question d<!savoir
s i)NboMeherxtestuneox/M~'
~t'Xouun MMmMtf, oubiendans<)uc))e MM'sMM elleest &lafoisune
et uncommerce
industrie (Mt'CMUe<(uesUot),
voifp)a!toin. VêtVf).Lu
a<!M
motindustrie coMet'v'i
ici.MMhoarentcnt &l'utadeet&la dOinition.
commeuntemMpMt'teoiM donttt Vttteur
n'eetpu pttMntctucnt)niM )
enquestion.
a L'ASIE iWM<.teOt
SOCIOLOOIQCE.

ntènesqui révèlentces faitsont dans l'économieune iimpor-


ntèaesaui
tanceconsidérable.En troisièmelieu, ces phénomènest'en-
ferment des données de première valeur pour t'étude de
quelques-unesdesquestionsles plus controversées eties plus
difficilesquese posela scienceéconomique,notammentcelle
de l'évolutionde la petite industrie et du petit commerceet
cellede ta. concentration Industrielle;et il esta présumerque
cesdonnéespourrontconduirea desconclusionsintéressantes
et peut-êtredécisives.Enfin l'étude économique,en ce qui
concernela boucherie,est dès maintenantcommencée*et
les résultats partiels auxquels les auteurs sontarrivésfour-
nissent une matièreà d'utilescomparaisonspourl'avenir.
La présenteétude a été limitée à la villede Paris.On n'a
pas estimé que cette limitationddt nécessairementnuire à
l'importancedes conclusions,si toutefoisellene devait pas
nuire a ieur solidité. L'importancedes phénomèneseux-
mêmes no dépondpas nécessairementde l'étenduedu terri-
toire sur lequel ils s'accomplissent;elle dépendplutôt du
nombredes individusqui y sont intéresséset dunombreet
de la valeurdes causesqui ont pu les déterminer:&cetégard,
le choixde Parisne parait pas mauvaisapriori.Pourjustifier
ce choix, d'autre part, il ne suffitpas d'aiiéguerqu'ontrouve
pour la boucheriede Paris une aboudanceet une sûretéde
sources historiques et statistiques beaucoupplus grandes
que pour la boucherie d'aucune autre partie du territoire
français', et que cessourcessont pour la plupartassezcom-
modémentutilisables; il faut encore qu'outre cet avantage
d'être mieux connu, le phénomène économique,iimité a
Paris, présenteunespécificitéréelle qui permettede t'étudier
à part autrement,l'étude devrait nécessairementse borner
a la rechercheet à t'étaborationdes documents,et attendre
pour toute conclusionla recherche,t'étaborationeU'interpré-
tation communede tous les faits analoguesconstituantla
connaissancedu phénomène.
La spécificitédemandéene ressortpas seulement,à t'étude,
du nombre, de la diversité et de l'amplitudedes variations

~<M
). Cf.MedfM)Schomeras, MOM~tMt'Ae,MM<)!M/t)'/«)/
d<M&!cA<')'
undfM~'AM'jyoM~f,
À'oKf/Mof. mox~fop~McA und~a<h(tc/<
AMf~tM,
Stungmrt,MO:, A.Rothe,
in-S'; ~<M
<<M<<eA< ~eB~
f<<f«;/<«~e<t'<f~. iM?.
itt-f.
Hresterait
Etd'aineuM encore lalimitation
à jaotMor de
auterritetre
la Fmnce.
)(. )K'UKO)! – L'tXCUMME M LA BOOCOBMBA PABM 3

ocserveesdans tes phénomènesqui mamtesteatle dévelop.


pementde la boucherieà Paris elle apparatt à la première
inspectiondansles faitsfournispar t'Es~M~cde t85t sur la
boucherie et par les Witttifat!!
<<);<'MfM<pmen<de t8W. Le
recensementde )896permetmêmede reconnattre,sur toute
rétenduedu territoirede ia France,quant au nombreet à la
grandeur des établissementsde boucherie,une spécificité
localeet régionaledontcellequ'ouconstateà Paris n'est qu'un
exempleet un cas particulier.Les livres de Hothoet Seho-
merusconttrmeutpour t'Attemaguel'existencede ces diver-
sités locales spécifiques En étudiant l'industrie de la
boucherieà Paris,nousavonsdélimiteà bondroit une mono-
graphielocale.
La détimitationdansle tempsest-elleaussi valable? Nous
n'allégueronspasplus iciquetoutà l'heurel'abondancerela-
tivementconsidérabledes documentsstatistiques pour le
xtx' siècle quelsque soientces documents,encore fautit
qu'on ait le droit de les utiliser pour une époque arbi-
trairementdéterminée.Maisnousnous trouvonspour cette
époque,commet'etude le montrera,daus le cas défini par
M FrançoisSimiand « Lesvariationset aussiles constances
y apparaissentsuffisantespour qu'on soit assuré de ne pas
avoiratïaire.sansle savoir,à unepériodetout entièreattor'
mate'. ')
n
Notreétudea donc pu être limitée,commeellel'est, dans
l'espaceet dans le temps. C'està la condition,toutefois,de
n'aborderaucunequestiondont la solutiondépendede faits
qui dépassentceslimites,et de se bornerà la rechercheet à
l'interprétationdes phénomènesdont toutes les donnéesy
soientcomprises.C'estpourquoi,en ce sujet mornequi paraît
si limité, on s'estencoreimposédes limitationsprovisoires.
Ona vouluseulementétudierl'évolutionde l'industriedela
boucherieà Parisen cequi concerne 1°le nombredes bou-
<<f
i. ~Ma/tt~parla
«f~entt~
JÎM~Mc/e
toMC/teftt, M<)'<aproduction ~<<<M«oA/fc
<<e
pro(<«<'<t'oK/«ceMMmMaMoo </e~<«KM~e
t)<t<)'o)M<e
dM
deboucherle,
unlonnAe
par lesr laoluliona
<lsl'Aaaernblée
nationale
desta
Paris,<M),3 vol.!n.t*.
et~tjanvier1851,
!i. «<'«!<«<<<<<t<t<<f~«M du M<ft)<et))<H< des <H<<M!<)tM << pM/~<!<OM<
f<Mt<MMt)'MMM)/ général de la population du :t M<tf<i896j, t'ari~, <S9U.i9t),
t vol. i))-t°.
3.Cf.notamment ~<;«/eM<tcAf
ttothe, p. 40,<28;Scho-
f/e~eAe~eM't)'
D<M
nMfat, Mein~ttM)'&<. M,
p.6t-65, '!<9.
t. François ~«)<M)'le;)<').<;
Simiand. (/McharbonM Francee<au
XM* oMt. /KM~Mcto<o~Me, p.)t.
t9M-i9e),
t t.'A!t!<)if! !K)CMK)0!QUE. <M3.)')M

chers et le nombredesindividusoccupésdansla boucherie;


S"la grandeurdesétablissements;3°les phénomènesde spé.
étatisationqui se sont accomplisdans la boucherie,et 4"la
fonctionde la boucherie,c'est-à-direl'utilisationéconomique
de l'activité Industrielleet commercialequi s'y manifestel,
La multiplicitéet la complexitédes questionset des diffi-
cultés rencontréessur ce domainerestreintont montréaprès
coup qu'on n'avaitpas eu tort de le restreindreainsi.
Quant à t'uoité du sujet ainsi traité, elleest positiveet
réette.Les différentesquestionsqu'on a abordéesconcernent
la /brm<'de l'industriedans la boucherie,c'est-à-dire,pour
rappeler la définitionqui a été donnéede ce mot,« les rota-
tions morphotogiquesoutechnotogiquesMqui ta caractérisent'.
On retrouvera, dans les différentesparties de cet essai, les
mêmespréoccupationsd'investigationet d'interprétation.
Ons'est biengardédeposerdes définitionspréalablesavant
d'aborder l'examendes faits qui a justementpour objet de
rendre ces définitionspossibles.On s'est gardéde « définira
ainsi a ptton lafonctionde la boucherie,ianatureet laforme
de son industrie,ou toutautre caractèredéterminépar la tra-
ditionou par unevuesuperficielledes choses.Ona recherché
et rassembléles faits qui ont manifesté l'existenceet les
transformationsde l'industrie de la boucherieà Paris au
Xtx' siècle; et du phénomène,ainsi atteint dans ses été-
ments et dans sa généralité,on a cherchéensuitela significa-
tion, au moinspartielle,en dégageant,par l'analyse,quelques
notionspositives.Onn'a point regretté que cesnotionsfus-
sent peu nombreusespourvuqu'elles fussentexacteset pré-
cises, et qu'elles pussent servir à l'interprétationet à la
compréhensiondo phénomènesanalogueset plus vastes.

H
LESSOURCES

Le nombreet t'importancedes documentsofïtcietsconcer-


nant ta boucheriede Paris résultent de son statut tegat et

i. Danscetteétude,ona iaiM<'tûmptttcmentdeeOM ta h-iperie.


qui
une du
repr<!tente partie~peciatMe procès d eUndHotnede )a et
viande,
ta bouchertehippophagique,qui s'estcomtitu~e
en induitrio indépen-
dantedexsonorigine.
Fr.Simiand,
~MH~«w«<<e~)«, tM9.ieM,p.6tt.
Il. BOfM)! t/MMM'ME DR LA MCCHEMt A PJ<MS &

administrantaux)x"siècle.Jusqu'audécretdu 27février18S8.
l'industriede la boucherieà Parisfut soumiseau régimede
la réglementation oudela limitationadministrative.Lerégime
de la réglementationtut instaurepar l'arrêté du 8 veudé.
miairean Xi. qui imposaitauxbouchersde Parisl'autorisa-
tion du préfet do police,et un cautionnementde 1000à
aooo{rancs'.Le décretdu 0 février Witut plusrestrictif i!
prescrivitia limitationdu nombredes bouchersà 300Ce
décrettut abrogépar l'ordonnance du 9 octobre1822,d'après
laquellele nombredes étauxde boucheriedevaitêtre main-
tenu supérieurou au moinségala 370'.Trois ans plus tard,
l'ordonnancedu 12 janviert82Sdécidaque le nombredes
boucherspourraitêtre augmentéd'au plus 100par an mais
l'ordonnancedu 18octobre1839ramenace nombreà 400',
et ce régimelimitatitdura jusqu'au27février1858'. Cepen-
dant, desmesuressecondairesoudes dispositionsaccessoires
deces mesuresgénéralesprécisaientles détails et l'apptica.
tion de la limitationou de la réglementationil en sera tait
état plus loin. Pour s'en tenir aux mesuresgénérales,le
nombre de bouchersdéterminéou prévu par elles devait
varierainsi qu'il suit
de 1802à 18)1 nombrelimité,maisindéterminéi
de 18)1à 1822:300;
de 1822à i82S 370au moins
de 1825à 1829:de 370à 770;i
de 1829à 18S8 400.
Sil'on rapprochedecesnombresadministratifsles nombres
réels, on constatequ'il n'y a entreeux aucuneconcordance.
En 1812,il y a à Paris 424bouchers',et en 18~2,avant t'or-
t. LouisChartctBiKt,Ducommerce delaboucherie eldela charcuterie
dePariset descommerces <M
qui </<'pM<K<, telsquela /'en<<' des««/ la
<<<<MieM
triperie, <fM wf le < /<
rapport projet <'e~aHHa~to)) dela tûM.
cherie, Il.
par BtM~t<ela N<«)'<Ac, Paris,«m. in.S<, p. tt!.
M.,fM<< p.4n J. BarbeMt. Le<r<!t«)<en~'f<Mce, Monographies pro-
/~<MKeMM. t.Paris, MM,inS',li.ït2.9t3.
3.M..i&M.. p.3t3.
4.M.,ibid.;BiMt, DucentM~rce~t la boucherie,p. MS:<tq.;Chambre
deeoMW-et de~aWit, A
deft~M~t-t'et'af~ <~M«<ttt<
Statistique derea.
?t<a< /<t!<e
par la Chambre fieMNtm<')'<-<
pour lesannées 1M7.«M, Paris,
Wt, vo). in-M.,t. p.
partie, t7.
6. C~am6)~ d, commerce de faf«..S<a<i<«ox~ de ftoatMM~ à Pat'h.
résultant <'M~e ~)<ep<t'- <aChambre deeofHtxefcepeM)' fa)t<t<<
tMt.
Paris,t«!t.)n.fo)..
p. i3.
6.Tableau dMmarchands toMc~«w a< ville<?Paris,Paris,IBM,
ta-M.p. S9.
C t.'AtfNËE SOCMt.OGtQUË.
<9M-tMl
donnaccedu 9 octobre,il y en a 370 ce nombretombeà
3SSen 18~; de 1826à t829, it nes'étèvequ'à 8t4' aprés
t829, il passede49(!en 1831&499en 183it,&SOO en 1838,à
SOten 1849 et il demeuretel jusqu'en18S8
La statistiquedosbouchersde Paris, mêmede 1802à 1888,
ne peut donc pas être établied'après lesactesadministratifs
elle doit être reconstituéed'après les faits, tels qu'ils nous
apparaissentdansdes documentsdisparateset souventincer-
tains.

La valeur relativedes divers documentsqui sont à notre


dispositionpeut être établiede ta manièresuivante.En pre-
mière ligne, nous plaçonsles documentsofficiels,qui sont.
pour le début du siècle, les pièces d'archivesrelativesaux
enquêtesadministrativessur la boucherie et les Recherches
<(<tf«(«~<M sur la villedeParis et le département dela .Se<He*
pour le milieu du siècle, les Do<'«mMtf< relatifsà la ~MM~Mt
de la toMcAft'te',qui contiennentles faits et les chittres
recueillispar l'administrationdurant la périodede la limita-
tion administrative;enfin, pour la dernièrepartiedu siècle,
r~MM«<!<f~f<~M<~Mc~<' la villede/~at'M',avecquelquespubli-
cations annexes', tes Renseignements <(<!(M<~MM et les Rap-
ports sur l'approvisionnement de Paris", tes /~)<<faf<~<tf~-

i. Bizet,Ducommerce <~la boucherie,


p.3il.
9.Recherches surlari~ef<f7'<t)'h
statistiques f</<<aW<M)«t< </e<<t
Seine,t. n. it)23,in-4-,tableaun'81.
3. Mhet,Ducemmtfce <<<laAoM<«<'fe.
p.t~t, 3TtJ?n~M~<< <<%«/a<<w
sur la p)'<!</<:e<tea
<<la cotWMtma~on dela ftanf~</fAeMt/xnf, t. t.
p. M4.
4. Almanach {<«coNtmtfce de<aAcMe/tt'tt
del'aria,Paris,ttt-i!.«M.
iM3.etc.
6.Cespiècesserontcitdesplusloin,p.9 e<)<f.
6. t'arie, iS!t.iS60.6 6 vol. !n4'.
7. PubXt's
parleministèredel'agriculture,
ducommerce etdestravaux
ia4'.
Parts,t8S6,
publics,
8.Dapu~MO.
9.NotammMt t'<M )MMtt<e<p<t<,
citép. <3.
de jU.Morillon,
10.<!oppor< <'A< debureau, <)«'<«p«~p<tM< munici.
palea <~t<M
~ <M m
halles, arett~f< année
a&a~offt, )Mt Rapport de
~M.
~t<'e<p«OM
JMoriHen,
cAc/ &M~«M,
tMMMtftpa/M~atM~Kr<McoKMMMttMoM
Rurlesconsommationa ~<fa< ann<;a
ataMotM, <Mf
surles
dans lea
municipalea halles,
percepllona marchéaet année
aballoira, tRB!;
Rapportde ~f.Morillon, de
eA< <«~at<, surlestOMemme~oM ~'«fb
et surla ~e~MM der AaMM. marchés ann)!<M
et aA<t«OM'<. t8K).~Mt.
1M! IMO,tOSt,1888, <M9fRapport sur <M<:<'MeMm<t/<eMa<)mm~<!<)«!
defoWten <BNO NM«)~K<MM)~ surles«M't'Cta
<<a<M<f~)<e< municipaux
Il. Munnttt. L'tMUSTMB 0)! LA BOCCMEMEA PAtU~ ?

~!<<t! <<M~MtM<'nM)<< des M<M<t'tM et ~'O/'CMtOtMde i8M'. l,


En seconde ligne, nous plaçons deux séries de documents
qui ont une très grande valeur, presque égale à celle des docu-
ments ontciets. 1 Les.S(«(<MM de la Chambre de commerce
de Paris, de )84M848, et de t8(!0'; et, à un degré moindre,
son ~x~c de ~t< ~«t<a(~e sst- la pt-o</Mff<oM <-t
t'~x~
la <OMMmtH«<<on (le la viande de boucherie, de ~6t non pour
tous les renseignements qu'elle fournit, mais pour ceux do
caractère orncie! et administratif l'enquête de l'Office dit ft'a.
rail ( !893;sur la /'e<<~ t«</«.)c'. La valeur de ces documents
résulte de la qualité des enquêtes d'où ils procèdent. 2° Les
publications mi-officielles, mi-corporatives, faites au nom ou
pour le compte des bouchers de Paris, durant le cours du
x)x° siècle d'abord, r~ntOHacA du commerce de ta t'oxc~cw
Pfn'M'; ensuite, le ~&~aM des Mtarc~xtH~ 6oHcA<'<< de
P<!t'«', qui continue r.t<MaH«<'A;lequel reprend après t030,
comme publication du Syndicat de la boucherie, puis, dans
les dernières années (jusqu'en t802), de l'Agence commer-

lie <'o~)'<tcMenHemM< (~ /'<t<t~,1891; Rapportannuel sur /<'j<f<'))<t-«


de
)nMn«'<;xw <'a~p<'ofMt«)tt«'M)<'nt <<<faf~. abattoirs, M/~<ih, /)a/fM
<'eM<~a<e<, tKare/t~attjr~M/fatu',marchésde ~Kar<)Ct', années <S99,)f)M.
)!<9t,<S9a,«t96,<SW7, MM.tM9. <9ao; SOvol. in4'; – nous d<?!ii){Mron<
ces rapports sous le mre gKnMquu'ta aappof~Mf <'oBBM<'M)«HKM)fM< de
Paris.
t. Paris, MM.!Mt, 4 vêt. in4'.
2. CiMMplus haut, p. t.
3. Chambref/ecommftwde Paris, ~o~<e <«)' <M<'OK<<t<foM dx <f'at'o«
en France pendant l'annie M7:, M/)aWem<M< de h .Sfote. Paris, 1875,in.
fol.; cf. p. 9 la C))tn)bMde commercen'a pu procéder, commeen
!SM, par bottoHMindividuels;< e))o a <)QM borner &demander aux
Chambressyndicales,aus per6onaatM<dontla notoriété et la tompetence
spéciale font autoriM, des ronMignetnent!! <)ttt ont été plus tard l'objet
d'an contrôle terieoT, de manièreà pouvoirprésenter des chiffres,sinon
ricouroMementexacts, du moinsse rapprochant autant que possiblede
la vérité. »
t. Citéeplus haut, p. 3.
S. O~p <<«travail, ta petite tKa'w<t'f<, Sa~aott e<durée ~a /MM)7,
1.1,
t'<t<(meH<a<MM <t ~a~, Paris, 1893,fn.S'.
6. ~tMaaaeA du commercede la boucherie Partf pour l'an )M), conte-
<taM< <e<no'w des membres<<M bureau du commercede la AoM<Atf~. les
MO~M, p~ooox <<<<<M)<M<« <<M marchands de
bouciters Paris, <'attKfed~
leur admiation, les aff~/A (fx jyotfM)'n<mtM< <<les off/ettHaoettde police
concernant ce commerce,l'indication <tMtttafcAA,M<tMtM<m<)t< de la
atMM~M eaM«o))ae))«t)<. lerminé par <'«a<nominatif des 4o«et<Mdes
coHtmMHM rurales <<M )w<M)'<de la M~/MBM police, Paris, in-tS*.
BibXotheqaenationale,V, K.6!3.
7. l'urls, in.t:. année*«tC. MIS. M~. )8iS. 18)0. t8t8 (Btb))othe<t<)o
nationale),i8t9 (Bibliothèqueadministrativedo ta tMfettaM de la Heine).
8 L'AK~B SOMOMCtQPE. <MS.t90t

ciale'; enlln,à partir de 1862,l'~HMMaw la <)0)«/<erM (le


fafM,publicationdu Syndicatde la boucherie Lavaleurde
cesdocumentsrésulte,en premierlieu, de ce qu'Usont été
publiés,presque toujoursofucieiiement.au nomet pour le
compted'une corporationdans laquelleont toujoursexistéde
sérieuxmoyensdecontrôle,d'abordsyndicalet administratif,
puisseulementsyndical,en secondlieu, de ce qu'ils présen'
tentdessériesde nombresentre lesquelsse fait ia correction
deserreursabsolues'.3.
Viennentenua les travaux particuliers.Ils sonttort nom-
breux, mais il en est peu qui présentent des chiures et
encore,parmi ceux-là, y a.t-il un classementà faire.Nous
plaçonsen premièreligneles auteursqui ont utilisélesdocu-
mentsofficielsinédits Bizet,qui s'est servi des enquêteset
des rapportsadministratifs,notammentcelui de Boutayde
la Meurthe,durant la période de la réglementationjus-
qu'en1847 Borrellide Serres,qui s'e-t servidespiècesd'ar-
chivesrelativesà la réglementation Thomas,qui s'estservi
desdocumentsadministratifsconcernantles abattoirs'.Nous
plaçonsen secondeligneles travauxqui résultentessentiel-
lementd'enquêtespersonnelles d'abord,celuideHusson,qui
ne traite qu'accessoirementle sujet dont il est questionici,
maisqui se recommandepar la qualité de la recherche'
puis ceux de Massy', de Barberet', et enfin de Maximedu
Camp auquelsnous ne recourronsque faute de mieux,et

<.At)n<!eiS3i,
austtgeduSyndicat delaboucherie, ti, rueduHouie.à
Paris;années<8M t ))tM,«39,iStO.i8t3&1850, <SM&))! iMt,IM~.
a la Bibtioth6<tue
nationale,V.~.030et suivants.
ï. Ala Bib)iot))u<jue
nationale.
V.M.Mtet suivants, années)Se!,<863.
i8M,J8M,iS6t,1872, iS7B,MMetsuivante:.
3. Malheureusement,cessériesprésentent, du faitque denombreux
tomes sontintreuvabtos,deslacunes importantes qu'onconstatera plus
loin.
Bbet,DueammM'ce dela boucherie,citéplushaut,p.5.
6.BorreMtdeSerres,Notice tM<'!<cemNWM AoMc~ne <~Paris,
Paris,iMt,in-8'.
<.EmMtThomM. Le!M)vM<tMf~<iax.<; dela n<M«et<M o~)«oi)'A-
dela rilledeParis,Paris,<873,in-8'.
T.Armand MusMn,consommations dePaWt. 2'édit.,PMi!, in.8*.
4M!t,
8.MMS)', DesAa«M f<MftfcA~. e<dllcommerce dese~h decotMom.
malion a ~oK<<«!t
<fa Paris,Paris,tSM.vot. in.8*.t. tt.
t. Barboret,
te travaileaft-ooee,1.1,
cite plushaut,p.6.
10.Maxime duCamp, Paris,sesorganes,sesfotte<)OMe<Mfiedansla
seconde mo«M du Hr-~e<t,Parts,M69.tM5,6 vot. in~ t.U.
tt.Hct'MtX.–t.'tXDCSTMECtfLABuUCMKMËAf'AMS 9

sousréserves.Il a d'ailleursété possiblede contrôlerces tra-


vauxl'un par l'autre, eu tant qu'ils ne procèdent pas des
mémossources, et aussi en tant qu'ils concernentparfois,
commeon le verra plus loin, des catégoriesd!t!6rentesde
nombreset de phénomènes, pouvantservirà la reconstitution
desnombreset desphénomènes totauxauxquelsressortisseut
cescatégories.
Ona choisicommebasedo l'étudestatistique,en raisonde
ce qu'ilsprésententla continuitéde beaucoupla plus grande
relativement,r.t/maHacA, le ï'(<Mc«x et !iKM!<«)t'p,
complétés
par les documents ofï!cieiset par les enquêtesque nousavons
rapprochées,pour leur valeur,de cesdocuments;les autres
textesont étéutiliséscommeappoint,sanspréjudicedesexpti*
cationset discussionsqu'ontparu mériterles donnéesisotéfs
dans le temps ou les donnéescontemporainesnon concor-
dantes.

Ht
VAKtATtOKSDU NOMBREDES COUCU&RS
ET UU NOMBREDES tNOtVtDUSOCCUt'~St)AKS LA BOUCUERIE

A. – ZM faits.

D'aprèsBoutayde la Meurthe,cité par Bixot,il y avait à


Paris,en t800,700bouchers';maisce nombreparait hypothé.
tique;il n'est appuyéd'aucunfaitni d'aucunedémonstration.
« De ~9t à ~02, déclareBorrellide Serres,le chinre {des
bouc!)ors] a sensiblementvarié, puisqu'ilétait inimité* Men
l'absencede renseignementsprécis, il paratt impossiblede
déterminerexactementquel étaitce chiffreen t800 faute de
mieux, nous admettrons,commeapproximatif,le nombre
de700.« En i80i, écrivaitle 2 octobre!828te préfetde police
au ministrede l'intérieur,on comptaitjusqu'à1200bouchers
ou marchandsde viande,la plupartnefaisantqueparaltre ou
disparattreet nejouissantd'aucuncrédit » Commentdéter-
minerle nombre des bouchersdans ce total de 1200? Les
donnéesfont défautpourunedéterminationexacte un docu-

t. Bizet,
Ducommerce dela 4M<W)'t,p. 3ft.
1.
X.BorrellideSerres,
Notice
Mfle commercedela 4eM<'A<)'f~
de ParM,
p.H.
3.Arohh'c: FI<.St9.
nationalos, 7 p.in-fot.,
p.0.
10 L'ASIE SOCtOMMMQUB.
IMUMt

mentcontemporainnous fournit encorele nombrede 700',


que nousadmettronsavecles mêmesréservesque plus haut.
Les premièresdonnéessûres qu'on rencontre après 1800
concernentl'année1802,antérieurementà t'arrêté du 8 ven.
démiaire.D'après les procès verbauxdu Conseild'adminis.
trationde l'intérieur, il y avait à Paris,à la date du 22 ven-
tôse an X, « 680individus tenant des étaux, non
compris
300détaillantsdeviandeétablis dansles halleset marchés'w.
Borrellide Serres,qui fournit à peu près lesmêmesnombres,
sans doute d'après ce document, mal transcrit ou mal lu,
soit 886boucherset 300 détaillantspour les halles et mar.
chés,.mentionneen outre la « multitude des colporteurs,
dont le chiure s'élevait,dit-on, à 6 ou 700"x. Ces données
nous permettentd'abord de déterminerles élémentsdontse
composaitalors le commercede la viandede boucherie.!1y
avait i" les bouchers « tenant des étaux M,les bouchers
établisen ville, et vendant en boutique,ou etallers; 2" les
détaillantsdes halles et marchés 3" les colporteurs.Maie
qu'étaientau juste les détaillantsdes halles et marches?Des
bouchersa établis dans les halles et marchés», commeles
désigne)e procès-verbaldu N2ventôsean X, ou des mar.
chands« approvisionnantles halleset marchés», tunsi que
les appelleBorrelllde Serres? Il y avaitdesuns et des autres;
il y avaitdes bouchersétablis et des marchandsapprovision-
neurs au détail*.Ainsi, bouchersétaliors,boucherset mar-
chandsdes balles et marchés, colporteurs et marchands
ambulantsde viande, tels étaient les élémentsdont se com-
posait,en t80a, l'industriede laboucherieà Paris.
Maintenant,est-il possible de déterminer exactementla
valeurde ces divers élémentsà la mêmedate? Quant aux
bouchersétallers, leur nombre peut être fixé, d'après les
textesprécités,à 880.Le nombredonnépour les boucherset

<.fOrtUlon,
ancient<ouehcrj,Coup<<'<)-</
«<ffanptfHcoMt~x-fce dete«.
fAcfM &~ofM, <afMM ~a<ff<& «tf <Mmoyens (fyw<Me)'l'ordre,
<<aM«)<f<'a~)fot~<MM)MW)< cht P«rtt«d'yfaire~xxMMo'pt'M'dola
0)aM<h,~Mtl.tn-M.,9p., Archives f" UM.
nationales,
S.Premierregtbtredett
procès-verbauxdesa<MCM dnConseil d'adnttn~
tmtMa det'tnMrtew et de la police~ntrate,Archivesnationales,APn'
<e9,tëtneeduSi ventôseanX,p.3tt.
9.Borrelli
doSerMii,~««cf,p.1t.
4.n oefautpu confondre cesapprovbfoomurj au détailaveclesappro.
visionneum<«gros(voirplus totn.p. ig.88:q'j.),j.mtr));s()aetB
MM
t~servoM leterme
expressément d'o~jpMttM'eMtteutw.
Il. BOUMtN. L'MDUSTMN DN LA BOCCHEME A t'AHM it

~At~:t<M-tt~
détaillants~t~~
des i~~tt~~
balleset~t ~t.A- -t~
marchésparait ~i~
moins~.t-- ~.t~~t
sûr c'est un
nombrearrondi, dont la constitutionn'est pasexpliquée,et
donttes composantsne sont pas indiques admettons-letou-
tefois,fautede mieux. Entin,te nombrefournipour tescol-
porteursest tout à faitincertainet improbable;ii est incertain
parcequ'il ne se trouve que dans un texte, oOil n'est pré-
senté que commeun on-dit et il est improbableparcequ'ii
forme,par additionaveclesdeuxautresnombresprécédem-
mentadmis,un total (880+ 300+ 000ou700==1480ou1 880)
très supérieurau nombreexceptionnel, et lui-mêmehypothé-
tique, fournipour l'ensembledesboucherset desmarchands
de viandeen 1801 on n'en sauraitfaireétat, pourétablirle
total du personnelde l'industriedela boucherieen 180S,que
commed'un élémenttrès indéterminé.
t! était nécessairede préciserla positionde ces premiers
nombresau débutde la recherchestatistique oncontinuera
cette rechercheen poursuivantl'analyseainsicommencée.
Nousauronsd'ailleursà adjoindreaux catégoriesque nous
venonsde reconnattre,à partir du momentou nousrencon-
treronsdes donnéesqui les concernent,deuxautres catégo-
ries, cette des bouchers en gros, et celle des individus,
nombretotal, employésdans la boucherie.

l* Bouchers en to«<<~«e. – D'aprèsl'.4MM«<t~'e ad'n!<MM<t'a<t/


et Statistique<<«département dela MM pourl'an xm-1808,il
y avaità Paris, en 1804,890bouchers* et le mêmenombre
est encoredonné par Bouiayde la Meurthe,cité par Bizet,
pour 1807 Or,d'après l'~<maH«cA <~< comment bouche-
rie pour1806.H n'y avaità Paris,en1808,que479bouchers,
exploitant,en tout, S07étaux d'aprèsles DocMmeKf< relatifs
d la ~<M<M~ de la boucherie,il y avait, en 1809,493étaux*.
Ce dernier nombre concordeà peu près avecle nombre
d'étaux qui est fourni par le Tableau desm<trth<M«f< &CMc~<'<!
pour 1810,soit 483' la différencede 10 peuts'expliquerpar
la diSéfencedesdates auxqueUesa puêtrefaitle relevépour
le Tableau(sans douteà la fin de 1809~ et pourlesDocuments
1. ~)tn;<at)'?
af~M)ttM<<-<<f<~<a<)t/~)Mf<K<~<t<ea)M< dela Seine,
par
P.M.J. A))tr<t'Miti. in-<p. Me.
1805,
S. Bhet,Ducomrnerce deta bouelierie,
p.3'!i.
3. ~<maH<te/(
ducommerce dela boucherie,
<8C6, p.4t.
4. BecMmM~ ft/<!<)/~ </<'
~t ~«'.t<)ox la 6ot<eA< p.m.
6. Tableau
</M <wMt/MM<~ i8t0,p. 133.
toM<'A<)'t,
<S L'AMIE SOCNLOQtQUB.
W3.i90t
1
(sansdouteau coursde t809)' ainsiles DocMtMes~. publica.
tion oMcieiio,apportent une confirmationaux chinresdu
Tableauet de t'~m<!Mac/). Maisalors commentconciliertes
nombresde bouchers,et non plus d'étaux, donnés par le
~MMM et i'~i ~«Moe~, soitrespectivement 479et4M pouri8uS
et pourt809',avecle nombreinvariabledonnépar l'jttMtxatfe
et par Boutayde la Meurthe pour t80S et ~809,soit 690?
Nousne pouvonsdémontrer, mais nous admettonsque les
nombres479et 464représententles nombres des bouchers
établis en ville, ou étaliers (dans la série des publications
analoguesde i'~motKtM/t et du Tableau,ces nombresde bou-
cherssont toujoursaccompagnesdes nombresd'étaux cor-
respondants),tandisque le nombre590représentele nombre
totaldes bouchersde Paris. Nous retrouveronsce nombre
dans la série des nombres totaux qui seront calculés plus
loin pourle moment,nousallonssuivrela sériedes nombres
desbouchersétatiers.
Lesnombresprésentéspar le jTaMcax <<M ma<'c/«!tt~ &OK.
cherssont respectivement454, 424,4t3. 410, 405,39), 384
pour lesannées1809,t8t2. i8i3, t8t4, 18tS,d8n, 18t8'; le
nombre384donnépour 18t8 concorde,à 3 unités près, avec
te nombre387fournipour la mêmeannéepar Thomasd'après
la répartitiondesboucherspar abattoirs'. En1828,le nombre
desbouchersestde 370,et en t823de 33S il s'élèveen i8~9,
par uneprogressionqui est mal établie, à 8t4'.En t830, Ii
est de SOI,ou peut-êtreun peu pius'; il passede496en )83t
à 499en 1833,800en 1838.501en t849,et jusqu'en i88~. A
i. OncoMtatertt plusloindanste nombre desboachoM. au tableaut,
ânetendance t d<!cro)tre
quipeutexpliquer unediminution detOanite~
eneouM d'année.
2.Lenombre de?4 bouchers en1009estdonnépartuÏM<eet«/M ntaf-
chands toMc/MM, 18)0,p.<33.
a.TaM<'aMde<Ma)-<'A<!H<~&OMeAeM.i8iO,n.)33;MiS,p.S9;«i4 p.6<-
MtS, p.M;i<t6,p.71;XtS.p. et Mi9.p.M.
1.EnMstThomaB, Lemarchéaux&<f<t<tM.t;de la Fillette
et ~a&aMe~
dela villedeP<tW<, p. M-3S.
5.cr.plushMt.p. S~i.
6.BiMt, Ducommerce dela boucherie.
p. !7t; Barboret,Letravailen
t.
France,p. 3MChatard atne,OttM~atfeMtM<'tarapportdeN.Boulay
<f<la Meurthe eeoeefKa~ de PafMet fo~ao<M<«'tt
f<tfpro~<<o)twm<)t<
deta te«eAfWf, Paria.iMt, in~ p.i3.
7. Almanach ducommercede laboucherie,
<M!,p.39Au;<8M. p.LXXX
<S89. p.M: MM,p. M; cf.Thomai), t< marchéaM.e bestiauxdela
t'tMt~,p. 34.35Mtbouchers en iSM,d'apisla repartitton
r rpar abat.
toirs.
0. BOOnatN. – L'MOMTtttB DE LA BOOCHBtUB
A PAHM <3

ce moment, il est brusquementmodifiépar le décret du


37 février, qui rend libre le commercede la boucherie,et,
peu après,par la !o: du 1Sjuin t889,qui annexeà la villede
Paris une partie de sa banlieue.
La S(a<Mt«!t(e établie par la Chambrede commercede
Paris nous donne,pour1860,1 (32bouchers';et ce nombre,
qui n'est pas en désaccordavecle nombrefournipar i'~t<m<t-
nach du commerce de la ~«c/t~'tf. nombretotal comprenant
les bouchersdes marchés,soit 1 269,concordeavecle nombre
fourni par l'.iMK«<t<« de la toMcA~-tfpour 1868,soiti 131en
1861 Les nombresque donne ensuitel'~ttKxao'esont res.
pectivemeot88!, 1374,i 4C3pour les années1864.1867et
1868'. D'aprèsMaximedu Camp,il y avait&Paris,eu 1870,
1 874bouchers établis*.L'CH~e de la Chambrede com-
merce fournit le nombrede 1622« fabricantsn pour1873''i
mais ce nombre est bien distant de celuiqui est donnépar
Husson pour 1873,soit 1388, ou plutôt, en y ajoutant les
boucherseu petitbétail, 1 388+ 84 = 1442'. et au contraire
il semblese rapprocherdela sériedes nombresprésentés
par
l'/tHKtM~de la boucheriepour le total des bouchersde
Paris, y comprisceuxdes marchés,laquellesérienousdonne
) 080 pour t874'; nous admettonsque le nombre6~ est,
lui aussi, un nombretotal des bouchersde Paris,et qu'il ne
rentre pas dansla série considéréeici. Nousretenonsdoncle
nombredonné par Husson,soit 144~. L'.tf~Mmxn~a~ des
M arrondissementsde 7'<!t'<.< nous fournit te nombre1 539
pour 1876'. Enfin,à partir de 1880,noustrouvonsdans t'~t.
tmatre de la boucherieune série continuede nombresqui
sera représentéeau tabieaut'. Toutefois,quelques-unsdes
nombresde cette sérieméritentconsidération.Le nombrede
l'~KKtM~fpour 1891,soit 1861,concorde,à 16unitésprès,

i. CA«M)4fe
de«MMMMfce <~e7'a<'M.M~Mf, iMO, p.iS.
9./tnnM<tt<'e~
la toMtAet'te
deJ'af-h,)862.
3.MM.,1066. «M,<M9.
4.Maxime duCMnp. ParM,sesefyaMM, ~0/~KctieM elMrie~<t<M
la
.«'<o<t<~
motWduXM* t.
«Me, U.p. t)8.
5. CAatntre
decommerce <<e/'aW<,
&H~M«f. i87: p.67.
6.ArmandMuMon, LesMt~eMmoNoM de~'<t)-M.
p.m.
7. Annuairedela boucherie
de/'a)-«,)8?6.
8. ~<<M municipaldM~a)'n)H<«<M~M~<te Paris,p~g,MT6,1farte.
n*MM.
ttdtninmtMth'e,
t'ibtiotMqao
9. Voirplusfoin,p.13.
<4
4 t.'ASK~B MCMMO!OCE. )e03.)Mt

avecle nombrefourni par les /<<'tw«)~M<'s<<t xto'


<<Hf<ftf~)<M
lesservicestHK)Kc<p<m.rde<'approcMto<tnfmfKt,
soit t 8t& Au
contraire,le nombrede I'~MK«a<rc pour 1893,soit i 910,no
concordepas avec le nombrefourni par !«~M<'<«sur la
l'etite<M</tMh'tf,
soit 3 036' nousattribuonscette divergence
à ce que l'A'n~M~ne s'est pas étendueseulement aux bou-
chersvendanten boutique, mais aux boucherades balteset
des marchés(couverts; le nombrede t'~M~t', soit 3U36,
est égal,à 14unitésprès, à celuiqu'onobtienten ajoutantau
nombrede l',tKM)«?<r< soit t910, le nombre des bouchers
établis daus les marchés, donné par ce même ~HnKou'f,
soit 140,au total20M. Enfinle nombrede 24t9 étabiisse.
mentsde boucheriede détail présentedans les /<tM(a~x~-
<t<f~M<'<(<«rcMHM'm~ tt«<(Mff«'< et pro/e~t'otMen i890,
nombretrès supérieur à celuide i'.tHM«<t<'<'<'(1870),est un
nombreglobaldes établissementscomposésde plus d'une
personne,qui ne représentepas seulementle nombredes
boucheraétablisen boutique.

Jusqu présent,nousavonsmarchésur un terrain solide,


et presquetoutesles donnéesque nousavonsrecueilliesnous
ontété fourniesdirectementpar les documents.Dansce qui
suit, au contraire,les donnéesétant beaucoupplus rares et
plusdisparates,nous aurons à fairedes calculset descons-
tructionsqui nousdonnerontsouventdesnombrestrèsincer-
tains. Nousavons du nous eu contenter, faute de mieux.
D'ailleurs,a p<M(<'Wn< nous avonspu nous rendre compte
que les mouvementsdes catégories déterminées par tes
nombres ainsi obtenus étaient sensiblementconcordants
pour les diiïérentespériodesobservées,et pour cellesque
nousavonsétudiéesavecdes nombressurs et pour cellesque
nousavonsétudiéesavecdesnombresconjecturaux.
Nousn'avonspu éviter non plus, dans certains cas, pen-
sons-nous,les comptagesen double nous n'avons pu éviter
qu'un mêmebouchercomptécommevendanten boutique,
parexemple,nefût comptéen mêmetempscommevendant
en marché.Maisnousn'avionspas à nouspréoccuperde ces
1.J'<<')Meij~M))MM<<
<<<t<~)~MM sur <MWMcetMttnfcfpaM.t-
de<'app;wt-
<iet<n<m<'M(
(lePafb,i39t.
2.Office
du<MM)<, Lapetitetn<<tMM<,
t. p. a)S.
3.MM., des«hallesetdttMKttta
p. St9,&proposdesfillesdobouU'tue
mareheo
D.
Il. B('un<!)M. L'tM)U!!TM)t!OK LA MCCHMtt! A PAM)~ <5

doublescomptages ce que nous étudions,en e<!et,ce que


nous mesurons,ce sont les nombresde bouchersayant une
installationindustrielle,faisantfonctionde bouchera et, à
cet égard, pourreprendrel'exemplequenousvouonsd'indi-
quer, un bouchervendanteu boutique,et comptéparmi tes
bouchersde cette catégorie,peut être comptécommeune
unité nouvelledans la catégoriedes bouchersvendantdans
les marches,au mômetitre qu'un bouchernon parisien,ne
vendantpas en boutiqueà Paris, s'it a dansun marchéune
installationpropre, et y fait fonctionde boucherau même
titre que ce bouchernon parisien.
Enfin,pour les bouchersdes halleset marchés,nousavons
rencontré,à partir de 1881,un changement de rubriquedans
lesdonnéesque nous avionsà recueillir.A la classification
en bouchersparisiens et bouchersnon parisiensa succédé
uneclassificationen bouchersvendantdansles marchéscou-
vertset bouchersvendantdans lesmarchésdécouverts. Nous
avonsassimileces catégoriesrespectivement, c'est-à-direque
nous avons considéré commebouchersparisiensvendant
dansles marchésles bouchersétablisdansles marchéscou.
verts, et commebouchersnon parisienslesbouchersvendant
dansles marchésdécouverts,en tant quecetteventene com-
portepas, Ata différencedes bouchersétablisdanslesmar-
chescouverts,un établissementà demeureà Paris.

Boxc/t! </M /;<~Me<m<H'c/tt'<.


– Nousavonsadmisqu'it
y avait en t803 dans les halleset marchés300 boucherset
marchandsau détail. Quelétait dans ce totalle nombredes
bouchers de Paris? Nousne le savonspoint. Nousavons
admisqu'en t80S, sur890bouchersde Paris,nombretotal, il
y avait4T9bouchersétallers. La différenceentre590et 479,
soit Ht, représenteraitdoncle nombredesbouchersde Paris
établis danstes batteset marchés,nombrepurementconjec-
turât, auquels'ajouteraitun nombrede marchandsau détail
probablementinférieurà 300 – 1)1 c'est-à-direà 189,car
entre 180~et i808est intervenuet'ordonnance restrictivedu
)Suivôsean Xt sur les halleset marchés';189seraitentout
cas un nombremaximum.Nous restonsici dansle domaine
des hypothèses.
Nouslisonsdans une pièced'archivespostérieureà 1822

t. BuMt,
DuMMttMt<'M<<<
<otetttAeWe,
p.ttS.
<6 t.'ASXÉK MOUBtt
M<:)OK)G«)UE.
« Il y a 104marchésdans t'anuéoet 72 bouchersde Parisqui
approvisionnentchaque marché', w Ces 78 bouchersrepré.
soutent la catégorie,mentionnéeplus haut. des bouchers
établisdansleshalles et marchésa cette catégorieestcelle
des bouchersque nous appellerons bouchers de détailde
Parisvendantdansles marchés,Il fauten distinguer la caté-
gorie, égaiomeutmentionnéeplus haut, des marchandsau
détailqui no sont pas bouchersparisiensétablis. Or, nous
retrouvonscette secondecatégorieà peu prés à la mêmedate.
Nouslisons,en ettet, dans une lettre du préfet de policeau
ministrede l'intérieur, en date du 2 octobre!838 que de
1824a 1826le nombredes étaux do boucherieaccordésaux
forainsdans tesmarchésa été porté de 34 à 80' n. !)onc.en
1824,i1 y avait dans tes marchés M bouchers parisienset
24 bouchersforains ce dernier nombres'élèveà 80 de 1824
à t82S.L'ordonnancedu2S mars 1830réserva72 placesaux
bouchersde Paris et 24 places aux bouchers forains pour
approvisionner le marchédes Prouvaires;maisen dehorsdu
marchédesProuvaires~iiyavaitd'autres marchés,notamment
le marchéSaint-Germain,ouvert en 1817,et tes marchésdes
Carmeset des Blancs-Manteaux, ouvertsen 18t9*: quel était
le nombredes bouchersqui approvisionnaientces marchés?
D'aprèsl'article23Sde t'ordonnancede 1830,la concurrence
entrebouchersde Paris et boucliersforainss'yaccomplissait
selondesproportionsétabliespar tes réglements:maisquelles
étaient,en fait, ces proportions Nous ne te savonspas avant
1839,et jusqu'en1839,nous devonsconsidérer chacundes
nombres72,24,et 72 + 24 == UC,comme un nombre mini-
mum maisen 1839,après l'ouverturedesnouveauxmarchés
Popincourt< )83i),desPatriarches(1832)et de la Madeleine

t. CAar~M du cMHftWff <<ela <mMf/<fe del'aria,Archives nationftt's.


P*4~t9. Nousn'MfvoM la questiondosavoir,pourtoutfMcoursdu
x)x'titcte,silesbouchers parisiensdeshalleset marchés ou unnombre
d'entreeuxsontenmême
<)M<iteonque tempsétablisenboutique, enviMe:
quellequesoitla solution de cottequestion, d'uneannée&t'outre,Ils
forment,durant toute
l asuitedesannées, unecatégorieepëcia)'difMmncttic
quantà sondevetoppetnent et sa fonction.Desindividus ontpuetru
comptés en double, comme v endant&la foisen boutiqueet danslos
tnatchetnousavonspunégliger, danslaprésente étude,cetteconsidéra-
Intéresse
tion<)Mi desquestions que nousavons laisséesdecote.Acesujet,
voirplushaut,p.it-)5.
S.Archives F'. Ki9,7 p., in-M.,p. 3.
nationales,
9.~tappoW annueltto'lesservice,)MM)tfc<paM.e de <'<t/)p)'MMtW)t<'mM<
de t'an<,tMf,p. M3.
– t.'t'OtUSTMtB
H. BOfMfX. DEt.AeoeCHEMf!
A PAKtS <?
t'/t<m<tK<!c/t
(1834)', <<«
MMMtMWf~ <«toxc/tcrtfnousdonnele
nombrede 7!)bouchersdoPariset 73bouchersdela banlieue,
eu tout iSi Cesnombresue varientpas jusqu'ent844, puis
ils passentrespectivement à 84et 77 pour t8M,1846et t847,
c'est-à-direen tout1011.
y.
Le nombretotal de tOi subsistejusqu'ent8SH,avecdes
composantsditïérents.soit respectivement40 et Ht'. Nous
trouvonsensuite,d'après t'~K)M«'<'(le~oxc/tfw, 137bou-
chers pour)800.)7~pour)8Ct,t67pour 186~.t7~pout'i(M4,
26~!pour t867,253pour )868' maiscesnombresne sontplus
desnombrestotaux, ils représeutentseulementdesbouchers
de Paris.Suivonscettenouvellesérie.Maximedu Campnous
donnele nombre308pour t70', et i'.tMtw«/'<'te nombre202
pourt87) d'après le nombretotaldes bouchersdo Parisen
~87~,tel qu'il est donnépar t'~)«' dola Chambrede com-
merce, nous conjecturonsenviron260 pour t87~. Euun,a
partir de t88t, nous trouvonsunenouvellesérie, celledes
bouchersétablisdanslesmarchéscouverts elle nousfournit
les nombresdesbouchersde Parisétablisdans les balleset
marches'; et commenous connaissonsaussi,à partir de la
mômeannée,le nombretotaldesbouchersvendantdansles
marchés, nous connaissonspar suite l'autre élémentde ce
nombretotal (voirle tableau Aucontraire,de t8S9àt88t,
nousavonsseulementdes donnéessur le nombredes bou-
chersde Paris établis dans les haitoset marchés;pouvons-
nous,à l'aidede cesdonnées,essnyerdecalculerles nombres
qui nousmanquentf Nousavonsadmisqu'il y avaiten t872
environ260bouchersde Paris établisdanslesballeset mar-
chés or, pour 18'!3,liusson nousdonne le nombrede4t7

<.Mt'<
2. ~fMHttacAdu c<t)nM)f)-<'<'<<<<<tteMc/tfft'f, )8t0. p. SO: 18i3, p. S: )Stt,
p. M: t8tS, p. M: )<t6. p. M )Bt7, p. 2<i; CAaMt~f </f e<)mM)trcc<ff~<f'M,
M«fh<h)t«! ti!4'r-MM. t. t. 9' partie, p. 18.
!f. ~M~M('<<'~ft/<!<'t'< <M''la pt'0f/t« ~'Ottf< la M<MOO))Oa/)M de la t't«t)<<<!
de boucherie, t. p. Z')-~8; Borfctfi de Sot-ret, .o/<('f, p. 55: MM!!)', Des
A«~ el t))e)'t-/«~. du Ct))MMf)-Ct! des objets de MMOMMta/tMtto)K<fM
<'<<)J"<!)-h.t. )t. p. 4S3.tXt.
t. Annuaire de la AoM<tfft<, 1862.1803. iMS. iM8. t!69.
&. Du CM)p. /'«'-M. t. Il. p. 113.
6. ~(t)H<M)t'ed<<<t boucherie, tM2.
7. Chambre de <-<))!!M!ee<~ Pat'M, ~M~M~/c,iST!. p. 2)2; – voir j))a<
hMt, p. t:
8. /!a/)~ot~ M)' /'a~Mt'MoHM<MfM<de Paris, voir plus haut. p. 6'
i;u~H:HEt)t.–Annecso(:t(M..t)MH).tMVt. ï
18 L'AXXÉE <903.)9et
SOCtOLOGtQCE.
« marchandedans tes marchés,M: pouvons-nousadmettre
que la diCërenceentre 4t7 et 200, soit IS7, représentele
Membredes bouchersnon parisiensou nonétablis vendant
dans les marches? Rapproche do Ht, qui représente ce
nombrepour t8S9,et de 4M,qui le représentepour188), le
nombre187 pour 1873paratt bien faible. et on a peine a
l'admettre; mais si ion remarque que, de 18Mà 1873.le
nombredescréationsde marchéscouverts,où s'établissentà
demeureles bouchersde Paris, est de 11,contre seulement
3 créationsdo marchésdécouverts,où fréquententtes bou-
chers forains,et qu'aucontraire,de 1873à 188t, ces nombres
sont respectivement de 4 et de 7 (dont pluaieursmarchés
découvertstrèsimportants) le nombre1S7parait p!ausib)o.
Peut ou calculerles nombrescorrespondantspour les années
18CO,180t.1862,1864, 1867.1868,1870,pour lesquellesnous
avonstes nombresdes bouchersdeParisétablisdansles mar-
chés? Enadmettantque le rapport entreces nombreset ceux
que nouscherchonssoit resté constantde 1860à 1873,nous
aurions respectivementles nombres78.103, 100, 103, )37,
ISt et 160pour1860.186t. 1862,186t.1867,1868et 1870.La
diminutionde121à 75do 18S7à 1861nedoit pas surprendre
par suitedel'annexionde 1889,un grand nombrede bouchera
forainssontdevenusbouchersparisiens.

3° J/arc/MK~ de);MH</e.Nousavonsmaintenantà exami-


ner la troisièmeclassed'individusfaisantà Paris, &cote des
bouchers,le commercede la viandede boucherie.Au début
du siècle,cetteclasseétait celle des colporteurs nous avons
vu combienleschiffresdonnés pour l'estimationdu nombre
des colporteursen 1808étaient hypothétiques tout ce qu'ou
peut dire, c'estqu'ilsétaientalors fort nombreux.Aprèsl'or-
donnancedepolicedu 1SMh'oseanXI, le nombredes colpor.
teurs dut baisser; mais nous savonsque le colportageétait
encorefaitpar lesbouchersde la banlieue,en dehorsde toute
vente dans les marchés t'arrêté du préfet de police du
18 juin t806fut dirigécontreeuxCet arrêté ne fut pas com-
plètementeiltcaco,et nous savons que le commercede la
viandeforaineou « viandeà la main Mcontinuadans Paris

Lesee)xotom<)<iMtt
i. ttnMon, liet'ttttt,p. )tt.
2.<h!Mt'/w)'<'appMt~t<M)n<'B)fH<
de~<-M, 19M,p.203.
3.Bizet,
DMcommercedela toMcAf) te, p. 476.
Il. tMfHCHf. – t.'MDt'STtUE PR t.A BOCO)E)m!A PARtS fO

en dehorsdes marchés mais quelétait le nombredes com-


merçantspratiquantce commerce,nous ne le savonspoint.
Enfin,eu 1849,fut établieau murchédes Prouvaireslit vente
delitviande&la criée maisquelétait !onombredescommer-
çants de détail participant à cette vente,nous ne Je savons
pas non plus.
Ainsinous connaissons,au coursdu siècle,troiscatégories
successivesde personnelcommercialfaisant,à cotédes bou-
chersde Pariset desbouchersordinairesdesmarchés,te com-
mercede la viande mais nous sommesincapablesde donner
une estimationquantitativede ces catégories,dont nous ne
pourronsfaireétat dans nos calculs.
4" ~oMcAe~ en~'<M. Jusqu'àprésent,en cherchantù éta-
blir la statistiquede l'industriede la boucherie,nousnonous
sommespas préoccupésdeta naturede cetteindustrie;et, en
fait, tous tes chiuresque nous avonsdonnéssont ceuxde ia
boucheriede détail. Pourtant. it y eut et il y a à Paris une
boucherieen gros dont nousdevonsfaire étatdansle recen-
sementtotal Or, jusqu'en ~872,aucunedistinctionn'a été
faitedans les statistiquesentre lesdeuxformesde l'industrie,
et tesbouchersengrossont comprisdanstes nombresfournis
jusqu'itcette date, nombrestotaux; c'est seulementen tt!7<}.
et pour l'année W:ï, qu'Hussonnousdonneà part le nombre
desbouchersen gros !i ouvreainsiune nouvellesérie qui,
d'ailleurs,n'est complète,ensuite,que pourtes annéest883à
tMO".Cetteséries'ajoutera,à partir de t87~,aux sériesdéjà
constituées;mais,pournepointfausser,parcetteadjonction,
)i' comparaisondes séries, on tiendracompte,par un
comp-
tage en double, du nombredes bouchersen grosdéjàcomptés
commebouchersde détail, à partir dumomentoù ce nombre
serafourni à part comme représentantun groupesuffisam-
mentdifférencié'. 1.

i. Surlaboucherieengros,voirplusMa.p.? i~).
llusson.LesMttMMMMMtMt! </f~<t<'&,
p. <M )MboNehen! en er'M
fifixant)-M<it)en)ent
le tt)t!t!er
doboucher engros,et tuant(mxabattoirs le
nombre de4!M Mtab))Mementscitéparlen~meHusson, r''n-
)).H),Mrttft
ionMerane erreurouun double emploi.
N.Annuaire <tn<M/t~Mfdela ville(le/*ar~,annéestSXS t tMO)tt'tor-
Utiun desbouclierset deschareatfeM parabattoiret pargenret)ecufn'
tncrce.
t. Sur cette (UtMrencfation,
voir ptas !oin, p. 90~<).
? ).X~ <M3.)90t
~OCtOLOOM~B.

6' Personneltotallie <'t'K'~M~ – Enfin,tous les nombres


que nous avonscités ou indiqués sontdes nombresde bou.
chers ou de marchands,c'est-à-diredes nombres de chefs
d'entreprise,et nous n'avonsrien dit encore du personnel
totalemployépar eux. On ne peut méconnattrol'importance
de cet élément,et il en sera fuit état; mais nousn'avonssur
lui que des donnéesrares et à longs intervalles, dans les
enquêtes de t84'tt<48, t8MO,1812,et dans le recensement
professionnelde i89(!.
Nouspouvonsmaintenant,d'après t'éludeet lescalculsqui
précèdent,établirle tableau des individuset en particulier
deschefsd'entrepriseappartenantil l'industriedela bouche-
rie à Parisde 1800à 1900.Cetableaucomporterades lacunes
nombreuseset quelques incertitudes; pourtant une série,
celledes bouchersde détait vendanteu boutique,sera à peu
près entièrementconstituée; d'autre part, deux périodes,
cellede 183Uà i837 et cettede 1800à 1870.présenterontplu-
sieurssériescomplètesou assezbien fournies,avecdes incer-
titudes graves pour la secondepériode; enfin, lit période
~8!}-19u0 ne présenterade lacunesquepour uneseulesérie.
Nouslaisseronscomplètementde côtéta questionde savoir
quellea été au juste t'inuuencede la législationsur le déve-
loppementde l'industrie de la boucherieà Paris c'est une
questiondifficileet complexequi n'intéressepas directement
notre sujet. Nousconsidéreronsseulementle tableauqui re-
présentece développement, et noustâcheronsde t'interpréter.
Ce tableau se divise horizontalementen deux parties.
Dansla partiesupérieure,de 1800à 1824,il y a diminution
dansles nombresde toutesles catégoriesportées au tableau,
colonne par colonne; dans la partie inférieure, de 1831à
)900, après une périodede flottement,il y a généralement
augmentation de 1831à t857,cette augmentationse pro-
duit dans toutesles catégories,sauf une, cette des bouchers
de détail de Paris vendant dans les marchés (colonne4)';
elleest très légèreet très lente; de 1860à t900,i'augmen-
tation se marque,au total, dans toutesles catégories,mais
très inégalement,et parfois avecde sensiblesfluctuations.
Nousexamineronsseulement,en cettepartie de l'étude,cette
t. Cetteexception parunemesure
s'Mpti~ne adtnfniiitrattve,
unoor~on.
nancedu préfetdepolice
endate(tutt aoùt)<tK,
flxantla f~artittondes
ctauxdanslestnarcttes.
Il. BUUfMttN.– L'iKPU!!TK)K?8 LA ftOL'CMKtUË
A PANtS g(

T~MLEAU t. NotttttU! Bf;< MuCHH)!MS ET Ut: )XM\tt)t'!t ~t'PAMTKKAXT


A ).')SBt!!tTMH ))R LA MUUCHtiMtt! A t'A)))!! M! <)!()< A )9(K).
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~tmtttM: 3 4. Muf pouftn M)t~t ))!<?. tM), tXM, tH!. )<?<, )'?, tM< )Nfr t'-sqafttM
«mt H)«t)Mitt«fe<)t donnée («t les MtlKM.
Les tmothre* <)<'cette colonne 7 ant été obtenus par )'«)<)i)ioMdes nomttrM <'Mn'<)xtad)M)t)des
<"t<mM 4 <t (! pour les toxfM ttït )<m ils sont iM)m&ij<(<'OMt)t
ttentK'f par )tt <«uttM pour
)..tm)h~ tXM. t<!7aet i<)!t t tOM.
)<« tMntbïv~ de cette colonne 6 ont ~té ~btetMMpar t'tddtMo)) dc< MOH))~Ms
correspondants des
rotum~t 3 e~ ?, ou S et C.
t. t/t tMmbt'Mde Mtte colonne iu mt M4 eMeaut par )'<uMM<m<in lie 'thn-t certt'tM))<h)<(< des
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23 L'AKX~ MCtOLOG~UK.
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M7t SM <57 4)9
MM t3M MM tSM <&7 <t7 1779 <i«8'
M7! :<M i7M <57 <i7 tt!M tM ~Ottt
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5. Ct' <Mm)tr<.t M ehtenuj'M t âdditim) au total 7M(chefsd'MttMpriM; du aombfetotal det((((~
mttrhn dmnt par la .!<<t«tM~f< de «M-XM.
t. Ce total, mojtetttM).a été eMetM)jur )')M)<titi<m
du nombretotal des Mifriof*dmnf lier la
.S'/a<t)~tmde tttM.soit !M!. <M) nombret)M tMttthef) de dfhi) <p)<rofi't<'mm<t h ville de
Potit tn tMw.plus te neotbn.'desbotMht-n ou gros rB 18 ('hntitfe tnn~ <)«<)X''e).
Ce nombre M obtmn jmr )'m)d)tio«du nonthn*total deseotricM donné part'A'tt~tt~e
de KM, soit t!M, mtott) desbe~hmt tpptttMttinM't la ville<)<! t'<~<m mi. p)m to nombre
dt<))eM<htM en gtM <) t<!9.
a.
Il. BOUBGtK. t.'tNDUSTtUBDR LA BOt'CMKatEA PAM< 33

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tMM t9t4 Mo St<M M~ 7~ SEM ~7 Ï9M
!K!M tW7 M) 8i38 M* 7M Set~ ?8 ÏM3
)S~1 <M) Mt ZiM 49) 7M 2S93 M iitttU
)S'J!i )89t M< 2<:«! 489 7M X<a.'i "63 :!8S8
).s'a t9tt M9 2i!i9 506 7!i?) ge<i5 Mt ïmM
i~t ))i7! Ktt :!<<? ttB 7Ht SM) SM i!tM!3
iSi'j )tt69 2M 2eM !.)0 7~ ~<Mt xn i!9)S
)MO tt)70 ?: :<M MU 7M !<MS M Ï9ia ~?5'
~7 t)t83 539 2H6 S~ti 75!' !tiM 30S! Ï9tt
)M8 mt N9 2093 S70 m9 SM3 Si)ti ~95!'
)?' )9M Mt 2<!i0 ?7 Mt 27~7 Si)7 30tt
tfuu 1973 M3 S~t. ei <it:t M!i ~?0 i!))3 3~t

t.ombn) j;)obt)<t<'o)t< lut t'~MKMOt'f-t


de la h<)<f/)M't<
XombM total <tMMhidM cmpto;~ dtn< t'MMttrie.J't))~t le ~MMMn)< <tt )M< On ))'<
)!a<fait état dM tutn-t nombresdu /<M<'t<«'M«'x<. du nombred'~h!!<«'mtt)tt
t)i, en )mrt)<tt)frr.
iudt~~ p. i t.<)ui ne rn~M CMCt~MMttdMt aucunedes sériesr<p<~)'pMtA~ lei.

dernièrepériode,dans laquelle l'entreprise,rendue!ibre, a


été soustraiteà l'influence limitativeou restrictivede la
législation.
Pourétudier l'ensembledes variationsqui se manifestent
durant cette période dans les nombres portés au tableau,
uousavons réduit ces nombresaux nombresrotatifs dans

t. LetennechoMpourte calculdotnombre! danscette<tude.


relatifs,
<'stt<tmoyennesimple auxannées
desnombre:correspondant i89ï.<MX
et i!tM.Surto calculet surcettemoyenne, données
ut lesexplications
M L'AXS)~ iiOCMLOOtQCE. <W9.t90t

les catégoriesqui Mousintéressentpour le moment,savoirtes


catégoriesrenferméesauxcolonnes3, 5,8, tO,H ces catégo.
ries sont celles 1°desbouchersde détaitde Paris vendanten
boutique;2'des bouchersde détait de Paris (c'est-à-direles
bouchersde détaitde Paris vendanten boutique ou vendant
donstes marchés);3°des bouchersde détaitapprovisionnant
la villede Paris (c'est-à-diredes bouchersde détait vendant
en boutique, plus les bouchersde détail parisiens ou non
parisiensvendant dans les marottes);4° des chefs d'entre-
prisedansl'industriede la boucherieà Paris;8"des individus
appartenantà l'industriede la boucherieà Paris; leur déve.
loppementmesurele développement de l'industriede labou-
cherieà Paris de 1860à 1900.Les nombresrelatifs pour les
catégoriesdontil s'agitsont portésau tableau et représentés
au graphiqueJ.
Si nousconsidéronsce tableauet ce graphique,en laissant
de côtélesdeuxdernièrescatégories,nousconstatons', pour
les bouchersde détailvendanten boutique,pourles bouchers
de détaitde Paris (nombretotal), pour lesbouchersde détail
approvisionnant Paris f de 1860,ou peuaprès, à 1870,une
augmentationrapideet presqueconstantedans les trois caté-
gories 8°de1870à 1872,une diminutionbrusqueet dedirec-
tions à peuprès parattètes;3"de 187~à t888.une augmenta-
tionassezrapide,maisnonsansirrégularité;4°enfin,à partir
de 1888.un plateauirrégulierdont les points d'abaissement
et de relèvementcoïncident,pour les trois catégories,aux
années1891(abaissement) et 1893(relèvement),et cessentde
coïnciderpourlesannéessuivantes,sansqu'ily aitd'ailleursde
divergencessensibles,ït est à noter aussi que de la ligne100,
considéréecommebasedu plateau,la catégoriedes bouchers
de détailvendanten boutiquenes'écartepas plus de 3p.lCO,
dont une foisseulementen dessous, la catégoriedes bou-
chers de détail vendant en boutique et dans les marchés
(nombretotal)à plus de 4 p. 100,dont 3 fois en dessous,
la catégoriedes bouchersde détailparisienset non parisiens

par M.François Stntiand


dansson&MH < prixduc/tar~tt.t'~MA-
sociologique, année
Cillquième (~~M./W), p. M.
i. Nousneferonspasétatdu?M<!H<Mnt constaté
d'augmentation eni9)K),
c Mt-a-diro
à lafintufmedela période
<)aon ous
avons alors
d~itaitee,
surtoutquecetteannéei9Mestuneannée uneannée
exceptionnelle,
d'eïpotXionmaisnousferonsétatdutHe«tWM)en< constaté
d'augmentation
enMMet continué en1900.
– L'tXCUSTME
)). BOUHOtN. M LABOUCHKMK A fAtt);!
il
)AH).)!AU U. –
h~" -~u. _0 "u_u_
PiOMBB)!* HBt.ATtf! MRS ttUUCHttM KT DES )X)))\tt)US
.U'MKT)t}fAXT A ~')XD~tT)~)~: )'K H UOt'CMKt)))! A M)US UN )?') A )WO

Mt'CHtittt XO(CMM)) tOCCHKttt CMt!M )Xt'tYttt)s


d.MtU d.d~.i)d<. d.~t.tt .).
tXfM. ~).i.T< f''H'X"i'
t. 'i~~(~
dmtoK (t)0t))bto httUodt '<"<e~be~ttone
tMMitittt«' tutit)
tow. t').Ma
t.no. <tr<tn* aPant
Mm).)oe. ~emt,f<.h.td)).M..).M)aM).
t _!t 9 i 5 0

<Me et 60 st 3t
Kt!) 0) M
i)KM
(Ma
MM M 00 M
«65
)XM
ttfM ft 7< m
tXM 78 81 7t
t869
18iO 0 St 88 M
1871
IttM 3 77 M M
'M3 77 81 7t M
iM4 79
1876 5
1876 M
82
1877 tt3
M
18i8 )t)
ift79 82
M
tOM )!t
t8M 86 ))t M
<"? 88 M ?
«? 89 9ï M 90
<M4 M Ut 93 M
iMS 9~ US 9i ?
<M6 96 99 98 98
t!'X7 tôt ~M )M tOZ
i8)t8 t03 tOt <()i lOt
KM i03 t03 <<? <?
<MO iOt )0t MO 99
i89t tOO <00 98 97
INM iOi 101 iOO 99
iMS iM <03 )()) iOt
«!9t MO iOO ? 99
1895 MO 99 M it)0
i8M MO <OK iOO )M )M
'M7 i0< i00 MO M)
i8M 99 99 i0) lot
<899 <M MS toi tOi
<MO )M iM M7 M7

1.Lestermctde cotopamteon,
obtenu):
deta f~'onquia cteditf.Mnt
respectivement
ëgaot &
)M!+'MO+t<M
3 = 1870pourla colonn(,
3g dutableau
j 1;
OM+t))M-t.!M3
––– = ,“M8,pouri)tcolonne&;
ÎMi+iMt-t-ÏM!
––-–,–-–– =263! ponrta<'o)onne8;
S;
StM+~tS+t!)!= :92t mtonnuM;
––––– pourt<t
<90M,seulnombre donnupour)ttcv!o))no
tt.
sa L'A-Htt~ 60CMLOOtQUK.<903-t9M

Ao<«t <;rp~eo<wdu ~fapA~Me – Ce graphique représenteles donnas


portéesau tableau tt. Mvoir h ligne A,A,la série <iMnombres relatifs
des bouchemde détail vendant en boutique par rapport an nombre
moyen de! années t892. iS95et i8M égalé à i00; la ligne A.t. la 6<!fi..
des nombresMt&Uhde<tbouchorsde détail de Pat-itt(nombre totat) lu
ligne 4,t,)a série dos nombresrelatifs des bouchers de détail approvi.
It. BUUMttt. – ~XO~TMK US LA BOCCMEMKA P~MA S7

sionnantta ville (i<;Paris: la ligne &,&,ta <t!r!<!


')Mnotubt'Ms rehtih des
chefs d't!ntr''t)')«*dans l'industrie de la bouchurie.L'intervallede deux
lignes hut~mn~teii repre<ente 5; tes lignes qui repr&)ententle 4MfM-
tK'etivettx'ntpour chacun des eteux'nts & t,. t,. A, sont tndiqutietttar
tes nombres t<M,,MO,.tOO,.tMt. ~(n'ës n'tpecUvomentsur elles.
28 L'ANSESOC<f)H)ti<QUE.
<9t3.t90t

opprovtstonnantParisaplusdetp. 100,dont 3 fois au-dessous.


Enfinl'écartmaximumentrele point maximumde relèvement
et le point maximumd'abaissement(y compris 1auueelimi-
tative1888),est de4 p.100pourtes bouchersvendanteubou-
tique,de Sp. 100pourles bouchersde détail de Paris (nombre
total),de 0 p. 100pourles bouchersde détait parisiensou non
parisiensapprovisionnant Paris.Quantà l'augmentationtotale,
calculéeen uoitésd'aprèstetableautt.apartirdet'anaéelSCO,
elleétait respectivement,pour chacunedes trois catégories,
de 4~,44 et 83 p. 100en 1888,au commencementdu plateau,
et de 41, 43et 63 p. 100en 1899,à la <!ade la périodeconsi-
dérée.Lespremiersdecesnombresreprésententuneaugmen-
tationannuellemoyenne,de 1,80,l,S7et 1,89,de 1860à 1888.
Restentles deux dernièrescatégoriesque nous avionslais-
séesde coté.La catégoriedes chefsd'entreprisedans l'indus-
trie de la boucherie(nombretotal) ne fournit de série et de
lignecontinues qu'à partir de 1883;maiscette série et cette
ligne présentent un développementanalogue à celui que
nousvenonsd'étudier pour les précédentescatégories.Quant
à la dernière catégorie,celle des individus appartenant à
l'industriede la boucherie(nombretotal), les trois données
qu'elle fournit seulementindiquent une augmentationsensi-
blementplusgrande et plusrapideque toutes cellesque nous
venonsde constater.
Il ressortde ces observationsque, de<1860à 1899,le déve-
loppementde l'industriede la boucherieà Paris, mesurépar
les nombresdes boucherset des individus appartenantà la
boucherie,n'a pas été constantd'une année à l'autre. Il y a
eu, au total, augmentationabsolue,et le point culminanta
été atteint en 1888pour les bouchersde détails vendanten
boutique,pour les bouchersdedétailde Paris (nombretotal),
pour les bouchersapprovisionnantla ville de Paris, et pour
les chefs d'entreprise de l'industrie de la boucherie mais
cotte augmentationprésentedans la périodeoù elle s'accom-
plit (avant 1888),et dans la période où elle se maintient
(après1888),des irrégularitésqui restent à expliquer. Nous
allons chercher cette explication mais, pour éviter d'em-
brouiller une question déjà complexe et difficile, nous
essaieronspréalablementde la débarrasserdes irrégularités
secondairesqui apparaissentà la comparaisondes diverses
catégoriesconsidérées.
Pourcela, il faut interpréterleschiures.D'aprèsceschiffres,
Il. M"mn)X. – L'tXDKitTtttt! DE LA B)PCMt!tUt! A fAtU!) 29

nousconstatonsque, des trois catégoriesqui présententdes


séries complètes,celle des bouchersvendant en boutique
offrel'augmentationrelativementla moinsgrandeet la moins
rapidede )860à t888; en revanche,après i888,elle offrela
constancenumériquerelativementla plus grande elle reste
généralementassez voisine du cent, où elle se trouve à
quatrereprises; elle ne descendqu'une fois au-dessousdu
cent, après l'avoir atteint et dépassé.Le nombretotal des
bouchersde détailde Parissuit un développement analogue
pourtantl'augmentationest un peu plus grandeet un peu
plusrapidejusqu'en1888,et la résistanceà la diminutionun
peu moindreaprès 1888. La catégorie suivante, celle des
bouchersde détailapprovisionnantla ville de Paris, fournit
commel'amplificationde ces dii~renees augmentation
beaucoupplus grandeet plus rapidejusqu'en1888,et, après
1888,résistancemoindreau fléchissement,du moinsjusqu'en
)895.Enfinla sériedes nombrestotauxdes chefsd'entreprise
fbouchersde détail et bouchersen gros) manifesteun mouve-
mentanalogueà celui desnombrestotaux des bouchersde
détail approvisionnantParis, et plus ample que celui des
nombresdesbouchersde détailvendanten boutique.Quant
à la sériedes nombrestotaux des individusappartenant à
l'industriede la boucherie,elle présente l'augmentationde
beaucoupla plus grande et la plus rapide, mais dans un
mouvementqui nous échappeet se dérobe pour ia compa-
raison,du moinsen ce présentmomentde l'étude.
Decequi précèdeil résulteque nous pourronsconsidérer,
danslesrecherchesultérieures,et pour la période1860-)900,
le mouvementdes bouchersde détail vendanten boutique
commele mouvementd'amplitudeminima et de constance
maxima.et le mouvementdes bouchersapprovisionnantla
ville dePariscommele mouvementd'amplitudemaximaet
deconstanceminima' entre cesdeux limites,d'ailleurspeu
distantes,nousplaceronsle mouvementmoyenqui représente
le développement de l'industrieà Paris, quant au nombredes
boucherset des individusoccupésdans la boucherie;et ce
développement est précisémentl'objet de notre étudeen ce
moment.Si nousvoulonsle résumer,nouspouvonsdire qu'il
comprendquatre moments f de ~860à 1870uneaugmenta.

< QtMnt M<caOies<)u< CM'HffcroMes


e\pH<)nMt et
demoM\)'K"'nt
d'ao't'ma')'t-iles uneétudespéciale
'tie<mérit~nl
d'Ullllllllullo, méritent tpeciak sicsera
(lui))e
'tai p<M ici.
MmpaslLIJurdéc
aburdfe
30 ).'At'<É)i!!f)(:)Ot.OO~t.'t!.)903.<'J04

tion très rapide; 2' (te tS70 a t872 une diminution brusque
3° de t872 à 1888une augmentation rapide, mais non sans
irr~gutarite; 4° enfin, à partir de 1888,un arrêt, une sorte de
plateau Irrégulier, ne comportant pas de très grands écarts
entre le point maximum d'abaissement et le point maximum
de relèvement. Quelles sont les causes de ce mouvement, et
des quatre moments qu'on y distingue?

B. – /<fcA<'<'t'Af
(/M C<«MM.

Ac</<Mop/)fm<'H~ <'coHom~)«'.– On dit souvent ou on


laisse entendre que le développement de tel commerceou de
telle industrie, de telle forme de commerce ou d'industrie,
dépend de l'ensemble du développement économique; et ce
genre d'assertions se prête particulièrement aux discussions
du caractère le plus vague sur l'évolution commerciale et
industrielle. Dans le cas précis qui nous occupe, est-il pos.
sible de retrouver une corrélation entre le développement de
l'industrie de )a boucherie, mesuré par les voies que nous
avons choisies, et le développementéconomique, mesure par
des voies analogues?
Mais quelles peuvent être ces voies? quelle peut être cette
mesure Dans l'état actuel de la science économique, on ne
saurait prétendre à aucune certitude do solution, et môme
on ne saurait admettre que le problème puisse être scientifi-
quement pose. Ce problème se décompose en un grand
nombre de problèmes secondaires, dont beaucoup ne peu-
vent pas même encore être abordés. Pour d'autres, on pos-
sède des indices, mais des indices seulement.
La question se pose pour nous plus simplement. Nous
avons catcuie le nombre des bouchers de Paris, et pour les
années t847, t860, t8~. t8!M, ce nombre est, a très peu
près', celui des établissements. Or, nous avons, pour ces
mêmes années, le nombre total des établissements recensés
dans la ville de Paris. Nous pouvons, dès lors, comparer le
développement de l'industrie de la boucherie, sur les bases
mêmes que nous avons choisies pour le mesurer, avec le
développement économique, mesuré par un procédé iden-
tique. Nous avons calculé le rapport au nombre total des
1. XoM(tonnons ainsi,sanscommentaire,les résultatsd'unen'ctx't'cht'
et 't'oneetadf qui ne rentrepas dansnotre sujet c'estuneétudedu
f~tMede t'Mu~rio.
II. tiut-Mtf. LtXDCSTKtt! DE LA HOUCURRtE A t'AHtS 31
ctabiissements,pour chacune des annéesit)47,t860,187~,
)8!)(i)"du nombredes établissementsde bouchersvendant
eu boutique(catégoriedoutle deveioppemeut
est d'amplitude
ntituma) 2"du nombretotal des bouchersapprovisionnant
)'.u'is ~catégoriedont le deveioppementest d'mnpHtude
tnaxima).Les résultats de ce calcul sont présentes au
tableau111~uotMbres relatifs).
')'A))).)iAC
ttt. !<<)t)BH)!
OKSih'Attt.MSKMHXT!!
Ht:M'Jt'<:))t:K)):
M KUMMKti TUTALMKS
HTAMt.)s<)iMM'<TS
A)'A)tt<

XOMtt! .\OMMe"MtTtttUSSt!ttK!<T!it)KMt'C)tMM
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––'––––––––––
)\"<~
.k.,<ttt,)! ))<,udt'.t.Mnd..tt )toM))Mt<t)mroY..io..Mttt
l,
ttK'ob'. knUe~'t'Mit.
<.u)joMti<[u<
t J t
r.
!ttitt<)tt~!)
xl.alre !!<~tt!tth~f)
,llit. ~,ul"l
'!tt)htttk)h)
a¡..I\I !t"t'it'!ni[i
r.lnits
t~U Mtttti MO 0~ Mt ].M
)860 tOH7i ttS: f.t~ Oit i.33
i! ~:tïM )M2 LtO <779 ).H
)!!? HX~ ))i?0 ). 2UM ~.tt!

1. 1. 1I01III'r. dr Cl'U(' rolunur ",ut UI+!Iodr la .~Inliarimr d~· t~1 H.Ij, m'
.~<tttft~'k'tM~.tk'r/i')Mt<t<d<'tMi,<h'</f<'n<«o<<<f)(WMfM<'<t<det')M la
''tahtt~Mtft'Mt!*Ct)KttMt''Sdt' ~ftt* <t UMt'JKV~ttW~
).

De ce tableau il ressort que le rapport du nmnbre des


'tarissements de boucherie au nombre total des établisse-
tnents n'est pas reste constant de t847 à 1896 il s'est élevé;
il ne s'est p&sélevé régulièrement, mais il s'est élevé assez
nettementet continûment. Cette constatation est intéressante
eu soi elle montre que, pour une même période d'environ
cinquante ans, le nombre des établissements de boucherie a
où plus vite que le nombre total des etabtissements' mais,
d'autre part, elle est importante pour la recherche des causes
que nous poursuivons, parce qu'elle montre qu'en une cer-
taine mesure le développement de la boucherie est indépen-
dant du développementéconomique, et que nous avons bien

). U'tpttsRoUtc,~at ~<hc/«)'~<')tft'tc.
p. 39.la proportionp. 100des
~!th)i<sM)fnt!!
dobouchofie au notobre(uta)des <;t.tb)iitsomfn~
enAt)):-
est
ffMf{n'!pMM <h';{.KpourJpft
G ewerbcbstricbeet 2,09pourte<Uanpt-
betriebeen t)! it ~,Met S,!&nispccUvcmcnt en t8M.
32 L'AXX~K t9M-t90t
SOOfuntitQL'K.
ta affaire & une industrie spéciale dont des causes speciates
peuvent expliquer le devetoppement.

2°/.f <r<'h/)pf)MCMf ~Mt'M'/fH~'tM Cf(MMtmcn'fft f/f <'<t<<H)ft)~<-


/<oft. La précédente conclusion nous amène à nous deman'
dot' si utte corretation précise et revêtant une cause commune
n'existerait pas entre le développement de la boucherie et
celui des industries et des commerces de l'alimentation.
Actuellement, ta vérification rigoureuse de cette hypothèse
est impossible, faute d'enquêtes et de recherches; là même
on l'on trouve des statistiques pour les industries et tes
commerces de l'alimentation, on ne trouve pas de concor-
dauce entre les groupements présentes dans ces statistiques,
et la recherche comparative est impossible. Mais n'en Mt-it
pas ainsi, et put-on même comparer les données concernant
t'atimentation considérée comme un groupe unique et cons-
tant, les renseignementsqu'on pourrait tirer de cette compa.
raison seraient factices l'alimentation n'est pas quelque
chose d'homogène, et les diverses industries, les divers
commerces dont elle se composene se sont pas développes et
ne se développent pas d'une manière homologue leurs
développements ne sont point nécessairement comparables,
et une corrélation avec les moyennesqu'on pourrait instituer
entre eux risquerait de ne correspondre à rien de réel.
Toutefois, une comparaison, même grossière, peut fournir
des indications utiles et c'est pourquoi nous avons rappro-
che au tabteau IV les données correspondantes fournies par
tes /<ft'Aft-f/«'.t
.<fo<M~«Mdet8~3, la .sY«/f.~t«' de t8t7-t848.
la S~Mf~Mc de t860, t'A'H~«'<<' de t8~ et les Af'M~ (/«
~cfHWMfe~de )?? sur le groupe de l'alimentation et sur
deux sous-groupes, celui des charcutiers et celui des restau-
rateurs'. De ce tableau, il ressort que. de tM3 &)896, le
rapport du nombre des bouchers au nombre des charcutiers
a varié considérablement en plus; que, de t823 à !8'?2, le
rapport du nombre des bouchers au nombre des restaura-
teurs a varié en moins; que de t847 à t896, le rapport du
nombre des boucliers au nombre des chefs d'entreprise de
t. t'oMf'jup)M<)onnM's fuss.-t))
(-«rr~pon't.tntM,nousm'unspris.pour
~72<'t)S' non pat les nf'fnbtf~ d'i buuehcM portti<&notre tM)')<-Mt.
maislesnonthres brutsportésuuxstittisthjues
<)ue nousavions &utiti~'t';
de feU';nmnitreles sérios'luenousittstituo)))!
ici sontcmnparahte~. sans
))fr<t[cluv~<i(tr
indicativeci seutemeotindicativeqat-nousleur d('m:m-
dottS.
)t. BOCHO)K.– L'<CC!:TMK U8 LA BOOCH8MBA PAUtS 33

'rAtiLHÀ):tY. – NOMBREDH!tCHEt'S t<')!)UU!tTKtt!


(beuchett,ch~rcutio~, restaurateun, ttitMcntattoo).

~~XO~hKvoranR
xoyuaa ~MM
Yuraae SOM.
W rene
''M h)t)th<tt xm .m«t)frttde<
t-ifte!. des des des < "–
d'enreNis· G ekB
httien. <hMti.M.
K~hM. thmt~is. t<~i.t,.
'~m~J' MMO~ fj~<. de
M!tOt<U.t.
Y d
f ~J__A 7 <

<M3 3M 9i!7 <M.9)) 3~~


M" 38) 36M M.32 i3.et
iMO H3! 67t 3~ ~.M 3t,0!
'Sf~2 <6~ 5 :t3tS6 M.MO t.M

fttUC e<it9 <M3 MM7 M~H 4.00

l'alimentationa variébeaucoupen moins.Ainsi,dans la pé-


riodeconsidérée,cesdiversdéveloppements industrielssem-
bteut avoirétécomplètementautonomes et les
nombresqui
tesreprésententnenousindiquentpasdecausalité commune.
Là encorela boucherieapparatt commeune industrie
fiate. dont noussommesen droit d'étudier à spé-
le
part déve-
e n
toppement, poursuivantliarecherchedes causes.Remar-
quonsseulementque,d'après la recherchecomparativeque
nous venonsd'instituer,c'est en comparaisondu
développe-
ment de l'industriedes restaurateursque le
de la boucheriea le moinsvarié relativementdéveloppement
or, l'industrie
des restaurateursest au servicedirectde la
consommation,
-'t on peut supposerqu'elle s'est développéeen fonctionde
la consommation.N'est-cepas dans l'étudede la consomma-
tion, et, puisqu'ils'agitici de la boucherie,n'est-cepas dans
l'étudede la consommationen viandede boucherieque nous
trouveronsla causedesvariationsquenousavonsà expliquer?

3°J!.<t~o~)MhnbM.– Maisd'abordne peut-on


pas supposer
tout simplementque cettecausedoit être cherchée dans le
mouvementde la population?Pour une populationvariant
en plus ou en moins,ne semble-t-ilpas qu'il faut un nombre
1.C'estentjM'amrntedt'jaG.-orgAdter.MeMcAe~fm'MaM~«.w<<.t.
<.«eh<<<!)- a' Aatt..B.3,MM,p. )))?,poarle d<:ve-
M<M()(M)uK)M<-Aa~)).
tuppuutentdulatmuchpfte et dola charcuterie.
E. DtMMNtt. AunéeMcio).,<9M.t9))4. 3
34 ).'A!!?:KËMCM).UG)<;t'E.tM3-tMt
de bouchers variant en plus ou en moins? Y a-t.it doue un
rapport entre le mouvement de la population et te. mouve.
meut des nombres par tesquets nous avons mesure le deve-
loppement de l'industrie de la boucherie à Paris ?
Par les statistiques qu'ils ont interprétées, Hothe et Scho-
merus ont établi qu'en Allemagne le nombre des bouchers.
relativement à la population, n'a pas cessé de croître au
cours du xtx" siëcte' et Adler, dans son article sur ta bou-
cherie, aMrme qu'il en est de même pour Paris depuis t'ucto
d't'mancipattou de )8!!8~.Le tableau V présente les nombres

V. – XoMMHKS
TAMt.HAt' KXPMtM.~T t). YA,Mt'tt )0))e0HAM)-
CUMMttiX
T.~TS,M: MUL'CttKttS
KTt)'tXt))\-H)t-S
.U't'AKTKXAXTA ).'<St't'<T)')H
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t.)~M<<nAft<<)<'c<'tt<-)ipK-M)tctt'-t)Mt(t'!))!f<-<ktM'mttt)'fetM<')tt<f<-t))t!t.

relatifs que donnent pour Paris les statistiques de la popula-


tiou et celles de la boucherie pour les années où elles cotoci-

1. Hothc, t/fM~c/te t'/fMcAffj/ftMf~. p. t); Schutoeru)!, Na~ ?<).


.<'<Mt'6c. p. 9: < ZuoactMt wuntc fMtf!<Mtet)t.dass <)<<;)) diu rctmtivc Ztth)
dt;r Ftckcttar i)u ).tmf<:(tes ~hrt(Mn')frtB best&ntti)}v':t'gr6swrt habe. t
3. Ct'ur){ AtOur, ~7ft~<'Af)'~e«'<)'te,p. )MO-tC9).
H fntntOX. ).'MDL~TN)Ë
MKLAMUCCttHMtE
A MtUS 3B

(ton!, ces nombres exprimant combien i) y a de bouchers des


dim'rentes catégories et d'individus appartenant à l'industrie
de la boucherie pour 10000 habitants.
i)e ce tableau ii ressort qu'il n'y a pas eu it Paris, durant te
cours du xtx" siècle, constance dans tes rapports entre le
nombre des habitants et le nombre des bouchers et des indi-
vidus appartenant à l'industrie de la boucherie et, dans les
séries des nombres relatifs qui expriment ces rapports, il n'y
a pas non plus constance ni dans le sens de l'augmentation
ni dans le sens de la diminution. Le mouvement de ces
nombres rettttifs à la population n'est, pasplus que celui des
nombres absolus qui ont été étudiés plus haut (tableau 1 et
graphique 1~un mouvement continûment boulier ni régu-
lierement continu s'il est continu, ce n'est pas dans le
même sens ni d'une manière uniforme et simple; et s'il est
routier, c'est en plusieurs phases.
examinons ce mouvement t" Il y a, de t800 à t85' et
))un pins a t82~, comme d'après les nombres absolus du ta-
bteau 1.diminution dans toutes les séries qui représentent les
rapports du nombredes bouchers à la population, a part une
)f't;ère reprise en 1831et une seconde, beaucoup plus légère
''ncore, en t851. pour la série des bouchers vendant en bou-
tique. et une reprise, légère aussi, pour la série des bouchers
approvisionnant Paris, en 1841 2° il y a, dans toutes tes
~-ries, augmentation de 18~ à t8<;7; 3° cette dernière année
marque pour toutes les séries, sauf celle des individus
appartenant à l'industrie de la boucherie, un point culmi-
nant à partir duquell'augmentation est arrêtée ou ralentie;
il semble que nous assistions là à la constitution d'un pla-
'eau, bien antérieure à celle du plateau que nous avons eous-
):)tcdanst'etnde du développement absolu. C'est désormais
une période de constance approximative pour toutes les
scries sauf une, celle des individus appartenant a l'industrie
de ta boucherie mais tandis que pour la série des bouchers
vendant en boutique et pour la série des bouchers de Paris
nombres totaux'cette constance s'établit autour d'un nombre
voisin de celui qui est donné pour t8(;'?, au contraire, pour la
série des bouchers approvisionnant Paris, elle s'établit autour
d'un nombre un peu supérieur, et, pour la série des chefs
d'entreprise dela boucherie, autour d'un nombre supérieur à
celui qui est donné pour 1867. Ennn, dans ces quatre séries,
depuis 188' le rapport à la population marque une légère
3" 'AXX);)!MtOLomQL')!.)W3-tMt
.1. u 1
tendance a la baisse; de t846à1896, il y a augmentatiou
continue de t'un à l'autre des quatre nombres relatifs dou-
nés pour la série des individus
appartenant à l'industrie de
lu boucherie mais nous ne nous
préoccuperons pas de cette
augmentation pour le moment.
Au total, pour ne
considérer quela période durant laquelle
l'industrie fut libre, d'après les nombres
portes au tableau V.
et en ce qui concerne les bouchers de diiîérentes
catégories, il
a
y eu, après ~800.augmentation dans les nombres
le rapport à la population des séries de nombres exprimant
considérées
au tableau I. mais, dès 18C7.cette
augmentation s'est ralentie
ou arrêtée. Ce mouvement n'a
pas été uniforme d'une série &
l'autre; ce n'est pas un mouvement simpie, et
quand on eu
parle d'une manière absolue, on doit sous-enteudre
qu'il se
décompose en plusieurs mouvements dont le mouvement
générai résume seulement l'homologiegénérale et
On a réservé et ajourné l'étude des éléments et laapprochée
recherche
des causes de ces mouvements
particuliers dès à présent,
toutetefois. le phénomène complexe se présente ainsi
suit. L'industrie de la boucherie, telle qu'il
que nousi'avons obser-
vée, se compose en quelque sorte, quant au nombre des bou-
chers, d'une série de cercles concentriques, dont
l'ordre, à
partirdu cercle de moindrerayon,est le suivant. Noustrou-
vons d'abord le groupe des bouchers établis eu
boutique ce
groupe représente la force essentielle du métier, son ancienne
et actuelle force corporative.
Après ia libération de ~8, ce
groupe manifeste une large et puissante expansion, et. en
'8M, il atteint un faite qu'il ne dépassera plus
guère dans ia
sutte.Ii baisse après 1867. puis se relève et baisse
mais pour remonter jusqu'à un nouveaufaite atteint encore
en M8C
il n'y reste pas, et décroît, mais
lentement, et avec des re-
prises, jusqu'en ~00. Le groupe des bouchers de Paris
(nombres totaux) exprime la force de l'industrie
de l'industrie locale; il suit de parisienne
près les mouvements du p.-é'
cèdent groupe, dont il corrige les défuiiiances et
iesinsufM-
sances (M8t), mais auquel il parait de
pius en plus adapté et
comme asservi, à mesure que ce
groupe s'approche de la
constance (MM-1900,.-Le troisième
groupe, celui des bou-
chers approvisionnant Paris, représente la force
fouction-
neiie de la boucherie de détail relativement la
il s'accroit jusqu'en ~886. mais dès lors il tendpopulation
aussi à h
baisse et à la constance. Le quatrième
groupe, totalisant
Il. MCMtX. ).'tXnt'.<Tn)E
CE t.A BnCCHKRtK
A PAOtS 31

les chefs d'industrie, représente la force d'entreprise totale


de l'industrie de la boucherie son mouvement comporte,
comme le procèdent,la hausse jusqu'en ~886; puis il décrolt,
d'abord brusquement, puis très leutement. et il manifeste, do
1891à it)M. le maximum de constance. Enfinte cinquième
groupe, totalisanttes travailleurs de la boucherie, représente
la force d'exploitation et de travail de l'industrie de la bou-
cherie son mouvement se dessine à part, avec une ampli-
tude et une rapidité incomparables.
Si maintenant, négligeaut le détai) de ces interprétations
particulières, et laissant complètement de côté le cinquième
groupe, qui s'écarte du mouvement général, nous nous préoc-
cupons dece mouvement général tui'méme, et si nous faisons
~tat de la représentation absolue du phénomène donnée au
graphique I, nous constatons que ce mouvement est eu
hausse décidéede )860 (ou 1858)jusqu'à 1870. en alternative
de hausse et do baisse de 1870 jusque vers ~880, en hausse
continue des environs de 1880à t888, et en baisse irrégutiëre
et ralentie depuis 1888 ou 1889.Doncle nombre des bouchers
n'a pas crû régulièrement comme la population. De t8(!0 à
)867, il a crû relativement plus vite que la population, et si,
de t867 à 1900,il a conservé à l'égard de la population une
certaine constance, c'est une constance tout approximative.
quoi faut-il attribuer la cause de ces variations ? Nous pré-
sumons que, de ~860 à t867, l'abrogation de la législation
restrictive de la boucherie, accomplie en ~8S8,a permis une
large expansion do cette industrie, et que le nombre des
bouchers, auparavant limité, a tendu à atteindre, quaut à la
population, un certain rapport d'équilibre mais pourquoi
ce rapport est-il atteint en t867, et, puisque, de t8C7à )9M),
sa constance est seulement approximative, d'où proviennent
les irrégularités qu'on constate au tableau V et celles qu'on
peut supposer dansl'intervalle des annéesportées à cetableau,
d'après le tableau 1 et le graphique1 ? Neserait-ce pas que,
pour expliquer les variations du développement de la bou-
cherie, les variations de la population manquent de précision
et de clarté? Ne serait-ce pas surtout que l'élément dont la
variabilité peut avoir produit !a variabilité du phénomène
que nous étudions, ce n'est pas t'étément ;MpM<<!«oM, donné
tout brut, mais t'étément population qui coMomnfc,puisqu'il
s'agit ici d'une industrie qui est directement employée à
fournir et à préparer certains produits pour la consomma-
38 'AXXËKMCtOt.OtiXtL'E.tWt.tMt
[ton7 Lest dans les variationsde la consommation eu viande
de boucherieque nous chercheronsla cause des variations
qui nousrestentà expliquer.
Maisauparavant une questionse pose. Cesvariationsa
expliquersont cellesdes nombrestotauxdes boucherspour
l'ensemblede Paris,relativementà la populationtutuie de
Paris; nousn'avonsfait état jusqu'icique du développement
totat de la boucheriesur la surfaceentière du territoirede
Paris,et nous n'avons pas considérétes phénomènesde dis.
tributionlocalequi ont pu intéressercedévetopuement total
et le modifier.N'y a-t-it pas lieu d'étudierces phénomènes,
eu analysantet en décomposantlocalementle rapport du
nombredes bouchersa ta population9?

4" ~fa<t/ë. Si ou observele mouvementdes nombres


des bouchersdans tes arrondissementsde Paris au cours du
xtx*siècle,on constatecertains phénomènes de constanceou
de variation.Nouslimiteronsl'étudede ces phénomènesà la
catégorie de bouchers pour laquelle nous avonsle plus
grand nombre de données,et qui, d'autre part, dans son
développementtotal, présentetesmouvements de la moindre
amplitude cettecatégorieest celledesbouchersdedétait de
Paris vendanten boutique.L'étude,qui s'étendraici à toute
la durée du siècle,devrase diviseren deux parties,
séparées
par la date du t6 juin 18S9,à taquetieta populationde Paris,
augmentéepar l'annexiond'une partiede la banlieue, fut
répartie en 20arrondissementsau lieude t2'.1.
Les nombresdes bouchersde détail par arrondissement,
de t823à t~7, sontdonnésau tableauVt.
Les mouvementsque ces nombresrevêtentsont presque
tous des mouvementsde faibleamplitude;et celane
peut
surprendre,après l'étudequi a étéfaitedu mouvementd'en-
semble~ maisce ne sont pas des mouvementsconcordants
ni des mouvementsuniformes.Tels qu'ils sont
représentés
dans ces séries incomplètes,ils se ramènentà trois types

t. On&laisséde côte,danscequiprécède, pourModedet-nont'rM


totauxde bouchCM, la périodeantérieure
&)860.pendant s'e~t
laquelle
exercéet'tnnaencc rMtrictho outimitativedula t~istation;
maisuna
pensé<)ae, fjuctte
que fût<-<!Uc
inHuMttc.
t'cHtde
dela tocatite.
t'<!tude
du
non<t)Mde!)buMtterit pararrondissemeNt
pouvaitpatenter,tntme avant
i86e,desphenoto~nes tnterMsants.
2.Cf.te tableaut.
Il. tMCX'itX. – L'tKOfSTtUH UK t.A HOt!CHK)UK A fAMtS 39

T~tLHtf VL Xuitttttt: U)ts )tUt'H)tt:)(S OE ))t:TA~ U): t'AMM YKSiMST

HS ttf'UTtm'H, MK AKHUXUmMKXT, UK iX:!3 4 t<57

AHMfMttSEfetTt
i\vf.l:a -–––––––––<mt~mM<n.!
AX'0'.t:~ .m) <<*<*«<<*–––––––
t 7 8 M <0 H !8
) 2J 3 5 'ijf

mit M t" !S M M M'27 19 35 H

"))!:):')" "4:Ni "it) 4) '3t 0) 3t M M '? M

")tt:)9 't') 'M''3)t ':t!i'6:33 M) M i)C :M 'M


~:I. 3t)
'ixU n¡ 't":<8":)S 't)' M i ? '1. :n!t,II' <H.1' 3"
:~I:. ?
t8tS tf 7X 31 H M !38 t) M 3)
¡X 31 K i :).'):
:H' U 1 2) Mi
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\8\
t8tt) .,¡
M 7' Il ü4
M :I
t~ 38 3)
i)t0 !te 33!~ 1 M 3t)
3)J3!t ~t M M
"~M' '(H'"tt:'t"S7''i!:t.ti 'M'Ml~r~ 3'')' 3)
i)i!.t 0) M 38 ~!4t 54 3) H ? 3t
~M Ott ? 3S M t:' M 3'), 4) 3 3)
tttMi M M 3t' St it S" 3" )i 0 M 3<
«! ),)! <i t))! ji t.. ? 3" H 4t 33 SM

f mouvement de hausse.puisarrêtsuividehausse:deuxième,
troisième, cinquième,huitièmearroudtssemeuts; mou-
vement de hausse, puis mouvementde baisse sixième,
neuvième,dixième; ou mouvementde hausse, puis arrêt
suivi de baisse onzième 3° mouvement de hausse,
puis arrêt premier, septième;ou mouvementde hausse.
puis mouvementde baisse suivi d'arrêt quatrième, dou-
zième.
Cesobservationsnousmettentsur la voie d'une recherche
plus précise. Nousavonscalculé, pour les années qui cOn-
cident avec un dénombrement, ou qui en sont les plus voi-
sines, les rapportsà la populationdesnombresdesbouchers
dans chaque arrondissement et nousavons calculé le rap-
port des nombresainsi obtenusau nombreprécédemment
obtenu pour le rapport du nombre total des bouchersà la
populationtotalede Paris, ce nombreétant égalé à tOO.Les
résultatsdecescalculssont présentésau tableau VI!.

t. Lesdonnées pour)'Mn<Se iM3sonttiréesdesOef~fe/tM~fx/~MM.


)ii; lus'tonnespourlesannées~33.t839.<8t<.t<49.
t. Il. t8:3,tableau
tSM-tSM, sontUfM:der~~xtoac/t ~e boucherie
du fotMHX-t'ee pour
iSM.1840. IMS-Wf. iMUMS;lesdonnées pourt84:sont tirées
de la
Statistique <)t)
tMMSM.
L~tfXt!RMC)()LOO)OCN.iM3.i90t
-V –
ÏAMt.MU Vf). R~fPOMT t)f XOitttMt! CM BOt'CHKR! A LA POPL't.ATtOK

fAt)AKHt'!fM)!iS)i!tt)!XT' 1

'?3 )8M )M9 i(jt6 i8t7 )8M ittM


S" K K' )t H- H H- H H- M )(' tT~.

3,88 ~S' ~S~~MS~u~~M~M


0,10 ~-M U.M 7.ft M~ o.M /M
~,M
H; I'? S'" S.UM/) {t,S8
1
'<<.M7,6/M(i,!f4/.f/B,())/M6T6/M
î'~ ~i- W~ S~ M
? ~S.6.S!5~M!)tM/M
?? ~'X
8 ~S9 M 4,67 M7
~?'~ ~='.M ?~see M
~?~
!) '?? < 3 M
~Sje M3,M Mt.6~ M 3.69 ~3.3S M
i'H~4t/M/~3:i7/M4S9~
M z.t7 Mt.35M3.Mi M3.0!! e.!i!,9i)Of!,S&6S!,44J;
Paris 3,87 /oa 6 35 /fw S.4)i' /w< 4.7N /ca t.St
w t,7)i /M 4.M

J.)~ ;'°' qui "F< dit


'P.)"f~. ~u. ~.M)i,t j~M,d. b.M.
habitants) = ?''°"°"'
rapport nombre "'?< total
) !T" L" '<t.d..t~ r~)).t.
~S" d. –––– ceux do
',pour 1816 et pour lU?). 1851. IUG.

la). sur lapopulation


doutk.d<m)~nM( j~<M
:MM.Mn. en"MM~ionhiK~
.ubbcet.M.parx~di~~nt.

Cequi frapped'abord,dausce tableau,c'est les


verticalesde nombres oHrentdes variations que lignes
fortesque les ligneshorizontales;c'est-à-direbeaucoup plus
le rapport
du nombredes bouchersà la population que relative-
présente
ment beaucoupplus de diversitéentreles arrondissementsde
l'un à l'autrequ'il ne présentede variété
pourchaquearron-
dissementd'une année à l'autre. D'un arrondissementà
l'autre, ces variations dans le temps eHes-mémes sont loin
d'avoir été constantes de 1823à 1867,par
rapport aux
moyennespour Paris, ellesse soldent par une augmentation
pour les premier, cinquièmeet septièmearrondissements;
par une baissepour les sixième,neuvième,dixième,onzième
et douzième par une légèredifférenceen moins
pour les
deuxième, troisième,quatrièmeet huitième.D'autre part,
tandis que, par rapport aux moyennes
pour Paris,les hui-
tième, neuvièmeet douzièmearrondissementsconservent
une approximationde constance,les premier,deuxièmeet
H. BOUKGtS.– ).'MOU!!TMEDB LA MUCnBMK A PARIS 4t

quatrièmeprésentent,au contraire,que!qt<esvariationsrela-
tivementconsidérables.
D'arrondissement à arrondissement,dansunemêmeannée,
et annéepar année,nousconstatonsdes variationsbeaucoup
pius grandes. Par rapportau nombrequi représentele rap-
port total à la populationtotale, égalé a iOO,les rapports
particuliers,dans les dinérentsarrondissements,vontde (!4
a t60en ~823, de C9à 144en 1833.de 03à 1SOen 1839,de 6S
à tS3en 184f!,de 62 à 1Men ~47, de 69à 1Meh i8M. de Mi
.) )S8 en t8S7. L'inégalitéde la diltéreneeentre le nombre
maximumet le nombreminimum,annéepar année, de 1823
a 18S7,onre l'apparenced'un phénomèneintéressant; mais
ce phénomènepeut êtreétudiéde plus près.
Si nous groupons autour de la moyenne,pour les sept
expériencesconsidérées,les douzearrondissementsde Paris,
le groupementapparattdillérent d'une expérienceà l'autre.
LegraphiqueH met cetteconstatationen évidence.H en res-
sort qu'en 1823la diversitéétait grandeentre lesarrondisse-
ments,quant aux nombresrelatifsdes bouchers;que de d833
a !8S3s'opéra un mouvementde resserrementautour de la
moyenne enfin, qu'en ~8Ms'était accompliun mouvement
inversode dinérenciation,mais que ce mouvementavait
itboutià un groupementsensiblementdiuérent de celui de
!M3. En ~823,deux arrondissementstiennent la tête, très
loinau-dessusdela moyenne,et sont suivis,à intervalle,d'un
troisième; puis, après un autre intervalle, vient le reste
des arrondissements,en une massecontinue. En 1833,les
arrondissementsqui tenaientla tête se rapprocbentde la
moyenne,tandis qu'unepartie de ceuxqui étaientvoisinsde
la moyennevienten quelquesorte au-devantd'eux l'autre
partierecule et se rapprochedes arrondissementsqui étaient
en queue.Cegroupementapparatt disloquéen 1839 il s'est
forméun groupeimportantautourde la moyenne,et, de part
et d'autre, deux petitsgroupesextrêmes maisles limitesde
la lignede groupementgénéraine se sontpas écartéesdavan-
tage. En 1846,en 184T,ouconstatela constitutionde petits
groupes,do plus en plushomogènes.En 18~3,les groupesse
sont rejoints, à l'exceptiond'un seul arroudissement,et la
tendance&l'homogénéité semblealors maxima;maiselleest
rompueen 1887,et tandisqu'un groupe, le plus important,
reste autour de la moyenne,deux groupesextrêmesse sont
reconstitués,à la limitede part et d'autre.
L'XKHSUCfOMnfO~.XXtS.tMM

Notice M~ica/<M </«~«~~«e Il. graphique a <!teeonstruil .)“))


)e procédé ducrit par M. ft-M~tt Simiand, ;<KM~ sociologique,f ;«.
~M~<- «M~e '/9M.t,. p. ~.Si pour Mh~ae Mnd. coa~nie.“
unefignadn-ieee on un curtain nombMde sections, nun~foMe:
en 10 unités, il a <'teconstruit sur eh~M sectionautant da carrerd'- n)
.).) (
l'expérience U M trouve d'arrondissements dans tMqMetele rapport .h)
nontbro dos bouchera a ta population, expritnc en nombres )\-)Mti)~.
(colonnes R' du tableau Vtt). est compris dans los 10 unités du c<t)..
section. Dans chaque earn! )t été Inscrit le namëro de t'arMndhMntu.tt
correspondant.t.
Il. Mot'K' – t-'tNDCSTtttR
OK).* HnfCMBM~
At'AMt!' 49

Quant à la compositiondes groupes, elle ne présente pas


de grandes variations. Les cinquième, septième, neuvième et
dixième arrondissements vont et- viennent autour de ht
moyenne, sans grands écarts le premier, le sixième et le
onzième y restent à peuprès constamment le troisième oscitte
eutre la moyenne et la limite maxima enfin le deuxième et
le quatrième (à part un déplacement brusque pour le qua-
trième en t883) sont constamment en tête, le huitième et le
douzième constamment en queue. Le graphique Ut met en
évidence ces constances générales et les plus apparentes des
variations particulières.
Par les phénomènes de constance et pur les phénomènes
de variation, la présente étude démontre l'existence et
l'importance de facteurs nouveaux qui sont intervenus dans
le dévotoppemeutdo l'industrie de la boucherie à Paris, les
facteurs locaux mais elle ne fait pas voir de quelle manière
cette Intervention s'est accomplie en une actioa propre à coté
des autres actions déterminées par les facteurs déjà recon-
uns, et de quelle manière elle a pu, par suite, modifier les
phénomènes résultant de ces autres facteurs. Cela ne doit
pas surprendre, étant donné la lenteur et la faible amplitude
du développement de la boucherie avant )8M<;il est même
fort remarquable que, dans ces conditions, l'existence et
l'importance des facteurs locaux aient pu être révélées par
les faits.
De !860a1900, le développement de l'industrie de la bou-
cherie fut soustrait aux influences restrictives auxquelles il
était soumisantérieurement dans les vingt arrondissements
qui, en ~S9, s'étaienten partie substitués et en partie ajoutés
aux douze arrondissements anciens, ce développement se
manifesta en des mouvements d'une amplitude et d'une
diversité toute nouvelles. Le tableau V! donne les séries de
nombres de bouchers qui représentent ces mouvements. Ces
séries ofïrent des variations presque continuelles dans le sens
horizontal et dans le sens vertical, c'est-à-dire des diversités
entre les arrondissements à un même moment, et des varia-
tions par années ponr un même arrondissement.
Nous avons cateuté, de t860 à 1900, comme nous t'avons
fait de t8~3.à «?7, pour les années qui coïncident avec m)
dénombrement, ou qui en sont les plus voisines, le rapport a
la population du nombre des bouchers établis dans chaque
arrondissement; et nous avons calculé ensuite le rapport des
4t L'AtXÉESuC«'),Ot)tQt')!.
1!)M.f90t

dit a'?.~ C. grapltiqueMp~nt..u~


de )c
p)an t'M-is,pour les années eonsid~M. tes n.n.bM relatifs M,

nombres ainsi obtenus au nombre


précédemmentobtenu
pour le rapport du nombretotaldes bouchersà )a
population
)t. HHUtMtX. L'tf~'STRtE DE LA BOt.-UMHm)!
A t'AtUS M

)<*
n).m),pour chaque ttrrondMMtuont, ftpport du nombredes boucht'tf
.))itpupu)aUo«.

t«ta)ede Paris, ce nombreétantegateà tOO.Lesrésultats de


's catcutssont présentesau tableautX.
t.Xf)iH souoLOUtQUE.
t003.i90t

6
if
a s~~r:~x~ï'ss~~?'ë~s y~
ô
i
E ~Eëi~S~3S5~S~~j?~,?,j:e~sS

1
S
~K~S~S~JEEgSë~
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(
~o. -sH
t-'AXXth: SOCIOLOGIOUE. <8nS.t')M

Dece tableau, Il ressort que tes mouvements ont mani-


qui
festéde 1823&~887i'inauenco des facteurslocauxdaus te

A~eeMpftt-a<<t!e H'. Cogmp))j,ju<,


</M~<A~Me a étéconstruit

d6vetoppementde l'industriede ia boucheriese sont repro-


duits de M60 !900, avec plusieurs traits de constance
H. ""t-'K':t.'<.–L't'{t)t.T)UH))KH!t')rt:))HMJK.t)'.Ut)- M
<t!tu)Ht)tplus remarquabtes que les conditions de ce devdop
j)t')t)0tt s'utuient fortement modifit'csentre )?)'? et tMt). <)''

<c)onhpMM-d'i le );r.))))ti~)tt'')).
<))) j))oy<'j~ur

'StiOà tUOO,comme précédemment, nous constatons. d'après


if tableau !X, deux séries de variations, l'une dans l'espace et
– Ann<'M
K. Uttttioe'M. sueiot.. 1903-t90t. t
!i0 t/A~Kti S(M:)')).')UI~UK. <S.t9Ut

l'autre dans le temps nous constatons (tes variations dans la


différenceentre le maximum et le minimum. pour chaque
année,des nombres rotatifs représentant le rapport du nombre
des bouchers a la poputation, ce maximum et ce minimum
étant respectivement H). tU. )3t, t:-t4. t38. )H, )3t, !:?. et
ti6,C7.7~),84,72, 76. 7~, 7f, pour lus expériences considérées;
nous constatons eunn une anaiogie dans le groupement des
arrondissements autour de !a moyenne. Legraphique )V, r:)p-
prochedu graphique H, met cette analogie en évidence. Xous
retrouvons, de ~8COà 1900, la succession des trois phéno-
mènes que nous avons notés de t823à)M<7 tadifïerenciation
initiale en i86U, le resserrement autour de la moyenne,de
t8C7u !8!<). en )??, le retour à !a ditïerenciation avec
groupement très dinerent de celui de 18CO, enfin, en HMM.
'tnehomogeneitc g~m'rate avec constitution d'un petit groupe
isolé au-dessus de lit moyenne. LU, d'ailleurs, dans t'appa-
renee gt'neraie et (ians la surface des phénomènes, se borne
t'Moatogie si nous y pénétrons de ptus près, nous constatons
de profon'ics ()itl'rences.
Ce qu'ii y avait de frappant, dans les mouvements observés
de t8~ à l~i7. c'est la constitution et )a forme même du
groupement autour et de part et d autre de ta moyenne; ta
composition des groupes ne présentait pas de particuiarites
ni de variations très instructives. t)e tS(H)ut')00, il en est
tout autrement. L'état initiai, en 1860, était un t'tat de dine-
renciation marquée: a partir de t8o7 apparatt une tendance
il t'homogeneite, et cette tendance conduit a t'attenuation des
dinerences entre les arrondissements, et notamment entre les
arrondissements voisins. Concurremment, ln tendance a la
dinerenciation subsiste, et elle aboutit, en )8!)t. ait moment
mêmeou lit masse des arrondissements est croup'e autour de
la moyenne, à ia constitution bien nette d'un petit groupe
separ' a )a limitemaxima constatation remarquableet nou-
veiie, ces deux arrondissements, en t8HO(le premier et )e
neuviÈtne).étaient rapprochés juste autour de lu moyenne.La
double et contraire tendance it t'homogeneité et a ta différen-
ciation produit la situation constatée en )8N(!,c est-a dire la
constitution de petits groupes dincrencies et inégaux, mais à
peu près homogènes, qui sont pour la plupart des groupes
locaux (voir le graphique V<) dix-neuvième et vingtième
arrondissements; dixième, onzième, troisième, quatrième,
cinquième, douzième et treizième sixième et quatorzième
– t.OC~'nu: DELAMFCXEtUB
)). KOCtMtf. APAHtS 5)
septième et quinzième; huitième et dix septième. Ë!te pro-
duit aussi la situation constatée en 1900, c'est-à-dire une
remarquable homogénéité dans l'ensemble, avec isolement
d'un petit groupe extrême. fort au-dessus de la moyenne. !t
y a là encore un fuit intéressant qui témoigne de quelle
manière se sont manifestés les facteurs de ta tocatité dans le
dévetoppement de l'industrie de la boucherie.
Mais plus remarquable encore est )adistribution successive
des arrondissements dans les séries de nombres donnés au
tableau iX et dans les groupes représentés au graphique IV.
Dans cette distribution successive s'est accompliun véritable
échange de places entre tes arrondissements de la périphérie
et les arrondissements du centre. Le graphique V met ce
phénomène en évidence mais pour le comprendre entière-
ment. a partir de i'état initiai, il est bon de se reporter aussi
au graphique !U. La dernière figure de ce graphique Ht nous
représente lu distribution relative des bouchers dans les
douze arrondissements de Paris en )8S7. Si maintenant nous
passons au graphique Y. nous retrouvons a peu près exacte
l'image do cette distribution dans les arrondissements cor-
respondants en i8t!0.à savoir du premier au onzième: mais
à cette zone, devenue zone centrale de Paris, s'est surajoutée
une zone périphérique, dans laquelle les nombres qui repré-
sentent !a distribution relative des bouchers sont partout
supérieurs ou égaux à h) moyenne pour tout Paris, et, d'autre
part. sont génératement de beaucoupsupérieurs aux nombres
qui représentent la distribution relative dans la zone centrale.
Cette constatation n'est pas pour surprendre avant l'au-
ncxion des communes suburbaines, l'industrie de ta bou-
cherie, qui était libre dans ces communes, tandis qu'elle ne
l'était pas dans Paris, s'y était développée au point que le
nombre des bouchers, retativement a ta population, était
de beaucoup supérieur au nombre des bouchers de Paris.
D'après t'.i<Man<!W) f/x fommprcp~' la &o)«'hfnc,il y avait en
)S38, dans les 3i communes de l'arrondissement de Saint-
Denis. i6~ bouchers, soit tO.CXpour tO000 habitants, et, dans
les 43 communes de l'arrondissement de Sceaux, H8 bou-
chers. soit t3,82 pour 10 000 habitants'; d'après le même
.t<Mt«t)(«'A,il y avait en 1852, dans les arrondissements de
Saint Deniset de Sceaux, respectivement 41Set 34S bouchers,

i. J~wfMac~
du cemMWtde la teKcAeftf.
1839,p.M.
sa L'.tX'ff!t!MCtaMO)Qt'E.)OM.t90t

soit respectivement t3.48 et ~7.88 pour 10000 habitants';


puOu.d'après i'~«~<' de t8!<),n y avait eu i85t à BeUevitie,

.fcf <f/i<<c~f're du graphique Cuf:m))hit)U<'


rfprciientf'sur le ptm
')<;t'xhs, puur les ant)';oxconsidérées,les ttombMs relatifs exprintant.

Batignolles, SaintDenis, Bagnotet, Neuilly, Vaugirard et

). ~fota))«c/(
~Mcommercede la toMe/w<e.
)OM.
H. BOUH'.tt. – t.'tSOPKTKX!
t)R LA MUCHmH!t fAms 53

!'assy respectivementC3,4S,t3, t, );. 3S et i!! bouchers.


soit respectivement18,11, <t!4, :),;9, -7~0, – 8,81,

puur fhit'tMC arrondfsscmont, le rapjxot 'tn notnhM des bouchers & ta


)"')'u)atim). La tâtonne des teintes ).~th m~tne '[u'ae (;Mphif)uc Ut.

– tOOOO habitnuts'
~3,5t!, – )3,~ pour (notons, en pas'

1. &)o<«?/<'/e.~<t~t<«'e f; <<;coMMtMMXtfxMt
<<f Mstf~c
~<'toM<<e<-t<,l. p. ~t0.«<)- <a p)'o<<Me<«)x
~H.~tM. :Mt,!i:M. ~M.~3.
!!4 L'AXX~K )9P;)-<!)Ot
~OCMt.OGtCt'K.

saut, t'in~gatitede distribution entre ces communes).

y ce f~tt-a/itf <f«~<'[<p/«'~t«')' – Ce t:r:tp)ti<)ue Mpr<sentc sur )<!ptan


<- t'uris, jxjttt- les tnt)t!e< t-"nsid'?n;t'!i, tc!< <M)nt)ft's fc)<ttih expritnant,

Donc,en )8<M,quantau nombrerelatifdesbouchers,Paris


se diviseen deuxxonesbieu diMrenciëes,la zonecentrale,
Il. MUMtX. L'tXt)L<TKtKUE LA BOUCHCMtE
A PAHtX 55

iafer!eureà la moyenne,et la zone périphérique,supérieure

ie rapport '!u nombre des boadters &la


puur thft'jue (trrondis~N)m'ttt,
Lu
population. )!itnni)i dMS
teintes est lu M)~n)C')U'augmphiqM Ht.

à la moyenne: des arrondissements périphériques, seul le


douzième est au-dessous de la moyenne, et, des arrondisse-
M ).x\);Hsoc)u).)QC)i.tiM3.t9at

ments centraux, seuts tes deuxième et neuvièmesont au-des-


sus. t)ès !?' cette distribution est profondément modifiée.
Laceinture d'arrondissements a forte proportion de bouchers,
qui entourait le Paris centrât. A proportion tnoindre, se brise;
la partie sud de tu périphérie est atteinte pur la contagion de
ta zone centt'ide.Le dix-neuvième arrondissement tombe au-
dessous de la moyenne, de même que le quiuxiètne, qui tenait
ta tète eu )8(iu; le treizième tombe fort au-dessous. Eu même
temps, parmi tes arrondissements du centre. le huitième
rejoint ie secondet ie neuvième au-dessus de la moyenne.
Eu !S7C. le deuxième et le huitième arrondissements sont
retumb''s au dessous de iu moyenne, et te quinzième est
revenu au-dessus; mais tandis que le premier ta dépasse a
son tour. pour uc plus tomber au-dessous désormais, le neu-
vieme prend décidément ta tête. et il restera à cette place. H))
revanche, les seizième,dix-huitième et vingtième arrondisse-
ments se rapprochent sensiblement de ta moyenne, cédant a
la tendance a t'homoffénéitéqui caractérise cette période.
On peut suivre, de tXKta tSUt, les phases du phénomène
de renversement et d'équilibration nouvettc qui se manifeste
dans ta distribution des bouchers, relativement à lu poputa
tion. sur le sol de Paris. Apres un moment de balancement
entre le centre et ta périphérie, le déplacement des forces est
décidément acquis eu t8!)t et, eu t8!)0, est t'eatisee une
situation qui fournit à peu près la contre-partie de celle de
t8<i0 une xouecentrate et un peu excentrique vers l'ouest, jt
forte proportion de bouchers, est entourée d'une zone péri-
phérique à moindre proportion. Pourtant ici ta ceinture des
arrondissements extérieurs n'est pas comptcte; te quatorzième
et le dix-septième sont restés au-dessus de la moyenne, et le
seizième, au-dessus d'eux encore, appartient à la même série
que le premier et le neuvième, qui. dans le Paris du ceutre.
forment un noyaude densité supérieure. M'us ces particula-
rités n'empêchent pas le système nouveau de distribution qui
s'at!ir)ne en t8!)u,après trente ans d'évolution, d'être le ren-
versement de celui que uous avons constaté en !8<iu.après
une révolution brusque dans les conditions d'établissement
local des bouchers: et ce système nouveau est un retour au
système tentfntent établi et conservé de t823à t8S7 la figure
du Paris central de t8!Mse superpose à peu prés exactement
à la figure du Paris de t8~7.
Avuut d'aller plus toin, demandons-nous ce qui s'était passé
Il. «cutMts. t)E ).A coccuHRtKA t'nts
).'t'<))rsTM)K 5':
__1_l_a 1- _4_
à cette date. et quelle force possédait lo système de ~I.t.
distribu-
'.iondo t8S7 pour reparattre ainsi après une évolution de près
de quarante uns. Ce système avait été complètement renversé.
après t8!:U.pat- l'annexion à Paris d'une nouvelle ville péri-
phcrique ou dominait un système différent de distribution,
Maisd'ou provenait ce système? de quoi dépendait-il? N'était-
il pas dû au régime de liberté iitimitéo qui. dans les com-
munes suburbaines, avait pu permettre un développementdo
l'industrie de la boucherie hautement supérieur &celui de la
boucherie de Paris? S'il en était ainsi, no pouvait on pas sup-
poser que. les conditions d'établissement étant désormais les
mêmes pour tous les arrondissements du nouveau Paris. le
rapport du nombre des bouchersà la population allait se rap-
procher de tu constance et de la moyenne dans tous ces arron-
dissements, et que la tendance & l'homogénéitéatiait agir en
portant la moyenne du côté des arrondissements nouveaux?
Cette supposition eut été aventureuse, l'événement lui aurait
donne tort. Sans doute, la tendance à l'homogénéité s'est
exercée après H!u0, et nous l'avons constaté; mais une autre
tendance, la tendance à la ditïereuciation locale, s'est exercée
en sens contraire, et tes faits ont revête les résultats de leur
double action. Par suite de cette action, ce n'est point la péri-
phérie de Paris, qu'il que fût son développement antérieur,
qui a étendu sur la ville entière le système nouveau de distri-
bution tocate qu'elle lui apportait: c'est le centre de Paris qui
s'est subordonne la périphérie, qui lui a impose et qui a imposé
à toute la ville le système de distribution déjà fortement éta-
bli avant l'annexion des communessuburbaines; système non
immuable d'ailleurs, et que nous verrons modifié en t'MO.
En somme, avant l'annexion de t859, deux systèmesde dis-
tribution locale de 1 industrie de la boucherie coexistaient, à
Paris et dans la banlieue de Paris l'annexion les juxtaposa,
tandis qu'avec la législation restrictive de ta boucherie pari-
sienne tombait, non pas sans doute la cause de leurs diffé-
reuces, mais la cause qui avait fixe leurs différences ils
allaient désormais évoluer l'un par rapport à l'autre, et sans
doute l'un vers l'autre. Rien n'empêchait l'assimilation, et,
en fait. elle s'accomplit; mais la diversité locale triompha de
t identité des conditions administratives, après l'annexion
des communes suburbaines, et de l'homogénéité croissante
de la distribution numérique de la population sur le terri-
toire. A mesure que Paris cessa d'être la juxtaposition do
~8 t/AttSët! t9M-tMl
.-SUC~LOUtQfS.

~nt.))~n.)!<tA–––t–.
deux villes différentes, t-tle système de distribution locale de
l'industrie de la boucherie, qui existait avant cette
juxtapo-
sition dans le Paris central, et qui avait été bouleversé
par
elle dans l'ensemble du Paris nouveau, reparut en s'étendant
sur la ville entière.
Il f.<utdépasser maintenant l'année i896, et atteindre l'an.
née tWO.Un t900, une transformation semble s'être
produite:
i1)omog6néité paraît s'être étendue de nouveau sur Paris, à
l'exception de deux arrondissements du centre, le premier
et le neuvième. La situation relative du centre n'est
pas soli-
dement ébraniée, mais dans la périphérie ia distribution
tocaio des bouchers est devenue assez homogène il semble
ici que, sans supprimer complètement l'action des causes
de différenciation locale, une cause plus forte de
développe-
ment générât s'est fait sentir qui a partiellement réduit ces
causes dans l'ensemble d'un phénomène
plus vaste. Nous
essaierons de dégager cette double action par
l'interprétation
des faits.
L'étude de la distribution des bouchers dans les divers
arrondissements do Paris, de 1823 à t8B7. nous a montré
l'existence et l'importance des facteurs locaux dans le déve-
loppement de l'industrie de la boucherie la même étude, de
i8(Wà 1900, nous a montré, en outre, comment ces facteurs
sont intervenus, en une action propre. à coté des autres fac-
teurs déjà déterminés. Peut-on aller plus loiu, et se rendre
compte de quelle manière cette intervention a modifié ies
phénomènes résultant des autres facteurs ? C'est difïtciie, vu
la complexité de ces phénomènes, et l'incertitude de ceux
qui,
mal connus encore, ont pu exercer aussi leur action. Nous
noterons seulement trois séries de corrélations. 1-' De d8()0a
i886, le développement de la boucherie est en hausse, d'abord
rapide, puis irréguiière, puis continue or. durant ces mêmes
périodes, nous constatons, dans ia distribution locale des bou-
chers, la prédominance de la tendance à l'homogénéité. 3' De
~88Cà t896, la boucherie est eu baisse ou ne monte
pas, le
rapport du nombre des bouchers à la population est à peu
prèsconstant, avec tendnnce à ta baisse or, durant ces mêmes
périodes, nous constatons, dans la distribution locale des
bouchers, la prédominance de ta tendance il la différenciation.
3" En i900, la boucherie est en hausse absolue, sinon relati.
vement a ta population or nous constatons à ce moment,
dans la distribution des bouchers, la
prédominance de la
APAftiS H9
M!).AMUUCMBME
t). BOCHGt! L')K))UMMB

tendance à l'homogénéité. Hsemble que, d'après ces corréla-


tions, ou pourrait distinguée deux séries de périodes, tes
premières caractérisées par un développement constant et
résistant de l'industrie de la boucherie avec tendance prédo-
minante & l'homogénéité, tes autres par un développement
ralenti ou fléchissant avec tendance prédominante à la difté-
renciation.Il semblequo dans les premières le développement
générai subordonne et neutralise l'iuftuence de la localité.
parce que l'augmentation générale tend à se repartir au
mieux sur l'ensemble du territoire, et que dans les autres, au
contraire, l'innuence de la localité ait assez de force pour
localiser l'accroissement. Mais quelle est au juste cette
influenceet que révéle-t-ello?
Nous avons désigne, sousle terme de localité oude facteurs
locaux, non pas un ou plusieurs facteurs déterminés, ayant
pu agir comme cause, mais uu ensemble de facteurs qui
restent à distinguer et (tou~l'action reste a expliquer. Nous
avons pu procéder ainsi et nous servir de cette appellation
synthétique pour simplifier l'étude et la démonstration nous
avons pu considérer alors que, dans la distribution locale
des bouchers, s'étaient accomplis certains phénomènes de
concentration, d'homologation, do difïérenciation, et même
que ces phénomènes semblaient en corrélation avec les phé-
nomènesobservés dans le développement total de la bouche-
rie. tl importe maintenant de comprendre le sens de cette
considération. Elle nous a permis de mettre en évidence,en
nous servant du terme de localité, l'action relative des causes
locales qui ont déterminé la distribution des bouchers mais
ces causes n'ont pas réellement été atteintes. Quellesqu'elles
soient, il nous est apparu que, relativement, la distribution
locale des bouchers se concentrait, s'homologuait ou se diué-
renciait, et que ces variations étaient en corrélation avec des
variations plus générales de développement mais ces varia-
tions locales elles-mêmes, qu'est-ce qui les a produites,quels
phénomènes manifestent-elles, à quelles causes faut-il les
attribuer, voilà ce que nous avons laissé de coté pour pouvoir
présenter une première description, une première démons-
tration du phénomène, qui ne sera pas définitivement connu
tant qu'on n'aura pas résolu la question que nous posons.
Nousn'aborderons pas ici la recherche de ces causes, qu'on
doit présumer complexe et difficile, et qui demanderait de
longs développements. Nous indiquerons seulement en pré-
M '<)!HMt;)(t).()GfQt'K.<')e:).<t)Ot
aa"n
seucc .m
de ,n" 1.1.1. ..1..t
quelles hypothèses et de quels probtemes on se
trouve.
II conviendrait d'abord de déterminer,
pour chaque
arrondissement, quelle part ont eue, dans les variations du
rapport du nombre des bouchers a la population. d'un côté
les variations de ce nombre même, et de l'autre les
variations
de ta population. La comparaison, même
superficielle, des
tableaux VUt et IX permet de constater
que ces deux séries
de variations se sont accomplies dans dos sens
extrêmement
divers, qu'il resterait à déterminer exactement. Cette
compa-
raison nous permet aussi do constater que. selonles arrondis-
sements, le rapport du nombre des bouchers à la
popuiatiou
a pu varier*en p)us. quand ie nombre des bouchers restait
sensiblement constant, et, d'autre part.
que ce rapport a pu
varier en moins quand le nombre des bouchers
augmentait;
c'est-à-dire que, selon les arrondissements, un nombre donne
de bouchers a pu résister à la diminution de la
poputation, en
demeurant sensiblement constant, et, d'autre
part, qu'un
nombre donné de bouchers, tout a pu résister
en
à l'augmentation de la population, en
n'augmentant pas pro.
portionnettement& cette population. Ces dinérences de résis-
tance, dont nous avons traduit les effets dans notre étude de
la tocatité, seraient à déterminer avec précision. Pour
cela, il
faudrait rechercher, par arrondissements, la durée
moyenne
des directions d'entreprise dans les fonds de
commerce, le
nombre des créations de fonds, le nombre des faillites. On
nurait alors la représentation exacte des mouvements écono-
miques locaux dont nous n'avons donné qu'une représentation
figurée.
Cette représentation exacte une fois achevée,on
pourrait
rechercher les causes des mouvements déterminés sous forme
de diversités oude variations locales. Et d'abord on les recher-
cherait dans les diversités ou les variations locales de la
consommation. /). Diversités ou variations quantitatives
elles seraient étabiies par approximations,
d'après les condi-
tions démographiques et économiques par arrondissements
(statistique des ménages, conditions d'aisance); il serait a
faire état ici des nombres retatifsd'étabHssements
publics de
consommation par arrondissement (restaurants, tables
d'hôte, etc. Diversités ou variations qualitatives ette~
seraient établies approximativement
par tes nombres
relatifs, par arrondissement, des établissements de vente de
H. )t')) )M)X. – t.')Xt)CSTtUE M LA MUCMBME A t'AKt!! 6t

produits alimentaires, à partir de la viande de boucherie


jusqu'à ses succédanés (boucheries hippophagiques, charcu-
teries.etc.).
3°On chercherait ensuite les causes de~ diversités et des
variations de la distribution locale des bouchers dans les
diversités et les variations locales de la spécialisation et de ta
fonction, si toutefois elles existent et s'il est possible de tes
déterminer'. 11est à présumer, en euet, que ces diversités et
cesvariations de spécialisation et de fonction, étant corréla-
tives à des différences quantitatives ou qualitatives de ciien-
tèle, pourraient se trouver on relation causale avec les phé-
nomènesde distribution locale dontIl est ici question.
4° Enfin on étudierait les diversités et les variations, par
arrondissement, du nombre des bouchers vendant dans les
marchés, et leur rapport avec tes diversités et tes variations
du nombre des bouchers vendant en boutique. Et par ta on
rejoindrait t'etude du développement totai de l'industrie de la
boucherie à Paris, que nous avons laissée de côté.
La simpieéooneiation de ces hypothèseset de ces problèmes
permet de comprendre la complexité et lit dinicutté des
recherches impliquées par la question que nous avons posée;
elle permet d'en comprendre aussi l'importance et i'interèt:
elle permet enfin, sinon de comprendre encore, du moins de
prévoir ia réatité des phénomènes dont nous avons décrit
l'apparence extérieure dans notre étude, toute relative, de la
tocaiité. Mais il ne snfHt pas de dire que les recherches dont
il s'agit ici pour la connaissance de ces phénomènes sont
dinicitos plusieurs sont impossibles, et le resteront, faute
de données. Dans ces conditions, devons-nous nous abstenir
purement et simplement? Nous ne le pensons pas une sup-
positiongénérale reste permise, c'est que les arrondissements
qui, de ~860 à ~900, ont attiré la plus forte proportion de
bouchem, relativement à ta population, sont les arrondisse-
ments où la consommation doit être la plus forte. Dès )88t.
les arrondissements du centre (premier, troisième, sixième,
huitième, neuvième~se présentent avec une forte proportion
de bouchers ce sont des arrondissements de travail et de
consommation, ou des arrondissements riches; et déjà un
autre arrondissement riche, le seizième, s'adjoint a ce centre

i. Sur les ph'!tMm~ne!i


()u) coneo-nontla spécialisationet la fonctionen
e<:)t<'m), plus loin. ot \t.l.
voir
M 'A.'<X)!i!M)(:mMOtom!.i9M.<90t

(tout il n'est {Mi!.Ha )??, ce type de distribution locale


paraîtt
réalisé avec le maximum de uetteté le centre actif et riche,
auquet s'adjoignent le seizièmeet le dix-septième arrondisse.
ments, est entouré d'une ceinture d'arrondissements pauvres,
où le nombre rotatif des bouchers parait amoindri en
propor-
tion de sa pauvreté et de sa consommation moindre. Enfin, la
situation de HMO,maigre une homogénéité très manifeste-
ment accrue, ne contredit pas t'hypothese ios arrondisse-
ments où ta proportion des bouchers est lu plus forte, ce sont
encore ceux du centre, et ce sont aussi, très Hettement, ceux
du nord ouest, qui sont dt's arrondissements riches ou des
arrondissements à ctasse moyenneaccrue.
L'hypothf'se demeure insuffisamment soutenue, c'est cer-
tain. en t'état présent des choses mais, en nous indiquant
l'existence vruisembtabte d'un rapport entre !a distribution
locale des bouchers et la consommation locale, elle nous
engage a la dernière recherche où nous conduisaient nos
précédentes conclusions.

4" la t'oM.wMHM<tfw. – Le tabteauX présente eu nombres


absolus et en nombres rotatifs le mouvement des quantités de
viande de boucherie mise en vente a Paris de t860 à t900 ta
colonne présente le mouvement des quantités de viande
sortant des abattoirs t't repartieprincipatemententre les bou-
chers de détail de l'at'is ta cotonne < présentete mouvement
des quantités totales de viande mise en vente, y compris la
viande provenant de l'extérieur, et repartie entre tous les
établissements faisant le commercede ta viande. Nous avons
rapproche tes nombres qui expriment ce double mouvement
et les nombres relatifs correspondants (colonnes 3 et S) des
nombres relatifs qui expriment le développement de l'indus-
trie des bouchers de détail de Paris établis en boutique et des
bouchers de dotait approvisionnant Paris teutonnes 6 et 7).
Du tableau X et du graphique \'t il ressort qu'on peut saisir
des relations entre le développementde la boucherie de détail
de Paris, mesuré par le nombredes bouchers de détait vendant
en boutique, et le développement de la consommation en
viande de boucherie sortant des abattoirs.
/<'mt'<' expérience~860-1870).De t860 à 1867, la consom-
mation est en hausse, la boucherie parisienne (nous nous
servons de ce terme pour abréger) l'est également. En 1867,
nous constatons que la consommation cesse de monter, et que
H. M'tOMtt. – ).'<Xnt'STtt)K )'K ). ))f)UC)t)!n)E A PAMS M

la boucherie continue. De 1867 à t8G8, la consommation


romoute un peu et la buucttcrio est toujours en hausse. La
diminution anormnio de lit cunsommation en 1870 ne nous
permet pis d'interpréter la tin de cette période.
7~«.f«-Mtf 087~-1888). De )87~ a t87~, la cou-
f.~<'<-«'<(Cf
sommationest eu baisse et lu boucherie eu hausse mais de
1873à )HK8l'uue et l'autre sont en hausse; toutefois ce mou-
vement (;<'néra)de hausse comporte pour ta consommation,
de t88~à t88: uoe baisse b) us({uequenous n'observons poiut
pour ta boucherie.
7'<of«~MC (1888-tUOO).De 1888 & t889, la bou.
c~<'f'<cMc<'
ctierie cessede monter, et ta consommation est légèrement en
hausse. De t88!)A <«? se produit dans lit consommation une
chute brusque et considérable ou ne constate dans la bou
chérie qu'une baisse faible. Cette baisse continue et s'atténue
un peu, de t890 à t89t. tandis que la consommation repart en
hausse. DetMHa t8M, la hausse de ta consommation est con-
sid<*rab)e ta boucherie reprend la hausse. De t89S à t~7,
nous observonsun arrêt, puis une hausse légère du la ttouche-
rie et de lu consommation. Rn<!nla consommation repart eu
hausse eu 1897, et la boucherie en )898, après une baisse
tcgerede t897a 1898,et avec beaucoup moins d'amplitude de
)89!'a tHOU.
La corrélation entre les deux mouvements que nous avoos
rapprochés semble donc avoir varié trois fois de t860 à 1900.
De t8t!0à t870, les deux mouvements sont homotogues, sauf
de t867 à t870 &ce moment, la boucherie ne cède pas au
fléchissement qui se manifeste dans la consommation.
De t8~ à 1888,la corrélation générale subsiste; mais ta bou-
cherie parisienne, en hausse continue, semble résister aux
mottvemeutsde baisse ou de ralentissement qui se manifestent
dans le développement de la consommation. De )888 h )UUO,
la corretation devient beaucoup plus précise le développe
ment de la boucherie parisienne semble suivre, avec beaucoup
moins d'amplitude, et avec des résistances propres, le déve-
loppement de ta consommation 'particulièrement pour les
années t88U-t890,t8t)0 t89), )8!)t t892, )89Set suivantes).
Doce que, de )8u0 a )900, il y a une certaine con'etatiou ou
plutôt plusieurs séries de corrélations entre les deux dévelop-
pements que nous venons d'étudier, s'ensuit-it qu'il y ait eu
un rapport de causalité de l'un à l'autre? Et d'abord peut ou
supposerque la causalité se soit exercéedu développement de
6t L'.tXXt!ti SOCtOMOtQCE.tWN.taUt

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.'Volice gi-aphiqueFi.
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n~eade! cotonne*3, &,6, et da tabteauX, <avuif te )!)< <*c, ta s~ri<'
des txxnbref!relatifs reprOMntMtlus quantit< de viande de houcherh'
sortant des abattoirs,par rapport Mnembretnt'yen des<tttnues<89!, tN9:i
et «M <!gaMà 100: la ligneC-n, la sériedes notnbrc!irelatifs ruprv~'u.
tant tes quantités Mates de viande de boueheriv cntruc & t'nris ta
Il. BOtMtK.– t.'tNXCSTME
ORLA BOUOtBME
A PAMS <;ï

)))!nct'A, ta ~rte des tiombfM n-tatif~.tes t.uucharsde dtitaft de


v..n.tMt. boutiqu.;). )i~ tt-B la Parw
de n.?~ des bou.
.hcM.)ed~.).pprov.si.nna..t Paris. t/i,.t.va))u de dcn<lignes horizon.
"des <t; los Ji~nM <t.i Mpn'~nt.nt t. <(?,
rep~n
et ni.p.ctiv~t
!X~/ pnur sont par
placé sur elles.
68 !A}!KËt! MCMI.OU~'fE. <903.tMt

la boucherie au développement de la consommation? Citait


uu des arguments habituel des partisans de la liberté de lu
boucherie, avant 1888,de préteudre que cette liberté, eu per-
mettant l'augmentation du nombre des entreprises, augmen-
terait la consommation. Or, si l'on supposait un lien de causa-
lité eu ce secs, la plupart des variations corrélatives que nous
avons notées deviendraientinintettigibtes comment admettre,
par exemple, des divergences de conséquences telles que la
baisse de 1889. t890et la haussede 1897~898dans la consom-
mation pour une cause identique qui serait ici la baisse de la
boucherie en 1889.1890et lt!97.t898? comment expliquer la
hausse de 1888.1889après la baisse de 1887-1888dans la con-
sommation, tandis que la boucheriemanifeste pour les années
correspondantes un arrêt après une hausse? comment com-
prendre que le développementde la boucherie ait pu produire
l'augmentation de la consommation en 1886. après avoir été
incapable de la maintenir ou de la produire de 1882à t886f
Remarquons d'ailleurs qu'il n'y a pas seulement corrélation
entre le mouvement de la boucherie et ce mouvement de con-
sommation particulière (viande sortant des abattoirs), mais
entre le mouvement de la boucherie et le mouvement de la
consommation totale en viande de boucherie, et même que
cette corrélation est plus précise que la précédente (surtout à
partir de 189t voir le graphique VI). Or, comment admettre
que le rapport de causalité s'exerce ainsi de la catégorie des
bouchers établis en boutique sur la consommation totale, à
laquelle concourent avec les bouchers de Paris les bouchers
non parisiens et les marchands de viande non établis comme
bouchers?'l
Undernier groupe d'expériences est à considérer, celui qui
concerne le développement total de la boucherie de détait,
mesuré par le nombre de bouchers de détail approvisionnant
Paris, relativement au développement de la consommation
totale en viande de boucherie (colonnes 8 et 7 du tableau X
et graphique VI). Ces dernières expériences confirment les
précédentes, avec une constance plus grande et une ampli-
tude moindre entre les deux mouvements, dont le premier.
celui de la boucherie, représente, comme on l'a vu, le mouve-
ment d'amplitude maxima dans le développement de l'indus-
trie de la boucherie.
D'après ces diverses expériences, les phénomènes qui ont
marqué le développement de l'industrie de la boucherie a
Il. BOCMtX. – t.'tSnfSTME CE BOCCHBRttiA )'AB)s 69

Paris semblent s'être passés comme si cette industrie s'Était


développée en fonction de la consommation en viaude de
honcherie. Maiscette fonction n'est pas constante. Une lois
eu route, l'industrie de la boucherie a pu se développer avec
une expansion et une force suffisantes pour résister à la baisse
de la consommation, et cette résistance parait d'autant plus
forte que l'industrie est plus fortement constituée en métier,
qu'elle comprend des entreprises et des établissements de
boucherie situés en ville, dans les quartiers, et qu'il ne s'y
ajoute pas l'appoint &demi admioistrutit des bouchers établis
dans les marches, et, plus encore, l'appoint plus aisément
mobile des bouchers non parisiens; au contraire, le dévelop-
pement totai de lu boucherie, mesuré par le nombre total des
bouchers de détail approvisionnant Paris, nombre dausleque i
figure cet appoint, suit de beaucoup plus près le mouvement
de la consommation.

En résume, l'industrie de la boucherie à Paris ne pré*


sente pas. au cours du xix" siécte, un développement cons-
tant, continu, régulier, qui révèle en elle une force perma-
nente d'accroissementet d'extension. Elle ne présente même
pas ce développement durant la période pendant laquelle
elle a été complètementlibre et a pu suivre toutes les initia-
tives de l'esprit d'entreprise. Elle ne le présente même pas
dans la catégorie particulière qui semble exprimer le mieux.
dans la boucherie, ta force corporative. la force du métier, à
savoir la catégorie des bouchers établis en boutique. L'aug-
mentation absolue du nombre de ces bouchers s'est arrêtée
aux environs de l'année t89U l'augmentation relative à la
population avait déjà cessé plus de vingt ans auparavant.
Dans son mouvementgénérât, le développement de l'indus
trie de la boucherie nous est apparu, autant que l'expériencee
a pu être faite, ou seulement indiquée, comme indépend antt
du développement économique, plus particulièrement dn
développement industriel, plus particulièrement encore du
développementdes industries et des commerces de l'al imen.
tation.
tt ne nous est pas apparu comme indépendant du dévelop-
pement de la population. L'augmentation du nombre des
bouchers à Paris, relativement à la population, à partir du
moment (t85«) où, soustraite à l'iulluence restrictive de la
législation, elle a pu s'accomplir librement, est limitée à une
'!0 L'AXEE SOCtoLOUt~Ct. OM.tWt
1
pertoaeaeaix ans. A partir deiou7)usquen muu,nousavons
constatédans le rapport entre le nombredes boucherset le
nombredes habitants uneconstanceapproximative,avecune
tendanceà la baisse, dans toutes les catégories,à partir
de t886.
Cesapproximationset cette tendancedépendentdesmou-
vementsde la consommation.Lacorrélationqu'ellesrevêtent
entre le développementde ia consommationen viandede
boucherieet le développement do t'industriede la boucherie
montre que ce développement de l'industriede :a boucherie
s'écartedela constance,danssonrapportà la population,dans
le sens des variations de la consommation en viandede bou-
cherie. L'étude des phénomènesde distributionlocale, qui
révèle de grandesdiversitéset de grandesvariationsdans le
rapportdu nombredesbouchersaunombredeshabitantsselon
les arrondissementsde Paris,ne contreditpascetteconstata-
tion elle y conduit, au contraire.Les variations de la con-
sommationnous paraissentfinalementla causela plus forte
et la ptus précise du développementde l'industrie de la
boucherie,mesurépar le nombredes bouchers.
Quant au nombre total des individusappartenantà cette
industrie, nous l'avons laissé de côté jusqu'ici, parce qu'il
nous a semblérevenirà une autre série de recherches.Cette
nouvellesérieest celle que nousallonsaborderà présent ce
sera une étude nouvelle,l'étudedela grandeurdes établisse.
ments.

IV
v
VANtA'noKS UK LA GtuNOKUH CES ÈTABUSSEMENTS

A. f<appor< <h<Mom&ff desoxcncMait MOMt<~ despa<ro)ts.


Les statistiquesque nous avonsétablies antérieurement
démontrentque le nombredesindividusappartenant&l'indus-
trie dela boucheriea Paris s'est constammentaccrude 18H i
à i89(! ii s'est accru absolument',et il s'estaccru relative-
ment à la population~.It ne s'est pas accru d'une manière
uniforme il s'estaccru de 3,73pour 10000habitantsde1841
à 1860, do9, i6de 18)JO à 18~, de 13,98de 18~ à 1896
soit, en supposantrégulier l'accroissement danschacunede
<.Voirletableau p. ZM3.
S. VoiriotableauV,p. 3t.
Il. B'tUMtX.– )/tXOt!!t'rntEOS LA tt'U'CHBfUB
A PAHtX ~t

ces périodes,respectivement0,28.–0,70, -et 0~8 par au. 11


ya iadesvariationsqui dénotentdes transformationsinternes
dans l'organisationde l'industrie de ia boucherie.La pius
simpiede ces variations,celle dont lesenetspeuventêtre te
plus directementperçus, est celle qui concerneia forme
tnetnede l'industrie, représentéepar le rapport du nombre
des ouvriersau nombredes patrons.
Antérieurementà t847,nous n'avons pas de données pré-
cisessur ce rapport. Noussupposonsque,dansles premières
années du siecie, il n'était pas de beaucoupsupérieur à
l'unité. D'après un .)~M<redu syndicat de la boucherie,
en i8t4, un grand nombrede bouchersn'avaientalors qu'un
seul garçon'.Det8!4 1847,le nombredesgarçons,ouvriers
et employés,relativementau nombredes patrons, s'accrut
considérablement,à mesure sans doute que diminuait le
rapport du nombredes bouchers à la population.De ~847
à i8H6,les nombres relatifs sont fournis au tableau X!
(colonne8).
XI.– ~OMMKK
TANt.E.tC MfSPATKOX.<
KT)))!W\')UEK!;
KTEMPLOYÉ
t).tX):
LA)tOL'CHH)))R t
-t PAH)!!

~= ~ttBHt!
d"
~u~
““
.tt.mpt.).'<
XmttbfM Nombnt .'<dm)~< \ombr<'< XomhM. Xott.)~< .T*
<ko)u< rc)ttif< t).Mh). r<-)t)if< «)~))«. r<-h)tf< ')")t.
t ri ? <

tsn :.t)t) t.75 t!~ t3.S7 )M9 )8.) 2,86


tMO nM 6.<n MM t!i,90 MM M. S.38
«M tM~. 8.M ~5U ~C ~.i MM 3t.Tt ~M
tXOO 2&1,1 !).M 70tt ~.St MHU 37.)H ~.89
tt~nth~
ht'M'O) t0.g& ~a.tS )<)ti)8 )u.t8 S.M
fif"î.

t..U~muo-e w /M t'«eMt'At<eN<<<~ /« <'o<M~'M<'<)Ott <~e~a&aMetM ~<'n'


''<;tf~ ~woM A .OH ~t-f~Hce le m)'«M<<'<' de <'<M~rt'fKt-par le s\ wUc&t
du tithuachet-ie de t'iuis, :!« juittot XH. &) p. ih.fo).,Arc)th-cs nat'iu)))tt<<
P', MtO.
Les no'ubt-M df co tableau sont tims de la S~M/~t'e de )!t't8M,
de la S<a<it<~t«de )S60. de
)'t'H?M<'<<'de <8M. des ~<'M<««~ </tt <v<'fn~
ment </Minduslries et des o)'o/i!)oM< de )8i)6. Ils ne sont
pas eMctoxettt
'AX\M:~)CMHj(i~t'R.tto3.tMt

uo ce tabieau, il ressort que le rapport du nombre des


ouvriers et emptoyésau nombre des patrons, dans )a boucherie
de Paris (eo)onne S), ne s'est pas beaucoup éloigné de h)
constance, do t847 à <?'< Ues1847,ce rapport, soit a,8ti, c'est-
a-dire près de ouvriers ou employés pour ux patron, était
presque exactement le même qu'eu ~90 fpour lit boucherie
de dotai) seulement), soit ~,89. Dans)'iuterva!)e. nous cons-
tatons une diminution, en t8Cu. {usfju'à ~.38, puis uue au~-
mentatiou en )8~, jusqu'à ~,M. t)'Mpreste tabteau XI, le
nombre (tes patrons a augmenté de )~H,40p. MUde t847 it
1800. de 43.28 p. tOOde t8Ut)a t87~. de H0.30p. )00 de
)87~ a t89C(boucherie de dotait et en gros pour cette dernière
année;, tandis que le nombre des ouvriers et employés, pourr
les catégories correspondantes, a augmente respectivementt
de 89.35,– 57,58. – et 78,75 p. tOOce qui représente, en ta
supposant constante, une augmentation annuelle de respecti-
vement U. H.Ct,– ~,5t p. tOOpour les patrons, et 6.87.
– 4,80, – ~.28 p. t00
pour tes ouvriers et employés. D'après
ces nombres, il n'y a pas eu de constance dans le développe
ment concurrent du nombre des patrons et du nombre des
ouvriers et employés, mais ce développementprésente deu x
phases dans la premicro. antérieure a 1860, l'augmentationil
du nombre des patrons est très supérieure à celle du nombre
des ouvriers et employés dansta seconde,postérieure à 1860,
l'augmentation du uombro des ouvriers et employés est supé-
rieure à cetje des patrons. Or, ces phases ne correspondent
pas exactement à la reaiite nous savons,d'après tes données
que nous avons recueillies précédemment, que l'augmentation
du nombre des patrons bouchers n'a pas commencé sensible-
ment avant )M5S.et que, d'autre part, cette augmentation a

cot't'Mpon'hmt! «nxt')'p<it-iuut'M,sMf pourL-~<)cu\))n'wi~t'<i anttm'!).


Lesnu'nbt'ci!<<;tmcotonne2 ft'pni'-entent pouf fXtTet i)!60)ei Mo'nhr''s
des patron!!uu t fabricantst ()';ta promMfe <jucnousavons
cat<:t;oriù
ce))''d-'sbouchersMtdbii<
d[sUt)gUt''e. un boutique;pour <8Hle nombre
total des bouchersdu PMt'i~j)oMt' ifMMle nombredo~<tetubti~etnen)!:
de
cotnpust.~ (dua d'uttt'per~ut))~ f de détail,et bouchcriu
fbou';)t';rie de
détailet en ~rus).Lesnombresde la cotonno t sontlesn'~tobreic'xrc!
pondants & <;t.'u~
de ta colonne annéepar année.La eomparitisun dos
nombresd(".t'utonne!! 2 et 4 ne vautdoncstrittetnent<)Me pourles années
i8t7 à )!(60.La cumpaMiMn dosrapports,au contraire,est perndiepour
ta sérieentière,carun peutsupposer'lue la proportiondes patron!!et
des ouvrierset etnp)o\'t'< est a pou prêt constante,pourchaqueannée,
les
pour cate~oriM tep~entec!!et pourleseategoriM nonreprésentées au
tableau;seutetnentcetteco<nparai!!on seragénéraleet approthnativo.et
la prudt'neefera recommandée danslesconctusions.
H.tmun6tX.-–)L't'!t)L'<TmKUK)-A)t')tL'C)));)m!A)'AH~ 73

continué avec assez de constance jusqu'en 18i0. Ces résultats


ne sont pas contradictoires avec ceux que nous venons de
constater, et ils permettent de les Interpréter cette inter-
prétation est que, de 18S8à 1810, le nombre des patrons a
cru plus vite quele nombre des ouvriers et employés, et que,
après la crise do )870,de t8'!s!à t89C, le nombre des ouvriers
et emptoyés a cru plus vite que le nombre des patrons, sans
que, d'ailleurs, il soit possible de détermine)' exactement les
coefficientsd'augmentation dans chaque période.
Si, maintenant, avec les données précédentes, nous calcu-
lons le rapport it ia poputation Il p. 10000~du nombre des
patrons, du nombre des ouvriers et employés,et du nombre
total des uns et des autres, nous obtenons tes nombres pré-
sentes au tableau XI (colonnes 3, 8 et f;. D'après ce tableau,
les rapports à la population de ces trois catégories n'ont pas
varie d'une manière constante en représentant par 1 pour
chaque catégorie les nombres donnés pour 1847,ces nombres
ont varié respectivement comme 1,40, 1,84. 2 (et ~.t y

compris laboucherleen grosipour les patrons; comme1.17,
t ,<?,– 2,03 (et 2,~0 y compris la boucherie en gros) pour les
ouvriers et employés; comme t,23. – <,73, ~,03 'et 2,tU
y compris la boucherie en ~ros; pour le total des uns et des
autres. Ces résultats sont d'accord avec les résultats précé-
dents dans )a première phase de devetoppoment que nous
avons distinguée, c'est-à-dire avant t870. le nombre des
patrons, relativement à la population, a cru plus vite que le
nombre des ouvriers et employés; au contraire, dans lu
seconde phase, de t8'!0 à t8!)C, le nombre des ouvriers et
employés, relativement à ta population, a crû plus vite que
le nombre des patrons. Quant aux variations du rapport à la
population du nombre total des patrons et des ouvriers et
employés, elles concordent sensiblement avec celles du rap-
port du nombre des ouvriers et employés. Enfin nous remar-
iluons qu'en t8U6 les différences constatées dans les trois
séries semblent avoir pris fin, et que, relativement à l'année
1847, tes nombresexprimant l'augmentation des trois rapports
sont presque Identiques, soit respectivement 3, 2.0K– et
2,03(~,)6, – 2,20, – et 2.19 avec la boucherie en gros). Mais
si ces difïérencessemblent avoir pris fin, c'est que l'augmen-
tation du rapport a la population du nombre des patrons
est, de i87~ à i8')6, très inférieure à celle du rapport du
nombre des ouvriers et employés.
).f<X~t!iiUCMLMtQUN.
itOUMUt
résultatsde ceux que donne
i'étude des rapports à la
populationde lu popula-
tiontotaleoccupéedansla
bouelierie,et comprenant
une population flottante
dout il n'est pas fait état
dans les précédentscal-
culs,maisquia étécomptée
piushaut':a partir de
cesrapportsont varié
) !)47,
commei,–i,i8, ),C3.
'i5(et~,3tenycom-
prenant la ijoucfjerieen
gros).Nousconstatonsici
pour la deruière période
')872~896~,etpouria série
despatrons,une infériorité
plus grande encore que
cetie que nous venonsde
relever.Cettedoublecons-
tatationéclaire le phéno-
mèneque le graphiqueVi!
meten évidence.
Decesobservations et de
cellesqui précèdentil res-
sr'rtque le rapport du
nombre des ouvriers et
.Ycfx-c e-t/~t/tM </« ~mp/o~Mt t'7/. –
Ce ~ntphi.jue représente )'augmf)tt<t- employésau nombredes
tion du rapputt 4 tu population, en patrons,dansla boucherie
'-fjfUtttU <;<!rappurt a i pour t!tt7, de Paris, a considérabte-
pour tes tjNtttro turic!! t.'OKs)<t)?fKes ment augmentédu début
tMtrot)". «uvrifrs ft c'tupfuyes. totu)
<)es ans et des autn's. popuftttiun du xtx" siècle jusqu'en
totale uct-upv ttiinti ta buue))erie< Les
'tistunct-s des tipttt's B, 0, T. P t ht
i847;ii ressort que cette
ti~ou HMn'pr''stitttcnt r<tUt(nx.')ttaUon augmentationa du conti-
de )St7 4 i!!Cu les dtstan<;e< des nuer jusqu'à1858,c'est-à-
titincii B', 0', T'. )'' <tm )i);M(;tB. 0. dire jusqu'au momentoù
T. t' r<mt!ttti')n du tXM & iijfa;
tes fti~<tuc<i H". <)". T". )'" A B', 0', le nombredes patronsbou.
T', t" )'auf{ttt0ttt<ttion de 1X7~& t896; citerss'est rapidementac-
oaftn teit distances )! 0' T' )""
ù B", 0", T". P" cett<~tnftne )m);men-
cru par suite du chaoge-
tation Mu emupfeMnt. ta bouchene
en ){ru<.
).Yoir)<~<uhh'tiu\tetY.
Il. tiuL'MtUX. h'tXOUSTMK OK t.A M")'C)))!)UK A t'A)U'- 7'i

mentdela iégtstation.H s'est accrudavantageeu touH,quand


la modincatioudu territoirede Paris a brusquementchangé
le rapportdu nombredes patronsau nombredes ouvrierset
employés;brusquement,dans l'ensemble,l'industrie de la
boucheriea changéde forme,et elleest revenuea un stadede
développement par lequelelleavaitdû pusserde t800à t8S8.
Cedéptacementd'équilibren'a pas dure. et, peu après -1860,
le nombredesouvrierset employésrecommençantà croitre
plus vite que le nombredes patrons, le rapport de ces deux
nombresa recommencé à s'élever une augmentationsensible
est constatéeen t87~. L'augmentationcontinuede t~ à
)8W etàà cettedernièredate,que nous tenionscompteseule-
mentdu nombredesouvrierset employésde ta boucheriede
détail, ou du nombretotal des ouvrierset employésde la
boucheriede détaitet de ta boucherieen gros, nousconsta-
tons que le rapportdu nombredes ouvrierset employésau
nombredes patronsest plus étovéqu'il nel'a jamaisété dans
le cours du siècle,du moins d'après les chitires qui sont
donnésdansles statistiques.MaisH n'est pas plus élevéde
beaucoup it l'est très peuplus qu'en 1847,et, commeil est
probableque de W7 à )t)S8avaiteu lieuune augmentation
que lesstatistiquesn'ont pas relevée,il estsans douteà peu
prèségalet mêmeun peu inférieurà ce qu'il était en t888.Si
bienque les changementsde la formede l'industrie,dans la
boucherie,quantau rapportdunombredespatronsau nombre
desouvrierset employés,eten considérantl'ensemblede)'in-
dustrie,ontétéfortpeuimportantsdepuisle milieudu siécte.
Au milieudu siècle,rapport et formeparaissentà peu près
fixés:il y a. à ce moment,environ 3 ouvrierset employés
pour 1 patron; survientla modificationbrusquede 1858et
!8S9,qui; en multipliantles établissements,fait baisser le
rapportjusqu'àenviron2 ouvrierset employés pour patron
maiscettemodification n'estpas durable,et l'évolution,repre-
nant soncours,rétablitte rapportantérieurà t8o8.

B.– ~Vom~'e de <<tMf')K'it


desétablissements <)f<'aM<~t«'<.
Jusqu'àprésent,pourétudiertes variationsde la grandeur
desétabtissementsdanstaboucherie,nousn'avonstenucompte
q':e des nombrestotauxdes patrons et des ouvrierset em-
ployés il reste,pourque l'étudesoit complète,à rechercher,
s'il est possible,commentlesouvriers et employésse distri-
7C L'AXEE Mt:tOt.uofQH!.i903.)9M

bueut dans la somme des établissements. H peut arriver, en


enet. pour un rapport A peu près constant du nombre total
des patrons et du nombre total des ouvriers et
employés,
qu'on observe de très grandes variations dans h distribution
de ces ouvriers et employés, d'où il résulte
que la forme de
l'industrie pourrait varier sensiblement pour une partie im-
portante des établissements de cette industrie sans que l'en.
semble manifeste de changement appréciable. Est-ii
possible
de déterminer la repartition des ouvriers et employés dans
les établissements de l'industrie de la boucherie a Paris au
x<r siécte ?of
Nous n'avons de données que pour les années t8n. t8(M et
i8W. Hncure n'y a-t.ii de concordance entre ces données
que
pour les années t847 et )8CO.pour iesquettes les ouvriers et
employés sont répartis entre tes établissements eompreuaot
t ouvrier ou sans ouvrier, et tes établissements
comprenant
à tu ouvriers. Au contraire, pour t8M!, les ouvriers et
employés sont répartis entre tes établissements comprenant
0, t a 4,5 a 10, 11à ~t).~) à 80, St à tOOouvriers. Nousavons
étabii uneconcordaucoartiCcieite et approximative pour 1847,
i860 et 18!)6.eu divisant tes établissements en 3 classes sui-
vant que le nombre des ouvriers ou employés y est 0 ou i, 2
à tf). plus do )0, et eu attribuant à ta première classe, pour
)?(!. le quart des établissements donnés pour cette même
année comme comprenant t à 4 ouvriers (nousavons
supposé
qu'i) y avait, au total, un nombre égal d'établissements com-
prenant respectivement 2, 3 et 4 ouvriers); nous avons
attribué ù la deuxième classe les trois quarts
restants', Le
). Nousne n~eun))!ti:i<un~ )M!!ce <)uoco calcula d'ttr)ji)ra)n';
nousne
méconnaissons pas ())t<les résultatsoù il conduitpeuvum<)isshnuh'f <)cii
phMnunt~ucs [ttt''ru~;tn[!i.
~oM ne puuvim)!! nous «'n-irpourt'aris.et)
<X96. des pfopurtioMctttMiMpourla t'ftmccCttth'fe.nourtMUt-ttt' les
'-tttbtiMftttcn~suntrépartisen établissements avant0.i, 3,4. out-fk-M
fn oret. it y a, puur la )''t-<tncuenth'-rt!
4M'<?tMUisM't)tent< Mf &6)~
ayant0 uUYrtor. soit 17,6p. ioo. controM pour t'arfs.soit !,6 p. tOC.et
7Mtitahtissements ayant5 a te ouvric)-!), suitS.Sp. JMe.contreXttipuur
Paris,s«)t0,i p. i))0:la ~partition<)e.< établissoments apparatt<-onttt«'
t< tiitfert'xte.Si nousavionsadmispour t'arit lespMp'jt-tiom
tentde lu fupartitiundes ctaHiesefoents «ui ~su)-
ayantt. 2, !)ett ouvrierspoar)a
EnnMN catM-re,suitM*jM:etiven)entif t)9, 5 i!77.2~!),!)M<Stab)~Mntents
soit 57,6, 26,6, U.t. 4.4 pour 100~tabtisMtncnti! 1a
t ouvrier, nousserionsarrivésa dMrésultatsabiturdes!t yayant auraitftt
dansce cas a Parisresp~-th-emunt jt CM, iM)!,St5,M <!tab)is!)<-tn(!nt!
soit
1(MO -)- i OOt
-}-6t5+:<<H=:31)67 oa\-t-ioM.nombreqai, retranchu du total
de7001ouvriers,donnerait393touvriers,e'Mt-a-diro MasiMomcnt it
ptus«u'it
M pourraity-avoird'ouvriersdansles Htabiissements ayant B & tO, &
H
– ).t'<DL'),TK)K
Il. MH-tMtK. UKLABOUCHKtMt!
A PAHtS 77
tableauXtt présenteles nombresdonnés par les statistiques
ou résuttant de ces calculs, avec ie pourcentage de ces
nombres.
TAt'LKAU XII, Ktt'AHTtTtW UtiS h'AM).)f!tK))<iXTS ttt! MOL'CH)!)))K
U'A)')tA!< ).K ~MK)! )))!S (fUVtttKMii KT KMt'LOYK-i'.

r`.r.wusatzuurrs <:MtfOt!<MT
);r.tt)).)Mt!)t)!XTt(
CflMPPIIS.\IiT

t–ttmi't. !–))<))fittt. )1)t<t)t<mitf.. foTAt.

g~_ 3~ M*HiMMK.nH.
j,j .i,
t- â~ ~â
Va tt-
t-
~s~ 'a;~ ~4'
)
_t_ j t 7 _s
)8~ st ti,t9 4M ')3.X) M 0 ;,Ut tUO
~U
«M 3~8 26,K Sût Tt.t):) K 'M tt:M tOU

)tt96
Bon.-het'fctt 1 MS ~J~n~ 7t.<)0 ).09
(tedMtuU. à ~t.itt 7S.i'; )U9 ~ttM i(M
Buuc)Mhe)t 1 M tt.eti it7 M.N )1 t).M
fnf<ruii. a~.M 'ro.'t'r e.M <? ioo
1 S<it) ~.MiStM n~S 20 jt 1
Buucherx-ft
(fu<k't)tU'
~<Mj{fO)t.~ !I &'i.~t! K.ac t.OS ~t!')) )t)0

tU. 2t a SO.Si a tOOouvriers, ft) )!Uppu:iant<)u<dans chacune do ces


catégoriesi) y ait )e notnbro maximUtn, te nombre timtto d'oavri<;r!i(3t6 x
tO + M x M + 2 X 60 + i x t0t = 3800). Le calcul qae nous avens
fait potit*les cta))tis~ef))ent!)
ayoot i t t ouvriers nous donne au con-
train. 4H + 9tt +14)6 +18M = 4 HOouvrier )mur fos ~tabUssements.
noMtbraqui, ajoutéau nombn;tna~imomet nu nuffibn*tttit)in)umd'<)HV< te)'ii
pour los <!tabtissun)ents S
<t\'ttnt uuYrh't'tiou ptus. soit fesp<'<:t!vpt)(mt
3 'MOet i 9t5. donne r'spt'cHY'Htt.'nt )t MOet ti 035.entre fc~juets M place )<
MumbrejtM ')?), plus voisin,cutotneUcet Mature).')u dernier nmxbro
obteua. jtarce()Ue.it partir des ~tabtiMCtncnts ayant 3 ouvriers, on peut
sup)«)«'f une chote <)cs)i0f)tbn;d'~tob)iMet))t'))t.< eatfgortus, M sacct:'
)<N)'
dant d'unité Mnunité (utabthsetuentsayant S. H.f. 8. ouvrière). Quoi
')u'Uen suit d'ailleurs,nutMettcu! nous itopoiiolu pruduno! dans les o«t)'
basions.
i. Les nombresdt' ce tabteMsonl tin~. pour Wf. d)' te t:<<!<M<t~)<f <)<'
<8t7; pour <!t<)U. d~ .S~/Mt~«t de «<?: t'our <Ut. de!««<t~<<<t
<'«'e<M<M)eM< </MtM</«~<n< et p''o/'<'<wi«M<,
avec )excalculs n'icc~stUres pour
titabtit'la concordanceenin*lustroisannées.Ceseat':t)))iont eMtes suit'ant'!
t" classe, 63etabtisMtnenti!sans ouvrfori!-(- tBS)!<tab))St)etucnt!! compre-
liant < a 4 ouvriers 4= M 4M = S3S a* ctasM, < 8X8etabtiMamentt!
comprenant i a t oavneM:4 X 3 3t6 établissements compronantS it
<0ouvricn = )4t6+ 3)6 = <?? 3' classe,2S etabUiMment: contprenant.
11&20 ouvriers -t- 2 <!tab)iMentent!i cotnprcnattt~t à SOoat'f~cr!)-)- < t'ta*
L'AXXtiE
soctoMGtou)!. MM-taot
De ce tabteau il résulte que )a répartition des ouvriers dans
les établissements de diverse importance s'e~t
profondément
modifiée de 1847 à IK'W.H), t847, M3.M)p. t00 des ëtabtisse.
ments cotnprenaient de u 10 ouvriers; dans 6,19 )(? seu.
p.
lement des établissements, il n'y avait qu'un ouvrier, ou le
patron travaillait sent'. En ~860, cette proportion subit un
changement considérable taudis que le nombre des établis-
sements de la seconde catégorie augmente de 71,00 10<~
p.
le nombre des établissements de la première
catégorie aug-
mente de 958,06 p. 100; it en résulte que le
pourcentage,
pour ces deux catégories, passe respectivement à 7i,03 et
?,97. D'après ce que nous avons vu ptus haut, les causes
de cette modification ne sont pas antérieures à t8S8; on n'en
voit pas d'autres que l'événement législatif de 1868 et l'évé-
nement territorial de 186!),qui ont fait varier
brusquement
le nombre et la condition moyenne des
entreprises.
I)e 1800à 189t!, le nombre des établissements de la
pre-
mière catégorie augmente de 63,11 p. )<?, et le nombre des
établissements de la seconde augmente de ~tS,42p. 100; il en
résulte que le rapport de ce dernier nombre à )a totalité
s'élève un peu, mais le rapport du premier nombreà la tota-
lité baisse davantage; ce qui trouble cette relation,
c'est l'ap-
parition d'une nouvelle catégorie d'établissements, les établis.
sements comprenant plus de 10 ouvriers. C'est là le phéno-
mène caractéristique do lit nouvelle période. On
compte, eu
1896, 22 établissements comprenant Hà 20 ouvriers. 2 établis-
sements comprenant ~t à SO ouvriers,) établissement com-

LJi~ttxtntcontpfutxmt &MOouvtioM = ~s. Lespremierspourcon-


tt~'Mpour i)t90. e n chaqueMMgofie.sont MtcaMssur le nombretotal
des<'ta)))i!H't)«-nt! tasMeonft! snrte nontbfetota)de:<-ttt.
pottreeMta){<i
t))is!.en)MOtj!,
d<'fa)c<ttion
faitedet <;tat)Hsse<t)enti! le notobre
des ouvrierset employésest tMMennu.)) n'y apourteMjueht
pas. dans)'~o«~<.de
<8<;i.de reparmionparcathode)!d'~btisMmemti.– En nous Mn'otft
des dunnt'L's fournie:!d)Mttentont pourParis en 1896,i) y a x.e? too
d'etahiissetoents ayant < ouvrier;78p. <00d't'tab)ht)cmenti ayant a11
4 ouvriers;<3.<p. MOd'etaMiMemonts ayant S JUO ouvriers;0,9p. «)o
d'etabUssetuenta ayant U a M ouvrieM;e,< p. 100detabtiMementt)
3t a tOOouvt-icrx. avant
t. Unepublicationde )?<. dontl'auteurest un hotnmedumétier,la
.Vo~~)-M<<M<. par M.Riom(Parh.<Mi.in.fbt..Xp.), sur la (tucettondt:
i'entrep~se e t de dans la boucheriede Paris,ne fait tn~ttie
f'u~ptoitation
pas état det-f-t).'nerniereMtdgorie.Ellerepartitles étauxde Parisoo
<tuatrecat'i's. setonte nombredeepeMonne:emptoyeex dansceteta-
b)i<!sctueoti!
et lusataftn'payt!a chacuned'etfes ~catégorie,Spersonnes
a' et 3' cate;{<'ri<t pcrMnaest* catégorie,S personnes.
H. BOUHOttt.– t.'tft'CSTMK UK LA MOCCHRBtEA PAms ';$

prenants! atOOouvriers.Lerapportdunombrede cesétablis-


sementsnu nombretotal, soitun peuplus de p. ~0, n'est
;)tt8étevé; mais leur existencerévèle,dans l'industrie de la
boucherie,la possibilitéd'atteindrea une forme d'industrie
'[ue ne signalait aucune statistique antérieure à t896,et de
comporteruneextensionconsidérabledu nombredes ouvriers
<'temployéspar établissement.
ti importede remarquerque le pourcentagedosétablisse-
ments, pour la boucherieen gros,ne diiïérepas beaucoupdu
pourcentageconstatépour la boucheriede détait, et surtout
que ce pourcentageoffredesnombresmoinsélevésque celui
de la boucheriede détaitdans les catégoriesextrêmes.C'est
uu signe que la boucherieen gros n'est pas une formeparti-
culièred'industrie,quant à la grandeurdes entreprises,par
rapportà la boucheriede détait, mais uneespècedifférenciée
d'un genre d'industriesensiblementhomogène,d'une espèce
t'autro, quant à ta grandeurdesétablissements

L'évolutionde la formede l'industriedans la boucherie,


quant à la grandeur des établissements,nous apparaît main-
tenant avec netteté. Aucommencementdu xix" siècle, les
entreprises de boucherieétaient presquetoutes de petites
entreprises;danstes plusimportantes,lenombredesouvriers
et employésne dépassaitpas quelquesunités. La formedes
étabtissementsdepremierordreétaitatorscelledes boucheries
a plusieursétaux it y avait,en ~)2, létaux pour 424bou-
chers; on t8t3,43i pour413;en M14,4~8pour 410;en MIS,
423pour 408;en 'i8!7,400pour39t Maiscette formedispa-
rut bientôtà peu prés complètementsous l'effetdes mesures
administratives,et l'augmeutation de la grandeur des entre-
prises de boucheriese marquajusqu'en~8Ë8parl'augmenta-
tion du nombredes ouvrierset employés,par établissement,
relativementau nombredes patrons.Le rapport du nombre
to)ntdes ouvrierset employésau nombretotal des patrons

). C<-t~dMinctiun n'mpt<et<iMtepar f'aateNf do t'en~tc sur~o


La
lielite1/III1I811'i6,
ne<<<< tK<<Kt<<'te.
Dalla
DaM eMcla6jillicatioli
dtt~iMeation
deeentreprises
des de buuchct'te
dobuut'lwl'io
en(re))t'isu!! sur
par
ordredegrandeur, t. l, p.<tMM.(onten«fKrmtMt quet ë~ment ctUtM'-
tt'rtsU'jueestte nombre desKtr-OM,))n'unit )'*têt maisone dedemi-
f't'o:.faisantte futpprovi~unucotent; )''<!fortsdoutante:3*losbou-
chettMurdinatre:. LaproM~ro ces
de cate){oric< a uneautre
appat'ticnt
sériudeclassement '(uela seconde
etlat)'oisi'me; te principeffe)dece
n'~t pastagMndeot'
<')ast!ea'ent dMt'tabJis'iCMients.
mino)aspcct~MUon.
a. rat<e«M ma, Mtt,tMs,iitie,ms.
~MM)«''c/t<tM(/<tto«fy<f)'<.
? t.'AXXÉE SUOOLOOQUS. OM.t'K~

étant eu 1847peu inférieur &3, près de 94 p. tOOdes établis-


sements avaient alors ouvriers ou employés ou plus de
Les transformations de tt!S8 et t8M bouteverséreut cette
situation. Le nombre des entreprises s'accrut alors tellement
et si vite que tous les rapports furent changes. Latoute petite
entreprise, avec un ouvrier unique ou même uu patron tra-
v aUtantseul, forma une catégorie beaucoup plus importante,
comprenant ptus du quart du nombre total des établisse-
ments la boucherie de Paris, quant ù ta grandeur des éta-
blissements, perdit considérablement en homogénéité. Lu
différenciation se poursuivit dès lors le nombre rotatif des
tout petits établissements baissa un peu, mais cette catégorie
comprenait encore en t89<! près du quart du nombre totat
des établissements; le nombre relatif des établissements de
moyenne grandeur se releva un peu, mais sans atteindre,
tant s'en faut, le nombre relatif de itt47; enfin il se constitua
des établissements d'une grandeur inusitée, s'élevant jusqu'à
ta dimension de grandes entreprises. Ces divers phénomènes
eurent pour conséquence une augmentation considérable des
personnes occupées dans ta boucherie,relativement la popu-
lation, même pendant la dernière période observée (t87~-
~896), pendant laquelle le nombre des établissements, reta-
tivement à la population, est resté à peu près stationnaire'.

L'étude de la répartition par arrondissement des ouvriers


et employés de ta boucherie et des établissements des diue.
rentes catégories confirme et précise ces résultats. Nous
n'avons do données que pour les années t847 et f860; mais si
ces données sont insuffisantes pour nous permettre de suivre
l'évolution do l'industrie de ta boucherie, elles sont suffisantes
pour nous permettre d'interpréter et de comprendre mieux
la transformation de t8S8 et t)-t89.
Le tableau XtH présente le rapport du nombre des ouvriers
et employés au nombre des établissements, & Paris, par
arrondissement, en t84t. Ce rapport dénote entre les arron-
dissements, quant aux nombres relatifs des ouvriers et
employés et des patrons, quant à la grandeur des établisse-
ments, une homogénéité approximative. Si maintenant nous
nous reportons au tableau XtV, qui présente, pour la même
année, la répartition des établissements, par arrondissement.

i, Voirplus haut,p. 3t ~).j.


Il. BOCBCtX. – t.'tSOUSTMjK OR LA MOUHHMtt! A tARtS 8<

TAM).tiAUX))t.–MAt')'ORT))('x"MMHt!))MM-Y)<t)!KSt!T)!)tt'MY~
AC KOMMH)! )?!( ËTAHUSSKMESTS A MK)! t'AH
AOBUSOtSSEM)!!(T. B!t «47

Mft'OKT
*XM'<t))!!Ht. fOitBttt! tfoMMt! du nM.bM.tM
drs ,tee ouvriers
tttKTS < .'M.~n~<
uarrierq et e~JtMS au
~ttblin<'m<!tt<. f)<-n)j'!<n'<. n<mtn'<iet r"'tt<f'.
Httb~Mfment)'.

M )0) i!.8!:
2 ï~ !)S ~M
3 36 tttt 3.ÏS ~A
t :t ji.s~
fi <M ~i<) M
M <M :.5U M
3i ? i~7
8 M tôt ï.tt M
,3 ï' t ? 3.211 ~.t
<" tï a.ua «M
« :'8 «) :.M jW
30 83 ~n 97
''<<. M) <tM ~M /?

d'après te nombredes ouvrierset employés,nous constatons


une homogénéitéanalogue;nous constatons aussi que les

Xt\. – )<K)'AM)T~X
ÏAMt.HAr t)'S HTABUMKMKNTS,
E!!tM7,
l'AR U'At'KKS
U'Ah11N.8
)'AttAHNUrUISShaIBYT,
AKMKMSSHNEXT. ).)!KMMKK
LR~UNIftlli
MM
URS
m'VtUKK<
Ul'VHIKH3
KTR>1P401Ii8
itTHMt'MY~S

t'T.ttmst.MKXT.tCOM)'t<KXAXT
·
AHMOfKtS'iE u)<mth<T. S.tOumwn.

)<<)'n- KtHXttt Komt'M) thmmrt


<)< au dM M
~ttUitMmcMtt. ttomtjMtottL ~~iMmeot*. ttmtbn'tott).

< X !(, S) !)t.7tL


X ) ).~ M ?.).
3 36 )))U
t :t 9.M' 30- ')0.9t
!i S O.tti Ï7 88.M
6 H M,7!) M !f6.!i
7 < X.iiii :M <)U.n
S 4 «.M :'t <M.4t
< t.M !0 M.~
M Ï 4.e:i « e:).M
<) i i'.Nï ï7 UT.:)?
<~ < ti.t.7 a m.3:t

Pari! 91 6,t9 tM 93.X)

arrondissementsoù le rapportdu nombredes ouvrierset


K.DuM)tt!M.–Ann<Meio).,<903-t9M. G
62 t.'AXXËE!MC)OLOU)~t!.tU<):t-)9~

employés au nombre des patrons est le *)h)seteve sont aussi


ceux où le nombre relatif des établissements comprenant
ouvriers ou ptus est le ptus élevé (saut pour le premier
arrondissement, uu peu iuférieur Ala moyenne d!)ns lu pre-
mière série, et supérieur à !a moyeune dans lu deuxième).
Cette double coustutatiou nous permet de comprendre (lue ta
terme de l'industrie. quant &ta grandeur des établissements.
est sensiblement homogènedans ta boucherie, est t8t'?, sur le
territoire de Paris.
Une double constatation nous de com-
analogue permet
prendre que cette homogénéité n'existe
approximative plus

UtO.HAt' XV. – !U)')'uaT Ut- SUMMHK t~S


()L'V)t))!K< ET MO't.UYHS AL
~UMHKH Ut-:S t:TABHM)iM)iXT! t:T ttKt'AKTt-ftuX UKS tTA)t).)!t!tEMt:XT<
))'.U'))!!S t.H ~<M)t)tK ))KS m'Yn<H)t< KT
KMPt.UYÈ)!, )'A)t .UtttUXMtMH-
MtiXr, KX )!)60.

KTA)').)S!Hitt:XTSCO)))H)!'itfT

0;y. t.!:=
¡m;¡ 1.
ra:.ë.c. 'E
¢ !K.r..
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en i8<;0.Du tableauXV, qui présente,pour i86t).le rapport


du nombredes ouvrierset eutptoyfsau nombredesétablisse-
)f. MUM)X. t.'tXOUSTHM
B)!),A BOCC))Ett)ti
A PAMS 83
méats, et la répartition des établissements d'après le nombre
des ouvriers et employés, par arrondissement, ti ressort
que
ce rapport et cette répartition présententdo grandes
diversités
et ces diversités sont sensibtemeutconcordantes.Toutefois, on
remarque que ni le rapport ni la répartition n'out sensible-
ment varié depuis ~47 pour les arrondissements (tu centre;
au contraire, ils sont, sauf une exception (le seizième arron-
dissement), très ditlérents pour les arrondissements périphé.
riques dans ces arrondissements, !a formede l'industrie dans
ia boucherie, quant à ta grandeur des étubtissemems, mesurée
pur les deux procèdes qui ont.été employés. apparat! comme
tout à fait hétérogène do la forme réalisée en t847 et mainte-
nue depuis dans les arrondissements du rentre. Cette forme,
représentant un stade de t'évotution parisienne antérieur &
tM7, est caractérisée par une moindre grandeur des établis-
sements et un nombre moindre d'ouvriers et employés tra-
vaillant sous un même patron. Étant donnée la constance
approximative des nombres relatifs tournis pour les arron.
dissements du coutre eu )847 et en t860, il apparaît que souie
ia juxtaposition d'une forme différente d'industrie sur le
nouveau territoire de Paris, eu 18S9,a fait varier les nombres
relatifs représentant le rapport du nombre des ouvriers et
employés au nombre des patrons et ia répartition des établis-
semeuls d'après le nombre des ouvriers et employés pour
l'ensemble de Paris en t860.

Nous pouvons désormais comprendre t'évotution de l'in-


dustrie de la boucherie à Paris pendant le xtx" siècle, en ce
qui concerne deux des éléments où cette évolution peut être
constatée, à savoir le nombre et la grandeur des établisse-
ments. Après avoir été. au début du siècle, une industrie à
établissements multipliés et minimes, la boucherie de Paris
devint, pendant ta première moitié du siècle, une industrie à
établissements raréfiés et agrandis, hétérogène quant à la dis-
tribution et au nombre des établissementssur les dinérentes
parties du territoire de la ville, mais assez homogène, d'une
partie à t'autre, quant il la grandeur des établissements, dont
aucun ne dépassait la forme de la petite industrie, mesurée
par le rapport du nombre des ouvriers et employés au
nombre des patrons. Cependant, autour de Paris, subsistait
une industrie de boucherie à établissements
beaucoup plus
multipliés et d~ bien moindre grandeur. L'annexion de t859
M t.'AXXKRSUUtUt.OQWt!.
iUOSt90t

juxtaposa ces deux industries; il se produisit un double pht'-


nomene d'assimilation et de dinérencitttiou d'où résultèrent
les ptténoméues suivants t" l'industrie de ta boucherie à
Paris devint en quelques années, dans l'cnsemble, une indus-
trie à établissements très nombreux et d'extension un peu
moindre; 2" puis, l'augmentation du nombre des établisse.
ments se ralentissant, ce nombre demeura & peu près cons-
tant relativement à la population, tandis que les étaMisse-
ments prenaient une extension croissante d'autre part,
renversant les proportions primitivement établies par l'an-
nexion de 1859, le nombre relatif des établissements aug-
menta dans les arrondissements du centre en diminuant
relativement dans tes arrondissements de la périphérie;
entin, ditïéreneiée suivant la localité, et subsistant sous la
forme de la plus petite entreprise, cette industrie se développa
en même temps sous la forme de la moyenne entreprise et
même de la grande entreprise, élevant considérablement, au
moment même on elle semblait arrivée à !a constance dans
son développement, le rapport du nombre total des travail-
leurs à la population.
Ces variations dans le nombre et la grandeur des établisse-
ments auraient pu sans doute s'accomplir, dans l'industrie
tie la boucherie à Paris, même si cette industrie était restée
identique û elle-même quant à la série des travaux particu-
liers qu'elle comporte. En réalité, il n'en a pas été ainsi au
cours du x'x'' siècle se sont produits, dans l'industrie de la
boucherie à Paris, des phénomènes de spécialisation que
l'analyse a distingués et que l'étude a réservés jusqu'ici le
moment est veuu de les décrire.

Y
t'HËKOUËNKSDE S~CtAUSATtON

Sous les termes généraux de division du travail et de spé-


ciaHsation, uu rassemble des phOtOtuenes différents dont les
caractères spécifiques ont été anatyses et décrits par Bûcher
et Petrenx On peut reconuattre daus l'évolution de !a bou-

1. Kar) Mf'ht-r. ~t<* lsnfxlclrauq rler t'oM*«-t)'~{'/t«/7, 4* );()., Tuhingt'n.


<90t. in-8; Otto t'ctt'L'M, Mt A'M<)<'«'t/MMy </f)' /t)'Ae<<<<<'«Mf)cin /<))!t~<r
C<*tc«'AetOH t7't) lis )!i!)U..S<«af<'f<t«<mc)'~«)."fft)w/<a/K<cA<'fefM/tMtt-
;/M,)))}8 v. G. Schmutk't-, B. te. H.2, Leipzig. iWt, in.tt.
Il. UOCmUti. L'IXDUSTRtE DB LA MUCHBM8 A PA~S 8S

cherie à Paris au xtx*siècle quetques-uns de ces phénomènes,


que t'étudo distinguera. Ces phénomènes ont été jusqu'à pr6-
seot confondusdans tes livres et tes statistiques. D'après Bar-
béret, il y avait en 188Gdans la imucheriesix catégories,six
« spécialités M f ijouchers en gros; 2° bouchersen demi-
(;ros, ou chevillards, pour io bmuf; 3° boucheraen demi-gros,
pour le veau et le mouton; 4" bouchers de détail S" mar-
chands d'atoyaux; marchands d'issues n apparaît que
cette classification est artifieiette et inexacte elle confond
tes résultats d'un classement selon la place de l'industrie
dans le procès industriel (bouchers en gros, bouchers de
détai), marchands d'issues), et d'un classementselon la spe-
cialité du commerce quant à la qualité de la marchandise
(bouchers en demi-gros pour le bœuf, et pour le veau et le
mouton, –bouchers de détail, et marchands d'atoyaux). Le
recensement de ~896commet des fautes analogues, quoique
moins graves il confond tes résultats d'un classement selon
l'objet du commerce et selon la forme du commerce; ii ne
met pas en évidence la diversité des faits La classification
de t'~xjfM~pde t893 sur la petite industrie est exacte, mais
elle est faite seulement d'après la place des industries dans le
procès industriel elle ne tient pas compte des faits propres
do spécialisation enfin elle utilise le seul concept,générai et
obscur, de division du travail x.
On se propose, dans t'élude qui va suivre, d'analyser et de
définir des phénomènes multiples et divers.

A. – C<MM(t<Kf<OM (<'<M(<M.s~'f'M
<H(<<pP)!</aMf(' (OMM'M.
Des industries, d'abord annexées à la boucherie, se consti-
tuent sous forme d'industries indépendantes1. C'estlecas pour

1.BMbMft. Y.f<~t-H;<. t. 1 ;).3M.


S. He<«~«<.<du Mt'<'n«'MtCM< des«x/M'fM t- L p. ~7
« ?5! HoUf'het't'* au tMtuit.houchor,houchct'fG ttippuphajjittm.otaticr.
dcpûtdc viMtte. – M5!).Marc))M(i boucheren);ros.t)ouchMrt !<tchcvi))e.
murchandoxpédilcurde viande. – tt fautrpt'onnattn; d'ailleursf)Ucla
nfoneneMuro du rcceni.ctncnt uslfaitepourcviturh'i! cunfu~ions <!tm)!)<
tative!.
3. O~ct</)<<MMH. Lapelile <Mf/tM<Wf, t. t, p. !û0 Un'y a pas de
toaisUM
AoMt'AefX'. tjuucherieen (jros,MtK' boucherie cn détail,une (rt-
pcrie enfin l
('nut' es)ssuei).Amesure que rtt);t!eMt!on parisienne deve-
nait plusdenf et plusvaste,une sortede divorces'estHpei'c entreles
dttMrentes parties du tuctier lisez unedivision du tMU'aii.
Petren:!nomtoece phenentf'net'c)'M«MMn<K))~ «KM.YtAet)Aft'M/
M t.'AXXÉti i9M-t90t
SOCtOMOtQUE.

la fonderiede suif. Noussaisissonsle phénomèneen cours


d'accomplissement des le débutdu x)x"siècle.Parmiles bou-
chers de Paris, queiques-uns seulement fondentle suif;
pour tous les autres, la fonderiede suif est déjàdissociéede
ta boucherie.Eu i8i2, pour 434 bouchers,i! y a 15 bouche-
rivs.tondoirs en 1813, pour 4i3 bouchers, ii y en a ~6;
de i8t4à 1817,pour 4)0 à 391bouchers,ii y en a 17'. Cette
légèreaugmentationrelativedu nombredes îondoirsindique.
t-elleune recomposition,une réuniond'industriesentrainde
s'accomplir?Les faits ultérieurs prouveront qu'il n'en est
rien. Nousconstatons,en i80S,quesi, dans l'arrondissement
de Saint-Denis,ii y a 8 fondoirspour C8étaux, ii y a, dans
l'arrondissementde Sceaux, seulement1 fondoir pour 7(i
étauxD'après ces chiures, nous admettons que le rapport
entre le nombredes fondoirset le nombredes bouchersou
des étaux n'indiquepas seulementl'étatde décomposition de
l'industrie,mais son état de concentration,et que l'augmen-
tation relativedu nombre des fondoirsà Paris, de t8t2 a
18t7,se rapportespécialementà ce dernier phénomène.
L'ordonnancede policedu ~S mars 1830,ou édictantdes
mesuresau sujet de la fonte des suifs, constate l'état des
chosesà cette date. Elle distingue, quant à cette industrie,
trois catégoriesde personnes 1" les bouchers-fondeurs;
2°les fondeursspécialisés;3°les bouchersnon fondeurs,qui
peuventfaire fondreleurs suifs.par des (oudeursou par des
bouchers-fondeurs*. Ace momentdonc,au regard do l'admi-
nistration, les fondeurset les bouchers-fondeursreprésen-
tent au mêmetitre l'industrie spécialequi est eu trainde se
détacherde la boucherie mais nous ne savons pas dans
quelleproportionils la représententen réalité. Cettepropor-
tion nous est donnée pour 1844 sur 1Sétablissementsde
fonderiede suif, seulement appartiennent à des « mar-
chands bouchersfondeurs La boucherieest décidément
en train de perdre cette industrie annexe. Ce n'est pas sans
résistances.Cettemême année 1844est publié un projet de
« Systèmede fondageen commun,organisé pour le compte
de tout le commercede la boucherie,sans débourséaucun

<.Tableau
desMMt-c/tao~
AeMcAeM,
t813.<8tt,«t!t. tftte,<Sts.
~~axacA</«M)MMt<)'<'<
<~ <u«cAen< p. i~c.
tfO)!.
3. Articles 96 et suivants,
suivants. 115
de ut
la suivanti:.
suivants, 286
M6 et
et suivants.
Almanach du commerce </<la 6oMe/~tW. WS. p. M.
– L'MDUBTBtK
0. MM'nOtS. M H ttUUC)))!))))!
A)'AM< 87
pour établissementde fondoiret avecgarantiede rendement
ù chacun suivant la qualité des bestiaux ubattus et des
dégraissespour ceux qui n'abattrontpas » cotte organisa-
tion serait placée « sous lu surveillanced'uue commission
administrativecomposéede cinq membres,présidée par le
syndic do la boucherie,de trois commissairesnommés par
Alessieursles marchandsbouchersqui donnerontleur suit à
l'opération,et de celui qui prendraitta gérance» Qu'eûtpu
faire cette espècede sociétécoopérative?Nousn'avons pas
d'indicequ'elleait reçu un commencement d'exécution.
Depuis 1844,le phénomènede spécialisations'est con-
tinué aujourd'hui l'industrie de ia toute du suif est com-
ptëtementséparéede la boucherie,et formeune industrie
indépendante. !i on est de même de toutes tes industries
de transformationet d'utilisationdes produits accessoires
de ta boucherie,dont les emploisindustrielsse sont multi-
pliés au cours du xtx"siècle*.Aujourd'huiplusieurs indus-
tries sont localementannexéesa la boucheriefabatage)aux
abattoirs de la Villette, mais ettes sont parfaitement diffé-
renciéesquant a lu techniqueet à t'entreprise ce sont l'in-
dustriede la triperie, l'industriede la compressiondes cail-
lettes, l'industriede la dénaturationdu sang3.

B. (ft'H<fM.<n'M.
S~Mt'aftOH
Desindustries,d'abordréuniesdansla boucherie,se sépa-
rent pour formerdes industriesspéciales.Ici, c'est le procès
mêmedu travail qui se décomposepourdonner naissanceà
ces industries c'est la sériedes travaux qui constituentle
métierde boucherqui se briseen industriesspécialisées
Noussuivronsdans cetteétude l'ordre mêmede la série
initialedes travauxde la boucherie.

t* ~'<tppntt't'&«MHtCMt~.
L'approvisionnementest, au
t. PMpM«ioM /M/eau eoMtt))<')'t'f
dela ~OMt'AertC, </f/'o))f/<t~f
S;<<*<M<
f'x.'oMtmxM. tMt,tn-fo)..
</c.,t'ar))), ) p.
Annuaire
~/a/M~MC delu <"?'deParis,)M4,p.405.407listedes
produitsacceMoires dela boucherie dansl'industrie.
utilisés
9.Annuairestatistiquedelavillede~nrh.i8M.p. Mt-MS.
t. Cephénomène rentrodanslatModesphénomènes det't'oaMttOMt.
/f<<Mt)~ C'estle proc~entierdela production
(Btcher). qniMdticotnpoM.
&partirdupointinittat. est. l a
qui pour buuc)xirie. en
)'<tppK'vieionnemMt
vhndesurpied.
88 t.'AKS&E!MM:tOt.<MM~CE.
i90!t90t

début du x<x' siècle. & Paris, une partie intégrante du métier


de boucher. Le boucher « régulier » s'approvisionne tui-méme
eu viande sur pied; et s'il a besoin d'un complément de viande
abattue, ii se réapprovisionne chez des bouchers comme lui.
Pour s'approvisionner en viande sur pied, il va sur les mar'
chés, il parcourt les campagnes, ii peut avoir des étabios
et des troupeaux de réserve Mais, dès les premières années
du siècle, tous les bouchers ne sont pas des bouchers
réguliers, ils ne fréquentent pas tous les marchés et les
foires entre les bouchers irréguliers, c'est-à-dire sans relit-
tions directes avec tes tieux d'achat, et les producteurs de
viande, éteveurs ou cultivateurs, apparaissent des intermé-
diaires, qui sont tantôt des bouchers réguliers et tantôt des
commissionnaires'. Ainsi se constitue une industrie spéciale,
celle des commissionnaires mais elle ne se constitue pas
tout d'un couj) et ne se sépare pas brusquement de ta bou-
cherie, qui, primitivement, en exerçait etie-méme les fonc.
tions pendant longtemps coexistent l'industrie des commis-
sionnaires et celle dos bouchers réguliers, et c'est seulement
à la Cn du siècle qu'est définitivement détachée de la bouche-
rie parisienne une des taches particulières qui composaient
le métier primitif.
L'approvisionnement en viande abattue, à titre de réappro-
visionnement, fournit un exemple analogue de spécialisa-
tion. Au eommencemeut du x!x° siècle, tes bouchers de
Paris trouvaient dans teurs propres établissements tes res-
sources ordinaires de ce réapprovisionnement, à charge de
réciprocité. Déjà cependant étaient apparus tes marchands

Cf. t'arr~tefcon~.i)d't!tat) du 30 Mtxairu an XH. ArchivesNationales.


AF. tV<H3,M")!ti « Rejet de ta propositionde rendre aux bouchcn!de
Paris t'exercice du droit de parcours sur les terres ou jocberM de la
ci-devantbanlieue de Paris. En supposant <)m!t'oxen-icedu droit do
parcoursptUavoir tous les avantages<)u'onlui attribu' le résultatdoces
avantages serait unitjUtiHtent de favoriser ta )«u)tip)ie<ttiondes troupeaux
appartenant aux bouchers t'n diminuant celle des troupeaux qol sont
aujourd'hui )a juste récompensedes travaux du cultivateur.
2. t'armi ces commissionnaires,certains faisaient &la foiste comtMercu
de la viande sur pied et le commercede la viande abattue: c'étaienttef)
otercandicri!0. Cf. Premier registre dos pro<-es-Vtirbaux des xeancetda
Conseild'administrationde t'intericur et <)e)a police generate. ManMdu
!2 ventôsean X. p. 35 « D'autres, connus sous la denotoinationde taer-
candien, vontau-devantdes bestiauxdestines pour tes marchesdoSceaux
et de t'ois!:y. et tes Mbetent a tout prix sur tes routes on dans tes
aubères. ils accaparenttous tes bestiaux et forcent ainsi te vraibouche)'
à s'en procurer de secondemain.
M. BQUMK). – t.'tSCUSTtUt: CK (.A HOUCHKtttt!A CAMii M

de viande qui. sans avoir d'établissements de boucherie,


faisaient auprès des bouchers l'approvisionnement. Malgré
toutes les prescriptions administratives', cette industrie
spéciate se développa au cours du siècle, pendant que les
bouchers établis qui continuaient à faire ie réapprovisionne-
ment se spécialisaient eux-mêmesen cette fonction Aujour-
d'hui l'industrie particulière du réapprovisionnement s'est
complètement détachée de la série des travaux qui compo-
saient primitivement le métier de boucher elle appartient
aux marchands en gros des Halles, aux réapprovlsionneurs
des marchés à la viande, aux réapprovisionneursétablis dans
Paris.

~'a<M!~f tot<fA<'«'e ftt gros c<~Mc~rtf f/edétail. – De


tous tes travaux qui composaient le métier primitit de
boucher, s'it en est un qui pttrût devoir y rester indissoluble-
ment attaché, c'est celui de l'abatage. Les deux opérations
de i'abatage et du détail de la viande pour ta vente sem-
blaient inséparables, au commencement du x<x' siècle, à
quiconque parlait ou écrivait au sujet de ta boucherie
on les voyait réunies dans le tocat même des établisse-
ments. La législation et les prescriptions administratives
s'appuyaient sur cette conception. L'ordonnance du 18 octo-
bre i829 n'admettait pas qu'il ptU y avoir une industrie de
l'abatage en dehors de l'industrie régulière de ta boucherie
qui lait le détail et la vente et trente ans plus tard l'adminis-
tration maintenait encore cette règle d'association obligatoire
entre l'une et l'autre'.
En réalité, dès les premières années du xtx" siècle, les
deux industries, celle de Fabatagesuivie de la vente en gros,
et celle du détail de la viande suivie de ta vente au détait,
apparaissent comme dissociées dans un certain nombre de
cas à coté des bouchers qui abattent et vendent au détait à
la clientèle, il existe déjà des bouchers qui vendent au détail
sans abattre, et des bouchers, ou d'autres que des bou-

i. Apartir de l'ordonnanceda ? bramatrean XII.dont l'articlet


(KctaM<)?'« ilest expttM<SnMttt
defendtde vendrefn grosde la viande
sur)oMrrMUdela))<tUe Lesprincipaux decesvendeursen grosétaient
lesmarcandiers.
8. Voirplusloin,p. tôt.
3. Maisy,Pft Aa~M<<M)<tf<)~ t. p. <<'<« Rigoureusement, tous
losbouchersadmisit la jouissancodes(ichauduirs
sonttenusd'avoirdes
étauxdansla vi<t'
90 ).'AXX)~MC)OLM!)~'K.)!~t-)M)t

chers, qui abattent et vendent en gros, « a ta chevitte aux


simples detaiitaots; de ces vendeurs eu gros, ceux qui sont
bouchers vendent aussi au datait, et ceux qui ne sont pas
bouchers vendent seulement en gros*. Des les premières
années du siècle, le procès de l'industrie de la boucherie, en
ce qui concerne t'abatage, semble donc en décomposition. H
existe alors, à cet égard, quatre catégories d'industriels
f les bouchers qui abattent pour eux-mêmes, pour leur
dotait les bouchers qui abattent pour leur détait et pour
ta vente en gros; 3° les marchands de viande, qui abattent
seulement pour la vente en gros 4" les bouchers qui vendent
seulement au détail, sans abattre
Contreles marchands de viande qui ne sont pas en même
temps bouchers établis, ta boucherie de Paris dirige une lutte
opiniâtre, et, dans cette lutte, elle reçoit l'appui du gouver-
uement et de t'administratiom Poursuivis par les mesures
administratives, à partir de t803', les marchands de viande
disparaisseut. Eu t8t7, il ne reste que trois des catégories
que nous avons distinguées, la première, la seconde et la
quatrième toutes les trois appartiennent à l'industrie de lu
boucherie, mais toutes les trois ne la représentent pas tout
entière, et n'accomplissent pas, quant à l'abatage, toutes les
fonctions du métier. '< Ou compte u, en t8t7, trois classes
de bouchers t" ceux qui abattent pour leur état, et pour
vendre à leurs confrères, ce sont les bouchers en gros;
2° ceux qui abattent pour leur étal seulement 3" ceux qui
n'abattent pas et viennent à l'abattoir acheter la viande toute

). Chatardatnt!, OAMf'M~etM W)'<<ro/)peW(~ .M.BoM/ayf/c~o .Mf«;'</<?,


le. 7-8 le commercede ta buucherteen gros fut organisé au h'ndemaitt
Mn'modu décretdu 1811,par suite du fait que certains bouchers ne f)t-
tjuentatontf)"int les )UMt~h<!t. – M. <toKef~ofay,<tanst'A'M~M~e M~tjfa.
<<«'la production f/ la eonMmmff~oM (/f la viandelie toMc/~ft't.t. 1.
p. tt7. ne tient pas cnutpt'i de cettu exp)i<'at)un « Ilo tout temps, dit-il,
un a <?tëforet!d'fnni(;erdes peines très )tt'\<-r«s a ceux qui se livraienl au
&
commette la ctteviOo», e'uit-a-ttirean comnterceen j!K)6:« conxoerce
ei:effM do tout temps, parce <)ueles détaillants no peuvent s'en passer. ')
9. Cettedifférenciationoxiste seulement quant à ta nature de t'inaat-
tric; il n'existepas dp différenciation correspondantequant à la nature
dfs etaMt~ements.En conséquence, les bouchersqui abattent pour eux.
Mh'mesou pour tes autres n'ont pas nécessairementtous un Mtabtissement
d'abatage.C'est ainsi qu'en t8tt. d'après )<'~mef~ ~«f <<.< {nco/t~nteo~
'/<*<« c<MM<fMc<«)H des <)&<<<)«-! ~~faM~ p. tt, « i) existe onviron
tM abattoirs dans Paris or, it existo, à ce moment. Mon ptus de
tïa bouchersabattant pour cux-metnes ou pour tes autres.
3. Décretdu 8 vendémiaireun XI.
)).)t('<MtX.–t/)XUt'!4T)t~t)K<.A)t()CCHS)t)K.t)'AK« M

prête', u D'après Bizet, il y avait à ht mémoépoque 74 bou-


citers do lu première catégorie, ou vendeurs &ta chevittp,
~i4 de la deuxième. ou boucliers réguliers, 3tH de la troi-
sième, ou acheteurs à lu cheviite~. MaintCMant ces trois caté-
gories, ou tout au moins les deux premières. etaient-ettes
comp)etemeut ditturcuciees? les bouchers réguliers abat-
talent-ils régulièrement, et, d'autre part, ne vendaient ils
jamais eu gros? c'est ce qu'on ne saurait affirmer, et cela est
douteux. Kn tout cas, d'une année Ht'autre, la proportion des
bouchers des dtfîerentes catégories était assez variable la
spécialisation du personnel industriel s'accomplissait moins
vite que celle des fonctions.
Tel était, au milieu du siècle, l'état du pi~e~~otHeuc ta
boucherie parisienne se diilorenciait, quant au travail de
l'abalage, mais c'était une sorte de difMrenciationconfuse,
avec des alternatives et des oscillations quant au nombre des
individus atteints par otie. Les témoignages contemporains
revêtent cet état do choses. A. Bertin écrivait en t~H « Le
commerce &la cheville s'exerce sur une très grande échelle
(qui pourrait le nier?,), et le quart des bouchers de Paris,
tout au plus, fréquente les marches de Sceaux et de t'oissy
Le quart des bouchers, c'est-à-dire )25. D'après Borrelli de
Serres, écrivant la même année, il y avait )SObouchers fré-
quentant les marchés et abattant, et, de ces tSO bouchers,
oO,vendeurs en gros ou « gros cheviUardsa, fournissaient de
viande les 350 bouchers qui n'abattaient pas, et qui n'étaient,
en somme, que des revendeurs de viande Enfin,d'après le
directeur de la Caissede Poissy, témoignant dans l'enquête
législative de t8Xt, il y avait 70 chevittards, tSOà tGObou-
chers rfguUers, et le reste de bouchers revendeurs; d'après
lui, 240 bouchers sur MO allaient aux abattoirs et 2GOu'y
allaient point'. Ainsi beaucoup d'incertitude subsistait sur la
délimitation des difïerentes catégories de bouchers. Entre le
petit nombre des bouchers qui vendaient régulièrement en

t. C/tMMt)~ eextMtefee f~ Pdfht, .S'/a<h<~Mf.iBt7.t8t!(, t. t. 2' ~rtie.


p.X.
2. Bitct, Du coMmef'M <a teMcAft'x, p. )8).t8ï.
it. Journal </<'tûe&<)<<. S MvriMr 1851,che )~r Barborel. Le <<tM<<. t. ).
1).3M.
4. BorreUi da Sern-s, .«/)<-f. p. )!)~0.
5. Ëtt~Mt'ff ~i'!<ftiitt <«)'<<)~)'0<<M<:<)0))
el la tO)HMMM«()«tt
(le la viande
<<<-texc/tenf. t ). p. i6. t9,2Mti.
M ).'AXXt!KSOC)nMUtQCE.)''M-t90t

gros et qui abattaient régutièrement pour cette vente, et te


grand nombre des bouchers qui achetaient ré~utierement en
gros et qui n'abattaient jamais, il y avait un nombre flottant
de bouchers qui ordinairement abattaient, mais pour eux-
mêmes. et qui extraordinairement ou bien abattaient pour
revendre en gros on bien cessaient d'abattre on se fournissant
chez les gros vendeurs.
Lu dinérenciatious'accrnt et se précisa pendant les années
qui suivirent. Le nombre des « chevillards augmenta, et
plus encore le nombre des bouchers débitants de viande
abattue; entre ces deux );roupes, d'une hétérogénéité crois.
santé, le nombre des bouchers réguliers, relativement.
décrut. D'après Massy.en t8C). sur t tOObouchers (nombre
approximatif), il y avait un peu plus de tOO chevittards.
environ 300 bouchers routiers, et 700 débitants de viande~.
Maisquels que fussent les progrès de l'industrie de t'abatage
pour la vente en gros, l'industrie de l'abatage eu ette.méme,
et absolument, demeurait encore comprise dans le procès
total de l'industrie de la boucherie pour un nombre considé.
rable de bouchers, soit )00 cheviiiards + 300 réguliers, c'est-
à-dire plus du tiers du nombre total. A ce moment, chez les
bouchers en gros, coexistaient deux états de ta même indus-
trie, à un stade différent de son développement t" t'iudus-
trie en son procèstotal, en tant que ces bouchers abattaient
pour leur commercede détail et vendaient au détail; 2" une
partie spécialisée de cette industrie, détachée du procès
total, mais non encore séparée quant à l'établissement et à
l'entreprise, en tant que ces bouchers abattaient pour leur
commercede gros et vendaient en gros. L'indépendance des
deux industries n'était encore que virtueHe".
L'évolutioncontinua suivant la même voie. Le commerce de
la vente en gros, écrit Hussou en ~873,s'estetendu, en même
temps que, par voiede conséquence, le nombre (tes bouchers
réguliers, ceuxqui abattent parleurs propres moyens les bes-
tiaux qu'ils ont achetés eux-mêmes sur le marché, attait en
diminuant. En i8S4, il n'y avait, dans les abattoirs, que

<. \'ui)')<i
(at)f<tut.
î. Ma~y,~M/«tMM t/ m<!t-f/«'.<.
t. )t. p.iMO.
:). MM.,<<.«/t. )), p. )<? les bouchon!0 la (-hevittf,
« indeMendM).
tttcntdt!la vente<n).t~tai).)a'itsopt'-rentdan.<)<.<
hoatiqu' qu'itssont
('-MM <)<-
)MMM'h'r et de tenirbiengamtes,se th'rcntau cotOtnerte <)fla
viandeen t{ros
Il. MtHm.tX. – )/)Xt)U!iTn)E DK LA M'HCMKMtK
A t'AKts 93

38 bouchers dits chevillards 1; ou en comptait, en 1872.ICi).


non compris tU mandataires faisaut l'abatage à commission.
Quant aux bouchers opérant eux-mêmes, leur nombre était
réduit a t77~ x Cette réduction est t'indice d'une spéciatisa-
tiou plus grand.c, d'une différenciation accrue de l'industrie
de t'abatage et de l'industrie de la boucherie pure, c'est-à-dire
do la bouctterie do détait mais un indice plus important
encore est l'apparition de maudataire faisant l'abatage à com-
mission. Cette apparition de )9 mandataires n'a certainement
pas été brusque et subite la forme nouvelle d'industrie
qu'elle revête a du se développer progressivement depuis
t838, c'est-à dire depuis l'abrogation de toutes les mesurer
restrictives (lui l'empêchaient de nattre, après avoir fait dis-
parattre la forme dinereute, mais correspondanted'industrie
qui lu représentait au commencement du siècle, à savoir t'io-
dustrio des marchands de viande et des mercandiors*. Les
mandataires faisant t'abatage sont. après plus d'un demi-
siècle, les successeurs de ces mefcandiers. et ils constituent
une forme particulière de l'industrie de t'abatage en train df
se spécialiser, tandis que les bouchers on gros, qui sont
encore vendeurs au détail, en constituent une autre forme,
moins nettement dinerenciee de l'industrie primitive.
M fallait, pour que la spécialisation s'achevât, que cette
seconde forme rejoignit la première, et cela, par le renonce-
ment des bouchersou gros au commerce de détail. Ce phéno-
mène. qui s'est manifesté, après )880. par une lutte d'intérêts
entre les bouchers en gros et les bouchers de détail', est
accompli aujourd'hui. Aujourd'hui, à Paris, « il n'y a pas de
/«wc/)cW<mais une boucherie en gros Met « une boucherie
de détait et ces deux industries sont différentes tant par
leur objet que par le personnel d'entrepreueut's et d'ouvriers.
Du métier primitif de la boucherie, du procès total qui le
constituait s'est détachée l'industrie spéeiate de la boucherie
en gros, comportant t'abatage de la viandesur pied et la vente
en gros de la viande abattue. Le procès nouveau de l'indus-

t. CMnutxbree~tinMriout' it cdui(jtt'un jx'utconjectMtt'r))out')'<tt)n<Se


htsMe ttatittKjaopn:scnt''cttuttttttNtu
i85~,d'<tj)f<i 1;i)tcprcsen)).'
Mn*
doute)e groupades cheviUafd les plus<p)!ci)t)if!<!)i.
de fafM.p. «t.
S. )tu!i!on,tM teMOMMa<t<)tt<!
S. Voirptushaut,p. 88Mpj.
4. Cf.n)t('t)<)K-t,
Le<)-af<)t<.
t. )).330.3).
5. 0/cf<fM~'aM«,t<tpf<<h't')~<M<n<,t. t.p.SOO.
Ot t.'AX~B SOCMLOCjQfE. t903.tMt

trie de la boucherie proprement dite, c'est-à-dire de la bou-


cherie de détail, commence à la livraison de la viande abat-
tue.

Une transformation aussi importante que celle qui a abouti


il ia dissociation et &la séparation de l'industrie de l'abatage
et de l'industrie de la boucherie de détail est-elle due à des
causes intrinsèques et au développement interne de l'indus.
trie de la boucherie primitivement une, ou bien est-elle due s1
des causes extrinsèques et a des événements accidentels par
rapport à ce développement ?
D'après Barberet, la constitution d'une industrie de l'aba.
tage et d'un commerce de la vente de la viande en gros
aurait pour cause initiale un de ces événements, à savoir
l'obligatiou administrative faite aux bouchers de se fournir
de viande sur pied exclusivement sur certains marchés dési-
gnés. ceux de Sceaux, de Puissy et de la Hatie aux veaux
« L'obligation ridicule d'aller eux-mêmes acheter à Sceaux
ou à Poissy causait des dérangements onéreux a ceux qui
débitaient le moins de viande. Pour s'y soustraire, ceux-là
achetèrent à leurs confrères, plus forts débitants qu'eux, la
viande abattue nécessaire à leur débit De là naquit le com-
merce dit à la cheville". Y a-t-it vraiment entre ces deux
faits, existence de marchés obligatoires et vente en gros de
boucher à boucher, un rapport de causalité? Le second fait
est parfaitement constaté après la constitution, ou plutôt ia
reconstitution, des marchés obligatoires et cette reconstitu-
tion parait t'expliquer. Mais elle ne l'explique que par un rai-
sonnement plausible; cela ne suffit pas. Ce raisonnement lui-
même apparaît en désaccord avec les faitsdés qu'on constate,
avant la reconstitution des marchés, le fonctionnement d'un
commerce de vente en gros plus considérable et plus actif
même qu'après cette reconstitution" elle ne saurait donc être
considérée commeayant une valeur de cause.
La création d'abattoirs généraux dans Paris a été présentée
aussi comme ayant cette valeur. D'après un témoin de l'en-
quête de 18?~1,quand il n'existe pas d'abattoirs généraux, il
). AtïM)'du 8 v.-nd~tnfftit'a
an XI, t-enouveh!
par le d&'n-tdu6 Mvricr
tStt.–Noui lulssunsftf côté r~tudf des )nareh<sobligatoires,et des
Misais – a))(;{p))'<'s
uu f<M)es – doi'«t))ig<tUon.
Barbonit,Le/)-at-a<<,
t. t, p. 330.
3. Voirplushaut,p. 88s<)q.
Il. MOUnOX. L'tXDMTME ME LA BOUCHERIEA )'A)US 95

n'existe pas non plus et il ne saurait exister d'ahatage et de


vente en gros. « Cecommerce s'est développé sous t'iuuuence
de la coucoutration du commerce dans les abattoirs, et aussi
sous l'influence de t'ordonnance de t825,? c'est-à-dire d'une
législation pins tibérate de ta boucherie 1. Nousverrons ptus
loin ce que vaut cette seconde affirmation quant à la pre-
mière, nous lui opposerons les faits que nous venons d'oppo.
ser à t'afttrmation de Barberet concernant les marches. Dans
son .WtMOt't'C)ft«' tKCOH r~M~<'H<)t
de ~«COM~t'XC~OM des«&a<fn!f'.<
</<W/'a«.<le syndicat de ta boucherie de Paris, en )8)4. attri.
buait par avance à cette création les etiets que lui imputait te
témoin de tSSt. Par suite de la concentration et des monopoles
qu'elle provoquera, disait ce ?«?<'«', « ta majeure partie des
bouchers de lit capitale se verra forcée d'abandonner un état
nécessaire à la société et de se livrer au commercede rcgrat
défendu de tous les temps comme nuisible au consommateur.
Toutes les acquisitions de bestiaux seront faites par un petit
nombre d'individus, qui pourraient s'entendre entre eux
pour dicter la loi aux marchands forains et herbogers. et,
par suite, dominer tout te marché de la viande sur pied*.
Htcomment le syndicat de la boucherie prétendait-il démon-
trer que les abattoirs généraux auraient pour conséquence le
développement de l'abatage et de la vente en gros, et qu'ils
devaient être condamnes il ce titre? « Si le boucher possède
une tuerie', disait-it, il travaille avec ses garçons, on même
temps qu'it veitiei't
ce que l'ordre et t'écouomie règnent dans
sa maison. S'il n'abat point chez lui, it se contente d'envoyer
un de ses garçons à l'abattoir d'un de ses confrères :'sa sur-
veitiance personnelle est remplacée par celle de ce boucher,
qui a intérêt de conserver l'achalandage de son abattoir;
lorsque l'opération est terminée, la viande est transportée à
son état, facilement, à peu de frais, avec autant desoin que de
propreté. » Tous ces avantages prendront fin à la création
d'abattoirs généraux. « Le boucher qui, aujourd'hui, a chez
lui une tuerie ou qui est obligé d'abattre ses bestiaux citez

t. ~'Kf/f«'<e
~t'iMt-f ftMt'la pt'Of/Mf/tOMe<<Hc«t<MmtMft<t<'t)
t/f litt'fHMf/C
</e~oMc/tM-t. t, j). 27!
2. C'cst'&ttire )meottxnfrcedetan't'cnteau <~)mn.
8. ~MOtfe<M)' lestHCOMt't'HtM~'/f <ft<:OfMt<fMc<f<tM
f/M<)ta«MiM .t'Mf'
t'atM,p. <!i,)7.
4. Sur le nûtot'tt'tfstueriesrt'tath'oncntau nombre')vs))ua~;))vM fai-
).<mt t'abatagt:,Yuirptushaut,p. OU.
96 L'AXXtiK
MOOLCCtQH.)9M.tCOt

l'un de ses confrères, trouve sans se déplacer tes moyens de


faire tout ce que comporte l'exercice de sa profession.
L'établissement et le fonctionnement des abattoirs généraux
l'en empêcheront t'abatage sera brusquement séparé du
commerce de ta viande'.l,
Les faits rapportés pius haut sur la dissociation de ces deux
parties du métier ont déjà prouvé l'inexactitude du raisonne-
ment fait par le syndical de la boucherie en !8t4. D'ailleurs,
théoriqueMent. si la création d'abattoirs généraux pouvait
avoir une conséquence,c'est, semble-t-il, de libérer les bou-
chers sans abattoir de la nécessité de recourir aux services
des bouchers possédant un abattoir, c'est de les mettre à
égalité, en quelque sorte, devant l'industrie de l'abatage, et
de raffermir, par suite, l'association entre t'abatage et la
vente. 11c'en a pas été ainsi l'associatiou s'est dissoute en
dépit de cette cause nouvelle, extérieure et théorique, de rap-
prochement. Toutes les déductions ne pouvaient prévatoir et
n'ont pas prévalu coutre les faits la création d'abattoirs
généraux n'a été une cause déterminante ni de dissociation ni
de recomposition entre l'industrie de la boucherie et l'indus-
trie particulière de l'abatage, qui avaient commencé à se dis-
socier bieu avant que cette création eût tieu. « De tout temps,
écrivait le préfet de police en t8~, le commerce à ta cheville
a existé et s'est fait avec ptus ou moins d'étendue dans les abat-
toirs, depuis leur construction et auparavant dans les tue-
ries particulières' M. Ainsi donc les abattoirs particuliers
furent le lieu même où s'accomplirent les premiers actes de
la différenciation du jour où, dans nn de ces abattoirs, un
boucher, propriétaire ou non de l'abattoir, abattit de la
viande pour un autre boucher que lui-même, cette différen-
ciation était commencée; et le changement du local où elle
s'opérait ne pouvait modifier le procès intime, du phéno-
mène.
Une troisième omse a été attribuée à ce phénomène la
législation libérale de la boucherie de t825 à ~829. D'après
Bizet, cette tégistationaété favorable à la constitution d'une

<. ~HOtresurlest'XCOn~MMK/t de j<aconstruction


</<M
«ta~Otft~t'M('.
fNMy, )'. 9-tO,) !t.
Achcvuo entSiS.
:<.~ocMtttfKh &la <yt<M<tOK
t'<'<a<< de la AMcAfne.Ueutitmelettre<ie
de
la pt'effctnrt) police, du S )m'i) <St!sur luquestionde htrevistundMx
n'gttXHents delu boacherie
de l'arls,p. i3U.
H. MUMtN. L'f'fDMTH))!
PR t.A UOCCMBtUE
A PABt.< 07
« sorte de monopole des gros bouchers, vendant eu
gros
D'après le témoin da l'enquête de t8!!i dont nous avons t'ap-
porté plus haut le témoignage,'< les nouveaux bouchers fêta.
btis après M28J. se trouvant dans la situation de tous ceux
qui entreprennent une industrie sans la connattre et sans
s'être assuré une clientèle préalable, n'ont pas pu purattre
sur les marchés, Ils ont acheté à leurs confrères le
peu do
viande qu'il leur fallait ainsi s'est établie la vente à lu che-
ville. Nousavons la conviction, nous, que, si les règlements
permettaient de doublerlenombre des bouchers, le commerce
ù la chevilledeviendrait de plus en plus considérable, quand
bien tnemo le marché serait sous les murs de Paris". Que
deviennent ces démonstrations, que deviennent même ces
récits des faitsen face de laréalité objective? Commentl'acte
de t825 u-t-ii pu être la cause d'un phénomène constaté bien
antérieurement ? Comment l'acte de ~839 a-t-ii pu ne pas
mettre finà ce phénomène, puisqu'il abolissait l'acte de iMS?
La coexistence de deux faits, )'nn législatif et l'autre éco-
nomique, entre tMS et t829, a donné lieu à l'hypothèse d'un
lien causal, qui n'a pas été vériMepar l'étude des phénomènes
antérieurs et des phénomènes ultérieurs.
Cette erreur s'explique par des raisons subjectives, raisons
de sentiment et d'intérêt. &Onredoute le monopolede 50 bou-
chers en gros faisant le commerce à la cheville en présence
de 450autres bouchers, écrit te préfet do police eu )8~'
on redoute, et cette appréhension fausse l'interprétation des
faits. « Si un tel état de chosespouvait continuer, écrit Bixet
au sujet du monopole des bouchers chevitiards, il est évident
que trente à quarante bouchers uniraient par se rendre les
maltres du prix des bestiaux sur les marchés d'approvision-
nement, comme ils se rendraient maîtres du prix des viandes
dans les abattoirs, en les vendant à leurs confrères, qui, au
lieu d'être bouchers, ne seraient plus alors que des marchands
de viande en seconde main Ce dernier phénomène s'est
réalisé s'est-il réalisé comme la conséquence de ceux que
décrivait hypothétiquement Bizet? comme la conséquence
d'un monopole résultant d'une liberté facticeet anormaic? Il
1. )!i:et.~M<MM«M?f<'e dela Ao«<fMif,
),. <)!&
st).
2. t'n?Mt'<<~M<o<<M ~.n~ et la eeo<o;)t«)a<«)H
(/<la (MM</<f
f/f toMC/tCftt,
t. t, p. !~<t. )
3. NocMMtXh fe~a<<~t<tM<<
question p. <M.
<<~e~<'«C/tf<'<t,
4. BiMt.Pu<'<)tt)Me~<~f~thM<Athf, jt.~37.
E. DuMtttM.– 7
s<~i6).)M:<-t~l/
AJ)h<e
9S t/A~Ï !!Ut:MLONQt;S. )M3.i'X)t

n'eu est rien le phénomènes'est développé et accompli dans


sa g6uer:dité supérieure aux causes particulières et partielles
que lui ont attribuées des observations imparfaites ou préve-
nues.
« Le commerce de ia cheville, écrivait MassyM )8Ct, s'est
maintenu jusqu'ici en dépit de toutes les mesures que t'ad
miaistration a prises pour le taire cesser, parce que, dans
i'état actuel des choses, il est, non seulement utile, mais
même nécessaire'. M Cette nécessité, c'est la nécessité du
phénomène social, déterminé par des causes sociates dout it
est l'effet et le produit. Cescauses sont ici intrinsèques: nous
les résumons ou plutôt nous exprimons leur action, c'est-à-
dire que nous les constatons sans les expliquer à propre-
ment parier', en disant que le phénomène considéré résuite
de la décomposition du procès industrie), et qu'une industrie
primitivement intégrée dans ce procès s'en diiïérencie et s'eu
détache. Contre une pareille action on comprend i'impuis.
sauce de toutes les mesures administratives; on mesure aussi
l'erreur de ceux qui, par de telles mesures, prétendaient
l'empêcher, Boulay de la Meurthe écrivait dans son rapport
de )840 « Lors même qu'il serait vrai que le coMmcrcf<«
('/t('r<«<'
fût une application du principe de ia division du tra-
vail, il n'en faudrait pas moins l'interdire, car il irait contre
le but que l'on s'est proposé en organisant ta boucherie. Ce
but a été, non de diviser un travail qui n'a pas besoin de
divisions, mais au contraire d'avoir un corps de bouchers
connaissant toutes les parties de ieur état et capables de con-
courir entre eux sur toutes ces parties Les faits ont
réduit au néant cette théorie administrative et dogmatique.
et le bon sens des techniciens contemporains y répond victo-
rieusement. <' U y a ia un fait de division du travail qui ne
pourrait être absolument condamné, puisque les rouages
sont sans cesse en action, sans qu'on voie nettement qu'au-
cun soit inutile x C'est ainsi que, par ses transformations.
le procès industrie! s'adapte aux conditions de la vie éco-
nomique.

4. Massy,DM/taMMf< MaftM~.1.1),p. 2e!


Voirla notodela page98.
3. Doulaydela Meorthe,Rapport<Mt- p)-«/<(/f fof-f/at)<M/«~ de
ciM
boucherie, par BiMt, Ducemmo'cf dela AoMc/ttrff,
p. 3!)t.
t. Eme't Pion,tecetKtt)f)'<'f<<e 0
la toMc/tft'tc ~a<'H,
l'aris,«98, in-18,
p. Mt.
H. BOUMOK.–t.'tXHL'.STMtKUHt.AUunUtKfUKAt'AKX
M
r n .J.J-
de ne.. m
Laditîérenciation t'iudustriedoi'abatage et de la bou-
ctterfeen grosest donc due aux causes intrinsèques du déve-
loppement industriel', Maintenant il ua parait pas douteux
qu'une des causes particulières. dont nous avons démontré
que faction n'avait pas déterminé le phénomÈno,a pu cepen-
dant eu modifier le cours cette cause, c'est la création des
abattoirs généraux. Nous avons vu que, théoriquement, cette
création semblait devoir favoriser l'homogénéité de t'iudus.
trie de la boucherie =: pratiquement, rédtement, ette favo-
risa la difjérenciation. « Le boucher, écrivait en t8t4 te
syn-
dicat de la boucherie, ne pouvant être présent, tout à ta fois,
aux abattoirs et à son état, set-a force d'avoir, au moins, un
garçon de plus, qui restera journellement à l'abattoir pour l'y
remplacer. panser son bétait et soigner les intérêts les plus
importants de son commerce wC'est ainsi que les choses
devaient se passer; et cette spécialisation d'un ouvrier
parti-
culier de la boucherie, attaché régulièrement ù
t'abatage.
émit une forme préparatoire de la spécialisation industrielle.
Cet ouvrier, appartenant à l'entreprise de forme ancienne,
représentait t'entreprise nouvette qui allait résulter de la
différenciation.
Unautre fait se produisit la concentration des botx'hcrs
en gros autour d'un des abattoirs généraux, celui de Mont
martre'. Cette spécialisation locale confirmait ta spécialisa-
tion industrielle, et t'augmentait. l'lus tard, la création de
t'abattoir générât de La Vittette pour te nord de Paris'a ouvert
t. QMP sontCt'sMUM!? Cesontdfs )t))(!not)h''n< iut''rn<j!!
Jh)Men ignot-on! fpnx'canistne:txx)!) t'onstxto))!! d'adaptation
scutt-nn-nt)e!!ctr<-t<
tenninaa):. (tui sonti<-iJcsp))~n<JMM';)tM<t<pucMt(b)itio)); nousconstatons
aussi,par ut)eobservation<{M)<?ra)a et (-.xtruso.)<-ph~nuot~ne e~t<!n''uf
'lui h't <Mt(;rtt)in<et .jui es)la variutiondu tnifjouA-ott'tfni.juo auou.-f
)'Ut'tU!itrio
s'adapte;mais<)ccpUed-'t~noittation pfextit'.n-uu d.'mk're)M
t'rmiaa),nousnesaisis.-ontpas)csa<-tiou!i et ttMt'caetionitdu pheMon~nc
intime,ne Ht~nu,quand te biutu~iitosuit tuvotutioM d'uttect'Huteest
voied'adaptationa des conditionsextériuurosnuuvetiei,u eonsta)''
l'actioncausaledocesconditionsourta celluleu un e!at donnu,et i'eni't
termina) des pifenomf'nes intimesd'adapt&tiun. constatedan!!la Miiuftit
i'titatnouveaumaisil ne 'iai.sitjXtsencor'iie). aetionaet lesfeactioni)
constituent lesp)t<!noto'nt' <)Ui
intimer,<'t<juite:!etpiiqut'nt.
Ï. VoirplusttMt,p. 90.
:t..M<me«-eW)-les <K<'oH<<~aMM<~ de /a f-OK~Mc/ta)) desa4a/<etr<
t'aMj,p. 9. o~x'-
i. Rnrlacrle
le)gislafiresur la production et la conxoan,ralion dela rianclr
(le~
<<e Ntt~/e
atA<We. t. ).
~Ma/tt'~
p. 1
i5t
54 <a
c Tous
Tousles
tus ttuuekwi.
e< <aceH~wMa/fOM
gros i,usontotaMis il
&
ftaM</<'
Monttnahre; le tnarcMil tachet'itteeiita Monttnartre. <
h. ).'abattoirdf t.a \'ii)et)efutouvertte<"janvier)86T.
100 'AKX~t!MC)OLnc~fE.)U03.i90t

une période de spécialisation détluitive pour la boucherie en


gros, diKérenciée de la boucherie au détail par le travail,
l'entreprise, le personnel et t'étabttssemeut.

C. – COM~'fXft'OM
(f<M</)M~
(M~C«t~.

Xous en venons maintenant à la spécialisation proprement


dite, c'est à-dire à la constitution d'espèces particulières et
diuéreuciées d'uue même industrie, représentant elle-môme
une partie diftérenciée du procès industriel. Cotte spécialisa-
tion a lieu selon l'objet de l'industrie ou selon son mode; les
espèces se détet'minetit ou bien par la mattère du travail ou
par )a manière dont le travail est accompli ce qui revient à
une détermination par la marchandise ou par la clientèle.
Nousétudierons la spécialisation dans la boucherie à soa état
dernier, telle qu'elle nous apparatt aujourd'hui.
t" .S~cM<<M(<oM par l'objet. On distingue aujourd'hui'
dans la boucherie de détail plusieurs spécialités I* la bou-
cherie hippophagique, qui a toujours etédinerenciee et dont
l'histoire ne se confond pas avec celle de la boucherie; 2" la
boucherie de détail propremeut dite (bœuf, veau, mouton
3" les marchands d'atoyaux A quet moment cette dernière
spécialité s'est-elle détachée de la boucherie de détait ? Nous
la trouvons mentionnée par t'/))!MM«u'<' de /H
~<t<«t<('<j'Mf
pour t883'; mais nous avons des indices qui nous per.
mettent de croire que ses origines sont bien antérieures.
Massy nous parte, en i8G). d'un échange de morceaux qui
avait lieu entre les bouchers des ditïérents quartiers de
Paris, les bouchers des quartiers riches écoutant chez les
bouchers des quartiers pauvres les bas morceaux en échange
des morceaux de qualité supérieure*; et cette pratique était
ancienne. Ce tut ta l'origine d'une spécialisation qui déviât
complète par la création d'établissements spéciaux ayant pour
objet la vente d'une catégorie spéciale de produits.
Nous constatons dans la boucherie en gros un phénomène
de spécialisation analogue. Résultant ette-méme d'un phéno-
mène de spécialisation, l'industrie de l'abatage et de la bou-

). Ct.B)n-))eMt.
te <t'at«~.t. )t. 3W.
~oMMoife <<<
statistique laville<<tParis,1883,p. 409 «. MMehandt
tvoMnMtlesHatteecenUttcs.e
<)'tUoy)M):
3. Mas!.y.
CMAaK~et mafcA~,t. H, p. S!M.S34.
)t.BOUnmX.–L't!:DU!!TRtf!M)<).AMOUC)))!tU)!At'Ams 101

.e_n. -1..1!ft.l"iIIlJ.1ft il.


cherie on gros est aujourd'hui parfaitement différenciéede ta
boucherie de détait, avec laquelle elle constituait antérieure-
ment une industrie unique, d'un procès continu. Mais la spé.
étatisation ne s'est pas bornée là; elle s'est accomplie à l'in-
térieur de cette industrie nouvelle, qui comprend aujour-
d'hui elle-même plusieurs spécialités. D'après )'~)~«'<e sur
la petite industrie, en t893, les chevillards « sont spécialisés
« veautiers »
pt'M'/x~tous ils se divisent eu « bœuftiers »,
et moutonniers a'. Quaud a commencé cette spécialisa-
tion ? Est-ette postérieure à la constitution de l'industrie de
t'abatage et de ta boucherie en gros ou industrie indépen-
dante? Mais cette constitution n'est pas un phénomène
et
brusque et subit, c'est un phénomène d'apparition lente
successive la question est de savoir à quel moment du phé-
nomène de différenciation a commencé la spéeiatisation
interne. Sur cette question, nous manquons de données pré-
cises nous savons seulement que la spécialisation interne
avait commencé longtemps avant que la différenciation fut
achevée. Dès 18Ct,,Massy écrivait « Ces différents corn.
merces [de viande en gros] sont assez fréquemment divisés,
et un certain nombre decheviitards font leurs spécialités, les
uns des bwuls, les autres des veaux, les autres des mou-
tons, etc. De cette spécialisation Massy parle comme d'un
fait bien connu, et qui n'était pus récent il se peut qu'ette
ait suivi d'assez prés. encore Indistincte et incertaine, les
débuts de la diilerenciatiou.
modale. Ce genre de spécialisation diué-
2".S'p<'ft<!<<Mf<oH
rencie aujourd'hui trois sortes de commerces dans la bouche-
rie le commerce en gros, le commerce eu demi-gros, le com-
merce au détail. Le commerce en gros n'est pas toujours et
nécessairement dépendant de l'industrie de l'abatage il a
lieu aux Hattes centrales dans des entreprises spéciales et
indépendantes. Le commerce en demi gros est généralement
un commerce de réapprovisionnement pour la boucherie de
détait mais it peut être aussi un commerce de dépôt et d'ex-
pédition ces formes sont plus ou moins comp)etemeut spé-
cialisées. Enfin, le commerce de datait est resté modatement
homogène.

travail,Lapetite M'M<
<. Office<<M p M4.
2. MMsy,DMA<t«M et marchés,t. Il, p. SM.
<02 L'AXXK'! i903.MOt
suCMMGtQL'E.

U. dit (t'ncatL
D<'<'oM)pcs<<tOtt
Danschacunedes forme:et des spécialitésd'industrie que
nous avonsdistinguées,nousaurionsmaintenantà étudier le
phénomènede la décomposition du travail, qui a lieu chaque
foisqu'un iudividuparticulierest affectespécialementà une
tAcheparticulièreet différenciée;nous l'étudterons seule-
ment dans la boucheriede détail, qui est la (ormela plus
complexe,à partir de ia boucherieprimitive.
La boucherie primitive nous offre la réunion de deux
séries de taches confonduesdans l'établissementet dans la
personnedu boucher, lu série industrielleet la série con).
merciale. La décompositiondu travail est commencéedès
qu'un personne!spécialest affectéà chacunede ces séries
or nous constatonscette spécialisationde personnel dès les
premièresannéesdu x)x"siècle.L'ordonnancede police du
25 mars 1830en fait état quand elle distingueles étatierset
les garçons bouchers c'est-adire les individusaffectésau
service de l'étal et au commercede détail, et les individus
affectésau servicedo l'abattoir mais cette spécialisation
n'est pas rigoureuse,et, à côté des étaliers et des garçons
bouchers, il y a les « doublesmains », qui font à )a fois le
servicede l'étal et le servicede l'abattoir*.Enfin,dès ce mo-
ment même, le commercede détail de la boucherie com-
porte une divisiondu travailentre le personnelpréposéau
débit do la viande(étatier,second,troisième)et le personnel
préposéà la recette(caissière)
Par suite du phénomènede dissociationindustrielle qui
sépare l'unede l'autre l'industriede l'abatageet la boucherie
en gros, d'une part, et la boucheriede détail, d'autre part, le
travail industriel dans cettedernière se trouve réduit, et la
décompositiongénéraledu travailpeut s'y trouver changée.
Maisd'abord la réductiondu travailindustrieln'est pas uni-
formedans toutela boucheriede détail.Aujourd'huimêmeil
subsisteà Paris quelquesétablissementsde « boucheriedite
« régulièreparce que, soudéeà un échaudoir,elle réalisela
boucherieprimitive' w.Réalisationincomplèteet partielle
t. Ordonnancelu policedu ? mars1830,(tfti'-)us
it, <4!t
ettu:VMts.
Bizel,Ducommerce dela totfc/ttWe,
p. t9<s<)().
3..Ye/f ~t'f'~fH/t~ par M. Biom – cf. CA«MtAt< f/f MMMfn'f ~'<«'M,
.S~M~MC <860, p. 14.
t. 0/)f<w</« /far<tt<, La pcMc «tf/fM/Wf.t. l, p. ~t.
H. ttOURtMX. ).')'<OUATn!i! UH LA Mt)t'CMM(K A PAHtS i03

le travailde l'abattoir a disparu, il n'en resteque le travail


de t'échaudoir,après abatageet à partir de l'abatage.Dans
cetteformed'industrie, le travail est diviséentre le person-
nelde échaudoir et le personnelde l'étal (y comprisle per-
sonnelproprementcommercial).
Cette forme est une survivance, de plus en plus rare.
Aujourd'hui,la boucheriede détail à Paris, saufquelques
cas exceptionnels,ne comporte même plus le travail de
t'éehaudoir;le travail industriel s'y réduit au détail et au
débit de la viande. Dèslors, « boutique et atelier se con-
fondent' maistes tAchesne se confondentpas elles se
définissentmieux à mesure que leur nombreaugmente.Le
personnelindustriel comprendl'étalier ou chefd'étal et les
garçons,qui détaillent et débitentla viande; le personnel
commercialcomprendces mêmes individus, en tant qu'ils
livrentaux clientsla viandepréparéesur leur commandeou
préparée d'avancepour la vente(vente à la casse), les ftttes
de boutique(dans les balles et marchés), ta caissière, les
commis-livreurs,qui prennent les commandeset les livrent
à domicile Le progrèsde la décompositiondu travail en
l'état présent sur l'état antérieur apparaît en cela que cer-
tains individus(uttes de boutique, commis-livreurs)sont
anectésa des travaux purement commerciaux,à la ditlé-
reucodes ouvriersen qui continuentà se confondrela fonc-
tion industrieite et iu fonction commerciale; il apparatt
aussien ce que certaines maisons,de formenouvelle(bou-
cherie annexéeau commercedes comestibles),et considé-
rablescommeentreprises,ont des « rayonsMdeboucherieau
détail,absolumentséparéset Indépendantsde toutatelierde
détailet de débit de la viande*.
·.

E. JMOCM~H ~'«t~M~M.

Desindustries, d'abord indépendanteset séparéesde la


boucherie,lui sont associéespar un phénomènenouveaude
recomposition et d'intégration.
« tt u'y a pas de tot<cAe<'«',
déclarel'Enquêtede t893sur la

t. Office
</«<t'afa«. L 1.p.SO.
LapetiteiMt<<M<f(f,
2./M< p. ~9.Sï4,&?;Pion,LecfMtMio'M dela boucherie
ri forM.
p. )?.
3.LatojUMn Olida,la maisonFfU):Putin(ruede Rennee),
lamaison
Damoy.
i04 L'ASIE tWS-tMt
SOC~O~OG~O~');.

petite industrie, mais une boucherie en gros, une boucherie


en détail, une triperie enfin pour les issues o Et au moment
même où l'Enquête signale ainsi la dillérenciation de la tripe-
rie et de la boucherie, elle signale aussi que l't triperie se
rapproche de la boucherie et s'associe avec elle dans t'entre-
prise et dans le local do certains bouchers; elle signale le
nombre croissant de bouchers qui commencent la vente des
abats M.Maisce phénomène n'est pas un phénomène isolé et
surprenant. « Du moment que h) triperie n'est qu'une spécia-
lité commerciale, la réunion des spécialités qui s'opère dans
tout le commerce parisien devait nécessairement s'y pro.
duire. Les facteurs « <«CMM~[nattes centrales) sont depuis
longtemps facteurs « <afn't~. M
Par ce phénomène, une industrie différenciée qui repre.
sente une partie du procès total du débit de la viande fia tri-
periej s'est associée a une industrie (ta boucherie de dotait'
qui. représenteuue autre partie de ce procès. Un phénomène
un peu différent s'est accompli quand à ta boucherie de
détail s'est associée une industrie qui ne représente pas une
partie du procès industriel, mais qui comporte la transfor-
mation des produits fournis par lui cette industrie est celle
de la cuisine. Aujourd'hui, dans la boucherie de détail de
Paris, un nombre considérable des établissements livrent, en
outre des produits du débit et du détail de la viande, des
produits culinaires résultant de la préparation de certains de
ces produits. L'atelier de détail ne suffit plus « la cuisine lui
sert quelque peu d'annexé, par suite de l'usage de plus en
plus fréquent de la préparation du bouillon avec les déchets
des étaux et morceaux non vendus"; » ces déchets et ces
morceaux passent eux-mêmesà I« vente.
L'importance exacte de ce dernier phénomène ne saurait
être actuellement mesurée. Mais ce qu'il importe de remar-
quer, c'est qu'il se présente avec une extension en quelque
sorte indéfinie et illimitée, du moment que l'association est
nouée entre l'industrie de la boucherie de détail, qui débite
la viande, et l'industrie de la cuisine, qui la prépare sous des
formes multiples pour la consommation. On remarquera
aussi que cette association s'est constituée dans le moment

<. 0/~<w du <f<tM)<,


Lapetiteindustrie,t. p. ÏOO.
2. Ibid.,p. M3.
3. MM.,p. ?0.
Il. MOf)Ki)X.– A fAtttS
<)XDCSTM)KCH ).A KO);OMKm)i tOS

mêmeoù la boucheriede détailse différenciaitplus compte


tententde la boucherieen gros, et devenaitplus commer-
ciateendevenantmoinsindustrielle.Lesétablissementsqui,
aujourd'hui,ù Paris, représententla formela plus purement
commercialede la boucheriede détuii, avec catégoriesde
morceauxtoutpréparespour ta venteet prix-courantsrégu-
liers, cesmentesétablissementsnousprésententaussi lasso-
ciationà ce commercede l'industrieculinaire,au plus haut
degréde devetoppenaeut et de combinaisonque cetteassocia-
tion comporteencorejusqu'à présent'. l,

Vt
VARIATIONS
DELAt'OSCTtON
M LABOUCttKKtK

D'après co qui précède, on conçoit que ta question de la


(onction de la boucherie ue soit pas une question simple,
comme t'ont cru avec trop de facilité la plupart des écono-
mistes, des publicistes, des hommes d'affaires, des adminis-
trateurs qui s'en sont occupés. On ne résout nuttemontcette
question quand on se contente, comme le fait M. Bourguin, de
classer la boucherie parmi les métiers qui, « eu tant que
métiers, gardent toute leur raison d'être, parce que leur fonc-
tion est de préparertes produitssuivanttesgoots particuliers
de la clientèle sur un marché restreint L'étudede la spé-
cialisation dans l'industrie de la boucherie démontre qu'à
aucun moment,dans le cours du xtx' siècle, toute la boucherie
n'a eu cette fonction unique et unanime cette même étude
démontre que la boucherie de détail est la seule pour laquelle
la question puisse même se poser ainsi. Les auteurs de t'Ëu-
quéte sur la Petite M(M<Wfont bien compris la nécessité de
cette précision et de cette distinction. '<Bien que ce caractère
d'alimentation tocatej, déctarent'its, semble s'affaiblir légè-
rement, bien que des boucheries tuent pour l'exportation,
qu'un grand commerce de rMK</cs'établisse, aux haltes de
Paris, par exemple, pavillons 3, 5 et 6, et dans les dépots
américains (S(«M<M<w< et autres), euprt'Kffpe,la boucherie vise

1.Cf.te eatt)of!"e
dola nxu~'n0)i<t<t.t'tn-is,[)9<)t], in- 69 p., p.
Boucherie, Kxn'au prcxa)' j'. !< Cuisine(catt.
hmof,vea, tttotttot). et
)u){M c~)<)cata)u){ae
sp)!ei)t)); d'' ta tMaisot)
t''c)i![l'utin.
BoNrj{ain,Aet.ty~M<w ~CMt/t~f/ /'<'ce~/f'fM r!tt')!i,
<'<'Mom<'jfMf,
)NM.in.8.p. tM.)9U.
t08 t.'AXXKH'iOOULOUt~UH.tffit-tWt

surtout la consommationcirconvoisinedans un rayon res-


treint'. Donc,des exceptionssont reconnues, si le prin-
cipede la distribution sur un marchérestreint ou pour ta
« circulationcirconvoisineMestmaintenu. Maisquesignifient
ces exceptions,si ce «'est une diversité de fonctionsentre
desspéciahtés industriellesqu'on aurait tort de confondra?
Quant au principe, si un doit le réserverà la boucheriede
(tétait,que vaut-ilpourelle?°
M.Schomerusa indique,danssonlivre sur la petite indus-
trie en Aitemague,la nécessited'unenouvelledistinction la
fonctionde la boucherievarieavecia localité elle n'est pas
identiquedansles petitespitiésetdans ies grandes Maiss'il
en est ainsi, que devientte principegénéra)qui vient d'être
énonce?On n'a plus le droit de parier d'une fonctionde la
boucheriede détail on peut seulementse proposerd'étudier
les diversitéset lesvariationsde fonctiond'uneindustriedans
laquelle nous avons constatétant d'éléments de diversité
et de variation.
Ce'que nous pouvionsrechercheret ce que nous avons
recherche,en conséquence, ce sont les variationsde la fonc-
tion de ia boucheriede détaita Paris au xtx"siècle; et nous
présenteronsles conclusionsde cette recherchecomme ta
manifestationet la démonstrationd'uneévolutionpurement
locale; ce qui ne veut pas dire que ces conclusionsdoivent
être nécessairementsansimportance.
La boucheriede détaita uue fonctionIndustrielleet une
fonctioncommerciale sa fonctionindustriellespécifiqueest
de préparerla viandedébitéepour la vente; sa fonctioncom-
merciale est de distribuer la viande ainsi préparée. Cette
dernièrefonctionest t'éiémentvariablede la fonctiondouble
dans laquelle la fonction industrielle représente l'élément
permanent.Tant que la boucheriede détail est à la foisune
industrieet un commerce,l'industrie peut y varier par le
régimeou parla forme; ellen'y variepas fonctionnellement,
sa fonctionétantet demeurantdefournirle commerceassocié
à elle de viandepréparéepour la vente.Les variationsde la
fonction commercialede la boucheriede détail mesurent
seulesles variationsfonctionnelles qui s'y sont accomplies.
La fonctioncommercialede la boucheriede détait peut

1. 0/<'e<<M ta p<<!<<
/t'aM<7. t. t. p. 199.
<)«<«<<)'«',
S.Schcmerus,~<M p. 6),62.
A'Mn~Mtftf,
)). MCftCtX. L'tSUU!:T)ttK
t)R LA MuUCMHMtB
A PAMS ~0~
varier quant au nombredes Individuset quant &étendue
desterritoiresauxquelss'étendcettefonction.Nousavonscal-
culé, pouriosbouchersde détailétablisdans Pariset pourles
annéesdedénombrementou prochesd'un dénombrement,le
nombred'hxbitants pour lesquelsoncompteunetabiissetnent
de boueiterie les résultatsdo cescalculssont présentésau
tableau XVt. M ressort de ce tabieau que le nombredos

't'AHt.KAL'
XV).– NoMttKt!
tt'MABtTAXTS
Ut!t'AKt!!
f'UCK
t'S~TAHLtSiiËXMT
Ut:BOruHHHtK
OB))(!TA)).

n.\f:)!)! XOttMEiU'MMtf.~Tii ~)~:s Sum)tt:tt)')t.ttHM'<T<.

'~t 'M-! tM)t


<~< )740 n~ <:<M
'S~ i8M ):?
Ma ït0!) 1881 nt!,
'?'' <~ï iM6 ~M
~M i'Stt )M) ~iS
"0 HM t8!)6 )3M

individus pour lesquels on compte un Établissementde


boucherie,an~és avoir crû depuis Je début du x<x'siècle
jusqu'en1857,a décruà partir de t8S7,ou plutôt, d'aprèsce
qui a été établi antérieurement', à partir de t8S8et 1859,
datesréelles,jusqu'en187G,pour remonterensuitejusqu'àun
niveaudeconstanceapproximative,atteint une premièrefois
en !872.Aceniveau,le nombredes individuspar établisse-
ment deboucherieest d'environ13SO'.
Maisce nombren'est qu'une moyenne.Noussavonsque le
rapportdu nombredesbouchersdedétail la population,par
arrondissement,n'a pas été constantdans tecoursdu siècle:
avecce rapport,a varié,dans chaquearrondissement,lafonc-
tion précisede la boucheriede détail.LetableauXVIImontre
quellessontlesvariationsde cette fonctiond'un arrondisse-
ment à l'autreen t896 elles vontdu nombreiOH au nom-
bre 17S7,ces deux nombresreprésentantle minimumet le
maximumd'habitantspour un boucherde détailen 1896.

t. Voirp.36<Kjj.t.,
M.73.
3.Cescalculs
nefournissent
pasla constatation
d'ut)ph<-not))'-ne
noa-
veau;malsib mettenten évidence
uneformenouvelle du rapportdu
nombredesboechfrs
à la population.
t08 L'ASKÉE i90it-)9<H
MCMLOtU~UK.

T.Utt-KU.\VH.– NUMMHK U'H~tttTAST't


)JHPAS)!t'ARAKKUNU)!(!tt!M)!XT.
t'OCtt
t'XHnfCHtttt
Dt!M~TAtt..
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T iMt tt ti!M
<MT iX ):))it
M <C)t )') )M
III t~U i tCM
_1- ~u .J

De tout ce qui précède il ressort qu'eu moyenne ie nombro


d'individus pour un établissement de boucherie est demeure it
peu près constant à Paris depuis une vingtaine d'années, mais
que cotte moyenne comporte, aujourd'hui même, de grandes
différences selon la situation et la localité. Ces diuérenees,
d'ailleurs, sont elles-mômes des moyennes, et peuvent com-
porter entre les bouchers situés dans un périmètre donné des
différences encore considérables. Est-il possible de connaître
ces différences par une autre voie?
Abordons!a question par son autre face, et demandons-nous
à queUe superficie territoriale peut s'étendre la fonction de la
boucheriede dotait. Nous n'avons, pourrésoudre ce problème,
aucune donnée précise, aucune donnée immédiate nous pou-
vons toutefois nous servir d'approximations. D'après l'étude
des nombres totaux des bouchers de détail établis dans
Paris, à partir de f8(!0,pour un territoire urbain identique, ie
nombre moyen d'hectares pour un boucher, après avoir baissé
jusqu'en t8M8,est resté depuis à peuprès constant'. Ce nombre
était de4hectares t7en t896'.D'aprest'étudedes nombres des
bouchers par arrondissement, le nombre moyen d'hectares
pour un boucher n'a pas cesse d'être très variable d'un arron-
dissement à l'autre~. Eu 1806, ce nombre varie entre 1 hec-
tare 79 et 8 hectares 44 (voir le tableau XV!).

i. Voirp. ;M!{').
2. La superficie
de Pahsétant.depuist'annexionde 1859,de TXM
hec-
tares.
3. Voir p. 43sqq.et tableauVttt.
)). BMiMMS. L')<iMSTMtS CB LA BOUCHBMKA fAtU- )09

TAM).KAU XVIII. NOMBHK C'MKCT*HKS )'"m t'S BWKHHM.

MRA)tHO'<f))S)iK)tt!ST,A)'AtU!KStXM

~M-.M~M~TS
AeaO.'IU1556aBNTÜ ~M~.MKM. SO.URE
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––––––––––~–j.
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4 N.33 )t t.)
H Ï.8'. t!i 730
<i it.tiO <? 7.ti
7 O.Ot n
X ~,83 tS 3J!)
M t.T) 'H ').:?
)() i!i!t a) 5.73

Jusqu'à présent, uous M'avonsaHairequ'à des moyennes. Or,


plusieurs faitsnous indiquent qu'un certain nombred'établis-
sements dépassent ces moyennes, ou sont eu état de les
dépasser. Le premier de ces faits, c'est l'apparition et la mul-
et
tiplication des commis-livreurs (avec véhicule), qui fout
peuvent faire ie serrée de la clientèle dans un périmètre
beaucoup plus étendu que le périmètre moyen déterminé plus
haut Unsecond fait, c'est l'usage dutéléphone par un certain
nombre de bouchers de détai! l'usage du téléphone n'est pas
nécessairement l'indice d'une clientèle très étendue superti-
ciellement, mais il est du moins l'indice d'uue transmission
d'offres et de services à distance. H y avait, on octobre ~'04,
140bouchers do détail abonnés au téléphone Enfin il est au
moinstrois importantes maisonsfaisant la boucherie au détail
sur le
qui sont particulièrement organisées pour la vente
territoire entier de Paris, en tant que grosses maisons de
comestibles portant à domicile*. Ces faits manifestent peut-
être le début d'une évolution considérable.

1. <M!c<<~M Lapelite industrie,t. ). [).234;l'ion, Lecommet-cf


<<'<!t-<)«,
f~ boucherie 4 Paris,p. <M tes plusjeunesutnptoyuii « sontceuxqui
portentles commandes, parfoistes loin,& clientèlebourgeoiM
pour193t.ycomprisle S«~MMM<
î. D'apte*)'/<t)nM<n)'<'(/MM<~A<'HM
pouroctobre.
3. Lt maisonOllda,la maisonD<nnoy et h maisonMUxPotin(ruede
Rennes);cf. plushaut,p. <<?.
Ht) L'ASXÉË MCK)t.OO<QUR. t993.tMt

Ytt
CONCUMtOfS

Quand même h présente étude ne nous aurait pas conduits


à quelques conclusions positives,sans doute ne serait-ette pas
inutile. Elle aurait servi à montrer la multiplicité et la eum-
plexité des questions que soulève le sujet que nous avons
choisi, même limité comme il l'a été, et qu'il soulève, à plus
forte raison, dans sa géuératité entière, et, plus encore, dans
l'ensemble des problèmes auxquels il se rattache; elle aurait
servi à dénuiretà poser cesquestions. Elle aurait eu ainsi une
valeur méthodotogique, une valeur de méthodologie préven-
tive et préparatoire, qui, à la rigueur, nous eut suffi. H nous
semble qu'elle nous a donné quelque chose do plus c'est la
démonstration que, si complexesqu'elles soient et si difficiles.
de pareiHes études sont possibles, par les procédés ntémes de
la science qui nous apprend leur difficulté.
Elles sont possibles sous plusieurs conditions. La pre-
mière, c'est de reposer sur un fonds de'doeumentatioa solide
qui permette d'atteindre la réalité sociale dans le plus grand
nombre possible de faits. La sécu.rité des conclusions en
dépend; les lacunes de documentation nous exposent au ren-
versement des hypothèses, Mêmequand ces hypothèses sont
construites sur des séries de faits importants et nombreux;
et s'il est bon de s'habituer à bâtir du provisoire, il est néces-
saire d'en restreindre l'emploi par des recherches décisives.
La petitesse des résultats apparents de ces recherches ne doit
pas nous tromper de minces découvertes documentaire!!
nous ont permis de reconstituer une série statistique, ou
d'en retrouver le sens.
Établir des séries statistiques, c'est-à dire établir t'évotu
tion des phénomènes économiques, telle est ia seconde condi-
tion de l'étude. Partout où la série manque, partout où t'évo-
lution n'est pas continûment perçue, nous ne dirons pas que
les conclusions sont impossibles, mais nous dirons qu'elles
doivent être prudentes. Le fait accidentel,cetui qui provoque
les hypothèses les plus aventureuses, n'est le plus souvent tel
que pour notre observation, et résulte seulement de t'igno
rance où nous sommes des faits qui le précédent et l'expli-
M. BnOMtX. – ).'tXUt~TM)K UH ).A UurCHKK))! A CAntS H) 1

quent. ËtaMirdes séries et les interpréter, avec les précau-


tions et lesréserves qu'en commande l'emploi, c'est l'essentiel
denotret&che.
Une troisièmecondition nous est imposée par lit matière de
nos étudeset l'état de notre science nous devons analyser
tes faits et lesélémentsdo ces faits en poussant t'analyse aussi
toiu qu'it est possible,et sans nous préoccuper des limitations
provisoiresque cette méthode inuige & nos interprétations et
il nos conclusions.Procéder autrement, ce serait s'exposer &
l'incertitude permanente. Le sujet et la teneur de ta présente
étude sontla preuve du souci qu'on a eu d'éviter cette incerti-
tude. Dela réunion des vérités fragmentaires, péniblement
acquises, se fera la science, et non pas autrement.
A mécoanattroces conditions, ces nécessités de i'étude
scientifique,on risque beaucoup. Dans leurs livres, d'ailleurs
remarquables, sur ta boucherie et sur la petite industrie en
AUemagne,MM. Motheet Sehomerus ont cédé parfois à ta
tentation de généraliser trop vite, et notre étude pourrait con-
tredire certaines de leurs conclusions qui seraient restées
inattaquables si elles avaient été limitées it leur sujet. !t est
encore plus grave de donner un caractère de propositions
générâtes, objectivement vatabtes, u des appréciations pure-
ment subjectivesen l'état présent de nos connaissances. Dans
son livre sur ~< .mM oo<'t«<MtM<*f<'<'e(~<oK<~oxo)M«j~,
M. Bourguinécrit ce qui suit « A côté des métiers qui décti.
uent ou qui restent stationnaires, il en est, au contraire, qui
démontrent leur vitalité en progressant. S'agit-it de t'aihnen-
tation, boucherie,charcuterie, boulangerie, pâtisserie, confi-
serie ? L'accroissementest considérabte; il est vrai que ces
métiers ont un caractère commercial très prononcé, qui
explique eu grande partie leur prospérité mais en tant que
métiers, ils gardent toute leur raison d'être, parce que leur
fonction estde préparer les produits suivant les goûts parti-
culiers de la clientèle sur uu marché restreint Que d'!)(!ir-
matîons sur tant de points où l'étude vient seulement de
commencer! Pour la seule boucherie, dont il s'agit ici, et
pour la seuleFrance, qu'entend-on d'abord par le progrès et
la vitalité du métier? quel progrès? dans le nombre des

). Ruthe,M<t<<<Mh<«' ~«t ~«a~ex'ft'Af,-


FttMc/tet~M't~;8<'homcnt<.
– voir plus)<)tut.
p. Ï.
2. MMriee Bourgui)). <t~M)e<W<(<M<M et ~t-oh~M <Mne)M)WMt.
).. tOMM.
)~ L'AXEE;SOf:)Ot.UUt<;).E.)M3-)'.mt

entreprises, dans le nombre des travailleurs, dans t'impor-


tauce des adirés? progrès absolu, ou progrès relatif &ht
population, ù la consommation, etc. ? Et l'on parte du carac-
tère commercial du métier et de sa fonction les a-t-on dM-
nis ? Si nous reprenions seulement les conclusions de notre
étude, partie minime du sujet qui est embrasséici tout entier.
que deviendraient ces ainrmations? L'accroissement est
considérable? Il y a moins do bouchers établis en boutique
eu i899 qu'en tM89,et, si leur nombre s'éiévo absolument
eu 1900, il est alors, relativement à )a population, inférieur
au nombre donné en ~867. Ces métiers ont uu caractère
commercial très prononce? Le commerce ne parvient à se
séparer de l'industrie, dans la boucheriede détail, qu'au début
du xx. siècle, dans des établissements considérables, mais
<'ncoreexceptionnels et quant a la boucherie en gros, elle
est complètement différenciée comme <H(/tM<n? de t'abatage.
vendant en gros au commerce de détai). – Leur fonction est
de préparer les produits suivant les goûts particuliers de la
clientèle sur un marché restreint ? Leur fonction n'est pas.
elle varie, et précisément dans un sens tel qu'elle comporte
une extension considérable et presque indéfinie du marché
Tels sont les démentis que les faits infligent à la théorie
c'est un des principaux services que puisse rendre une étude
limitée comme la notre.

Les résultats positifs de notre étude sont de trois sortes


les uns ont seutemeut une valeur de fait, les autres une
valeur d'explication causale, les autres enfin une valeur d'in-
dication hypothétique.
Les premiers sont les plus nombreux. On ne doit pas en
faire fi sous prétexte qu'Us sont limités, par les données
mêmes du sujet, dans l'espace et dans le temps par les don-
nées mêmes du sujet, ils sont importants, et toute théorie
généraie concernant l'ensemble des questions dont ce sujet
est tiré devra en faire état. Pour l'industrie de la boucherie,
à Paris, au Xtx'siècle, nous avons établi que le nombre des
établissements, à partir du moment où l'entreprise fut libre.
n'avait pas crû constamment ni régulièrement, et qu'il avait
varié sensiblement comme la consommationen viande de bou-
cherie. Nous avons établi, d'autre part, l'influence de la toca-
lité, qui introduit dans le développement de l'industrie une
cause de différenciationlocale, subordonnée au mouvement
Il. MURCtN. – t/~OUSTHUi OE LA ttUUCMRtURA t'ARtS HS
t
générât des variations totates~Nous avons établi le mouve-
meut et t'amptitudo des variations constatées dans ta gran-
deur des établissements nous avons étabti que la boucherie
de Paris, après avoir été au début du xtx"siècle, une industrie
presque homogène de petits établissements, était devenue, à
la fin dece siècle,une industrie assez hétérogène,
comportant,
à côté de minimes établissements, des établissements consi.
dérabtes Nousavons établi enfinles variations de la fonction
de la boucherie, et nous avuns constaté le rapport qu'il y a
entre ces variations et les variations précédentes. D'autre part,
nous avons reconnu les phénomènes de spécialisation dont
l'industrie de la boucherie a été le siéi!0; nous on avons
reconnu les manifestations et les curactéres, nous en avons
distingué les cas particulier-
Ces résultats sont intéressants a plus d'un titre. lis nous
donnent ta connaissance d'un certain nombre do faits bien
déterminés, et ils nous donnent aussi la connaissance d'un
certain nombre de rapports entre des faits contemporains ou
concomitants, lis servent par là M la connaissance d'une
industrie, d'une forme d'industrie et d'un système écono-
mique ils servent aussi à la connaissance d'un certain
nombre de phénomènes généraux qu'on peut retrouver et
observer daus d'autres industries, dans d'autres formes d'in-
dustrie et dans d'autres systèmes économiques. Ainsi, par
exempte, notre étudeest une contribution à l'étude de )a petite
industrie, mais elle est aussi une contribution &i'étude do ta t
spécialisation. Par l'application de la méthode scientifique,
les sujets les plus restreints fournissent des éléments à t'étabo-
ration de la science.
Ils peuvent lui fournir davantage:)! peuvent )ui fournir, est
certains cas, des conclusions d'une portée généraie. Ce sont
ou bien dos conclusions négatives quiétabiissent l'inexisteiice
d'un rapport causaldans un cas au moins, et, par conséquent,
l'impossibilité d'une loi de causalité, ou bien des conclusions
positives qui établissent l'existence d'un rapport causal dans
un cas au moins, et, par conséquent, ta possibilité d'une loi
de causalité. Notreétude nous fournit des conclusions de t'uue
et do l'autre sorte. Elle établit ainsi que le développement de
t'industrie de la boucherie, mesuré par le nombre dos établis.
sements, n'est pas un développement régulier et continu, et
que cette industrie ne contient pas en elle une force intrin-
sèque de développement rcgutier et continu. Elle établit de
E. Dt)fM[))E))t.
–AMM- ftOfiot..
ti)!)3-)')0t. S
Ut i L'AXEE'.OCtULO)itQfE.)!)')3-tt~

même que le mouvement de la population n'est pas pour ht


tMuchenc une cause suffisante de devetoppement eHeetahtit
que te deveioppement de la boucherie est indépendant du
devetoppement économique dans son ensemble (autant qu'il
peut être mesure), et du dévetoppemeut des industries de
t'aiimentfttfon. Elle établit d'autre part Htmueace de la ioca-
lité sur le développement et sur la distribution d'une industrie
donnée; elle ctabiit i'inttuence de la spécialisation sur les
modifications de la forme de cette industrie; enfin, plus par-
ticuiieremeut, elle etubiit l'action causale do la consommation
de )a viatxte sur le dcwtoppenteut de l'industrie de la bou-
cherie.
Nutre étude nous fournit une dernière catégorie do resu)-
tats, qui ne présentent point le même degré de sûreté, mais
qui peuvent servir d'indications en vue d'inductions analo-
gues. Les variations du nombre des établissements daas
l'industrie de la boucherie, à Paris, au x)\' siècle, ne nous
apprennent rien de certain que surcette industrie elle-même,
mais elles peuvent nous su}!nererdes hypothèses sur le déve-
loppement de cette même industrie en d'autres temps ou en
d'autres lieux, ou sur Je deveioppcment d'une autre industrie
en ce même temps et en ce même lieu. Ces variations, si elles
se retrouvent en d'autres études, nous mettront sur lu voie
des interprétations comparatives un des stades du dévelop-
pement qu'elles représentent sera facilement reconnu, si elles
sont coustatucs ai))enrs. De mente ta grandeur des etabti'.se-
ments, dans la boucherie, a éti mesurée par des variations
qui correspondent aussi ù des stadesdivers de développement
elles pourront servir de commune mesure et de moyen com-
paratif d'interprétation et d'explication dans tonte espèce
d'étude analogue. !i eu est de même de tons les faits d'évolu-
tion que nous avons observes là même où la stricte explica-
tion causale doit être contenue dans les limites de temps et
d'espace déterminées pour notre sujet, ces faits peuvent se
prêter t'etaboration d'hypothèses qui faciliteront l'étude des
évolutions anatogues.

U nous reste une dernière série de consideratious à indi-


quer. Hanscette étude, même limitéecommeellel'a été, nous
avons rencontre, d'un bout à l'autre, un grand nombre de
questions que nous avons du ajourner en raison de i étendue
des recherches ou des développementsqu'elles auraient pris,
Il. MOUXOX.– L')X))MTK)8
UHt.A HOtJCttËR~
A t'AB~ ))8
ou simplement parce qu'elles n'étaient jtoint do notre
sujet, Il
noussembtequ'itpourrait être utile et intéressantd'en dresser
ici, en quelque sorte, t'iuventaire.
i" Dans les variations du uombre des bouchers, nous n'avons
pas considéré celles qui intéressent certaines catégories parti-
culières dont nous avons fait état dans nos calculs. L'étude
serait à reprendre pour ces catégories en particulier, savoir
pour les bouchers établis dans les marchés, les bouchers
forains vendant dans les marchés, les marchands de viande.
les approvisionneurs et réapprovisionnours. les bouchers on
gros. Les relations de ces diverses catégories l'une par rap-
port à l'autre seraient à établir, en ce qui concerne notam-
ment 1" les bouchers parisiens et les bouchers forains:
3° les bouchers vendant en boutique et les bouchers ven-
dant dans les marchés. Ces dernières relations seraient
a suivre, non seulement dans le développement générât de
la boucherie, mais dans la distribution locale des bou-
chers.
2° L'étude de cette distribution locale a été seulement
abordée dans ses phénomènes superficiels. Nous avons indi-
qué tes hypothèses et les problèmes qui se posaient a i'exa-
men de cette question
3° Nous avons laissé de coté, dans l'étude du
développe.
ment de la boucherie,ce qui concerne )° ieschiures d'affaires
2° les prix. Ce sont là deux grosses questions, surtout la
J
seconde; la rareté des documents, en ce qui concerne la pre-
mière, l'extrême complexité des faits, en ce qui concerne la
seconde, seraient les causes de difficultés considérabies, que
nous avons pu estimer.
4" Eu étudiant ia /<~«c de l'industrie, dans la
boucherie,
nous avons laissé de côté ce qui concerne le n~wc de cette
industrie 2 nous n'avons pas étudie les conditions et tes
modalités de t'entreprise nous les avons prises comme don-
nées, et nous avons pu observer seulement combien elles
semblaient avoir peu varié, d'un bout à l'autre du \)x' siècle.
Cette étude serait à reprendre en détail à cotede
t'entreprise
patronaie, dont it a été seulement question jusqu'ici, il
y
aurait lieu de considérer le régime coopératif, a
qui donué
lieu, en ce qui concerne la boucherie, à bien des discussions

1 Voirp. oo-M).
SurecHeditiUnetiût).
d'. t'.tnM~sociologique,
tM~.tSM,p. SX.
itt) L'ASIE
soCtOLOCfQPE.t903.t90t
théoriques; l'étude des faits pourrait conduire à des conclu-
sions positives.
5° Quant ù la forme mémo de l'industrie, qui constitue le
sujet spécial du présent essai, quantité de questions restent
posées. D'abord celle do la formation de l'industrie. Xuus
avons pris et considéré l'industrie de la boucherie au début
du X)x"siècle, comme toute formée et donnitivement détachée
de l'économie domestique. Il y aurait lieu de reprendre cette
question, et de se demander si, pour toutes les parties du
procès industrie! dont se composait la boucherie au commen-
cement du siècle, cette séparation existait réellement dans
tous les cas. U y aurait lieu de se poser aussi h) même ques-
tion pour les industries préparatoires, dout il sera question
plus loin, au ?'. ~J
C"Nous avons étudia les phénomènes de spécialisation à
l'intérieur de l'industrie de la boucherie mais comment la
boucherie elle-même s'est-elle spécialisée parmi les indus-
tries do l'alimentation, comment s'est-elle spécialisée quant
au procès industriel et quant aux produits en se séparant de
la triperie, par exemple, ou de la charcuterie, ce sont lu des
questions à examiner. Enfin nous avons laissé complètement
de côté la boucherie hippophagique, que nous avons pu con-
sidérer comme entièrement différenciée des l'origine, mais
dont le développement intéresse le développement de notre
industrie.
7" Nous avons étudie les phénomènes de spécialisation par
lesquels se sont séparées de la boucherie 1° l'industrie de
l'approvisionnement, et 2' l'industrie de l'ahatage. Il y aurait
lieu d'étudier le développement de ces deux industries diiïé-
roneiées, qui sont eu rapport constant avec l'industrie de ta
boucherie. La première étude comporterait l'étude des mar-
ches d'approvisionnement, la seconde l'étude des abattoirs, et
de plus l'étude de la boucherie en gros dans son développe-
ment propre et dans ses rapports avec la boucherie do détail.
8" tci se poserait la question de la vente on gros de la viande
aux Halles, dont le développement presque ininterrompu
permet de présumer l'importance économique.
0" Nous ne nous sommes pas préoccupés de la technique
industrielte et commerciale dans la boucherie l'observation
y révèle des variations intéressantes qui pourraient conduire
à d'intéressantes conclusions.
10° Enfin nous avons laissé de côté, et nous avons pu laisser
t). tMUMtN. L'tXnfSTME M LA OnOCHaXtHA t'ARtS ))?

de côte, dans le sujet que nous nous proposionsdo traiter,


factionde l'État,de la loiet des règlements<urle développe-
mentde notreindustrie.Cotteactionseraità étudierde près,
non plus, commeon !'afait jusqu'ici,en considérant!athéo-
rie et les principesadministratifsd'une part et les intérêts
industriels d'autre part, maisen considérantles faits. Nous
sommesconvaincuque cette considérationserait extrême-
ment fructueuseestobservationsintéressantes,II y auraità y
joindre l'étudede l'actioucorporativeet syndicale,qui ne se
séparepas icide l'actionte~istativeet administrativeet nous
sommesconvaincuaussique cette étude donneraitlieu à des
constatationspleinesd'iuterét.
Il peut semblerque ces avenues,ouvertesen tant de sens
divers, perdentla vueet égarentla recherche elles en font
seulementmesurer t'etendue,apprécier les conditions,com-
prendre le pian. Et chacunepeut être entreprise eu toute
sûretéet confiance,pourvuqu'ellesoit conduiteavecméthode,
et ramenée,avecses résultatset ses conclusions,aux ques-
tionsgénérâteset centralesd'oùetto procède.

HUBERT
BoURGtK.
Il

SUR L'ORGANISATION MATÎUMONIALH


DESSOCiËTËSAUSTKALtRNNES
)'"rt!it)).)!DU!<KttËtM

Un ouvragedeMM.Spencer et Uillenest toujoursunebonne


fortune pour le sociologue.Il y a peu d'explorateursdont
les observationssoientdirigéespar un instinctaussisûr vers
les institutions essentielleset tes faits cruciaux.Lenouveau
livre qu'ils viennentde faire paraître'n'est pas,surce point,
inférieurau précédentePeut-ôtreest-itmoinsricheeu nou-
veautés imprévues;il était, d'ailleurs, difficilequ'il en fût
autrement, puisqu'il est consacréà des tribus voisineset
parentes, par la civilisation,de cellesdontcesauteurs nous
avaient précédemmententretenus.Maissur les faits mêmes
(lu'ils avaienteu déjà l'occasionde nousfaireconnattre,ils
apportent des précisionsqui sont de nature,croyons-nous, à
htire avancerdes questionsdepuislongtempscontroversées.
Notammenten ce qui concernel'organisationsocialedes tri-
bus australiennes, les informationsnouvellesqu'ils ont
recueilliesnous paraissentgrossesde conséquences instruc-
tives. Cesont cesconséquencesque nousvoudrionschercher
a dégagerdans la note qu'on va lire. Commeellesn'ont pas
été aperçuesou ne sont pas admisespar lesauteurs, il nous
a paru qu'il y avait intérêt à en faite l'objetd'uneétude spé-
ciale'. Aureste, cette étuden'estquela suiteet lecomplément
de celleque nousavons publiéeIci mêmeet sur les mêmes
questions,il y quelquesannées'.
t. TAeHm~en)TnAM of centralJM<~<«.Loadrot, MacmiMan.
<90t
)..xxi<v.7)ft
in.S.
2. 7'/t<'M<toe
Trïbes
ofcentnal~<M<n)M<t.
3.Lapartiedet'eavragequiconcerne
lestiroyenct-e
<!tkitpMtXjtM
reli.
ttieuscsoumagiquesestM)tty«;eà partdanslaSociologie
N<Mjt<eM<
t..S«fle !'o<t'm<<)Mt.
in /tt)n~<-
Sociol.
T.V.
E. UUKKHRtM. – uMAXtiiATtOKMATNtMOXtALE
AUSTRAHEKSK t tO

Le premier ouvrage de MM.Spencer et Gillen était presque


exclusivement consacré Ii ta sucH'té des Arunta; il n'était
guère parié qu'accessuirotnentde lit tribu, plus méridionale,
des Urabunna. Cettefois, outredes renseignements nouveaux
concernant cette dernière peuplaldo, ces deux auteurs nous
apportent une description analytique des tribus situées au
nord des Aruuta, à partir des monts Daveuport jusqu'à la
rivière Roper. Nous noustrouvons douc connaître grâce Aeux
toutes les tribus qui recouvrent l'espacecompris entre le tac
Hyre et le golfe de Carpeotarie. Nous avons ainsi toute une
gamme de sociétés dont l'organisation est sensiblement ta
même dans ses traits essentiels et qui, par conséquent, peu-
vent être utilement comparées.
D'ailleurs, ces ressemblancesne vont pas sans certaines
divergences. Si tes mêmesinstitutions se retrouvent partout,
elles sont ici plus marquées, là, au contraire, plus ettacees;
elles ne sont pas partoat développées de la même manière et
ces variations mêmes rendent les comparaisons plus instruc-
tives et plus fécondes.MM.Spencer et Gillenont cru pouvoir
ramener à trois types les sociétés nouvettes qu'ils ont obser-
vées Wf type ))'«m<n!!tt~(!,qui contient, outre les Warra-
muuga, les Worgaia,te Tjiugilli. tosUmbaia, les Bingongina.
les Walpari, tesWutmata ettesGnanji; iWe~f Btn~tn~a qui
contient, avec les Binbinga,les Allaua et probablementd'autres
tribus de la cote occidentaledu golfe de Carpentarie 3°~ ~pc
~a~'a qui comprend lesMaraet tes Anula. On verra plus loin
ce qui les diuerencie les uns des autres. Si t'oa ajoute à ces
trois types, celui des Arunta qui en est parent, mais qui en
diffère', et celui desUrabunna qui s'oppose à tous les précé-
dents parce que la filiations'y tait encore en ligne mitter-
nette on voit que nousdisposons d'un vaste champ de com-
paraison.
Sur les cadres généraux de la société, it no nous est rien
appris de bien neuf. Chacunedes tribus étudiées est divisée

1. AM type M mttttchentlosIlpirra,les niaunt,les Unmatjoraet tM


Ktiiti~h.
S. Spencerot Gi))anMtttehMttesUfahoonatiui Dieriet c'e~t par )o
))"mde cesdor))ter&
qx'Mtcarmotcrxuntte ty)'t!.
iSO L'AXXKK ~M-iMt
SOOOKMHQUE.
en deux phratries(lesauteursdisentdeuxmoitiés),et choque
phratriecomprendun certainnombrede groupestotémiques
ou clans.Nousavionsdéjà trouvécette organisationchez tes'
Arunta(comme,d'ailleurs,dans un grandnombredesociétés
australiennes); elle présente cependant,ici, un caractère
particulierqu'elle n'avait pas chezles Arunta. Chezcesder-
niers, groupementstotémiqueset groupementsterritoriaux
ne corncidaientpas exactement.Non seulementune même
localitécomprenaitdes représentantsde totemsdifférents,
mais il arrivait que des localitésdifférentesressortissaientau
même totem et constituaientautant de centres totémiques
indépendants.Dansles tribus situéesplusau nord.cetteano-
malie ne s'observepas; la société localeet la sociététoté-
mique se confondent.Chaque localitéa son totempropre,
qu'ellene partageavecaucuneautre, et le chefadministratif
de la localitéen est aussi le seul chef religieux;c'estlui qui
est préposéà la directiondes cérémoniesqui concernentces
totems.Les phratries ettes-mémesont une base territoriale,
beaucoupplus nettementdéfinieque chezles Arunta;à cha-
cune d'eilesestassignéeune portiondéterminéedu territoire
occupépar la tribu par exemple,l'une estau Sud, l'autre
au Nord,ou bienl'une est à l'Est, l'autreà t'Ouestdetelfleuve
ou de telle montagne.Cettepremièredifférence,par
rapport
aux Arunta, en entratneune autre. Puisquechaquephratrie
est nettement localiséeainsique chaquegroupetotémique,il
en résulte que, en général, un mémoclanne chevauche
pas
sur deux phratries; chacunedes deux moitiésde la tribu a
ses totemsqui ne se retrouvent pas dans l'autre.Onsait, au
contraire,que, chezles Arunta, chaquephratriecontientdes
représentantsde tousles totems.
Maisque!que soitt'intérétdecesfaits, its ne constituentpas
des nouveautés.La fusionde l'organisation
totémiqueet de
l'organisationterritorialese rencontre partoutoù le totemse
tra nsmeten lignepaternelle;et c'est le casdestribussepten-
trionalesde l'Australiecentrale. Eten effet,comme,sousce
régime,le filsa letotemde sonpère,etnon celuide sa mère,le
mariage n'introduitpas,à chaquegénération,dansungroupe
local déterminé,des totemsdifférentsde ceux que portent
les membresréguliers de ce groupe.Letotemqui est le
plus
répandu et il en est toujoursun qui y est plus général
les autres s'y génératisedoncencoredavantageet que
s'y fixe
définitivement;et ainsichaque localitéa un totemdistinctif
E BUtt)t))B)M. OMAX)MT)ONMATntMOStALBAUSTnAHEK!!f! 121

et unseul. S'i)enest autrementchexles Arunta, c'est que la


filiationtotémiquenesefait paschezeuxeu lignepaternelle;
le totemdet'enfautdépenddecirconshmeesemioemment con-
tingentes,à savoirdu lieu où la mèrepassepour avoirconçu.
Maissi, sur les phratrieset sur les clans, MM.Spenceret
Gillenne nousapportentpas de lumièresnouveties,ii n'oo
est pas de mêmed'un autre groupementque !'on rencontre
égalementdans un très grand nombrede sociétésaustra.
liennes.Je veuxparlerdes classesmatrimoniales,

Il

Rappelonsd'abordcequ'il fautentendrepar ce mot.


Dansun très grandnombredetribusaustraliennes,chaque
phratrie est diviséeen deuxsectionsou classes.Commela
tribu est composéede deux phratries, il en résulte que la
sociététout entièrecomprendquatregroupesde ce genre.
Lesmembresde chaquephratriesont répartisentreces deux
classesd'après le principesuivant <<ex.<;~«'t-a~oM ~«CM.
«<;?M'<~jMr<t'etW)Ctt(
pH<d <«m~)Mclasse.End'autres termes,
si une générationest de la classeA, la générationsuivante
estde ta classeB,tandis que cellequi viendraensuitesera de
nouveauattribuéeâla classeA,etainside suite indéfiniment.
Or cette distributionde ta populationpar classesaffectela
réglementationmatrimoniale.En efïet, non seulementun
hommene peutse marier quedans la phratriedontit nefait
pas partie, mais, à l'intérieurde cette phratrie même,son
choixne peuts'exercerque dans uncerclecirconscrit it ne
peutprendre femmeque dansunedes deuxclassesdont cette
phratrieest composée.Par exemple,chezles Kamilaroi,voici
les noms des quatre classes et les rapportsqu'elles ont les
unesavecles autres1
''MtMTMt! fMt't PttMTME tfUPATMtS

Ltt thttn (<m/<m<t<fM/<-mMMA'ttMt) fpotKcttt )« tmmba (<H/«M/<<?< ftetMM 7pp<tt)


Lu Kabbi (tn/'<m<<<<<*~-notM ~t<n't) ~MttMttt )M tjtjmi (m/«M<<t<M /<'mo<f<A'tMtto).

Nousavons essayé de montrer ici méme~ comment s'étaient

i. l'our !iit)tp)i))er, nous ne donnons <))M la forme masculine des noms


qui daignent tes classes.
2.Voir~MM~e ). p. i3etsuiv.
Sociologique,
i22 ).'AXXHE.()CtO).Ot:tQt'E.t90ï-Met
formées ces classes et il lie nous paraît pas utile de revenir
sur cette explication. Mais voicique les travaux de MM Spea-
ceretHiltenont révélé l'existence de classes matrimoniales
urbanisées autrement que celles dont nous avons eu à nous
occuper. Ce n'est pas à vrai dire que cette organisation soit,
jusqu'à présont, restée entièrement inconnue. Quelques
savants t'avaient déjàsignalée. mais dans des notes éparses et
d'après des inforuMtions qui n'étaient pas toujours de pre.
mière main'. Au contraire, nous avons dans l'ouvrage de
Spencer et Cillen une étude d'ensemble, faite sur place par
des observateurs d'une compétence éprouvée. H s'agit de tri-
busquicomptent huit classes, soitquatre par phratrieau lieu
de deux. Naturellement, la population est répartie outre ces
huit classes d'après des principes différents de ceux que nous
rappelions tout à l'heure. Ou comprend aisément l'intérêt
qu'il y aurait à savoir d'où peut provenir cette organisation
spéciale. Comme elle joue un rôle considérable dans le sys-
tème des interdictions matrimoniales, celles-ci ne peuvent
être expliquées qu'autant que le problème des classes est
résolu. C'est donc, au fond, de laquestion de l'exogamie qu'il
s'agit et on sait quelle en est l'importance.
Déjà, dans leur précédent ouvrage. MM. Spencer et Gillen
avaient signalé cette organisation chez les Arunta. Les classes
matrimoniales y sont, en effet, au nombre de huit, réparties
de la manière suivante entre les deux phratries
)'HMTM)K)1 )'MMAT)t)K
U

Panunga «––M < PtHe)&.


( AppungertN
< KuKxnt.
( BdUMM < Umbitjtna.
t UkMt-tt *<––K< fogat)*.

Le principe fondamental est le même que là où il n'y a que


quatre classes deux générations successives appartiennent
à des classes dinérentes etles classes alternent avec les géné-

i. Vuirsur< pointUowttt.t'<«'</<f<- .u/e~ on ?< /(tM<<'a<t<t<t


classeslu
Journalc~~Ae~)~)-o~o~)'<-(<< /H~f~<<, )M8,p. <t MaUMwe, Wombya
Of~aKhatioM e/' </« Auslralian~to-t~MM,N.8. vol.2, p. Mt; dutnttHe.
MoMoM of Sentety~< ~<M<r<!<«tH r)-<tM.Ibid. p. «S et Preced.Amer.
Philos.~c., Phitadctphic. vol. XXXVII,p. <6t.t5:,ainsique Journal
ft~. Soc. S. <)'~<M. vn).XXXt).p. ?), XXXXt.p. 4Het suiv.
Le:!infonnaho)~dt:MowiH et du Mathews ne cotnc!dentpas, au moins
!.arun p~int.av<;t'celleide SpetM'or et Gi))<!t).
Sous reviendronsplus
loinsur f'c<)'?<Mcun) «t su si~niMctttton.
K. DCHKHMM. f'tt'iAKtSATtOS MATHtMO'OAL)!
AUiiTHAUNfNK 133

rations. Ainsi comme, )ci, les enfants sont de la phratrie de


leurs pères, les enfants des hommes Pauunga font partie de
la phratrie 1; seulement, ils ne sont pas eux-mêmes des
Panuuga, mais des Appungerta, taudis que les enfants des
hommes Appuugerta reprennent le nom de Panunga et le
tout revivre; et ainsi de suite indéfiniment. t)e mémo. les
hommes Butthara engendrent des Ukoaria et les hommes
L'knaria donnent, de nouveau, naissance à des Butthara oux-
quels succéderont de nouveaux Uknaria. Dansla phratrie !t, te
même rapport unil les classes Purula et Kumara d'une part,
Fmhitjana et Vngalla de l'autre. Jusqu'ici, le système parait
simple. On voit, en effet, que huit classes se groupout deux à
deux, de manière à former quatre couples, de deux classes
chacun, soit deux couples dans chaque phratrie. Chacun de
ces couples se recrute par soi-mêmeet d'une manière indé-
pendante. C'est ce que nous avons essayé de rendre sensible,
dans le tableau ci-dessus, eu réunissant par une accolade les
deux classes qui ge succèdent l'une à l'autre à chaque généra-
tion et qui, par leur association, forment un groupe M<sww).<.
Tout parattse passer en somme comme si, au couple uniquedo
deux classes, qui constituait primitivement chaque phratrie,
était simplement venu se surajouter un couple nouveau qui,
formé de la même manière, soumis aux metnes règles, fonc-
tionne parallèlement au premier.
Mais, en réalité, ce premier aperçu est incomplet. S'il y
avait eu seulement addition d'un groupe nouveau de deux
classes dans chaque phratrie, le principe de la réglementa-
tion matrimoniale serait resté le mémo.Or, en fait, it a varié.
En enet, sous le système des quatre classes )<? AowMf~Mf
~t'fH~'fPfOfpCMfpt'fH~'f /f'M<M)C<jfKff/atM IciC/<MiK'~M<«~')<~
Mfeccelle dont/«!< ~'<<f <«mf<'<Soit A et Bdeux classes qui,
dans ce système, ont le t'onnxM«w;A) celle qui succède & A,
B. celle qui succède à B. Si mon père est de A, nécessaire-
ment mamère sera de B moi je serai de Ai et par conséquent,
je ne pourrai épouserqu'une femme de Bi La manière dontse
contractent obligatoirement les mariages dans ces conditions
pourra donc être Uguréc de la façon suivante
A~.–)} D
"II,

Lestteches n'unissent t'unea l'autre les classesqui ont entre


elles tecoMKMttMtH.Maisil nenestptus ainsi chez les Arunta,
i2t L'AXS~KSncmLOGt(jL'K.tM.t'Jt)t

commele montrele tableaude la paget~ où nous


avonsego.
lementreliél'une à l'autrepar une Hèchetes ctassesqui
peu-
ventcontractermariage.UnAppungertaest toujoursfttsd'un
hommePanungaetd'une femmePurula; il devraitdonc.si le
principeordinaires'appliquait,épouserune Kumara; carla
classeKumaraest cettequi alterneavecla classePuruladont
fait partiesa mère.Or,en réatito,te mariageavecuneKumara
lui est interdit; il < ~pHMa'a< <«'rc/<crM femme~ox /<-
couple</<- classesOM~)t<'<
sa m~f n'appartient pas, à savoir
parmiles Umbitjana.Pour la mêmeraison, un Kumara,fils
d'un Purula et d'une Panunga,épouse,non pas une
Appun-
gerta, mais une Rutthura.D'une manière générale, si nous
appelonsAA,,MB,.CC,,DD,les huit classesde la tribu 'une
mêmelettre, différenciéeà l'aide d'un indice, servantà dési-
gnertes deux classesd'un mêmecouple),le tableauschéma-
tiquedes relationsmatrimonialesprendra la formesuivante:
'f'" t~S, 8
4 Couple
~C<P'~ é

Larèglequi présideu cesunions peut être formuléeainsi


deuxclassesd'MKMt~mCCOM~~ ontleCOMHt<<«)<nt
acpcdeuxC/aMM
~crmt'M~M <'0t<<re phratrie; maisCMafKj'c<«MM ressortis-
selltddescoMp/M a<et)<< decettenx'm<'phratrie.Siteshommes
de A vont chercher leurs femmes dans le couple 2, les
membresde A. ne pourront s'unir qu'à une classe du
couple4.
Tant que cette organisation,si curieusement complexe,
n'avaitété observéequecheztes Arunta, on pouvaity voirun
cas rare, presqueanormal,du à une combinaisonde circons-
tances exceptionnelles.Mais dans leur nouvel ouvrage,
MM.Spenceret Gilleunous apprennentque le mêmearran-
gementse retrouvedans tes tribus septentrionales,chezles
Warramunga,tes Worgaia,tes Tjingitti,tes Umbaia,les Bin-
gongina,tes Walpari,tes Wulmala, tes Gnanji,tesBinbinga,
tes Alloua,tes Anula, tes Mara et, très probablement,chez
d'autres tribus de la côte ouest du golfede Carpentarie.Les
nomsdes classes sont différents;maiselles sont
composées
diapréstes mêmesprincipeset la réglementationmatrimo-
niale est strictementconformeau schéma ci'dessus. Nous
noustrouvonsdoncenprésenced'uneinstitutiondontla génë-
ratitédémontrel'importance.
K. M'nKHMM. "K'iAXfSATfOX MAT)<)M"X!AH! AUSTMAmNX)! i!5

Toutefois, si nous en croyons MM. Spencer et Gitten, cette


generatite serait moins grande que nous ue venons de le dire.
D'après eux, les classes matrimoniales ne seraient pas organi-
sées sur les mêmes bases et ne fonctionneraient pas de la
même manière dans toutes les tribus que nous venons de
nommer. L'organisation des Arunta. telle que nous l'avons
décrite précédemment, se retrouverait bien chez tes Warra-
munga, les Worgaia, etc., mais nonche:!les Anulaet tes Mara.
Ces derniers auraient un système spécial, qui demanderait it
n'être pas confondu avec celui des Arunta. Il importe de
rechercher si cette distinction est réelle. Car, s'il fallait vrai-
ment admettre l'existence de ce troisième type, les données
du problème en seraient changées.
Au premier abord, la différencesemble très marquée. Eu
effet, dansla langue des Mara, comme dans celle des Anula,
il n'y a que quatre noms de classes, et non huit. Est ce à dire
que le système qui y est en vigueur soit celui des Kamilaroi?
Nullement, car il présente (ou paraît présenter) une particn-
tarité qui ne se retrouve ni chez les liamilaroi ni, d'ailleurs,
che!! les Arunta. Chez tous ces peuples, qu'ils comptent
quatre ou huit classes, la règle fondamentale est que, si les
enfants sont de la phratrie du père (on de la mère là oil la
liliation est utérine), ils sont d'une classe difterente. Or, ici,
ils appartiennent a lu même classe. Ainsi, chez les Mara, les
quatre noms de classes sont repartis de la manière suivante
entre tes deux phratries.
Xomt d<*<'-hhM-i. XmtMdm c).t«t-

I~Irr,rlrir
Il'11rl~ t'rku illturululi.
ti- r l'urdnl.
Q lU .11 1Kuil1J.
~Olll"
~r'
.J~oC
c.II't"I!1 !S'-

Ur les enfants d'un Murungun sont eux aussi des Mnrun-


gnn; les enfants des Mumbati sont des Mumbati. Le principe
si essentiel de l'alternance desclasses suivant les générations
semble donc être ici sans application.
Mais,en premier tien, de l'aveu mêmede nos auteurs, cette
différence est beaucoup moins marquée qu'il ne paraît à un
premier examen. « Une observation plus attentive, disent-ils,
révèle que, chez les Mara et les Anula, chacune des quatre
classes est, on réalité, composée de deux groupes distincts e
Ainsi, il y a deux groupes ditîérents qui portent le nom de

t..Vot-</«'ft)
!'t-)tM.etc.,p. i)*
)!0 L'ASIE MCMt.outQfE.MM.tMt

Muruuguu chacun de ces groupes a sou unité, sa physiono-


mie propre, son individualité et constitue, eu fait, une classe
spéciale. Maigre l'identité du nom, les indigènes distinguent
nettement les membres de l'un et les membresde l'autre. La
même dualité se retrouve citez les Mumbati, les Purdat et tes
Kuiat. Maigre les apparences, il y a donc bien chez les Mara
huit classes comme chez les Arunta.et il eu est demême chez
les Auuiu.
Et cependant, malgré cette identité numérique. nosauteurs
persistent à affirmer ta distinction des deux systèmes. Après
avoir reconnu la reatit6 de ces huit classes, ils ajoutent
« Cependant, la division des groupes et les arrangements
matrimoniaux dinereut entiercmeut '< <~t«f<' ~<'t'<'Kt)de ce
qu'on observe dans les autres tribus. Cette affirmation nous
parait inexplicable; nous allons montrer, en effet, que, sous
la reserve d'une simple différence verbate, les deux systèmes
sont parfaitement identiques. Pour faire cette démonstration.
distinguons i'une de l'autre, a t'aide des lettres x et k's deux
ctassesquiportent fememenom;c'est, d'i)itteurs,).\)M. Spen-
cer et Citten eux-mêmes que nous empruntons ce mode de
représentation. Ces dénominations une fois adoptées, les
relations des classes et la réglementation matrimoniale peu-
vent être figurées de ta manière suivante
)'Ht)AT)()K
M. PHHATHtE
!«.

,““ MuronKunx'<––M ~'Mrdu)t


Mumngu.. "'ur<)u).:
-<).<< "tli!d ~)..
Mu,)i ~–– 'Kuh) !<

Il suffit de comparer ce tableau avec celui de la page f~t


pour constater que la ressemblance est parfaite. Chaque
phratrie est composée de deux couples formés chacun de
deux classes qui se succèdent l'une à l'autre comme les
générations. Les enfants du groupe Murungun x appar.
tiennent au groupe Muruuguu tandis que leurs enfants
redeviennent membres deMurungun x comme tours grands-
parents et il eu est de même de MumbaH par rapport
a Mumbati x, de Purdat x par rapport à Purdal ~t, etc.
C'est ainsi que, chez les Aruuta, les Pauunga avaient pourl'
enfants des Appungerta dont les enfants redevenaient l'a-
nunga. D'un autre côté, les mariages sont exactement réglés
d'après le même principe. Detu-classes<f'MKm~mecoxp~Mefox.
UATMtMUXtAt.E
ti. OLHKMEtM.– unUA'<).<AT)OK At'tTHAUKXXE<Z7

<)'«fff«< r<~)t<<fweMtJf H<<[n'f«/M~M'<!f<'<C<«MF<! <M<H!t'nA'<


(<<'<'(f«/<'f <))«/.<
~At'(t<<'«', <«' n'M"<'<"M''H< f/MCOM~fM f/<<VK~.
MurungUMa épouse l'urdut pur suite, l'autre classedu pre-
mier couple, Murungun {i,ne peut épouser Purdat l'autre
ctussedu second coupte, mais ne peut s'unir qu'a une clusse
du quatrième couple, à Kuiat et il en est ainsi des autres.
Nousavons vu que c'est la même règle qui préside aux com-
binaisons matrimoniales des Arunta. ti uousest donc impos-
'iibto de comprettdrc la proposition suivante de MM. Speucer
et Gilleu « Un trait remarquable de ces deux tribus (Mara
et Auuta) est que, si l'un prend pour exempleles Murungun,
les ttonmes d'un des deux groupes qui les composent Mpou-
saat les femmes d'une moitié (nous dirions d'un des deux
couples) de l'autre phratrie, le second groupe prend ses
femmes dans l'autre moitié (c'est-à-diredans l'autre couple)
de ta même phratrie Ce caractère soi-disant singulier est
commun à toutes les tribus à huit classes.
La seule dinerence que l'on puisse relever entre les deux
systèmes porte sur ta terminologieemployée.Citexles Arunta,
Warramungu, etc., les deux classes qui composent chaque
couple et qui alternent l'une avec l'autre portent deux noms
ditlercnts Panunga et Appungerta, Uknaria et Butthara,
Purula et Umbitjana, Ungatta et Kumara. Chez les Mara et
chez les Anula, au contraire, un mêmeterme suflit a designer
l'une et l'autre. Si les honnnes d'une génération sont des
Murungun, ceux de la génération qui suit seront appelés du
même nom. Maisnous avons vu qu'en dépit de cette dénomi-
nation commune,tes deux classes sont parfaitement distinctes
puisqu'elles sont soumises il des interdictions matrimoniates
toatà lait différentes. Le groupe où tesmcmbres de t'UMepeu-
vent et doivent contracter mariage est sévèrement interdit a
l'autre, et réciproquement, tt est, sans doute, curieux que
cette dualité incontestable ait pu s'accommoderd'un vocable
unique: mais cette particularité, purement extérieure et qui
ne touche en rien au fond des choses, ne saurait évidemment
suffireà différencier les deux institutions.
II yMcependant un fait dans lequel MM. Spencer et Gillen
croient,trouver une preuve de leur opinion. On sait que les
mariages sont parfois assez fréquents entre deux tribus voi-
t.ot'</tet'« !*t-tAM,
t-t< p. );!)).Pourn';paschangernotretcrmtno)'
I)OUE
uuus
nuM CMtptuyu));! le mntJe
c/lipluyulI>I
eu~pluyon~s te moldo?t~lrrutrlrx.
fontdt' pbrall'll's.
pbmtth's. lesdeux
lexdeux
desi~net'
ppour
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déxlgnur
h*jtdfu.t mollles
I)JOjtjés
tMoXMs dde
dfe lu
ht
tribu,Mfn'jtt'i)outoit pa!ititnptuyt:-purMM.Spencer etCmen.
<28 L'AXXËK )MM.t9t)t
SOCtut.ûUtQCN.

sines. D'autre part, comme, dans ces sociétés, hommes et


femmes sont rangés. étiquetés, quant au mariage, en des
groupes déterminés qui ue peuvent s'unir que suivant des
règles rigoureusement dénnies, ces mariages entre tribus dis-
tinctes ne peuvent avoir lieu que si un ensemble d'équiva-
lences est établi eutro les cadres sociaux d'une de ces tribus
et ceux de l'autre; c'est à cette condition qu'un homme qui,
dans sa patrie, est de telle phratrie et de telle classe, saura
dans quelle classe, dans quelle phratrie it peut aller chercherr
femme, s'il se marie a l'étranger, et aussi de quelle phratrie.
de quelle classe feront partie ses enfants. Quand l'organisa-
tion matrimoniale des deux tribus est identique, au moins
dans ses lignes essentiettes, ces équivalences se déterminent
d'eites'mémes; elles résuttout de la force des choses. Il n'y
a qu'à assimitor les groupes qui se correspondent, c'est-
à-dire ceux qui sont composés d'après les mêmes règles
et dont les fonctions sont semblables. Maissi les deux sys-
tèmes reposent sur des principes différents, il faut bien alors
qu'une convention les ajuste l'un à l'autre; ce qui implique
que l'un d'eux tout au moins (sinon tous les deux) est modi-
fié, altéré sur certains points, en un mot, reçoit, pour ces
usages internationaux, une forme différente de celle qu'il a
dans la vie intérieure de ia tribu. C'est notamment le cas pour
les mariages qui ont lieu entre les Arunta et les Urabunna.
Chez ces derniers, ta filiation est utérine, c'est-à-dire que
l'enfant est de ta phratrie maternetle; chez les Arunta, an
contraire, sa phratrie et sa classe dépendent do celles de son
père. Pour adapter l'un à l'autre ces deux systèmes diver-
gents, une réglementation spéciale est intervenue c'est une
organisation x<«te des phratries et des classes Arnnta qui
sert de base aux arrangements matrimoniaux qui se con-
cluent entre ces deux tribus'.
Or, d'après M.MSpencer et Gillen, ce qui montre bien que
le système des Mitraet des Anuta est très différent de celui
qui sert dans les tribus voisines, c'est que ce dernier ne gar-
derait pas sa forme normale toutes les fois où il s'agit de
régter un mariag« avec un Anula ou un Mara. H recevrait
alors une déformation caractéristique, due précisément à ce
fait que ces deux sortes d'organisation ne sont pas directe-

i. Ontrouvom les <))'tat)sde cetteorganisation spOeiateau tomeV, p. <M


der~t!)t<ttO<'M<O~M.
H. DUMKMBtM. OMAKtSATMK MATtHMÛNtALK
AUSTHAURSXE )3tt

ment assimilables. Malheureusement, il nous est absolument


impossible d'apercevoir en quoi consiste cette prétendue
déformation. Le9 deux systèmes se superposent naturelle-
ment, d'eux-mêmes, sans qu'il soit nécessaire de faire vio-
teuce à aucun d'eux pour rendre possible cette coïncidence.
Les équivMtoncesétablies entre eux respectent les
principes
constitutifs do l'un et de J'autre, précisément parce que ces
principes sont tes mémos. C'est ce que démontre le tabteau
suivant où le système des Atara est mis en regard de celui
des Biubingal(tribu voisine que MM. Spencer et Gillen pren-
nent comme exemple) et on l'on peut voir. en même
temps.
quettes sont les assimilations admises dans tes cas de ma.
rittges internationaux.
t" t-MBATMt: ))' t'MMTUttt

C)!MM (:)M«'< ).tMM< ChtM-t


tt)ttrit<KHti<t)<-< t«jmt!t<-< mtMammtttn Mtinxtfct
d<M<!U<!);.t. th-tittrtt. dt~Nubi))! dM))«n.

1
If' "=' fi.<
11urunRuil l'mùnl« ,'l i I"UUIII.
t1'tugerigaji
S.j. Tjatucrun
}
.1' rouille a .1 \lIa,i liuial..1
TjuhlUljuka
)1"1II1"t., .c
'1,1.

Ainsi, quand un Uinbinga de la classe Tjuanaku ou do io


classe Pungarinji va se marier citez tes Mara, il est assimile
A un Murungun tes anciens déeideut, suivant les circons-
tances, dans lequel des deux groupes, Murungun x ou il
doit être classé. S'il est considéré comme un Muruugun x. il
prendra pour femme une i'urdat x et ses enfants seront
Murungun p; s'ii est lui-même rangé parmi ics tturungun
il épousera une Kuiai et ses enfauts seront Murungun x
fvoir le tableau do ta page HM).Demême un l'aliarinji ou un
Tjutantjuka deviendront des Mumbati soit < soit ;i, etc. Or ces
équivalences sont parfaitement naturelles et conformes aussi
bien au système des Binhinga qu'à celui des Mara. En etîet,
chez les Binbinga, tes deux classes Tjuauaku et Pungarinji
forment un coupie; elles atterneut l'une avec l'autre; les
enfants des Tjuauaku sont des Pungarinji et les enfants de
ces derniers sont de nouveau des Tjuauaku. Cesdeux classes
se recrutent donc de la même manière et soutiennent l'une
avec l'autre tes mêmes rapports que tes groupes Muruuguu x
et Onen pourra dire autant de tous tes autres couptes. ))
est donc impossible d'apercevoir quelle modificationa subit'
– Année sociol., <90S-0<.
H. Dt.-MNZttt. 9
130 ).'AM«h!!iOCtOU)QtOUE.<«H9tM

J_- l'L~ _r.x.


l'organisation desBiubinga pourpouvoirs'adapterA cette des
Mara. L'harmonie s'établit d'ette mêmeparce que les deux
organisations sont parentes.
Ce qui paraît avoir iuduit MM. Spencer et Gilleu & cette
erreur, c'est qu'ils ont posé comme unn vérité d'évidence que,
chez les Binbiuga, les deux classes Tjuanaku et Tjutantjuka
forment un groupe nature!, un corps doué d'une certaine
unité tnoraie; et il eu serait de même respectivement des
classes Patiarinji et Punganrinji, Tjuruium et Thungattum.
Tjamerun et Yakomari Or,dans le système des équivalences
étabti pour les mariages internationaux, les classes qui nous
sont ainsi présentées comme étroitement parentes sont. nu
contraire, séparées, rangées dans des couples distincts, assi-
mitéesàdesctasscsMaratouta faitdiftéreutes parexemple,
les Tjuanaku sont considérés comme des Murungun, it's
Tjutautjuka, au contraire, comme des Mumbaii. ti semble
donc que toute la structure de la société Binbinga ait dû être
bouleversée pour rendre possibles les unions entre les deux
tribus. Mais ia manière dont sont effectués ces groupe-
ments, prétendus naturels, est, en réatité, tout à fait arbi-
traire. La raison que l'ou donne pour associer étroitement
Tjuauaku etTjuiantjuka, par exemple, et pour en faire deux
classes inséparables, c'est qu'elles ne sont que des fragments
d'un seul et même groupe initial ;qui, à un certain moment,
s'est scindé en deux parties. Le fait, en lui-même, n'est pas
contestable ainsi qu'on le verra plus loin. Mais, pour qu'on
puisse unir ces classes aussi intimement, il ne suffit pas
qu'elles soient jadis dérivées d'une même souche Il faut
encore, il faut surtout étabiir qu'il existe entre elles des liens
juridiques, ou tout au moins moraux, d'une force et d'une
intimité particulières et que méconnaîtraient les arrange-
ments inter-tribaux dont nous venonsdeparier.Or.danst'état
actuel de nos connaissances, rien n'autorise une telle hypo-
thèse tout même la contredit. En effet, ces classes appartien
nent à des couples différents qui, par conséquent, ainsi que
nous l'avons montré page i84, fonctionnent, dans une large
mesure, indépendamment l'un de l'autre. II n'y a, entre elles,
que des rapports de parenté très éloignés l'une contient
les grand'mères maternelles de l'autre. On ne voit donc pas
en quoi consiste l'intimité, la solidarité attribuée à ces

i. Op.cil., p.it7.tt!
K. BURKttKtM.– OHCAStSATMXMATMtMOKtAM
AOSTMAt.tBN'O! <3t

deux classes'. Tout au contraire, s'il en est que l'ou ait


)e droit de considérer comme difficilement aeparabtes, ce
sont celles qui se trouvent rapprochées en un tnûnte couple
dutis le tat)tc:m des ~fjuiv!))pttce!' ttttemxtiotMtes,Tjua'
uuku et Puttgarinji. pi))' exemple. L'une, en e)Tet,coutient
les eofottts de t'autre et t-t'oproquetnext. Aussi o~t'eHes,
contme nous le verrons ptus loin, tes tnemes totems. KHes
sont donc bleu les deux parties d'un tuemetout les mem-
bres de i'nNe et de i'ttutre sont itssoei6sda))!iune tnetne vie
poHtique et religieuse, Par conséquent. il est tout nature! de
tes voir, dans le système des mMriugesinter-tribaux,désignées
par la dénomination commune de Murunguu'. 1.

i. Nous verronsmêmeque cette scif~onaeu pouroitjetdefeparerausst


radicaietncntqaepossiitic,de rendrereiinicust'tnentetrangeres i'une ai'auttt*
les deu< parties du groupeinitiul qui s'est ainsidivise.
S. Nous avons dû itisister sur mtte questionparce que MM. Spencer et
Uiiienont cru pouvoir tirer de leur tit'~e sur M pointparticulier un argo-
tuent contre une titeorie f[ue nous avons suutenuedans )'/(KH<'e et qm' le
))r<'s<t)t va
tntvaU <'on(i)WGf.
))!Hti)xutre articlesur le ?'o/<'m))tMte(~MH<'< ta'-)' V.p. M),nous avtom
Ojs<ty<! <)<'d)!tnotttrur')<)<;
c'rtain' pat'Ucuttrjtfscttnidefii'ti'jac!)do t'orfjtt-
survenudans te Mtf)d(!
ni!tt<.ionAranta)''e.'[))U')ua)<'ntp<n'u<tcha))t{"tMt!ftt de
filiation qui aurait cuttttm'nceparf-trouMfinepourse faireensuiteen ligne
paterne)))) et nuuso-oyfon!!avoirh'ouv<;uneprouvua t'appui duct'ttM<?)!.
''ation da))ftf'' syst~fued'Kqu)va)<'n<:t' tn~t'itHooiatct<!ta))ti<'s uMtrcArunta
t't Ut'itbutttm.t<ou<avant!montre,ctt <)ret.<jttu,<)aM!! ces titat'iaxfs de tribu
)'<tribu, les Aruata t'taifnt cet)st!<<)rf;ttnit:u!t
).a)'fa t)MM du t<tOtiationutc-
t'hto; or il )tott<pttfaissait itopoMtbk*<)Mu t'fd~;d'utte or);ani!!)tttut). aussi
dhKt-fnhi'to celle qui esl actueUententf't) v!nut'ar.eat pu nattrx ot so faire
accepter, si. )i ca tftuotent.fcs Arutttane l'avaientef~ctiventcntpratiquée.
Nous voyioosdonc dans te ityst~touqui <){iH' tuariws )nt<!r-tribau)f an''
un
sarvi vaneM, vstij~ d'un ant~rfeuf.
x)st';)))e pun'tueututérin, <)Ut iioserait
traMforxtë pour tout ce qui concerne tes rt'htionsintérieuresdo la tribu,
tf)ai<se seMit tMaint';nadans tes reiatiuns intft'nationaiesoù 0 gardait,
d'ai)i''urs. UMt:rais'xt d'être.
Or, suivant MM.Spenceret Hii)en,si t'on tpptiquait)e tn~moraisonne-
tocnt au< rapj'orts des Mara et des Hinhingt,on arriverait&une conclu-
sion uiMurdequi démontrerait l'erreur de notretitese.Kn ef!et, dkent-iis.
o tos Maritont detiMretucnt )trntnK<!les datses dos XinbinKapour tes
adapter a un sysh'nte du descendancepa.temdiedirecte(nosautouM apput-
lent ainsi iu système où i'eofant t'st non seuiotxentdit la piiratrie,tnais de-
lu ciasse de 80n père. systèmequ'ils croientobserverchezles Mara) c'est
e)factun<entde la tnenx)manière que tes Urabnnnaont arra))~ les classes
des Arunta pour les adapter 4 leur système do descendanceuttihne. 8i l'on
appii~uait le raisonnementde M.Durttheitnau casdes Minbinga,on devratt
conclure que tour organisation est dérivée d'tmcautn*.plus ancionne, où
la desot-ndanceest etaMiodirectementon lignetoaseuiine(Mi-disantcomme
t'hezics Mara).Or l'organisationdes Binbingaet ceiiedof Aruntasont iden-
tiquet aux dénominationspr~s. Nousaurions dont uneseuieet tneme orga-
niMtiondérivée,au 8ad du continent(chezlesAranta),d'un syatAmeutërin
<'t,au Nord (chezles Mant),d'un syttetxe à descendancepateraeitedirecte
J32 ).X)!E tM3t.)Mt
MCMLOGtQCE.

111

Maintenant que nous savons en quoi consiste cette organi


sation matrimoniule et qu'oiie ne comporte pas deux types
irréductibiea, il nous reste à eu rechercher les origines.
Un premier point peut être considéré comme acquis c'est
que le système de huit classes est dérivé du système de quatre
classes. En effet, nous savons que, chez les Arunta, te
second a précédé le premier. Même. chez les Arunta du Nord.
ii n'y a que les quatre classes initiales qui aient des dénomi-
nations distinctes'. C'est quelque chose d'analogue à ce que
nous venons d'observer chez les Mara Dans les deux cas, ia
terminologie employée porte encore ta marque de ia primi-
tive division par quatre.
Mais d'où peut provenir ce dédoublement? Si Fon se
rappelle que, partout où on l'observe, on rencontre en même
temps une interdiction matrimoniale nouvelle, qui n'existait
pas dans le système de quatre classes, on est en droit de se
demander si ce n'est pas cette interdiction qui a nécessité ce
dédoublement. Et il est, en effet, aisé de comprendre qu'une
exigence nouveUe de la réglementation matrimoniale peut
avoir cet effet. Représentons-nous une société à quatre classes
seulement, A et A., B et B), telles que At soit composée des
enfants des hommes de A, B, des enfants des hommes de B.
L'organisation de cette société, ainsi que nous l'avons vu,
peut être figurée ainsi
t .–t B
A..– B,

ft). tN. note). Ce qui serait t~'idenunant contradictoire et tb<U)'de.Le nmt-


heur est que, chct les Binb)af;!i.n n'y a ça nul ~rran~etnent comptutbte
à celui(lue l'on observedans les reittiotXientre ~funtaotUmbantM. ).'of-
ganisation des Binbinga n-sto dans les rapports iatet'-tribMï co'ja'ctte est
dans la vie inMriea)mde la tribu.
<. Voir?)<'« Tribes</ CM<r<!< ~<(~<n!~<t,p. 72.
Aveccette différencetoulefolsque, chezles Dinbinga,les quatre <)t'no-
minationsprimitives ne sont pas employéesde la mttne manièreque chez
les Aronta. Chezcos derniers, chacun des quatre noms originelsdésigne,
outre la classe & laquelle tt était affeeMdès le principe, celle qui en est
d'Mv'e. Chezlos Binbingt, les doux ciMses ainsi réunies sous une mttne
tppetttUun sont celles qui allernent l'une avec i'autre et qui composentce
que nous avons appelé un couple. Au font), c'est cette mMiere difMrente
d'utiliser la terminologieInitiale qui fait la difrercncedes deux systèmes.
E. M!KK))K)M.– «Kf'AXt-AT'OK MATHtMOttAU!AMTK.tL'ESXK t3M

A s'unitAHet A, à H..– Maisqu'uneraisonquetconque


surviennequi fasse apparattrocommeimmoral,Illicite, le
mariageentreA.et M.,et il faudra bienrecourirà une autre
organisation;sans quoi tout mariageserait impossibleaux
{{eusdo A, et aux geus de B.. puisqu'illeurest déjà interdit
de semarieret en A et on B.Par suite,le recrutementmôme
de ia sociétése trouverait arrête, puisqueA ne se recrute
qu'avecles enfantsde A. et B,avecles enfantsde B. Pour
prévenirce résultat, it sera donc nécessairede faire appa-
raitre des groupesnouveauxoù AI d'un côté,B. de l'autre
puissentcontracter mariage. Or, c'est précisémentcette
situationquecréel'interdictionnouvellequi apparaît avecle
dédoublementdes quatre classesen huit.Nousavons vu en
efïetquecette interdictionpouvaitseformulerainsi quand
deux classesA et B ont le conttM/MM),lesclassesAIet Bj,qui
alternent respectivementavec les précédentes,lie peuvent
passe marierentre elles. Dès que cette règleest établie, on
se trouvedoncdans une impassedont il est impossiblede
sortir autrementque par un réarrangementde la société.
Maissi l'on commenceainsi à entrevoircommentcette
prohibition,unefois reconnue,a pu nécessiterla créationde
classesnouvettes,il reste à expliquercetteprohibitionelle-
même. D'oùvient cette sévérité nouvetieeu matière de
mariages?–Nous allonsmontrerqu'elleestdueà la grande
transformationsociale qui a eu pour effetde substituer le
principede la filiation masculineau principede la filiation
utérine.
En enet, représentons-nousbien commentsont composées
les différentesclasses sous le premierde ces systèmes;et,
pour simplifiert'expositiou,supposonsqueje soismoi-mcme
membrede la classe A,. Puisque l'enfant appartient à la
phratrie deson père, maisà l'autre ctassedecette phratrie,
mon père ne peut se trouver qu'en A. D'un autre coté,
puisqueleshommesde A no peuventépouserque lesfemmes
de B, c'est en B que se trouvema mère.Naturellement, c'est
dans ce mêmegroupe que sont aussi tousles frèresde ma
mère; et on sait combien sont nombreuxles individus
auxquelss'appliquecette dénominationparsuite de l'accep-
tion infinimentlarge qu'ont, danscessociétés,les différents
termes qui expriment les rapports de parenté.Je donne le
nomde mère,en euet, nonpas seulementà la femmequi m'a
engendré, mais& ses sœurs, ses cousines,etc. Le mot de
t34 L'ASSIS 90CMLOO!QOE. tMS-lMt

1~1.v. -1 _n_1.
frèresn'a pas une moindreextensionet le groupeformépar
lesfrèresdesfemmesquej'appellemèreest trèsétendu.Puis-
qu'il font partiede la classeB, leurs enfantssonten B.. Ue
sorteque je ne pourrai me marier dans la classeB. que si
rien ne s'opposeà ce que j'épouseune ntte (ou un fils)des
frèresde ma mèrehfo wn~x.Maistous leshommesque ma
mère appelleses frères ont Nécessairement le mêmetotem
qu'elle;et, puisquele totemse transmet,par hypothèse,ainsi
que ta phratrie,eu lignepaternelle,les enfantsdes frèresde
ma mèreont, eux aussi, le totemmaternel.Ainsila classe
H. comprendun grand nombre d'individusqui portent ce
totemet nousarrivons,par conséquent,à la conclusionsui-
vante je ne puis me marier régulièrementen 13,que si rien
ne m'interditd'épouserune femme(ou un homme)dont le
totemest identiquea cetuide mamère.
Sousle régimede la filiationmasculine,i) sembleque ces
mariagesdoiventapparaltre commeparfaitementlégitimes.
Eneffet,le totemde ma mère n'est pas alorsle mien,puisque
je reçoismontotemde mon père or le totemne faitobstacle
au mariageque quand il est communaux époux.Maisil en
va toutautrementsi, commenousle pensons,ce systèmede
filiationa étéprécédéd'un autre, qui a peut-êtreduré pendant
dessiècleset où,tafiliationse faisantpar les femmes,t'entant
était de ta phratrieet du totem de sa mère.Tant que cette
organisationétaiten vigueur,le totemde mamèreétaitaussi
le mien et, par conséquent,en vertudu principequi vient
d'être rappelé,je ne pouvaisépouserune femmede ce même
totemsanscommettreun inceste. Si donc,pendant si long-
temps,le totemmaternela marquétous ceuxqui le portaient
d'un sceau particulierqui les rendait matrimonialement
tabous par rapport à moi, si la violationde ce tabou a,
pendantune longuesuite de générations,soulevédans les
consciencesce mouvementde dégoût et d'horreur dont les
unionsincestueusessont l'objet, un conçoitsans peineque
ces sentimentstraditionnels, ces répugnances invétérées
n'aient pas pu s'évanouir par enchantement,du jour au
lendemain,par celaseul qu'un nouveaumodede filiationfut
adopté.Lefait que i'état civilet religieuxdesenfantsn'était
plus établi d'après le mêmeprincipene pouvaitsuffirepour
transformermiraculeusementuue mentalitéaussi fortement
constituée.Les préjugés, consolidéspar un si tong usage,
survécurentauxcausesqui les avaientengendrés,et letotem
K. COMtiHBtU. OMASMATfON MATtUMOXtALE
AMTHAUBNiO; iïS

maternel,conservantquelquechosede ses ancienscaractères,


continua&engendrerh mômeinterdictionmatrimonialeque
par !o passé. Par suite, ia consciencepublique résista à
admettreque tes gens de A; puissentdésormaisépouserceux
de Bi, et eotnmeils ne pouvaientse marierdans une autre
classe, tout mariage leur devenaitimpossible.La situation
était nécessairement)a mêmepour les gensde B,. Eu défini-
tive, la substitution de ia filiation masculineà ta filiation
utérine eut pour effetde cumulerles interdictionsmatrimo-
niales dues au premier systèmeavec ceiiesqui résuttaient
du second,et de rendre ainsi les mariagesimpossibles.Sous
le régime utérin, on pouvait se marier dans la phratrie de
sonpère, maisnondans cellede sa mère.puisqu'onen faisait
partie. Sous le régime nouveau, au contraire,la phratrie
paternelle devient interdite puisque, désormais,on en est
membre; malheureusement,l'accès de la phratrie mater-
neiie n'est pas rendu libre pour autant, maisreste défendu
par les idéeset les sentimentsqu'a léguésl'ancienneorgani-
sation. Et ainsi tous les débouchésmatrimoniauxse trouvent
fermésà toute une catégoried'individus.Le seul moyende
mettre un terme à cette situationinsoutenableétait de réor-
ganiser la société.
Commel'idée que le mariage pût se contracterautrement
qu'entre classesdéterminéesne pouvaitpasveniraux esprits
car elle se heurtait à un principefondamentaldanstoutes
ces sociétés – cette réorganisationnopouvaitconsisterqu'en
une créationde classesnouvellesqui puissentoffrirà A)et B.
la matière matrimonialequi leur manquaitdésormais.Le
moyen le plus naturel d'arriver à ce résultatétait do scinder
chacunedes deux classes Aet B en deuxparties,ou plutôt de
détacher de chacune d'elles un certain nombred'individus
des deux sexes avec lesquels on pot formerdoux groupes
nouveaux,que nous appellerons x et pour rappelerleurs
originesrespectives,niaisdetelleMWe~)«'<?n~HtM <<~M)s Me
se ~OKC<MMKf p<Hen Aet fMXd'«H<- ~'f, en Bet en de <'(!««-<
11est vraique, dans ces deuxclassesnouvelles,ni A. ni B; ne
pouvaient trouver les conjoints qu'il leurfallait; car elles
c'étaient que des fragmentsdétachésrespectivement l'une de
A, l'autre de B, et, pendant des siècles peut-être, tout
mariage avaitété sévèrementinterditentreAet Md'un coté.
AIet B; de l'autre;. il est doncnaturelque cetteinterdiction,
ainsi que les sentiments sur lesquels elle reposait, n'ai
tj), t.'AKKÉB t9M.t90t
MCt~LOtitQCK.
.111. __a
pas disparu comme par enchantement dès que la scissiou fut
opérée. Maisrien au contraire ne s'opposaità ce que lesgens de
x ne s'unissent a ceux de et de ces unions réitèrent deux
autres ciassea a' ientants des hommes de et (entants des
))onnnes de avec lesquelles AI et 1~ pouvaient, sans aucun
empêchement, contracter mariage. Ht aiusi le système de
huit dusses se trouva constitué avec la réglementation matri-
moniale qui lecaractérise.

Maisil ne suffit pas d'avoir établi que notre hypothèse est


explicative, qu'elle permet de comprendre comment a pris
naissance l'institution qui nous occupe; il nous faut mainte-
nant faire voirqu'elle est confirmée par les faits.
Elle supposeque, quand la filiation masculine vientrem-
matri-
placer lit Citationen ligne maternelle, les interdictions
moniales qu'impliquait le régime utérin ne disparaissent pas,
mais subsistent à côtéde celles qui résultent du régime nou.
veau. Or, nous pouvons constater directement cette coexis-
tence dans d'autres tribus australiennes. Chez les Narrinyeri,
le totem se transmet en ligne paternelle le mariage est inter-
dit, a ia fois, dans le groupe totémique du père et dans celui
de la mère'. Demême chez les liurnai, où le totem parait, il
est vrai, avoir disparu comme institution sociale, mais ou la
descendance paternelle est établie, tes prohibitions matrimo-
niales sont tellement multipliées que l'indigène est très sou-
vent obligé d'aller chercher sa femme loin de son groupe
natal.
Mais pour trouver des faits qui confirment cette conjec-
ture, il n'est pas nécessaire de sortir des sociétés nouvetie-
ment étudiées par MM. Spencer et Gillen. Si, comme nous
l'avons supposé, le totem maternel garde quelque chose des
caractères qui lui étaient attribués sous le système utérin,
cette nature religieuse doit se traduire sous forme, non seu-
lement d'interdictions matrimoniales, mais aussi d'interdic-
tions alimentaires. C'est, en enet, ce que l'on observe dans
toutes cessociétés.Chezles Worgaia – tout au moins dans la
partie occidentale de cette tribu le totem de la mère est
strictement taboué et il est interdit d'en manger. Chez les
Warramunga, un homme ne doit pas tuer l'animal qui sert de
totem à sa mère; il peut seulement en accepter un morceau

<~f/iut<)-~ee< p. St.
1. VoirCanow,Dis~<'(c<t')<M<o'aK"o<(OH
K. MHKttKtM. – <)K'.AK)!'ATMK MATMMOXtALR AUSTKAt.tEKSE t3f

des mains d'une autre personne; encore fout-it que cette


personne ne soit pas membre de la phratrie à laquelle ce
totem est associé. Même règle citez les Walparl. Chezles Bin-
biuga, les Mara et les Anula, il n'est permis de manger du
totem maternel qu'en très petite quantité'.
H est vrai que, dans presque tous ces cas, l'interdiction ali-
mentaire n'est pas absolue on voitqu'ello n perdude sa force.
Mais it se trouve justement que l'interdiction matrimoniale,
elle aussi, n'est pas stricte. Chez tous les peuples dont nous
venons de parier, Warrantunga, Binbinga, Mara, Anuta, il
n'est pas absolument interdit à nnindividu de se marier dans
la classe qui alterne avec celle dont fait partie sa mère. Ces
sortes de mariages ne sont pas illicites, mais ils ne sont pas
fréquents. Les femmes épousées dans ces conditionsne por-
tent pas le nom qui signifie épouses proprement dites (A'otx.
H«Kj)'« citez les Warramunga, A'fu'<H<(chez les Binbinga, etc.).
Le mot qui les désigne n'exprime qu'un rapport (le parenté
étoignee. Ce sont des mariages secondaires, accessoires
qui ne sont contractés que comme addition à un on plu-
sieurs autres mariages entièrement régutiers. La prohibition
n'a donc pas disparu; mais elle s'est affaiblie. Or, comme
nous venons de le voir, au même moment, le totem mater-
nel commençait à n'être plus considéré avec le même senti-
ment de respect religieux. Ce parallélisme mérite d'être
remarque'.t.
a" En troisième lieu, notre explication suppose que, au
moment où se produisit, te dédoublement, les totems de
chaque phratrie furent répartis de manière à ce qu'aucun
d'eux ne put se retrouver à ta foisdllus les deux couples de la
même phratrie. Deux classes qui alternent (et qui forment
précisément ce que nous appelons un couple) continuèrent
nécessairement à avoir les mêmes totems puisqu'elles nais-
sent l'une de l'autre en ligne paternelle et que les totems des
enfants sont identiques acetui de teurs pères; maislestotems,
propres au groupe formé par ces deux classes, durent être

i..VoW/tf'H MtM. p. 166, )Tt.


2. Lt prohibition matrimoniale n'Mt stricte qUMche: les Arunta. Lefait
est eurioa< étant donné <)uu,chMce peuple, le totem maternelM ptraH IL
c'est
plus être l'objet d'aucuno interdiction. La raison de cette singularité,
que, chez teBArunta, par suite d'un ensemhtede circonstancesspeciateit.
)p.<totems sont devenustout à fait indépcndantsde la personne,tant du
ptr'' quo de la mère. Nousrcvit'ndroMS plus loinsur M point.
!38 t/ÂKt~K SOC!Ot.OOÏQUK. tW~-t~t

différents de fttttw
tttiffAfontCfta ceux tttt! M~rtnftoMttiùttt
qui appartenaient <ttt~tt~~ttt..<
aux deux autres classes
de ta phratrie considérée Or c'est bien ce que l'on a directe.
ment observé chez tes Mara. Les deux couples de lit phratrie
Urku sont Murungun et d'une part, Mumbati -<<'t <!<*
l'autre; et nous savons que les totems des Muruoguu sont
tout à fait difîérents de ceux que t'eu observe chez tes Mumbali.
La distinction n'est pas moins nette dans l'autre phratrie.
Chez tes Aouta, l'organisation est identiquement ta même. tt
est vrai que nos auteurs ne nous disent pas s'ils l'ont observée
également dans les autres tribus. Mais de ce qu'ils ne la
signalent pas, il fautse garder de croire qu'ettene s'y retrouve
pas. Leur silence vient peut-être bieu de ce que, «'ayant pas
l'habitude de ranger ensemble, comme nousafons fait, en un
môme couple, les deux classes issues l'une de l'autre, et de
rechercher les caractères distinctifs du groupe ainsi formé,
Ils n'ont pas aperçu que, partout, il s'oppose au groupe simi-
laire de la même phratrie par ta nature des totems qu'il com-
prend. Dans le cas des Maraet des Anula, au contraire, le fait
sautait aux yeux parce que les deux classes de chaque couple
portent une seuleet même étiquette; leur individualité appa-
rait ainsi d'elle-mêmeet sollicite l'attention de l'observateur.
Nous ne pouvons nous empêcher de croire que si les autres
tribus étaient observéesdanstentéme esprit, on trouveraitdes
arrangements analogues à ceux des Mara et des Anula. Et ce
qui donne de t'autoritéHeetteopinion.c'est que.d'unfait inci-
demment rapporté par MM.Spencer et Hitten, il résuite clai-
rement que cette même répartition des totems existe chez les
Warramunga. Ou nous dit, en effet, que le totem du serpent
noir appartient en propre aux deux classes Thapanunga et
Thapungarti; qu'il ne se retrouve pas dans tes autres classes
de la même phratrie, les Tjunguri et les Tjapeltjeri Or les
Thapanunga et les Thapungarti sont deux classes qui alter-
nent l'une avec l'autre; la seconde descend de ta première et
réciproquement; elles forment, par conséquent, un couple
identique à cetuidesMurungun etdesMumbatt. Les Tjunguri
et les Tjapeitjeri sont l'autre couple de la phratrie. Voiià donc
un totem des Warramunga qui est distinctif d'un couple de
classes. tt est bien peu vraisemblable qu'il soit une excep-
tion.
4° Les documents que nous devons à Howitt et à Mathews,

<. A'<H'WM
Tribes,)). )):
E. DUKKttEtM. OMA!!MATtf)*<MATMMUXtALBAtMTBAUBXfE <39

& moins qu'on ne les suppose erronés (et nous montre-


rons plus loin pourquoi cette hypothèse estinvraisem-
btabte), apportent &notre explication une precteuso cooNr-
mation.
L'orgauisatiou matrimoniale des tribus étudiées par Ma-
thowsseramënoâun seul et tnemetypequecetauteurappeite
le type Wombya. Il suffit donc de t'étudierdans une seuledes
sociétés où elle a été observée Nous choisiront! pour cette
étude la tribu des Chingaiee. KHoest divisée en huit classes
qui se répartissent entre les deux phratries, de la manière
suivante
fMtUTtUEA .1 t'MNtTtttEO U

t.JiHXUitchtt-NatHCMinju)). thC))UttKtt''<J"t'nt{ano<'it)jah.
Tstt))Xtc))itt)t.?<~b<tji))uh. ~h TMratee~ah-Ntu-Kteeittjtth.
:itt Chunainjah'XMatnja)). :)). (!hunttiujah-!<)t)ainjah.
1.
t. C))am<n'afnj<th-Neutaran)jah. !), Tutt);ur<!eiNJtt)t-!<MU)!areeinjth.

Des deux noms qui servent à désigner chaqueclasse, le


premier est celui que portent les hommes; le secondest
réservéaux femmes.Pour évitercette nomenclaturecompli-
quée,nousreprésenteronschaqueclasseparle numérod'ordre
qui lui estafïectédansle tableauci-dessust. <h.etc. Lalettre
ujoutée au chifïre indiquela phratrie à laquellela classe
appartieNt.
Contrairementà ce qui se passedans les différentestribus
dont nous avons parlé, chez les Chingalee,le totemseul est
hériteen lignepaternelle,tandis~<«'la p/u'a<<'«!se«'«Kf!Me<
<'?
ligneM~ftM.D'autre part, parceque l'enfantestde la même
phratrie que sa mère, sa classeest nécessairementune de
cellesque comprend la phratrie maternelle.Chacunede ces
quatre classes correspondà une générationdéterminéeet
l'ordre dans lequel elles sontrangéessur notretableaurepro-
duit la suite des générationsen ligne utérine, jusqu'àla cin.
quième exclusivement.Ainsi la classe 3. est forméepar tes
entantsdesfemmesdetaclasse).c'est-à-diredesNameeinjah;
la classe3., par les enfants des femmes de la classe2. des
Nabajinab,etc. Quantaux enfants de la quatrièmeclasse,
c'est-à-direde la quatrièmegénération,ils servent à former
laclasse à partir de laquelleclasseset générationsrecom-
mencentà se suivre dans l'ordre et de la manièreque nous
venonsd'indiquer.
Cela posé, la façondontsont réglementés,en principe,les
iM L'ASSHf!McmMti)QL'K.'9e~-tW<

mariagesentrecesdifïérentesclassespeutêtre figuréecomme
il suit
y~- .1"
J'~h

X
t. ~t,.

11suffitde jeterun coupd'mitsur ce tableaupour s'aperce-


voir que cette organisationa le même objet que celledes
Aruntaet des tribus similaires.On voit, en effet,que toutes
les deux générations,mais seulementtoutesles deux géné-
rations. tes classes correspondantesont le coMMM&txw
t. épouse1,et 3.. 3; Au contraire, entre les classesquisui-
vent immédiatementles précédenteset qui, par conséquent,
en sont issues,le mariageest interdit. Lesgensde 2. comme
ceuxde 2,,sontxésdemariagescontractésentre i, et ). par
suite, ilsne peuventpass'épouserrégulièrement;iissontobli-
gésd'aller chercherleurs mariset leurs femmesles unsen
4t,et lesautresen 4. et réciproquement.C'estdonc bienqu'il
s'agit d'empêcherdeux classesde s'épouserquand les deux
classesantérieures,dont les premièressont descendues,s'é-
pousentdéjàlibrement.
H est vrai que chezles Ciiingalee,tout commechez les
Warramunga,lesMara,les Anula,cetteinterdictionmatrimo-
nialen'est pasactuellementabsolue.Maintenant,en effet,les
membresde la ciasse ne sont pas obligésde se renfermer
dans la classe4).,mais peuvent aussi épouser des membres
de 2), et de même,les membresde 4. peuventprésentement
se marieren 4),en mêmetemps qu'en 3b.Maisnous avons
rencontréle mêmefait dans les tribus précédemmentétu-
diées et d'ailleurs,dans un cascommedans l'autre, Il n'est
certainementpas primitif. Le cercle dans lequel peuvent
s'exercerleschoixmatrimoniauxa d& commencerpar être
limitéa laseuleclassequi est indiquée au tableau.En ef!et,
si un hommede 3,, par exemple,peut aujourd'hui prendre
femmes,à la fois en 2).et en 4b,nous savonspourtantque

i. les gens de 2. sont nés de mariages entre les femox's do 1. et )''<


hommesde ih; )t'<gens de St. dc.m<tr!a{;M <ht&. et )(~
entre les )'eut<ne!!
hommes de Sa.
– OttKAX~ATtOS
H.MttKttEtM. MATHtMOt)tALt!
AUfTttADEXKK
)tt
c'est seulementdans cettedernièreclasseque se trouventles
femmesqui lui sont régutièrementanectées commeépouses';
les mariages contractésavec ont
2b quelque chosede moins
normal.C'estdire qu'ils sontdus à unetolérancequi nes'est
établie que peu à peu, à mesureque cédait la prohibition
initiale.Nousaurons, au reste,l'occasionde montrerplusloin
que ces sortes d'unionsdoiveut être, encore aujourd'hui,
exceptionnelles.
Maiseu mêmetempsquecette organisationreproduitdans
ses traits essentiels le type Arunta, celui-ci s'y retrouve,
commenousavons vu, sousdes formestrès particulièresqui
vontnouspermettre de vérifierplus facilementet pluscom-
plètemeutl'explicationque nousen avonsproposée.
En effet,c'est par la substitutiondu principe de ta fttia-
tion eu ligue paternelle à !a filiationutérine dansta trans-
missiondu totem, que nousavonsexpliquéte dédoublement
des quatre classes matrimonialesprimitives. Or, chez les
Chingalee.lu réalité de cette substitutionest plus certaine
qu'ailleurs;car elle s'est impriméedans la structure même
de la société.Celle-cis'est commefixéeet immobiliséeau
momentmêmeoù elle étaiten train d'accomplircetteévolu-
tion, oùeUepassait d'un principeà l'autre, si bienque nous
retrouvonsencore les deux principescôteà côte.pourainsi
dire, dans l'organisationde la tribu. D'une part, en effet,
commeon l'a vu, c'est par les femmesque se transmetla
phratrie (filiationutérine);mais c'est par tes hommes,au
contraire,que le totemse perpétue(Htiatioupaternelle).L'en-
fant estde la phratrie de sa more,maisil a le totemde son
père. La coexistencede ces deux systèmesopposésau sein
d'une même société serait tout à fait inexplicablesi l'on
admettaitqu'ils sont nésau mêmemoment, puisqu'ilscor-
respondentà des conditionssocialestout à fait diflérentes.
C'estdoncque l'un d'euxa commencépar exister seul, puisa
cédéen partie devant le systèmenouveauquand les circons-
tancesout imposéce dernier, maistout en conservantassez
de force pour ne pas disparaîtrecomptètement.L'exemple
desChingaleemontrede plusque cequi est nécessaireà lafor.
mationdu système de huit classes,c'est l'apparition dela
filiationen ligne paternellequant au totem, et nonquantà
la phratrie; or c'est aussiceque supposenotre explication.

«'/)<)
MAfst'f~M/ar~ ditM.MttUtcw!
apouse,
appoialecl <&nf..
p.t9!).
t.'AXX)5s '903-)90t
MCtOMG~UK.

D'unautre côté,chezles Chingatee,lesquatreclassesrepré-


sentent quatre générationssuccessivesen ligne utérine; il
u'euétait pas ainsicheztesWarramuoga,Anulit,etc. Chezces
derniers, les quatreclassesdechaquephratrie fonnaientdeux
couplesdistincts,entre lesquelsii n'y avait aucunecontinuité
au point de vuede la génération.Orcettedifïérencetient unt-
quemeutà la diHerence dessystèmesde filiation.Noussavons,
en elIet, que chezles Arunta, WurramuDga,etc. la phratrie
est héritée en ligne mascuUne.tandis que, chez les Chin-
galee, le totem seulse transmetde cettemanière.Or si nous
construisonsune sociétéquelconquedu type Aruntaconfor-
mémentau principeChingatee,c'est-à-diresi nous disposons
les classesdo manièreà ce que les mères et leurs enfants
soient toujoursdans la mêmephratrie, la tribu prend exac-
tement la formeChinga!ee, les quatre classesdont se trouve
alors composéechaquephratrie sont autant de générations
successiveseu ligneutérine.Prenonspour exempleles Mara.
à cause do la simplicitérelativede leur nomenclature.Nor-
malement, c'est-à-diresur la basede la nHationpaternelle,
les phratriessontcomposéesde la manièresuivante
i'mynut! A fMMTMt: X

t Murun~uot––––––~ Purdtitx
'.Mm'Nt))!un ~< t'urda)3
«
Mumbuti Kuftt)
t(

Mun~tttip Kuiat~s
tt est facile de construite chaque phratrie telle qu'elle
devraitêtre, si ellese transmettaiten ligneutérine.Letableau
ci-dessusen fournitles moyens.Orsi l'on opèrecette muta-
tion, l'organisationdevient
-t
t'))))AM)t!t fMMTMfitt
a

x
Marun)!']f)< !'a)-da)<(
a
fardai 5 Mur)in);an~~9
MumMiax Kuiattx
Kuia)!ta Mttmbati~(s

H est facilede constater,toujoursense reportantau môme


tableau, que les quatreclassesde chaquephratrie représen-
tent maintenantla série desgénérationsen lignematernelle,
H. DMKMtttM. OHGASfMTMNMATRtMOftALt!AOSTM.~rRNfK <M

série qui recommence &ia cinquième génération, tes Murun-


~))uvêtant les enfants des femmesKuiat ft et les t'urdai < (es
enfants des femmes Atumbati Nous arrivons douc, avec
uae certitude absolue, a ce résultat que c<e ory<!HMa<t<m m«-
~'<M««(«~<' <0<7fM)fHf~( ~~H)<' ~C/!<<af<OH
<<<'p<'K<< pK<~M'fM<'
rf<t'«'<<<!)~
<aM)MM)v o<)ce ttj/o~me<«t-m~m<'ear«'. Ce qui con-
firmede tous points la théorie que nous avons exposée.
Maisdans tout ce qui précède nous avons supposé que les
informationsde Mathowssont exactes; or un fait important
pourrait induire à en suspecter la valeur. En effet, la tribu
queMathewsappetie Chingaieen'est autre que celle a laquelle
Spencer et Gillen donnent le nom de TjingiUi. it n'y a, pour
s'eu assurer,qu'à cotnparer ia carte annexée au livre de Spen-
cer et Gillen, avec ceiie établie par Mathews' Chiugaiee et
Tjingiiti sont situés au même endroit. Or, d'après Spen-
cer et Gillen, l'organisation matrimouiaie des TjingiiH serait
identique à celle des Arunta; les classes seraient réparties
d après le même priucipe. La phratrie se transmettrait en
ligne paterneiie ainsi que le totem. Nous nous trouvons
donc eu présence de deux affirmations nettement contradic-
toires et, étant donnw la sûreté ordinaire des informations
de Spcucer et Gitien, on pourrait être tenté de rejeter comme
inexactes les observations recueillies par Matbews ce qui
itérait toute base aux conclusions que nous avons cru pou'
voir en tirer.
Mais il y aurait beaucoup de simplisme, croyons-nous, à
procéder ainsi. D'abord, l'organisation des classes matrimo-
uiules, telle que nous la rapporte Mathews, est exactement
ce qu'elle doit être, si, comme il l'affirme, la phratrie se
transmet en ligne utérine. Sises informateurs se sont trompés
sur le premier point, ils ont du s'être trompés également sur
le second; et ces deuxerreurs, si logiquement solidairesl'une
de l'autre, peuventdéjà pour cette raison paraître assez invrai-
seutbiftbtes'.Mais il y a plus. SIla discordance ne s'était pro-

1.~Mtftt'M~M~At'up., t<MM, p. MT.


Tuâtes)<'< informationsdeMttthews sonlconcordantes.
C'estainsiqu'il
il
nuNtdit que, chez les Chi))j{"t<'e, commoche):les WtUfatnungt.les
Mant,<*tt:ehaquototema desKprësentanttdans dott):ctassesntatrime'
nialesetdansdeuxclassesseatetxentMais(~ecesdeuxclasses,issues)'ont'
th-t'autn:enlignepatcmeUe, appartiennent a deuxphmtriet!
duTerenta~.Or
il)'ndoitAtrenécessairement s i la est
ainsi, phratrto tran~miestMe en ligne
utetfnc,atori!que le totem se tnmsmeton lignopatefnenc.Kt~'autre
t'ttft,ai la ntttUonse fait de cettefaton,t'ofgantMtiongénéraledoitttti'
)H L'AXS~ESOOOt.OOMtCK.it")X.~Ot

duite que daustecasdesfjingitti, on pourrait encore admettre


qu'elfe est due effectivementune mauvaise observation. Mais
il y a plusieurs autres tribus où t'en constate exactement le
même désaccord entre les tableaux de Spencer et Gillenet ceux
de Mathews; c'est le cas notamment des Biubinga et des
Wan'amunga qui, d'après ce dernier, auraient exactement
l'organisation qu'il attribue aux Chingatee. La généralité de
l'erreur en accroît encore t'improbabHité; car il est mataisé
d'admettre que t'on se soit trompé tant de fois et toujours de
la même façon, 11 y a plus encore; pour ce qui regarde les
Warramunga, les informations de Howitt concordent exacte-
ment, au moins pour tout ce qu'elles ont d'essentiel, avec
celles deMathews'; et d'ailleurs, ce dernier a pris soiu de
faire vérifier à nouveau et d'une manière répétée les asser-
tions de Howitt'. Ainsi'les invraisemblances s'accumulent.
Mais ce qui rend particulièrement insoutenable l'hypothèse
que nous examinons, c'est que nous trouvons dans te livre
de Spencer et Gillen eux-mêmes la preuve qu'il y a eu ut)
moment où, chez les Warrarnunga, les ctasses ont été
distribuées entre les deux phratries, conformément au
type Chingatee. En etïet, d'après le tableau de Howitt et
de Mathews, la classe matrimoniate Tjunguri serait de ta
phratrie Kingitti, et ta classe Tjupita serait de la phratrie
Utuuru, alors que, d'après Spencer et (jit)en, c'est l'inverse
qui serait la vérité. Or d'une tradition que nous rapportent
ces auteurs (p. 4~4;, il résulte que primitivement ces deux
classes étaient bien disposées comme le disent Howitt et
Mathews, et que l'inversion actuellement observée ne s'est
produite qu'ultérieurement*.
11 est donc inadmissible que l'organisation attribuée par
Howitt et Mathews à ces difïérentes tribus soit un simple

telle que la décritMatliews. Toutse tient.Uuccrrfur aussi to~itjuoucnt


syst<'tnati'[ueest bientmprobaMe. Ufaudraitqu'elleeat <!t<' construitede
partipris.
). Xousavon!! reproduitletableaudf ttowit)')t))!!le tome1de i'/<MM<'<'
.'<wM.,p. t4. LesWttrramungay sont&))pei<s Wu)tninionf{o.
S. Voir/')'e<Amer.fAHM.Soc.,XXXVttt, p. et suiv.
3. La traditions'exprimeainsi il s'agitde doux~trcsmythique!, qui
ctaieotTjunguriet qui devinrf'nt Tjupitit,par cunsotjUKnt Kingi))!.CMt
bienla prouvequ'il y a eu un momentoù lesTjunf;<u-i ont chantade
phratrie,La te~nde. pour concilier te souvenirde ce changementavec
l'organisation d it
actuelle, qu'i)y a eu un momentoù la classeTjwn)!i
!i'e:!ttfantfornttieenla classet'orruspondant'?
'Tjttjtita)del'aulrephratrie.
E. DMKMStM. – AMTBAUR'MK
OnOANtSATMX~~ATM~~ON)A~E <t!t

produit de leur Imagination,et pour expliquerleur désac-


cordavecSpenceret Gittenon ne peut guère hésiterqu'entre
tes trois hypothèses suivantes:~ D'une observation à
l'autre, les tribusconsidéréesont évoluéet sont passées d'un
type à l'autre; 2°Howtttet Mathewsou leurs Informateurs
ont pris pour actuelsdes modesd'organisationqui ont été
usitésautrefoiset qui ont été remplacésdepuispar ceux que
nousdécrivent Spenceret Gtiien:3°ces doux modesd'orga-
nisationcoexistentencorecôteà cOtedans un certain nombre
de tribus. Si l'on songea retenduedu territoire occupépar
les Warramunga,par exemple,il n'y a rien d'étonnantà ce
que,danscertainespartiesde cepeupleconsidérable,les insti-
tutions du passésurvivent alorsque, dans d'autres, ellesse
sont transformées;et il peut très biense faire que les obser-
vationsqui se contredisent se rapportent,eu réalité, à des

portionsdifïéreutesd'un mêmepeuple. Nousn'avonspas
à choisir entre ces difîérentes interprétations. La seconde
paraît bien s'appliqueraux Wurramungates deuxdernières
peuvent, d'aiiteurs, être vraies simultanément.Maisquelle
que soit celle qu'on accepte, 11reste que l'organisationdu
type Chingaleea existéou mêmeexisteencore; or, c'est tout
ce quesupposenotre démonstration. Mêmele tait que cette
organisation,dans certainesde ces tribus, a préexistéa celle
que nousdécrivent aujourd'hui Spenceret Gillen,tendrait
plutôtà confirmerd'une manièredéfinitivel'explicationque
nousavonsproposée.

tV

Cette étude vient donc confirmer le plus essentiel tout au


moins des résultats auxquels nous étions arrivés dans notre
précédent travail.
En enet, désormais, nous croyons pouvoir regarder comme
définitivement établi que l'organisation Aruuta n'est pas
primitive, ainsi que l'ont souteuu, avec Ai. Fraxer, MM. Spen.
cer et Gilleu. L'antériorité de )a filiation utériue sur lu n)iu-
tion paternelle est telleinetit evideute dans les différentes
sociétés dont nous venons de parier, elle est démontrée par
une telle couvergence de preuves qu'il nous paraît dillicile de
la mettre en doute. L'exemple des ChinKatee peut même
servir a montrer combien est grande lu distance qui sépare
E. UoMHtitx. – Année tocio)., tOM-tMt. ú
t46 MM.t90;
t.'AXXtftii-UUtOLOfifQUR

ces deux états sociaux. Eu enct, comme les Chingatee se


août arrêtés à m! chemin entre ces ~!eux formes d'orga-
aisation sociale, il est permis de se dentandt'r si le che
miu qu'tta tattu faire pour aller do l'une à t'autre n'a pas
été parcouru par étapes successives, si le ciumjtement n'a pas
porte d'abord sur le totem pour s'étendre ensuite a ta
ptu'atrie;et le cas des Warramuugusembte bien confirmer
cette hypothèse. Dansées conditions, ou ne saurait plus con-
tinuer à voir. dans le relâchement des interdictions tot''mi-
ques. soit matrimoniales, soit alimentaires, une sorte de fait
initial et comme la forme première du système totémique,
puisque les sociétésoù on le rencontre out déjà derrière elles
uuesitongueévotutiun.
Mais. sur d'autres points, les conclusions auxquelles nous
sommes précédemment arrives se trouvent corrigées ou
complétées
Nous avions cru jusqu'à présent que le changement de
Oiiation quant A h) pix-ittrie suffisait à expliquer comment,
chez les Arunta. chaque totem, tout en uyant sun si6};epriu-
cipai dans une des deux phratries, cnmptttit pourtant dans
l'autre des représentants plus ou moins nombreux L'exemple
des WarramungMet des tritjus similaires setttbteMeu démon-
trer que cette explication n'est pas suffisante. En enet, le
système de filiatiou a passé chez eux par la même révolution
que chez les Arunta, et pourtant, en générai, chaque totem
est localisé dans une phratrie déterminée. La particularité
spéciale aux Arautadoit donc tenir & quelque caractère ''ga-
iement spécial de ienr structure sociale. Or nous avons vuu
que, chci!ux et chexeux seulement, t'organisation totemique
ne coïncide pas exactement avec t'organisatiou territoriale.
Cette indétermination géographique du totem doit donc vrai-
sembiabtemeHt avoir contribne, au moins pour une certaine
part, à produire le tait dont nous cherchons à nous rendre
compte. Enetîet, c'est, dansées sociétés, uue croyance univer-
seitement répandue que ia naissance suppose, outre le
commerce physique d'un homme et d'une femme, l'introduc-
tion. dans le corps de ia femme, d'un esprit totémique qui
réside dans le voisinage de l'endroit ou a eu lieu la concep-
tion et qui devient i'amc de t'entant. Dans ces conditions,
comme c'est le totem de cet esprit qui devient le totem de
t'entant, ce dernier dépend, non pas directement du totem
paternel, mais de la région où la femme a conçu. C'est le
– oKCAXfSATtOtt
E. MHKHEtM. MATMMOXt.U.E
.~TKALtMXEiM
totem auquel ressortisscut les esprits dont est peupléecette
région qui détermine celui du nouveau-né. Si donc le père
réside prt'sd'un ceutre totémique qui appartient à lit phratrie
dont il n'est pas membre, il est inévitable que l'enfant, tout
en faisant partie de ia même phratrie que son père, soit
pourtant d'un totem ditïerent. Ht ou peut concevoir ainsi
comment chaque tutem u cessé d'être reutermc dans une
seule et mémo phratrie'.l,
Mais un dernier enseignement se dégage des faits qui
viennent d'être passés eu revue on ne peut pas n'être pas
frappe de ia remarquable logique avec laquelle les idées qui
sont a lu base de cette organisation matrimoniale se déve-
loppent à travers les diverses circonstances de l'histoire. En
effet, ou peut, par.un simple calcul, construire le système des
classes d'une tribu en fonction du mode de filiation qui y
est eu usage. Suivant que le totem se transmet par la mère
ou parie père, le nombre des classes varie suivant un rapport
précis il passe du simple au double, de quatre à huit; sui-
vant que )a filiation en ligue paterneiie s'applique ou non à
la phratrie en même temps qu'au totem, les huit classes se
disposent suivant deux figures diiïerentes. On croit assister à
la discussion d'un probieme de mathématiques. Les équi-
valences entre Jes classes de tribus différentes sont régiees
avec la même rigueur, ti lie serait pas (aciie de trouver
ailleurs un autre exemple d'uue organisation sociale qui se
déduise avec lu même rigueur de principes donnes. N'est-ce
pas une preuve de plus que ces ciasses et ces phratries ne
sont pas simplement des cadres sociaux, mais aussi des
cadres logiques, soumis, sans doute, à une logique spéciale,
dinerente de !a nôtre, mais qui n'en a pas moins ses règles
définies?

t. Onentn.'voit&us~ipar )tt commentla tr.tn~n)i!!<)un


du totou Mt
devenueJu'h'pendanto detu ~)tMt'<ttMtt.
du fait Mtttorie)

E)Ut.EULKKttËtM.
DEUXIÈME PARTIE
ANALYSES

PHEMtËKESECT!0~<
SOCIOLOGIE GÉNÉRALE

CËNËRALE8
COKCEt'Tf'NS
).– MË'rUODOLOGfK.
DELASOC)Ot.<'M)H
)'A<t BOM~,
MM.HONHTICQ, FACCO'!X)!T

E.de HOBERTY. – Nouveau programme de sociologie.


Paris, F. Atcan,1904;p. ?8, in-8".
Penséenébuieuse,déroutantepar l'abus des néologismes,
des métaphores,et la confusiond'idéesordinairementdis.
tinctes.Uneterminologie spécialecacheparfoisdesidéestrès
simples.Lelecteur sera excusablede ne pas toujourspéné-
trer avecune intelligencelucide2Mpagestoutes dans.le ton
de cette définition– relativementsimple et claire du
surorganique « C'est une transmutation):t«~fHfn'xde la
multiplicitéorganique(espèce,race)en une unité plus haute
ou surorganique(communauté,cité), accompagnéepar la
métamorphose de l'unitéorganique(égoïsme,symbiosepara-
sitique)en une muitipiicitésurorganique(aitruisme,coopé-
ration,sotidarité).Cettedénnition–aijebesoindeiedire?–
viseà fairedu sensmoral la base,le pointde départ de toute
soeioiogie.M(p.i~
L'auteurse proposetrois fins déterminerla naturedu fait
social,fixerla méthodeen sociologie,indiquerla ici généraio
derévolutionsociale.C'est beaucoupde choses,ou du moins
de promesses,sousun petit volume.Nousn'entreprendrons
de l'auteur.L'ex-
pasune discussionen règledesaffirmations
cèsmêmedeses ambitions nous empêcheraitd'en commen-
cer une,parcequ'eUen'aurait pointde (in.
I"I) y a des idées intéressantes,mais difficilesà saisir,
iM0 f/AxxËE soctot.aooutt. )))U3-)aot

noyéesqu'elles sont sous un flux impétueux de néotogismes


et de termes obscurs. Signalons d'aimrd cette idée. que ta
psychologiedoit être subordonnée à )a sociologie. On admet
génératement que la sociologie est une sorte de psychologie
collective. L'auteur prend ie contre-pied de cette croyance. La
raisou est que lu conscience individuelle se développe sous
l'influenee du milieu social, ou de ce qu'il appelle « l'iuter-
action psycho-physiotogique a. La sensation, l'expérience de
t'animai, tel est à peu près le résidu que l'on trouve daus la
conscienceindividuetie quand on élimine ce qui vient de la
société. La pensée individuelle, seule, ne eoutieudrait rien que
des idées concrètes et des classifications d'idées chaotiques.
Elle ne pourrait former rien de général ou de rationnel.
D'abord, les coanaissauces n'ont de valeur que quand elles
sont renouvelables à velouté, c'est-à-dire collectives. La
science est une a:uvre sociale. Mais l'expérience collective
n'est pas un simple contruie de la penséeindividuelle; elle en
est!a cause déterminante. La généralité des idées, la nécessite
rationnelte sont des produits de l'interaction psycbolo-
gique M.C'est de ia distinction entre l'expérience individuelle
et l'expérience collective que nous vient la distinction des
idées géneraies et des idées particulières, ou personnelles.
Un terme est générât parce qu'il correspond non seulement &
mon expérience, mais encore à celle de tous tes esprits en
rapport avec le tnieu. Inuuencé par eux, contrôlé par eux, je
constitue en commun des classifications précises, des idées
généralesfixes, desexperiencessystématiques. De même pour
les rapports des idées entre elles. Les concepts et leurs rap-
ports sont fixés parl'expérience collective; l'idée d'une néces-
sité ratiounelte, d'une logique, ne saurait nattre dans un
esprit isolé; elle a une origine sociale, (cf. i'.<MM<'e McMo-
gique, t90t-i90~ où ces vues ont été non seulement indi-
quées, mais appuyées sur des faits nombreux par MM.Uur-
kheim et Mauss).
Mais,si le fait social précède le fait psychologique, il faut,
pour trouver l'élément explicatif de l'ordre social, remonter
plus loin que la conscience individuéite; il faut allerjusqu'à
la vie organique. Le social, suivant l'auteur, serait une uo-
raisou dernière de la vie, arrivée à un haut degré de compli-
cation d'où le nom de surorganique que l'auteur lui donne
(cf.définition plus haut). L'interaction des cerveaux, dans le
cas de la sociaHté instinctive des animaux, tel serait i'ôiément
– MÉTMODULOUtK.
AXAt.Y!.M. UËXÉttAt.H'! t!t)
COXCBt'TX'Xi!

)c plus simple, 1 élémentinnnitésimat de lit vie sociale. Cette


« interaction psycho-physique développerait lu conscience
individuelle 'sensations. perceptions, sentiments collectif. 1.
Après quoi « l'interaction psychique Mdes consciences indi-
viduelles rudimentaires produirait à son tour ht vie sociale
complexe et lu pensée individuelle supérieure.
Cetteidéeest intéressante. Est-elle (ondée? Faut-il vraimentt
faire sortir tout le psychologique du social ? Quelle raison a-
t-onde pretem'reque la conscience individuelle, mêmedans
ses formes rudimentaires, ta perception, io sentiment, ne se
formerait pas sans le rapprochement et l'action réciproque de
plusieurs cerveaux?Cette dernière notion d'ailleurs n'est pas
claire et n'est point établie scientifiquement. Rien ne prouve
l'existence d'une interaction cérébrale avant l'apparition de la
conscience. Or, une hypothèse métaphysique, comme celle
que nous avons exposée, manque son but si elle ne ramené
pas les faits complexes des faits plus simples, plus ctaiM.et
d'autre part sutïtsamment établis.
2"Avec la théorie de ia méthode, et surtout avec celle de ta
loi générale d'évolution sociale, nous tombons davantagedans
desgeneratites un peu vagues. L'auteur propose une double
méthode, à ia fois mecaniste et finaliste. Les idées et les senti-
ments sont produitspar des conditions de mitieu.uuattruisme,
des groupements qui préexistent aux états d'âme. Montrer
cette détermination, c'est donner une explication mécauiste.
Mais, a leur tour, ces idées et ces sentiments servent de but
pour les consciences et aident a produire les institutions et
les groupements On explique ici par les causes finales. L'ex-
plication (tnatisto est donc utilisée, « an moins comme un
biais pour démêler t enchevêtrement des faits sociaux. 11
suffit ensuite de renverser l'ordre finaliste pour retrouver
l'ordre mécaniste.
Cecin'est pas clair. Qu'entend l'auteur quand il parle d'un
renversement de méthodeoùdescausesftnates, expliquant les
moyens par lesquels elles sont réalisées, deviennent à leur
tour un eltetde ces mêmes moyens Le même fait ue peut à ia
fois être expliqué par un antre et expliquer ce dernier. Par
exempte, si on assigne, dans certains cas, pour cause au
développementdu pouvoir monarchique une certaine exten-
sion de l'État et certaines relations internationales, le senti-
ment de respect pour le roi ne peut à son tour rendre compte
de la forme politique de l'État, puisqu it la présuppose. Tout
152 L'AKS~ESOCtOMatOfB.
<M3.)90t

au pluspeut.Haider à fairedurerl'étatsocialoù il s'est déve.


toppé,à )aconditionque le sentimentpénètre peu à peu les
consciences et agisseà son tour mécaniquement, commeune
habitude.
M"L'histoireest dominée,suivantde Roberty,par une seule
évolution.Celle-ciconsistedansune diftérenciationprogres-
sivedes quatre grands modesde l'activitésociale,confondus
& l'origine la pensée analytique(la science); !a pensée
synthétiqueet apodictique<iareligionet la philosophie);
la penséesymboliqueet syncrétiqne(fart); !a penséepra-
tique et tétéotogique(faction). Chaquefacteur produit le
facteursuivant, lequel, d'autre part, est le but du précédent.
Et fauteur court, en moins de centpages, au travers des
théoriessur la science,la philosophie,l'art, etc.
C'estvraimentmettre trop de simplicitédans l'histoireque
de la réduireainsi à quelquesformules.Et cependant, fau-
teur prétend que cette « loi Mne laisse rien échopperde la
complexitédes faitssociaux.
La sociologiesembleheureusemeutsortiede fère des cos-
mogonieset des constructionsmétaphysiques.Lui rendra-t-
on un grand serviceen la replongeantdans des abstractions,
peut-êtreingénieuses, mais qui rappellenttrop cellesde la
vieille« philosophiede f histoire?Evitons plutôt les sar-
casmesdes historiens, gens d'espritpréciset positif. N'ou-
blions pas qu'ils nous accusentsouventde constituer une
prétenduescienceen remplaçantles faits qu'ils nous offrent
par de grandsmots et par des cenératitésvidesde notre cru.
R. H.

E. DEMOLIES. H. Pt~OT, P. de ROUStERS. La méthode


sociale. Paris, Bureauxde ia Revue« La ftftfMce sociale»,
~904,p. XtV-9~.
Cetouvragefaitpartie d'unesériepourlaquelleles auteurs
s'inspirentd'une méthodeunique la méthoded'observation
et de classificationemployéepar LePiayet modifiéepar H.de
Tourville.I) contientl'histoireet fexposédogmatiquede cette
méthode,ainsiqu'un examencritiquedela classificationdes
typesfamiliauxproposéepar LePlay.
Ce dernier avait d'abord longtempstâtonnéen essayant
d'étudierles sociétésdans leur ensemble,ce qui ne lui don-
nait quedesrésultatstrès vagues;il eutenfinl'idéede décom-
AKAMSM. Mi5f)MM).00!R, CONCBPTtOSi!
O~KÉRAt.Rit iM

poserces sociétéset de s'attacherà Ferment social le plus


simple ta fumille.Il Htparaître unesérie de monographies
d'un grand nombrede hmittos, prises dans les milieuxles
ptusdiftérents.Laconnaissance dei'organisationfamiliale,de
ses types principaux devait, pensait-i). lui donner la clef
pourrésoudreles questionssocialesplus complexes.car cette
organisationconditionnecelle des groupementsplus vastes.
Par un scrupuleexagéréde statisticien,il prenait pour base
de ses monographieste budgetdes familles,refletfidèle,pen-
sait-il, de toutel'activité domestique.
Sesdisciplesne devaient
pas tarder à trouvercette méthode insuffisante.Commele
tait remarquerM.de Housiers,le budgetd'une famitte, tant
aux recettesqu'auxdépenses,n'est pastoujoursproportionné
à l'importancedes diversactes qu'on y trouveinscrits par
exemple,l'éducationmoraledes enfants, les croyancesreli-
gieusespeuventne se traduire par aucune dépense.Quant
aux recettes, il importedavantageau sociologuede savoir
l'origine,le modede transmissiondes biens que la représen-
tationen francset centimesde leur valeur vénato.D'autre
part, la monographiedes familles,étudiées~traversleurbud-
get, ne permetpas deconnattreles (ormesplus complexesde
la vie sociale;la méthodede Le Play restait ainsi limitéeà
l'étudede l'organisationdomestique.
llenri deTourville,dontM.Demotinsparle avecadmiration,
se proposed'élargir lescadres étroits des monographiesde
son maître. Le but à atteindre, c'est la connaissancede la
sociététout entière; seulement, la science sociale, comme
les autressciences,doit commencerpar des vues de détait,
des lois spéciales,avant de parveniraux conceptionsgéné-
râtes il faut donctrouverun pointdedépartpourla recherche,
un fil conducteurpour se guider dans te labyrinthe de la
société.C'est la famille qui remplira cet omce.Mais on ne
s'arrêtera pasà elle; on recueilleratous les taits qui, de près
ou de foin,intéressent ta eommunautédomestique; et, comme
cette-ciinfluencetous les modesde l'activité sociale,ou est
influencéepareux, on auraainsidesrenseignementscomplets
sur unerégion,un État, unerace. Maisces matériaux,à leur
tour, formeraientun amasinextricablesi on ne les rangeait
pas dans unordre définiet rationnel, où leurs rapports se
laissent apercevoir.Ainsi,tt. de Tourvittefut amenéà pro-
poser commeméthodeuniformepour toutes les études de
sciencesocialeuneclassification, ou mieuxunenomenclature,
iSt f-'AK~S SOCtOLORtOf)!.M03.t90t

dans laquelle tous les faits de la vie sociale sont rangés


sous ? rubriques dinérentes )e)ieu, le travail, ta propriété
la famille, la religion, etc., etc. Voicicomment on se sert de
cette notoeuctature. Onconsidère une famitte, autant que pos-
sible une famittM-type do ta région où elle est. Ou examine
d'abord sou budget, c'est-à-dire ses moyens d'existence;
comme ces derniers dépendent du lieu (c)imat, sol, etc.) et
du travail. on aura une première rubrique pour les observa-
tions. Si par exempte on étudie la Normandie, suivant que la
nature du soi et des cultures est appropriée à t'etevi'ge du
cheval, ou du boeuf. ou a une autre production, l'on choisira,
suivant la région, une famille se livrant h t'un ou t'auh'e mode
de travail. On s'élèvera ensuite à la considération de t'orga-
nisation domestique en etie-méme, constitution de ta pro-
priété, mode de transmission des biens, étendue de la
famille, etc. L'ordre suivi est uneéchotte de complexitécrois-
sante le sol en effet peut être considéré comme la condition
élémentaire de toute viesociale; l'établissement et la vie de la
famille en dépendent en partie, mais sont des données déjà
plus complexes; car le travail ou d'autres faits interviennent
aussi, et de ptus en plus; la nature du sol, capable d'expli-
quer la constitution domestique de peuplades nomades ou
agricoles, n'a plus guère d'importance pour une famitte d'ou-
vriers parisiens. Onsuivra le même ordre, en considérant pro-
gressivement les groupements de plus en plus complexes où
la famille entre comme élément, jusqu'à la race et les rap-
ports de la race avecd'autres et sa ptace dans le monde.
Jusqu'ici, sembte-t-it, la nomenclature deTourvitto nefour-
nitqu'un groupe d'étiquettesft un classement commodepour
la description par monographies d'une région, on d'une
famille, ou d'une race. Or les disciples de Le Play prétendent
faire autre chose que de la pure érudition. M. Demotins raitte
même les érudits à la mode allemande qui ne savent que
décrire et entasser des faits en les rangeant par chapitres.
L'école de Le Play pense avoir découvert une classification
rationnelle des (aitssociaux et des lois ou des rapports néces-
saires entre ces faits. Or, ces résultats sont contenus, d'après
elle, daus la nomenclature; ils en découlent si naturellement,
et, selon le mot de M. Uemotins, « d'uue façon presque méca-
nique si bien que ce dernier a pu utiliser pour ce travail
quelques-uns de ses étéves de l'école des Hoches. « Pour
établir les rapports qui existent entre tes faits analysés, on
AXAU'S!– MtiTUOMt.UOB,
CUSCEPTtOX~
<i)!XHMALKS
<S8
doit procéder de lu façon suivante: on présente successive-
ment chacun de ces faits u toutes les divisions de la nomcu
ctature, et on se pose chaque fois tes doux questions t" Ce
fait iutluenco-t-ilcette division et comment? Cette division
innm'uce-t-ette ce fuit, et comment? M(p. 09~.« C'est un petit
jeudn patience" d'où t'on hvoit surgir.commed'ettes-mêtnes.
des h)is nouvelleset imprévues, Metc.M.Uemotinssuppose que
tes rapports de causer ellet apparaissent ainsi, dans uneseute
monographie, par le rapprochement des phénomènes obser-
ves; par exemple de la monographie faite par Le Ptaydes
~MMO <'HCOMm)<)<«K~' < CO~or~MM(<Cla C~M(/<* A'«~j/<t<
ses élèves des Roches ont tiré cette conclusion, à savoir que
l'élevage des chèvres et les entreprises commerciales main-
tiennent lu communauté familiale et laïcisent les pouvoirs
puhticsdanstaKabyhe.
Enfin, comme daus un mémo pays ou dans des pays sem-
blahles les mêmes rapports se répètent, une fois que l'on en
aura trouvé quelques exemples, on ne les répétera pas inde-
tluimeul. Ou insistera au contraire sur les dittereuces ainsi,
les similitudes familiales ou Normandie n'auront pas besoin
d'être répétées dans chaque monographie. Maissi la famille
se présente dans une division de cette province avec des
caractères distinctifs, on mettra ceux ci eu lumière en cher-
chant, dans une autre catégorie de faits sociaux, le sol, par
exemple ou le mode de travail, s'il y a eu eux des diftérences
capablesd'expliquer les premiers caractères.
tt nous parait inutile de montrer ce que cette méthode a
d'insuffisant. La science ne se fait pas automatiquement.
L'emploi mêmedes monographies soulèvode très graves objec-
tions. On n'aura pas une idée exacte de t'etat de la famille en
Normandie quand on aura décrit unefamitte ayant une ju-
ment poulinière dans t'Avranchm, une autre s'adonnaut à
l'engraissement du bœuf dans io pays d'Auge, etc. Pour con-
naître avec certitude le secret de lu famille, le mode de trans-
mission des biens, l'éducation donnée aux enfants, il faudrait
des enquêtes générâtes, des moyennes statistiques; la descrip-
tion doquelques (amittes neprouverait quepour celles-ci, non
pour toute lu province.
Uu autre disciple de Tourville etLePtay, M. Robert t'inot,
présente, daus le même ouvrage, quelques modifications à la
classification des types familiaux que Le Play avait trouvée.
Partant de ce principe que les moyens d'existence ont une
)M !90!).t00t
L'.t'HttiESOCtOLOO~UB.

inuuenee prépondérante sur l'organisation de ta famine, et


que la principale fonction y est la transmission des biens, Le
Play avait constitué trois types de famille originaires de trois
modes de travaux difïérents: le travail agricole, lu pèche
côtière et la chasse du petit gibier chacun de ces trois types
se comportant d'une façon spéciale pour l'héritage ta famille
patriarcale conserve près des pareNts tous les fils mariés de
plusieurs générations la famitte-souchea pour caractère le
libre choix par les parents d'un héritier associé dans la
famille instable, les enfants se disséminent tous et partagent
l'héritage paternel. La famille anglaise serait le type de la
(amitte-souche, la famille française le modèle de la famille
instable. Or, M. Pinot a remarqué que certaines espèces ne
présentent pas toujours les traits caractéristiques de leur
type des paysans du Jura ou de l'Auvergne, par exempte,
pratiquent lu transmission intégrale, sans ressembler en rien
à la famille anglaise Inversement, le peuple américain pra-
tique le partage égal, tout en ayant les qualités de ta (amitié
souche, M. Pinot propose donc de fonderla classillcation des
espèces familiales sur d'autres caractères. Et, commela fouc-
tion essentielle de la famille lui parait être l'éducation des
jeunes générations~ la formation des nouvellescouches desti-
nées à continuer la vie de la société, il distingue quatre prin-
cipaux types selon l'éducation donnée aux enfants: dans la
famille patriarcale, subordination entière de tous à t'autorité
du chef; dans ta fausse famille-souche» l'amour du foyer
est encore assez puissant pour ramener les émigrés au foyer
après fortune faite (Pyrénées, Auvergne,Jura) dans la famille
souche (angto-amérieaine), dissémination des jeunes généra-
tions chez lesquelles l'initiative est très développée; dans la
famille instable (française) ni autorité, ni qualités d'initia-
tive éducation nulle t'entant est la proie de l'État.
Commeon le voit, M. Pinot est, ainsi que tous les savants
de cetteécole, hanté par le problèmede t'émigrationau dehors,
et la supériorité des Angto saxons lui parait un axiome qu'on
ne discute pas. Sont-ce là de bonnes dispositiouspour classer
rationnellement et impartialement les types sociaux que l'on
étudie? La dissémination des races par le monde u'est pour-
tant pas le (ait capital dans l'histoire de l'humanité. Pourquoi
l'aptitude à essaimer les enfants serait-elle la qualité distinc-
tive, primordiale dela société domestique? Il est étraugeque
la constitution do la famille, le mode de recrutement de ses
– M~MOMhOGt)!,
AKAt.YS)!S. COXCKtTfOXS
G~KMA)~ <S*!

membres par la parenté soient moins importants que )a façon


dont elle se disperse.
Eu second lieu, quoi de plus vague que ce caractère par
lequel ou veut distinguer les divers types d'éducation des eu-
!ants ? Le Play avait au moins considéré quelque chose d'ob-
jectif, d'indiscutable, le modede transmission des biens. Mais
qui pourra dire avec certitude si une famille développe dans
l'esprit des enfants rattachement au patrimoine, ou les qua-
lités d'initiative, ou si au contraire elle ne leur donne aucune
aptitude. Le procès de la nation irançaise ne nous parait pas
vide parce qu'on voit peu de Français à l'étranger. H y a une
emigration de la famille française dans le pays même, de ville
à ville. ou de province à province et rien ne prouve que le
jour oa les Français trouveront hors de chez eux, saus plus
de peine, les ressources qu'ils ont encore et qui leur manque-
raient, itsserontiucapabtesde contracter de nouvelles habi-
tudes. Ce jour-la, l'instinct migrateur se développera, sans
que la famille ait cependant change.
R.tt.

li. WORMS – Annales de l'Institut interna-tiomal de


sociologie. T. X, Paris, Ciard et Briere, H'04, p. 420.
Le tome X des Annales publiées sous la direction do M. li.
Worms contient les travaux du 5" Congres, tenu à Paris en
juillet t903. L'ordre du jour ne comportait qu'un objet d'é-
tude les rapports de la psychologie et de la sociologie. De la
sorte, le Congres n'était pas, comme ces réunions le sont trop
souvent, un amas de travaux sans lieu entre eux. Les divers
adhérents, ayant pu préparer la question, n'avaient pas &se
livrera des improvisations superficielles. Du rapprochemeut
de tours opinions, se dégage l'impression que la sociologie
est de mieux en mieux reconnue comme une science spéciale
ayant un objet et une méthode à cite.
Nous n'aurons pas besoin de résumer toutes les communi-
cations faites au Congres. Aucune d'ailleurs ue contient des
aperçus nouveaux, ni même des arguments nouveaux en
faveur des anciennes théories. Les représentants de la plu-
part des écoles sont simplement venus affirmer une fois de
plus leurs thèses favorites.
H y a accord sur un premier point: tous ces sociologues
s'entendent pour se déclarer en possession d'une science spé-
)!:8 L'Actif! SOCIOLOGIQUE. t9e3-MOt

eia)e elle ue se confond dunc pis avec lit psychologie ou


étude de lu conscience individuette. M. Tarde iui-méntp. qui
a le plus insisté sur la dépendance de ta sociologiepur rap-
port à lu psychologie, reconnaît que les relations entre les
ttommes « inaugurent un ordre nouveau, impossible a pré-
voit' auparavant M. '( L'individu aftiné par )a culture est.
comme ta ptus haute rieur dei'arbre social, p. H).
Mais comment et jusqu'à quel point se distinguent les deux
sciences ? Deux opinions extrêmes ont été exposées au Cou-
gres une d'après laquelle la société n'est qu'une réunion
d'individus, et la sociologie est une sitnpte psychob~ie col-
lective ou <(intermeutHie o.et une autre, d'après tafjuejteta
société serait supérieure, et mêmeantérieure ù la conscience
individuelle. MM. Tarde, Limousin, Tuennies r'pptfnt ta
vieille thèse seion laquelle il u'y a pas « d'être collectif o. La
société n'existe, d'après Toennies, que de deux fa'jons ou
bien un chef crée une association par sa volonté, ou bien
les associés eux-mêmes peuvent se grouper selonleur volonté
propre. L'imagination des hommes crée parfois un être social
qui leur parait exister au-dessus d'eux. Cette représentation
devenant une force agissante dans les consciences iudivi-
duelles aboutit aux mêmes résultats que si elle était vraie;i
mais, eu elle-méme, elle ne représente rien de réel. M. Toen-
nies, ou le voit, parait être resté eu socioiog-ieaux concep-
tions du xvm* siècle, d'après lesquelles le seul lien qui existe
entre les honnnes resuite de leurs volontés. Mieux intonné
des travaux contemporains, M. Tarde pose sa thèse psycholo-
gique en face de la soctotogie « objectiviste a et mécaniste.
Rn faveur de cette thèse bien connue, il invoque quelques
raisons tirées de l'histoire de la sociologie. Lesdiverses bran-
ches des sciences sociales (p. ex. la linguistique, l'économie
poiittque.tedroit comparé, la religion comparée), auraient
été tout d'abord objectivistes. Ainsiteséconomistes se seraient
d'abord H évertués à traiter mathématiquement, statistique-
ment, leur sujet, en réduisant au minimum la part de la psy-
chotogie ?. Mais, ne faisant aucun progrès eu suivant cette
méthode, ils se seraient bientôt détournés vers une autre,
plus psychologique, qui leur aurait donné plus de résultats.
Une certaine équivoque est à signaler dans cette remarque de
M. Tarde il hut distinguer d'abord ta méthode qui consiste
à traiter la société comme une chose, en observant, eu indui-
sant elle s'opposerait à la démarche déductive, matuéma.
AXA).Y~)tS. – MKTHUDOLOOtE, COKCEPTtuS!! 'itSx~t.U.Ë!- <9

tique, où t'en part de quelques notions postulées sans grandes


preuves pour en tirer par anatyso les conséquences. Or, il
est aident que les sciences sociales ont suivi d'abord le
second procède, tt faut distinguer ensuite, dans les sciences
sociales, traitées déductivement ou !nductiven)ent, ta Htèse
psychologique, qui explique les faits sociaux par des imita-
tions, des suggestions de pensées individuelles et qui s'op.
pose a ia thèse sociotogique, laquelle pose le fait social comme
irréductible. Et. a ce second point de vue encore, c'est la
théorie objectivistequi est la plus récente et qui a permis à
lu sociologie de sortir des vagues généralités de l'ancienne
psychologieet de l'aucienno morule.
Ajoutons enftn que ton paratt trop considérer la sociologie
tnecauiste ou objectiviste comme s'attacttant exclusivement à
des réalités matérielles, non mentales. M. Worms au con.
traire reeonnatt. mais sans le dire assez nettement, que
M. Durkheim n'a pas pour unique objet d'étude des cbinres
ou des textes de lois. Ces choses auxquëttes il s'adresse
d'abord ne sont pas les seules choses sociales; et ce qu'il
prétend atteindre derrière elles, c'est bien une mentalité
collective, dont ettes sont le signe et ta manifestation exté-
rieure. S'il s'y attache de préférence, c'est précisément parce
qu'elles sont les signes de ta conscience sociate, et parce que
ces signes extérieurs dévoilent un mécanisme social dont
notre réflexion individuelle ne nous donne aucune idée.
Unautre argument de M. Tarde eu faveur de ta Il psycho-
logie intermentaie c'est que lu psychologie aurait rendu
de grands services & la sociologie, tuudis que t'inverse ne
serait pas vrai. Ici, nous trouvons que M. Tarde fait trop
bon marotte de la sociologie contemporaine. Pour ne citer
qu'un exemple, toutes les id'es momies ne sout-eties pas en
contradiction avec cette thèse La psychologie ou l'étude de
ta conscience iudividuette a-t e))ejamais expliqué le curuc-
tère obligatoire des sentiments moraux, et ia relation qui
unit chaque « morale domestique ou professionnelle ou
nalionale, avec chaque type social? En réalité, la sociologie
objective a montré, ce que J'analysepsychique n'aurait jamais
fait, que notre conscience individuette recèle un mécanisme
complexe que le milieu social y a fait pénétrer. Puisque, de
l'aveu même de M. Tarde, t'individuatité ra)Y!u6ede l'homme
civilise est la fleur de l'arbre social, c'est la société qu'it faut
étudier pour comprendre l'individualité qu'elle a produite.
1M L'AXStSsSOCtOt.OOtQOfi.
1903.<9')t

Cetteseconde thèse, avec des variantes,a été représentée


au Cougrëspar MM.de lioberty, Kareiev, Worms.Nousne
dirons rien d tu doctrine du premier que uous analysons
d'autre part. Pour M. Worms, sans réduire aussi complète'
ment que M.de ttobo-tyla psychologieaux deux sciences
voisines,il croit lui aussi qu'elle doit recouriraux causes
socialespour l'explicationde la penséeiudividuetie.Suivant
lui, la scieucesocialen'expliqueraitpas seulementle couteau
de notre réflexion;ellepourrait encoredonnerà lapsycttotogie
un principede classification la psychologieordinaire est
très générale; elle étudie les formes communesde ia cons-
cience humaine. Il conviendrait peut-être d'établir ensuite
une psychologienationale, et enfin une psychologieiudivi-
duelle, laquelles'attacheraità l'étude de personnalitésdéter-
minées.
On a donc, au Congrès,revendiqué les droits d'une socio-
logie indépendante,en face de ia théorie psychologique.
Quelquesauteursont égalementopposé la méthodeobjective
et mécanisteà ia méthodede descriptiondes états d'âmecol-
lectifs.Uu représentantdu matérialismeéconomique,M.de
Keitës-Krauz,dit que pour se reconnaître dans t'euchevétre-
mentdes faitssociaux.il faut trouver un facteurfondamental
déterminantl'ensembledes autres; et le facteuréconomique
lui parait pouvoirjouer ce rôle.On voit,à t'exposémêmedes
raisons de Kettés Kraux,ce qu'il y a de simplistedaus la
théorieéconomiste.Ou chercheune cause générateaux faits
sociaux pour ne pas s'égarer dans lu complicationsociale.
C'estl'esprit du savant qui exige cette unité dans l'explica-
tion causale;ce n'est pas ia nature mêmede la société qui
manifesteune subordinationgénérateau facteur économique.
Resteà savoir si le besoinde simplifierqu'éprouvel'esprit
n'est pas eu contradictionavec un enchevêtrementréel des
choses. Ëufiu,à tous les orateurs qui avaientinsistésur le
côtépsychologiquede ta vie sociale, At. Karefeva rappelé
qu'il y a dans la société, en dehors des idéeset des senti-
mentscollectifs,quetquechosed'objectif,de matérielmême;
les lois, les constitutionsen sont un exemple fauteur est
conduitpar là à distinguerdeux parties dans la sociologie
la soeiotogioproprctueutdite, étude de l'organisationsociale,
et la psychologiesociale.H y a des groupesqui ne fourni-
raient de matièrequ'à cette secondepartie ce sontceuxqui
ne sontpas orgauisés,dout la viecollectivene se matéhatise
.~AH-XKS. – MKTHUMt.UtitK,
<;0'«:K)T)OfstitiKKKAt.Kt <Ct

pas au dehors pour ainsi dire teties Mot les foutes. La ntôtne
distinction se trouvait déjAau fond de )f)
peusée de A!.«. de
ta Gt'Msserit.qui a lu tttte cummuuicatioo osst'i!
icn~ne sur
« les sci~oct's intermédiaires entre h)
psychotf~ieet Ju socio-
logie ». L'autour, etnpioyMntune tert))ino)"{fif'un peu itt-bi-
tr:)ire. réserve le non) de société aux sociétés
r~jonentées,
ou tnptue M'utempnt à l'État; les autres coitectivités sont &
ses yeux des hybrides eutre )a sociétéet l'individu Il etttmH.te
un cet-titiun"t))hre de ces hybrides.
qu'Hchtsscàdeux puiuts
de vue ()i)I<.rettts «0 poiut de vu''
quttutitittif. suivitut le
M0))t))rede ceux fjui les coutpost'ot, et Mu
puiot d)ivue ()U)t)i-
t.'tif. i) y ftm'ait bieu des réserves M (aireucette eumt)6t-a-
tiutt.oû tuu vuit côte à côte des ~mupetocnts tonp.x-oit-es.
aec'demds. reettoneut inurtti'uiset!. cuuxue les (uu)es. les
jurys, le put))ic d'uu ituteur uu d'uoc pièce de th~tre, et des
soeiet'88t!t)))es.)-eei)emet)tot-t!!misees.coottue tescitsU's. la
ftmtiffe. tessyudx'nts et les société Ouitucieres. Ce
<)uiestaIi
reteoir. c'ext i'ttfHrmationque t'etudo de ces « Jn'ttt-ides N
doit efre nvimt tout psychotique, tattdis
((ue t'etude de JH
société pnqn-eutent dite serait objective.
distiuctiot) est iutét-essimfe.Ji est évident qu'une foute,
un jury, uu puhtic de théâtre ne sont pas des sociétés de lu
tHôttte fftcoft qo'tttte cftstc, ou qu'un Eti)t. Ce
(lui st-ritit fe
plus iutén'ssnnt, d'itiiteors, ce ser.tit de chercht't- cotnoieut et
ditt)sqtf<.))es(:ottdtU<)ttsfes~roupett)et)ts!)U)urpi)es(-t!)cciden-
tels deviennent permiments et s'or~t)iso))t. '').us. :')
quoique
aspect du prohfètoe que Jon s'fdtftche, il nous seothfo que fa
t))6H)odeo))jective ne doit pas perdre ses droits. f) a des
y
signes extcrienrs de f'octivjte sociftfe dans ces ~-«upetttcuts,
bien qu'cfte ne se traduise pas et) institutions, eu textes de
fois t) y Il les actes d'une fon)e. les verdicts des
JHt-ys.plus
sûrs pour nousrévéier t'ûtnc
cottectivedeces~roupetnents
que les Hoatyses d'un psychoto~uequi parie tn ce Ms impres-
sions personneites. Conxnetttd'aitjeurs conunttrait on ce
qui
se passe dans t'atoc d'un peuple ou d'une fouie si ot) t)o con-
suttait pas tes manifestations extérieures de it'ur )))cntaiit6?
Seutentent, conone ces manifestations sont tnoinsMootbrou-
ses, 'noins systématiques que celles de la viepoiitiqne. ou de
ia vie fautitiaie. ou est tenté de croire ta
socioioKie des
« hybrides sociaux » pius tacite
quo celle (tes sociétés or{{a-
uist'es. L'absence (te reose~uetnents positifs iitusionne te
socio)o!;uc,qui construit ia psycho)o;;ic des foules, ou t'a)ue
H.nn'KMHM. – .\nnw'iui.. )'M:t.t~(H. ))
iOS L'ASSËK SOCtOLOÛfQCH. i9<M.)')')t

d'un peuple, sa physionomie'momie, avec des impressions.


On 60 trmnpo grandement si t'on croit cnunattreptus facile-
ment un ppupte ou ux public qu'un Htatou une corporation.
C'est le contraire qui est Vt'ai. 0))n'a pas pénétré au tond de
t'&meattemaude, ou an~to-saxonne, ou française, quand on
a voyagé u)t peu dans ces pnys, consulté quelques {ouruaux,
quetques persounniités et) vue, (}ue)qnes(Buv)'e8tiHeratt'es; i
it fMutco))ua!U'et'histtm'e de ces peuptes, tourconstitutton
et leur vie politique, retigieuse, t'etatde ta fa<uiHentOoe, et
btet) d'autres cttoses encore.
Dans ces conceptions sur la méthode à suivre dans ce
domaine de ta sociologierègne la mctno équivoqueque nous
avoni; sigoatee plus haut à propos do M. Tarde. Cequ'on veut
atteindre eu étudiant uue (uu)e. une secte, ce sont des états
d'âme coUectits. tout eonitne quand on étudie un Htat ou
une institution A cet e~ard. ou (ait. dans les deux cas. si l'on
vet)t,detap!iych()t'~ieco)tective.M<tis,p!)8p!usd)tnst'un
que dans l'autre. il ne saurait y avoir une autre méthode que
ta méthode objective. Ktte est plus aisée dans le second cas
que dans le premier. Mais ceta ne permet pas de lui substi-
tuer une prétendue « méthode psychotonique » qui serait
beaucoup mieux nonnnee méthode impressionniste.
R.H.

P. MANTOUX.– Histoire et sooiotogie. 7<t-)-)«'


(<<tt</t~f-
1903, p. 12!. HO.
/<M<ot-t~«',oct.
Réflexions sur la controverse engagée dans la Revue entre
sociohtgues et historié))' résumée ici même (Voy. t. VU,
p. M8~. M. M. se réjouit de ce qu'etie montre « moins les
différences qui les séparent que te!; liens de plus en plus
étroits qui les unissent S'il est vriti que ta socioto~ietend
enfin. de nos jours, <~devenir la science des faits dont t'en-
semble constitue la vie collective des hommes(ln science des
/at<)!.et non plus d'une idée sommaire ou d'une vue abstraite
des {.tits;. il était fatal qu'elle se rapprochât di plus eu ptus
tutimement de t'histnire. A vrai dire. teurs tacttes doneurent
nettement distinctes M.M.pense, contrairementà M.t..Hcotnhe,
gué t't)is)oireestessenUei)ement ta sciencettece qui n'arrive
qu'une fois:ette « restetoujours un récit, unedescriptiun~.un
tabtenu Ln socioh'~ie au coutraire n'étudie, ne peut et ne
doit étudier que tes faUsqui se répètent de ceux-ci seule-
– M~TMODOf-OO))!,
ANAK'StM. COXCKFTtONS
Ot!tt(!t!Am 163

ment – l'idée de la consecutioa nécessaire se rameoant


désormais à celle do ta consecution constante – on peut
dégager la loi génératrice, etobtir la cause véritable.
Mais pour cette opération spéciale, la sociologie no doit pas
ouhtierque tes secoursdel'histoire )tti restentindispensables.
non seulement parcequet'ttistoireétabiit tes faits partieutiers
que ta sociologieaura a composer, mais parce que )asociolo-
gie, si elle oe veut pas s'eu tenir il formuler des lois « en
t'air dégagéesde toutedétertninatton de temps et d'espace,
si elle veut rechercher les lois propres &telle espèce ou &tel
milieu social, tie doit pas negHger la tnobiHié, les transfor-
matiuus, les caractères historiques p))f)<tde ce milieu ou de
cette espèce. « Toute recherche sociologique doit donc être
précédée d'une préparation <nstori')ue le sociolugue x
besoit) de se tnettre à t ecotede l'historien.
M. Sinxand paraissait craiudre qu'A cette école ou oe pr!t
des habitudes fâcheuses.directetneut coxtraires à celles que
réclame la constitutiou de )a scieucesociato les exp)ications
iodividuatistes et Ouatistes ne predotuinent-ettes pas eu
histoire Or eXesnout rtendeseieutifi'tue. Le décider a
p'Mr<, répond M. M., ce serait revenira )a méthode puretoent
philosophique(lui fait tort si Jcngtetnp') à ta sociotogie
Dans quetie mesure )'exp)ic:'tio))individua)iste est-elle iusuf-
<]s:t0)e?Quelle part. (tans tel c'f~x'MfH~ qu) influe a son tour
sur telle fM~t'<«<<OK, faut-i) faire à f initiative d'ux individu?
Cesont des questions à résoudre a ~o~tTwt après examendes
cas particuiiers. De mémo, c'est un excès do prudence
commande sans doute par l'exemple, invoque è tort, de ta
biologie, que d éliminer de ta sociologie, ftt règle géoe-
raie, toute explication nnatiste. En histoire, les agents 6t!<nt
des hommes et les actions humaines nyant ta propriété
d'être déterminées par des représentations, t'atithropomor-
phisme et l'idée de toi ne sont ptos nccf'ssairement contra-
dictoires. Mais quel rôle faut-il attribuer nux tendances
déctarees o des sociétés, duel rote au « trovait cache des
besoins sourds et des opinions vagues c'e~t li l'expérience
d'en décider, c'est à l'histoire de i'ctabtir expérimentate-
ment
La sociologiefera bienen tout ceci de prendre exemple sur
la tinguistique, qui, sans refuser leur p):)t!e à certitias élé.
mextscootOtgents. est parvenue à dégager les lois générâtes,
et ne les a dégagéesqu'après les recherches érudites de ta
t~ ).'AX'!t!)!Sumut.o(U~E.<eo!Ot

phiioMphie. -Avertissements raisonnables, et somme toute,


acceptubles. C. B.

G. VA!LAT!. – SnHappttcabittta dei ooocettt dt causa


)<M<t«tta
e di effetto nelle BOtenze storiohe. ~<rt<!<a di
sociologia,VII, 3, mai-juin 1903, p. 24t.
Observations très nettes et qui nous semblent fort justessur
la manière erronée dont tes adversaires des sciences sociales
interprètent les concepts de toi et de cause tel que les
sciences physiques h's emptoieut. Ils se trompent est disant
que les lois scientiuques ne comportent pi)sd'excep)iuu!t;ceta
n'est vrai que si un eusembte detct'tnit'e de couditions est
r<')))is6. Ue même ta prétendue ttt'ffMt~ des lois est toute
relative. Quant a faction Gf(tcMCO de ta vo)out6 humaine, elle
estcompittibtcavecrexistencedctoissociotogiquesexMt'teateut
comme avec l'existence de lois physiques. EonMtes notions
de cause et d'euet sont, dans )a science, purement retativës;
les (a)tsse conditionnent iesuns les autres. etc'est seulement
d'uu point de vue déterminé que l'un est appete cause et'
t'au))-eeffet Hn'est donc pas nécessaire, pour introduire des
rapports de causalité dans )a considération des faits sociaux,
de conférer a telle catégorie de. faits, par exempte aux faits
économiques, une primauté, et de supposer qu'ils sont tou-
jours causes et d'autres toujours effets.
P. F.

H. BERR. – Le problème des idées dans la synthèse


historique, & propos d'ouvrages récents. ~eM de
Avrit et Juin 1904, p. t29-)49 et 296.
t!)/H</t~<'AM<onqM('.
H'06.

ROSS ŒDWABt'-At.swoKH)).Moot points ln sociology.


cntttmrt'M~ est ifOfM~te.) ?'/t<'Hmf)'«'ntt~M)'t)a<
~KM<t'o)t)!
Mt-to~y. t9C3 4. tX. u" p. !?; n" 2. p. tS8; n-' 3,
p. 34!);n"4,p.S2t)etn"6.p.78t.
Suite d'un articte signnh' i'an dernier. L'auteur traite suc-
cessivement des lois sociates, de l' « unité d'investigation
des caractëresdes difterents f;roupen)ents, des foro's soriates
et des facteurs du changement social. Pmpjte de t'etroitcsse
des divers systèmes socioto~iques, il cherche à concilier
A~AhYSHS. OmStOXf RT OMAKtSATM~ t!<Tt5n)KUttKii <6&

Spencer, Gumptovicx.Tarde. Uurkheim. etc. (p. 303) Ma)t;r6


f– f.)~ T~n n.t~hnim ~tc /n 9(M~!M:ttu'f6

sou éclectisme et ses tuborieuses disUncHons de cuncepts.


M. li. ne semble pas avoir éclairci les « questions controver-
sées a qu'il a~ite ces controverses sont d'ailleurs d'un autre
temps.

G.SEMt. – Le Utusioni dei sociotogi. /<«"«? <f«<MW< li .~f"


~w, at)"u Ytt, taM.ttt. mai-jttit)h'U3,p. ~t.
L.GUMPLOWtCX. – Per tapsicotogta deUa storiograaa. /<<
ilal. lfi Mt-t' V)t. 3. mai-juiu<9~. p. iM) ~q. (0 it'aifit-'M
efre'fMtftspit'ecsat'ttiitoftet)parle f'MJ"~ pat)'ioti()"e).
Fa. COUL Die OreMemder GeMhiohte Lei))!'))!. Dunckere'
ttumbtut. tWt. )M p. in-8'.(MeMb~tuiM et histuire).

Il. UtVtSK~S HT OKfiAMtSATtONS tNTUntHURES


t)t: LA SOCIOLOGIE
l'ar M.M.Mt's.

Nous avons eu souvent l'occasionde signaler, ici ou ailleurs,


le vague, t'indétermiuutiou des mots, si (réquetntneut em-
pioy6s par les Aticmftnds, de t'oM'Jt&HH'/p. de t'w~MM~,
d'M/tMo~c, de rof~f<'p~o<o~«', de t'o<'«fFr<t'<MCM.<a/t. qui
sout, d'ailleurs, à peu près intraduisibles en (rauç~iset même
de
pouria plupart, en augiais. Considérons,par exemple, une
ces disciptiues, qui paratt encore lit tnioux définie, la l'olks-
A«K~. Elle correspoud à ce qu'on appeUe en Angteterre et
chez nous le /b<< t'étude des traditions populaires. Or,
des phéno-
par traditions populaires, il faut entendre ceux
mènes sociaux qui n'ont plus qu'une existence diffuse, qui
sont tombes au rang de simples usages du peuple, du bas
bien
peuple monte, et qui n'ont plus de fonctions sociaies
déterminées. Atais comme nous l'avons dit (.h<Mtf<' .S'oc.Hï,
di)!us et
p. t96). il est abusif de séparer ces phénomènes
désintégrés des faits définisdont ils sont tes survivances. Les
coutumes matrimoniates relèvent de la sociologie juridique
au même titre que le droit matrunoniat, et doivent être étu-
diées en même temps. Les fêtes agraires de l'antiquité sont
normalement comparées dans des travaux devenus classiques
aux rites agraires de t'Kurope moderne et ce sont souvent
ceux-ci qui ont coaiiervéles formes les plus primitives.
<M t.'A~ESOCtOM'.t'H.ii'M.iMt
Ces mots ne correspondent donc mémo pas & des parties
déterminées de lu sociologie. Ils expriment simplement )a
prédilection de certains auteurs pour certaixs probiemes
sociologiques. Les uns, qui ont plus de goût pour les iarges
comparaisons, sout dits adeptes de <</<nfhj;)t<' ou de la
TtiMwtM'MMAf/M/tles autres misant plutôt à déterminer
des groupe!; de phéuontéues sociaux agrège!* ou désagrèges
pratiquent ce qu'un appelle la VffA't'A««< ta ~K««t'~M-
cA!<;A<< la )'o</f/o<M</f.
Mais cette division des sciences sociales
ne répond ni à des objets dinérents ni a des dinérences
de metitodes. H n'eu est pas moins intéressant d'assister
aux enorts <)ue font les sin'ants aitetoands pnur dethtti-
ter ces ditïerents champs d'étude; c'est ce spectacle que
Mousdonnent les trois ouvrages dont nous ai tous reudre
contpte.

Il. SCHURTZ. – Vœtkorkunde. Leipzig-Wien, Deuticke,


t903 (in ~ff A't'<~«H~<A'/Mf~a~<<'M«K~.etc. Afr~. v.
M.Kiur.XVt),xtv-mp.iB~
H.-F.KAtNDL–DieVolhBkumde fAr<'P<M~<K~tA~te~
«tt(<<7)f-< etc. LiepxiH-WienDeuticke, 1903 ()~«<
~<'<Ao</<
XVit~,xtt.~9 p. iu-8".
<t<'<f.
S. GUKTHER. – Ziele, Richtpunkte und Methoden der
modernen Vœlkerkuode. Stuttgart, Enke, 1904, vt)t.8'!
p. in.8".
Le travail de Sehurtz est le dernier qu'ait taissé cet auteur.
t) n'a même pas pu en voir tes épreuvesni en écrire rintro-
duction qui, à coup sur, n'eût pas manqué d'être interessaute.
C'est un manuel d'ethnographie somatotogique, de sociologie,
et d'ethnographie proprement dite ou de soeiotogie descrip'
tive. destiné surtout au public géographique.
Tout le second livre, intitulé « r<'<<eAcH(/e rei~'&MHdf M,
correspond exactement à ce que nous appelons ici sociologie.
Sauf sur un point, M. Schurtz met a part, parmi les « fou-
déments de la !'«<<'<A't<Kf/<etavect'anthropotogiephysique.
i'anthropogecgraphie. ce que nous appe!o)t8 ici lu morpholo-
gie sociale, et ta linguistique. Il sépare ainsi, d'une façon
évidemment arbitraire, ensemble des phénomènes sociaux
on deux tronçons des phénomènes fondamentaux, et des
phénomènes comment dire?–sociaux. Comme s'il y avait
AXALY'-t! – t)tVt!!tOfS HT OHOAXtSATtoKS )'fT)~K'MK.< <07

des phénomènes plus fondamentaux que d'outrés, et comme


si les faits morphologiques et les piténomènes linguistiques
n'avaient pas souvent pour causes des pttéuomènesjuridiques,
religieux. économiques, politiques, et comme si ceux-ci à
leur tout' ne dépendaient pus souvent de ceux-là. Au surptus
Sctturtx tui-meme marque avec uue certaine vigueur le carac-
tère socittt des tangues (p. 34~et les relations qui existent
entre tes tangueset tes sociétés (p. 3Ss().): de ta même façon,
cequ'i) entend par anthropogéographie(p. 24 32;n'est pas tant
l'étude de t'inttuenco de ta situation géngraphiqnesur l'homme
eu générât, que fétude de l'action des ptténomènestelluriques
sur les sociétés considérées surtout au point de vue de t'ha-
uitat. S'il y avait compris, comme il le pouvait, et comme il
était ionique. non seulement Fétude du milieu (tes peuples,
celle de leurs mouvetneuts et de leur attachement progressif
au sol, celle des Etats (géographie pohtique), mais encore
cette des mouvements de ta poputatiou, ta formatiou des
villes et pu générât ht répartition des individus à ta surface
du sol, il serait arrivé à la uotiou de morphologie sociale que
nous défendons ici. Mais it a mieux aimé classer une partie
seule de ces faits, cette qui concerne ta maison et la disposi-
tion des habitations rurales (p. t(M, t07; sous ta rubrique de
la culture tnatériette (tecimologie).
Le deuxième livre intitulé « ~ft'c/K'H~ M</Mr/MM~e J)
est uu ext'ettent petit manuel do sociologie c'est, nu fond,
un résumé du grand tivro de fauteur, intitulé t.~e&tcA~
Jer A'M/<M<' les mômes idées y sont soutenues (tans les atomes
termes, avec quelques faits en plus concernant tes sociétés
dites civitisées. Elles se présentent avec encore ptus de clarté,
et la même absence de références hihtiographiques. Parmi
les principales additions, citons quelques pages intéressantes
sur les « inmes de civilisations M(p. 70 et suiv. et. p. d9).
Le troisième livre est une rapide esquisse des connaissances
ethnographiques actuettes; il consiste en une sommaire clas-
sification descriptive des sociétésconnues; divisées en groupes
d'après leur habitat, et d'après leurs caractères physiques et
sociaujfcommuas. Les répartitions paraissent bien semblables
à cettes de M. Deniker (cf. /ttt<)t'0sociologique,iV. p. )39).
Au surplus, tout ce petit manuet ressembte singulièrement à
celui de fauteur français. Schurtz n'eut probablement pas
manqué de rendre justice à ce dernier s ii avait pu écrire sa
préface.
i68 ).'ANXKR!«)).<)(.tQCK.<9():<-tUM

Parmi tes idées intéressantes que Schurti! a semées en pas-


sant. sit;na)ous un petit paragraphe'p. t78) sut- tu nécessite
de t'observation socit)toj;i<)UM des enfants. Natm'etteuteut, it a
aussi rcedite tes idées eritiquittttes qu'H avait onises aitteurs
à plusieurs reprises. sur ht famitte, les ctusses d'a~e. etc.
fcf. ~))M<f'M<'<H/f~/f/t«', VL p. H)~.
Le petit rnitouet do M. Knind), u)) sp~ciatistc du fn)k)ore
slave <'t !)))t)'it'hit'net aussi oxceHcnt (pte c~tui de S<;))U)'tï
pMt'ttdi)))sti) t))6t))fcuitct'tion. Pr"p'n'tiut)uet)e)t)('nt henuctutp
plus d6vf)"ppe. il !)otteore le mo'ite (t'être peut être tu pre-
ntier tXMnue) 'te tothtnre ()ue nous possédions, et ricx <)))'<ce
titre il van) (t'être si~t}))f. S:)))sc«tnptt'r <)U'i)cotopreud tme
pitt'tie tout Afait ut'inhtatc qoi consiste dans m) )tistori(p)e et
uu ti'bteiut de t'etat uctne) des recherches de ft))k!'))'e. Kttt'o-
pcon~p.U) Nous disons hieo Européen, cur c'est de celui-
ci seu) qu est question. Or il est extrêmement re);reH))b)e
que, ditns ce uxtnuet (iestine, lui aussi, surtout un pnhHc
not) spHciidiste,de (;eogri)p!)esen pi)rticu)ier, cette tradition
sonhie s'xccootnmer que tes peupics civilises, seuls, les
pettpiesoccide))t!)uxptusspeci!uet)ient.ot)tunfo)k)ore.d''stra-
dttim'8p')pu)itires,tm t'o~XM'.conxoeditM Kitindt t) est de
tottteev'dencc, au contritire, que tespiussum'i~esdes peuptes
act))cth')))'')'t ohserv.tbtesont eux aussi leurs répertoires de
contt's, de tp}!<'ndespures, qui nesottt pas des mythes, leurs
proverttes, h'ttrs jeux qui sont des rites tonhes en désuétude,
tour" ('oututttcs qui n'ont ptus de vuieur reti~ieuse oo juri-
diqttf d''ter)))im''c. leur foitdore eu un mot. Certes M. K'tind)
fait si) part à l'étude des « A'tn-f'f )' ~cf.p. t<) 85). Mifisit
la fait du point de vue ordinttire de t'ecoto anthropotnjtique.
i) peuse que chez ces peuples ou trouvera tes phénomènes
explicatifs des survivances qui persistent dans nos sociétés:
mitis it n'ajoutepas que ces peuptes eux-tnemesont euxaussi
leurs pht'notnenes de survivance.
La pHrtieta plus importante de ce manuel est consacrée à
des questions de méthode, diversement, importantes Nous
p))ss"nsasscxbrièvement,sur les prohtemesque nous trouvons
inutites et oiseux, mais qui sont pourtant traites ici avec ta
plus (;raude<'):))')' des rapports de la )'n«M/)<H</t' avec t'ethno-
to~ie. ta t(i~.<'r~t«f~ etc. Les paragraphes qui y sont consa-
cres abondent pourtant d'idées inj;euieuses, de citations
topiques desauteurscompetents. et, cequi vantencore mieux,
d'une excetteotc hihtio~rapttie sommaire ntais critique. Dans
A\At.YSHS. – t)tV).<mXi< t!T <)tt)!AXt-AT)"S'. tSTtOUKCHK~ «i9

cette bibtio~rapttie nous ne voyons que quelques lacunes tou-


chant tes citations des ouvrages français et anglais. tacxnes
de moins 0) moins rares dans les travaux attemands actuels
'M. )'')'axerest complètement oublié, ainsi que notre vieux
Mxury. et la « t'«'<<<M«oM p~t'totft'rc » de Tylor est relative-
ment mal traitée.)
'eu
La question des conditions de l'observation socioto~iqne
t'espèee.fotktoristiquo).estutiiementtra!tée.etafoud(p.73-
7:), p. 84.97). Choix des informateurs, critique des sources
écrites et orales, imprimées on privée! principes de ):<
t-eettercito et du ctassmnent. teiies sont sommitiretnent les
com'er-
principates des rubriques traitées. Les pin-a~-aphes
nant les Musées et expositions nous semblent so~estifs.
venant d'un homme qui en a l'expérience. Un questiounnire
do folklore, avec rctereuces aux travaux qui peuvent servir de
modèle, suit ces paragraphes (p. ')8.i i7). Nousaurions cm'tes
beaucoup à critiquer dans ies principesdoctassement adoptés,
mais ce serait soulever tout le problème de ti) ciassittcation
des phénomènes sociaux. Les rubriques sont ciaires. par hts-
tant vraiment exhaustives, cela suftit. Et nous n'aurions rien
ù redire si iofoikiore.teiqueM.Kaindiie conçoit, ne semblait
être trop restreinta t'6tndcdespopuiationsruraies,niors()ue
certes. ks usages popuiah'es de ta ville ne semblent pas man-
quer d'intérêt.
La discussion des méthodes d'interprétation et d'explica-
tion est judicieusementtraitt'e (p. i~O)38): comme M. Win-
ternitx. M. Kaiudi tend a une espèce d'éclectisme entre les
divers procédés des diverses écotes; il tait à ia philologie. à
t'etimotogie. à l'histoire, leur raisonnabio part. encore qu'i)
tende, en se rattachant plutôt a Rastian et an principe du
« Fti<f~('~o<A'<' il se rapprocher des idées (pte nous
dcfendo's ici eu ce qui concerne t'élude des rejttt'sexta-
tionscottectives. Mais nousne voulonspas trop tirer M.Kaindt
a nous en nous servent de passages après tout peu explicites
de soi) livre. Nous préferons marquer que, (tans ce cinquième
fatale vu
chapitre. fauteur, par une espèce d'inconséquence,
le peu de ctarté du concept primitif, semble restreindre le
domaine de la t'o~/MMH~ il celui des pures représentations, et
plus spécialement des survivances mythologiques.
M. Hnnther est, lui, un géographe enthousiaste de h) « t'ti<-
~<'<-t«K~' sous le nom de laquelle il comprend plutôt une
espèce de nMt~N-'Mscientifique, une science frontière
nO L'AKS~B MCtOMUWE. tWM9tt

(p. )9). formée par un confluent d'autres sciences, elles-


mêmes tre? complètes les sciences at)Ux'opo)ogicopréhisto-
riques, lit linguistique. ta scieucosoeiotogico psychologique.
la gt~ograpttie.Hmpruntant, à chacun de ces groupes de dis-
ciplines. ses resuitats. elle aboutit ù une description ratiou-
netie des peupies. des ptténomenes qu'ils présentent, et de
leurs rapports. Comme Schurtz (op. cit., p 44), M. Guuther
restreint arbitrairement le nom de sociologie a l'étude des
phénomènesjuridiques, d'organisation société.
Sonxeie est rentarquabte, son érudition abondttute. Mais,
lui aussi, no rend pas suffisamment hommage a ia science
anglaise ou française. C'est ainsi qu'it oublie de citer Gitttoa
et Broca pour t'anthropotogie. Burnout parn)i les fondateurs
de ta tinguistique, tandis qn'it ne manque pas de citer des
auteursde second rangcommuv.Heiiwatd et Lippert. 1)'autre
part, oubiiertes Australiens quand on parte de populations
actuetiementvivautesquiensonta i'agepaiéotithique (p. 35;,
et affirmer qu'il est possible de retracer les migrations qui
ont abouti à peupler )a Nouvelle-Ztluude (p. 30; sont de ces
fautes qui enievent de leur poids aux meilleurs arguments.
Nous remarquons avec plaisir que ces travaux sont publies
Ils
par des géographes, ou dans une collection de géographie,
dénotent qu'en Allemagne les questions que nous appelons
sociologiquessont devenues l'objet d'une science indépen-
dante de la géographie. Car même )'.4t(~o~<«;~«' se
trouve rattachée, sans encombre et sans opposition, à lit t'c<-
A''</fMH</C. M'

A. G. KELLKR.– Queries in Ethnoerraphy. – Longmaus,


New York. HM3.X-77 p. iu-t8.
M. K''tier est sociologue, sinon ethnographe de profession,
et ses vues targemont ouvertes lui ont permis de dresser un
dit-
questionnaire de sociologie descriptive où l'on trouverait
ficilementdo ces lacunes considerabtes qui rendent quelque-
fois ces questionnaires sans valeur. La principale que uous
trouvions à signaler est l'absence de toute question concer-
nant ta morph")ogie sociale nombre et répartition des indi-
vidus d'une société it ta surface du sol, suivant les âges, mor-
taiito, natalité, mouvements de ta population, migrations, etc.
Mais une science toujours eu eveif fait que M. Keller ne
néglige pas de poser des questions concernant les marques
– PHn.OMPfttH
AX.U.YSES. MtOt).~ TX~untBS(i)!x)i)t~.K< iU

de propriété, les maisous d'hommes, les conditions des rites


magiques et religieux, etc. etc.
Les remarques générâtes ptacees eu tête du questionnaire
out trait aux principes d'observationet de preuve en matière
de sociologiedescriptive. Elles sont justes et sensées(p. )-8).
De meute, il est fort raisounabie d'avoir plutôt indique des
rubriques que les observateurs doivent cherctter à remplir
que du tcuravoir posé. conxnpfout lesanciens (juestiot)uaires.
de ces questious qu'ils sont obtins de truudter, pretttitturé-
meat toujours, par des :)<firmutiousexcessives.
Le vice ~mve de ce petit livre, pnraiiieut'ssi utile, est dans
une ciHssiftcMtionétrange des questions, c'est it-dire des ph6-
nomenes sociaux. Un gros voiunte n'eût pas été do trop pour
)c(;ititner lit division en .VafHf<'M<n«'e.
/'<T;~)Nt<on.<.ra/f/tc«-
<<««,/<<<j/<u«.<! aH<<S)f;w~<'ot(.<<f'MaM~(/MyM, ï7t('~oc<e/<f<
.s'~<<'fM,CoH(ac< NMd~/o</</<c«<('OK.
Nousdounoos les titres des
chapitres eu anglais, car nousnous trouvons incapables de les
traduire, même approximativemeot. D'uitteurs nous dou-
tons que jamais l'uuteur parvienne &en légitimer t'entptoi.
Ainsi, par Mta~XfMOtx'c, M.Keller entendtoute ta teehuotogie,
et uue partie des phénomènes économiques,les p))6notn6nes
juridiques de propriété, et ceux de ta guerre qui eussent du
prendre ptoce évidemment sous ta rubrique MM~c<~t'< MtM/<-
/«'<t//on.Ainsi encore sous le titre de fn'f<(<«<!MM, Ai. Keller
range simplement les phénomènesjuridiques et moraux qui
constituent ta (amitié.
La préoccupation principale de fauteur estevidemmentde
contribuer a lu sociologie religieuse, mais ii dispersé en
dehors du chantre correspondant une foute de questions.
Ainsi les interdictions ntueiiesaHtnentaires (quest. t33,sq<)
se trouvent suus le titre Alimentation. M. M.

))). t')t)L080PtUËSOCtALH.
Ttt~OtUHS
tit~ËMALHS
U)Vt:RSHS
Pitt MM.ArtttX,
BOt-Ot.f!, t)E)tn,Luit:,t'AKOU).
F'At-COXXET.

<: !UCHAt<U. – Notions ëlémont&tres de sociologie.


Paris, Detugrave.t'édit., 1903,3' édit., )904,) 1 vol. iu-t2,
p.m.
Lesuccès de ce petit livre, dont )a troisième édition paratt
moiusd'uu an après la première, est des ptus mérites. Rieu de
H!! L'ANXKK .toCtOMUfQUK. i"03.iWt

plus utile que de faire pénétrer la sociologie dans t'enseigne-


meut soeoudaire et c'estt.') te désir do M. Richard. Mais rien
de plus difficile que de rénoir, sous ta forme modeste d'un
manuetétémeutait'e. tes résnttats d*uue science aussi jeune
que tu sociologie. Ptusieurs yuntéchoué pour avoir présenté
des vues subjectives comme les données o))jectives de la
science. M. Richard a su éviter ce danger sans rien abdiquer
de ses idées personneites.
t.es faits sociaux sontétudiés par trois groupes de sciences
les sciences ttistoriques, tes sciences sociales <économiepoli-
tique. tiuguixtique. etc.) et la « socioto~ie comparée et {!eu6-
tique. L'itistoire Hôte tu successiou des faits sociaux sans
en rechercher les fois, les scieuces sociales considèrent abs-
traiteutentt'uuou l'autre des aspects de la vie cottective;i
ta sociotogie cotuparee et );euetique étudie « les types
sociaux, leur constitution et teur filiation M;son objet propre
c'est « le lilm social M,la sociaiitc, ou, comme dit volontiers
M. hichard eu prenant te mot dans son sens exact. !a solida-
rité. Le sociologue recherclx'quets liens rattachent l'individu
au milieu social « en déterminant autant que possible l'ordre
constant de leur apparition.
Apres avoir défini ta sociologie, l'auteur fait rapidement
l'histoire de cette science, puis il en décrit ta m6th"de. Cette
méthode, c'est l'observation. L'expérimentation est difficile
en sociologie, rnais elle peut être remplacée par des procédés
équivalents t'observation des crises et ta comparaison de
sertes de phénomènes bien constituées. Eu outre, on devra
procéder du connu a l'inconnu, en partant de la société occi-
dentale, sur taquctte nous renseignent de nombreux docu-
ments statistiques (dont M. Richard donne une analyse subs-
taatiette et s))KK''stivc),et est partant du présent, au lieu de
déduire tout)' i histoire, seion te procède cher aux evotutioo-
uistes, d'un état primitif conjecturât.
En employant cette méthode, M. Richard arrive aux con-
clusions suivantes. « Le premier élément de la vie sociate. le
plus f"ttdamo)ta), est t'Mpt'~f/<*<<t.o<'«~ f/nmM<~t<ec'est de
lui que dépend ic mouvement de ta populatiou et une grande
partie des phénomènes moraux et criminotogiques. Vient
eu secondlieu ta M~u)'<* <~<~-f;r<«7
<'<<fM~AoKf/M,qui dépend
eite-tnénte de ta f/)''<)OMf/M<<Yn''«<. » En troisième lieu, it
faut cousidéror t'~j~MtMttott <«<.
Les sociétés domestiques prennent des formes variées:
A!<At.ys)M. – t'Htt.OMt'HtE TMKuM)!~ t!HX)!KA).K-!
MCtAt.K, <73

clan tntémique, pttratrie. famttte patriarcate aquatique, famine


pnternet)ecoj{natique. La division du travail est tantôt fon-
dée sur les aptitudes différentes des sexes et des ânes, tantôt
sur ta disti):ftion de ctasses Mréditairf's, tantôt sur h) capa-
cité des individus. Lest~tats ftrihus. confédérations de tribus
ou nations) sont ré~is tantôt par des coutumes, tantôt par
des fois Entre ces diverses formes de )a société domestique,
économique ou politique, une titiation constante peut-c)!e
être découverte? L'étude des < [ormes de passade » et des
« survivances u permet d'affirmer qu'ettes se succèdent ordi.
nairement dans l'ordre où nous les avons e)tU)n6)'ees:le ré-
ghne df ta toi suit nonnatonRttteetui de ta coutume; le r'~itMe
des clusses héréditaires précède )a division du travail fondée
sur iescapacitéitindividueih'sitous iestypesdefamities vien-
neutdu ciau tnatcrnet. EtM. ttichardencoue)utque)es races
humaines sout c~ates << elles n'ont pas apporté dans ta for-
malion tics sociétés d'aptitudes di)ïerentfs; toutes ont com-
mencé par iocian, et, en fond.tnt le villuge. ont su poser les
assises de t'Ëtat. Mais les nues ont rencontré des milieux
favorabtes tandis une le déveioppementdes autres a été arrêté
par liennturo )' fp. 83).
Cette Kvoiutiondes sociétés a t-e))oun sens ? Peut on affir-
mer l'existence du progrès ? Si t'on appeHeprogrès le déve-
ioppetnent deia pensée, t'onpiru croissant dci'hotnmesurses
penettaotsetson empire croissant sur les forces naturelles,
on doit refonnattre que le progrès a été rare dans le passé,
mais qtt'i) est réel et qu'il sera de plus ou plus notable dans
l'aveuir. On peut même déterminer tes facteurs du progrès et
les rentes de i'art social capable dp le promouvoir. C'est par
t examende cette question que se terminaient tes deux pre-
mières éditions, sur une déclaration pieine de confiance dans
t'avenir tnorat de l'humanité.
Cette déclaration a été remp):)céedans la troisième édition
par tout un chapitre sur ta HMt'f~ ~.o/f'c. t)es données de
ta sociotu~ie peut on déduire une morate? Xtoratitéet socia-
lité sout-ils termes synonymes? At. Hicttard qui, dans sou
t'OK'<!</<'~tvf/c. a insisté sur ia féconditédes applications
do ta sociologie àt'Ohique, nes:turait nier tes rapports de ces
deux dis''ipti))es.Mais it n'estpas disposéa tes i'ientitier. c'est-
à-dire a diminuer le rôle de ta conscience individuelle. « La
moraHtc, conctut it, est ta sociatitetransformée par une réac-
tion personnelle rénéehie. »
<74 ).'AKN)!E i9M.tMOt
SOC)Ot.Ot:tQ(.'K.

Nousne sourions avoir ta prétention de discuter – pas plus


que nous n'irons puexposer – toutes tes idées contenuesdans
ce petit volume. Nos remarques n'auront pas d'autre but que
de caractériser les tendances de son auteur.
Hntre plusieurs déftuitious de ta sociologie, M. Richard a
choisi celle qui lui permet de distiaguer cette science nouvelle
des « sciences socixjes Mdéjà vieilles, i'éconotnio politique,
lit linguistique ou le droit: la sociologie n'est pas. pour tui.
ta science des /«<t.<,mais lit sciences des <~<f<sociaux. Ne
pourrait on pas se dt'mander si cette définition est assez
large ? N'est ce pas faire œuvre de sociologue que de recher-
cher lescausesdu suicide? ne truite t onpus en sociologue une
question pohtique quand oa recherche dans queiies circons-
tances socialesse propi'gent les idées ~s ? Pourtant.
dans ces études, ce n'est pas fe type sociatqui est i'uhjotde
ta recherche. H sonhiequeM. Hicitant conçoive ta socitttogie
COtOtneune scipnce analogue a tn psycitoio~ieou à ia biologie,
qui ont pour objets des êtres, tuudis qu'il est possible de la
couct'vuirsur le modèle de la physique qui prend pour objets
des faits.
D'antre~remarqtjes s'adresseraient à )a méthode. On n'en
saurait trop iouer la prudence: elle contraste heureusement
avec ta témérité de maint socioto~ue. Et sans doute c'est
par prudence que M. Richard part de )a société oecidentate.
la mieux connue de toutes. Mais ii rcsuttede t'etnpioi de cette
méthode que )a société occident!)h*setrouve ptacee au premier
rang, et que toutes les questions sociotogiques sont. pour
ainsi dire, traitées de son point de vue. Par un procède ana-
togue,i:) biologie, jusqu'à une date assez récente, n'étudiait
guère que t'organisme humait), oa n'étudiait tes autres êtres
que par rapport a ) homme. La biologie est aujourd'hui plus
objective. La socioh~ie ne serait-eiie pas plus objective, si
elle s en"rcait de se placer il un autre point de vue que le
point de vue"occident!)) ?
L'ua des danj~rsde cette méthode est d'introduire dans les
spécutatious purement théoriques des jugcm''))ts de vateur
qui sont peut être des préjugés. Nous tenons notre civilisa-
tion pour la « plus éievée Mde toutes. Maiscette notion a-t-e)!e
le droit de s'introduire dans une sociologievraiment scienti-
nque?t)eméa)G.t. nit'bard parle do <T<.<M. de faits anor-
m~M.r,de yM'n~'Mces notions ont ettes un sens pour qui se
bornoà constater des faits et à chercher des lois positives?
AXAMES. t'mf.OMPtHE MOAL)!, TMt~OXtKS G~nAUM )")r.

Pourquoi placer le (licol-ceet le M«:«/e parmi les faits anor-


maux ? Parce qu'ifs figurent sur les statistiques de t'admi-
nistration judiciaire ? Lit raison serait insuffisante. Parce
qu'ifs sont contraires aux lois de certains pays? aux mœurs
de certains autres ?Mais combien de (aits jugésnormaux par
M. Richard sont contraires a certaines lois ou a certaines cou-
tumes ? La sociologie a tout intérêt à séparer nettement
ses théorèmes des applications pratiques qu'on en peut dé-
duire, ses jugements d'expérience de ses jugements de
valeur.
Enfin, la théorie fondamentale de M. Richard, qu'on pour-
rait appeler, par opposition a d'autres, ia théorie du primat
de ia famitte, est des plus intéressantes. Il est à souhaiter que
son auteur lui donne, dans un ouvrage spécial, tout le déve-
loppement qu'eiie mérite. H pourrait aiors nous dire eu quoi
des théories plus répandues, celle du matérialisme historique
ou celle qui voit dans la reii~ion ta matricedes faits sociaux,
lui paraissent insuffisantes. Sans doute, cette discussion n'eût
pas été Hsa place dans un manuet élémentaire. Nous aime-
rions pourtant connattre l'opinion de M. Richard sur ce point
et savoir en même temps pourquoi les phénomènes religieux
joueut ditns son livre un rôle si ef!:)c6.Est-ce parce que la
science des religions fait partie des sciences sociales ans.
traites et non de ta sociologie ? Est ce pour une autre raison `?l
En toutcas. iiya une raison. Car une telle iacune ne peut
être involontaire dans un ouvrage aussi complet, aussi riche
de faits et d'idées.
P. L.

RMK~WORMS. – PhUosaphie des sciences sociales.


T. Il .t/t~Aof/c(les«'t'cocMMf«t<M.t'itt-is.Ciard et Ht-iëre.
t003,p.MO,itt-8".
Ce Hvra est la suite do celui dont nous avons rendu eotnpt.e
l'année dernière (.tHn~eMc<'o~t'f/t«'.t.Vt!, p. )(}!)).
L't pretoière partie est la c)'iti<)t)cdes«)nMth<)dcs«~'<wt n.
(Méthode mathématique, physique, biotosique. psyt'ho)oi;i-
quo.) Ou ue voit pi)a tr6s ct.tiroocut ce que M. W. :)ppe)te
môthode (t ~no~. !) parait designer oin!)!des meUtodes qui.
sans observer )))r6a)ite sociute, en detertnineut tes lois d'.tprës
des Hnato~ies tirées d'autres sciences; toitis d'autre part, il
réunit à celles-ci sous le metue vocable des méthodes qui
<76 L'At<:<KK.C)t;tûLOM(.'ft:.HK):)-)iM

empruntent aux autres sciences positives quetques-uus de


leurs procédés d'investigation ou d'it)duetiou.L!rAce& cette
etrim~e confusiou, il ctus~e parmi les metitodes ;< ~<'<o<'< ta
méthode de M. ))urk))eitt),p:o'exempte, quitappetie tncthudc
«physiqoeM; les critiques très Ke'Mm)es(ju'it adt'Mse ù cette
tnett~dene stjtttdititicm'spnsuouvetiesetM. Um'kitt'in) s'est
Mptitjucsisfjtn'cntsnr ces dittureuts points qu'itest iuutile
de relever les inexactitudes que commetM. daus t'htter-
pretutit)))de si) pensée.
Ln deuxième et la troisième parties étudient )''s méthodes
« ~.<<or<; d'idjord )es proecdes d':)U!f)yseet tes sources
d'information (observntitm, statistique, mouu~t'nphit', en-
quête, ethuo;!r)tphie, histoire;, ensuite les prut;e<tcsde
syutt~se. c'est a-dire ceux par lesquels ou determioe entre
les fitits des rapports t('}{i'tt'esde CHUsatitesoit de cuexis.
tence, soit de successiou 'ciitssiticutiou, inductioo, déduction,
misonue)neutpuri)))ittu~;i('l,
Tantôt rituteur détermine diuiectiquemeut ce (lue doivent
être chi'cun de ces procèdes, tantôt il nous décrit t'emptoi
qu'en a hit ta sociologie contemporaine.
A.A.

A.ASTUttAM. – n matertaMsmo storico el& sooiologia


générale. Geues, Librairie moderne, t')04, t vol. in-t2,
p.3C<
Bien q"H jn~e le matérialisme historique supo'iem' aux
autres doctrines sociuiu~iques, M. Astururu croit devoir le
depnsst'r et )(; remphicer )):)<' une sociotogie attende
» qui sentit fottdco sur ta psychotogic goterifte et
ht)tU!)it)<!
sur lit sochdutfie zoologique u. Le ntnteriidisnte historique.
eu ('m't. ex)))i')ue la famille, le droit, la religion, et) uu tout
toute ctitsse df (iuts sociaux, )):))'des causes t''co))omi<)uesLe
facteur ÈHouotuiqueserait ta souche unique d'où sortirait'nt
tous ces rameaux. Or, Userait plus exact, setou M. Asturaro,
de dire que les pht'ttOtnèueaéconomiques déte))))iufnt. les
pt)6uo)uent's« génétiques ceux ci, joints aux pt'et-cdents.
dt'terutineut les phénomènes juridiques, ceux-ci tes ptx'uo-
meues mititaires; les pttMuotUÈnespotitifjm's dt''p<'u<tcntde
tous tes {acteurs déjà t)otn)t)es; enfin, ta retit;ion. tart et ta
science varient eil (onction du régime politique, tnititaire,
juridique, doutestique et économique. Cttacunde ces ratueaux
AXA).y:.M. )'t)iMSOP)nKSOCtALH,
Tt)t!o)UK.'i
a~KALKS ~7
-à .1.
sort du rameau vois))). Le principe du matérialisme histo.
t'ique est conservé c'est le facteur économique qui joue le
rûte primordiat Mois eu n'est pas te régime
économique qui
détermine immédiatement h) forme do tous les faits sociaux
la forme du droit, par exempte, dépend a ta (ois do ta forme
de ta fomitte et du régime économique. H)) outre, les divers
groupes de fuits sociaux peuvent avoir des réfutions réci-
proques qui oe sont pas t'aies par )e (acteur économique.
Les derniers tenues de ta série peuvent réagir sur tes
premiers le droit, s'i) dépend de ia fatniite. peut aussi la
modifier. Teiie est, dans ses grandes lignes, lu théorie
que
fauteur substitue au matérialisme historique.
Commesou ih're. eu dépit de ses dimensions
apparentes.
uost que te dévetoppetoent d'une teçon
d'om'pt-turo, i)
n'apporte pas &i'appui de ses thèses toutes tes références qui
permettraient de tes in~et'. Undoit cependant remarquer qu'it
ne saurait tes soutenir sans restreindre arbitrairement te
sens des mots </ro<f,~0!<rfrnem<'M(, <u't ou )'t'<~)on.Pour
démoutt-er que ta famitte et t'Ëtat, te droit et ta morale
peuvent opparattre et appiu-aissent parfois avant ta naissance
de ta retiK'on. il est obtige de rayer du nombre des
pi)eno-
mencs rcii~ieux )u tna);ie. te cutte des esprits fp
194)et sans
doute le totemistne fqtt'it ne.mentionne pas). Pourd6)))ontre)-
que tes pitenotnenes juridiques précèdent les phénomènes
politiques, it cite l'exemple de tribus sauvages et de cotonies
européennes ~p. )88. n.) dont l'unique magistrat était un
juge mais ce juge n'etait.it pas revêtu du pouvoir executif?
De même. pour rete~uer aux derniers rangs de t:)série tea
phénomènes esthétiques. )t. Asturaro doit dcctarer que fart
n'existe pas, n proprement parier, tant que ses soutes
créations sont des danses grossières, des
tatouages et des
coup.; de tam-tan) <p. 249; mais cette exclusion est-elle
légitime? Bien qn'i) abuse en générât de ta méthodedéduc-
tive et commence par montrer que ses idées sont
piausiUes
avant de les vérifier inductivement, t'anteur a choisi, non
sans habileté, certains faits qui paraisseot tui donner
gain
de cause c'est ainsi qu'tt trouve chez )e&
une famitte monogamique et patriarcate. Boschimansfp.S8)
prohibanti'im-estc,
nettement constituée par conséquent, bien qu'on
n'aper-
çoive. dit it, nutte trace de droit, de gouvernement ou de
retigion chez ces sauvages. Mais, outre que ces assertions
demanderaient à être contrôlées, ce raisonnement n'est'it
)' thucMtM.– Ann)!ti sucio' <<M:i.tat)t.
i7« t.'AXKHHSM;K)t.O(!)Qt'H.<9<)3.)99<

pas dict<*par u~cdc'n~tion arbitraire dudroit''Les prohibi-


tions et les r~ies domestiques qu'on nous signale ne r6v6-
lent-elles pas t'existeuce d'ua droit? Stms doute il s'a(!tt d'un
droit eoutmnipt', uot) d'uu droit codifié; mais des normes
recounues et appUquL'cspar toute une société ne constituent-
etics pas uu droit, tueruc si uue autorité politique HHles a pas
promulguées'
P.L.

J.-L. D!:LAXH8SAK.– La concurrence sociale et les


devoirs sociaux. Paris, F. Atcan, !U04;3)t p. it)-8".

Le but de cet ouvrage est de rappeler qu'on ne saurait, eu


expioitautia théorie darwiniennede la lutte pour l'existence.
dénoncer comme néfaste et autiuaturetie t'iutervcntion des
pouvoirs publics entre les hommes concurrents. tt n'est pus
vrai que la lutte pour l'existence livrée à ette-meme entraîne
nécessairement,eu tout et pour tout, le progrès humain. Dans
un précèdentouvrage intitulé la /.Mf<<'pf)xr <'t'j'M<<'<t<'c
et ~'f't;o-
<)</<f~t
'ff's.w'<<(Voy..i<)t<~ Me.. Vil, p. t7t) J'auteur «vait
insiste au eoutraire sur les conséquences deptoratttes qui
résultent, pour le plus grand Hombre, de fa concurrence
sans )'Ptf)eet sans frein condamnes a la misère et à) igno-
rance, ils mènent une vie materieHemeut et spiritueiiemeut
diminuce: tcm's races ue peuvent que s'etioter et dégéné-
rer.
Mais ce n'est lit peut-être le destin que des races <' infé-
rieures eu etïet Ceux qui sont condamnes ainsi à déchoir
et a disparaître, ce sont les plus faibtes Des lors, qu'hn-
purte an total cette situation misérable si elle a pour contre-
coup tc)''v:)tion des plus forts? si les classes supérieures
<)ansfa tnp.sare ot't tes ctasses inférieures dégé-
pro(:t'c<isettt
nèrent? Cest ainsi que t'aristocratisme preudrait aisément
sou parti des maux imposes à la masse par tes nécessités de
la concurrence.
C'est t'httix:)ctitudede cette dernière apologie, c'est t'ina-
nité de cetespoir m6meque M. de Lanessan prétend démontrer
dans son deuxième volume. Les privilégiés eux aussi ont
intérêt a ce que tousles «devoirs sociaux soient exactement
remplis.
Et en ellet. a côté du « combat pour ta vie lutte contre
le milieu dans laquelle t'ingeuiositc de l'homme se développe,
~).Y~ –F)n).f)SO!')))ti).t)(:~).)i,T)~<)KtK<(.KX);)t.\).H<
~9
pour le ptus grand profit de tous, il coté de ia « concurrence
Individuelle M.caractérisée par les effortsauxquels chacun des
membres d'une même société s'astreint pour s'assurer une
situation morate et mutériette supérieure à celle des autres,
il faut distinguer ce que l'auteur appâte ta « concurrence
sociale M.quiaugmente et étend les effetsnocifsde la concur-
rence individuelle. Souscette nouvelle rubrique, M.de Lanes-
san classe « tous les faits do ia lutte jmur l'existence
qui se
produisent outre les divers groupes sociaux familles,
tribus, classes ou nations. L'égoïsme collectif pousse chacunil
do ces groupes il se procurer le ptus possible
d'avantages
matériels et moraux, saus se préoccuper des
conséquences
qui pourront en résulter pour les autres eoiiectivites. i)e ta
des rivaiites incessantes, qui sans doute déterminent d'abord
certains progrès, par le déploiement d'activité qu'elles pro-
voquent au sein des groupes émûtes. Mais tes préjudices
qu'ils se causent les uns aux autres ne tardent pas à les aftai.
blir les uns et tes autres. Au milieu même de leur victoire,
les plus forts se sentent mortellement frappes le vaincu
entraîne le vainqueur dans sa déchéance.
C'est ce que fauteur entreprend de démontrer par des
considérations rapides, « a vot d'oiseau '), sur les etïets de la
concurrence sociale dans les sociétés romaine,
grecque.
hébraïque et enfin chrétienne. Partout il s'enorce de montrer
que tes classes etevees. – de quelque nature que soit leur
privitëst!, par quelque système légal ou quelque orgauisa.
tion relieuse qu'ettes le défendent – sont fatalementvouées
à la dégénérescence physique et mentale dont les classes
inférieures ont d'abord souffert.
Œuvre pleine de seutimentsgénéreux. et outon sentt'expé-
rience d'un homme qui a vu de près le travail iégistatif.Ou y
sent moins la familiarité avec les sciences de t'histoire. La
méthode des revues « à vol d'oiseau a que fauteur s'est im-
posée t'exposait à se tenir dans les banaiites supt'rnciettes,
quelquefois erronées.
Avons-nous besoin d'ajouter que les distinctions de con.
cepts proposéesau debut.eutre les diverses formes de ta cou-
currence. sont sans doute insuffisamment approfondies? Des
phénomènes aussi différents que les antagonismes entre
riches et pauvres, les rivalités entre castes dirigeantes, les
conflits entre confessions ou les guerres entre nations, que
l'auteurclasse uniformément sous la rubrique de « concur-
)80 )/SSKt! MOULUUtQt'H. t9M-)9m

rence sociale eussent demandé à être définis et' étudiés a


part.
Ce qu'il y a sans doute pour nous de plus iustructit dans
ce volume, écrit par un naturaliste, c'est )e peu d'usage qu'y
tait M. do Lanessan des notions maîtresses utilisées par les
sciences naturelles. tt a fait lui mêmel'expérience que, dès
qu'on aborde les sociétés humaines, la ptupart des catégories
biologiques portent a taux et nepeuvent plusservir de cadres
à Mosrecherches.
C. B.

G. SERGI. – L'evoluzïoneuma.a& individuaïe e sociale.


Turiu, Bocca,~904, vot. in- p. 283.
« L'évotutiouen biologie etdaus l'humanité. – Les espèces
humaines. – Les peuples et les nations. L'habitat.
La famille. – La temme dans le passé et dans l'avenir. –
L'art et la science.–Les religions. –Les anciennes civilisa-
tions et la civitisatioonouveHe. L'espèce humaine la plus
répandue et la plus active. – Les uations et l'humanité. –
L'évolution et le bonheur." 1)
Cette table des matières indique ta multiplicité ett'impor-
tance des prohiëtnes traites par M. Sergi. Mtettesufntàmou.
trer le caractère du livre, car ou ne peut pas résoudre taut
de problèmes en quelques pages; on doit donc se borneraà
v'ttgarisorquetques idées sans avoir le loisir de les démon-
trer.
L'idée génfratede M. Sergi, c'est que t'une des « espèces a
du « genre"humain, l'espèce eurafricaitje. ta plus active de
toutes, fiuira par imposer au monde entier sa civilisation.
Cette civilisation n'est pas seulement supérieure aux autres
partedévptoppement de son industrie ou par le progrès de
ses sciences; sa supériorité tient surtout aux principes
altruistes qui lentement y prédominent. Et c'est tcnrprépoo-
dérimce croissante qui augmentera )e houheurde t'homanité.
L'un des chapitres les plus précis est celui (lui est consacré
à ta femme. Lu temme, pour M. Sergi. n'a pas été de toute
antiquité 1 esclavede t homme au début elle partage sonsort,
et, si elle n'est pas très heureuse, il ne l'est pas davantage.
C'est seulement à lépoque où se constituent les premières
sociétés politiques let militaires) que t'homme prend dans la
famille, comme dans l'État, le premier rote et relègue la
A!tAh)-M.–CtHMiiO)')nRSOt:)A).K,T)))!oMK!!UËNt!HALES <St

fetmne au second plan. Situation inférieure qui doit cesser


dans une société dirigée, comme la société future,
pur des
principosattruistes.
tdées généreuses. mais trop générâtes. Quand il précise,
M.Sergi ne dounepas toujou'rsdesdémonstrations sumsuotes.
iiprétend. parexempte.que dans l'humanité future (où dait-
leurs Userait puéritd'opposor race il race ou nation a
nation),
ta nation Italienne jouera un rôle important
parce que, eo
diverses circonstances, daus l'expédition de Chine,
par
exempte, elle s'est montrée plus ttumaine" que tes autres
(p. 22)). N'est pas surprcoaHt ftue, dans celle apprécia-
tion du caractère italien, M. Sereine fasse tneme
pas allusion
au taux de t'homicidodausta croninaiitef Ce n'est
qu'un
détail, et qui n'enlève rien à ('intérêt de t'ouvrage, mais qui
revête Je danger de la méthode suivie par M. Sergi.
P.L.

GMnGS!MMEL. – The aooiology of Conrilot. (la 8orio-


logie<<tteoK/) T'/tfOMtM-tt-aM ./<WH«< o/'&)CM/o~,
1904, tX,
n"4. p. 490 n" S. p. (!?:!et n° C, p. 798.
Fidèle à sa conception de la sociologie. M.Simmel se
pro-
pose d'étudier le eonnit dans sa « fonne 0 en faisant abstrac-
tion du « conten)) o des divers conflits specinques (national,
religieux, potitique.sonthneutat. e-te.); dèslors it ne s'attarde
pas à définir l'objet de sa recherche tout le monde a bien
quoique vague notion do conflit ou d'antagonisme oud'hosti-
Hté; et ce)a suntt aux besoins de Fauteur.
Un premier article est consacré à montrer que le eonuit
n'est pas, comme il pourrait sembier. une rejatiou toute Néga-
tive et antisociale, D'abord l'opposition mutueUe est aussi
nécessaire a ta conservation d'une formesociale donnée
qua,
la sympathieou ta division du travail: ainsi te système soda)
dei'htde repose sur ta r6pu)sion mutuelle des castes autant
que sur leur hiérarchie. –Deptns. sauf dans certains cas
très rares (urie guerre d'extet'miuatiou parexonpie~, teooa-
uit n'existe jamaisa rétat pur, pas plus d'ailleurs
que t'har-
mocio; entre ces deux ixnites extrêmeson trouve une série
indéfinie de combinaisons où t'unioa se meteà t'opposition,
la synthèse à t'autithése. Même la lutte où l'ou se bat
pour se
battre (le jeu de lu guerre par exemple) suppose déjà une
entente préatabte entre tes partis, l'acceptation de certaines
tM L'AXfKK ~t'~)3.~9))~
.<U<:)')).t)t!)ofK.

règles communes. La controversejudiciaire implique chez tes


adversaires une énatesoumission à lu loi et aux formes de la
procédure. L'auteur exatuine ensuite plusieurs types de con-
uits afin de montrer ta réactiou exercée sut' t'antagonismo
par l'unité. Tantôt celle-ci a pour etîet de limiter et d'organi-
ser ta lutte !)a discussiou seieutitique où les adversaires sont
mus par le même désir d'atteindre la vérité; ta lutte des
otasses depuis qu'ouvriers et patrons s'accordent :t recon-
naitre que !eur antagonismeprocède de nécessites historiques
etque t'étément personnciaété élimine;; tantôt, au contraire,
ta communauté. présente ou passée, entre te! adversaires, a
pour effet d'exaspérer le connit (luttes acharnées entre sectes
voisines; violente inimitié d'un parti politique contre ses dis-
sidents gravite des quere!)es entre mari et femme, ou amis
intimes; )a jalousie présente uu antagonisme extrêmement
intense joint aiJ'uuion)a plus intime).
Un second artich' a pour objet de montrer t'intmence exer-
cée par ieco))t!itsnr lesdeux partis quiy sont eunaKes con-
centration du groupe; ttomogenÉite réalisée soit par l'efface-
ment des différences, soit par t'etimination des dissidents
irréductibles'd'où t'into~t-anee des minorités d'opposition);i
formation de Kroapesnouveaux, plus ou moins unifiés (États
centratisés, fédérationsou tiques).
M. Simmel anatyse ensuite dans le même esprit les formes
suivant tesqueitesunconttitprend fin paixapresexttaustion,
victoire, compronis, réconcitiation.
Le principal intérêt de ces articles, selon nous, c'est qu'ils
manifestent avecévidence!tes défauts inhérents a ta méthode
de M. Sinxne). La conception qu'it se fait de l'objet de la
sociologie le condamne à n'étudier jamais que des formes
vides et indéterminées qui n'eurent aucuneprise a t'investijta-
tiou. Le « connit examiné ensoi, indépendamment de toute
considération d'espèce ou de temps, peut servir de thème à
des variatious ingénieusesou a dest'approchements piquants:
mais il n'y a pas )a matière a une étude objective. Sans doute
l'induction pourra dép~er un jour des caractères communs
à la guerre et aux conflits politiques ouéconomiq'x" mais,
pour cela, il faudra que ces phénomènes aient été préaiabte-
ment étudiés dans leur complexité reeHe. et qu'its soient
ensuite méthod~uement comparés. Jusque-ià. des tentatives
ambitieuses comme celle de M. Simmel u ajouteront rien à
notre connaissance. R.H.
A'f.U.YSM. – t'Xtf.OSOt'HfK T)))!on)K') (iXxHHAUM <?
SOt:)A).K,

A. LOtUA.– Verso la Glustizia sociale ( t'<'n h J~<)'


.m<-M~.) vot. iu 4", S72 p. Mitan, )''0~.

Desmultiples artictesqui remplissent tes six cents pagesde


ce grosvotume, les plus étendus même ne dépassent pas une
vingtaine de pages c'est dire que, mâture leur intérêt, mai-
gré lu netteté d'esprit remarquatne de M. Loria, l'étendue de
son information ou tu dextérité de sa phonique, ce livre ne
saurait rien «jouter de très essentiel ni de très précis à ses
précédents ouvrages. L'auteur se réfère sans cesse,d'ailleurs,
à sa doctrine qu'it suppose préatabtemeut connue et qu'ii
résume dans son iutroductiot). plutôt tju'i) n'en apporte des
preuves nouvelles; cette docft'inc. c'est, en gros, lit tht'oriedu
materiatisme historique, i'affirnmtion que les idcesabstraites
connue les predicatious ntorates sont impuissantes à rien
modifier aux iniquités économiques ou mônxi à donner un
sens précis à ta notion de justice sociale; c'est ia confiance
aussi que par i'iuevitabte tutte des classes et t'évotution néces-
saire de la société utoderue, évolution que faction avisée de
t'honxne d'Htat pourra d'ailleurs hâter et re);niariser, nous
tendons vers un « ordre social équilibre c'est-à-dire de)i-
uiUf et juste, vers une « societe-iimite M. L. entend par
là une société de libre coucurrence si entière et si eptie qu'elle
s'étendrait mëtne aucitoix entre )a situation desaiarieet celle
de capitaliste, t'une n'ayant pas plus d'uvautages que l'autre;
où « te travaitieur qui accumule un capital et possède une
terre percevrait un revenu égal exactement a celui que per-
cevrait le travaitteur qui n'accumule pas et sabstieut de ta
terre » (p. t<)).
Les études qui (ont suite ù l'introduction sont distribuées
en trois groupes
t''Des <<M.wMc<'<MM M,consacrés à G. Roscher.aLassatte,
a E. de Laveteye. a Henri Geor{!e.& ta récente théorie autri-
chienne df la valeur (de)inie non plus d'après le travait ou le
coût deproduction, mais d'après t'utitite M. Loria la repousse
energiquetnent). etentin, ce sont les plus intéressants pour
nous. à t'ttistuire de l'économie politique eu ltalie, et à
l'économiste napolitain du xvur siècle, Ortes l'auteur insiste
sur une théorie de celui-ci d'après taquette, sur une popula-
tion donnée, la moitié suffit a produire ta somme totale des
biens nécessaires a ta consommation de t'ensonbte d'où
manque de travail pour toute une moitié de ta population.
<!t4 L'Asti SOCtm.(M!tQL'K.t90:t'Mt

cMmngo, ou, selon tes cas, constitution de classes parasites


nourries par tes producteurs pour tes défendre ou les servir
une sorte de malthusianisme à rebours.
3° Des« M~a<.< c'<'{)))o«t~«MLes plus ftudi''s soot consacrés
a « t'iuHucMcede la rente foncièresur ta distribution topngra-
phique des industries M.Lit toi qui veut que lu valeur d'un
produit soit détenniMée par soit coût de production dans les
terres les moins fertitesique.parsuite, tarentedesmeitteures
terres soit égide à toute ta ditterence entre le prix de revient
du prodoit dans tes meilleures et tes pires terres; et que. par
suite encore, cette rente nugmeuteantotuatiquementa mesure
que ti) densité croissante de ta population forceà cultiver des
terres de moins eu moins bonaes; <:ct[c loi de Ricitt'ttos'ap-
plique cgatement a ta diuerence de distance desdivers centres
de production aux centres de consommation. « Un produit
manufacturé se vend toujours sur te mm'che centrât fnhstrac-
tion faite des frais de production) a un prix c~at au coût de
son transport depuis ta terre ta plus étoi}!"6e Par suite,
les produits qui exigent les moindres fritis de transport
seront fabriques le plus loin du tnarehé; et les produits les
plus coûteux à transporter, à proximilé du wrche, l'excès
de la valeur sur le coût, qui est é~at aux (rais qu'it aurait
fatiu faire pour transporter le produit depuis ia terre la plus
etoi~oee, constituant ta rente de la zone sur laquelle s'etaittit
t'industrie. Mêmeelfet sur la rente des édifices, consacres et
non consacres a des emplois industriels, tt en résulte que,
« pour te consot))t))ifteur,toutes les terres sont stériles, toutes
les terres sont tointaiucs; et t'economie de coût du à )Mferti-
lité ou à ta proximitén'avantagejamais que les propriétaires
(p. 24;;).
A signater encore des articles sur le ~v<Mt<f/at~ <Mp<'<MM<!
<*<h <M<))f«<~tt'c d'auteur soutient que le travail dans les pri-
sons est d'utilité t;6uérate); sur les <o<~ <<<<<<'~M les
pays nft</A'et <ts <<fpf<y~rt'cxj'(fauteur est tihre-ét'hangiste
convaincu);surK)es~ffH<M r<f<o)r<<!</p <'<)< et les reculsdu
bi-ntètattisme au Japon, aux États Unis. dans ttodc même;
sur tes <'«)~)'MHf<(~MM<c.<et t'~mt'y<'«<<OMdMm/')(<ttfjc:sur « le
MtO)«:e<MeK«)MCt'<M'e( <«~ft<a(<bttOKcrtèrc",t)ûM.Loria n'apas
de peine à montrer, par l'histoire, que les mesures favorables
aux ouvriers ne leur ont jamais été octroyées parpitititnthro-
pie.-m.tis out été arrachées de haute tutte, grâce.)l'organisa-
tion croissante des forces ouvrières, et aussi aux divisions
AXJtLMM."PtnLOMPH)EMC)ALH,TMÉumM(i)MKAU! <85

des classes riches propriétaires fonciers et industriels,


grande ou moyenne propriété.
Enfit).une longue discussion des théories, soit juridiques,
soit psychotoniques,surtoutceties de Cohen Stuart et de Sax,
pour ou contre h) pro/w~'onn«<<<t' OMh pr<~r<'Mtc<~ <~ft'tn~X.
M. Loriamet ingénieusement en lumièrece qu'ont d'arbitraire
tous tes raisonnements psycttologiques sur la rapidité avec
laquelle croit ou décroît l'utilité qu'on peut retirer d'un
revenu. à mesure que le revenu même s'accroît. Pour lui, la
légitimité do i'intpAt progressif ne peut être ('itabtie dune
manière indiscutable que pour qui admet l'injustice fonda-
mentate du régime actuel de la propriété il apparaît alors
comme un Mtoyend'en compenser quelque peu ou u'eu atté-
nuer tes abus.
3"Les« MMM.'fOfM~~oMHsontd'un moindre intérêt. No-
tons pourtant une bonne réfutation do t'authropo-suciotogie
d'Ammonet Lapouge; un résume substantiel des hypothèses
qu'ont pu inspirer aux sociologues les science:!()hito)o;ques
unecri tiq uedes idéessociales de Benj.Kidd eniln i'articte sur
iesCoH~<Mp<hdf'm~'ap/ttf. M. I~oriainsiste suri'echecdes
idées maititusiennes pour expliquer par lu surpopulation les
guerres et les conquêtes il faut en chercher les causes dam
la distribution des richesses et t'inegatite des fortunes, qui
eotraine la constitution d'une classe à tu fois oisive, avide et
besogneuse,que les riches prennent il ienr soide pour s'en
faire une armede défense, et dont ils sont amenés ensuite
à satisfaire ies appétits paria conquête extérieure. Une
remarque sur ce point: l'auteur a objeeteaia théorie mal-
thusienne que la surpopulation devrait amener i Oni~ration
et la culture des terres restées libres aussi bien et plutôt que
la guerre; il il n'estpasévident que la même objection lie vailie
pas encore contre sa propre théorie.
D. P.

GINA LOMBROSO.– 1 vantaggi della degenerazione.


Torino, Bucca, HM4.230p. in 8'.
Cequ'on appeite. en y attachant un sens péjoratif, du nom
obscur de dégénérescence, consiste dans une adaptation au
milieu, exactement comme ce qu'on appelle évolution; entre
les caractères progressifs et tes caractères dits de régression,
il n'y a pas de démarcation nette. Ouue peut eu ellet consi-
t86 L'AXXHH-.mi)t)H~UH.i'JO!)-iM))t

dérer comme nue régression pour un organisme, comme une


perte, une dégénérescence'jui, uou seutotneut n'est pas nui-
sibte pour cet organisme, mais qui lui est utito u têt point
qu'it serait nuisible 'tu'cHe ne se produisît pas. L'abandon de
perfectionnements acquis antérieurement peut être un perfec-
tionnement, dans un milieu nouveau, ou tuut au muins ue pas
être un danger. C'est generutement sans critérium objectif
que nous rangeons les modittcations organiques tantôt dans
)a classe des phénomènes d'adaptation, d'évolution, tantôt
dans celle des phénomènesdo dégénérescence, de régression.
Ces conctusions s'imposent lorsqu'on étudie la dégénéres-
cence citez les végétaux p. t~-3i t.chex les auimuux (p. 3~-oC),
c))ezl'homme primiLif<p. ?j7.84).L'nefoute de modifications
dans ieur structure qui sont ineontestabietnent dos pertes,
dMa))ét'atiotts (fe~enéritti~es,apparaisseHt nettetnottt comme
ayant une toaction, uue utilité, et personne ne refuse d'y voir
des propres. Telleest par exemple la perte de ta queue, des
poits.deta t3"cote, des sacs taryngiens.ete-, par t homme.–-
Du métne point (te vue, on reconnaît sans peine que ies phéno-
mènes patifto~iques ne sont pns nécessairementt-tesse.ntiet-
tement nuisibles, qu'ils out une utilité, qu'ils suut des modes
d'adaptation, par suite des conditions du propres 'p. SS.))~).
Mais des qu'i) s'agit de t'ttomme contemporain, les ptteno-
mëuesdedcjtenereseetx'Gincoutestabtcqu'it présente'p. t-t8)
sontapprecies d'une manière puremautseutimentate,. comme
des pttenomenes aMi~eants et menaçants do re~t'es~ion,de
décadence. la on s'etiorced'arrêter cette decadeuce organique
par toute uue législation hygiénique qui cherche a .imposer
un type de structure et dosante aussi tyt'uuuiquement (me la
société du moyen ugti imposait l'uniformité de croyance.
Cependant ces phénomènesde dégénérescence sont tout a fait
anat~ues a ceux où l'on vnit uneadaptation utite, une évolu-
tion, un progrès quand on les observe che:! les végétaux, les
animaux ou t'tmmme primitif. C'est qu'on ignore les causes
qui rendent nécessaire cette dégénérescence, et ta (onction
utile qu'ette remplit; c'est que te préjuge uous (ait considérer
un type humain qui ne peut plus être te nôtre comme seut
normat. comme scui robuste et beau. L'auteur nous montre
comment les maladies nous sont utiles pour vivre dans une
atmosphère connm'e et impure, comment notre débilite fait
notre force p. t)H-t34); elle étudie ta réduction du périmètre
thoracique et du poumon fp. )3?)-)H). ta dégénérescence des
A'<At.Y.<)!'<. – )')ULO~U)')ftH .t)(;tA).)!, T)))!UK))!S t.HXHHA).)! tNT

appareils sensoriel, musculaire, digestif 'p. t4!i-)Ct), t'abais-


semont de ia stature (p. HiS-tT?),tes ra))ports de ta longévitéet
de )a dégénérescence(p. t8'2tt), )a dégénérescence nerveuse
etcérébrate i p. 178-186~.Et elle conclut que c'est à cette dégé~
nércscencedont ou s'alarme que ta race btanchedoitsa supé-
riorité, et, parmi les btancs, certaines sociétés et certaines
classes, leur supériorité relative les sociétés les ptus élevées
sont celles qui ont le plus fait d'expériences, le plus souffert,
qui par suite sontles plus propres :')l'adaptation, celles où un
nombre suffisamment grand d'individus dégénères remplis-
sent leur (onction utile qui est do provoquer des variations et
des propres. H est absurde de vouloir à lit fois conserver la
civilisation contemporaine et rester attache it i'id''at grec de
lu beauté et de la force..Par suite, les lois et toutes les pré-
cautions d'byp;ieae qu'on multiplie sont inutiles, et elles
seraient funestes si elles étaient efficaces.
Nous manquons de compétence pour apprécier ta manière
dont sont interprètes tous tes faits ingénieusement groupés
par l'auteur. Peut-être y a-t-i) quelque excès ir admettre,
comme elle semble te faire, que toute dé~'nérescence ou
maladie est bonne et. toutes les mesures qu'on y oppose
mauvaises il faudrait distinguer seion les cas et il n'y a
aucune raison pour que lu réttexion humaine ne puisse, ici
comme aiiteurs, intervenir utilement Mais. d'une manière
t;n<'r<t)c,Ja thèse mérite toute notre attention. Il importe
beaucoup à ta sociologie, non pas seulement que les notions
d'évolution, de progrès, de régression de maladie soient
analysées et que leur sens. purement relatif, soit mis en
lumière; mais surtout que l'usage se perde de considérer
comme seul normal, comme seul w«x~ un certain type
humain, celui de t'athtéte ~rec par exemple, et comme mor-
bides ou dégénérés tous ceux qui s'en écartent. <Cf.sur les
variations de l'idéal esthétique, p. 208. ~8). Le milieu social
impose des conditions d'existence tout comme le milieu
planétaire; les prenueres ne sont pas moins /M~ov~Mque
les secondes,et, par suite, nn état organique ne peut être dit
normal ouanormat, ntite ou nuisible, que relativement à un
ensemble donne de conditions sociales. P. t'

MUA~FOM~')CTux'. On the origin and use of the word


« Sooiology )) (~t't'~t'Mf
et MM'/e</)<w~ « Mcf'o~t'c"). Thé
AntCfiMft
Jouma)o)'Sociu)o~y.<i)M,JX,n'2. p. tM sqq.
)88 ia0!-)90t
L'AKN~tisoCtot.OtitQUB.

DE GHEEF. – Introduction to Sooiotogy y/tc ~twrt'caH ~o«)'-


tM<~Noc)'~o~.H)03,)X,ft''t.p.Oi)in"8, p.MC;n°ï.
p.3<iO;t,p.5Ht;))'i,p.O<'netn<'6.p.M2.
nt'PE\tt)':)MEH (FKAM). 8k:M9der soziaI-œkonomtBohenOos-
ohiohtsauffassong. (/t!~M<'M<* (le /« <'ot)<'fp«oM j.oct'«/<'f/ <'t'o/)o-
Htt'~Mf de //t<<t«)t'<'<)
\'iett<')jaht"!ch)'iftfiir wi-e))'!ch<trttiohePttito-
Mphie t)))d S"i!).))ut;tc,~03, )tff 3, p. XM-352et 4, p. 37U.4t3.
L.'mttettf !<'d!ut-cede constt'oit-e Mue phitosuphie de thistuire plus
exacte et ptus contprettCtMh'e(lue le nxnxisute.

OAREt. (TH) Le Peuple roi. t'~ai de sociotogie universaliste.


OeuMYc et B&!e,Ceo)'); et C" t'aris, F. Atcan. p. <74ia-8". (San:)
pottee scietttitiquc.)
STUCKEKHËM. – Sooiotogy. The solenoe of humaa society.
PMtuat)),).otfdon.
D' C. ntVËRA. – Determiaiamo eooiotogtoo. F. SeUh, Roma

fV. )/tXDn'U)U ET t,A 80Ctt:'f)-'


)'(n'))M.))ortmc~,At)tt)t.Bot)H).f:

G. PALANTË. – Combat pour 1 individu. Paris. F. A)can,


t9u4,p.~3t.
Speucer a opposé Fiudividu à t'Ktat. Mais la tyrannie de
)'Èt:tt n'est p:)8 la plus gênante toutes les formes de la
solidarité sociale, en s'imposant à l'individu, peuvent lui
parattre oppressives. Le livre de Paiante est un .cri de colère
contre ce qu'U appeite t'esprit grégaire, c'est-u dire )a ten-
dance de toute so~etÉ à se mettre au-dessus de J'individu, et
à lui imposer des croyances et des n'aies d'action. C'est un.
écho des doctrines de Nietzsche, et des œuvre:! littéraires
contemporaines de polémique sociale. Striudberg, Ibsen,
Sudermano, A. Franco et Tolstoï fuut'nisscut à l'auteur la
plupart de ses arguments et de ses exemptes cela n'est pas
évidemment pour donner il l'ouvrage un caractère bien scien-
tifique. Les articles dont il est compose ont paru dans le
Mercure de France, la Plume, la Revue socialiste, les ptus.
abstraits dans ta Revue philosophique c'est, comme on le
voit, un ouvrage essentiellement polémique et journalistique.
Nous le signalons comme l'expression assez ndëte de t'anar-
chîsmeiuteUeetuei.
– ).')Xf)mm; KTLA SOHtKTÉ
AXA<.V!!)!S. 189

Putante décrit avec verve les principales formes d'oppres-


sion sociale: l'esprit de corps etfespritadmittistrittif,
t'esprit de petite ville, l'esprit de famille, l'esprit étatisto,
c'est-u-dire la tendancedes honunespotitiqm'sus'embrigader
et ù embrigader les autres hommes dans des partis, etc. A
toutes ces formes de l'esprit grégaire, il reproche de rendre
serviles les Ames des subordonnes, tyranniques et orgueil-
leuses celles des cttefs, d'étou)!er te mérite individuel pour
ne laisser percer que les médiocrité'; fidéics à l'esprit du
groupe, de favoriser ('hypocrisie des vertus de parade, le
népotisme, fiutotéranee, )a dotation, etc. En un mot, toute
société duperfut l'individu en le faisant servir aux fins
collectives; elle créerait unesorte d'esprit mensonger, glori-
ttant tout renoncement, tout eHacetnettt de la personne
devant ie groupe comme si. ajoute fauteur, i'égotsme
collectif était plus noble que t'cgoïsme individuel.
A l'esprit grégaire, au dogmatisme social, Paiante oppose
les théories immoratistes de Nietxsctte,les exigences égoïstes
du révoité, du dilettante social. Au lieu de prêcher ta solida-
rité, tyrannique et hypocrite, il nous dit « Soyez égoïstes.
Soyezattentifs a votre propre destinée, u (p. 2~4).
H serait oiseux d'entreprendre ici une réfutation de ces
théories, tt vaut mieux les considérer du dehors, comme le
symptôme d'un malaise, d'un fonctionnement anormat de la
solidarité sociale,
D'ailleurs, tout n'est pas à dédaigner dans ces critiques de
l'esprit grégaire. La société, dit l'auteur, se considère comme
une (tneu soi et regarde l'individu comme entièrement subor-
donné à elle. Evidemment, le mouvement individualiste tend
à renverser cet ordre. Cela est bien sensible dans les transfor-
mations démocratiques de nos États modernes, dans l'exten-
sion des droits conférés Ii l'enfant et &la femme, etc. Maisce
mouvement ne va pas du tout contre la solidarité sociale en
généra! tout au contraire. L'auteur a entrevu et indiqué par
endroits le vrai sens de l'individualisme. Eu enet. nous pou-
vons nous émanciper de deux façons. Nous nous émancipons
d'abord parce que nous vivons d'une vie sociale très com-
plexe, parce que nous faisons partie de groupes nombreux,
dont aucun n'est assez fort pour dominer seut, et régner sans
contrepoids sur nous. Les diverses disciplines, domestique,
professionnelle, religieuse, civique, etc., se font mutuelle-
ment contrepoids, s'opposent parfois les unes aux autres
~90 L'x'<t!H«)t:)!').)t.'rt:.)')03-ttOt

<)e népotisme, par exempte, que t'atante siguate comme un


trait de l'esprit corpuratif vient, au contraire, de l'esprit de
famille, ''n antagonisme ici avec le veritabie souci des intérêts
professiuu))''ts). L'auteur a dit t'u deux ou trois passages
(p. 16, H. 77' que ietibre dt'vetopjfcment de notre personne
se fait uri'u'G à cet enchevêtrement des relations sociales.
Mais il se tinsse atier aussitôt après a confondre cet indi-
vidualisme avec la théorie purement anarchiste et égoïste de
Nietxschc.
Nous pouvons en effet nous émanciper d'une autre façon
en vivant pour nous seul ou, milieu de la société, quelle
qu'elle soit. en nous isolant. Or, un patron qui afîame ses
ouvriers, un chet d'administration qui fait durement sentir
son autorite a ses subordonnes, tous ceux à qui une superio'
rite quelconque permet de tyranniser dautres hommes
vivent selou la formule de Nietzsche. Des lors, nous ne
voyons pas pourquoi Pataute critique si violemment par
endroits ces diverses formes d'injustice sociale, puisqu'il
approuve i'egoisme d'où elles sortent.
En distinguant ces deux formes si difïerentes d'individua-
lisme t'individuaHsme par l'élargissement de la solidarité
sociale et t'individuaHstno par la négation de toute solidarité,
nous sommes conduits à une dernière remarque sur la portée
du livre de Paiante. Les critiques qu'il adresse à l'esprit
grégaire sont de valeur très im'(;ate. Hu gênera!, eties ne
portent contre une discipline spéciale que quand celle-ci
tend a être la seule, à peser sur l'individu d'une façon exclu-
sive, et au détriment d'une autre discipline. Tel est le cas
pourt'esprit de famille, par exemple. S'il devient prédominant,
exclusif même de tout esprit de justice plus large, ou de toute
autre forme de sotidarite, it aboutit eu effet au népotisme, à
des sentiments aujourd'hui anormaux, comme l'orgueil du
nom, l'esprit de caste, etc. ti en est de même pour un
attachement trop étroit aux intérêts locaux et une surveil-
lance trop jalouse des relations de voisinage dans une petite
ville. L'esprit de corps, par lequel l'auteur désigne une forme
de ta solidarité professionnette/serait lui aussi tyrannique
s'it devait nous absorber entièrement. D'aitteurs, Patante ce
dit rien de décisif contre la solidarité professionnelle le
népotisme qu'il lui reproche n'en est point une suite natu-
rette quant à ta surveittanco jalouse u laquelle l'individu
serait soumis de ia part de son corps, il nous paraît qu'ici
AXAt.YSKS. – L'MUn'tUL- ET LA SOCtM <Kt

l'auteur s'est taisse entraîner par sa défiance inquiète à


t'e);arddet"utediscip)ine.
Nous conctm'ons donc que l'esprit grégaire n'est pas tou-
jours en .tnta~'tnimnoavec "l'épanouissement de l'individu~.
Mais )"les diverses discipiiues sociuiusdoivent s'équilibrer i
aucune ))t' doit prétendre a nous conduire toute seule. 2" tt
y a des furutes unrtntdcs de sotiduriU' ta sotidarité protes-
Bionnc))e,):)sotidarite f:unitia)e. (tuand elle n'est pas exclu-
sive des antres, ti)sotidarite politique. surtout dans uu pays
où t'Htat est itusst puissant que le nôtre, et où tout te monde
contribue a son administration. En revanche, il y a des
formes aujourd'hui anormatcs, et par suite tyranniques. de
!a soHdarite. L'esprit de petite ville est peut-être dans ce cas,
et aussi i'ancien esprit de famille aristocratique et bourgeois.
Au lieu de condamner en htoc toutes ces espèces de solidu-
rité, it faudrait faire le départ entre celles qui sont con-
formes, et celles qui s'opposent aux conditions de notre vie
sociale moderne.
R.H.

Ta. HUYSSHX. Essai sur l'évotutton psychologique du


jugement. :!? p. in-8", Pans, F. Atcan, i!'0~
Comment se forme notre ft''W'<<t'f<? Sous queUcs influences
se développe en nous l'habitude de ju~er, d'anirmer et de
croire ? Ex essayant, par une méthode génétique et évolution-
niste, de répondre à cette question, M. Muysseu se trouve
ameue a toucher à quelques-uns des problèmes qui nous inté-
ressent, et encadre dans sa recherche quelques remarques
suggestives sur les modes de l'imitatiou ou les conséquences
de la co'npiication sociale..
Il étudie d'abord la genèse de lit croyance a un point de vue
purement individuel, supposant un sujet unique au sein d'un
milieu a ia fois fixe et variahle, auquel sa spontanéité s'adapte
progressivement. Simplification légitime en l'espèce, pense
l'auteur; car l'enfant n'est pas dès sa naissance un être social.
Ce n'est que peu ai peu qu'il distingue des choses et reiie
entre elles les personnes qui constituent pour lui ia société.
Et c'est précisément par l'imitation que cette distinction s'o-
përe. Apres avoir reproduit ses propres mouvements, il essaie
de reproduire les mouvements qui se développent autour de
lui. La société se compose à ses yeux des êtres dont il imite
<? L'AXKÉK sumuLUtit~UE. t9M.)Wt

le plus tacitement les démarches, et qui a leur tour se mon-


trent capables d'imiter tes sieuaes.Aveceux, entretient des
rapports d'attention )'t'eipro(p)e;itse sent vis-avis d'eux
ot)jet et sujet de réactions sytopathiques. Ainsi ta pratique
même dessine autour de lui un milieu mora) par rapport au-
qu''t s'ordonnent hieatôt tous ses jugemeots, « sorte d'espace
social dont il tui est aussf impossibtc de faire obstntctioH
quitestasesbras do se repérer hors d'un espacea trois dimen-
sions".
Et en euet. des que t'être peusant prend conscience de lui-
tnéme.itaanaireùdescroyancesd'ot'iginesociaie.tesuoes
se prêtant, ntais tes autres se dérobant au contrôle personuet.
A-t.it trouve quelquo citose par ]ui-)nen)e, il cherche un
cercle auquet il s'ellorce de faire accepter sa vérité. Pasde
croyauce, st'mbiet it. là où il n'y a pas d'échanges d'idées.
L'intmeuse majorité des hommes « ne pement atHnner sans
sp sentir plusieurs M.
Maist-tnmneut t'amrmation d autrui devient-elle notre atnr-
matinn ? Cotnmcnt une croyance diffuse dans une société
pénetre-tette et s'installe t-elle dans une coui-cienceittdivt-
ductte ? L'auteur estimant qu'i) n'est pas sunisant d'invoquer
ici. saos plus d'aHatyse. )a vertu magique de t'imitatiou,
essaie, eu utilisant principateatent tes enquêtes de M. Biuot
dans tcsecotM. de jeter quetqoe tutnicresur ce pt'ohtente. JI
propose, pour expliquer t'innuencedu groupe deuxtoisappro-
ximatives. D'une part ta .sx~M/M~ (/M ot~'ctWtMaugmente
~t«M<<)<.<M<~SOMHX. «ft'f <~M()tKgroupe aux m~)t<<MC««-
<<otM.Leur attention se divise en enet parceta même qu'ils
font a'teution tes uns aux autres, se surveittent, cherchent,à
s'e~att'rouù se d~pas~er: d'où une dispcrsiou d'eftorts propice
à t'interveutiondes énergies inconscientes.
D'autre part, ait wtt) des yrox/M <'t'M)t<(!<<OK
corrobore <M
e~f« </<'la M~M<ttt<t<<La tendance des ecoiiers à imiter les
faits et gestes de leurs camaradesrend plus emcace ta pres-
sion morate)' dit mattre. Les disciples, qui partent le tangage
de ta foute, propagent ait toin, par des ondes d imitatiou, les
idées que leur susserees l'initiateur C'esl par des procédés
do ce g''ure, « les ptus paresseux des procédés d adaptation a
que se déposent eu nous ta plupart de nos croyances, et que
se constitue ce milieu sociat qui, nous épargnant d'innom-
brables tâtonnements,s'iNterpose entre ia pensée individuelle
etiemitieuspatiat.
.\xu.r!.t:–).')su)Y)nt')!Tt.ASf~));Tt! )M
1
Toutefoisil est hors de doute que ht pensée individuelle se
libère progressivement.C'est que les groupes qui nous impo-
sent des croyancesdeviennent de plus en plus nombreux
tours uctiousse contrarient réciproquement leurs tendances
se disputent notre attention laforce contraignante de chacun
d'eux diminue.Ainsiil se produit – du dehors en dedans – de
véritables divisionsde travail montai qui sont, indépendant.
ment de tout eifort de reHexioN. des conditions extérieures
d'émancipation individuelle.
Le même processus expiiqne le progrès de la tolérance.
Lorsqu'un croupe social, geographiquet))ent circonscrit,
incarne A lui seul une croyance, toute négation de cette
croyance semble une atteinte à )a cohésion du groupe lui-
même, et le souci de sa conservation amène ce groupe à per-
sécuter les hérésiesautour de lui et dans son sein. Lorsque nos
croyances différentes nous viennent de groupements diffé-
rents, souvent très distants les uns des autres, l'intolérance
est moins nécessaire. La pensée se sent plus libre; olle a
moins besoinde domination prochaine « recevant de pius
loin et plus facilement l'air et la iumiere, nous trouvons
moins irrespirable et, en quelque sorte, moins réelle l'at-
mosphère de contradictions qui nous entoure M. M. R. fait
prévoir que la différenciation des groupes auxquels nous nous
affilions irn sans doute en croissant, et qu'ainsi il est permis
d'espérer l'expansion d'une vie spirituelle de plus en plus
libre.
L'ouvrage montreutilement parqueiies voies h) psychologie
sociale pourra renouveler les problèmes naguère traités par
la seulelogique. C. B.

MtJNHECAHMs UcTAY)')~.– Principes de psychologie indi-


vidaeUe et sociale. Traduit de l'espagnol pur Oietrich,
t vol. in-12,p. ~S6.FcHxA)cao, éditeur.

L'auteur se proposede réduire la psychologie individuelle


et sociale « à quotques formules précises et à quetques lois
qui s'engrèneat entre elles M.Ce livre contient ça et là quel-
ques idées iugeuieuses et iateressautes, un certain nombre
d'aperçus brillants; mais la méthode consiste en une dialec-
tique d'ailleurs peu rigoureuse, et it n'y a là en aucune façon
une contribution la sociologie ou à la )tsychoiogio scienti-
fique. A. A.
)-t)t;M)tN".–)))Mt.ut:i<j)..)W3-)''Ut. t;)
t*~ 'AX'i~)i:.omuU)OtOUt:.t'M.<'JOt

D~ACHtGËSCO. –Du rMe de l'individu dana le détermt


niame social. < vot. in-H, p. 3C4.Pari! t-'étixAtcan, 1904.

C'est uu postulat des conceptions dites naturalistes eu


sociologie que la mutité sociale obéit des lois qui seraient
comparables à celles de la nature; on attribue aux phéno-
mènes sociaux la nécessite mécaniqueetauxfoissociotogiques
la rigueur et la rigidité qui caractérisent les phénomènes
naturels. tt résulterait de cette thèse, dit M.Draghigesco que
l'individu, fut-it daus tes meilleures conditions, est Incapable
de modiner. soit la réalité, soit les lois suciates. Cette thèse
est-elle fondée?
Il résulte du progrès de t'iutégration sociale, quelles qu'en
soient les causes, une instabilité et une complexité plus
grandes des rapports individuels, et par suite une régression
de l'influence de l'hérédité dans la formation des consciences
individuelles. Par suite la conscience individuette s'élabore
de plus en plus sous l'influence du milieu social. Cette idée.
qui n'est pas neuve d'aitieurs, l'auteur la développe dans le
livre tt, qui est peut-être la partie la plus intéressante de l'ou-
vrage il montre comment toutes les fonctions psychiques
({acuité discriminative et activité synthétique ou totatisa-
trice de ta conscience, mémoire, association des idées, per-
ception, abstraction, volonté) sont lesrésultantes de fonctions
sociales correspondantes,et quei'ionuenceduatitieu physique
ne peut en aucune façon les expliquer. L'auteur pousse cette
conception jusqu'à dire que ta pensée humaine ne commence
qu'avec ta société.;J
tt en conclut que la psychologie et ta sociologiene peuvent
eu droit constituer deux sciences distinctes, puisqu'il n'y a
pas ta deux réalités distinctes. Si en fait il y a là actuett'ement
deux disciplines séparées, c'est que ni l'une ni l'autre ne
sont actuellement des sciences. L'intégration sociale en efïet
n'est pas achevée: de <n6meque les espèces animales, aujour-
d'hui fixes, sont t'œuvre tardive d'une époque crfatrice
pleine de cataclysmes biologiques, de même il y a pour les
sociétés une phase de chaos et d'anomie, où a chaque ititégra-
tion nouvelle l'équilibre est rompu, la régularité ahotie cette
phase dure encore. Cette contingence exclut toute loi sociale,
et elle rend possible faction des individus.
Tout changement social important est en effet t'cmnt'e de
ce qu'on appelle un homme de génie, le génie n'étant pas
AXAt-YSM. – <):<)'mh)' KT LA !)t:)~T); <{)!:

autre chose que le pouvoir d'agir sur les hommes. Le livre Ht


est intitulé « Conception sociologique du Génie Le génie
n'est pas le produit du hasard et de l'hérédité, qui engen-
dreraient des aptitudes individuelles extraordinaires; il est un
produit social; le grand homme est ia personne qui, par
suite des circonstances, devient le lieu de convergence des
idées et des sentiments qui animent et exaltent le milieu
social; ceta est vrai du génie politique, économique, artis-
tique ou scientifique. Toutefois, le génie n'en a pas moins
ses caractères originaux et irréductibles, et, en façonnant à
son image i'ame de son époque, il rend impossible la sc~nce
sociale.
Une science psychologique et sociale ne deviendrait pos-
sible qu'une fois l'intégration sociaio achevée, les formes
sociales étant alors aussi fixes que les espècesanimales d'au-
jourd'hui.
H est difnciie do discuter un ouvrage où la discussion dia-
lectique tient plus de place que les faits. Mais il est quelques
points qui doivent être relevés. Tout d'abord signalons l'exa-
gératiou outrancière avec laquelle l'auteur développe l'idée
d'après laquelle l'individu est fonction de la société. Nous
n'avons pas besoin de dire que nous admettons le principe.
mais non sousla forme que lui donne M. Draghigescoet qui en
fait un insoutenable paradoxe. La société marque de son em-
preinte les fonctions mentales, mais rien n'autorise à dire
qu'elle les suscite et les tire du néant car elle n'est pas pos-
sibtesi les fonctionsmenthes n'ont pas atteint déjà un certain
développement.
D'autre part, t'afnrmatiou qu'il n'y a pas de lois citez les
peuples primitifs et que les lois n'apparaissent qu'à mesure
que les sociétés s'organisent repose sur une confusion. L'inor-
ganisation a ses lois comme l'organisation. Les mouvements
des comètes les plus irrégulières sont le produit de causes
définies, quoique ignorées. Inorganisation et absence de rap-
ports de causalité ne sont pas termes synonymes. En fait.
c'est peut-être dans les sociétés inférieures, a cause de leur
simplicité, que nous apercevons le mieux les lois des phéno-
mènes sociaux. A. A.

f). OHAGtHCESCO. – Le le~i psicologiohe e aeciaU rispetto


alle le~gi nataraU. /<«M/<! t'~xMw < Mc/o~M. Vti), 2.3,
mars-juitt )9M.p. 207s~j'j.
)'.))) L'AX<;t!K.<U(:tOt."<!tOrK.M-tMt

J -W..L. JO~ES.– SooiaUty and Sympathy. ?'Ae<~c/<f~./~<


)~3.Y.t.p.)-9).
.f..tf. TL'FTS.– Thé IndMdual and itsRolattonto Sooiety. ~<
w t/tf ?'<<<</</«'M o/' tlle 7~<ctt</t Cf'~K~. Ti)c
<'f/f<'c/M<
Psycho).liev. tOOt,Vf.2 (Monogr.) Essai intwetsaut pour voit'
<)at)tles theut'iesphiiosophi'juesles effortsfaits par des indivHMS
pour pKO'tceconsciencede la vie socialede leur temps.
)j' J. SEUCEH.–Das sociale Verhalten des menBohtiohemïndt-
viduums zur mensohUchen Gattung. SchntH)).Sprinf!, u. 0',
Hft')).
e

V. ))KSum'Ut'ESHT)-r)tQU)UtH
MYCUOLttt.tt-; COt.U-;CTtYH
M thMt)!:)))
t'!t.'MM.Ut:ttTi')'*)mU)

Kf~C (Iav!X(! – Inauence of the form of sooia! change


upon the emotional life of a. people. (~t<c«t't' </<'
lu /bn<«'
TitC
.?<'<«/.<)«'<'<r<('~)tO(M))M<'«Cf<'«tt/X'«p<<i
~'<f/~<«~f'M«'Mf
Ameriean Journal of Sociology, )903,tX, p. )~t 8qf!.

Certains peuples prfSfntGtit à de cet'Hnnes époques un


« tcmpcrantcnt émotionnel qui se manifeste par des sytnp-
!~mes divers, tels que le (tcveJoppemHutde lu passion du
jeu, la recherche des sports, lu ïrcquenee des représentations
dramatiques, la culture des états religieux iuteuses (transes,
ascétisme etc. Le présent article n pour objet de montrer
'{(te ce tetnperatMCtttest eu refatiou avec le mode suivant
lequel s'est accomplie t'uvotution sociale de ces peuples. Si,
dans une société, les croyances collectives et les rentes de
t'onduito sont brusquement ébrnulées, les organes anciens du
contr«tesocia) détruits, sons que de nouveauxprincipes régu-
lateurs existent ou soient en voie de formation, la condition
mentale de ce peuple sera émotionnelle. A l'état normal, les
états subjectifs ne sont pas considères comme ayant une
valeur en eux-mcmes; la conscience commune ne les détache
pas des « intérêts objectifs » 'croyances ou pratiques) qui
les règlent. Mais quand ces intérêts objectifs sont perdus de
vue, par suite de ia désintégration de l'ancienne structure
sociale, les <'tatssubjectifs passent an premier pinu, appelleut
directement 1 attention publique, sont cultives pour eux-
mêmes, deviennent enfin des <!<«H(h<r<<if de la conduite. L'au.
leur cherche a vérifier sa thèse a propos des malades et du
christianisme primitif.
A'i.U.t~S.–t'SYCHUt.OOHMMf.HÙt.'t't:- )~
Quoique cet article soit incomplet, vague par endroits et
<fue les preuves inducti vos soient insuffisantes, it y a lit un
ellort intéressant pou)'rattacher les tempéraments collectifs,
non plus Mdes causes lointaines comme la race et io ctimat.
maisadpscooditionssociatpsdénnies. it.j!).

D'P. HOSSt. – Sociotogia e paioolo~ta. coUettiv&. t vot..


~7 p., Honte, Colombo, 1904.
Les deux premières parties de ce livre, histoire et définition
de)a psychologie cottective tettequo t'entend M. Rossi,
rcpro.
duisent. avec quelques additions, deux brochures anatvséeK
ici même l'an dernier (.<M/<9oc..t. VIi, p. H)0-tUi,. La troi-
sième, consacrée a ta M<<of/<'de ta science nouvelle, reprend
et résume avec plus de netteté les idées
déjà indiquées par
M. H. dans sou traité de /c/M/<~<c co</f<<-('(cf. t. tV,
p. <3)
Celle-ci, ou le sait, est selon lui distip"te, à ta fois de la psy-
cttotoKiosociide, qui étudie des groupes sociaux limités dans
le temps et l'espace, et de la sociologie, ou
philosophie synthé-
tique des scieuces sociales partieuiiÈres. La psychologie col-
lective étudierait donc les phénomènes qui se produisent
dans tous les groupes humains, dés que te rapprochement ter
ritoriat. ou des organes sociaux complexes, comme le livre et
la presse, en font autre chose qu'une juxtaposition d'individus
sans unité et qu'une âme commune s'en dégage. La méthode
consiste a rechercher le fait psyeho-cottecUfélémentaire tc'est.
pour M. H., la synesthésie, qui se traduit aussitôt en synergie),
puis, a procéder, par observation, comparaison, expérimejt-
tatiou, a ta recherche des causes et a la distinction du
normal et du pathologique. L'auteur se réfère pour tout cela
aux /<M(/e /« M<f-7/tO(/<-Mf<b/o~)<(- et a M. Durttheim.
tt indique ensuite à quelle classification et a
quelles lois
générâtes est arrivée, « sa science H: classification génétique
des « foules de la horde aux sociétés « potysegmeutairesx»
'Durkheim) et de celles-ci a ta caste; lois, qui posent t" que
le groupement des individus « ne donne jamais un résultat
égal Mta sommede chacun d'eux » fFerri); 2' que. dans les
foules, « la pensée s'élide et le sentiment s'additionne
(Sighete) 3" que les âmes, dans la foule, communient par ce
qu'elles ont de plus atavique(toi hyperorganique). Quelques
considérations sur l'ordre d'exposition de la science terminent
le volume.
)9ti L'AX'<KK.<uCtOU'(:'<;n;.t'JM-t't

Malgré le progrès des idées de M. H. en précision et en


netteté. nous ne sommes pas encore convaincus qu'il soit
utile de muitiptier et de fragmenter ainsi les études sociales;
il ne paraît pas que les quelques lois proposées perdraient
<)eleur valeur soit dans une psychologie générale, soit dans
une sociologie.
!). p,

!)' P. ROSSI. Le suggesteur et la foule, psychologie du


meneur. Paris, Michaton. ia(M. p.. in-K°.
Traduction française d'un livre dont il a été rendu compte
f.UfH.Mc-,t. VI, p. )49).–Une préface du professeurMorseUi
atlirme l'impossibilité de considérer la psychotogie collective
comme une et identique dans tous les groupes sociaux, et ia
nécessite d'analyses plus restreintes, de monographies, qui
sauvegarderaient mieux les droits de l'individualisme phiio.
sophique.

THOMAS(WtLUAM,. Der Manget an GeneraMaa-tions


vermœ~en bel den Negern (~f ~«~.MMt'c lie <«/<tc«<~
'f'<'M<t'M<n''<'(.'A~ ~f .Y'~rM.' Xeitschritt tur Sociaiwis-
senschaft. )Uu4J<. ~.p. ~iS-~i.

On s'est demande souvent si i'insuHisante aptitude du nÈgre


a généraliser tient &des causes eongenitates. physiques ou
bien sociales. Cepetittravaiia pour objet de démontrer que,
sur ce point, les dispositions natives du primitif ne sont pas
inférieures à celles que possède le civilise moyen. La
démonstration consiste à comparer les proverbes, dictons
pnputaires qu'Eitis a relevés chez le peuple de ia Côte des
Esclaves, à ceux qui sont eu usa~e dans les sociétés occiden-
tales. Les premiers sous le rapport de l'esprit d'observation
et de généralisation ne le cèdent en rien aux seconds. Si donc.
en fait, le niveau mental est moins élevé chez le nègre, ta
faute en est au milieu social qui n'est pas propre il stimuler
le développement des {acuités qui existent dés ce stade de
l'évolution.
E. D.

A.-). CttAMBËXLAtK. – Race eharMter and local oolor impro-


tW)t,p. 28-3).
vefbs. ~Kn<f!<f't")'c.)M f''oM-/ut'f,
– t.h-X.XAThfXHX<i)!x«nAt.
AX\).y<E<. <09
~NXtAKTE (FfMt' Il o<u'rattere dei popoU (Kxtr. de la /<<MM-
'/o<!jV<t~f)tM<<').)-')oret)M,t!'0:<.tOpp.i))-)!
Il. TE~ KATE. -Naohtmgf zur « Psyohologie derjapfmer M.
<~nA<M.t')()3,)t.p. ):<(;.
K. BA[.X. Zur Ptyohotogte der (.tohu'i tW'2. !t,
Japaner.
p.Stg-Stx.
E. BEft~EKER. –Bas ruMisoheVotk in eeimen8prichwo)ftem.
X<;itsch)'ift'têt Verein'; ffit' Vu)k!tt<un')e.1904, p. 7S.87, n9-<9).
'Les dictons et proverbe"– sentences et ttgures traditiontielles
sont coMitterés. Il titre 'te yx~nftt~ cottecti~, contmc un miroir
de)amentatit)'noptt)aire<)esHu'e')
MAHQUHS)!ftA<jt) – Em:aio sobre a psyohologia do povo por-
tugues. Cottnbre.imprimet-iRde t'Univeritité. tto:). p. t50. in.8".

V). <:)\')t.MAT)f)N
):K(.t~X~RAL
)-:TTY)')-<)))-:C)\')t.tSATt<'K

A. f'/r~MfMM~M~K<n</
t'ttrM.Ht'tMtT
L. FROBENHJS. – Vilkerkande in ChM&kterbitdem
des Lebens, Treibens und Denkens der Wilden und
der roiferon Menaohheit. Hanovre, Janeche, )903, 4)6-
4(i4 pp., in-8".

Le titreet )a préfacequi tecontmente nous définissent su<n-


samment t'objetdecetouvmge: M. Frobeniusveut faire défiler
<<evantses lecteurs des images qui leur suggèrent le tableau
des formes étit~ées de la civilisation. Pour que ces images
fussent réellement suggestives et caractéristiques, il faudrait
que tes faits qu'elles présentent fussent en étroite corrélation
avec la majeure partie des faits qui constituent les états
sociaux correspondants, corrélation telle que ces états
sociaux devraient subir ou avoir subi des :))t6rations impor-
tantes, si les faits en question cessaient (te se produire ou
changeaient. A supposer que tes images fussent en effet bien
choisies, un pareil livre vaudrait une théorie des types de
civilisation. M. F. est d'aiHeurs loin de se représenter aussi
nettement que nous venons de le faire le but qu'il se pro.
pose: nous ne lui demanderons donc pas plus qu'il n'a voulu
nous donner.
Le premier volume raconte tes annccs de jeunesse, le
MO ).'AXXHHSUt:tu).m!~t')i.f'J03-t'Mt

deuxième l'adolescence de t'ttumanite. Ce qui appelle tout


d'abord l'attention de hauteur, c'est t'antiquite et t'uni versatite
de la parure. Lu parure nous amène nu tatouage; le tatouage,
emblème de groupe, aux cérémonies d'initiation (exempt's
austratiens). Le goût de )a parure est l'origine a tu fois du
travail et des systèmes de signes en ctlet, d'une part. le
commerce des ornements est un commerce primordial et la
coquille décorative devient monnaie; d'autre part, le bijou.
collier, ceinture ou parure de plumes est chargé de signifi-
de t'Amerique du Nord. On passe
cations, têts les <rftMtp«M)<!
aisément aux signes indicateurs et aux figurations ornemen-
tales qui dégénèrent en écritures symboliques. Incidemment
l'auteur explique par là que fart du dessin, remarquablement
développé chez certains primitifs, disparaisse ou tombe en
décadence avec le progrès de ta civilisation. Les représen-
tations figurées de contes mythiques dont les personnages sont
des animaux nous conduisent au système de représentations
que M. F. désigne sous le nom d'<tt«M'<f/MM" système où
l'homme se distingue mal des animaux, dont l'idée le préoc-
cupe a tel point qu'elle absorbe toute sa vie mentale. Vient le
M<«ttMMt< on t'idee dominante est l'idée d'âme, ou plutôt celle
des âmes défuntes, des MHMM mobiles et puissants. Kotre
auteur nous montre que de ce système de représentations
dépend uu système d'institutions culte des ancêtres, d'abord.
protecteurs naturels qui restent présents ta ou ils sont nxes par
ia subsistanced'une partiede teurcorps;chasse aux crânes, .ou
l'on se procure des auxiliaires spirituels; sociétés secrètes, est
particulier sociétés secrètes de l'Afrique occidentale. où les
vivants s'assimilent aux morts pour s'attribuer des pouvoirs
égaux; sacrifices humains. Sous la rubrique w«tnwcpeut se
ranger une longue série de pratiques et d'objets, dont la véri-
table nature est dissimulée dans les livres d'ethnographie par
le mot mal fait de /«'/tt.«M< Les systèmes manistjque et
animalisticlue s'associent en d'étranges mixtures que réali-
sent, entre autres, tes sociétéssecrètes de )a Metanesieet dont
témoignent particulièrement des masques, analogues a ceux
de l'Afrique occidentale, mais où les traits de l'homme se
meteat à des traits d'animaux; la confusion q.ui se faisait
entre t'homme et l'animal n'est pasmoiusaisee entre t'animat
et l'âme. Le totémisme est né dans un pareil état de confu.
sion; c'est un phénomène de nomination au moment où les
hommes ont f prouvele besoin de se nommer, ils n'ont pu le
A\.U.T<K'=.–cnX.X~Ttt~KXti~Xh'nu. ~Ot
faire qu'avec les nomsdes êtres autourdesquols tournait leur
pensée, c'est a-dire des animaux. Même dans des sociétés
tctemistes, 'commecelles du nord-ouest de i Amérique,il y a
certains animaux, dés oiseaux, dont l'association ave*' ies
âmes n'est pas totem~que.Ce sont des convoyeurs de l'âme.
Nous voici au voyagedes âmes, il la barque des âmes, a sa
navigation sur la route soiaire, aux mythessoiaires. M. h'.
portait alors eu lui le livre de mythologie dont on verra
plus loin le compte-rendu. H n'a pu se retenir de verser
ici le trop-plein de sa science. H nous montre comment
du maHismeon passe au noturalisme par h; porte du soleil.
Les mythes dont il traite ici sont le mythe du soleil avaie il
l'Occident par au monstre marin qui le rend a l'Orient, celui
du soteii-araignee, représenté, dans une cérémonie africaine
qu'il nous décrit (p. ~70,n~. ~), par le crâne d'une victime
humaine, enfin le mythe du vol du feu qui nous ramené il la
technologie, c'est-à-dire à invention du feu. H est fort
étonnant que )). F.. à ce propos, n'ait pas mis à profit un
chapitre du livre trop oubiic de Noit'c (~ )r<'<'A':c«~), qui
rattachait aux danses soiaires Fiuvention du mouvement
circulaire et la production du feu a !)ide de deux morceaux
de bois frottant l'un dans l'autre. La tin du premier volume
traite brièvement du travail de la pierre, du travail du fer.
des formes primitives, il la fois dramatiques et magiques, de
la guerre, et de l'anthropophagie.
Nous voyons daus )e deuxième volume que les animaux
tiennent encore une place considérable dans la pensée de
l'homme adolescent, mais ou bien sous ia forme fugitive des
renards japonais, qui ressemblent si fort à nos fées. ou bien
à titre purement esthétique. Its senties personnages favoris de
toute une littérature de contes moraux dont FOrient et le
Japon en particulier nous donnent, de bous exemples, mais
dont le roman deHenart est le type par excellence. Kousavons
ensuite uu long chapitre, dont ia piace était peut-être dans le
premier volume, sur lesacrificede Fours chez les Aïuos et les
Ostiaks M.F. ne nous présente pas ces fetos de l'ours comme
des fêtes totémiques, sans doute à bon droit la relation
qu'elles supposent entre les sacrifiauts et l'espèce de la vic-
time n'est pas de celles qui existent entre totcmistes et
totems, mais entre l'homme et les animaux qu'il chasse ou
qu'il domestique. Suivent les chapitres sur la chasse et ia
guerre que l'homme fait aux animaux. Pour finir, notre
202 L'ASS)!Ë ~Cf'LOmt.'t'K. <U«3-ii'Ot

auteurtraite de l'éducation et des hautes aspirations du genre


humain.
Nous pensons avoir donné une juste idée de l'ouvrage et de
su composition. Si l'auteur s'était strictement borné au rôle
de vulgarisateur, nous lui épargnerions volontiers nos criti-
ques; non pas que nous ne puissions regretter que le tableau
d'ensemble soit faussé par la disproportion (tes développe-
tnents et que des faits, tels que l'organisation famitiate, toté-
mique, tribale des groupes humains, que des institutions
aussi générâtes et importantes que le tabou soient totale-
ment laissées dans l'ombre. Mais M. Frobenius est un esprit
trop original pour que sa vulgarisation n'empiète pas sur la
science. Or nous ne saurions nous défendre d'un peu de
mauvaise humeur contre ces livres incohérents ou des
auteurs trop pressés gâchent ieurs idées et leur talent.
H. H.

A. Y)ERKAXUT.Die GrOmdefur die Erhattung der Cultur.


Wond~Phitus SUxtien.Fe~f'hr.. )!'03.p. 407sqq.

H. – 7'< '/<'f<f<7<.M/)OK.
l'ar .\))).)i)'~MrM U~~it.t:

Ko. BOCULAWSK).– Etnioitung in die Geschichte der


Sta-ven traduit du polonais par Cster)o(ï). !cna, Cos-
tcnohte, i'"J4. p. nn.)3! in-M'.

L'~<~w<«c<tOM de M. Bo~uiawski nous intéresse vivement


i)la fois par ses c'jnctnsions et pat*ses arguments. )! s'agit de
savoirsi les Slaves duSud et de l'Ouest sont autochthones dans
tes pays qu'ils occupent aujourd'hui. Une ancienne école de
siavisants prétendait que non seulement ils y avaient été de
tout temps établis, mais encore qu'ils s'étaient étendus beau-
coup pins loin vers le Sud et vers i'Onest. En réaction contre
ces Siavistes, une t'eoieautrichienne et allemandenie qu'ils y
fussent arrivés avant le V siècle de notre ère; leur invasion,
dit-on, a été provoquée par celle des Avares ils ont recouvert
des populations d'origine et de langue dinérentes, Thraces,
tUyriens et Celtes. M. H. reprend tu première thèse, avec tes
réserves nécessaires. Pour lui les Vénetes de la côte Nord de
t'Adriatique sont des Slaves, comme les Wendes de t'Atte-
AS.\).Y'')M.–'m'K':M!C)\')).)S.4TH'N 203

magne orientate; les tttyriens, les Atbanais. les Thraces, et les


t'tn'ygiens, leurs frères d'Asie Mineure, ainsi que les Dacos,
sont, proprement parier, de.s8taves; Slaveségalement étaient
les habitants de la Pauuouie et du Norique. tt nous importe,
~par l'exacte appreciatioo d'une honne partie des faits sociaux
qui se passent ou se sont passés dans ces régions, de savoir
au moiusque pareille question est posée, car, sans multiplier
les exemples, nous ne considérerons pas entièrement de la
même façon le folklore, les coutumes agricoles ou domes-
tiques, fa magie populaire, la technologie des populations
staves établies dans les Balkans, si nous pensons que depuis
des milliers d'années elles y ont subsista sans mélanges sen-
sibles, ou, au contraire, qu'elles s'y sont fixéesil y a quelques
siècles au milieu d'indigènes nombreux qu'elles auraient, à
vrai dire, réussi à s'assimiler complètement.
Les arguments de M. B. sont de deux sortes, linguistiques
<*tethnographiques. D'une part, il veut prouver que les
quelques tnots qui nous restent de l'illvrleu, du tlrrace
et du phrygien nous montrent que ces langues appartiennent
:t la famille stave. Par malheur, on en sait trop peu pour
que la preuve soit solide et nous hésitons, pour notre
part, à nous engager sur ce terrain gtissant. II semble que,
toutefois, il y ait lieu déjà de conclure tout au moins que les
populations ancienues de l'Illyrie et de la Thrace ont été en
contact intime et prolongé avec des Slaves. 1)'autre part,
M. B. nous assure que. si l'on tient compte de leur matie-
riel ethnographique, on doit considérer les Slaves méri-
dionaux comme les héritiers légitimes et directs des peuples
qui occupaient ces mêmes régions avant le vr' siècle de notre
ère. Des particularités de costume qui nous sont connues par
les auteurs et les monuments anciens ont été fidèlement con-
servées jusqu'à nos jours (p. 91de même, des pratiques de
médecine populaire. Les ornements des vases autrichiens et
illyriens du premier âge du fer (période de Haiistatt) sont
reproduits depuis des siècles par les broderies paysannes des
mêmes pays. A supposer qu'on ne soit en présence, eu
Autriche et dans la péniusule des Bathaus.que de Thraces et
d'tttyriens stavises, cette parfaite continuité dans certaines
parties de teur vie sociatefaitqu'on s'étonne, avec notre auteur.
de la disparition rapide et totale de leurs langues anciennes.
M. B. considère donc comme stave la civilisation reprt'-
scntfe par la nécropole de Hattstatt et les n'cropotcs i)ty-
204 ).'A'<XHK.t:)").f"rK.)9t)S.)Mt

rieunes du premier âge du fer: slave est aussi la civilisa-


tion qui s'est développée eu Lusace et en Silésie. A une
époque beaucoup plus ancienne, les nécropoles néotithiques
de ia Hongrie et de ta Thrace représentent peut-être égate-
mentdespeuptesstaves.
J'ajouterai a ce résumé quelques observations d'archeo.
togue. L'ttomogénéite ethnographique de la péninsule des
Batkans à l'époque néolithique est pour le moment incoutes-
table; ou y trouve tesdébrisd'uue civilisation qui se ramifiait
dans les ites de )a mer Hgée, le Sud de la Hussie, la Hongrie et
s'étendait de proche en proche jusqu'aux stations lacustres
de la Suisse; mais a mesure que ces courants de dviHsattou
s'etateut, ils se différencient eteitarrient des matériaux heté-
ro{;eaes,!es simititudess'attenueutet s'espacent, perdant, par
h) jnctne. toute la vaicur, que uous étions tentés de )eur
accorder, comme preuves d'ideotih' ethnique. Nous hésite-
rions il dire que la civiiisation myceuieunc par exemple soit
un rameaude ta civilisation primitive des Slaves. Autre obser-
vation les pataftites d'Autriche nous font connaître un
peuple qui est probabtemeutt'ancetre commun des Ombriens.
rept'Mseutespar ta civilisation dite deVittanova. et des hommes
de Hattstatt. Or. M. H. renonce à rattacher les Ombro-Latins
aux Slaves, Pourquoi confondre alors les Hattstattiens avec
ces derniers ? Si nous ne renonçons pas a t'hypothese, qui
nous a paru plausible (.h)M.-fof.. t. V, p. tM', de t'arrivce
en Créée, à peu près <mzesiècles avant notre ère, de bandes
d'ittyrieus. à civilisation hattstattienne, les Achéens, qui
auraient considérablement modifié la langue et t aspect de
ta population, nous dirons que, d'une part. les dialectes
ombro-tatins, d'autre part, le grec sont descendus de tangues
qui ont été parlées à une époque lointaine dans le Xorique et
la Paunouie; ce sont tes représentants cherchés de ces langues
éteintes rien ne prouve que ces langues aient été voisines
du slave. De ces remarques, it ne suit pas que nous rejet-
tions ta thèse de M. H., nous voûtons simplement montrer
que le problème est diuicite et que les enquêtes archéolo-
giques doivent être faites avec une extrême minutie pour
conduire à des conclusions qui ne soient pas simplement
spécieuses sur l'extension et les aninites ethniques des groupes
sociaux.
!t.H.
\XAt.t"t!<.–TY)'H<[)K<:)V)U<ATX'X MUli

H WiNCKLEH. – Shizzen aua dem Vôtkertben: t .t~


<).M;M; il «M. ~« .)/<«'M<«M(/< MerHn. Uumm!er,
):'0:t. n--t})8p., iu.8".

Le grand mérite de ces esquisses est de uous faire sentir,


t'aide d'images vivement tracées, les diuerences ethuogra-
phiques et, tout d'aburd. ta ditterence gem'rate d'aspect que
présentent, a qui les compare, les paysde l'Europe occidentate
et ceux de l'Europe orientale. Ce que le Magyar est a t'Atte-
tnand, ta pusxtahongroise, avec ses routes qui sont des pistes,
ses gros bourgs qui ressembtent encore a des camps furti(h:s
de uomades. l'est aux vatteeset aux plaines de l'Europe ceH-
trate, où tes cultures se pressent et que jalonuent des villes.
Le coutrasteest renouvetepartes colouies allemandes ancien-
ues ou récentes de lu Trausylvanie, de lu Hongrie meridionate
et de lit Petite-Russie. On pourrait chercher cette différence
d'aspect des raisons d'ordre morphologique ou économique;
la population des ptaiues de l'Europe orientateest moins dense
que celle do t'Kurope occidentale et l'aménagement du pays
a été longtemps retarde. AI. Wiaetder préfère y trouver les
termes d'un probteme d'ethnographie. Entre tous les peuples
de l'Europe orientale, son attention s'arrête sur les Finnois,
qu'il rattache aux Mongols d'Asie et parmi lesquels il compte
tes Magyars. Entre les dinerentes théories imaginées pour
expliquer l'origine des Magyars,il choisit celle qui en fait des
Finnois, venus de la Russie cent.ra!e, cinq siècles après les
Huns, dans la vallée du Danube ou ils se sont metes à des
Avares ainsi qu'a quelques éléments turcs. 11nous donne un
aperçu sommaire des rapprochements anthropologiques et
ethnographiques qu'on peut établir entre les Hongrois, les
Fintandaiset les Finnois du Nord-Est; même type. ana)ogic
de coutumes, même sens décoratif, etc. p. 77 sqq~.
De tous les artictes, naturettetnent superficiels qui compo-
sent ce livre, nous n'avons à recommander veribtbtement
qu'une étude de trente pages, sur <M~<'«~/M <(««-tK<t'n««-
«~«M </c /<u~' otWM~/t', qui peut être un guide utite.
Quant au reste, l'auteur y parla en apôtre du germanisme et
son apostolat manque de sérénité.
H. H.

A. LEtST. – Das Georglache VoUt. Dresde, Piersou, )!'(?,


MMp. ia-8".
MO L'ASIE.<)t:).Qt' )Wt-t9')t

L'ue monographie du peuple géorgien est faite pour nous


intéresser. Ou sait qu'il constitue un llot linguistique et
.qu'il représente peut-être aujourd'hui, avec quelques autres
populations du Caucase, le reste des ptus anciens occupants
de l'Asie Mineure. U est placé, d'autre part. à un carrefour
de civilisations et a subi tour à tour, aux époques dont s'oc-
cupe surtout M. Leist, t'inttueuce des Byzantins, des Persans,
des Turcs, et plus tard, des Husses. Son développement s'est
fait par à-coups, sous la pression de ses voisins. U a réussi
cependant à maintenir partiellement contre eux son indépen-
dance et, maintenant qu'il est incorporé a h Russie, il défend
encore jalousement son originalité. En raison de son isute.
ment, d'une part, de ses emprunts, de l'autre, il offre une
ample et belle matière d'observations sociologiques.
M. Leist nous dit dans sa préface que son livre est le pre-
mier essai de monographie qui ait encore été tenté pour
la Géorgie, ii n'est malheureusement ni assez complet, ni
assex précis pour nous être fort utile. Cette critique porte
spécialement sur la première partie et en particulier sur le
chapitre intitulé A«M<«<'<'('M. -St'<ffM
«)t</ M~McAf, dont il
est naturel que, en pareil sujet, nous devions attendre beau-
coup. ~ous y trouvons, sur la répartition de la population en
villages, sur ta vie de etan, des développements qui nous font
désirer d'en savoir davantage, des renseignements sur t'iné-
gatité du dévetoppetnent de la population rurale, suivant les
lieux et l'intensité des influences ip. 6!!), sur les construc-
tions et leurs variations locales. Le portrait moral du peuple
est tracé eu traits assez vifs, mais ne vaut ni plus ni moins
pour nos études que les travaux ordinaires d'éthoiogie col.
tective.
Sous le titre intraduisible de A'x~wMw). nous avons une
histoire de la Géorgie, H partir des origines. M. Leist parait n<'
pas connaître l'archéologie du Caucase et no se demande pas
en quoi elle peut aider à la description ethnographique. Cette
histoire est un résumé des chroniques, qui est précieux et
nous laisse l'image assez complète d'une société de nobleset de
paysans, sans bourgeoisie, presque sans villes, sans industrie
et sans culture propre. L'autour essaie de nous donner, en
outre, une idée sommaire des institutions juridiques et de
leurs monuments (p. t84 sqq. qui provoque notre curiosité
sans la contenter à beaucoup prés.
Ce qu'il y a de plus détaillé dans le livre, c'est l'étude de la
A.\At.tS)!s. – T)PK< «K 'fVft.f~ATfnX 207

littérature. à laquelle l'essor fut donné par les missionnaires


catholiques, qui s'établirent dans le pays dès !<?<).Bien que
l'impulsion, cette fois encore, eut été étrangère, cet éveil lit-
téraire fut une des formes de la résurrection nationale. C'est
encore par la littérature que se manifeste aujourd'hui, les
guerres finies, i'activité des Géorgienscomme peuple.
ff H.

M" OtsLA MAZEU~RE. – BMtH sur l'évolution de la


société imdienme:t. L'tnde ancienne et l'Inde au moyen
tige tt. L'Inde moderne. Paris, Pion, vot., H)03, 4S')-
C44 pp., in-8".

Cet essai nous donne une juste notion de ce que devront


être les ouvrages de « sociologiegénérale M unissant l'amour
des documents et celui des perspectives, ne sacrifiant ni les
faits «ux idées, ni les idées aux faits.
L'auteur connaît bien les publicationsanglaises, allemandes
et françaises qui se rapportent à i'Inde, et ii ne néglige rien
de ce qui peut mettre au courant le lecteur européen notes
bibliographiques se référant aux diverses parties de l'ouvrage,
tables chronologiques mettant en regard des dates relatives
à l'histoire de t'fude celles qui se rapportent à l'histoire
de l'Europe et de l'Asie, dictionnaire où t'en trouve a côté
des noms propres les mots sanscrits les plus souvent
employés, appendices où sont présentes avec détail divers
documents qui n'ont pu rentrer dans le corps de i'ou-
vrage. (T. 1 Sur les MttM~'<M)«<fM /t~, la ~<'r«tMn*
f<M<~Me et M)MCt'<<e. la f<Mdt<t'OM
<<<'~M<<eMtM~M3/OH~O<
T. Il Sur les ~«~ /K<~<«n' les .~<.<<M/)M<! )'</M, (T<-
Mt'K~A' (~WO/Met tM~tM~'O'~M </f~ttf/f «Kf/ht.sf.).
i.
Mais pour cette étude, M. do ta M. ne fournit pas seule-
ment des matériaux il onredes cadres; il entend indiquer
par quelle succession de phases et suivant quelle lui géné-
rale cette civilisation, dans son ensemble, a évolué.
Dans cette courbe de trente siècleson peut distinguer trois
sommets. A trois moments, on voit iinde prus de réaliser
i'muvre de sou unité sociale au nf siècle avant Jésus-Christ,
sous Azoka avec le bouddhisme; au xn' siècle, sous Abkar,
avec l'Isl1l111ismede nos jours enfin, sous l'empire anglais,
avec la civilisation européenne.
Dans la première période on voit, au fur et à mesure que
MS ).'A'<St!HSOC)('t.t))U~)'Ë.tfMX-)9Mt

tes Aryens descendent plus bas dans i'tnde, le brahmanisme


se constituer. Soucieuse de sauvegarder, au milieu des races
méprisées avec lesquelles elle entrât en contact, la pureté
du sang aryen, la etasse sacerdotate devient unecaste propre-
ment dite et, à son image, deviennent des castes tous les
groupements sociaux. Le brahmanisme tnuttiptie !cs inter-
dictions rituelles. heureux de rcgner pur le seul prestige
spirituel sur ta société ainsi émiettée. Mais, au fur et a
mesure que s'accroît la puissance des rois et la richessedes
peuples, ce joug devient de pins en plus insupportable. Les
Ksbatriyas contestent Je monopole intettectuet des Brah-
manes ils out leur philosophie, leur religion. Le bouddtnsme
fournit aux musses mêmes des raisons et des moyens
d'échapper à ta tyrannie brahmanique. t'nc sorte d'unité
politique s'ajoute eMtinà cette unité moraie lorsque Azoka
rassembla en un seul empire les royaumes de l'Inde.
Synthèses sans doute prématurées il eut fallu pour les
préparer une organisation spontanée des éléments sociaux
qui manquait a t'tndc L'empire d'Azoka ne dure pas un
siècle. A peine prêché dans toute la péninsule, le bouddhisme
entre en décadence. Le régime des castes reste seul debout,
juxtaposant piutôt qu'il ne les unifia les groupements tami-
liaux ou professionnels, incapable de les coordonner pour
une action commune.
Aussi t'tnde vit-elle. presque passive, se succéder les
envahisseurs. Et à vrai dire. jusqu'à l'Islam leur passage
laisse peu de traces. Les iJunsbtaucs, les Scythes, tcsAfghans.
adoptant la religion et les mfurs des hindous, deviennent
les rajputs. Us instaurent, principalement dans je nord de
Unde. une sorte de rfgitne Modat; mais le deveioppement
en est contrarié par l'organisation hrahmique des castes. It
faut aller jusqu'à l'invasion islamique pour apercevoir
une rénovation profonde. Après te xvf siècle, avecla fonda.
tion de l'empire mongot, dont le gouvernement complexe
utilise les traditions administratives de tous les grands
empires, on peut parler d'une véritable renaissanceindienne
qui résulte d'une sorte de conciliation des tendances hindoues
avec les tendances islamiques et dont l'heureuse inHuence
se lait sentir dans l'épanouissement des arts et des sciences.
Chez les représentants de cette renaissance, notre auteur
prétend retrouver les deux maîtresses quatités de la renais-
sance européenne t'honneur et l'humanisme, « l'honneur
.~ALT.KS. TYfH'!OKt;t\)).).tT)')f
1.«
développé par t'fstam, tes traditions arabes et persanes, ia
féodalité, les mn-urs des Turcs, ta chevalerie )'ajpute; l'huma-
nisme avec la fierté que donnait l'établissement d'uu
grand
empire, t'atnbition qu'éveillaient de gtorieuses carrières
ouvertes à tous, l'influence de t'Kurope, de la littérature
musulmane, de t'hetténisme connu par les phttosophes
arabes
Maisentre l'hindouisme et l'islam, Akbar tui.méme ne
pou-
vait réaliser qu'une fusion tout apparente. L'union des vain-
queurs et des vaincus ne dure pas. La faiblesse du pouvoir
central se révèle. D'abord puissante et prospère, la monarchie
centralisée qui avait vaincu la (éoda)ité s'effondreà son tour
dans l'anarchie. Une seconde fois t'muvrc d'unité est n)an-
quee. « La fondation de ta monarchie centralisée ne marque
pas dans l'inde comme en Europe la tin du moyen âge, c'en
est seulement un épisode. L'on trouve bien dans t'îude l'es-
prit ardent du xvr siècle, l'esprit classique du xvn' l'esprit.
curieux du xvur, mais bien que transformées, les moeurs
(codâtes subsistent, et l'organisation séculaire de ta
caste, et
la religion hindoue,et l'autorité des brahmanes. M
Mais dès cette époque on sent que cette espèce d'ossature,
qui empêchait l'Inde de se prêter au progrès de ta civilisation,
est ehrantee profondément. Avec lenteur comme il arrive
dans les organismes dont la structure est segmentaire, dont
les cellules sont insuffisamment différenciées, – ta vieille
société hindoue se dissout d'eite.metne. Le
régime des
castes, qui ta soutenait et ta soustrayait it faction de tout
autre régime, perd de sel force par cela même
qu'il pro.
gresse, c'est-à-dire par cela même qu'il se forme indéfi-
niment, et au nom des principes les plus divers, des castes
nouvelles. Ce morcellement désoriente en quelque sorte
t'ame hindoue, laisse plus de jeu aux initiatives, rend
quelque place à l'individu. L'évolution normale de la société
hindoue appelait donc une transformation radicale. Mais,
abandonnée à ses propres ressources, elle était sans doute
incapable de l'accomplir. H appartenait à ta civilisation
européenne, démocratique et scientifique de réaliser par
l'intermédiaire de ta puissance anglaise t'unité que n'avaient
pu réaliser ni le bouddhisme avec Açoka ni t'isiam avec
Akbar. Elle réalisera cette uuité – ne faisant en cela, à vrai
dire, que précipiter et compléter t'ouvre séculaire, mais long-
temps inapparente, de la civilisation asiatique ette.méme
i-nm)iH):fM.–Ann'ciu).,)M.tiwt. )t ¡
~)0 )9M.t9tt
L'AXSHK~CtUt.Ot.mUK.

en substituant u des institutions particularistes hierar.


c'est-à-dire
chiques, des institutions égalitaires, humaines,
en fondant la civilisation propre de l'inde.daus ht civilisation
générale de l'humanité.
II y doue une civilisation et l'évolution en est fatale. tt
existe une seule civilisation humaine comme une seule evotu.
tiou de cette civilisation. » Hn'est qu'uneseuleévolution pos-
sibfe des sociétés humaines toutes ies nations la suivent, mais
certaines plus vitoet plus complètement. ? C'estd'ailleurs cette
dttlérence de degré dans la rapidité de l'évolution qui a fait
croire si longtemps a uue différence de nature entre les civi-
lisations mêmes. « M y a des qualités qui caractérisent cer-
tains moments de l'évolution humaine elles paraissent
l'Asie se
aujourd'hui asiatiques parce que la civilisation de
trouve dans une phase dépassée par la civilisation euro-
est seulement
péenne. MEn réalité celle-ci n'est pas autre, elle
des
plus avancée. A comparer de plus près les destinées
peuples, on découvre nombre de paraitelismes qui expli-
unifications
quent les échanges de services et fout prévoir les
finales. En ce sens, )a doctrine de l'évolution qui « tend à
considérer les diverses civilisations comme des moments de
l'évolution d'une seule civilisation humaine » nous ramène-
rait plus près du rationalisme du xvm' siècle qu3 de la mé-
thode dite scientifique qui croit il la difiérenee foncière des
races humaines et &l'impossibilité de les unifier. Telles sont
les thèses générales qui sont partout présentes dans l'œuvre
de M. de la M.
Ces thèses sont peut-être moins complètement démontrées
des distinc-
que l'auteur le pense. Il y aurait du moins bien
tions u formuler. Si M. de la M. veut rappeler qu ii y
finalement cMMn'<fMf<' entre les civilisations difïèrentes. et
se
qu'il y a des chances pour que leurs différences mêmes
fondent dans une civilisation unique, rien de plus accep-
table G. Tarde lui-même M'eût pas dit le contraire. Mais
les
y a-t.il lieu d'affirmer pour autant le ~'«M~M'' dans
processus de toutes les civilisations? On ne voit xuifement
en quoi la « doctrine de l'évolution » imposerait cette loi
au développement des « surorganismes M.
Indépendamment de ces réserves de méthode, avons-nous
besoin d'ajouter qu'il se rencontre, dans cette œuvre hardi-
ment synthétique, plus d'une assertion particulière insuffi-
samment prouvée? Lorsque NI.de la M parle par exemple de
A:<AH'i:tM. -n')'K< )'H ':)VH.MATtt)S 2H

la disparition de la classe moyenne ait moyen âge ou de l'af-


(aibUssement des haines de classes, ou voudrait savoir quels
faits justifient et d'abord s'it y a assez de faits connus pour
justifier ces affirmations. t) ue faut pas se dissimuler que par-
dessus des périodes extrêmement peu ectairées jusqu'ici.
M. de ta M. jette des ponts très hardis. Mais cette hardiesse
même sera utile ea l'espèce si elle suscite de nouvelles
recherches des speciaHstes.oMleur indiquant sur quels points
ta sociologie aurait besoin de documents plus nombreux.
C.B.

Censul of ïndia.. ~axjr ~ppor<. Un volume (en


deux ou trois parties) par Htat, plus un volume (en trois
parties) sur l'ensemble de i'tnde, déposés en France citez
Leroux, t903.
Nous signalons ce « monument sousla rubrique .Mct'o~w
~<MA-M<< C'est d'abord que ces collections de statistiques.
avec les commentaires qui les accompagnent, eurent le mëii-
leur moyen d'étudier comment, à tous points de vue, une
civilisation évolue sous ta pression ou l'attraction d'une autre
civilisation. D'autre part des recueilsde ce genre ne ressortis-
sent à aucune des sections que nous avons distinguées; ils
touchent à toutes. lis apportent des matériaux à la sociologie
religieuse, juridique, économique, aussi bien qu'à t'anthro.
pologie ou à la morphologie sociate.
Les résultats ctassps et analyses dans ces quarante volumes
sont ceux du recensement qui fut opéré le 1" mars i90i. a
l'aide de fiches imitées de celles de < von Mayr. Ils sont, eu
rcgte générale, repartis sous les titres suivants
/<«-M,AaM«M~ /M~«<<~M?;.<.H. t'a/'MftMM(/(' la
jtMpM-
/«/)OM~MXf t87~. ttt. Les Ut'</M ff n</«~M r/aMM <<<
la pOpM/«<(OM. – IV. La pOpM/atMM Mt-&H<K<'et ses r<n'<a~OM<
f/~MMt8f7. V. Aff~OpM<«f:OK M<-<'(«MC
t'/(M.~<'p(<t' r<0!t.
–Vt.~Mt'c~<oH<–Vn..4~.s<r<c<F<<.–ViH.AWKcat<o<t.
– !X. f'OM);M)'aMOft <<MM<');aK~<M/Mca<<Ott ~H<W~<iMp~ M~M,
~iM 0)( )-«fM. X. ~a~ – XI. <<'MJ- (/<'MaMMHCf.
Xt!. fK/uw! Xttt. <<~f«.<. –XIV.A'f~e <7Mfr<(-<< com-
pMrM</«KS </t<MW.f –
c«.~M. XV. ~'O/f'MMtM. –XVL Les Mtn-
/('MWM<! p«t- C«.~M. XVH..S'<'f<M < )-«CMf/ttV/tfKMM–
XVttt..t~M racM~McA~wt. –XfX. fwo~M, .~w~«<'H<
<'<A't<tVM;('HS
f'/<M.<C'.<!
p«;' (~<
~)2 L'AXÉE'<"CMM))it<Jt'K.W't*Mt

A chaque recueil de tableaux statistiques est annexe un


recueil de rapports. Leurs auteurs ue se contentent pas de
dégager les résultats numériques du recensement. Us les
commentent et essaient de montrer dans quelle mesure les
faits confirment ou infirment les théories reçues. Suivant les
circonstances propres aux diverses provinces et suivant les
compétencesdes auteurs, tes rapports appuient plus spéciaie-
ment sur tels ou tels points. M. Francis (Madras) insiste sur
tes causes qui ont favorise l'expansion du christianisme dans
t'Inde du Sud. M. Lowis (Birmanie) caractérise le mélange
d'animisme et de bouddhisme qui est au fond de !a religion
des Hirmans. M. Burn (Agt'a et Ouddh) fournit de nombreux
renseignements linguistiques. M. Ënthoven (Hombay)décrit
spécialement les effetsdes famines. M. Hose (Punjato analyse
lesdiverses formes d'exogamie et d'hypergamie. M. Gait (Ben.
gat) dans un tableau complet de lu inerarchie actuelle, met
en relief l'importance des corporations, et apporte des indica-
tions précieuses sur les attributions des panchayats.
Tous ces rapports sont à leur tour synthétises dans un
rapport générai rédige par MM.HisteyetCait. Hcentralise de
la manière la plus commode les informations apportées, sur
lesdivers points enuméres plus haut, par les statistiques des
provinces. Quelques articles de, ce rapport contribueront
peut-être à résoudre plus d'une question sociologique pen-
dante. Celui où M. Ristey discute les théories de Seuart,
Nesnetdet tbbetson sur l'origine des castes est particulière-
ment substantiel. M. Risley, analysant les résultats de l'ob-
servation actuelle, y distingue sept types de castes castes
tribus – castes-sectes – castes de
castes-professions
bâtards – castes-nations castes résultant de t'emigratio))
-castes résultant d'un changement de coutumes, Ilconstate.
commel'avait indiqué M. Senart, quêta caste a une tendance
au morcellement indéfini, tendance qui n'est nuttementarrê-
tée par la présence de la.civilisation anglaise. Cette tendance
s'explique mal dans le système de ceux qui veulent dériver
les castes des guildes. U faut pour la comprendre remonter
avec Senart jusqu'aux usages religieux des familles primi-
tives. – Mais il faut ajouter que jamais ces usages n'auraient
abouti a l'emiottoment social dont l'Inde a donn6 le spectacle,
t. Un)<'n!< <t-<ut'te nt))po)'t<fc)t. thbftfmnsur)o '-a!.)<?
'tiHX)f t'ttnjftb
<mw:i)
Otttt).t'jxtisc()'!?')!<)t)usi<'))t'~ ''<)~nn); 'tans tes t'y/t~f"
.t~M<<<~ .).-M.Hi~y ()..:t-i!ii.
.\X.\t.Y!.K'–ttt!iTutM:))KSDut:TM<<K~ :!)!)

s'ils n'avaient Été conune pétrifia pur des « préjugés de cou-


leur » auxquels le contact do races très diverses d'une part, et,
d'autre part, les imaginations d'une classe sacerdotaio orgueil-
leuso de sa pureté prêtaient une force toute particulière.
C.B

M. Wt!<TI:nKrtX Was wiseon wir von den Indogermanen.


Hxtr. de Beit. x. A)t){s'"c'"eK XeitU))).MSucheo.i90:<, ~5 p. it)-8
(HtahUt d'utte façon intut'cMantc, que nous lie connaissuns des
htdo-Huropcens qu'un type de culture t. determim' par certains
traits communs de la ci\'i)i~ati')u, du droit et de la renxion.;

H. oKMfCHEt.t.s.– L'origine do~U ïndo-Bnropei. Turin. Uucca.


)''():<.VtH-~OUpp.in-8".

V)L – H)STOt)U:"):S UOCT)U~):S


)'urM.t).)to''t.).)'.<.tA<t<t\

HAL~VY (E).)H). – La. formation du R<tdica.U8tne phito-


sophique I. ~M;fMHM.«' f<f/M</MM) 447 p.; Il. t'ft!o<x<M?<
</<'/« ~0<<K<' «/<<)f««'<38Sp.; !tt. /.<'/<Hf/<f"M)(' pM)M.
~~xf, St2 p. Pat'is, )''é)tx A)c:)t).t!'U).)904.

L'ouvrage de M. H. intéresse tes sociologues à plus d'un


titre.
!)!t))ord, en étudiant la tormatiou du rad)catis<nephi)oso-
phique, l'auteur nous fournit un tableau d'ensemble de la
« doctrine x utilitaire. Par là, il rectilie les idées auxquelles
ot) s'arrête trop souvent, lorsqu'on ne conuatt cette doctrine
que partiet)e)nent. par telle ou telle de ses théories tradition-
ueites. t) replace, dans le système juridique dont il fait partie
intégrante, le fanteux catcu) des ptaisirs; it retia ce système
juridique lui-même aux Uteorëmes de i'eeonomie classique,
et ceux-ci aux considérations sur le droit constitutionnel qui
devaient servir de centre au radicalisme. Il nous montre enfin,
dans la doctrine utilitaire, ce qu'on appellerait aujourd'hui
une '< sociologie générale un effort pour comprendre les
divers aspects do la vie sociale, et découvrir des lois qui
seraient à l'univers moral ce que furent tes lois de Newton il
l'univers physique.
Cette « philosophie integrate de la nature humaine n ue se
constitue que peu il peu, et beaucoup d'éléments de prove-
L'.tMi!ESOC)Ut.O<L'E.i't')t)t
nances diverses concourent&!a former. Bentham n'est d'abord
qu'un théoricien du droit pénal et perfectioune surtout (a
classificationdesdétitsetdespeines.A. Smith, puis Maithuset
iticardo.foumisseutat'écoie un certain nombrede « lois natu-
relless'appliquant aux phénomènes économiques. Mactdn-
tosit, Paine et (.odwin, à des degrés et par des moyens di<té-
rents, opèrent la fusion. qui paraissait d'abord irréatisabte,
entre l'idée utilitaire et l'idée démocratique, et expriment.
dans le langage désormais traditionne) de la pensée anglaise,
ce que la déclaration des droits de l'homme exprimait ex tan-
gage spiritualiste. La pression des événements contribue sans
doute beaucoup à ces rapprochements ou intégrations de
théories, et fauteur a grand soin de signaler, chemin faisant.
les circonstances historiques qui hâtèrent sur tel point ou
retardèrent sur tel autre l'élaboration de la doctriue. Mais
ce qui fit suivant lui la force des utilitaires, ce fut préci-
sénrent leur esprit « doctrinaire leur volonté de (aire un
corps avec tant d'opinions éparses, de déduire tous ces arts
d'une sciencesystématique de ta nature humaine. Plus encore
qu'un grand inventeur, Bentham, merveilleusement seconde
en cela par James Mit), fut un grand « arrangeur d'idées
c'est pourquoi il devait devenir le chefd'une école et bientôt
le parrain d'un parti.
La caractéristique de la science ainsi constituée, c'est
une espèce d' « atomisme morat elle pose les individus
commeautant de centres nettement distincts chacun d'eux.
naturellement et légitimement, recherche son plus grand
bonheur; par cette seule hypothèse de t'égOsme universel
doivent s'expliquer l'ordre et le progrès des sociétés. La ten-
tative peut sembler paradoxale. Car. de la juxtaposition des
égoïsmes,comment un ordre social peut-il sortir? Si chacun
agit suivant son intérêt privé, qui nous garantit que t'intéret
Honorâttrouvera son compte? Comment s'opérera, en un
tnot, l'identification de ces deux ordres d'intérêts?
On peut concevoir à cet égard trois hypothèses. Oubien
cette identification se fera spontanément, à l'intérieur cle
chaque conscience, par le fait du sentiment de sympathie
qui nous intéresse immédiatement au bonheur de notre
prochain l'individu sera amené à respecter l'intérêt généra!
par cela mémo qu'il porte en lui des sentiments qui seraient
froisséset le feraient souffrir s'il foulait aux pieds les inté.
rèts des autres. C'est ce qu'on peut appeler le principe de la
ASAt.Y~t. – H~TOtNK PRt MHTKtXE- 2)!)

.i ..t.I-
fusion des intérêts. L'esprit associatiooniste s'accommode
aisément de ce principe Ru fait, Hume et A. Smith, dans
leursouvragessur la morale, lui accordent grandoattention.
n ne devait cependantpas jouer un grand rôle dansta doctrine
des benthamistes il ne s'accorde finatementni avecleurs ten-
dances morales ni avec leurs ambitions scientifiques. Ils tra-
vaillent instinctivement a une sorte de réhabilitation de
t'egoisme leur doctrine est une doctrine de gens qui répu-
gnent au sacrifice, qui entendent peser exactement ce que
coûte et ce que rapporte tel ou tel moded'action morale
raisonneuse, calculatrice, prosaïque Ajoutons que là on
l'on explique les démarches des individus par ta fusion sen-
timentate des intérêts, il semble que l'explication ue puisse
pas être bien précise. La sympathie n'est-ette pas ce qui prête
le moins a ia mesure? Le désir de trouver des quantités
stables, qui puissent servir de base à des comparaisons objec-
tives, poussait les benthannstes à restreindre la placedu prin-
cipe en question.
U ne leur restait donc que deux manières de concevoir
scientifiquement l'organisation d'une société d'égoïstes,
t'identincation de t'tnteret ~encrât avec t'interet privé, Ou
bien on admettra que les égoïsmes, chacun suivant sa voie,
s'équilibrent heureusement, aboutissent spontanément à une
harmonie totale, soit hntnôdiate. soit progressive c'est la
thèse de « l'identité naturelle des intérêts Ou bien on
admet des discordances possibles. Lorsque tous les égoïsmes
se donnentlibre champ, l'harmonie généralene se réalise pas
toujours d'ette-metne. Pour la réaliser il est souvent neces.
saire de modifier, en pesant sur leurs mobiles d'action par
des fois, la conduite des hommes; grâcecet artifice, ils se
trouvent amenés, en dépit de leurs tendances dissoeiatives, à
coopérer au bien public. Raisonner ainsi, c'est faire entrer en
jeu le principe de « l'identification artificielle des intérêts
C'est tantôt le premier, tantôt te secondde ces principes
que les henthamistes invoquent, soit qu'ils veuillent expli-
quer, soit qu'ils veuillent réformer les institutions.
Mais au fur et à mesure que leur système se développe, la
duatite de ces principes apparatt plus manifeste.
Lorsqu'il reconstruit le droit constitutionnel ou f</b<'<m~
le droit pénal, le radicalisme philosophiqueuse surtout du
principe do l'identification artinciettc des intérêts; il fait
appet Ht'intervention des lois. Lorsqu'il fortiittit.-les rapports
S))) t.'AX.\M: .):)Ot.Uti))~')i t!M3.)Mi

econoniquesau contraire, soucieux par-dessus tout de tihertf


commerciale et industrielle, il insiste sur les harmonies
spontanéesqui résultent do lit dinsion du travail et demaude
au testateur de ne pas troubler cette organisation toute
uuturelle. Htsaus doute, par plus d'un côte, te système essaie
d'embrasser et d'accommoder l'un à l'autre les deux prin-
cipes.L'optimismeUberat de ta doctrine économique Mereste
pas entier; avec l'idée de la nécessite du travail et des dan-
gers de la surpopulation une certaine dose de pessimisme s'y
introduit qui justifie, au nwifjs eu matière d'éducation
publique, l'intervention de t'Ëtat. D'autre part et inverse-
ment, si le Kouvernemcut devient vraiment démocratique, si
c'est l'immense majorité – le « moins faittibte Met « le plus
irrésistible des mattres qui fait la loi, alors la loi
imposéerepose sur une sorte d'accord spontané. Le principe
det'iueutincatiou artificielle des intérêts ainsi applique ten-
drait à se t'approcher du principe de t'identitc naturelle des
intérêts.
Matj;reees rapprochements il n en reste pas moins que tes
deux principes i'un correspondant ù l'état d'esprit de ta
scienceantique. qui admire ta nature. l'autre a l'étut d'esprit
de Ja sciencemoderne, qui a{;it sur elle – se font une perpé-
tuelleconcurrence u l'intérieur du système, (tu'its tendent à
le disloquer, et qu'ainsi il faut bien avouer, en dernière
analyse,que l'utilitarisme n'a pas réussi dans son effort pour
découvrir la formule newtonienne qui conviendrait aux phe-
uomenessociaux it neles uninc qu'en apparence et au prix
de contradictions essentielles.
On pourrait etr6 tenté d'en conclure et c'est vers cette
conclusion que penchaient jusqu'ici la plupart des critiques
de l'utilitarisme, que le point de départ de ta doctrine
était mal choisi, ses concepts directeurs trop simplistes.
sa méthode insuffisamment souple. Mais M. M. refuse de
souscrire à cette condamnation. H touc au contraire.
comme tes seuls capables de constituer en effet, non seule-
ment une morale aujourd'hui acceptable, mais une science
exactedes phénomènes sociaux, le rationalisme et t'individua-
hsme qu'il découvre à la racine du radicalisme philoso-
phique.
Car c'est a tort, a ce qu'it pense, qu'on rattache les utili-
taires à l'école empiriste. Us ne reconnaissent sans doute
l'existence d'aucun principe inné, d'aucune vérité «pnorf;
ASAH~K".–))tsT")KHR)i.)H)(:T)tt'<);< 3t7

ils n'en affirment pas moins iatéf{itin)ité et la nécessité de lu


méthode déductiveou synthétique tour ambitionest de cons-
tituer les sciences socialessur le modèledes sciences deduc-
tives. C'est pourquoi ils considërpxt systématiquement les
faits sociaux sous l'aspect qui prête u lu quantification; ils
puscut des abstractions qui leur permettent d'appliquer h'
t'atcut. Kuquoi faisant ils semblent oubtier sans doute la com-
ptexité du réel ils simplifient abusivement les problèmes.
t) n'en reste pas moins que ces simplifications, pour violentes
qu'elles nous paraissent aujourd'hui, ont ouvert la voie à ta
construction scientifique. Par exemple, c'est grâce à elles
qu'ils ont délimite le domaine de t'économie politique, défini
ses notions étémentaires, « fourni en un mot a leurs succes-
seurs les cadres nécessaires, une tangue scientifique et l'idée
mémo de ce que doit être une explication en épcoomic poli-
tique M.Knce sens ou peut conclure que « dans ta mesure où
l'économie politique deviendra une science, elle se rappro-
chera de la forme que lui avaient dottnee ses fondateurs,
contemporains et amis de Bentham
Qu'il soit nécessaire, pour élaborer uue science des phéno-
mènes sociaux, de les envisager, commeeut dit Descartes, par
un certain « biais et de construire des abstractions qui
permettent de démêh'r. dans lu diversité et ta compiexitf des
événements historiques, certaines tendances générâtes, il
n'est pasquestioude le contester. Maisitya lieu de sedomander
si les abstractions construites par l'économie politique ctai.-
sique sont tes seuiesvatitbtes.et sont vatabies pour tous tes cas
donnés; s'ii suffit en d'autres termes, pour s'expliquer les
divers aspects de lit rivalité économique, de partir de la
supposition d'échangistes idéaux débattant leurs contrats au
nueux de leurs intérêts, et de se représenter les hommes
comme autant d' « individus réfléchis. laborieux et égoïstes.
qui poursuivent exclusivement la satisfaction de leurs
besoins matériels et t'acquisition de la ptus grande quantité
possible de t-icbesseSM.Un fait, lorsqu'on s'est ptacédansce
siéeteau point de vue des nations et de leurs besoins propres,
ou au point de vue des classes et de leurs intérêts spéciaux,
n'a-t-on pasexpliqué, avec la ~'f<<)MWhf~(w<MK<' ou la doctrine
socialiste, un certain nombre de mouvements historiques ?
D'une manière plus sénérate, n est-ce pas aussi une manière
d'introduire de l'ordre et de la mesure dans les phénomènes
historiques que de partir de ta considération des groupes.
2t8 L'AXXÉE ttM.l'JUt
SOOOLOt.tQUË.

de leur forme extérieure, de leur constitution, de leurs ten'


dances propres? En quoi cette manière d'envisager tes choses
serait-elle moins « rationaliste u que « l'atomisme moral "?
La question n'est donc pas de savoir s'il faut être rationaliste
ou non lorsqu'on veut construire la science des phénomène)!
sociaux. Qui veut extraire une « science Mde l'histoire est
rationaliste. La question est de savoir si la seule forme accep-
table du rationalisme est le rationalisme individualiste.
C'estce queparatt supposer31, Il. lorsqu'il plaide, en termi.
nant, contre la « nouvelle méthode sociologique Hla cause
de t'iodividuatisme, considéré nou seulement comme une
doctrine pratique capable d'orienter l'activité des réforma-
teurs. mais comme une tnethodegénérate indispensable pour
l'explication scientifique des phénomènes sociaux.
Que,dans l'ordre pratique, l'individualisme s'imposeaujour-
d'hui a ht civilisation occidentale, que tous les individus y
prennent de plus en plus conscience de leur autonomie,
chacun exigeant le respect de tous les autres, qu'en ce sens
la société doive de plus en plus s'organiser comme si elle
était issue de la volonté réfléchie de puissances égaies, ceci
encore est hors de conteste, et les premiers travaux de la
sociologiecontemporaine ont précisément contribue a expli-
quer, en le rattachant aux transformations des réalités
sociales, cet irrésistible mouvement des idées libérales et
égalitaires.
Maisest-ce à dire qu'en dehors des explications individua-
listes il n'y ait pas de salut pour la science sociale, et qu'elle
cesse d'être explicative pour devenir purement narrative,
qu'elle cesse d'être science pour devenir histoire si elle
négligede montrer dans les faits et gestes, dans lessentiments
et les pensées des individus « pris isolément la genèse des
institutions sociales? Enquoiest-ce échapper aux explications
purement historiques que de rattacher telle institution dont
le besoinse faisait sentir à telle invention individuelle pro-
pagée de proche en proche? Si nous montrions que ce besoin
ressenti tenait lui-même a certaines conditions sociales, telles
que, toutes choses égales d'ailleurs, partout où ces conditions
se reproduiraient ce même besoin se ferait ressentir, n'en
aurions-nous pas fourni une explication qui, pour n'être pas
individualiste, serait celiendant autre chose qu'un pur ren-
seignement historique? Pour définir ces conditions, il ne suf-
lirait pas de considérer les individus « pris isolément il
ASAt.YSKS.–MUiTOtRROMUUCTMXM ii~

faudrait les considérer pris ensemble, dans leurs rapports,


dans leurs réactions mutuelles. Et c'est ce qui justifie notre
enort pour (aire entrer eu ligne de compte, en dehors et au-
dessus des initiatives individuelles, la forme même elles ten-
dances (les ensembles, pour nous placer au poiut de vue
proprement sociologique.
Au surplus, les tentatives de M. H. tui-meme pour arri-
ver non seulement a raconter, mais a expliquer la forma-
tion de In doctrine qu'il étudie, semblent aller à l'encontro de
cet individualisme théorique. 11insiste sans doute sur la part
qui revient aux individus, organisateurs des idées, et signale
les deux rotes que sont appelés a jouer les esprits systéma-
tiques–réformateurs, quand leur effort delogicien s'applique
aux institutionsétablies. toujours plus ou moins incohérentes,
– plutôt conservateurs au contraire lorsque cet effort porte
sur les réformes proposées pète meto. tt n'en met pas moins en
lumière les demandes sociales de toute sorte auxquelles
cet eiïort des penseurs répond, i) note par exempte que si
itentham s'attache d'abord à ta réforme pénitentiaire-tandis
qu'il laisse eu manuscrit ta partie ia plus importante de son
œuvre, concernant la codification des lois, c'est que « nous
ne pensons pas seuls et qu'autant, sur le premier point, le
penseur se sent soutenu par l'opinion, pour le second il com-
prend qu'elle ne te suivrait pas. S'agit-il dulibéralisme propre
à l'économiede l'école? it montred'une part comment, après
ia Révolution d'Amérique et te progrès du machinisme, lu
politique du taisser-passer était spontanément réclamée par
les classes commerciale et industrielle; ii rappelle d'autre
part. que le « principe de l'utilité est le fondement même de
l'entendement anglais, auquel tous les penseurs se réfèrent
d'instinct M.11conclut qu'ainsi « dans le livre d'A. Smith qui-
conque réfléchit va retrouver les idées que, sous la pression
des circonstances historiques, avec ta collaboration tacite et
permanente de toutes les intelligences, il a dcja commencé de
penser M. Que d'ailleurs les forces de cette nature soient
capables non seulement de hâter l'eflort des logiciens, mais
de te dévier et dèlui imposer des conclusionsautres que celles
auxquelles leurs principes les auraient logiquement conduits.
c'est ce que l'auteur nese dissimule pas. Ilnous montre llicardo,
par exemple, modifiant ses lois de la valeur pour fortifier la
cause libre-échangiste, pensant « pour un parti, et dans une
certaine mesure par un parti '). La logique des hommes d'ac-
MU L'.t.'<XM:.«M:)Ot.)~t'K.<M-tMt~ 4

tiou et de parti triomphe donc de « ):' vraie logique « La


censée cofiectiveemploie tyranuiquement il ses tins ta pensée
df i'iudh'tdu N. Le mom'entent ~coura) des idées, il une
}!&)'iode ()()n))eH,« impose a )a grande nu~orit'' des hommes
une façou de penser commune et les obH~e tous, sait Ii rai-
souuer en partant des mêmes prémiMes. soit it imaginer
après coup des prémisse!!qui justifient teur accord sur cer-
taines conclusions H. Toutes explications du mouvement
iudividuatistequi n'ont rien de specinquemeut iudividuatiste.
et (tont io présence dans le livre de M. H. sutHtù nous con-
soter des reserves qn'it (ormuie u i'unard de notre méthode.
C.M.

Y. HASCH.– L'Individualisme anarchiste. M&x Stirner


vt-~8p.t'aris,t''e!ix.Ucat),t''f)<.
Le travail historique et critique de M. M.contribuera utile.
ment ectaircir les diuerentsseus d'un concept autour
duquel tournent beaucoup d'équivoques: le concept de rnf(/<-
r)(/««<«!«t<
M. )!. part du livre de Stirner: t'MMtf/ttc ~< ~«pnW. H
décrit le « milieu d'idées Hdans lequel a germ6 ce livre, rap-
pette quelle tyranuie la religion hégélienne faisait peser sur
l'individu n'c).etcom)t(et!tondet'ait<'prouver le besoiod'unp
protefitation retentissante contre ce detire d'idéalisme. C'est
Stirner qui va le plusloin dans ce mouvement de reactioM:Uest
leverititbtea anti-Me~eh'.Hdémasque non seulementles formes
primitives, mais les formes les plus récentes du .<!<*<v;
il pro-
teste contre la manie inteHeetuatiste qui d'une part scinde la
personnalité en deux parties pour couterer toutes les supé-
riorités à la raison, et d'autre part oftaco ci) quelque sorte
tout ce que les individualités ont de dateront pour ne retenir
et ne magnifierque tes caractères qui leur sont communs. Ce
sont au contraire ses traits « uniques » que chaque individu,
poussé par son sentiment intime, doit développer librement,
en héros romantique. En conséquence il importe de s'anran-
chir autant qu'on le peut non seulement de la religion, mais
de la morale, non seulement des conventions mondaines,
mais des toisd'Htat. L'individu est esseutiettcmeut « asocial
Stirner le dresse en état d'insurrection permanente contre
toutes les institutions. Tout au plus admet-il, pour la satis-
faction des besoins personnels, t'organisatton d'«MO<'Mffo))<.
.t\K' – tttsT'XHH MK'iHoCTHtNKS ~t
a.1.. 1.
plastiques, muditiabtesà merci. Il at)outitainsi &uu «indivi-
duatisme de )a fo~e~ pessimiste et aristocratique, aussi ditte-
t'eut de « t'ixdividuatisme du droit que de t'auarehismo
proprement dit, aussi cioi~ne de ta croyance à l'harmonie
pt'eetahtie que du désir de t'egatik'nuate, etamntgamant.avee
l'apologie du hcros romantique. ta théorie darwinienne de ta
sélection.
C.B.

F. ALENGRY. Condorcet guide de la Révolution fran-


çaise. 'f~<'<M'<f<M <~<<<'<f la ~f'M<M~OM </<*
t'~pf'<'t'«f'«'tU'
h .'X'/MtCfMfM~. 1 vol. in'8, 8!)) pages. Paris, tS04, (liard
et Briëre, éditeurs.

Les deux premiers livres de cet ouvrage n'ont pas pour


nous uu intérêt direct. Le premier étudie le rote de Cou-
dorcet avant et pendant la Révolution; le second traite de
Condorcet, comme théoricien du droit constitutionnel. Nous
eti venons donc tout de suite au troisième qui est intitule
Condorcet, précurseur de la science sociale.
Daus le chapitre t, après avoir montre les rapports de Con-
dorcet avec les Physiocrates, M..A. enumere les ouvrages
nombreux qu'it a consacrés à l'Économie politique (p. <M4).
De cet ensemble compact, il extrait d'abord des généralités
sur les principes de t't~cononne politique chez Coudorcet
(Objetet cadrede ft~couontie politique, sa méthode.soncarac-
tère de science, ses lois fondamentales, ta théorie physiocra-
tiquedu produit net), puis les idées de Condorcet sur ta pro-
hibition et tatihertè des échanges, les impots et les monnaies.
Le chapitre n est consacré à la morale de Condorcet. Elle
rejette tout principe métaphysique ou religieux, mais n'est
point pour cela empirique. Ettc est fondée sur la nature de
t'ttonxne en ancrât, en tant qu'être doué de sensibilité et de
raison c'est surtout sur les sentiments universels de bien-
veillauce et de sympathie que repose la morale. Ainsi
Condorcet est bien du xvm' siècle et se rattache a la fois à
Kant, à Rousseau et à Ad. Smith. Le chapitre m expose la
sociologie de Condorcet qui est « un tableau historique des
progrès de l'esprit humain a M. A. montre que Comte
Il eu raison d'appeler Condorcet son « père spirituel », car
avant lui, il a vu la solidarité des sciences diverses, exclu les
explications « theotogiques et métaphysiques N, pour n'ae.
MS t.'AKKKt! t~tMt
Mt(:)U(.t))!JQ~)!.

cepter que tes explications <<positives M il o adhère au pro-


babilisme, Ébaucheune méthodedes sciences sociales fondée
â la fois sur le calcul, t'observatiou et t'histoire, et eunu. sans
prononcer tes motsde statique et de dynamique socia)e,déeou.
vert quetquestoh de coexistenceet de succession.
Lelivre IVest une conclusion génêrate et uu résume d'en-
semble. Il montre que Condorceta été, non pas un utopiste et
un rêveur, mais un homme d'action, dont l'influence a été
énorme; uoupas un géomètre qui construit a pnot'f des théo-
ries, mais un observateur dont les idées se sont formées et
modifiées par l'expérience des événements.
Cet ouvragede près de 900 pages est une étude très docu-
mentée de la vie et des idées de Condorcet; l'auteur n'a
négligé aucunesource d'information; il apporte mémequei-
ques fragments inédits. Mais c'est aussi, il faut bien le dire,
une étude un peu tounue: le plan adopté imposait de nom-
breuses répétitions. De plus, ayant lu tout ce qui pouvait
intéresser son sujet. Fauteur veut tout utiliser et tout faire
rentrer dans son plan, même peut-être certains détails d'un
intérêt secondaire et, dans cette analyse consciencieuse de
chaque document, le lecteur perd de vue à chaque instant
l'idée générale du livre. M. A., philosophe qui aborde des
travaux historiques, se défiant de lui-même et craignant
d'être trop systématique, a tout sacrifié au souci très louable
de l'objectivité.
A. A.

M. KO\At.E\vSKt.– La dottrina sociale di Erberto Spencer.


/~«f« t'<<~M)M <~Soetoh~t'i!,VU),a-3,mars-juin,H)0t.p. )S3.sqq.
G. SERGt. La aociotogia di Herbert Spencer. Rtt't't !af<'ftM<t
</<So<'f'o/<)~M.YH,5et<i.septembre-décembre i903,p. 4':9.
C. SA~'ADMU. t. ideade! diritto e doUagiaNtizia neUaato-
soâadeu'evoluztone. ?<'<'<<«~/)'<'t«!~)' vnt. i.jan-
~<tt'to<o~f<t,
vier-février«'04, p. 40.
< SALVADOR. –L~voJttzioDitme di fronte alletendenze délia
civittà oontemporanea.at'cM<at«!<MM<t <<)'
Suciologia,Vil,4,juit-
let.aoûUW.p. 36:!sqq.
t)Ht'Xt)-;Mt:.SKC'rtO'<

SOCtOLOGtE HRLtGtEUSE
)'t'))M.Hmt:ttrt'TM.n'')s

). t')ttH)S()pn)t:KHLKJfEUSE.
CO!«~E)'T)"X.'<
C~~XALKS

H HUBERT. –Préface au Manuel d'Histoire deaReli


gions de Colin, ~t)4.
C/)atK<w<<<a .<ffn«t.«<y<–Paris,
!.vm-7!(!p.,in-M*.
Hubert et Isidore Lévi ont mis à la portée du grand public
français le manuel, défectueux certes, mais seul classique,
que M. Chantepie de la Saussaye a édité avec la collaboration
d'auteurs très compétents. En avaut de cette traduction, au
moment de donner un livre d'histoire, Hubert a cru bon de
défendre les droits de la science comparée des religions, de
la sociologie religieuse eu un mot.
Je dois nie borner à indiquer le plan de cette préface-ma-
nifeste. Hubert y expose des idées qui nous sont tellement
communes et dans une forme qui m'est si profondément fami-
Uôre que j'en serais mauvais critique.
II indique d'abord eu quelques traits rapides les résultats
acquis dès maintenant par la science des religions, par la
méthode pliliologique et par la meti'ode anthropologique.
II montre ensuite qu'il est nécessaire de dépasser ces mé-
thodes et de tenter i'étude sociologique de )a religion. D'abord
il montreà ta suite de Durkheim 'v. /<)tM<M['t0<<~)'</)«', H.
~e la f~/tMt~'<w, etc,), que la retigion n'existe pas, mais qu'il
existe des religions positives, lesquelles sont des systèmes de
faits religieux, lesquels sont eux-mêmes des faits sociaux.
Ceci justifie la recherche exclusive des phénomènes sociaux
comme causes des faits religieux.
Hubert montre ensuite par quelques exemples topiques
comment ce procédé d'explication aboutit à rendre compte de
faits autrement inexplicables, et comment même le sentiment
religieux individuel trouve eu des faits sociauxsa raison. Les
Mt k L'A\KESuC)~.u'.t't'K.'i''&-)'

deux exemples dont il se sert eu particulier sont la notion


religieuse de l'âme individuelle, dont il analyse les causes
sociales et indique qu'elle se réduit il la sensation obscure
de la position que l'individu occupe dans tu société religieuse;
ta notion de sucre, Kl'idée mèrede la religion », caractéris-
tique de la croyance religieuse proprement dite et qui ne peut
être que le résultat de l'action psychique concordante des
individus d'une même société.
M.M.

Il. U8ENËR.–Mythologie. /<ft'/«)-/«r ~t9<w<s)<-<M<'M<tt-Aa/<,


\-t), 1 et H'04.p. G-:M.

A. DtHTRICH.–Vorwopt zam Stebenten Ba.ade. p. )-<}.


Cesdeux courts exposés de méthode expriment le but pour-
suivi par toute la nouvelle école allemande de la /<<tOHx-
Nous remarquons avec joie que l'esprit qui
ft'M.«'K.'(t'/«t/).
l'anime n'est pas sans grande analogie avec celui dont nous
nous inspirons ici.
M. Usenersent, comme nous, le besoin de ne voir la mytho-
logie que dans son cadre historique, dans sa nature de phé-
nomène soda), de produit de ta vied'un peuple. H sent encore,
comme nous. le besoin de classer, de comparer, afin de com-
prendre toujours le plus grand nombre de phénomènes, et
surtout de combler les lacunes, les vides que laissent, dans
la science des religions « les temps sans histoires » (p. ~O.~t).
tt sent encore, comme nous, le besoin do trouver et d'analyser
des (aits typiques, ou des systèmes de faits, pour y retrouver
les fondements primitifs, les phénomènes essentiels (p. M.:M).
tt sent encore, comme nous, le besoin de conclure par des
généralisations, les plus larges et les moins hypothétiques pos-
sible, basées sur le plus grand nombre de faits (p. 26-27).Il
s'exprime enfin en des termes auxquels nous souscririons
avec enthousiasme, sur les caractères distinctifs de la science
des religions et de la philosophie religieuse.
M. Dietrich s'efforce, dans ce programme des travaux de la
nuuvelleseriedct'.<)'c/«r/~)-/<~)<)tMft'<M<'<M<M/), de montrer
que la science des religions doit être le produit combiné des
trois disciplines Philologie (on sait que ce mot a, dans la
science attemandeet même française, un autre sens, plus prag-
matique, que celui d'tude des langues), Ethnologie tscienee
ASAn'SK-i. <'ft)t.n-!0)')f)E <t)iL)'.tBr~H,t:tt.\(:Bt'TtuXS G~HAt-tH 22!!

comparée des sociétés), Folk-lore (science comparée des reli-


gious populaires, subsistant dans les peuples civilises mo-
dernes. En sommeM. D. entend, en termes moins clairs, par
science des religions ce que nous entendons ici.
Le sujet précis de l'article de M. Usenor est la méthode de
la mythologie, ii abonde en remarques précieuses. Signalons
surtout celles (lui ont trait à i'image mythique et aux pro-
cessus inconscients qui la conditionnent. M. Usener rattache.
avec juste raison, certaines de ses idées à des théories,
trop
oubliées, d'un des précurseurs de la sociologie, Vieo.
M. M.

F. KLHiN. Le fait religieux et la mtmiére de l'obser-


ver. Paris, Lethieiieux, <)?, ~O!)p. in-<u.

On nous a souvent reproche, dans les revues cathoHqucs


surtout, de ne pas tenir un compte suffisant des travaux pro-
duits par les prêtres ou Inspirés par les dogmes. H semble .)
beaucoup que les professionnels de ia religion doivent avoir
des lumières speciaiessur des faits dont ils sont les premiers
acteurs. Nous avons voulu, de bonne foi, chercher des données
scientifiques, ou même simplement des faits bien observés.
dans toute une littérature extrêmement féconde, et ne pas
avoir l'air de pratiquer un ostracisme irraisonné. Kn dehors
des travaux purement historiques, eton particulier, en dehors
de la petite collection Bioud, dont nous citons plus loin plu-
sieurs ouvrages, nous ne trouvons à signaler que le petit livre
de M. i'abbe lileiu, et nous sommes désillusionne.
Cette étude, en effet,qui n'est guère qu'une série de sermons.
tourne tout de suite à i'apoiogétique, et i'apoiogctique catho-
lique la plus parfaite, parce qu'elle tient compte de i'état
actuel de lia science. M. lilein déduit l'excellence du christia-
nisme romain d'une théorie d'apparence scientifique. H y
réussit avec une entière sincérité parce qu'on peut toujours
déduire tout de tout, et qu'une théorie qui n'est jamais con-
frontée avec les faits ne risque pas d'être reconnue fausse.
La première religion a étudier est le catholicisme (chap. n
dont ia proximité, la netteté de contours, ia perfection orga-
nique font qu'il est le sujet rationnel des analyses préit-
lables. On le voit, M. Kiein, s'il consent a comparer, n'y cou.
sent que pour donner à une religion une place qu'elle n'a
peut-être pas d'un point de vue historique.
– .\«))~'.~K.ift)..
);. bt'M-HKn'. )')0!)-)'~i. )j

.V n).'ASXtit:.<u':tt)LOU)t.'CE.'903-)'H)t
_n~-

H a essaye aussi de définir le phénomène religieux, et le


« sens religieux ». La première de ces deux tentatives ne
mcue M. t'abb6 Kteiu qu'à des développements communs ta
seconde aboutit a d'heureuses remarques (p. ?) sur les
Mrapports de société Mqui existent entre fidèles et choses
sacrées, dans toute religion.
Mjl
at. at.

TH. AC11HL1S.– Abriaa der verglelchenden Religions-


wissenschaft (.~mm/. M.!t'/t<o. Leipzig, C'ischen, lt!3 p.
in-18.

C'est un signe des temps que la science des religions soit


parvenue a atteindre le très grand public par le petit manuel
de vulgarisation. C'est aussi un signe des temps qu'elle re-
cherche elle-même la popularité, et la place à laquelle elle a
droit dans l'estime populaire. M. Achetis était particulière-
ment qualifié pour tenter te premier cette intéressante entre-
prise.
Certes nous aurions les plus graves réserves à <aire quant
à la façon dont est compose cet ouvrage. Les hypothèses de
l'auteur et cettes qu'ont émises ses maître et ami, Mastiau et
Schurtï, ne sont pas toujours très nettement distinguées des
faits acquis. Des rapprochements hasardeux entre faits mal
classés ne manquent certes pas (voy. surtout p. t!Uet suiv.).
Les fautes de détaii inévitables (ex. tschun~a pour tohunga.
vrai.
prêtre de la NouveUe-Xetande,p. C4; p. 93, i'amrmation
ment excessive que t'tnde ait vu naitre f/M«<<'c grandes reti-
rions p. !S. t'anirmatiou qu'au Pere-Lachaise. &Paris, le jour
de la Toussaint, ou apporte des douceurs sur les tombes;, ces
fautes ne sont pas trop nombreuses ni trop criantes si on tient
compte de la masse considérable des faits énoncés. Enfin, une
certaine tendance positive, religieuse, se marque quelquefois
(p. ;M, H'h,extrêmement HMrate d'ailleurs, mais peut-être
deptaeee.
Le livre se divise en deux. Après une définition provisoire
de la religion (p. 8), vient une analyse statique des ~MMH~
de la religion, une analyse dynamique de l'évolution des reli-
gions. Ceci constitue la première partie, descriptive et inti.
tulèe, bien mal « Traits de l'évolution de l'histoire des reli-
la
gions. » Knréalité il s'agit, dans l'étude des éléments de
religion, d'uue série de monographies où les types d'institu-
\!<U.)-t:<. –H)t.H')))Hht;).)':tKt'B,t;f)Xt;Hm').~<)!n.U.M 227

tious religieuses sont ctasses togiquement et getteatogique-


ment. Kttes sont reparties sous les deux titres i° Mythologie,
dont les rubriques sont id<'ede dieu, âme, vie future, salut,
relations de dieu avec la nature, avec l'homme; ~"Cutto,dont
les sections sont domaine du culte, prière, vmuet sao'iMce
<c'est ici que ~t. A. traite, d'une façon bien insumsante, du
totfmistno, p. SO.St,et des interdictions rituelles, p. !?, sq.),i,
rites au sens étroit (magie et rituel domestique!, sacerdoce.
t)ansl'étude de l'évolution, il ne s'agit que d'une classification
hiérarchiquo.géneaiogique.dessystetnesderetigions.M.Ache-
lis adopte la division classique en religions inférieures ffeti.
f'hismo et chamanisme) religions supérieures (potytheisme
et naturisme développé), religions éthiques et universalistes.
La seconde partie du livre est iuUtutee. bien mal aussi
.« l'rincipes de la Sciencedes Religions)'. HOeest consacrée à
induire, à partir des résultats obtenus dans t'analyse de t'evo-
lution des religions et de leurs éléments, et à dégager une
théorie générale valable pour toutes les reiigions et pour tous
les phénomènes religieux. Lf principe de méthode
qui pré-
side A cette démarche de M. Achats est de tout point excel-
lent. C'est bien ainsi qu'on doit chercher a déterminer ce
qu'ii tente d'indiquer ta notion do religion, l'origine et t es-
sence de la religion, son caractère, les lois de son évolution,
ses éléments constituants. Mais les développements esquisses
par M. Achelis reposent ici sur un fonds moins riche de faits;
la preuve est beaucoup moins satisfaisante.
Ce petit manue!, plein de qualités et de défauts se termine
par une assez longue conclusion métaphysique sur le pro-
bjeme de ta religion. Peut-être cette place aurait-eiieeteheu.
reusement reservf'e à des problèmes plus positifs.
M. M.

W HOUS8HT. – Da.s Wesen der ReUffion. Halle, Cebauer


x-~8fip. in-tt".
Schwetschhe, t<M)3,
Pour une série de tecons populaires, M. Bousset ne laisse
pas d'apporter dans ce livre un travail snbstantiet et savant.
Le but est de découvrir t'essence de « la reHgion La dé-
marche pour y parvenir est strictement inductivo. M. Bousset
se refuse (p. t0~ a n'analyser, comme le font les
philosophes
et les théologiens, que la seule espèce parfaite, le ehristia.
nisme.Il veut nous donner une description générale de la reti-
~0 ).'A'<XMKS')t:)m.OtimCK.i~-t9"t
_n l. _7.r.
de sou évolution sa tonne dénuée et,
gion et (y compris
selon lui, définitive. lechristianisme). afin d'arriver à ta notion
«
claire, historique, de ec qui persiste sous tous ses aspects
de ce qui est
protéiques », de ce qui est vraiment essentiel,
« tonde directement dans lu nature humaine ».
L'auteur commencepur une description générale de tu reli-
déHnition. La
gion, car il est impossible de parler ici d'une
~t)
religion « saine » se composeruit de deux tendances f~p.
une tendance d'intérêt persouuel supérieur, uu vouloir
prendre une tendance d'absolu désintéressement, de res-
et un motif de
pect pur envers la divinité. Un motif d'amour
à un
crainte, s'adressant à une persounatité transcendante ou
monde transcendant, voilà la religion. Cette description géné-
rate cadre assez bien, toute intuitive qu'elle est. avec tes gen'"
ralités que nous avons proposées, ici mémo, en conclusion.
de notre « Essai sur le Sacrifice Les expressions employées
sont, il est vrai. un peu values. Mais nous ne nous arrêterons
révolution générale de
pas à en faire la critique. L'étude de
la religion est, d'ailleurs. plus exactement poursuivie sur tf
terrain des faits.
Il v aurait eu. suivant M. Bousset. en dehors du christia
nisme, espècesuprême et à part. cinq genres de religion. La
classification est neuve, et s'oppose en somme à ta théorie
nationales.
classique qui repartit les religions en primitives,
universalistes et comprend le christianisme parmi ce dernier
ces geures une des-
groupe. Ai. Boussetdonne de chacun de
cription schématique.
H y aurait, en premier lieu, la religion des sauvages. Sous
ce terme vague et peu compromettant. M. B. range toutes les
et de
religions qui ne sont pas celles de l'antiquité classique
l'Asie antique. C'est sur ces religions, en somme, que M. B.
est le moins bien informe: il s'en tient à des livres de
seconde main. même médiocres, de Schneider, de Mùtter.
oublieux ainsi des recherches de Frazer. de Witken et de
tant d'autres. Cette oégti~ence est probablement la raisoll
d'une faute grave, coutre les faits et même contre ta logique
de
M. B. soutient, peut-être lui dernier, que les religions
«clan ~(«M<w)dérivent des religions de la famille, et en
5t ). tt n~tige ainsi le fait
particulier du culte des morts 'p.
la des sociétés
que te totémisme,c'est-à-dire, au fond, religion
les plus « primitives » connues, est une religion de clans.
ait
et il oublie que l'on n'a jamais constaté de famille qui
AS.U.Y-!E-. – tUtLUSnPtttK f;UXCEPTMS!< tHi!!)!)t.~Et 2~9
)(Ef.)0)Ef!.H,

donné naissance à uu clan. it lie sent pas enfin qu'il y a


absurdité il supposer que le culte ancestrat pur et le « féti-
chisme nt6)angésaient pu donner le totémisme. quandbien
même i'un et l'autre seraient constatés dans des sociétéstrès
primitives, saus totems, ce qui n'est pas le cas. Au surplus,
maigre cette objection, une partie des généralisations de
M. Bousset nous semble subsister, et ce qu'il dit sur le petit
nombre des dieux, le caractère « naturel des relations entre
le dieu et le dan, nous semble mémo très ingénieuxip. M et
suiv. Seulement ia plupart des exemples qu'il emploie sont
empruntés à d'autres religions qu'à des « religions de sau-
vages N. Il est vrai ((u'on trouverait dans ceties-cides équi-
mients aux faits cites.
Le second ordre de religions est le groupe des Religions
nationales a. que M.Bousset caractérise en excellentetermes
et dont H rattache les principaux traits aux formescontempo.
raines de ta vie sociale. Par exemple il relie le polythéisme,
naturel à ce genre, avec la multiplicité des fonctionsde la vie
sociale <p. 6S, sq.). La transcendance progressive des dieux,
le développement des mythes et des cycles mythiques, etc.,
ta formation d'un sacerdoce, la régression de l'animisme
inférieur ~p.7i)),sont esquisses avec beaucoup de soreté,
Jusque ce stade, la religion estétroitement liée a t'organi*
satiou sociale, &la nation elle est même le coiur de celle-ci
fp. 9')). Il est réservé aux « religions prophétiques x et aux
prophètes de rompre ce lien. Sous cette rubrique, M. Bousset
classe, avec raison, l'ancien Mazdéisme(celui de Zarathushtra),
le prophétismejuif.et. jusqu'i'ut) certain point, tesorphiques
et les philosophes dont s'est inspiré Platon. La prédomi-
nance du côt~ moral, t'oppositioa aux principes purement
pratiques, l'apparition tout de suite triomphante de l'indi-
vidu, sont les tnarques de ces formes de religions. Ici M. B.
se trouve sur sou véritable terrain, et nous ne trouverions
rien à redire si nous ne sentions dans tes passagesconsacrés
à l'ancienne religion d'Israël une nuance d'apologétique.
La distinction du quatrième ordre de religions constitue
une louable innovation de M. B. on ne peut en nier l'origi-
nalité, et nousla trouvons digne de devenir classique.Cesont
les religions légalistes, celles que M. Sabatier appelle reti-
gions d'autorité Judaïsme, Parsisme, Islam. Rituettisme,
caractère foncièrement social, presque national (car la reli-
gion fait la nationalité), esprit juridique, nxité, tout ceci
Ï!)U ).'ASSKt!S<«:H)t.(«:tQrH.i''t):).iW't
contrebalancerait, dans ces religions, leur tendance à l'uni-
versalisme, leur valeur morale. leur pureté religieuse. L'atti-
tude de M.B. a l'égard de l'Islam n'est pourtant pas sans nous
laisser M penser; nous voulons bien voir dans l'islam une
régression, par certains eûtes, à l'égard du christianisme.
mais il nous semble qu'il y a grande exagération a classer
complètement au-dessous du Bouddhismeet (tu Christiauisme
une religion de salut, qui a au moins le mérite d'avoir pose
un type de croyances où )a mythologie tient un minimum de
place.
Vient ensuite le groupe des « religions de la délivrance
constitué par le bouddhisme et le piatonistne. La position du
bouddhisme nous semble ainsi fort bien déterminée. Mais
pourquoi avoir aussi rangé sous cette rubrique des phéao.
mènes qui ne furent jamais religieux, comme les croyances des
philosophes, celles de t'étite gréco-latine?ti s'y agit certes de
théodicée. de théologie. mais il est impossible d'y voir aucune
religion positive, ni aucune véritable secte religieuse Ht
pourquoi n'avoir pas compris dans cette classe les grandes
confréries, mititriaques et autres, dont le succès a manqua
de balancer, dans l'ancien monde déclinant. le christianisme
naissant? Pourquoi surtout n avoir pas compris sinon tout
le christianisme, du moins )e catholicisme?
Les chapitres consacrés au christianisme, a son essence, li
son avenir qui, selon l'auteur, se confond avec l'avenir de la
religion, sont en partie scientifiques, en partie apologétiques.
S'il y montre comment tous les traits de la religion s'y trou-
vent épures, il se laisse cutratner par un protestantisme, très
libéral certes, mais très dogmatique pourtant. Sil y marque
justement les correspondancesétroites entre le christianisme
individualiste et critique d'une part, et la civilisation moderne
de l'autre (p. ~40,sq.), il se laisse aller it des afnrmatioxs
théologiques nombreuses. Une théorie métaphysique, menx' e
qui nie le miracle, n'a pas d'intérêt pour nous. Taudis que
nous pouvons trouver regrettables des allusions de polémiste
à la « capitale de la France
Il y a un certain nombre de fautes de détail dans ce livre
important. Dire que l'Idée du Bien ait été pour Platon l'âme
de l'âme o (p. t!~) est une erreur grave; de même les aperçus
de philosophie hindoue, faitsde seconde main. sont pleins de
faux sens (p. 1C3sq
M. M.
A.4t.y~.–)'))tt.f)S<')'))tKM:).))it);U.<Ë,Cf)X<:)!)''f)OS.t.f)!o.\).K-. M)

A. DOttXKH. – GrundproMeme der ReU~ionsphUoso*


phie Berlin, Schwetschkc, t! p. vm.tM, in-8".
Grundrtss der ReUarionsphitesopMe. Leipzig,Diirr, 1!)03:
p. xv))).4Min-M".
Le premier de ces deux ouvrages contient, condensée, toute
la substance du second. Nous le trouvons plus clair et plus
sur ta métaphysique y tient une moindre place; il est aussi
débarrassé d'une bonne part d'érudition qui, pour être abon-
dante. n'est pas sans danger.
La philosophie religieuse de M. Dorner comprend deux
parties distinctes, quoique solidaires. ti y a une métaphy-
sique de la religion et une philosophie de la religion.
La métaphysique a pour objet de rechercher à quelle réa-
)ité correspond la religion. La réponse que M. D. donne a
cette question est cette du théisme le plus absolu; il croit
retrouver Dieu nonseulement dans toute religion, mais encore
dans toute philosophie, même la plus matérialiste et la plus
sceptique ~'n<M~'<M,p. 3!)).– Nous ne nous arrêterons pas à
discuter cette thèse qui n'est pas de notre ressort. Mais elle
est intéressante comme symptôme de la réaction qui semble
se produire en Attemagne contre le criticisme religieux Cette
dernière doctrine teudait finalement il vider l'idée de Dieu
de toute réaiité. Au contraire, pour t'ecoto que représente
M. Uorner, que représentait t'gatement M. Girgensohn, dont
nous analysions le livre t'au dernier (p. ~t)t et suiv.), Dieuest
une réalité, une chose ta religion a un fondement objectif.
Il est inutile de rappeler que nous admettons, nous aussi.
t'objeetivitC de ta religion, mais que nous croyons pouvoir
l'expliquer sans mire intervenir de réalité supra-experimen-
tate.
L'autre partie de t'œuvrede M. Dorner, la philosophie de
)a religion, a un double but sommer les phénomènes reti-
gieux afin d'en induire les lois générâtes, et construire l'idéal
de la religion en prenant ces lois comme point de départ.
Un effort considérable est fait pour n'omettre aucun phéno-
mènede lu vie religieuse, pour les systématiser tous et pourl'
arriver à justifier la définition qu'il donne (f~'MM~'ot/cMf,
p. 40) « Son essence consiste dans le besoin de satisfaire
la tendance a l'unité, sous ta forme de la conscienceque nous
avons de la dépendance où nous sommes à l'égard d'une unité
supérieure à toute opposition, laquelle dépasse même t oppo-
232 L'xxKK 'Hjctut.nHK'm:. )UM.tMt

sition du moi et du non-moi et les oppositions à l'intérieur


(tu moi ». Bien que trouble. cette idée préconçue ne laisse pas
(le mettre notre auteur sur la voiede nombreux problèmes
et d'idées ingénieuses. Nous signalerons notamment la dis-
tinction très une – peut-être trop fine – entre la .'<«'/«'<«'<<
et in <;<'«'t'~ft7, et la déduction par laquelle il tente d'établir
que ta notion de certitude et de foi ne pouvait parvenir à tu
conscience claire dans les formes primitives de la religion et
dans le polythéisme (HrMtM/fM.p. ~0 et suiv.). Ensuite, il
étudie les expressions de la croyance (C~'MH~jMoM~f. V, VI
VU) d'abord, les expressions spécifiques. Ce sont te sacrifice
l'auteur allirme a la légère, (~'MH~w. p. 293. que c'est une
institution religieuse universelle), le vo'u. l'ascétisme (inter-
dictions rituelles), les actes et les choses sacramentelles.
Viennent ensuite, la divination, la révélation, la prière, les
symboles et actes symboliques, l'art religieux, les moyens
d'exposition verbale (traditions orales et livres sacrés), les
lieux et les temps sacrés classés sous la rubrique curieuse
de « moyens d'exposition x de la conscience religieuse en
même temps que la doctrine religieuse, le dogme et la con-
naissance libre (libéralisme). (Nous pourrions noter ici une
légère contradiction entre les divers classements de M. Dor-
ner). Enfin, pour M. Dorner, la religions'exprime d'une façon
collective, dans une organisation sociale, dans la commu-
nauté religieuse, qui est, dans quelques cas, une église. Tous
ces classements et reclassements sont curieux, certains même
singulièrement suggestifs bien que tout reste confus et trouble.
Lesmeilleures remarques de M. Dorner ont trait à l'opposi-
tion du culte collectif et du culte individuel (~-«Hf/WM,p. 439
etsuiv. cf., p. 313. une indication ingénieuse sur l'apparition
de la religion individuelle a Home).
Le dernier problème traité, et grâce auquel M. Dorner
arrive à voir dans la religion le fruit même des tendances les
plus profondes du « Moi le moyenque celui-ci a de s'unifier
est la question des rapports de la religion avec la morale,l'art
et la science. Ici les tendances théologiques de l'auteur se
donnent peut-être un peu libre carrière (cf. Gn<n<<M,préface
p. V), et l'accord est un peu vite proclamé entre la religion
et la morale, et tascience. !test vraiqu'il s'agit d'une religion
extraordinairement sublimée.
Les livres de M.Dorner sont si riches en idées et si sincères
dans la recherche des faits, qu'on peut très vivement regretter
AX.tt.V~ – fMtt.OStJt'))))! nK).)U)Et"iE, t;<)KCË)"ftOX.< )iK'<KnALE- 233

que les (autos de détait y soient vraiment trop nombreuses.


Ecrire Jhana au lieu de Dhyana (Gn~'fM p. t3S~,pour dési.
gner la méditation extatique en sanscrit; dire (p. SS) que la
notion parsi de Garotman est comparable a notre Purga-
toire auirmerque le « caractère social est absent des reli-
gions primitives (p. t!M, t&M.);confondre /(«< t tabou mal-
gache) et A'otoK~(totem de la tribu de Perth en Australie).
sousla même parenthèse (p. C2) parier de Mahajana boud-
ditique. et de Brahn) (sict sont des fautes qui ne laissent pas
de surprendre. Ces taches déparent un travail, en somme
important, où, par un retour à t'Hégeitanistne, un phiiosophe
!)tenté desystematiser nos connaissances sur les phénomènes
religieux.
M. M.

0. STOLL. – Suggeation und Hypnotismus in der Vœl'


kerpaycttotoeio. 2" éd. Leipzig. Veit. t'M4. X-739 p.

Celivre classique en est à sa seconde édition. M. Stoll t'a


cousidérabtement augmenté et l'a revu de foud en combte.
Ce n'est pas qu'il y ait aucun changement de théorie. De
l'hypnotisme et de la suggestion, M. Stoll n'a pas modifié les
dénaitioas très larges qu'il donnait. !t n'a pas changé sa
méthoded'exposition strictement géographiqueet historique.
où la masse des faits l'emporte de beaucoup en importance
sur les analyses. !) n'a pas cessé d'étudier, successivement
dans chaque groupe, géographiquement déterminé, de socié-
tés tes cas de shamanisme, d'extase religieuse ou mystique,
tes épidémies et hallucinations collectives f.UM.WH.fM~M~oo).
L'essentiel de cette seconde édition a été la mise au point
du volutue. D'unepart, un nombre considérabte de documents
ethnographiques ont paru depuis dix ans d'autre part, la
théorie des phénomènes de l'hypnotisme et de la suggestion
a considérantemen). changé (cî. p. Sf!. n. :!) et un certain
nombre d'expressions et de notionsétaientdevenuessurannées.
Dece double point de vue, t'<cuvrede réajustement s'imposait
et elle a été menée à bien. C'est ainsi que M. Stoll a tenu le
plus grand compte des faits nouvellement étudiés initia-
tions du pa<rMM;/ Matais tSkeat); cérémonie du passage au feu,
dans le sud de Hnde~Beauchamp) possession, en Chine von
der Goth): action du Christ (Harnaeh'; extase du t/o<j'<H
tGarbP),etc etc.
t.'AXXKKSt)t:t«t.«ti)Qt'K. )MU3.t'Wt
g3t

Hufin un certain nombre de faits nouveaux s'étaient pro-


duits. M. Stott tas a it peu près tous introduits son étude sur
lu rébottion fanatique de Mar~ueritte. en Aigrie, est à citer
et d'in-
p. ~)<h.et démontre combien tout ceciest d'actualité
térêt pratique journalier. Signatons-tui cependant qu'il a
négligé dans l'analyse de ce fait uu élément important fau-
teur de ce mouvement, Yakub. mordait à ia tangue ses inities.
et les plongeaitainsi, parait-il, dansl'état ou on les a trouvés,
(cf. des pratiquas équivatentesehex ies .)/«ft<Tde K<'nit:sbert!.
et dans la secte de Jacobine Maurer la Hresitieune, p 410.
SOS).
La principale addition eonsistedans l'analyse systématique.
à t'aide de t'eusetnbte des autres faits établis, de tous les
événements de lu ttevotution française (p. ~7 et suiv ). Uece
« mouvement des masses se sont dégagés une quantité
énorme de faits de suggestion suggestion par peur, suggestion
par contradiction, enthousiasme, héroïsme aigu et chronique.
Mon/<«' mysticisme religieux, été.
Les considérations (inates sont restées sensiblement iden-
tiques. Celles qui concernent l'éducation ont été heureuse-
ment étendues; celles qui concernent la nature suggestive de
la religion, et l'influence suggestive de ses représeutaUons,
ont reçu quelques modifications heureuses (voy. p. '~0). des
considérations sur l'attitude des peuples Européensenvers tes
autres peuples comme cas de suggestion collective). Nous
regrettons que les discussions vraiment inutiles sur la /<«f-
.c«p.<f/t<'(p. :MS,p. ~07~n'aient pas disparu.
Les fautes de détail, inévitables sur un aussi vaste sujet, ne
sont pas nombreuses; nous ne nous y arrêterons doncpas Nous
devons pourtant faire les réserves les plus expresses sur ta
manière dont M. Stoll explique le mythe d'Osiris, dont il fait
le produit partiel de phénomènesde psychologie cottective où
la suggestion et l'extase auraient joué un rôle (p. ~t et
suiv. 1. M. M.

).'<uu-.)n)t~))t)))t!s<tut)t~d'urM.S)")h)'.ntj)<tt,t'it(')M)t~<vH.'
a' ~<titi"t). h- )iv)-<')'- M. t'ri<'<)t))at)n t.'tf'- tt'aA" t'fM<M<'M ~'o
Utfnxr<-it;:ctt <)< Xft'v':n-uudSe<')cn)'')j'))! h-. )tr)!x.v.L<)wet)f'')')u.
Ku~UttL \Vi''s)m<t<;M. «ct-~tumm. tt)))),i!0~-3"?)p.. itt4'. Ce )h r<-lit bujxit i''«ti
st'uh'tttt'n'. et ttoU). r''pat-uM!) l'oubli imutot~air).' oft ttous t'avions tttiaiiu.
)). Ft-i'itHaMH a p)a~ )tou<c t':t)M)ys<-ps\'fhf)"x")U'' <)t-~fMiti-.0 Kft-iv<' &
)ft )))!-<))')U't'i"t)-it:ttiun))syt')tu)u!<")'="
t)t')<!tent)<')t)us puissant')c'ht vi<i.<ufiii)t't.'«K<nc'ra)''(d'; fit vi''t'fti!: "'us''
Mn))aft"'u)i<*t.
\'f.VSf!S.–S~T~))tisHE).t'itKt'X MX

UUË't')~(M..A.). – L'origine de la religion. A'< ~'A'


religions. (Thèse). Moutaubao, impr. Grauie, i903. t3u p. 8
MOKHtS(M.). The Economie Study of Religion. ~M)'K«<o/ f/f
<M3. XXtV, p. :<t4SO.
.tMfffMt)o!'t'Mt~/ .S'octf<.y. (Soutient en
6'appuyMt sur ta meente théorie de Fraxo-, du coopcratistne
magique, que les origines de la fe)if!iottsont &chercher dans t'idea-
tji.ati~t)de besoins materiets )
ACHHUS (Tu.). Anomalien der religiœBeti Entwiokelung.
&'o:M/«')'<'M)Mt-A~.
/f)'~c/fr)'/) /<<<' )CO:<,
p. 49t sqq.

AOtEt.tS (Tu.). Die Mystik in BozialerBodoutung. /<)'fAx'/<«


A'M/fM~M'<)'cA<< i!'U:<,p. 203 !qf).

POWËLL(t- Yt'KX). Tradition and its conditions. /uM.«rf.


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dition. yo«mHfo/ ~m~n-«H foM-/«ff, <UU4.p. t4-M.

FLOUM~OY (T. Les principes de la psychologie religieuse.


~ft-/«'t'<'«/t'~<<u<<)c'< 1903, p.M-~7.
MAXTECAZXA (P.). – Prime linee di peicoiogta positiva, X\ ).
<M)<t'mfH<U<'<M<t''C/t«')')~<«M<)'<M/C.'y«'~<Mt)~f)~)'H,XXX)H.
t903, p. t85-)90. (Très générât et très vague. La ctassiticatmn est
loin d'être topique.)
C.UtVtE (A.-Ë.). – Thé value-judgements of religion. Kf~'w'-
<o)-.Aut{.t903, p. m-tS~: sept., p. t8!-)9t; oct.. p. 2M-W5 ttov..
p. 300-3~.
)<0)S (<). Sentiment religieux et sentiment moral. ?'
f/f<M/~feef</M~«M<w<s<'<<et«!p~ h"M: t, p t5-M; 2, p. )3!
no :<.p. 24S-3M;4, p. :<)8-:<M.

n.–8YSThMt-:S)<)-;httjt):UXX

A. /<<<0!!i!des MftW<~)/«')<n"t.
LKTUTËM~HH
XUTH

On a pu s'étonner, peut-être saus raisons, que, depuis tant


d'années que nous tenons le lecteur soigneusementau courant
de la question du totétnistne. nous n'ayons pas pris oous-
tneme une position plus nette, moins critique.
g:})) t.'ASX)i)i':()t:)t)).')ti~t'E.)-t

Nous avons ex ellet toujours laissé dans un certain vague


nos opinions encore mut contrôlées, et nous ne nous sommes
nous ne possé-
jamais laissé utier a hasarder une théorie que
dons pas. Le totémisme est pour nous une donnée de la science
des retirions, un fait suffisammentgénérât pour qu'on doive
en tenir compte, un tait assez primitif (nous employons ce
mot faute d'un meilleur; pour qu'OH puisse en partir pour
expliquer d'autres faits non moins complexes, mais plus
arrêtes. Ce qu'il est en iui-méme. nous faisons nos ellorts pour
te deviner, nous n'y avons pas encore réussi. Xous savons
mieux cequ'i) peut expliquer.
Or nous avons & rendre compte plus loin de trois travaux
français qui tendent précisémentà expliquer, t'aide du toté-
misme, un certain nombrede phénomènesdes retigions égyp-
tienne et romaine. Ht i'uu de nous deux a déjà eu autrefois a
faire la critique des travaux de M. S. Reinach concernant le
totémisme chez les Celtes et dans te monde antique (~t)tA'
dont
.sf)c-«~«~f, V,. Cette critique exercée sur des théories
nous pouvons, sans trop de fatuité, revendiquer quelque res-
de de ceux
ponsabilité indirecte, trouble l'esprit quelques-uns
avec sympa-
qui collaborent à ces recherches ou les suivent
thie. tt est temps que nous précisions un certain nombre
de points de méthode et que nous dissipions des maleuteudus
qui risqueraient de s'épaissir.
Il faut, quant à nous. avant d'expliquer un culte ou uu
mythe thériomorphique par le totémisme, se demander deux
choses si c'est bien du totémisme,si c'est bien unesurvivance
du totémisme.
il ait non seule-
1 Pour que ce soit du totémisme, fautqu'i! y
ment cuite d'animaux, mais culte rendu par un clan une
un certain
espèce auimale associée. Xous conservons, jusqu'à
du totémisme. Nous
point, la définition donnée par M. Fraxer
neconcevons le totémisme que comme le système religieux le
plus fréquemment constaté dans les religions dont t'organisa-
tion sociale à base de clans exogamiques est le principe. A ce
compte, les exemplaires authentiques de totémisme complet
sont relativement nombreux dans i'humanité, mais il est im-
aient passé à un
possible de soutenir que toutes les sociétés
moment quelconque de leur existence, par des états de ce
genre.
Pour qu'un culte ou uu mythe soient une survivance du
totémisme, il faut qu'on puisse établir que, <f«)M<«sociétéoir
AXAUSKS.– KK).«:')!fX
StSTËMES 2:)?

oM «oMf<'/bnf'«oKMHHt, a existé, à un moment uuunc, uu


(-<«M<
totémisme, c'est-à-dire un culte thériomorphique de
conditions que nous
portant des noM~animaux. Si toutes les
venons d'énoncer ne sont pas remplies, il est injuste, selon
nous, de parler de totémisme.
Nousne nions nullement que les cuites rendus à des ani-
maux par des groupes détermines n'aient été fréquents dans
le monde Indo-Européen, dans le monde Sémitique, dans le
monde Egyptien, mais nous ne croyons pas qu'on ait déjà
démontré qu'à aucun moment, si reculé qu'il soit, une société
de ces groupes ait présenté des faits de totémisme assez
caractérisés pour qu'on puisse dire que les mythes et lesrites
restes d'un toté-
thériomorphiques qu'on constate ont été les
misme ancien. Nous ne connaissons, pour notre part, dans
tout le monde Indo-Européen. eu dehors de faits Panjabis
encore mal connus et dont on n'a pas l'histoire, qu'un seul
cas où nous pourrions soupçonner un clau à allure totémique.
C'est celui de la gens Vateria, à Home, que nous avons signalé
l'an dernier ~n-.htXM-. p. 204. ?5; et que nous uous étonnons
de n'avoir pas vu mieux anafysé par M.ttenet. Dans le monde
clans à noms
Sémitique. MobertsonSmith a bien trouvé des
animaux d'une part, des cultes animaux de l'autre, ii n'a pas
trouvé les deux phénomènes associés. Par contre, il est évident
les Sémites
que les tentatives de M. Zaptetat pour prouver que
n'ont jamais eu de totémisme étaient vouées à t'échee. Kn;
c'est-à-'
Egypte, nous trouvons des cultes animauxde MowM,
dire de tribus; et les recherches de M. Loret semblent bien
servaient de htasons et.
prouver que tes espèces animales
ce n'est pas là
d'enseignes aux nomes qui les révéraient. Mais
du totémisme proprement ditet ce n'en fut peut-être jamais.
tt y a faute, selon nous. à conclure que tous ces faits sont
des survivances du totémisme, si du moins par survivanceun 1.
entend autre chose qu'une survivance indirecte, au souvenir:
tt faut'
lointain, un héritage inconscient de sociétés disparues,
en euet tenir compte, et c'est un précepte absolu de méthode.
du fait que lessociétés meurent et naissent, et qu'une société
n'est pas nécessairement t'héritiere ni de celle dont se--
membressonttes descendants, ni de celle qu'elle a remplacé
sur son ancien habitat. Il se peut que les ancêtres méditerra-
néens des liomains aient connu le totémisme; il nous parait
ne l'a connu. tt
probable que jamais lu civilisation domaine
se peut que les anciens Egyptiens aient remplacé des popula-
KM ).'AK'<~>t)t:t<)).<)t.t~'K.t9u:).t))('t

tions à organisation totcmique,qu'ils descendaieuteux-mêtxes


de populations de ce genre; il nous parait évident qu'en tant
qu'Egyptiens, ils ne i'oMtjamais pratiq<t6a.
L'histoire des sociétés ne suit pas un développement uniti-
ncaire. Nombreuses sont les évolutions qui ues'achètMUpas,
nombreux tes phéuomÈnes qui disparaissent, nombreuses les
soudures qui s'opèrent. H importe. par suite, de Mepasse hâter
de voir dans tout cuite rendu à uue espèce animaie ou végé-
tale un reste de totémisme. Ce système religieux u pu n'en
donner que la forme vague à une époque préhistorique, et
''ette (orme vague est ia seulechose dont ta religion oùon l'ob-
serve a hérite, de loin toujours, et presque toujours indirecte-
ment.
M. M.

C. XENEL. – Les Enseignes «'«~M .)M</««-M (/c /<oM)f).


.ttftts~ </f/'«M<r<'r.«/t'
</<-
/.t/<w.Lyon et Paris, Hey et Fou-
ternoing, J})03,33(;p.iu.8'.
Le livre de M. Henei se composede deux parties, sensible-
ment ditlerentes d'inspiration et de méthode. La première est
presque toute faite d'hypothèses et elle est consacrée aune
explication logique du culte des enseignes HomaiMespar le
totémisme. C'est eu raison de cette première partie que nous
avons rapproche ce livre des travaux de M. Loret
qui
semblent inspires par le même esprit.
La seconde partie est tout historique et consiste simple-
ment, d'une part, dans l'étude des (onctioos des ~K« et de
leur culte( p. ~i et suiv.), de l'autre, dans l'enchaînement
chronologique des faits relatifs au culte des enseignes, a par-
tir de i'Ère chrétienne 'p. 3i), sq.). Cette partie qui est, au
fond, !a moins originale noussembietameitteure:etbienque
la plupart des documents aient été rassemblés
déjà par
M. Domaszewski, il y a un effort d'interprétation
qui appar-
tient en propre à M. ftenet. Comment l'aigle seule resta
« i'amo religieuse de la légion M,comment les
légions, deve-
nuesde véritables corps régionaux, adoptèrent pour
enseignes
plutôt des symboles divers que des dieux nouveaux com-
ment le culte impérial, même aux camps, fiait par l'emporter
sur ie cuite des ~K«; tels sont, outre autres, les
points
et
traités, qui ne manquent pas d'intérêt. Car nous y voyons
fonctionner et évoluer un "sous-cuite » de Home, ou plus
.tX.tt.Y-K' SïttT~tN BM.M.MUX 2M

exactement le culte d'un des sous-groupesles plus impor-


tants de la aceiété romaine celui du t'armée.
La première partie, pur contre, appartient tout entière à lit
théorie du totémisme. M. Henet a remarquéque les enseignes
romaines tes plus anciennes sont l'objet d'un cuite, et qu'elles
représentent des animaux loup, cheval, sanglier, minotaure
'taureau a (ace humaine. p. t4S, s()., aigie. Nous avons donc
des groupes d'itommea associes avec des espèces animâtes.
<~ar. il est probable que les divers animaux-enseigues-
dieux des légions étaient non pas tel ou tel animât mythique,
mais l'espèce animale représentée tout entière. C'est là un
point très important que M. li. pourrait établir, nous te peu-
sons du moins, mais qu'il a négligé de démoutrer autrement
que par un artifice assez peu solide. Eu efïet. nous u'en trou-
vous pas d'autre preuve que celle-ci le loup, l'aigle, le che-
val sont l'objet de cultes à Home, ou pttttût servent dans des
cultes, dans ia magie, dans ia divination. Mais de ce que les
animaux avaient cette valeur religieuse pour toute la société
romaine, i) nes'ensuit nullement qu'ils l'avaient spécialement
pour telle ou telle tégiou déterminée. H ue s'eusuit pas non
de Jupiter, la louve, r<e de
plus que l'aigle n'était pas <'<'<M<
Homuius. Cependant si l'argument est tache, il a sa valeur,
au moins relative, et noua pouvons considérer le fait comme
acquis.
C'est de cette conctusion que M. Henet part pour exposer
systématiquement t'hypothèse qu'il s'agit là de totémisme.
Certes, il entoure ses affirmations constantes de réserves non
moins constantes (p. 4t.M), mais qui sont presque de style et
qui n'empêchent ia persistance de l'idée.
Pour démontrer cette thèse, il eut fa))u étaMh' que le
cuite des enseignes s'attachait primitivement à des groupes
déterminés de t'armée, et que ces groupes ou bien étaient
d'anciens clans, ou bien correspondaient à d'anciennes divi-
sions en cians. Mais cette hypothèse que M. H. ne tente
même pas de prouver vient se heurter aux deux faits sui-
vants. D'abord les cinq signa animaux primitifs se retrou-
vaient tous égaux daus chaque légion ancienne, et ne fai-
saient que présider à chacune des « files ». Ht ensuite, aucun
fait. même aucune tradition mythique ne permet de dire,
ni que telle enseigne ait été plus particulièrement celle de
tel clan, ni même que tel ou tel clan ait prédominé dans
telle ou telle légion,
~tU ).'AKX):H~)t:t()t.u(.K'L't't
t) ne reste donc, du travail de M. Reuel, que ceci d'incon-
testable c'est que, à Home, les enseignes sont des espèces
animâtes, par ailleurs objet de cuite. Nous ajouterons même
eu faveur de sa thèse que le culte de la touve et les rites des
loups, sinon l'euseigne de la louve, sembtent avoir été plus
particulièrement attacttés à la gens Vateria, que M. lieuel
relie plutôt au culte de « l'aigle totémique » (p. tS8 et p. t~
Mais quant à dire quele culte des enseignesest une survivance
directe de cultes préhistoriques decians latins, Sabins, Albins
et Catnpaniens, fondus à uue époque où Home se constituait.
c'est ce que nous ne saunons croire établi.
Les fautes de détaU ne sont pas absentes de ce travail qui
eut pu être condensé. M. Cugnat (Hfr. cn~ t!)04) eu a
relevé queiques-unes, pour sa part. Nous eu iudiquerions à
propos de !)adhyac(p. H~, cheval mythique du Veda à propos
du totémisme a Samoa i p. t0'?~,oit M. H. se borne à rééditer
nue erreur d'interprétation de M. h'azer. Enfin ce livre est
sone d'expressions que nous ne saurious admettre, comme
cetie.ci « tes peuples du Nord, proches parents des Latins J)
(p. )')3;: « le feu totem » Préneste (p. 83).
Le chapitre de généralités sur les enseignes est insuffisant
en ce qui concerne les cas de totémisme proprement dits, et
prend comme accordées, sur d'autres points, les hypothèses
de M. Loret et de M. Heinach, qui ont encore besoin d'un
supplément de preuves.
M. M.
%I.

V. LOttET. – Quelques idées sur la forme primitive de


certaines religions égyptiennes &propos de l'identi-
fication de 1 hiéroglyphe servant a écrire le mot dieu.
A'j-<«<f<<<' ~<'f)«'~o~f/«f-, XI, t')04. p. '?0-t00, in-4
Horas le Fa.ncon. – ~««<'f<M f'/«x~M/ /'<Yn)(«Mf/hT/o'
~ncM~ iH03,extrait. 24 p. in-4'.
Comme nous l'avions pressenti l'an dernier, M. Loret en
vient à la question du totémisme Egyptien, et. il faut le dire.
l'aborde avec courage, par un côté assez neuf.
Le seconddes travaux que nous indiquous est destiné a iden-
tifier la personnalité du fameux Dieu égyptien Horus. que,
jusqu'ici, faute d'examen suffisant un avait cru être uu éper-
vier et qui se trouve être un faucon. Ce dieu, M. Loret ajoute
ce totem, était celui des « compagnons d'Horus » et figurait
AXAt.t~t~.–SY.Tt{MK''ttKt.)'itHt'X M)

sur t'enseigne de ce groupe de population. JI conclut môme


d'un certain nombre de remarques ingénieusement assom'
htées.maisbienfaibtes, aune explication historique de fin.
vasion do t'r~gyptepar un groupe de Iloriens. Les conciusjous
mytitoiogiquesfp. t(i et suiv.) qui nous montrent comment )p
totem-enseigne-biasondu groupe et des roiaHoriensest devenu
le dieu du ciel et du soleil, le premier mort et le premier né.
nous sembtent au contraire mieux ajustées aux faits.
Une fois cette figure capitale de la mytttoiogie égyptieuue
réduite a un ancien animat-euseigne révère. M. Loret a pu
s'attaquera un problème plus grave. it ne s'agit de rien moins
que de l'origine de l'idée de Dieu. en Egypte, ou plus exactf-
ment de l'origine de t'hierogtyphe qui sert à écrire le mot
dieu, qui entre en composition dans tous les noms de dieux.
quise iitd'ordinaireMOM/etqui soustesformesdPMf~ etc.,
a donné les mots qui signifient, lors des dynasties récentes,
</tc<H. ~t'tHMM',etc Lasolution proposée par li. Loret nous
semble profondément ori~inate, et si nous n'avons pas ia
compétence spéciale qui serait nécessaire pour juger si elle
ei:tdennitive, nousavousla sensation d'être intellectuellement
plus satisfait par elle que par aucune autre.
Le signe est dérive d'une série de signes que M. Loret
semble classer fort logiquement et dont les formes les plus
primitives, les plus anciennes (ici nous possédons presque
des dates), remontant même à la préhistoire égyptienne,
représentaient simplement t'« étendard M sur lequel était
porté t'embiéme. d'ordinaire anima), du nome et du roi: Nous
avons, sur ce point des déductions de tf. Loret, pris i'avisd'un
égyptologue de nos amis, des plus compétents en matière
d'histoire dei'écriturebiérogiypbique,M. \Vei).t) admet t'ori-
gine proposée par M. Loret. mais il donne au signe primitif
le sens non pas d'étendard, mais d'estrade sur laquelle était
portée, lors des marches et processions, le symbole, le plus
souvent animât,du dieu. Ladinérence eutre les deux avis est. ij
quant à nous, insignifiante. L'antiquité tout entière a ignoré
longtemps ce que nous appelons étendard, et les enseignes
ont été très souvent en effet des espèces d'estrades sur les-
quelles étaient juchés les animaux-enseignes. %I.\eit n'ad-
met pas, d'aitteurs. le reste des conclusions de M. Loret.

\1`.Bütly·.ut'llnlt·t·ilt·(tlü~In·. td Tlmliodea/' (It<·


i.t.:t'V.Hu')f!)'.at't)'t'i~)))u.<La!<'t?7"ff/.i<«'A'y/f'tM'.). 1.
I.
I:J/ditt~n~.
)..M.<.). i_
n..O. ,1
)')~)t!j)t:))t.–AntM'm-iu)..)!'?!.)'){. Iii
2H t!MM!)m
t.tXXH8 St)C)OM<it(.t)')!.

L'idée de dieu se réduisait donc à l'idéede « signum le


dieu étant porté sur le signum, par une association d'idées
toute logique ~p. 7t) te mot Mox<t<,signum portant le dieu,
serait arrive à signifier dieu. Le processus qu'aurait suivi
cette déviation est étudie par M. Loret dans un certain nombre
de cas précis, pour un certain nombre de dieux et de déesses
du panthéon égyptien. 1) autre part, il tented'expliquer d'une
façon complète (p. 88 et suiv.) les phases de l'évolution my-
thologique qui auraient mené. de la notion primitive d'ani-
mal sacré-enseigne-dieu. à la notion, de l'époque classique,
d'animaux sacres qui sont des incarnations des dieux.
Knftnconnue le dieu animal est aussi l'enseignepersonnelle,
le blason du roi et de sa dynastie, M. Loretteute de découvrir
)e sensde certains monuments taures très anciens de l'Egypte
qui retraceraient des événements historiques. La série des
conclusions est résumée, d'une façon un peu obscure, p. ?-!?.
Un pourra remarquer que nous avons réussi à exposer les
idées de M. Loret sans nous servir du terme de totem dont il
fait un abus vraiment excessif. Quel que soit l'intérêt que nous
pourrions avoir à faire rentrer la société égyptienne dans ia
catégorie de celles qui ont connu le totémisme, il nous est
impossible de trouver dans les faits énoncés par M. Loret une
seule preuve.meme simplement ptausibté.de cette hypothèse.
Les animaux-dieux-enseignes sont dés le début, dès ta
préhistoire, attachés non pas à des clans, mais à des nomes,
c'est-a.dire a des tribus, à des groupes locaux. Et ce n'est
qu'une autre hypothèse, même une hypothèsegratuite que de
parler de totems des ctans royaux qui seraient devenus les
totems de la tribu, car ou n'a même pas le plus léger indice
de cette évolution.
Nous ne pouvons donc que nous référer aux critiques que
nous avons déjà adressées l'an dernier au premier travail de
M. Loret. sur les enseignes militaires. Ht nous devons rap-
peler que nous avions trouvé sans intérêt l'espècede primauté
reconnue par M. Loret & t'idée d'enseigne sur l'idée de Dieu
en Egypte, puisque, dans la notion de totem, celle de dieu,
d'enseigne, de nom, de htason, sont indissolublement unies.
MM.

H. SPKNCERA?<t)F. GILLEN. The Northern Trtbes of


Central Australia. London, Maemittan, t904 p. xxxn-
78~, in-tt".
AXU.t's)! – '.YS'f~Mf! ttHt.f'XErX 2M
1
On a dit plus haut i'intct'ct d" cet ouvrai sous le rapport
des institutions juridiques. n est egatetnent, pour h socio-
i~ie religieuse, d'une importance foudameutaie.
Commençonscependant par renouveier certains des ~w/<
<'<f«que nous avons déjà fot'muies eu reudaut compte du pré-
cèdent travail de ces mêmes auteurs (voy. /<MH/<' Mc< tV,
p. ?3). Matgre la patience que tes auteurs ont mise à
observer, le soin avec lequel ils ont décrit les faits dont ils
out été les tOnoius, t'habiter qu'ils ont mise à photographier,
certaines lacuues restent a combler. On s'étonne que le pre-
tMiertravail sur les Arunta n'ait pas été complété par une
coiiectiot! de contes; car il est ditUdiemeNt admissible que
tout le (o)k-toroArunta se réduise aux histoires de t'Atche-
riof; De mente, il est peu probable que la ntythoiogie Arunta
soit restreinte aux courtes traditions des A'«/<('<'
Jf'n~Mfp. HM).
~C7)auxquelles les auteurs n'ajoutent rien, sauf un court récit
relatif au totem de l'eau !p. ~3t et un court chapitre ~xxu).
Nous n'avons toujours pas de texte i'M-M'~<~avec traduc-
tion Httéraie. Les formules ritueites, les chants et roodesdes
cérémonies totemiques ne sont pas reproduites (sauf quelques
formules maRiques,p. t!S(iet suiv. ). non plus que les nom-
breux citants de F « Aichoringaa, les w«M/M!</j! des tribus
du Nord.
M. Durkheim a dit plus haut quelles tribus les auteurs
ont observées; comment ils les ont classées en types ou
nations (voy. sur les raisons de cette classification, p. i74 et
suiv., p. ~(!3et suiv., p. ~K! et suiv.). Mais it est important
d'indiquer quelles sont, parmi ces tribus, celles qu'ils ont le
plus complètement étudiées. Dans le groupe Dieri, its n'ont
Kuere vn que les Urabuuna (voy. les références à t'tndex bieu
fait sur ce point, ajouter cependant initiatiou, p. 33~). Dans
le groupe Arunta, ih ont singulièrement enrichi nos connais*
sauces, surtout sur les Uumatjera et Kailish (surtout à propos
de la magie, des totems, des rites funéraires). Dans le groupe
\Varramunga, c'est aux Warramunga eux-mômes, voisins au
Nord des Arunta, qu'ils se sont attaches; M. Gilleu les con-
naissait de longue date, et c'est là que nos observateurs ont
fait le plus long séjour. H est évident que le Kroupe Biubinga
n'a été pour eux que le sujet d'informatious prises ua
peu eu passant. Au contraire, dans la nation Mara, tes
Atara et les Anuta sont décrits d'une façon approfondie. Ou
nous permettra, d'ailleurs, de regretter que MM. Spencer et
~H ).'AXXiiK'u).j)QU)i.t'").<)4

Citten ne nous aient pas donné au moins un résumé de leur


journal de route, et des indications plus précises sur les cou.
ditions et les circonstances de chacune de leurs observations.
Mais venons mainteuaut à t'exposédes faits.

t. – Ou se rappette les principalescaractéristiques du sys-


tème totémique des Arunta La sociétéy est divisée ett ctans
totémiques, chargés de tonctions religieuses et, tout particu-
tieremeut, des cérémoniesditesdet'tntichiuma. Cescéréntonies
consisteut, d'une part, eu rites collectifs où les membres du
clan assurent sympathiquement ta persistance de l'espèce ou
de la chose totémique d autre part, eu rites sacramentaires
où les membres du ctaa cousommentsolennellement ta chose
interdite eu temps ordinaire et en rendent ainsi t'usagc ticitt'
pour les autres claus. On sait encoreta manière doul se recru
tent ces ctaus t'entant n'appartient pas nécessairement au
groupe totemique de son père ni a celui de sa mère )))a!s il
a pour totem le même totem que t'ancetre de t'Aicherin{;a
dont t'ame, iutroduite dans le sein de la mère au moment de
la conceptiuu, est ainsi devenue son âme. Ëutin. on n'a pas
oublié comment chaque individu est propriétaire d'un ou
plusieurs Churinga. objets matériels, qui représentent son
totem et qui sont comme des âmesextérieures et matériali-
sées. Etant dotun- les interprétations très diHerentes qui
ont été dounet's de ce système totemique, il était très impor-
tant de pouvoir contrôler, a t'aide d'autres faits que ceux qui
ont été observes citez les Arunta. la valeur des hypothèses
qui ont été émises. C'est ce service que nous rend le nouveau
livre de MM. Spencer et Citteu.
Le fait général est le suivant. Sur une aire considér.tbte.
depuis le Centre australien, jusqu'au X.-O.du golfe de Car-
pentarie, la même organisation totémique se retrouve, avec
les variations nécessaires dans les limites d'un type unique.
La notion de ta réincarnation est universelle. L'usage cou'
nexe des Churiu~a, associés à des esprits individueti:, est
également général, sans être partout identique. Les cérémo-
nies de t'Intichimna sont régulièrement accomplies dans
toutes ces tribus, et le clan, pour tcquet le totem est l'objet
d'un tabou plus ou moins strict, est chargé de veitter à sa
pct'~<<)<«<f<M,même quand il n'y a pas lieu. Ainsi. loin d être
un amalgame de phénomènes extraordinaires, la religiou des
Aruuta rentre dans un geure désormaisconstitué par d'abon-
A'<.tt.Y.SS.–t'T~MM))E).)U<Kt'): ~S

dants exemplaires, suffisamment variés. MM. Spencer et


'!itfeu ont dressé de chacun de ces ordres de faits, dans les
diverses tribus, une sorte de tableau comparatif que nous
attofis nous ettorcer de r'ottpt'p, afin de bien montrer quel est
tf système totemiquodes principates.
Sur celui des Arunta, .\).\t. Spencer et <!itten ajoutent quel.
ques données concernant, en particutier, les centres toté-
miques, l'arbre Nanja. of) résident tes antes. et les rotations
cutre la notion d'âme,cette de double fArumburinga;, et celle
d'esprit proprement dit <truntarinia. p. 448) quelques céré-
monies du totem de t'emon sont décrites aussi avec de uou-
vfaox detatts une liste cooptète des totems Arunta et autres
<t f'ntiudonnée (p. *?<)s((.).
Le totémisme des Urabuttua est des plus remarquables, et
nous considérerious volontiers les observations récentes
comme capitales. Commeou t'a dit, les L'rabunna sont des
sociétés du type Dieri, a deux phratries, les totems étant
repartis par phratrie, totems et phratries se transmettant en
ligue utérine fp. t48). Or ceci, combiné avec le principe de
la réincamatio)) des ancêtres mythiques, aboutit, pour des
raisons assez toat définies par nos auteurs, au phénomène
suivant t'ame qui se réincarne doit choisir, pour ne pas
violer les principes de ta phratrie et du totem, la femme dans
iaquette il va se soumettre a une nouvelle conception, et
t'hante, tr chaque génération, de sexe et de phratrie, de façon
a ce que ses enfants puissent être toujours de ta môme phra-
trie. ~s n'avons pas ici à expliquer ce phénomène qui se
retrouve aussi chez les Warramuug!). Nous n'avons qu'a faire
remarquer que les Arunta nous apparaissent, eux presque
seuls, avoir une filiation totemique relativement remise au
hasard (nous disons relativement parce que le hasard suit, au
moins génerafement. les régies de ta classe), et qu'its sont
entoures, au Nord et au Sud, par des sociétés dans lesquelles
la naissance miraculeuse n'est plus indéterminée que dans
des limites assez étroites. tt est donc toisibtf de supposer que
tes Arunta,Kaitish et Unmatjera ne pratiquent qu'une espèce
d'un totémisme dont le développement trop logique et trop
parfait aboutit à une sorte de décomposition. Chex les Ula-
buuna, les cérémonies de t'tnticbiuma sont régulièrement
or!nisees, etceta nous aide à comprendre un certain nombre
de phénomènestotcmiquesdcs sociétés du tneme groupe, des
Dieri en particulier. Le sacrement totemiquc existe aussi
2Ki L'AX'fKK.~)t:)u).t)t:~t').<tWHWt

(p. ~8~. Les Churiuga se retrouvent égaiement. quoiqu't'n


moins grand nombre que chex les Aruota. Ku générât, toute
la vie religieuse apparaît plus truste (lue chez ces derniers.
Ceux-ci, qui constituent la plus puissante des tribus de ces
régions, semblent aussi ceux qui out le plus compliqué et rat-
Une leur vie sociale et religieuse.
Les Warramuugaont, eux aussi, un totémismedes plus intc.
ressants, et teur étude jette un jour singulier sur toutes nos
théories. Unpremier lieu, les faitsenregistrés par MM.Spencer
et Gitien nous permettent d'indiquer dès maintenant que le
culte totemique pratique par chaque clan a été généralement
gouverné par un principe plus gênera), ceiui des cultes par
phratrie. Nous croyons confirmées les hypothèses que nous
avions émises autrefois, eu rendant compte de ï7«' A'«Nn'
'TW&M'.Voici comment tes choses se passent. La série des
cérémonies totémiques est continue, et, comme s'il y avait lit
Échange de bons procédés, les cérémonies relatives aux totems
d'uue phratrie, semblent aiternerre~uiièt'ementavec celles
qui concernent les totems de l'autre. Pendant près de trois
mois, MM.Spencer et Uillen ont pu assister à une sorte de
perpétuelle alternance (p. t9~ et suiv. Mais ce n'est pas
tout, chaque cérémonie elle-même est r<~)éo par des rituels
de phratrie. Il est eu effet de régie que. seuls, peuvent être
acteurs d'une cérémonie totemiqne les membres du group''
totémique; seuls peuvent être proches spectateurs les membres
de ia phratrie: mais. seuls. les membres de l'autre phratrie
peuvent faire les préparatifs de la cérémonie, rassembler tes
matériaux.opércries sacrifices desang et de peine nécessaires.
Ainsi, le totem évidemment prééminent des Warramun~
celui du serpent mythique Woitunqua. est un totem de ia
phratrie Uiuurn; or quelque extraordinairement déveiopp)'
que soit le cuite de ce totem sur lequel nous aiions revenir.
tous les préparatifs sont faits par ies~ens de l'autre phratrie.
Kingiiti tous iesgestes rituels sont accomplispar des Uiuut-u.
Au surplus, il nous parait évident que ia répartition des
totems par phratrie garde encore des traces de l'ancienne
classification tonique des totems en deux groupes; et que les
Warramunga, avec leur masse de totems, soigneusement
groupés entre les classes, doivent être plus près encore que

<.Scu)'jf))''M),~a.run!))'e))t''t''t''rm)Mt')"i'n"M'iup))':fhM)-ii))')r.h'
pttrttrtM()'-f<'i.ns~ettt~u~['!trti"ns<)c~uhM<t.rtM!if's(t.))).j).~)4).
AXA).ïsM.–sTAMti<HEUti))!(.'X ~7

les Arunta. do't'uncienne mentalité où une classification bipar-


tite des choses, suivant les totems et sous-totems, permettait
H une segmentation future de se produire avec facilité et
raison. C'est ainsi que la phratrie Uluuru nous semble être
une phratrie du serpent et du chaud (cf. surtout p. !~t2et
suiv., ccrémoHiodu froid). Mais lés faits sont trop abondants
pour que nous puissions les citer tous.
Hn second lieu, les Warramunga nous présentent un jttté-
nomènBremarquable de perfectionnement totemique. Letoté-
misme y a. en effet. abouti a un véritable culte adressé & un
esprit mythique personnel le serpent Wottunqua (ch. vn,
p. ~t) sq., et. p. MM).Celui-ci, individu défini et non pas espèce
iUtimaie,dont tous tes membres du clan sont les descendants
et uon pas les réincarnations, est censé vivre encore d'une vie
réette dans une curieuse grotte dout l'eau s'écoule d'une façon
intermittente il est mattre du temps et du tonnerre et res-
semble déjà à une espèce de grand dieu do lu tribu, plus spc-
cialement attaché a un ctan, le sien, et a une phratrie, celle
des t'tuuru. ici. les cérémonies qui remplacent les tntichimna
ne peuvent avoir pour but ta reproduction de t'être totémique,
puisqu'il s'agit d'un être terrible, unique et éternel, et pour-
tant elles sont calquées sur le même schéma que les autres.
Voicien quoi consiste la cérémonie principale tes gens de ta
phratrie Kingitti font 'au prix de quelles peines et de quelles
pertes de sang:) une espèce de levée de terre, do la forme d'un
luseau sectionue par moitié, recouvert de duvet et de dessins
qui représentent le Wottunqua. Tout se passe dans une excita-
tion collectiveextraordinaire, avec des danses, des citants, des
échanges de femmes effrénés. Et après une série d'actes les
uns sympathiques, tes autres d'adoration presque pure, le
tas de terre est détruit avec rage par les acteurs du drame
totémique, membres du ctan. Ceta a pour effet, disent les
Warramunga, à ta (ois de satisfaire te Wottunqua et de
t'obliger à se tenir tranquille, expression remarquable des
sentiments mélangés que traduit ce culte ainsi que tant
d'autres. Nous avonsici, ou le voit, le truit d'une évolution
remarquable, et qui nous montre comment le totémisme peut
même se plier, lui religion qui s'adresse à des espèces ou à
des choses matériettes. au cutte d'un être personnel. Bien des
transitions, du totémisme à des formes plus hautes de reti.
gion. ont pu se produire ainsi.
Mais ii ne nous suffit pas d'enregistrer ce fait. et d'en mon-
2H! ).tX'iHE<')':)"LUt:t~Lf:.)')M-t'!Ot

trer ta };rave importance,nous pouvonsencoretentersonexpli-


cation que MM. Spencer et Citten nous laissent a chercher.
Elle est possible, croyons-nous. si t'en rapproche les deux
faits suivants. D'abord, in mythologie totumiquedes \Varra-
mun(;a suppose on gênerai que, au temps du Wiugara (t'At-
cheringa des Aruata; existaient non pas des groupes tote-
miques, des sortes de clans d'ancêtres mytttiques, mais des
personnages individuetsqui semaient derrièreeuxdes ~pf'nf
f-A<Mr<'Mdans les centres totémiques de r6iacarnation. En
second lieu, il est remarquabte que ta phratrie Uluuru est
presque entièrement composée de totems serpents, ou de
totems qui ont été ou pu être subsumès aux diverses espèces
de serpents. Ou en vient aiusi à conjecturer que le Wotiunqua
n'est autre que i'aneétre mythique toujours vivantde la phra-
trio, le Grand Serpent par exceUeucefcf. p. i!48,un passade et
uue note topiques et que ce culte individuel a pu n'être cons-
truit que sur un ancien culte de phratrie, abandonne a un
clan dominant.
~ous ne liuirions pas d'éuumerer tes particularités du culte
totémique Warramunga; qu'il nous sunise de dire que le sys-
tèmede ta réincarnation est aussi chezeux en vigueur comme
chez les Urabunna, l'esprit change de phratrie et de sexe à
chaque réincarnation. Les Churit)t!a sont aussien usage, mais
ne sont pas usités dans les cérémonies totémiques. Les céré-
monies de t'Intichiuma présentent de remarquables rites de
sortie (p. 3Û(!ctsuiv.). Hnfin les tabous totémiques, tout par-
ticulièrement ceux du clan de t'eau, présentent des particu-
larités très intéressantes.
Il nous faut être plus bref sur le totémisme du groupe Anuta.
Mara, Rinbinga. Ici les Churinp) disparaissent peu près. On
trouve des traces, ou plutôt des exemplaires plus ou moins
complets des cérémonies de t'tutichiuma; par coutre, le
sacrement totémique n'existe absolument ptus. -Maisle sys-
tème de classification des totems et des chosesapparaît mieux
conserve que dans'Ies tribus plus méridionales.

Il. De même que dans ï'/«' A~t'rf y'<'<7~,le phénomène


religieux auquel MM.Spencer et Gillen ont consacre le plus
d'attention est, avec le totémisme, les rites d'initiation, lis
nous en donnent un tableau comparatif des ptus complets
et des ptus intéressants. Mais les observations récentes de
MM. Spencer et Citten te cèdent définitivement eu intérêt aux
.t'<AH'.<H<. – SÎ-.T~MtiS ))K).t(itKL'X ~t~

précédentes. H une part, les sociétés voisinesdes Arunta n'ont


pas un rituel d'initiation aussi grandement développe d'autre
part, nos auteurs ont eu moins d'occasion de l'observer. Pour-
tant il est évident qu'il y a une remarquabte unité dans les
coutumes des diverses tribus voisines des Arunta. Si toutes
ne connaissent pas le rite, secondaire après tout, du lance-
ment du jeune initie en t'ait', toutes connaissent ta circoncision
et ta subincision. Toutes donnent enfin au rituel. dans son
ensemble, le même sens il s'agit d'infuser une uouvette vie
au jeune garçon, d'en faire uu homme, après lui avoir fait
subir une espèce de mort mythique. Sous ce rapport, t'hypo-
these de M. r'razer concernant les rites d'initiation chez les
Australiens se trouve.croyons-nous,définitivement confirmée.
l.es seules cérémonies directement observées ont été cettes
des Unmatjeru et Kaitish. où un esprit personnel, Atnatu,
joue un rote considérable (p. 344, H47et suiv.) eettesdes War-
ramunga. où ta division en phratries et en classes matrimo-
niales et les rapports de parente dominent tous les actes des
divers opérateurs; enfincellesdes Anuta, où nous rencontrons,
chose remarquable, t'emptoi du pieu sacre qui nous avait
frappé ctiexles Arunta <voy.p. !}7'?.mt passade remarquabie,
peut-être expiieoHf).
La divergence ta plus remarquabie entre tous ces rituels et
celui des Arnntaest t'absence de tout rite du passade au feu,
comparabte a t'En~'ura, ta quatrième des phases de l'initia-
tion Arunta. Seuls, les \arramunga en connaissent une fort
importante, extraordinaire par la tnuttipticitédesetatsd'exci'
tittioocottective; ils t'appeiteut Xatttagura. et MM. Spencer
et Gittentni consacrent tout un chapitre (xn). Ils supposent,
avec quelque raison, qu'elle était autrefois un moment de
l'initiation: actucitemeut, cette fête, cet ensemble énorme do
rites ~presde quatorze jours; est sans autre portée qu'une
vaf;ue tustration qui « apaise les vieilles querettes
Xous passons sur les considérations historiques grâce aux.
quettes MM.Spencer ét Gillen expliquent ta répartition en
Australie des divers types d'initiation, et admettent que le
rituel d'extraction de la dent est te rituel primitif. Leurs
hypothèses sont plausibles, mais de là a dire qu'elles soient
prouvées, il y a loin. Quant a nous, cette façon de reconsti-
tuer l'histoire nous parait tellement chanceuse d'une part,
tellement inutile de l'autre, que nous nous en abstenons
systématiquement; carcttene consiste, au fond, qu'a trans-
2M ).t;(X)!K-t.t"'t~K<

former en enchaînement historique, chroHotoRt'tueet géogra-


sociaux
phique, les ctassincations de types de phénomènes
établies logiquement.

ttt. – Le troisième ordre de faits sur lequel MM.Spencer


et Gillen apportent des données nouvelles relativement consi-
dérables est le système des rites funéraires (chap. xvn).Nous
regrettons de devoir être bref sur ce point. Les Arunta appa-
raissent comme ayant seuls ta coutume d'enterrer le mort
directement en terre. Dans les tribus méridionales et septen-
trionales du désert centrât, un premier ensevelissement dans
un arbre, avec attente d'une dessiccation des os, précède l'en-
à
terrement, auquel fait suite encore, chez les Wnrramunga,
longue distance, une cérémonie du recueillement des os, qui
est un cas véritable de culte aucestrai. Les cérémonies Warra
munga dénotent un état d'âme collectif d'une étrange inten.
sité, certaines photographies sont à cet égard des preuves
éclatantes de ta mentalité inouïe que ces faits supposent
La
(p. St8, fig. )34. p. MS.S~. ?~5.lig. i37 -138,1'39). façon
dont tous les gens du groupe local se précipitent en masse
sur t'agoniMnt. et, en somme, t'achèvent, est uu des faits les
eu à
plus remarquaMes que, depuis longtemps, nous ayons
noter.
Les tribus de la côte du golfe de Carpentarie suivent de
tout autres principes. Là, t'oudoeannibatisme, ta consomma-
tion par les parents de ta chair du mort. est la régte. Mêmelu
et
participation à ce repas est le signe de la proche parenté
illustre directement le remarquable mélange de (ttiation uti-
riue et de filiation masculine que présentent ces tribus 'chex
les Mara et Anuta. ce sont les pères et ies frères des mères
qui out droit au festin, p. S48!.
1.
Les rites du deuil, en particulier ceux des veuves, varient
très fort de tribus à tribus. Tous sont intéressants.

IV. –Au point de vue de ta mythologie, ce second livre de


MM. Spencer et <:itten est plus fourni et plus riche que le
du même
précédent. La mythologie totémiqne est partout
aux ancêtres
type que chez les Arunta, et se rapporte aussi
dits du n'~a/M, chez les Warramuuga, du temps 3/«M~<!
civezles Anula, Mara,etc. Unsérieux enort, encore insumsant.
est fait ~chap.xxn. p. 6~3 et suiv.) pour compteur le tableau
do la mythologiecéleste chez les Arunta, et iudtquer uu cer-
~XAt.YSKS.–Y'.TËMHStt)!t.)'iU:L'X Ni

_1
tain nombre de mythes Warramuu~' et Kaitish. La myttto.
logie tout entière est formée sur le principe du totémisme, et
on y voit les phénomènes naturels répartis suivanttes formes
de la pensée que celui-ci suppose.
Le chapitre le plus fécond consacré à la mythologieest celui
qui a trait (chap. xn, p. 4'tt et suiv.~ aux êtres personuets.
Conduits par le seus si sûr qu'ils ont des faits, nos auteurs
arrivent, croyons-nous, a la vérité sur la question si contro-
versée des « grands dieux chez les Australiens. 11existe.
selon eux. dans les tribus qu'ils ont observées, des esprits
personnels, puissants, qui ne sont pas malfaisants, et qui,
~o~- ~MtMM)Mf~. président aux diverses opérations de l'ini-
tiation. t'M'anyirika chez les Arunta et les Unmatjera.Atnatu.
chez les Kaitish, avec Tumana (qui n'est autre que le <'K~
ro«w M)sont de ce genre. Les soi-disant « grands dieux
n'ont rien à faire avec ta moralité. Même celui de ces êtres
personnels qui semble le plus avoir une action en quelque
sorte morale, sur la tribu, Atnatu (voy. p. 49), n. ), p. 499 et
suiv., p. !S3 et suiv., p. !<44et suiv.), Atoatu, disons-nous, qui
est dit se plaire à voirles cérémonies d'initiation, et punir les
Kaitish quand ils ne font pas sonner « les diables o, n'a rien
a faire avec les préceptes moraux, absolument impératifs,
que les vieillards dictent aux jeunes gens lors de t initiation.
MM. Spencer et (iitteu t''tendeut avec beaucoup de prudence
ces observations aux autres sociétés australiennes.

V.– tt nousreste à mentionner péte-mete un certain nombre


défaits. A la magie sont consacrés deux chapitres, l'un (X\'I)
sur les magiciens, dout nous avons pu (aire état dans un
travail récent, l'autre sur les rites, eu particulier sur tes rites
Kaitish 'XIV). Un certain nombre de documents portent sur
cette espèce de notions de oxfMff qu'est l'idée Arunta d'~w~
~<«7</«ïelle semble répandue dans toute cette aire de eivitisa-
tion.
Sur les coutumes concernant le sang, les cheveux, en par-
ticulier les cheveux du mort; sur le percement du nez sur les
tabous alimentaires et surtout les tabous de commensatité.
en particulier ceux des beaux-parents, les documents intéres-
sants sont nombreux.
Nous devons mentionner comme intéressant spécialement
la sociologie juridique tp. (!Hiet suiv.), des renseignements
importants sur l'héritage, et par conséquent sur la propriétf
).*AXXKt:Ct:«'L"t:)'J'H.t""ï-'90t

~cf.p. !i.3, Anuia, p MT, Biubinga'. La theoriette la veadett't


est enfin enrichie d'une incomparubte observation. Les au-
leurs ont eu ia chance d'assister compiëtementùune ~«t~'f
un expédition de vengeunce chez les Aruuta «;hap. xvm,
p. ?(} et suiv.). La série des récits, des observations et des
photographies prises sur le vif, marque admirHbtement toute
ta série des états d'âme collectifs que supposent ces faits.
Les rites et croyances sont particulièrement bien décrits.
A ta sociologie technologique, MM. Spencer ctGitien ver-
seut un des meilleurs tableaux d'une technologie neo-paieo.
tithique. La méthode de fabrication des ixstrutneuts est pa)'-
ticuHerementbfen décrite.
ta sociologie' esthétique, ila apportent une excellente
théorie des représentations figurées dans toute cette partie do
in civilisation australienne, lis élucident est particulier la
question du symbolisme des dessins totentiques.
n ne nous manque qu'une description plus complète de la
vie économique de ces tribus, un lexique et une grammaire,
pour disposer, sur les Arunta et leurs voisins, d'un corps
incomparable d'observations sociologiques,dont l'élaboration
lente sera un des fondements de h) sociologietout entière.
M.M.

HOTH.– Superstition. Magie a.nd Mediolne. – Af~


'jMfftt.~aM~ /~<~<<)t
A'</<«of/<'M~/);/ n":). Hrisbane(<overn'
ment Printer, )~. tO p.. grand in-t.

A notre grand regret, dans la première .ttot~' .fM'<o~<f/«f


nons n'avions pu rendre compte du premier travail publié
par M. Hoth, qui portait déjà sur les tribus du Queensland
septetitrioua) <N W. centrât~. Depuis ce temps. M. Rôti) s'est
n)is à la tête d'une importante publication, qui parait aux
frais du gouvernement du Queensiand. Hi!e est consacréeà
t'cxpioration sociotogique de tout un groupe considérable de
tribus, que nous enumerous, avec les abréviations adoptées
par M. Roth, et malheureusement non répétées en tète de
chaque volume A'o~<'«<«u' de ta N. Bioomnoid Hiver
(K Y H': A'n/;oM(HM<(K MT~.de ta l'aimer R. Moyenne ~)«)-
J'«'« (K U X) de la côte entre les embouchures de h Nassau
et de ia Staaten A'o/m-)/fM<M«' (K Y !.)de Cooktownet du cap
Hedford: Ao/<MWH(«/ (K tt A', A'n/Mfeo/'a(K \V A). A'f~o<ft-
<M<~«Mt« .K L AI, de t'hinteriand et tic ia côte de la Baie do
A)<AH'.)i:<.–t'.T)Jt)K<.))K).)'!)Kt'\ 2!i:<

Charlotte iA'MM~()t)~(K L' C/. du cap Crayon; A~<'«7ft<~<


'X (!G) des Pennefather et Batavia Rivers; .Vjjf«(7f«M~~iN t: I),
.Y'/<«c~<!t (j A), CA«'~<(C 11t), d'Athertou, etc., .V«~«M-
~<«'« A L) de la River Tully Inférieure, etc.. etc.
i.a composition des divers fascicules offre cette difficulté
que l'ordre suivi est uu ordre logique. Souscttaque rubrique,
les diverses tribus présentant des phénomènes du même
genre sont successivementconfondues, it en résulte que nous
sommes obligés de recomposer,pour chaque tribu, le tableau
de sa vie morale, économique,religieuse. dispersé et morceié
eu des centaiues de sections. Certes, cette méthode a t'avan-
tage de commencer déjà et même d'avancer singuiiérement
t'oeuvre sociologiquede la comparaison elle est même déjà
un premier essai de sociologie. Néanmoins, précisément pour
la commodité du travail sociologique, nous préférons les
monographies comptëtes de tribus, auxquelles font suite, si
t'ethnographe le veut, des monographies comparatives des
divers faits sociaux. Car, pour la comparaison ette-méme,
nous avons moinsbesoin de faits déjà abstraits de leur milieu,
réunis dans un travail déjà théorique, que de faits pré-
sentés dans leur gangue et aussi simultanément que les
besoins de nos modes d'exposition discursive le permettent.
C'est, eu effet, de cette façon, que peuvent apparattt'e les
multiples corrélations dont chaque phénomène social n'est
que la résultante. En procédant autrement dans un travait
de sociologiedescriptive, ou en arrive, comme le fait M. Rôtit
dans le présent ouvrage, à nous exposer une mythologie
extrêmement abondante, dans des sociétés où le totémisme
est probablement très florissant, et dont on ne nous a décrit
ni t'orgauisation sociale, ni t'organisatiou religieuse.
Sous le nomde .SMpM'tt.(!f/<f f<))f< .MM/<t')M<'
sont com-
pris en réalité tous les phénomènes religieux. L'auteur
excepte de son énumérationun certain nombre de phénomènes
que, dans ses ~/)K<~<m< ?'('/<?. it avait rangées sous la
rubrique de t'Ethno-Pornographie sio. et qui comprend en
particulier, les rites, évidemment religieux au suprême
degré, de l'initiation; il doit probablement réserver pourl'
une étude de la religion les notions et les pratiques con-
cernant les morts. Nous n'avons pae besoin d'exposer pour-
quoi nous ne pouvons accepter une pareille division des
faits.
M. MoU)comprend encore,sous ce titre, un certain nombre
2M t.'A!<XÉt!<t)C)()).<hitm'H.t')03-tWi

de représentations collectives, d'ailleurs curieuses, grande-


ment intéressantes et bien décrites.
Ce sont les notions concernant t'ame humaine(seet. ti5-6!)).
''t on particulier ta conscience, ia mémoire (sect. 7U/,le corps
humain seet. 7~-W),tes plantes (sect. c'est un certain
nombre de mythes etio)op!ques concernant les partieutaritës
de multiples espèces animales (sect. 2!) et suhf. Nous ne
savons jusqu'à quel point Aï. Roth a vraiment raison do pro-
Ct'der à de pareils groupements.Certes les notions d'«ame;
d "ombre et de « principe vitat Hsont en rapport directavec
de nombreux phénomènes religieux certes les faits oiMs
sur les croyances qui ont trait aux diverses parties du corps
sont plutôt au nombre de ce que nous appelons des « supers-
titions carottes consistent surtout à expliquer les maladies
des membres par des violations de tabous divers. Et nous
faisons volontiers l'hypothèse que beaucoup de mythes étio-
togiques animaux sont des mythes totémiques, du genre
même des mythes Aruuta de t'Ateheringa, puisque toutes ces
tribus croient qu'autrefois « les animaux étaient des noirs
et qu'elles croient à une réincarnation perpétuelle (p. )8,
sect. 6t ). Mais,telles qu'elles nous sont présentées, toutes ces
notions n'ont qu'un caractère relativement peu religieux.
A ce propos, signalons à M. Roth que des renseignements
sur la numération, la division du temps, l'orientation, dans
ces tribus, seraient tout à fait les bienvenus, qu'il serait
urgent de les rechercher, et que les placer dans des lexiques
et des grammaires serait les cacher dans des endroits où il
serait impossible de les exposer d'une façon suffisamment
pragmatique et systématique.
Le groupede phénomènes étudiés le plus fond est naturel-
lement, étant donné le titre de ce Bulletin, la magie, et en
particulier la magie maiefieiaire. Déjà les renseignements
concernant l'envoûtement chez les l'itta-Pitta de Boulia,
avaient été excellents dans les ~</<M/<~t<'a< .~w/)M l'auteur
en ajoute encore d'autres sur cette même tribu, et étend très
loin le champ de ses comparaisons bien détaxées. Grâceà
celles-ci, les rites de l'enchantement mortel et du contre-
enchantement apparaissent comme très compliques, et mettant
en mouvement des forces mystiques nombreuses et hétéro-
gènes <n"*)~7 et. suiv.). Lafonction du magicien, sou (rstatus M
social, son initiation sont aussi l'objet d'excellentes observa-
tions. Enfin, dans le même ordre de faits, M. Roth qui est un
AXAU!-K! – SYSrJ~UKS KKt.tUtKCX 2SS

médecin, et a ou de nombreuses occasions d'assister des


matades australiens, avait toute la compétence nécessaire
pour étudier les rites médicaux. Il n'y a pas manque tn'" )!?
etsuiv.). Sur tes faiseurs de ptuie, dont un certain nombre
paraissent être membresde ciaus déterminés, et dont certains
rites ressemblent extrêmement aux cérémonies tntichiuma
des ctans de l'eau chezles Arunta et les Warramunga.on tira
avec intérêt les sections )4 et suivantes. Les mythes de l'eau
et de t'arc-en-ciet eu sont heureusement rapproches.
Le groupe des rites et croyancesdivinatoires et eulogiques,
celui des tabous et de leur sauction par la maladie, sont le
sujet de deux excellentes monographies comparatives, dont
les enquêtes de Spencer et Gilleu fournissent &peine t'équi-
valent (sect. 96-H2. )50-t52). M. Roth met heureusement en
lumière les cas de maladie causés par l'infraction aux règles
diverses concernant les tabous entre les membres de la
famille.
Mais la contribution la plus importante de ce travail de
M. Motit it la sociologie est, sans conteste, les documents
qu'il nousdonne sous le titre de « Sexual History », et qui
nous instruisent sur ia croyance, dans ces tribus, à la uais-
sance miraculeuse, a la conception indépendante de la copu-
iation (sect. 8)-84). Malheureusement, séparés ainsi do tous
renseignements relatifs à l'organisation totémique, attachés
assez mal a ceux qui concernent la détermination du nom
individuel isect. 7t), ils sont insuffisants, étant d'ailleurs
trop peu detaittés, pour nous permettre d'antrmer qu'il y a là
un pheuomëne social analogue &celui qne nous avons vu
prendre un développement considérable citez les Arunta et
citez leurs voisins.Et tout ce que nous pouvons dire, c'est que
les « esprits MNguta-Nguta, qui envoient les <« f/ttM~M
chez les noirs du cap Bedford, ressemblent, par leurs traits
et leurs fonctions, aux truntarinia-Arumburinga des Arunta.
M. M.

K. CLHMEXT.– Ethnographical Notes on the Westem


Austratinn Aborttfinea. ~M~'Mf<<<ON<!<M
/tt'c/t« /<«' ~/tHo-
~-«pA)'f,t'KM.XVI.p.)-3t.
L'article de AI.Ctément a surtout pour but la publication
d'uue importante collection ethnographique, mais il contient
aussi un certain nombre de renseignements, capitaux quoi-
L'AfK);K~'t:)<').mit~t't;.t''Oï-)!Mt

que sommaires, sur tes tribus dont t'habitât va de la Fitzrny


it la r'ortescne. tt est regrettable que ces renseignements soient
aussi peu caractérisés.
Le point le plus important que M. Ctément ait acquis nous
semble être d'avoir retrouve des cérOnonies de clan, exacte-
ment du même genre que les cérémonies etncaees tntictnuma
des Aruuta. Elles s'appellent ici c tartow » ce qui veut dire.
le sens est curieux, « vouloir ;p. 7). Malheureusement ce
qui
nous est dit sur les règles de transmission de ces cérémonies
est bien obscur.
L'initiation avec circoncision est l'objet d'une espèce de
description schématique dont on ne voit pas a quelle tribu elle
peut exactement s'appliquer. Sur lu magie et les faiseurs de
ptuie on trouvera des faits remarquables.
L'nuteur :t confondu les classes matrimoniales et les dans.
c'est pourquoi ou comprend mat ce qu'il dit du mariage En
tout cas, nous sommesen présence de tribus à quatre ctasses.
M. Schmettx a eu bien tort d'en rapprocher, dans une note.
les tribus Wombya à huit classes.
~I. M.
M. ~I.

A. C. HAUDOX(et ses cottaborateurs'. –Reports of the


Cambridge Anthropologie al Expédition to TorreB
Straits. t'o/. t', ~o<;<o~t~)c«M(/M<MMo/'fA<' X'M~rM
ff:<<t~)-<Cambridge, University l'ress, n)U4,p. xtf-318.

Le livre de vulgarisation de ~t. ttaddon <voy..tttm' YI.


p. 18~. nous faisait attendre avec impatience ta publication
scientifique de la grande expédition organisée par t't'niversih-
de Cambridge, au détroit de Torrès. Noussavons
t'importance
des phénomènes sociologiques constates, et l'excellence des
procédés suivis pouren (aire t'enquetf. Autour de M. Haddon.
qui retournait une seconde fois dans ces pays. munid'une
compétence définitive d'ethnographe, avaient été groupés
des linguistes comme Amay. et de jeunes
sociologues comme
le regretté Witkin. L'expédition était munie de tous les
appa-
reils possibles. Chacun de ses membres était informe des résul-
tats et des méthodes de la sociologie; ils ontmême contribué il
perfectionner ces dernières (voy. ptus bas t'ttinvn: de M. iti.
versi. Tous soucieux d'une description
complète, ils ont fait
une chasse patiente a ces choses subtiles et déticates à saisir
que sont les phénomènes sociaux. Nous sommes assurés
AKAn'i.Ki!. SY~MttS )tKt.t())EUX 237

qu'ils n'ont rien omis de ce qui était encore obscrvnbte, nous


sommes certains qu'ils n'ont fait qu'un nombre minime da
faux sens ou de fausses observations ou d'observations incom-
plètes.
Manteureusementnouscraiguonsquecetteadmirabteéquipo
do travaitteurs ne soit arrivée trop tard. Nous ne sommes pas,
après usage, de l'avis de M. Haddon (p. XII) qui pense qu'elle
est venue juste à temps, pour recueillir « ta mémoire d'un
passé évanoui ». Le passe, en sociologie descriptive, est difll-
cile à décrire, un passé évanoui, plus difficile encore. Les
noirs du détroit de Terres sont plus ou moins christianisés
depuis près de trente ans; les Européens chercheurs de
pertes fréquentent ces parages depuis un temps beaucoup
plus grand. La vie sociale était déjà considérablement altérée
en f~8. lors de la première visite do M. Haddon. L'européa-
nisatiou se poursuivait très rapide en 't898. La plupart des
rites ne sont ptns que t objet de traditions, ta plupart des
mythes ne sont plus l'objet do véritables croyances unanimes.
Les lieux les pms sacres sont envahis de gazon (voir le A'Mo<<
photogt'apttié. pl. H).L'effortdereconstitutiontenté;)arM. ttad-
doit et ses collaborateursa ('téconsiderabie. ils ont su se faire
aider par les indigènes tes plus intelligents, entre autres
Waria, chef de MabuiaK.ils ont su pénétrer dans les idées do
ceux-ci, contrôler les dires des uns par ceux des autres mais
c'est toujours une reconstitution. Et pour qui sait les dangers
de l'observation sociotogique directe, il reste bien des doutes
en facedes meilleures observations fondées, c'est vrai, sur des
témoignages indigènes, mais après tout, sur des témoignages.
La présent volume porto sur l'organisation sociale d'une
part, et, de l'autre, surta magie et la religion des habitants des
!)es occidentates du détroit de Torrès. M. Durhheim rend
compte plus toindecequi concerne les phénomènes juridiques
et moraux. Les résultats positifs en ce qui concerne la reti-
gion sont peut-être uu peu moins nets et un peu moins abon-
dants.
M. Durkheim parlera du totémisme au point de vue de
l'organisation sociale. Nous passons donc sur la question des
phratries et des sous-totems, que M.Durkheim s'est réservée,
bien que les phratries, les clans et sous-claus jouent un rôle
considémhte dans le culte et gouvernent la répartition des
individus non seulement dans le village, mais encore sur les
champs d'initiation (tte de Tutu, p. ?9), sur les lieux sacrés
E. DnufttEM. – Annëc sncio).. <9M.t!)M. )7
:58 t.'AfXKE ~)C)û)-0':t'j(.'H. tM:)-)''t)t

(p. )7i), !te de Mabuiag). (Un mythe, p. 9t nous semble être un


mythe de phratrie que M. Il. n'aurait pas reconnu).
\ous n'avons ici qu'à considérer le c'~téexclusivement reli-
gieux du totémisme. M. ttttddon ditptus volontiers magique,
parce qu'il définit eu somme la magie par l'absence d'inter-
vention d'esprits personnels (p. 320).Mais comme ii ajoute que
la plupart des rites totémiques ont une nature « intermé-
diaire M,entre les rites religieux et les rites magiques, nous
pouvons penser qu'en somme il est indécis sur la position
exacte des rites de cians. Ces rites semblent être très exacte-
ment du même genre (nous ne disons pas exactement de ia
même espèce que tes cérémoniesdites de t'tntichinma. dans
les tribus de civilisation Aruuta. Httes mettent en jeu ta a con-
nexion sympathique entre leclan et son totem ~<Myx(/.p. t!!3;
elles ont pour but (p. )?) d'agir, par une action pantomi-
mique ou symbolique sur les êtres non-humains membresdu
clan ~p. t82 et suiv.). Dans le cas de deux clans de Mabuia~
ttortue et dugong nous avons même un rite de désacraiisation.
par les membres du clan, des premiers animaux pèches. Il ne
manque que ta consommation de la chair pour avoir un
sacrement totémique complet.
Maisil y avait, outre ces cérémonies de cians, une série de
cérémonies magico-religieuses, peut-être d'anciens clans 'Cf.
p. i88), qui paraissent n'avoir été que des fêtes emcaces de
toutela tribu; elles étaient destinéesla reproduction des pois-
sons et des gibiers, et conféraient aux pécheurs et chasseurs
les pouvoirs magiques nécessaires. Rttes se présentaient avec
un caractère suuisamment uniforme daus toutes les ttes oeci-
dentaies. D'autres cérémonies, qui semblent avoir échappe a
l'organisation en clans. avaient trait à l'agriculture. Nous
nous trouvons en somme, ici, au début de religions tribales,
il un stade des plus intéressants des systèmes religieux, ti est
extrêmement remarquable que l'apparition des masques
(p. 348,p. 340, p. 343. etc.)soit concomitante de ces rituels.
i'eut-~tre y a-t-ii ta nn fait de la plus haute importance pour
expliquer l'emploi du masque et les rites religieux des sociétés
d'hommes et des sociétéssecrètes dans le monde mélanésien?
Lesctans semblent avoir joué un certain rote. du moins dans
le recrutement des acteurs décès cérémonies, et la possession
des masques. Il est notable, en particulier, que les cérémo-
nies pour la fabrication de l'eau et du vent appartenaient a
des individus des clans de la phratrie de l'eau (p. 3SO;.
– St~TËMES
.\X.H.y-H<. nEHOjfiLX 2M
Les autres traits religieux du totémisme. tabou du totem,
relation sympathique entre le totem et les membres du clan,
sont aussi clairs; mais comme ils retentissent plutôt sur la
moralité que sur la religion nousles négligeons pour l'instant
et il nous sunit de dire que l'identification va assez loin
pour
que, par exemple, les « crocodiles x soient réputés « forts et
violents x, les « shovet nosed skate (un poissons, « doux et
paisibles Il (p. 104,t65,etc.).I.
La mythologie totémique n'avait laissé que de
peu abon-
dantes traces au moment où MM.Haddon et Seligmann ont
recueilli les traditions. Deuxmythes seulement de Yamet de
Mabuiag ont été conservés (p. 02-U7),et ne font rien paraître
d'analogue aux mythes de l'Alcheringa des Arunta, quoiqu'il
s'agisse bien de l'origine des clans.
M. Haddoo rauge sous la rubrique des mythes totémiques,
le mythe du héros Kwoiam. tt a sans doute raison en ce
qui
concerne l'lie de Muratug, où le cuite de cet être avait donné
naissance à un clan (p. tSS. p. fait remarquable de toté-
misme à totem personnel mythique). Mais ce n'était
pas le
cas à Mabuiag, où a été recueilli ce mythe, et où a été observe
le culte(p. 367, sq.).D'aii)eurs, M.Haddon convient quete culte
est « postérieur au totémisme Il n'a de totémique
que le
nom, <tM~, donné aux objets en forme de croissants le ~tWtx
et )eAt<MM, qui servent aux gens des diverses tribus de sym-
boles et de représentants en guerre de Kwoiam, le héros
guerrier (cf. p. 3)2 et suiv., Contes du sentier de guerre).
Le culte de Kwoiam était un culte des hommes, très mar-
que, et appartenait surtout à la phratrie du grand (t«~«/, mais
il était commun a toute la tribu. C'est à lui que se rattachent,
daus la plupart des !tes, et le camp sacré des hommes, le
/<pM<(cf. p. 3(!a sq.) et le culte des crânes, et, par suite,
la chasse aux têtes ~voy. surtout p. 30S sq.). Tout ce qui
concerne ce culte nous semble remarquablement élucidé
dans le travail de nos auteurs. Mais nous croyons vrai-
ment inexact le rapprochement tenté (p. 373; entre les
~'«jfM/de Kwoiam et les <<«f<M~Arunta. Les uns sont des
symboles d'ancêtres totémiqoes tH<<tf)</M<<, les autres sont
les symboles d'une divinité presque entièrement constituée.
A l'lie de Yam il y a aussi un culte des héros c'est celui de
Sigai et Maiau (p. 373 et suiv.). Mais, chose remarquable, ce
culte est d'une espèce intermédiaire entre uu culte totémique
et un culte personnel, car précisément les initiés savent que
2M t/AKK)!t!SOCtOKtOtQUK.
f03.t!)Ut

Maiauet Sigai n'existent pas, et qu'its ne sont que les noms,


pour les femmes. des deux totems (p. t74). du crocodileet du
requiu à tête de marteau M. Haddou a tout u fait raison
de signaler l'importance de ces faits qui nous permettent de
comprendre commeutte totémisme a pu évoluer et se décom-
poser eu polythéisme.

Au momentoù M. ttaddon et ses collaborateurs sont arrivés


daustes lies, la magie ne persistait pius que faiblement et
d'uue façon pour ainsi dire souterraine, Pourtant elle a joué
UHgrand t'oie dans ces tribus, et a dt) y avoir un type très
particulier. Sur t'iuitiatiou du magicien et sur le matériel
magique .p. ~U et suiv.t les observations ont pu etreexcet-
lentes. Sur tes rites et tes formules, elles ont été fatatetneut
plus sotumaifes, et piu- suite iusutlisautes. Atais tes faits
avaient disparu. M. liay a cru pouvoir si~oaier, peut-être
sur la foi de (f'fc/x'~ Samoaus (catecttetes. tuissionuaires), ta
notion de M<fM« dans ces tribus. M. Haddon a refuse d'ajouter
foi à cette itteutificatiou du mot d'fWM't'M'ou tf-f'<)c<t'Mi.qui
veut dire formule, avec le mot de «MM«.qui veut dire formule
et bien d'autres choses. M. Haddon a évidemment bieu fait,
mais pour d'assez mauvaises raisons (p. 3~U, cf. les textes
cites).
Les cultes funéraires avaient eux aussi disparu à peu près
complètement en )8iJ8. Mais M. Haddon en avait encore
observé dix ans plus tôt. et a pu très bien se faire renseignerl'
sur eux. ttsn'ofiraientriea de particulièrement remarquable
en dehors de lit naissance très nette de cultes aneestraux
(culte des M«~<«, morts, surtout à Tutu;. La description
excellente fait regretter que Ai. H. ait donné une explication
un peu simpliste des dauses de masques représentant les
morts ~p.~Sti).
L'initiation est ta dernière des grandes institutions reli-
gieuses sur laquelle M. Haddou nous ait informes (p. 208 et
suiv.). Kite semble avoir été. dans ces tribus, d'un type fré-
quent elle consistait dans la séparation du jeuue initié et
des femmes, dans une éducation morale et un jeune à la
brousse, qui représentaient, surtout pour les non initiés,
soi-disant, une mort et uue renaissance.
Los rotations, a Kiwai surtout, entre les rites agraires et les
rites d'initiation, eut été bien notées, et sont un phénomène
important.
– MitT&MKS
AKALYSES. nE).)6)Rt:X SC)
M. Haddon a ajouté, chaque toisqu'it t'a pu, des
renseigne-
ments sur t'inttiation et le totémisme, dans les tribus uéo.
guiuéences de Daudai. etc., et la tribu australienne presque
eutterement décomposéedes YarraikauM du cap York.
MM

HKv.C. CHAfJfEHS. – Notes on the Buttât. British


New-Gatnoa. ~o)«'M«<«y ~<e .t~'H/w~r~ At.~<(t~c,
'?3. XXXIII, p. )08.tt7. Notes on the Natives of
Kiwailsta.nd. /<<w, /M. ;Y. ?;</('<)<.
p. tt7-t2!
J.-H HOLMRS–Notes on the Etema.Tribes of the Pa-
puan Gulf. ~f</('M,p. t~.)3~.
!<esnotes de Chidmcrs ont été utitisws p!)rAI.jfaddnn dans
le livre (font nous venonsde rt'ndre compte, sauf <)tes con-
cernitut ta ehnsse et le cuttc des t~tes ~). )~~ ceHes
qui cou-
cernft)). le tott-mistncet )<' ntin'i:)~' sout moius iutu)'Ms:)))te8
que les rensoi~nements pnn'eous ))!n'ALHefy et At. Haddon.
– M. HototHSs'occupe surtout des traditions
historiques des
tribus.

J. J. ATKtXSOX.–Thé Natives of NewCaïedonia.


~('. )!"JM.XIV. p. 2!:).~f.
M. L:))t!;est )\'di)eurdt' ces uott's d'ctjfuo~raphic. tt croit
imprudentux'ot qu'ciipscoustitxpnt. in'<-tct'ttcsdc Moo-
cetonj'mtcd~s uniquesst)ur<:("<dont nousdisposiottsf'ooccr-
naut les sociétés nt'n-catt''d<)nit'nttpsSur)e culte du chef. sur
les tabous, surtout ceux ()'; cutntnotsittitcct de cohuhitatiou,
les t'eusei}!)teu)eutssoutsouttonircstouis bojts; stir ji) rcti~ion
ceux qui ont t'-tcdonut's lie \))aicnt pa!:):) peinu d'être t-dites.
sauf d<'siudicatiouspro))!)))it'n)eutinf'xitctes.surte totmnisme.
Nous rt'tn-oyous At. Lin~. si 0'):) t'iutcrMsp, a t'cxeciient
livre du Il. Lambert, .)/<fw.< f/M MAM/<tt'<-<;<. Paris, Mai-
sonneuve. )'Jt)t.

C. tUBHH. – Zwei Jahre unter den Kannibaten der


Salomo Insetn. – Dresdeu, Meyer,)')(?. vttt-SMp. in-4°.
Les ttes Satomon sont encore extrôtnement ma) connues,
surtout au point de vue socioio~iquc.M. itibbe. qui y a passe
deux ans a cotteetionnor des objets ethttog'mpbiques et des
insectes, veut bien nous transmettre des observations cons-
SM L'ASX)iKS.)t:)uU)~a'K.MH''Ot

ciencieuses. mais très brèves, où il ne reproduit le plus sou-


vent que les impressions de ses devanciers. (Ainsi ce qui est
dit, p. t'4, des rites de construction du canot, vient doCuppy,
y/tf '<o<oM<o!!
/«))<<. etc., p. !(!. qui, iui-mème. résumait de
façon incomplète ut) paragraphe de M. Codrington;. D'autre
part, uu certain nombre d'altirmatious hâtives gâtent ce tra.
vai!. Ainsi, p. ~72, à la même page. il est dit que l'héritage. a
RuMana. va du père au Mis.et, a la note. M. ttibbe réfléchit
que cela doit être impossible puisque dans ces sociétés la
descendance est comptée eu iigue utérine.
Le plus clair résultat obtenu, c'est l'instructive publication
d'un grand nombre d'objets, la plupart religieux mais nous
ne pouvons en tenir un grand compte: signalons pourtant
d'importantes coliectionsd'amutettestp. CH.1SO,~t, etc.) Sur
les institutions religieuses elles-mêmes, peu de faits ont été
observés avec une sunisante précision par rapporta ia masse
certainement énorme. Hudehors de quelques anecdotes pré-
cisessurla magie, d'enumerations très abondantes de maisons
tabous observées dans de nombreuses lies. et de vagues
notions sur les cultesdes« <' diabies~,quisont évidemmenttei.
<M«<<M de M. Codrington. il Rubiana et aux Shorttand, nous ne
voyons à signaler, comme fait vraiment nouveau, que la men-
tion expresse, aux Shorttand, de groupes totemiques exo-
games. Matheureusement, M. iUbbepose comme termes equi-
vaients totems et sociétés secrètes fp. itU sq.). et repète la
même remarque a propos des totems qu'il aurait constates
dans i'iic de Choiseui (p. ~3). ti va même jusqu'à parier de
caste. Il y a évidemment confusion dans l'esprit de i'auteur.
Mais il se peut aussi qu'il ait obscurément observe une rela-
tion entre les ctaus et les confréries secrètes des hommes qui
doivent se recruter par clans. Lerôle religieux des totems est
expressément marque, dans les rites funéraires tout particu-
lièrement.
La filiation, aux lies Shurttand, et l'héritage suivent la ligne
utérine, bien que la femme soit complètement propriété du
mari. M.Hibbe donne d'abondants renseignements sur le sys-
tème de la vendetta, les coutumes, ici florissantes, du canni-
balisme associé à la vendetta, à la chasse aux têtes et au culte
des crânes. On trouvera à l'index, d'ailleurs fort bien fait, un
grand nombre d'indications sur le remarquable système
monétaire en usage dans cette partie de la Alélanésie.
M. ~t.
AXALYSt!–SYSTÈMES)tEUC[ErX 3M

G. TIHLENtL'S. – Ethnoa~phtsohe Ergebntase aus


Metanestea. it. 77«'t<.~«' tt'<<~«'A<'n
/MW<K des Nxwarft
.)n'A~< –A'CM~ffa..tM(~. (<.~ow/'<. Z<'op.C<t)'o<./)c«t.
.t~. ~M)-/Mw~ LXXX. 2. Hatte, t!)03, ~05.3CKp.
gr. 4".

M Thitenius a fait,dans tosttes Atéianésiennessisesà l'occi-


dent de l'Archipel Bis<narci<,un voyaged'ethnographe pro.
fessionneL Ces lies sont peu couaues, leurs populations inte*
ressautes, bieu que la civilisation origiuale s'y décompose
rapidenieut (cf. p. )95) la moisson do faits rapportés par
fauteur a été abondante. Maisc'est une recotted'etbnogt'aphe,
et d'ethnographe presse. Nulle part, M. Thitenius n'a sulli-
sammeut sejourue pour avoir pu faire autre chose que prendre
des photographies, se procurer des objets de musée, et noter
des renseignements sommaires sur les populations dont il
recueillait les produits.
Aussi, en ce qui concerne la religion des sociétés qui peu-
ptent les divers groupes d'iles, Tauai, Agomes, Kauiet.
Ninigo, Popoto-Huut (vulgo Anachorètes, ces dernières n'ont
pas été visitées par l'auteur), se borne-t-it plutôt à des indica-
tions que nous ne pouvons que signaler. Les tabous de ta
menstruation et les rites d'initiation, l'institution religieuse
de la maison des hommes y paraissent, régulières. Le culte y
semble être d'un type polynésien assez achevé l'existence de
haches ceremoniettestp. ~t9), de tabous du cheveu, en est assez
caractéristique. H y a a remarquer (p. ~t0, Kauiet) que le
cordage constitue une industrie religieuse, environnée de
tabous, exercée par les femmes. Sur ta magie et les rites
funéraires les observations rapides de M. ThUemus ne nous
apprennent de faits nouveaux que par rapport à certains
objets qu'il s'agit de publier.
L'organisation sociale a été peu étudiée, et comme fait
intéressant nous ne voyous à mentionner que le cas régulier
de/<M~'r< à Kaniet (p. Mu).
Les rapports de toutes sortes entre les sociétés maritimes
et celles de ta brousse dans le groupe des lies Tanai sont bien
étudiés et intéressants.
La plus grande partie du livre est consacrée à rorncmen-
tique comparée et ta technologie comparée, grâce auxquelles
l'auteur tente de reconstituer, hypothétiquement, mais avec
assez de vraisemblance, les divers courants de civilisation
M L'AX~N MOOKMIOUE.fMS <Wt

esthétique et technique dont Jes types locaux sont Je pro-


duit. M. M.

H. WËHRLt. – Beitrag zur Ethnologie der Chingpaw


(A'<M~<)eoK0~- ~«nHa..S'M~ x. ~~c. /M<erMa«o-
~<M /tr<«p/'Mt-A~)o~-a~!f. Leiden. BriU.tS04, X!M4p.
in 4°.
Peu à peu, un « Brehm » de t'ethnographie se constitue,
et les monographies de tribus succèdent aux monographies.
Voici que M. Wehrti, suivant l'exemple de Miss Godden, H
résuma et classé tous les documents dont nous disposons sur
tes Chiugpawde la Birmanie supérieure. Car, bien queM.W.
ait été en Birmanie et ait vu les Chingpaw, il ne semble
pas eu avoir rapportt; d'observations persounelles bien nom-
breuses. En tout cas cette monographie est un modèle de
conscience, sinon de claire divioatinn des faits.
Sur la religion, les renseignements abondent et feraient
croire que les Chingpaw, avec leur culte des Wat(en birman,
esprits) représentent simplement t'ancien état des retirions
Birmanes avant te bouddhisme. Mais une étude plus appro-
fondie, nous n'en doutons pas. montrerait cette rftision em-
preinte d'Hindouisme. Ainsi, il est inexpticabte que M. W. ait
pu parler d'une légende matayo-potynésienne de t'œuf <ieta
création, à propos d'une légende Chingpaw, où se retrouve
même le nom hindou de Brahma tPhra = Bratnn!) en Birman).
La mention de plusieurs tcgeudes du déluge est intéressante
)p. 5t).Sur le rituel sacriticiet.sm'tc sban!.<His))!e(ttMgie),
les croyances et rites funéraires, la collection de faits est
abondante.
La partie la moins satisfaisante du travail de M Wehrii est
évidemment celle qu'if consacre à t'organisation sociale. Aussi
bien semble-t-il en être reste, théoriquement, il Morgan. La
nomenclature de parenté serait « ctassificatoire du « sys-
tème tourauien Ce qui veut dire tout simplementqu'it y a
encore de la parenté par groupe. Ne discutons pas les discus-
sions de AI.W. et disons tout simplement ce qui nous pHnttt
être l'essentiel les Chingpaw sont divisés en ct-ms incitux,
lesquels eux mêmesse divisent en ctans secondaires, chaque
clan ayant à sa tête une famille patricienne agnatique indi-
vise, et sa maison des jeunes hommes. On ne sait pas encore
s'il y a ici, comme à Manipur, du totémisme.
M.M.
M.
ANAMSUS. sysT~MBS
nEHOtHUX M5
C. VANCOLL. – Go~evens over Land en Volk va,n Sart-
a&me. A~ lot de y<!a<./.OH<<, pM-AfH~. c. ?<<. f<t'<.
i<MX.vtf série, t. n. p. 4S4.CSO.
La monographie du P. van Co!) est de tous points excel-
lente. Ette est le résultat d'un travail littéraire et d'études
personuelles de près de trente nus. Diviséeen deux parties,
elle porte d'une part sur les tndicns de la Guyane ttottandaise.
Arawakset Warau. d'autre part sur un groupe de poputa-
tious d'ordinaire très uégligées des etimc~rapites. mais d'un
intérêt considerabto au point de vue socioiogique. les « nègres
marrons », nègres indépendants de lu brousse (Boschnegers).
Sur la magie et lu religion de ceux-ci (cas remarquaitte de
shamanisme; on trouvera des faits tp. 50~ sq().), qui mon-
trent comment ces êtres transplantes ont réussi à reformer
une société nègre du type ordinaire.
A propos des Indiens, signatons surtout les passages con-
cernant ta couvade fp. 60C),le mariage (p. 503) et le chapitre
sur la religion (mythes nombreux) et ta magie. Un certain
nombre d'expressions du van Coll (p. M3) sont mai))'*u-
reusement bien d'un missionnaire.

P. LABBÈ. – Unbagne russe. /M'S'«A'/tf<<«<c.


Paris, Hachette
UtOH.27U,p. iu-8-
Le titre de l'ouvrage de Ni.Labbe ne dit pas qu'il contient
d'abondantes observations, sincères sinon comptètes sur les
Ghitiat(S(urthograp))i6sGuitia)<Si.ctsur tesAïnosde cette lie.
Sur les Guitiaks, AI.Labbe nous parle de teur organisation
en ctans locaux, a paternité indivise, a cyclede noms propres
détermines (les noms des morts reparaissant rcgutierement
chez les nouveau-nos après une période d'interdit p. ~ti). ii
nous donne aussi une description minutieuse des fameuses
fêtes de l'ours et chox les Guiliaks et chez les Aïnos. ajoutant
anx faits connus le rite remarquable de t'appet du nom des
morts citez les Aïnos. Sur les inaos Aïnos (objets du culte),
sur le thamanisme Aïno et Gnitiak, ou trouvera dans ce
livre des pages intéressantes.
~AI.1I.
M. M.

J. «At!M. –UeberangebUoheGôtzenam Kilimandscharo. ('<f'-


t<M.i!'03, t. 85, p. <UO-tUX,
iMtére~MHte
discussiuttsur tcMt'actète
des religionsBantu.
MC t.'AS\KK.f)CtUf,<)t.)~CK.i!)'.Mt
tt.-A.HUSE.– Traces of Totemism in the Panjab. //<~«M/t~t'/M'tr;/
~03, p. XOt.204p. 3)3. (Cas plus précis que t<-titre ne semble
indique)'.]
T.-A. JOYCE. – A totem pôle in the Brtstih Muséum. VoMM.
/t))~f. hM/t.. )9()3, XXXIII,p. HO-HO.
(fn)pot-tante étude raisonuee
d'un pieutotemique ttaida et du mythe ancrent;.
J. ËXUEnLf. Zwei Jahre bei den Tschuktsohen und Kor-
jaken. P<'<M'mf<M))'~ t9U3.
.t/«</<t7MM~<'H.
H. P. UUKAXt).– Les Ohams Bani. ~M~ftM </<'/t-o~ /'<-<««'«)'«'
(/<x'm<0)'«! iU03. p. ut-OS.

F..B. iHHARLEY BMT. – Ohota Nagpore. etc. Lond. Smith Eh)er


and C'. t903. (Étude sur ies Muodas, )<<M,Sauta).)

C. BODEXKL08S. – In the Andamans and Nicobars. A'u<<\M <


//t<-M«M</<,ï7<ft'<'/««);«, /:7/<Ko~f/, etc., London Muray, t'~3,
i <)-!<

A.HEXMY. The Lolos and other Tribes of Western China.


~OM<-M.~)X/< V/M/ ~03, XXX))),p. U7-~7. (XfOMignemeot~som.
maires mais bons. totémisme persistant.)

F. FAWCËTT. – The KondayamJtottai Marawars, a Dravi-


dianTribe, ete. ~«;')t. o/Ac t)t</«'. /M~ 19U3,XXXIII,p. ~60.
A. MEttKEH.–ReUgion und Tradition derMasai. ~fX.<f-/t;<-
7~/<M«h'/t<.t90X. p. ~3-'7t4.
A. AKK)-:L).-)tAXt)WtCK. An Ivory Trader in North Kenia.
Lood. Longmans, t9U3, in-S".

M.~xSCHiELLËM.– Aequatorial Ost Afrika und Uganda. tM<i


tM7. :) vol. Ber). Heimer, )90t-t9U4 ;peu de hits). ·

LEUTXAXTGKXTX. Einige Beitrage zur Kenntniss der


Sudwestafrikaniaohen Volkerschafton. t). C~&M. t9U3.
I56.iM.

F. BAUEtt. – Bilderaus demdeutschenTsadsee-GeMet.GMtft.


t<")t, 8S, p. ZM.a~i, p. 3M-337. (Quelques renseignemetits.)
Tt). EXUELHAHDT. EineBeise daroh dasLand der Mwele und
Esum, Kamerun. ~/o&)M,)'()t. 1. t. 8: p. t-6. p. ~3-'r~. iRen~ei-
~oements Mmmaires mais boos.)
A).K<ftnULtcKA. Notes on the Indiana of Sonora, Mexico.
.tMf)')ca)t<tMfA<'o~f)h~)' i9U3.Y. p. St-~O. (HenseiKt'ementsMn)-
maires sur les Mfn-os, Yaqui~ un peu plus développés sur les
Opata!
AXA).Y'H<.–tYSI'XMK'tHHtJGUM'X

A).K<HhDUCKA – The Région of the Anotent Ohiohtmeos.


«'M MO/M«M </)<' ?'<MHHt, etc. ~MWtMM~<t//<)'U/)<(.,
X.S.i9U3,p.3M-4H.
G. WttAUTONJAMES. The Indians of the Painted Desert
Région. London, SampsonLow, i903.xn-2Mp. in-8'. (UKuvred'nn
voyageur bien informe ~ur la religion et t'ortianisation sucinle des
Hopts, des Kayabos.)
STEEHK. Narrative of aVisit to Indian tribea of the PunM
River, Brazil. Washington. U. S. Kationa) Muséum, t903.
Tu. KOCH. Zur Ethnographie der Paraguay Qebiete und
MattoGroasoB..Mf'f<A/. At)</t)'o.f;e!.e< M'w). ti)U3.p. 2)-3:<.

TH. KOCH.–DioGuatkuraarappe..t/)«A~< Gft<-< H'tM,


t9U3, p. i-t24. (Surtout linguistique, contient uneetude importante
des notions de nombre, p. 1tt-s'j<{.)

A. KHUYT. – Beobachtungen an Leben und Tod, Ehe und


in Zentralcelebea. ~ft'<<f/t<'t'/)/'Mf .'<(~«'«H!t'))«'Au/? t9'H.
p. 'ro~, sq.
D. A. P. KUXtKC. – Eeaige Gogeveas omtrent Land en Volk
der Noord Kuat van Ned. Nieuw Guinea, etc. B~-ff~M) <f)tde
.<<t)'hfM~t'A~)(/)' MU:),YH'Mnf.
?'««/M(/-<'t! t'0<H)AMH(~t'<!t)
t. t et 2, p.2!i2-28t.
M.-C. SCHADEE.– Bijdrage tot de Kennis van den GodsdieMt
der Dajaks van Landak en Ta)an. – /<<fM ~< (/<-?'(Mf-
van A'ft/ft'~ttf~cA Mf. – i9U3. YH"série, l,
/.«'x~f t'oMettAMWf/c
:<.p.:Mi.M3.
t!. HAGËX. – Die Ga}o Lander auf Sumatra. – ./«/trff!tf). <t.
/<-<«)&«)'<.t'et-ft'Mxy. Gf<;)-)-.M.~<(((t'<iOOi-h'03, p. 29.S5 (ot-t:!t-
nisation enctans.)

E. ttASCHEH. – DieSulka. Ein lieitrag zur, Hthn')!aphie vou Xeu


i'otnmet'n. A''c/t. /ht</tr'H"H. X.S. 1. p. iUMMqq.[tteii(:i')net
Magie, court recueil mythotogi'tu~.)
P. SCHMtDT. – Beitrage zur Ethnographie von Poetdam-
hafen. (Oeutsch Keu-fiuhtM'. GMM. )9"3, LXXXtV,p Ti-8).
HO-U:<.

Il. M. RA8CHER. – Eine Reiee quer durch die GazeUe Haibin-


sel. (jh<'(M, <90t, t, ?, p. t:)M.sq').

n.-)!. MATHE~'S. –'Languago. organisation and initiation céré-


monies of the Kogai tibes, Queenstand. ~t~cAt-t'/Ï /tMM-
logie, t90t, p. 28-38.
MO L'ANGE iOCtOLOGtQC)!. <M3.t90t

B. – Religions M<!MOM<~M.

H. UNG ROTH. – Gre&t Bénin. – Ct~oMM,Arts and


Mon-o~. – Halifax, Kiug et sous, 1S03, xn-~34-xxxu, p.
pet. 4'.
n ne faut pas se laisser tromper au titre un peu
populaire
de ce livre. L'auteur le destine, il est vrai, au grand
public
attiré vers le Bénin par lu découverte récente d'un art extra-
ordmairement curieux, vivant et rare. Mais c'est. sans aucun
doute, un. véritabletrayait scientifique, un chapitred'un manuel
complet d'ethnographie, et qui vient à sa place dans la série
des monographies du même auteur ~or~tHM of ra~H<«t)<«,
A'(t<t'cMof .Sf<t-<!M'<tA.
Il consiste dans la mise au point de nos
counaissauces sur le vieux royaume nègre du Béniu. C'est
un résumé critique de tou-: tes documents
européens, depuis
Dapper et de Bry, jusqu'aux renseignements inédits que
M. Punch, administrateur, et le frère de M. Roth lui out trans-
mis.
Natureitemeut. le principal intérêt de M. Roth dans cettt'
pubiicatiun a été do faire une étude approfondie de l'art
du Bénin 'chitp. xvm et xtx) de ses types de sculpture et de
toute, et aussi de reproduire. le plus élégamment du monde.
une grande masse d'objets d'une valeur artistique évidente
Le point n'a d'ailleurs pas été traité sans résultats titéoriques,
et fart du Bénin a pu être ctassé commeappartenant « à l'âge
de la représentation rcaHstique ') (p. ~t3). Mais lu plupart
des objets reproduits n'ont pas seulement une valeur d'art.
ils ont aussi une valeur documentaire ils sont des preuves
décisives de faits socioiogiques déterminés. Ce n'est pas sans
raison que )cur abondante reproduction parsème même tes
chapitres de sociologiedescriptive. Car M. ttoth sait fort bien
que l'existence d'uu fait socia) se traduit matérieHement, et
bien souvent par l'existence d'objets déterminés. C'est ainsi
que )a noblesse au Bénin portait des colliers de coraii remar-
quables. que le coraii tui-méme possédait des cuites et des
fêtes. C'est ainsi que les défenses d'ivoire scuiptées étaient des
instrumeutsd'autei. et que les fameuxmassacresdes coutumes
du Bénin étaient opérés, en principe, avecd'admirab)es masses
de bronze dont tu description et ia reproduction intéressent
directement ta sociologie la plus théorique.
On trouvera d'abondants renseignements sur la religion
ASAWKS. MiiTAmMtttiHUtKUX 269

(chap. v<).renseignements insufnsants pourtant. Eneffet, les


cultes de tout le royaume, eutto national do la capitale
Bini (Bénin) et du roi, cntta dos ancêtres du roi, culte des
vittesetdestocatités.cutte générât de la met'et des fleuves,
culte domestique, eu particulier funéraire (chap. n), fiem-
blent avoir eu un dévftoppement dont les dimensions
n'apparaissent pas suffisamment. Les descriptions som-
maires des vieux auteurs et les quelques indications do
M. Puuch sur des cas observesde sacrificehumain (coutumes
royales, sacrifice d'une femmeau dieu de la phfie, sacrifice
d'une femme accusée de magici sont ma) circonstanciées.
Nous n'avons guère de descriptionscomplètes que de quelques
cérémonies potitico-retigieuses de ta cour du roi (p. tt9et
suiv.); te tableau des fêtes est certainement incomplet, et les
données mythologiques sont tellemeut peu nombreuses que
nous ne savons fort peu à quel genre de religion nous avons
affaire. Signalons, en passant, une erreur do M. Roth ou de
son iiuteur. dans ta traduction d'un<expression do Dapper
(p. 4~. « Den witte onviorissit» veut dire non pas « Cods-
chitd",maisK thé chitdoftttewhite goda.
Nous avons, d'ailleurs, deux critiquesàadresser a M. Hoth.
La première touchet'emploi qu'it fait du mot de fétiche, qu'il
remplace occasionnellement par eetuiptus moderne, mais
aussi impropre et aussi peu ne~re de J~t< 'p. )St, H~. t73,
p. ts!3,etc.) Le mot ne veut pas dire autre chose que magie et
religion des nc~res do lu cote de Cuinec, et ne se fonde que
sur une vieille tradition européenne, toute subjective. –La
seconde est une critique de méthode, ti nous semble que
M. ttoth eût pu, avec une :)na)yse un peu plus persistante
des documents anciens et modernes, reconstituer l'histoire ou
la signification de plus de faits; des notes comme celles de
M. Punch (p. SO)méritaient un commentaire, et il eut étf bon
par exemple, de rapprocher les textes concernant les Ahu-
raku et les féticheurs du dieu Matàku de ce que nous savons
sur le phénomène, très répandu dans toutes ces nations
nègres, de la société secrète.
Le tivrede M.Rothestencoreiutéressant au point de vue juri-
dique. Les ordalies sont particulièrement curieuses, comme
les peines fehap. vn) t'esctavage <chap.), a signaler la condi-
tion speciate des esclavesdu roi), ta remarquable organisation
monarchique et féodale (chap. Y)n), avec une vie de cour
très intense (chap. xtt, sont l'objet d'études systématiques.
~U t.'AXXHH~CXJt.OUX.'L'K.'aM.'t-t'at

Le problème, si intéressant dans ces sociétés, de la propriété


n'est traité que par rapport à l'organisation de ta famille
'mariage, ehap.M;héritage,chap.tX);itya, ta,uoo grande
lacune 'non compensée par t'uppendice iv, qui porte sur les
sociétés Yoruba)ainsi que dans t'abseuce de tout renseigne-
ment sur les cians qui doivent exister. Les phénomènes les
plus remarquables sout uu régime curieux de t'adultère et le
droit d'héritage prééminent du roi.
Le chapitrexvuconcerueta morphologie sociale, et la cité de
Bénin, il est particulièrement bien fait et eoutieut les premiers
renseignements complets.
ALM.
J..H. MARRtSON.– Protegomena-to the Study of Greek
Religion. Cambridge, L'niversity Press. t9u3, xx«-(!80 pp.
iii-8'.
Le livre de Miss Harrisou donne une idée, incomplète sans
doute, mais concrète et qui uous sutfit pour le moment,
de ce que nous entendons par un système religieux i) nous
montre assez clairement quelles relations unissent les faits
qui fout partie d'un même système et, nonmoins clairement, les
répugnances que présentent les faits qui appartiennent à des
systèmes différents. Ce livre doit attirer tout particulièrement
notre attention, comme un exemple typique de ce que peut
produire aujourd'hui d'excellent et de défectueux un alliage
savaut de ta méthode archéologique avec celle des anthropo.
toguesaugtais. En ce qui concerne l'ensemble des études rela-
tivesà la religiongrecque, Miss Harrison définit dès l'abord le
caractère de sou travail: elle fait profession de considérer
tes mythes, racontés par ta littérature, comme des documents
médiocres; elle attache plus d'importance aux renseigne-
ments que nous possédons sur le culte et aux monuments
figurés, monuments votifs, vases peints, etc.
Elle s'est proposé de rendre intelligible la religion grecque,
eu tant que système, par le triage des éléments hétérogènes
qui y sont en apparence confondus. La religion grecque com-
preuddeux systèmes de faits religieux quetesCrecs ont distin-
gués, les cultes olympiens d'une part, tes cultes chthoniens
de l'autre. Ces deux systèmes ne se sont pas formés en même
temps; ils ne sont pas sortis du même milieu, ni probablement
du même peuple. Les cultes olympiens étant les seuls dont
AXAt.YSHt. – ~.ST&ttE-< HRLXitKL'X 2'

parle Homère, saut en quelques passages sujets a caution,


ou eu concluait qu'ils étaient l'étape le plus ancien de )a reli-
gion grecque. On n'ose plus parler aujourd'hui du caractère
primitif des poésies homériques. Pour Miss Harrison, les
cultes chthoniens sont les ameuremeuts d'une couche sous-
jacente. L'esprit des deux systèmes dif!ére profondément. Il
s'agit dans les cultes olympiens de 'Jt'~th, d'honneurs à
rendre aux dieux, duus les cultes chtimniens de o[m«'.)n<-<(<.
c'est-à-dire de crainte. L'objet despratiques de partetd'autre
n'estdoncpasie même. Miss Harrison iedéfiaitingénieusement
par tes formules, </o«t ~f.pourles cultes olympiens, écinmges
de bous officesentre lesdieux et les hommes, <<o «( «~Ms,pour
les cultes chtboniens, dont la grande préoccupation est
d'écarter ou d'apaiser des esprits malfaisants, ti va de soi
que les pratiques sont autres. L'acte central du culte olym-
pien est ce que miss Harrison appelle le ~<fW/<t'<' (Ojn'<).Les
victimes du sacrifice sont des Kpt!x;elles sont partagées entra
le dieu et les sacrifiants, qui mangentleur propre part. On
nous dit formellement que les victimes des /)M.t<«,qui, selon
Miss Harrison, ne sont pas une fête olympienne, mais une fête
chthonienne dont te dieu est Zeus MeiHchios,adoré sous la
forme d'un serpent, ne sont pus des ttot!x.Les rites principaux
du culte chthonien sont des !'<fj" ayant pour objet de
mettre les gens dans i'etat relatif desiguiiie te mot ambigu
de ï-j");,qui signifie à la fois pureté et impureté. L't'/xYtTj~
est défini par At))6uée comme un M'x, une cérémonie do
purification. Le but est j'i~-pf~, i't~xT: le détournement,
l'expulsion de quelque chose qui est figuré symboliquement
dans te y/w~WM t mai-juin)parle p/M/aA-M. A Cheronée, t1
Ueiphes, à Marseiiie,des cérémoniesequivaientesetaient exécu-
tées. Ce n'étaient pas des sacrifices humains, ni une mimique
de substitution pour des sacrifices humains ubolis; le but
M'était pas de tuer, mais d'expulser. La mise à mort du phar-
makos est un développement fortuit du rite primitif. Quant
aux :<-j-t':in.!proprement dits, les victimes dont le sang y
était versé étaient désignées, par opposition aux '<{)t!x.par le
mot de o~Y'.x.Leurs chairs n'étaient pas mangées.
Mais les grandes fctes. étudiées par Miss Harrison, ne com-
portent pas seulement des purifications. Celles-ci précédaient
deux autres espèces de rites, les uns consistant à utiliser la
vertu.quei'auteurappeitemagique.decertaineschoses sacrées,
pour fertiliser le sol et garantir les futures récottes, les autres
272 ).'AK!<ët!!:oCtOH"!tQUE. i9M-i90<

en ourandes de prémices Les Thargetiasout une fête des


pré-
mices 'de ~j)- =s pot plein de graines) on y portait une
branche chargée de prémices, t'tt~n~. Cesonraadesdepré.
mices ne sont pas des sacrifices, au ~ons de miss Harrison i
mais t'onrande de prémices est destinées lever les tabous
qui
pèsent sur les récottes. Les anciens mystères sont, en somme.
des fêtes agraires, composée!!de puriftcattous, de cérémonies
rotatives à des <Mc/-«divers, et enfin d'oilraudes de prémices
cérëmouiettemeut consommées.
A l'époque historique tes grandes fêtes ont été mises sous
l'invocation de t'un ou l'autre des Olympiens.Mais ii est facile
de démontrer que ce qu'elles comportent de ttp~t~
y est
tout ù fuitsecondaire. Les dieux y assistent en étrangers.Leurs
rites essentiels se passent de dieux. Leurs acteurs spirituels
sont des esprits, des démons, des mnes. Les Anthestéries,
par exempte, sont « une fête de lu sortie des âmes M. Ces
démons, esprits, âmes de nature flottante peuvent être tous
désignés par le nom générique de /.<'<w.Mauvais esprits,
génies des matudies et de ia vieillesse, du destin, sortes de
doubles, les i<ctes se confondent encore avec les goûtes du
vent, tes Harpies, tes Uorgones, les Siréues: itssont les por-
teursdu mauvais Mit,les exécuteursdes malédictions,t'incar-
nationdes impu)'t')és. tesven{j;eut'sdes morts, les Hrinnyes. !)
est remarquabte qu'ils soient é~atement confondus avec tes
Tetchines,c'est-à-dire avec des masicieosmytttiques. its bési-
teut entre la religion et ta maitie.
Desmonuments mycénienseterétoisnousapprenoent que de
ces cuites sans icônes, sans dieux positifs, des dieux étaient
cependtm'.sortis. Miss iiarrison no parte pas de ces mouu-
ments, mais elle tente de nousexp!i<juer commentte fait s'est
produit, Ici son développement s'éparpitte et perd la uetteté
de ses précédents chapitres. Elle nous dit, à peu près,
que la
formation des dieux commence a la représentation anthropo-
morphique des esprits. Ces figures humaines reçoivent un
sexe, puis une conditiou sociale. Une société matriarcale,
tette qu'était sans doute la Grèce très primitive, arrivait ainsi
aisément à ta conception d'une déesse-mère. Avec la vie agri-
cole, cette déesse-mère, reine des fauves et de la chasse.
devint ptus spécialement une déesse des fruits. Elle se doubla
en même temps d'une forme virginate. La naissance do cette
A'<M'<'doit correspondre, si l'on s'en lie au témoignage d'un
nombre respectable de peintures céramiques, à des rites svm-
\'<AL\!iK' – SYXTHMM
MUQtHL'X 2"!3

botiques figurant la sortie, t'xvoo'i;de la Vierge, Kore ou Pau-


doré. PourquoiMiss ttarrison nous dit-elle que les trinités de
Charités, Korai, nymphes procèdent de la dyade? Mystère.
Nous risquerons a ce propos une observationtrès banale les
keres sont pensés sans nombre; dès qu'on leur applique l'idée
denombre.onteurdonuedesnombresdeunis, ). 3,7,H, etc.,
qui varieut suivant les lieuxet les temps;la dualitéet la trinité
ne sortent pas l'une de l'autre; elles sont parallèles. Remar-
quons seulement que, dans tes groupesbinaires, te partage des
attributs produit en générât des personnalités plus complètes
et plus indépendantes que dans le groupe trinaire.
On arrive par une autre voie du ~i~ au 0<< si i'oo prend
comme point de départ non plus les hères innombrab'es et
indéfinis,qui s'agitent atravers tadiversité de la nature, mais
tes keres, relativement individualisés, des tombeaux. Des
génies à figure de serpents qui les hantent, assez imperson-
nels, à demi distincts des morts eux-mêmes, on passe au
héros divinise. Il est remarquable qu'il se soit produit de cette
façon peu d'héroïnes. La formation du béros masculin fait
pendant à la formation des déesseset des korai.
C'est ici que Miss ttarrison devrait nous parler, si son livre
était complet, de son ;M~c<tOt< des Olympiens. Mais elle
s'en excuse, sous prétexte qu'ils sont trop connus et que leurs
rites, familiers à ceux qui la liront, n'ont pas besoin d'expli-
cations. Il se peut; mais nous aimerions à savoir ce qu'etk'
pense de l'origine de ces Olympiens. Elle se réclame dans
son introduction do M.Hidgeway. On connaît la thèse qu'il a
soutenue dans son ~Wt/ «~f o/tWff LtHMcc jtOfto~x/Mf,t. V,
p. t73~ le xf siècle avant l'ère chrétienne, date tradition-
nelle de l'invasion dorienne, aurait vu déboucher en (irèce
des baudes guerrières, venues par étapes de l'Europe centrale,
complètement étrangères, quanta la race, aux premiers occu-
pants. Miss Harrison pense-t-elle que les Olympiens soient.
pour la plupart, les dieux de ces envahisseurs et que les nou-
veaux'rites sont leurs rites nationaux Une hypothèse aussi
radicale serait difficile à soutenir. Les lltyriens de Hatlstatt
ont essaimé dans d'autres directions, vers la Gonnattie en
particulier il est fâcheux que la mythologiegermanique ne
ressemble pas davantage à la mythologied'Homère. !)ira-t-on
que les sociétés mixtes issues de t'invasiunse sont formées une
religion nouvelle, avec un système de représentations fourni
par l'école de poésie épique dont Homèreest l'héritier ? Miss
):.))m);HK)M.–n)t~t'i«)..i<M3-)'.)t)t. )s
M4 L'ASXÉK SOCtOLOC~UR. t9M.!M

Harrison pique notre cureté en nous montrant ()m*le


mythe du jugement de Paris a pour base h) représentation
de trois Charités ou de trois Korai impersonneties conduites
par Hermès les trois déesses, Athené. Itéra et Aphrodite
seraient trois Korai individuatisees. D'autre part, etto laisse
supposer <{uete sacrifice de !<<!<, ou t'otïnmde aux dieux
otympiens de choses comestibles peut sortir de t'otïrande des
prémices. Ette nous taisse en somme dans l'incertitude.
Lesderniers chapitres sont consacres a retude des nouveaux
courants qui vivifièrent ta religion grecque, a partir du
vr sh'cte. C'était une sorte (te religion prosetytique. qui avuit
commence par être ta reti~ion uationate de peuples étrangers.
Cette reti~'on nouvelle est portée par une véritable secte.
Bien que Dionysos, son Dieu. fusse partie du cercie des
Oiyntpiens, que son culte soit un culte pobtic. certaines
parties des tnyst6res dionysiaquesont ton jours~ard'' <)uei()ue
chose d'exceptionnel et d'ioquietnnt. Dionysos est un dieu
thrace. Ses suivants mythiques, les Satyres, sont le peuple
thrace des .Sf<<rf« <p.H80sqq.) ils représentent, nvec les Cen-
taures, les cavaliers du Nord. Semete. mère du dieu. porte
un non) thraco-phry~ien fp. 40t sqq.). Quant au dieu lui-
tnetne ses notns <te Hromios, Hraites. Sahasios ~p. 4t4 sqq.)
nous apprennent que, avant de devenir un dieu du vin, i)
était te dieu des breuvages enivrants fabriques pi)r tes Bar-
bares avec des céréales,
bUl'es1I\'ecdes cereates. L'ivresse, r"IIIf¡/II(,(/I/II',
)'f'Hy/M<)<.w<.<<«'.
t'extase
l'extlls(!
étaient le si~tte de ta possession du fidete par le dieu et le
gage des grâces qu'ette promettait.
MissHarrisan nons jx'esente t'orphisme comme une n'forme
de ta retigiondionysiaque. Le point de départ de ta reforme
doit sa))!;doute être cherche en Crète, car le Dionysos de
rorphisme se confond avec le dieu CretoisZa~reus. t'eut être
memet'Ot'pbeohypothétique, qui, pour Miss fhtt'rison a reet-
tement existe, venait-it d'H~ypte. L'orptusme, d'tte en !)e.
aurait ga~nc ta Thraco et, de ta, rayonne sur ta (ireee. L'ur-
phisme a spécute indefinimeut sur t'ideede ta cornntUfdonde
t'homme avec le dieu, réalisant cette conununiot) Mt'aide de
rites (te type ancien, tette t'~w~/M~'c. sacrifice d'un animât
divinise, déchire vivant et mange t'ru par tess!)cri)i.tnts. tette
l'union sexuette avec te dieu ou le maria~ sacre. Les Or-
phiques, héritiers des Titans qui avaient (to-nirt; Xa~reus, se
blanchissaient le corps avec du plâtre (~««Mt. t~es mystères,
avec leurs déguisements et leurs cérémonies sanglantes, per-
ASAf.Yi.tM. SKTtHH'! tH!HUH:CX 2~5

pétuaient les traits de cultes primitifs, mais l'esprit on était


nouveau. C'est par l'orphisme que la religion dionysiaque a
le plus profondément agi sur ta penséegrecque. Cescultes (te
sectes et de mystères, qui vivaient de l'exaltation de leurs
adhérents, étaient plus capables d'adaptation et de durée que
le culte puMio des Olympiens. Sous l'empire romain, alors
que « les marionnettes olympiennes » ne jouaient pour
ainsi dire plus, Dionysos et i'orphisme gardaient encore leur
empire sur lésâmes.
it est remarquable que, non seulca~'nt parieurs rites, mais
encore par leurs représentations, ces cultes durables parais-
sent être un rejeton direct de la souche lu plus antique Dio-
nysos conserve des formes animales: le principe de la cosmo-
gonie orphique. Hros. est un génie de la mêmeespèceque les
keres; il est figuré comme tel. Si notre auteur avait été plus
loin, elle nous aurait montre sans doute ta grande place que
prit, daus les phases récentes de la religion grecque, lademo-
nologie on était revenu du 'i; a l'ancien ott!;j.M-
Nous réduirons nos critiques à quelques observations. Si
t'omophagie est un ancien rite crétois, qui il persisteta on le
culte des Olympiens n'avait que peu pénétré. comment peut-
on dire que la religion grecque primitive ne connaissait pas
ta communion avec le dieu ? tp. KM).Miss itarrison, d'autre
part, lie considère pas que le fait de manger les '~t~ soit une
communion on sait que. sur ce point, nous ne sommes pas
d'accord avec cite; son opinion n'ébranle pis ta nôtre. Nous
sommes en désaccord sur un antre point à vrai dire, elle ne
connaît pas notre travail sur le sacrifice C.t-HMA' wn'o/fMy/f/Mf,
le
t. H) et peut-être désaccord est-il ptus apparent que n'ei.
L'j'j. qu'elle distingue du sacrifice est un McW/x'/MM et
c'est précisément ce que nous entendons par M<'W/tf<Pour
uous bx-j- et t~ sont des faits de la même classe et
n'appartiennent pas nécessairement a des systèmes religieux
différents. Miss Harrison n'est-ette pus tout près d'en convenir
au moment où elle nous montre que les offrandes de pré-
mices. qui sont desacreatisatoires comme les ~(ont pli
se développer en ')'~{)n.Mais elle tient à distinguer les deux
séries de rites parce qu'ils n'ont pas reçu un nom commun
voila son grand argument. Klle raisonne sur le sacrifice
comme si c'était une institution ou un groupe d'institutions
particulières à ht Crèco et non pas un phénomène qui peut
apparattre à la fois dans plusieurs sociétés. Xous retrouvons
2M L'A'<XKK'<CI()LOU«.)L'E.iMï.tWt

ta l'opposition qui se produit toujours cutre nous, sociolo-


gues, et les historiens ou urcueotogues. Ptùt au ciel que l'ou
s'eu Hnt alors scrupuieusemeut aux dounfes htstoriques ou
urcheotogiqueset qu'ou s'abstint de ~ueratiset'!
H. H.

H. ChL'PPH. – Grieohische Mythologie und ReH~toas.


tteschioMe ~faudbuctt der klassischen Attertutnswisseus-
chaft, V, tt~ Munich. C..H. Beck. t903. p. 7t!9.))M. in-8".
Voicile 3*fascicule du manuet de M. Gruppe '.httt~'mcw-
/o~t~t<f.t. Il, p. ~45; t. Vf, p. ?4); HMest pas encore terminé.
Le sujet traité est a peu près le même que celui de Missliar-
rison mais l'esprit est bien difturent Quoique M. Gruppe
recoure a l'occasion aux travaux de t'écote anthropologique,
i) résiste a sou influence il est essentiellement historien Ou
sait quel jeu de patience est l'histoire de la Ureee et de Home.
M. Gruppe joue avec les textes avec uu art consomme au
reste sou érudition est des plus rares. En hou historieu, il
aime & rauger dans la série chronologique des ensembles de
choses qui n'ont pas de date. Onverra par quelles ingénieuses
coutures il a rattache une fort honne histoire de ta magie a
cette de ce qu'il considère comme ta premifre époque de ta
religion grecque. Xous ne l'accusons pas de nier la perma-
nence des choses qui durent, mais. cependant, uous nous
demandons si ses habitudes de composition historique ue lui
fontpas illusion, quand i) nous assure que cette magie primi-
tive s'est desséchéedans la Grèce historique.
M. Gruppe nous donnait à ta liu du pn'o'dent fascicule une
définition de ta religion qui rappelle d'assez près celle que
M. Frazer nous a rendufamilière le propre de la religion est
d'être une sorte de rédemption du croyantoù n'interviennent
que des puissances surnaturettes, inconditiommes. Il hésite
donc Aconsidérer comme religieux le démonisme et t'ani-
misme originels, car les démons de ta superstition et de lu
magie ne sont pas des puissances indépendantes. Toutefois, il
reconuatt que. dans la pretniere période de ta religion
grecque, période crétoise et créto-beotienne, les faits religieux
proprement dits sont tout hnpt't'gnés de démonismp. Au-
dessousde ce dcmonisme.M Gruppe. ndetc autant qu'il peut
à l'esprit de l'ancienne école mythologique, retrouve le culte
des éléments. Culte du feu, d abord les sanctuaires sont les
AXALY~.– St'STÈMH':
MKt.)':)K(. 277

places otitla divinité s'est manifestée sous forme ignée, par ta


chute de ta foudre; on l'y honore par le feu sacré, dont tes
pierres sacrées, les '~x~ sont les substituts, comme lui
manifestations de ta divinité. La confusion. constante dans
l'auimisme, entre les esprits divins et tes âmes des morts a
fait que les < sont devenuesdes portes du monde infer-
nat Arbres sacrés, animaux sacrés, symboles sexuels nous
sont présentes a tour de raie comme desavatars du feu sacre.
t)u feu, on passe a la ptuie, par ta voiede ta magie, à propos
des rites magiques destinés à la faire tomber. Le vent donne
lieu à dautres pratiques, qui sont à la fois magiques et
religieuses une note de ta page 839 nous apprend que, il
Home, !a fête du cheval d'octobre, que nous étions habitués
a considérer comme une (été agraire d'automne, est spéciale-
ment une fête des vents. D'ailleurs, les vents dépendent des
divinités du feu 'p. 83*f).Quant aux fêtes, elles sont réglées
par la lune et les étoiles elles marquent le rythme des
périodes astrales, A cette théorie naturaliste nous n'avons
rien à répondre, on pourra toujours démontrer, par d'habiles
juxtapositions de textes, que tels objets sacrés, tels rites, tels
esprits symbolisent le feu, l'eau ou le vent et nous reconnat-
trons sans peine. pour peu que les textes soient probants,
qu'its les ont en ellet symbolisés; mais il s'agit de savoir il
quel moment, dans quelle mesure et avec quelles associa-
tions.
Sans sortir de son exposé de la magie. à propos des rites
ntagico-religieux destinés a assurer te sortde famé dans l'au-
delà, M. ( !ruppenous dévoile toute une période,plus ancienne
encore, antérieure aux influences asiatiques qui, setou lui,
auraient prévalu en Grèce, au temps du démonismeet du
culte du feu. La religion d'Osiris avec sa théorie du sort des
âmeslui fournit de cette préhistoire une imagequi le satisfait.
H y fait remonter un certain nombre de mythes, entre autres
celui de Danaé et de Persée, dont il fait, pour des raisons tout
à fait obscures, un mythe de t'ame délivrée de la mort
(p. M;7-sqq). 1.
Des invasions d'hommes du Nord mettent fin à la civilisa-
tion créto-béotienne; de nouvettes sociétés se forment; tes
dieux qu'elles se choisissent délibérément et dont elles
peuplent leurs sanctuaires nouveaux, distincts des anciens
lieux sacrés, leur sont fournis par les poètes.M. Gruppe nous
a donné sur le rôle que les poètes ont joué dans la religion
3~ t.'AXfKH )90S.))Mt
Sf)C)«LU<!)QL'E.

quetques pa~es subtiles qu'il serait iong de rësumer. Une


première période de cette seconde phuse correspond à l'acti-
vité des aèdes qui vivent au service des rois minyeus et thessa-
iieos; une deuxième u t'epopee ionienne celle-ci marque
l'apogée de i'iut!uence exercée par fart et )a religion. Après
quoi vient le mysticisme du vf siècle. Le court développe-
ment que M. Gruppe lui consacre est suivi pur les premiers
eiementsd'un targetabieau de la religiou au VetamvsiÈcte.
Quoique esti)))e que nous professions pour M. Cruppe et
son œuvre, nous n'en aimons pas beaucoup l'esprit. Que nos
critiques n'empêchent pas de recoiter le bon grain que cou-
tiennent ces pa~es un peu denses. La méthode historique a
du bon et peut mener iuin. Pour en donner un exemple qui
soit typique, nous citerons le passade (p. 879-sqq) où notre
auteur <n)ot)tre que le caractère sacre des choses tna~iques
leur vient ces rites dont elles sont l'objet et que la ici de
syn)pat))ic n'est pas un principe abstrait. Nous sommes arri-
ves au même point par d'autres moyens. La seule conscience
historique de M. (h'uppe i'u conduit a ces constatations et à
bien d'autres qui n'ont pas une moindre valeur. On les trou-
vera facilement.
H.it.

C. WtSSOWA. – Gesammelte
Abha,ndtuD<ton zur ro-
mischen Religions und Staatsgeschichte Menscheu.
C.-H. Beck, i<'04.Y!-3~) pp. in-8".

Xous avon'. remin compte il y a deux ans (.h!M~'M<-<n<o-


i/Mf. t. \'L ?'? et ~)0) du beau iivretieM. Wissowa, /<f~wM
)<n<< A''dft< )~' ~wtt't'. L'auteur nous donne ici un voiume
suppfementairc.ouiia réuni des articles de dates diverses.
auxquels it s'était simplement réfère. Cette suite de mémoires
nous fait passer en revue une bonne partie de l'histoire reli-
gieuse des Homains. depuis l'origine jusqu'à Auguste. Nous
y retrouvons toute i'acuitecritiqne de M.Wisso\va.I) se méfie
d'Ovide et des auteurs qui inventent aux dieux romains des
mythes littéraires a la grecque et les confondent les uns
avec les autres (<'f«W''«et ('(t~M. p. i39) ii ne se fie pas
davantage a Van'on, qui fausse les /K~</f<M''H~< et fabrique
une liste compositede dieux a fonctions particulières f~ftn'r~.
pour ia pratique re'i~ieuse de ses lecteurs. II écarte du sys-
tème authentique de )a religion romaine tout ce qui trahit un
– StSTHMtM
AXALY!))M. Mm.tG)KUX 219

mélange d'éléments grecs et rajeunit impitoyablement, sauf


exception, les fêtes que ne mentionnent pas les F<M«<t~<-
Mais, eu matière de phénomènes sociaux, la critique
<y«t.<.t<mt.
historique no sumt pas il tout. It y a lieu de mesurer avec
soin la portée de ses négations.
M. Wissowaest conduit a construire un système primitit
qui. pour lui, serait ia religion romaine pure et authentique,
par opposition aux formes postérieures de cette même reli-
gion un trait caractéristique de ce système est de ne com-
porter ni mythes, ni dieux personnalisés. Nous contestons
ta sotiditf de cette construction. Nous posons eu principe
qu'on ne peut avoir une image complète d'un système roli-
gieux a une date donnée qu'en tenant compte de ses dévelop-
pements postérieurs. C'est ta une reste de critique qu'il est
indispensable d'observer dans les cas où les documents sont
rares, l'histoire pauvre et où les faits risquent de n'avoir été
notes que longtemps après qu'ils ont commence a se pro-
duire. ))u fait que les mythes romains soient grecs ou hetté-
nisauts nous ne conclurons pas qu'il n'y avait pas de mytho-
logie dans la Hume de Servius Tullius, mais simplementque
sa mythologie était encore flottante au moment de t'itnporta-
tion des mythes étrangers, que, peut-être, etteetaitfaito pour
se reconnaitre d'emblée sous un vêtement grec, eu tous cas,
qu'elle n'était enracinée dans le culte qu'ài'etatde rudiments
informes et fnéconnaissabtes.
Supposous maintenant qu'il se soit produit à Romede ces
révolutions décisives qui attèreut profondément ta religion
d'un peuple, admettons qu'on puisse distinguer dans ta reti-
~iott romaine, une série de systèmes superposés, où sera la
limite de la durée du système primitif? Danssou précédent
th're, M Wissowa choisissait comme terme de la première
période, ta clôture de la tistedes ~<*< /w/<jiw<M,celle des ~'(Mft
fM~MW/MH, te règne du deuxième Tarquin. Mais d'abord,
dans la liste des dieux tirée des Fastes (c(..t. -S.t. Vt. p. ~37
sq. on compte deux divinités dont la personnatitè est assez
consistanh-, Jupiter et Mars. Ht pourquoi s'arrêter là? Ne
pourrait-on pas remonter au delà du premier .~<<MMM<('t<Mt,
dont M. Wissowa nous parie dans ce volume, jusqu'au temps
de m!s villages antiques, dout on a récemment découvert
un cimetière, le long de ta voie sacrée? Or, ce que nous
apprennent ces touilles, c'estquc ces villages qui datent, tout
au plus du tx" siècle avant notre ère, contenaient d('*jaune
MO ).'AXX)!E!:<'CtO).0'!WH.)tKM-)')Ut

population mixte, donllu civilisation comportait des éléments


étrusques et même des éléments grecs. L'hétérogénéité est à
t'origine. S'il en est ainsi, nous sommes eu droit de dire que
l'admission des dieux grecs dans les cultes de ia Hépublique
est'un trait aussi authentique de la religion romaine que les
listes d'/w<~(UM<'M~.Fn système religieux est une résul-
tante pour en définir les caractères dinérentieis il vaudra
mieux considérer do longues périodes de son histoire que
reconstruire par abstraction un doses éléments, lut-il le plus
ancien. Eu fait les deux partis aboutissent sensiblement au
même résultat pour revenir aux ~t~/htm~ot, M. Wissowa
nous montre, à ta fin de son dernier article, que les Homains
ont toujours tendu à particulariser les fonction des dieux,
même grecs, et que Varrou. en composant sa liste factice de
</e<certi, était fidèle A l'esprit de l'ancienne religion.
Les réflexionsque nous inspire l'article sur les ~ft tendent
au même point. Les /t/'</c< étaient des poupées de paille qu'on
jetait dans le Tibre au mois de mai. Leur fête n'est pas men-
tionnée par les F<Mft <t)t<~KtM<m! d'autre part, elle était de la
compétence du préteur urbain d'où il suit que M. Wissowa
malgré son caractère populaire et barbare, le juge récente. 11
la compare à ces expiations extraordinaires, où l'on sacrifiait
des victimes humaines (Ca«<M cf ~wmf); la
et Cf~/a, C<'(«'<'«.
fête des .i~< est pour lui la commémoration d'un sacrifice
dont les victimes auraient été des Grecs (.tt'~ft) et non pas une
fête agraire; pareille commémoration est, en enet, mentionnée
par Plutarque ip. A cette déduction qui paratt bien
enchaînée on peut répondre que les Pontifes et la ~anxtXfa
dialis, sacerdocesanciens, participaient à la fête la /!<.tm<'t«f«
~«<M, prenait le deuil des Argei. D'autre part, si les fêtes des
~)'~ft tombent le 17mars et le 18 mai et non le 1S mars et le
14 mai (on peut hésiter, p. 2H. 2~! cf. Fowter, /<OMMM
t'<<<tM/.<,p. 56 sq.t, il n'y a pas lieu de s'étonner du silence
des Fastes, qui, régulièrement, ne mentionnent qu'une seule
des/~n~d'un même jour (Cf.p. 167), car, le 17 mars. on fête
déjà les Lt~t'ottaet, pour le t5 mai, l'indication des MM,qui!
sont une /er«!, dispense de tout autre. Mais, supposons qu'il
(ailte définitivement rajeunir la fête; nous noterons alors avec
intérêt le mystère dont s'enveloppe son origine, son caractère
populaire, sa complication, l'existence de ces 27sanctuaires de
quartier où t'en allait quérir tes .tt'~pt, celle d'une fête prépa-
ratoire. toutes choses qui nous éloignent de l'image des sacri-
AS.tt.Y.<B.–Y-i'rÈMK'tOBt.tt.tECX ?<

fiées humains piacutuires rappels par M. Wissowaet nous


rapprochent des grandes fêtes ù fouctions multiples et rites
expiatoires. Nous en conctuerons que cette (été commeles
fêtes agraires, s'est d'vetopp<'Bdans une société religieuse-
ment jeuue et, par conséquent, que Ics phénomènes et les
conditions qu'on suppose à l'origine out du subsister fort
longtemps.
Nous ferons uneobservationsembtabte au sujet des légendes
explicatives, comme celles qui concernent la t'cttMcf~M
ip. t32i. Si absurdes qu'elles soient, il n'y a pas lieu de les
considérer « ~'<w< comme individuelles et sans intérêt. Les
mythe!' populaires ressemblent à des boniments docieeroni.
Des contre-sens, semblables à nos contre-sens individuels,
peuvent engendrer des mythes et des cultes. La preuve en
est fournie par les <~<M<j'<, caryatides de bronxe agenuuittées,
qui, transportés à Rome, sont devenus des dieux de l'accou-
chement. En somme on a toujours chance de trouver dans des
faits récents l'image d'états anciens ou plutôt permanents,
Nous nous gardons bien*d'exagérer notre critique et de
trouver mauvais qu'un historien comme M. Wissotvadonne
toute son attention aux questions d'origine et de provenance.
Mais ta notre doit porter surtout sur la définition même des
faits, ta fonction des institutions et leur place dans le système
dont elles font partie. Les recherches d'origine nous intéres-
sent dans la mesure où elles nous éctairent là-dessus.
Kttps ont encore pour nous a vrai dire, une autre utilité
et spécialement dans ce chapitre dessystèmes religieux; nous
avons déjà essayé dans le compte rendu du précédent livre de
M. Wissowa de faire voir ce que les emprunts de ta reli-
gion romaine avaient d'instructif. Nous avons montré qu'ils
s'expliquent par les élargissements brusques d'un peuplequi
se développe plus vite que ses corps constituants. Les parti-
cularités que la religion romaine présente &ce point de vue
s'expliquent par la morphologie de la société romaine. Reste
a savoir jusqu'à quel point il fautsénérattser cette proposition.
H. H.

K-H. MEYER. – Mythologie der Gennanen. Strasbourg,


K.-J. Trùbner. t903, xu-Mtip. io-8'.

P. HËRRMANN. –NTordische Mythologie. Leipzig,\V. En.


jretmann, H)03, xu-(!:)4p. in-8'.
?2 ).'A!tN~OCt()LO)UQt!B.<90H9M

Ces deux ouvrages. matgre teur titre, ne sont pas spéciale-


meut des ttvres de mythotogie. La religion des peuples de
laugue germanique Hétéétudiée d'abord par des savants pour
lesquels lu mythutogieétait le tout de la religion. Leurs suc-
cesseurs out hérite de )eur tangage tectmiquo. OHtrouvera
doue dons ces deux livres l'exposé d'un système complet do
religion, où les représentations. qui d'ai) teurssont mieux con-
nues, tieuneut beaucoup plus de place que les rites.
M. Herrmann a voulu faire pour les Scandinaves une de ces
monographies que réclamait Muitenhnn; M. E.-H. Meyer em-
brasse t'ensembte des peuples germaniques; mais, à pou (to
chose près, les faits qu'ils rapportent sont les mêmes et cotto
rencontre nouslait constater h) remarquabtehomogénéité que
présentent lestraditions religieusesde ta (fermante. Cestradi-
tious se divisent en deux groupes et chacun de ces groupes
constitue uu système de faits indépendant de l'autre. Le pré.
mier est un système très développe de représentations ani-
mistes. H variepeu d'un bout à t'autre de faire unepartie des
représentations qui le coustituent~ont portées par des contes
et, pur ta mêmesont en état de résister a la dinêrenciatiou.
Le système mythologique nous est surtout connu par une
seule série de textes, les textes scandinaves. Mais les rensei-
gnements que nous possédons par ailleurs nous douuent Heu
de conjecturer que, des le moment où tes Germains entrent
daus l'histoire, ils étaient en possession d'une mythologie et
d'uu panthéon commuas qui ressemblaient, duus leurs traits
essentiels, a la mythologieet au panthéon scandinaves.
tts formaient cependant une société mat assise et incohé-
rente leurs dieuxétaient essentiellement des dieux locaux et
tribaux, tels Furseti. dieu de H~igotand. Mais, tout eu nous
faisant conaititre l'existence de cultes locaux distincts, les
jpiusanciens documents tittins nous montrent déjà une hiérar-
chie de dieux ~neraiises. On suppose que des événements
politiques, (teptacementsde peuples, conquêtes, fédérations,
en coordonnant les tribus ont amené lu coordination de leurs
dieux et que ta mythoiu;{icconserve le souvenir de ces événe-
ments. ~!ous acceptonsavec M. Herrmanu l'idée quela lutte
des Yanes et des Ascs rappettc celle de leurs adorateurs res-
pectifs, ceux des Vancs ayant occupe primitivement te Dane-
mark et ta Suéde.M E.-t!. Meyer partage cette idée, mais il
croit que les Vam'ssont venus après les Ases.Saxo Grammati-
cus lui aussi, transformait en une guerre de peuples l'opposi-
ANALfSE! SMT~MBS
)))!UO))!~X 2M

tiou mythotogiquede Batdet'et d'Hottterus. Ou veuteu voir une


autre derrière le mythe de l'exil d'Odin, remplace a ht tête
des dieux par Oller (K.-J!. Aleyer,p. R77~.Nous M'admettons
cette évhémérisatiou dos mythes (lue sous beuehce d'inveu-
tniro. Quant &ta formation d'une mythologie commune, nous
ne pensons pas que l'organisation potittque des peuples ger-
maniques suinso & expliquer le phenomeNe, bien qu'un cer*
tain degré do cohésion ethnique soit une condition nécessaire
de sa production. D'autre part, it n'y a pas tmee ici, comme
eu f.f6ce.de sectes pt'opa~tudistes. Nous iucHuojs à croire que
lu fonxMtioude pareilles mythotogies n'est pas un phenotneue
uniquement religieux c'est aussi eu quelque tuesure un phé-
nomène d'esthétique. Nos deux auteurs insistent trè!) juste-
ment sur ce qu'il y i) de noveiiistique. de poétique daus la
!))yt)to)og)eKernxmique; ils parlent de contes, d'aHegories.
Abusant peut-être de leurs observations, nous imuginerons
des aedcs, interprètes de t'itnagination coHcctive, qui. bien
longtemps avant ta composition des poèmeseddiques, auraient
déraciné les dieux. La ntythoto~e bâtie par ces aèdeshypothé-
tiques ne doit correspondre que de foin a i'etat ree) de l'orga-
uisatioa religieuse proprement dite dans le mitieu où elle s'est
formée. E)ie eu est en tout cas, relativement indépendante.
Hutrc tes représentations animistes et ia mythologie, lu
distance est ~ratxte. A1M.iternnann et H.U. Meyer,sans
s'être propose de nous montrer qu'U y a entre elles des com-
munications, y ont réussi cependant. Il a subsiste dans le
foHdored'assez paies fnnbres des personnes mythiques, une
Frau Frick qui represeute Frigg, une t''rau (laude qui repré-
sente Odin ~Ë.-M.Meyer, p. M4 sqq.). Les te~endesde dames
Manches ensorcelées se rattachent aux mythes des déesses
(td., p. t2! Ou peut donc penser que la mythologie, pour
avoir, dans une certaine mesure, survécu au paganisme, était
assez profondément enracinée dans i'ensembtedes représenta-
tions populaires. Ur, ou constate aisémentque. entre les esprits
du fotkioro et les dieux, ia distance n'est pas mtranchissabte.
C'est ce que nous montre bien M. Meyer dans un chapitre sur
les /MAc<'<')t La dinercnce qu'ii y a entre les etfcs,
/~<MtMM<')t.
d'une ))art, les géants et les dieux, do t'antre, est pour beau-
coup uue diiterenee de nombre. Nous revenons ici à t'obscr-
vation faite ptus haut, à propos de /~<~ootCH« de Miss t!ar-
risot). On passe des esprits saus nombre a des esprits en
nombre définis, puis à des esprits individuels. Les esprits ano-
S~t t.'AXXKH<f)C)OLf'mm'E.t903.t9Ut

nymes sont des nains, les esprits individuels deviennent des


géants ou des dieux. Géants et dieux se distinguent mal les
uns des autres. M. Meyer classe parmi les géants des per
sonnages que M. Herrmaun rau);e parmi les dieux simple
différence d'étape. Les géants d'ailleurs, à la limite, se confon-
dent aussi avec les héros, avecles génies funéraires, tel le dra-
gon Fafnir. D'autre part, les Watkyries, les Misi (~M<*t'), se
rattachent à la ctasse des /f/M< c'est-à-dire des doubles
humains, qui sont eu même temps des esprits protecteurs,
équivalents auj/cox romains, aveccette dinérence qu'ils appar.
tiennent plutôt à la famille qu'a l'individu. Ces esprits protec-
teurs, a leur tour, sont, à l'occasion, susceptibles de prendre
une certaine individualité. L'islandais Hall consentait à se
faire chrétien si le prêtre pouvait lui garantir que saint Michet
deviendrait sa/« (Hfrrmanu, p. 80). Cetteanecdote nous
induit à penser que les dieux ont pu quelquefois en faire
autant mais on ne nous en dit rien. On passe donc sans peine
<iel'une des classes dètres surnaturels à l'autre. Quand nous
lisons chez M. fterrmann (p. 10~)que les sacrifices aux elfes
se font en famille, hors de la présence d'étrangers, nous
sommes presque en droit de dire que les démons et les dieux
diffèrent commeles sociétésqui leur rendent le cuite. Les pre-
miers ont pour eux le cuite domestique, celui du village et
des petits groupes. Les deuxièmes sont l'objet des cultes natio-
naux.
Devons-nous prêter à nos auteurs l'idée que l'une et l'autre
série de représentations sont issues d'un tronc commun qui
serait un cuite des morts. En fait, ils semblent le dire, bien
qu'its admettent qu'il y ait des esprits qui sont assurément
étrangers aux âmes des morts, tts sont d'accord pour nous
montrer que les elfes et autres esprits se mètent aux morts et
se confondent même avec eux, que, d'autre part, tes dieux et
particulièrement les Ases, sont conçus comme des héros.
Nous sommes loin de contester les faits mais simplement tes
conclusions. La nôtre est que les mêmes procédés de représen-
tation ont été appliqués aux diverses choses qui avaient à un
degré quelconque un caractère sacré entre les morts et les
esprits, il n'y a pas filiation mais confusion. D'ailleurs, entre
les esprits et les vivants, la limite est aussi incertaine. Il est
bien dinicite de savoir si certaines espèces de sorciers, qui
sont l'objet d'un traitement spécial, sont considérés comme
des possédés ou de véritables esprits fHerrmann, p. 72 sqq.)
AKALÏ~ t- !.r"TJ{MH. KKt.t'.tKrX 28:)

on sait que les /fM'fH,tes K'~c/tMhésitent cotre t hommeet te


demoa.
Kn somme, il a des liens vagues, mais réels entre t'ani-
misme et la mythotogie germanique. Celle-ci n'est pas une
Heur exotique, latine ou chretienue. Ni M. herrmann, ni
hi. H.-it. Mevor ne se ratiieutàla théorie de Sophus Bugge.
M. K..M.Moyer recoMHattpourtant des initnences chrétiennes
dans le mythe de Hutderet surtout dans la cosmogonie de la
Votuspa, qu'il étudie dans uu dernier chapitre. Mais si t'eu-
semble de ces représentations est hiea germanique, comme
nous derous le prévoit', il porte lu trftce des contacts et des
influences subis par lu race htttuences celtiques, finnoises et
méditerranéennes.
Le chapitre du Culte dans le livre de M. Hernnann est tout
a fait recommandabte, mais nous n'avons a en retirer que des
détails. Nous signalons tout particulièrement ce qu'il nous
dit des faits oit paraissent se confondre le sacrifice et la peine
qui se rencontrent fréquemment daus les textes scandinaves.
S'il est nécessaire de distinguer maintenant les caractères
propres de ces deux ouvrages, nous diruus que celui de
M. Herrmann est pius critique que )<)ntr~ plus au courant des
idées nouvelles. M. Ë.-H. Meyer admet sans dilliculté l'exis-
tence d'une déesse 0.<f«'«,d'après un texte bien insu~isant de
Mede.C'est à peine si nous osons lui reprocher de faire des
<? coHseH/exromains des dieux conseillers.
il. Il.

Le l'. M..J. LA(:RAN(!Ë. – Études sur les religions semi.


tiques, Paris, Leconre,){'(?, (2"édit. revue et augmentée,
i90!xtv-M7p.in-
Nous avons reçu un peu tard le livre dut'. Li~range. Xons
rendrons compte plus tou~ttement dans uotro prochain
Yoimne de la nouvelle édition dont les accroissements valent
une étude spéciale.
H. H.
Il.

V.XAPLHTAL
–AttestMBeQtUohes.–Ffeibut'K~cinvcix!,
Weith, )903. vm, m<)p. in-8

Simple recueil d'articles d'exugei-e biblique, qui ue doi-


rent être que des notes de cours. L'esprit qui les anime est
digne de remarque. C'est un curieux retour aux vieilles
286 t.'ASXKt! !!(K;fM.O(.~CK.)9M-)9Ct

methodea de l'exégèse catholique et symbotistique. panaché


de pi)itû)ogie,deeriti(tue.d'histoireetd')trchéo)o(;ie modernes.
Les quelques articles. suMs!))t))))entphilologiques, qui portent
sur des textes mythoto~iques,surtoot de )a genèse, murqxeut
taeme Ut)eesp6cedereactMu:parexemp)e le serpent dt) pèche
origiuel, redevient, étant un ;y<t!H,j'œm're du nxtuvais
esprit t'homme est t'))MU(!e de Dieu, porce qu'il a ct'mtno lui
une Ame rationnelle. Un esprit beaucoup ptus positif inspire
M. Z. dans deux notices sur t'Hphod fpiece du vêtement du
grand-prêtre), et sur le mot .wh. qu'on trouve dans les
psaumes et qui parait désigner une notation musicale.
M. M.

W. MUSSET. – Die jadtsche Apokalyptik; ihre rell.


gionsgfesohtchtUohe Herkunft und ihre Bedentung
iOr da.s Nene Testament. Hertin. Meuther et Heichard,
OU3.67p.in-8'
L'opuscule de M Bousset contient un limpide résumé, des.
tiné nu gran(t puhHc, des sections IV (ch:)p. ttl et iV) et VIde
s:) /<<<Mt f/M~ttf/('n</t)<Mt.<. L'occnsionest bonne pour reveuir
sur une tlti~orie que rtotre
théorie<jt)e compte rendu
notre cuntl~t~ (.~tltltdr .<!oe<o~('yMp,
rendu f.tHK<'f Soclolo~t~ltr',
t. VU, p. 2H)sqq.) avoit trop b)'!<'veMtentsiKMi)iée.
La littérature apocfttyptiqNeestun des phéomnènes les plus
importants des deux siècles qui ont freccdé lit ttitissanco du
christianisme. Elle est le produit de t'activité des hO'ques
dévots, de la démocratie, des docteurs qui, à partir de t'époque
des Macchabées, s'opposent de plus en plus ttettement a la
vieille tn6rarchiesacerdotute. Lu oah'etc du style, la préditec-
tion ()our le romanesque et le légendaire, les caractères exté-
rieurs des écrits apocalyptiques conviennent aux couettes
sociales, médiocrement cultivées tloutelles sont issues.
Cette tittét'fttttt'e exprime unnouvetidéat messianique. L'an-
cien messianisme était nation.)! et lemporel il rêvait de
i'anéantissetnent des ennemis d'fsrnë), du triompho <)upeupte
de Dieu sous un Oint, fils de t)avid; il opposait, aux misères
du présent, l'espoir d'un avenir de réparation et de félicité ter-
restre. – Cecontraste prend une valeur toute dinéronte par ta
distinction (le )'x!'u-< ;<.<<<et (te )' o-~o;. t/idée na!t qu'un
dr:)))!ecosmique inaugurera l'ère future, où tes morts de toute
nation ressusciteront pour être jugés et destinés soit à ranéan-
tissement, soit à la vie éterneftc. Considéré par rapport à !a
ANAMSBS. MST&MBS )U!Um)!UX X87

catastrophe finale, le monde présent est essentiellement mau-


1- mnndn nnlawnt nal oaanuliwllwmwnf mnu.

vais, d'une perversité nécessaire et qui croit à mesure qu'ap'


proche tedétmuement. Tout s'achèvera par ta victoire de Dieu
sur le diable, le prince du mensonge. En conséquence, la per-
sonnalitédu Messiedisparait, ou se transfuruie a ia place du
filsdo David, nous voyous paraître le Messie, fttsde t'hotnmf,
semblable aux anges, qui. au jour du jugement universel, se
tient ù côté do Dieu dont il n'est pas loin d'assumer le rôle
tout entier. leusomme. les apocalypses marquent un propres
dans lu voie de la spiritualisatiou et de la transcendance
leur doctrine est universaliste; elle est aussi, pur t'importanco
qu'elle attactto à l'idée do la rémunération d'outre-tombe,
éminemment individualiste.
Quelleest l'origine de ces doctrines sans antécédent dans le
judaïsme bibtique? Quette iiilluence d'autre part ont-elfes