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Année sociologique 1923-24

Année sociologique 1923-24

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Preuss (K.

Th.). –

Religionund Mythologieder
Ultoto.{Textaufnahmenund Beobachtungen,etc.).
(Quellender Religionsgeschichte.

Gruppe II). –
Gôttingen, Vandenhoek,et Leipzig, Hinrichs,
1921 et 1924. Vol. I (EinfOhmng und Texte,
368 p. in-8°, 3 tables. Vol. II (Texte und Wôr-
terbuch),p. 369-760in-8°.
M.P. est non seulementlethéoriciendesorigines
del'art et de la magieetlesavantdirecteurdumusée
d'ethnographiede Berlin,maisil estaussi un ethno-
graphe de tout premierrang, un observateursur le
terrain. Son

expéditionchez les Cora du Mexique
et le travail qui en est sorti est un des plusbeaux
documentssociologiquesdesquinzedernièresannées.
Ses trouvailles archéologiques,dans sesdeux expé-
ditionssuccessives,ont étéconsidérables.Ilaétésur-
pris par la guerreen pleineColombie,où ila achevé
ses observations sur les Kagaba et les Uitoto il

510

l'année

SOCIOLOGIQUE

aaussiachevélarédactiondecelles-ci.Les documents
concernant les Kagaba paraissent en ce moment
dans

Anthropos.
Les Uitoto sont une tribu considérable(près de
25.000),du haut plateau (CordillèreEst) oùprennent
leur source nombre d'affluentsdu

Putumayo. Leur
langage est isolé, pour le moment,de toute autre
famillede langues. Maisleur civilisationmatérielle
et morale ne lesisole pas des autresAméricainsdu
Sud. Une partie de la tâche que s'était fixée M.P.
était de recueillir à la fois des documents linguis-
tiqueset

mythologiques,cequiestpossiblequandon
transcrit des mythes et des formulesreligieuses.La
valeur

linguistique du documentest considérable,
maisne nous concernepas. Il

y manque une gram-

maire on

pourra l'extraire des traductions juxta-
linéaires mais cette absencerend difficileà com-
prendre celles-ci (textes II, 1 et 2 20-110),et
encore plus les traductions qui sont données en
langage courant. Le dictionnaireest un véritable
index. Une telle édition permet entout cas de véri-
fier aisément toutes les

interprétationsde l'auteur,
et même celles de ses informateurs indigènes.
Celles-cisont très curieuses et

marquent bien le
caractère sacré du mythe et de sa transmission
(de nuit).

C'est surtout la mythologie qui,étant donné le
double but poursuivi, a été

l'objet de l'attention.

Une

vingtaine de très grands mythes,très

soigneu-

sement

analysés (chap. ni), commentéset

expliqués

(p. 53

sq.), puistranscrite(p. 167sq.),racontent l'his-

toire du

monde, du dieu, des

animaux, des grands

ancêtres,et desastres

quileursont souventidentifiés.

Il

y a un mythe de la

création, quatremythes du
déluge,deux du feu, des mythes d'origine des ani-
maux et des

plantes (v. un cycledu

tapir, n° 7).

En

particulier, nousavons celui

del'originede l'arbre
juka (dont on fait la chicha),mytheen relation avec
celuidu déluge,et aussi avecceluidela fête dyadiko,
de l'arbre de danse, et celuide la fêteokima, etc.
D'aprèsM.P., d'autres

mythes,histoiresd'ancêtres

plus légendaires, souvent

comiquesou

simplement

REPRÉSENTATIONS RELIGIEUSES

511

dramatiques(ex. le

mythe du crâne animé

[n°12]

qui a pourtant des

équivalentsnord-américains,ou
celuidu chefmalade[n°20])retracent égalementles
aventuresde dieux,plusspécialementlunaires.
Touscestextessont

prodigieusementintéressants;
un très grand nombrea peu d'équivalents dans la
littérature mythologique,mêmedestribus voisines
et des familles de peuples voisins. On dirait, par
instant, qu'on se trouve en présencede véritables
cyclesetmêmed'une cosmogoniemythologiquedéjà
bienorganisée.Cequineserait pasétonnant, puisque
la récitation et l'audition de cesmythes est une des
principalesoccupationsdes nuits des Uitoto.
Les personnalitésmythiques,le «

père origine!
qui sort du rien, de « l'illusion», l'ensemble des
ancêtres, intermédiaires entre l'animal, la chose,
l'hommeet ledieu,ont, parcontre,unephysionomie
assez

pâle.
Lerituel (chap.iv),ou plutôt ce que M.P. appelle
fort élégamment«Fêteset Religiosité»,secomposede
grandesfêtes publiques,essentiellementcomposées
de danses(surla relationde la danse et de la fête,
v. p. 123,626et 633,etc.),de distributionde chicha,
et de chants(textesdeceux-cip.630sq.).

J'y trouvee
de nombreusestraces de potlatch (ex. p. 126,etc.),
ainsi quedans la fête dyadiko (p.137) de l'arbre de
danse (p. 660).Les ancêtres et les êtres mythiques
dansent dans l'au-delà comme leurs fidèles. Les
cultesdela balleet dutambour sontasseznormaux.
Maisilétait importantpourM.P.,qui a, sur cepoint,
une théorie générale,de prouverque la fête du jeu
de balle était une fête lunaire; il n'y a réussiqu'à
demi.

L'ensembledel'interprétation que M. P. a donnée
de cesmythes et d'une partie durituel estd'ailleurs
presquesystématiquementlunaire. On l'a fort cri-
tiquée.Nouscroyonssavoirqu'il répondra à cescri-
tiques. Nous sommespersuadés que ce n'est pas
pour vérifier, même inconsciemment, une idée
préconçueque M. P. est arrivé à cette interpréta-
tion ila sûrementété

guidé verselle par sesinfor-
mateurs indigènes.Et il n'est pas douteux qu'un

512

l'année

sociologique

certain nombre de mythes du combat, du canni.
bale, des adultères,de l'eau noire,du cielnoiret do
la nouvelle lune, peuvent être

interprétésainsi et
l'ont été sûrement par les Uitoto eux-mêmes.
Mais il se peut aussi qu'on ait affaireà une systé-
matisation indigène. Les identificationsdu soleil
à la lune (no22),les expressionscommelune-soleil
(n088, 10), mêmesi ellessont sûrementuitoto, ne
peuvent pas être quelquechose

d'originaire,de pri-
maire. Ilfautéviter,dansune«explication»demythes,
de mettre tout sur le mêmeplan et de faire abs-
traction du longtravaildesystématisationdu peuple
lui-même et de sessages.
Sur la magie et sur un grand nombred'autres
faits religieux,par exemplela divination,les inter-
dictions, lesmythes et aussi les observations–
sont pauvres.

Ceux qui concernentl'organisation sociale sont
extraordinairementsommaires(chap.v). Nousespé-
rons que M.P. ne s'en tiendra pas là.

M. M.

Boas (F.). TsimshlanMythology.

XXXI" Annual
Report of the Bureau off American Ethnology
(1909-1910).–Washington. Govt..Pr. Off.,1916,
xxvn-1037 p. in-4°(arrivéen 1924).

Le titre de cet ouvragepromet beaucoupmoins
que l'auteur netient. Car,mêmeà proposdesTsinv
shian, c'est plus que la

mythologiequi estétudiée;

et, à

propos de leur mythologie,c'est plus que la
mythologie tsimshian, c'est tout un travail consi-
dérable de

mythologiecomparée.Pour bien faire,
il faudrait divisercecompterendu au moinsen trois
parties une partie juridique, une

partie religieuse

et une partie de théorie

mythologique.La place,
qui nous est mesurée,ne nouspermet pasune ana-
lyse aussi étendue de cette œuvre descriptiveet
théorique, l'un des travaux les plus notables
dus à cet auteur fertile. Nous reverrons,sous la
rubrique juridique,les données concernantl'orga-
nisation socialedesTsimshians.Nouslesavonsd'ail-

HEPBÉBENTA'mJNS

HÊLtailiUBES 513

es

leurslargement utiliséesdans le Mémoireque nous
publionsplus haut.
M. B. a procédé pour les Tsimshians comme il
a fait pour les KwakiutLAprès sesséjours –

déjà
trèslointains– chezeux, il a réussià formerparmi
eux un informateur, Tate, mort récemment, qui aIl
continuéà recueillirde» mythes et des documents
suivant les instructionsreçues par corespondance
enparticulier, Tate a poursuivi le travail inauguré
pourles « TsimshianTexts »

{Bull. 27 du But. &f
Amer.Ethn.). Dans la mesure où le livre est un
recueilde documents,il est plutôt l'œuvre de Tate
dirigédeloinet très activementpar M.B. A la diffé-
rence dos fsimshian Texts, les textes tsimshians
ne sont pas ici donnés ni littéralement traduits,
maisde suite transposés en anglais. Ces procédés
d'observationsont louables,mais, évidemment, ne
valent pas l'enquête sur place qu'aurait pu faire
M.Boas. D'ailleurs,no sont réellement le produit
du travail de Tate que le vaste recueil de mythed
(p.59-392)et unepartie des documents qui concer*
nentla sociologiedescriptivedesTsimshians(p.478-
564).Et même cette partie est doublée d'une autre
quiconsiste dans un tableau de la «Société Tsim-
shian»,que M.Boasextrait des textes des mythes –
à la façon dont nous pouvons procéder pour une
languemorte. Nous

apprécieronscette méthode.

Aupoint de vue

religieux.M.B.apporte dans cet
ouvragetrois contributionsthéoriques. D'abord des
éclaircissementssur sa propre théorie du totémisme
(p. 615*518),du «

complexetotémique», commeil
ditlui aussi, où il discute Durkheim et M. Golden-
Weiser.Pourlui,l'essentiel,l'universel,c'est laparenté
et l'exogamie,sa conséquence;l'accidentel,c'est que
des

groupes de consanguinsse soient crus parents
d'animaux. Le totémisme n'est pas universel ni
nécessaire,pas plus quele clan,qu'un ne trouve pas
chezlesEskimospar exemple. Il n'est

que l'Unedes
façonsdeconcevoirungroupeassezlargede parents.
En un point M. B. se trompe sur la

pensée de
Durkheim,sinonsur celle de Sir J. G. Frazcr car
Burltheifti}lui) n'a jamais séparé le totémisme du

514

i'annôb SOCIOLOGIQUE

clan, du groupe, et le fond de sathéorie consiste

pré-

cisément à montrer pourquoi et comment le

groupe,

pour se concevoir, a dû se concevoirsous des

espèces

symboliques. Pour le reste, nousne faisons

qu'enre.
gistrer la divergence. Nous notons que M. B. refuse
d'être rattaché à ceux

qui, à propos du totémisme
de clan, en font, en Amérique, surtout au N.-O,,
un dérivé du totémisme individuel mais il ne s'en
sépare que par une nuance (p. 515, cf. p. 530)
les blasons étant dus à une socialisation de l'idée
de «l'esprit gardien». Mais, à notre avis, s'il est dos
peuples où une

pareille séquenceest évidemment de
dernière formation, c'est bien chez ces

peuples de
l'Ouest, où la nature du blason que l'initié se fait
révéler par les

esprits est précisément déterminée

par sa position dans le clan.
Le deuxième point de théorie concerne la nature
du mythe et de la légende à propos de la mytholo-
§'e des Tsimshians et de ces mythologies du Nord-
Ouest engénéral. Le début de la

page565serait à citer

en entier. Pour M. B., la différence entre le

mythe
et le conte est son caractère historique il raconte les
choses d'une époque différente decelleoùnous vivons;
le conte, lui, ne

représente, mêmequand il contient
des éléments surnaturels, que des êtres, hommes,
animaux et esprits, tels

qu'ils sont encore. Les con-

clusions de M.B., p. 878-881,sur le

rapport entre le
mythe, leconte et la littérature, sont, ellesaussi, inté-
ressantes. En

particulier, M, Boas fait ressortir
que la raison d être primitive de toutes ces

repré-
sentations n'est pas la recherche de la connaissance
de la nature c'est la vie du

peuple,«son folk-lore»

romanesque, qui fournit le cadre. La

mythologie
européenne ne s'est développée dans l'autre direc-
tion qu'à coup de «

réinterprétations et de

systéma-
tisations ».Le conte, lui, se dépouille mieux progres-
sivement, pour ainsi dire

par nature, de ses éléments

de surnaturel.
Le

grand Livre de

mythologie comparée, dont ces

pages sont en somme la

préface et la conclusion,
(IV. Comparative Study) est infiniment utile. Il
consiste en un catalogue comparéde

mylkes^et oontes

REPRÉSENTATIONS HBMGIBU8BB

SIS

et do chacun de leurs thèmes principaux de tout
le Nord-Ouest,et même de tout l'Ouest américain.
Letravail que ceci

suppose esttout

simplementfor-
midable on l'appréciera longtemps il ne manque
qu'unindex qui eût facilité lemaniement,et que ne
remplace pas l'index aux références

(app. V) et
le sommaire des comparaisons (app. II). Chaque
mythetsimshian (ceux de ce volume et ceux des
TsimshianTexts)est décomposéen ses thèmes, et
chacunde ces thèmes est suivi dans toute la litté-
rature mythologiquedu Nord-Ouest,et, éventuel-
lement,même au delà des limites de

l'Amérique,
versl'AsieN.-E.Ainsi,le grandmythedu «Corbeau»
lecréateur, est diviséen 48 thèmes mythiques, et
225contes, qui sont tout autrement variés et

plus
inégalementrépartis entre lestribus. La répartition,
lesexemplairesde chacun sont égalementrésumés.
Le mythe du transformateur (p. 585 sq.) est
soumisàun traitement un peudifférent,quis'attache
plutôt à spécifierchacun des

cycles. Le mythe du
Héroscivilisateur,d'autres sont ainsi analysés.Au
fond,cette mythologiecomparéeest avant tout une
descriptiondes voyagesdesthèmes,mytheset cycles
quetente M.B., etson travail est avant tout histo-
rique c'est une extension de la conclusionde ses
IndianisclieSagen.Quand bienmême il conclutélé-
gamment,par exemple,à l'instabilité des « contes
complexes(p. 875)et à la solidité des thèmes à
traverstous ces

voyages,cequil'intéressevraiment,

c'estle voyage lui-même.
Acceptons un instant ce point de vue, qui est

fondé,carle

mytheet le contevagabondentsouvent
fort loin.La méthodesuivie n'est pas la meilleure,
même

pour la solutionde ceproblèmede

l'emprunt.
Elle consiste d'abord à expliquer une mythologie
d'unesociétédonnée,ce qui compliquele problème
car, au fond, M. B. ne tend qu'à constituer des
« familles» de mythologies, lafamille du N. W.
américainen particulier et il n'a pas simplifié
satâche en transformant ainsi la mythologietsim-
shianen une sortede colonned'affichagedesautres.
Cette

mythologie,d'ailleurs,n'estni lapluscompléta,

516

l'année sociologique 1':

nila plusoriginale dedette région.Ensuite,prenant
pour point de

départ des cycles et des légendes

accrochésencore à des formes

précises,il s'est mis
dans l'impossibilité de tenir compte exact et de
l'accident littéraire, et du détail curieux dont lu
présence est la seule preuve d'une propagation
historique,et enfin del'essencemêmedu thème,par
exempledeson rapport avec une grandeinstitution.
Ainsilespotlatch duCorbeau (p. 718)ne sont pas
étudiéscommetels, non plus quedesmythes remar-
quablesd'intichiumaparfaitement nets (p. 700-701).
Lacaractéristiquedesfamillesde

mythesrapprochées
des familles de civilisationsen vient même à être
perdue de vue. Les excellentesremarques(p. 695)
sur la répartition desmythes du feu, de l'eau, etc.,
aunordde Vancouversont plusprobantesquetoutes
les statistiques abondantes de thèmes dont M. B.
croit qu'elles constituent des preuves.
Enplus de cescontributionsthéoriquesà la science
et à l'histoire des religions,cet ouvragecontientdes
documents et des essais de sociologiedescriptive
des Tsimshians. D'abordune collectiondes mythes,
rassembléepar Tate (p. 58 scl.).Le

plus important
est naturellement le mythe du Corbeau créateur.
Les mythes totémiques et de blasonsont peu nom-
breux.Ceuxdesconfrériesaussipeu (ex.n0853,54).
Y a-t-il erreur de Tate sur ce point ? En tout cas,
commeces

mythes ne sont

pus localisés,rattachés
aux familles et rangs, nous ne pouvons rien dire,
sauf

que nous attendons d'autres informations.
Les«histoires »des chefset

principauxtitres nobi-
liaires Legck, Dzebala,etc. (p.235),sont très pré-
cieuses.

D'autre part, M. B. s'y prend à trois fois pour
décrirela religion etl'organisationsocialedes Tsim-
shians. Une courte introduction; une description
ethnographique, fondée sur les anciennes observa-
tions de M. Boas et la correspondancede Tak-
et une troisième descriptionfondéesur une analyse
des textes de mythes. Cette dernièreest fort inté-
ressante et, en effet, représente un état de choses
différent de l'actuel; Naturellement, on ne «uirn

JUÏl')ll,f>ENTATIÛNS RELIGIEUSES

517

jamais ce qu'il y a de fictif là-dedans. Mais enfin
les Tsimshiansvivent encore on peut lesconsulter
sur tous les points de droit et de mythologie que
soulèvent ces histoires qu'ils racontent encore, Au
fond, cette deuxièmepartie est plutôt un index
des mythes, et on y voit mal, mêmeà propos des
conceptsmythiques (p. 453 sq.) ou des « croyances
courantes»(p.652),quelest ledegréde croyancequi
yest attaché (cf.p. 513sq., p. 553).C'estpar un tra«
vail de reconstitution qu'on peut s'imaginer à quel
groupesocial, clan ou confrérie, se rattachent tel
outoi Esprit (p. 514

sq.),Un pointdedoctrine assez
sérieux est l'objet d'une discussion.Tate, le Tsim-
shian, ne mentionne aucun tabou alimentaire qui
protège le totem. Il maintient soh observation.
M.Boas opposece témoignageau vieux document
de Duncan. Je ne sais s'il a raison. j^_ M.

DUMÉZIL(G.). LeFestind'Immortalité.Etude de
mythologiecomparée'indo-européenne.(Annalesdu
MuséeGuimet,BibVd'Etudes, XXXIV). – Paris,
Geuthner, 1924,xx-320 p. in-8°.
M. D.,dans cet ouvragede début, a pris un vaste
sujet.D'une part,il revientà lamythologiecomparée
cantonnée sur le terrain des religions indo-euro-
péen. Après une éclipse de cette méthode de
recherche,il est juste qu'on y revienne. Et, d'autre
part, il choisit un cyclede mythes et de fêtes fort
important et fortcaractéristique,enettet,de

presque
toutes ces mythologieset religions celui de la
nourriture d'immortalité,dans certains cas réservée
aux dieux, dans certains autres commune aux
hommeset aux dieux,
Sur le premier point de méthode, nous, socio»
loguee,nous ne surprendrons personne en disant
que restreindre la comparaison à des familles de
peuples,à des provincesethnologiquesdéterminées
est aussi légitimeen science des religionsqu'en lin-
guistiquoou en tout autre département de la socio-
logie. Cependant,il faut s'assurer d'abord qu'un
rycle légendaireou un thème mythique n'est pas

518

L'ANNÉE

SOCIOLOGIQUE

universel ou commun à au moins plusieurs familles
de

peuples, avant de dire

qu'il est

spécifique de

l'une. Or M. D. se borne sur ce

point à une

compa-
raison très courte avec le monde sémitique (p. 226)
et à uneautre avec les fêtes

printanières dela Chine.

Il faut aussi être sûr

que toutes les

légendes dont on

se sert sont

indo-européennes. Or ce n'est

pas le

cas. Même le point de

départ de M. D. consiste à

supposer que le meilleur

exemplaire du

cycle se

trouve dans

l'épopée hindoue et dans les récits
qui relatent le barattement de la mer-lait-ambroisie.
Or, d'abord, il lui est bien difficile,p. 34-36,de

prou-

ver que ce

mythe aeu aucune racine ou mêmealaissé

des traces dans la littérature

védique. Et ensuite,

nous-même, qui avons

déjà commencé à

publier

sur ce

sujet, n'hésitons

pas ti dire

que nous connais-

sons au moins trois

cycles de la nourriture-ambroisie

dans l'Inde ancienne, et

que, certainement, le moins

Indo-européen, et le

plus tardif, c'est bien celui des

eaux

barattées, où seulement des

syncrétismes font
apparaître l'équivalence eau-breuvage d'immorta-
lité. Le

mythe grec du vin

égéen comme le vin

sans doute – est en tout cas non

indo-européen.

Et d'autre

part, il y a bien d'autres

peuples que les
Indo-européens qui ont des cultes des bières et des
boissons fermentées et des

mythes de la défense

contre la mort à l'aide de ces boissons.
Cela

dit, M.D. a cependant prouvé son cas,qui est

évident.

Mythologies et cultes

indo-européens du

breuvage d'immortalité ont en effet des

aspects

identiques. Si

l'analyse des documents hindous est

fautive, si celle des documents

celtiques est bien
incomplète, si, en général, l'auteur saute par-dessus
tout 1amas des faits du folklore, les documents
slaves et arméniens

qu'il verse au débat constituent

des éléments nouveaux. Sa conclusion

générale est

exacte et d'accord avec tout ce

que nous

enseignons,

M. Hubert et moi, depuis longtemps à ce

sujet.

« Tout se

passe comme si le

cycle de l'Ambroisie

traduisait en

légendes une fête

printanière dont
l'épisode central était une sorte de potlatch de
bière. », p. 286.

REPRÉSENTATIONS BBLIGIEUSB8

519

La preuve n'est peut-être pas toujours à la hauteur

des exigences

philologiques de la méthode suivie.

M. D. n'a pas eu

partout 1accès direct aux documents,

et, quand il l'a eu, il va souvent un

peu vite ici, pas

assez loin là, par exemple dans son

analyse d'anna

perenna. Mais il

pourra reprendre le

sujet.

M. M.

GREEN(L.S.). HawaiienStoriesandWise Sayings.– Vassar
CoUegeFolklore Foundation,1923,n° 3, 66 p. in-8°.
Nousavonsdéjà debonsrecueilsde

mythes,conteset proverbes
de Hawaii. Voici quelquesadditions à la collection soit de
nouvellesversions de récits déjà enregistrés, soit denouveaux
récits,le tout très soigneusementcolligéet souvent commenté.
Lamythologiedu dieu Pete, celledu dieu de l'amour sont enri-
chies la légendedesflûtes magiquesest

remarquablementiden-
tique à celle de la Nouvelle-Zélande(p, 50). La collection des
direset proverbes commentésest peu longue, mais précieuse,
«Nourrisles hommeset ilsobéirontnest un des

plus jolisdictons.

M. M.

Mltra.Monatschrlft fOrverglefchende Mythentorschung, 1914-
1920. 1924.

Brûcknbr (A.). –

Mltotogtaslave, conuna prefazioneoriginale
dell' autore.(Traduz. del polacoe note di Julia Dicksteinonna).

Bologne,N. Zanichelli, 1923, xvu-282 p. in-16. (Storia
dellereligioni, a cura di R. Pettazoni, vol. IV.)

Jacoby (A.). Zur Erklarong der Kerube. – Areh. f. Reli-
gionwws., 1923, XXII, p. 257-266.

Hbrtbl (J.). – Die HlmmelstoreIm Veda und Avesta. (Inde
iran. Quellenu. Forsohungen,II). –

Leipzig, Hacssel, 1924,

70 p. in-8°.

Intéressanteétude sur la représentation du cieldans le monde
indo-iranienantique édificesolide, où les astres, soleil,lune,
planèteset étoilessont desportes.Cheminfaisant M.H.a élucidé
despoints délicats de la légendeavestique du déluge.

il. M.
M. M.

Niixson(M. P.). – OStter und Psychologiebel Homer.(Beitr.
z. fteligiomwiss. der religionmUs. Gesell. in Stockholm).
Arch.f. Religionswm, 1923,XXII, p. 363-391.

'ANNÉE^SOClqtOCiqUE

D'l'LI>(Ii.). Zeqs. Arc)tïs~

/i1rl~elïgïoraaayïasenac/ta/t,
?~XI1,

~923,p.1.16.(Collférel1ce.)

~xii,

MLXï(?fOT*iîfllîv1™*?>r-f. »e»l*che*Alfertum,

1924

JjAJ,p.tfd-i^o.(Variantes
du

mythe.)

D.

Légendes

etContes

B oSiiï'nT Mythtt8'!ag6>Mfifchem

Leipzig,

l^uelloet

Meyor,sans date.–

x-132

p. in-16.

Essai de définitionet de miseau

point, destiné
augrandpublicetécritnonsansélégance,desnotions
de mythe, de légendeet de conte.L'auteur, enréac-
tion contre la tradition si richeet si vigoureusedes
Grimm et des

Mannhardt, s'efforcede montrer lit
stérilité deIln»»nat»°n populaire(p. 9), incapable
de créeret seulementapte à recevoiret à assimiler
lesproduits de l'art, de la poésieet de la littérature
des

époques antérieures. Le caractère

général et

international du

conte, la monotonie et le

petit

nombre des thèmes élémentaires

interchangeables
qui forment la matière immuablede combinaisons
d ailleurs

variées,l'identitédu récitmalgréla variété

des

temps et des lieux tiennent à cette

pauvreté

de

l'imagination populaire.La légende (Sage), au
contraire, se rattache à des

personnageset à des

lieux

historiques.Maisbien deslégendes(p. 38

sq.)

se rapportent aux mêmes sujets que les

contes,

en les

exploitant et on les traitant autrement •Jpk
thèmes sinsèrent dans la vie du héros. Et, de la
légendeau roman, le

passageest aisé. Pour M. B.

la

légendevit et s'enrichit

parce qu'elle est accro-
chéeà uneindividualitéet à un lieu,maisla légende
tissesatrame avecdesthèmespuisésdanslescontes;
et le contes'enrichit de

personnagesou d'histoire,

légendaires tombés dans le récit

populaire. Enfin
le mythe, histoire du dieu,peut nourrir, en se désa-
grégeant,la légendeet le conte.
Lapartie la meilleurede cette étude, d'ailleurs
agréable à lire, est celle

qui montre l'action et la
réactionde la légendeet du conte.Malheureusement

m?»RÉfi|WATlONft BKMCIEIISKS

521

l'autour a

trop perdu le sens, si admirablement

conservé chez un

Mannhardt, du

brassage en com-

mun des notions, des

mythes, des cultes et des tra-

ditions

qui fait la réalité et le fond du folklore.
J. M.

llv*^JQA' Les contes POpHlalrça. Pari», Flammarion,
1923,189p. in-16.
Celivredébute

par un exposéfort clairdes théories qui, tour
à tour, ont prétendu expliquer la formationdes contes et leur
origine.N'acceptant absolument aucuned'elles, M. Huet fait
pourtant son profit de

chacune il ne croit

pas qu'une seule
explicationpuisses'appliqueràtouslescontes ila, dela diversité
desrécits qu'onrange au hasard souslenomde contes,un senti-
menttrès vif,et il

s'applique à établir

quelquesgrandesdivisions
dans cettemassecomplexe contesmerveilleux,oonte8réalistes,
contes d'animaux.
Il estime quela théorie

anthropologiquepeut convenir à

certainscontesmerveilleux,assezrares,et

qu'elleest acceptable

comme

interprétation du merveilleux dans son

ensemble

maisilnocroitpas quel'invention dela

plupart descontespuisse

être attribuée à des peuples primitifs des détails

matériels,

aussi bien que la construction très

logiquede certains contes
lui semblentla marque d'une civilisationassez avancée, et il
songeà cellede

l'Egypte où subsistait

cependant,dans la masse

dela

population,un bonlotd'idéesprimitives.Lescontesréalistes

lui

semblentplus récentaencore. Il croitqueles uns et lesautres
doivent avoir une originepopulaire ou plutôt plébéienne,et il
en voitunepreuve dans la fréquencedesthèmes où l'homme
derienarriveaux situations les plusélevéesgrâce son habileté
ouàl'aided'unanimalmerveilleux.Quantauxcontesd'animaux,
par une vue

ingénieuse,il les

rapprochedes gravures préhisto-
riques ils lui semblent pouvoir représenterla forme la plus
anciennede l'imagination humaine. Maisil ne

s'interroge pas

sur les raisonsde leur invention.
D'une manière générale,il a une vive

répugnance pour les

théories

exégétiques, et leurs subtilités excessives l'rnclinent

peut-être à

trop de prudence. S'il admet que certains contes
aient été inventéspour inculquer des

règlesde conduite,il croit

que la plusgrandemassedes contesn'a pour but

quela récréa-
tion ou,tout au moins,qu'à la distanceoù nous sommesdes
inventeurs,nous ne pouvons y discernerd'autre intention que
celle-là.
Au

sujet de l'origine des contes,M. Huet montre la même
inéUanccà l'égard des théories, et le même sentiment de la
diversitédescontes. Il gardo quelquechosede la théorie india-
niste en la dépouillantde son caractèreabsolu;mais, à côté de
l'indo, il distingueplusieurs sourcesprobables» Egypte, Perse,
Grèce.M.Huetcroit possible,pourun grandnombrede contes,

522

l'année sociologique

de retrouver lelien historiquedes versions,et d'en reconstituer
l'ancêtre commun et les

exemplesqu'il donne nesont pas faits
pour décourugerunepareilleentreprise il parvient à

rattacher,

avec une grande vraisemblance,le conte de

l'apprenti sorcier
au monde grec, commeceluides deux frères à 1 Egyptej s'il
n'arrive pas, pourtous les contesqu'il étudie, à remonter aussi
loin, ses analysesn'en aboutissentpas moins à des conclusions
intéressantes,ennousmontrant commentun contea pu, dèsson
origine,bifurqueren versionsdivergentes, ou se décomposer –
chaqueépisodedonnant lieuà un conte distinct ou encorese
compliquerpar la contaminationd'autres thèmes.

F.Henry,

Hbydbn (F.). VolksmSrchenund VolksmatchenerzShkr.

Hambourg,HanseatitcheVerlagsanstalt, 1923,86 p. in-8°.

Analyselittéraire assez fineet assez neuve, même après les
étudesde M.Tonnelat,desprocédésde composition,rassemble.
ment de contes,et en particulier des frères Grimm,comparésà
leurs prédécesseurset à leurs contemporains et successeurs
(jusqu'à Wirser).On eût souhaitéque l'auteur étudi&tdavan-
tage le

type des conteurspopulaires qui ont servi de sources
auxcollectionneursdecontes,etlesrèglesqui fixentle caractère,
le ton et l'aspect du récit transmis oralement (cf. p. 25).

J. M.

Rutgehs (H. W.). MSrchenund Sage. Bemerkungenaber
ihr gegenaeitigesVerttâltniss,mitbesondererRtU&sicktauf die
Sigfridsagen.–

Groningue et La

Haye, Wolter, 1923,

89 p. in-8°.

Bonnedissertation,maisquineparaît pas suffisammentmettre
en lumière que le conte et la légende(Sage)puisent, pour des
finsdifférenteset en vertu de fonctions parfois opposées,dans
un même trésor de représentations, de croyanceset de rites
organisésenmythes. Cesmythes se dégradent dans les contes
et

s'organisent dansles légendes les uns

agissent et réagissent
sur les autres. Aveo^lesfaits dont une connaissancetrès sérieuse
dela SagedeSiegfriedavaitmuniM.Rütgers,il eût, semble-t-il,
pu faire encoremieuxque la consciencieuseet méritoire étude
qu'il nous a donnée.

J. M.

Saintyves (P.). LesContesdePerrault et les récitsparallèles,
Leurs origines.(Coutumesprimitiva et liturgies populaires),
Paris, Nourry, 1923,646 p. in-8<>.
Dans cet intéressantessai, M.S. s'efforcede rechercher, par
comparaisonavecd'autres typesanaloguesdecontes,les origines

REPRÉSENTATIONS RELIGIEUSES

523

des contes de Perrault. Commeil retrouve à l'arrièrc-plandes
récitsles vieux rites saisonniers,il est d'avis que cescontesne
sont que l'illustration de cesrites. La Belleaux Bois dormant
n'est que la personnificationdu sommeilde la nouvelleannéei
soutriomphe contre la mauvaisefée n'est autre quela victoire
de l'année nouvellesur l'ancienne.Cendrillonest la fiancéedu
carnavalqu'on retrouve dans les fêtes de la Saint-Yalentinou
des Brandonset sa pautouflemagiqueest le signemêmede sa
royauté(p. 162).Peau d'Aneest un autre type dereinedu car-
naval lajeuneannéed'aborddéguiséeenvieilleet traitéecomme
telle épouse le soleil nouveauou la jeune saison (p. 207).Le
petit chaperonrouge est unereinede mai,etc.
Unautre groupereprésentecequel'auteur

appelle,d'un terme
assezvagueet assezimpropre,descontesd'origme«initiatique»
(Petit Poucet, Barbe Bleue,Riquetùla Houppe,leChatBotté)
le héros du conte surmonte les épreuves, conditionsd'une ini-
tiation religieuseou magique.
Enfinun groupereprésentedescontes

empruntésaux sermon-
nairesou aux apologuesdu Moyenâge (Gnsélidis.Lessouhaits
ridioules,etc.).

L'auteur tatt preuve de beaucoupd'ingéniositéet disposed'une
éruditiontrès réelle,encorequelessourcesnosoient

pastoujours
critiquéesavec toute l'exactitude qui serait souhaitable. Mais
l'oeuvreest d'intérêt et de valeur. Toutefois M. S. ne paraît
pasdu tout serendre comptequetout rite supposeunecroyance
quil'expliqueet eh rend compte,et queramenerlescontesà des
rites,sanslier à ces ritesles mythesquilesexpliquentet les con-
ditionnent, c'est risquer de ne rien expliquer.De plus, dans la
premièrepartie du volume,sur les contes se rattachant à des
rites saisonnier;,on est étonné de ne pas voir mentionnerla
notionde rites de la végétation.Tousles rites des saisons,des
successionsd'année, des feux de la Saint-Jean, du carnaval,
s'ordonnenten réalité autour descroyancesrelatives à la végé-
tation. Comments'expliquer que beaucoup de nos folkloristes
modernesperdent de vue cette notion évidenteet fondamentale
que Mannhardtavait si génialementmise en lumière? Lesrites
dela végétation ont à la foisuncaractère naturel et social ils
se

rapportent à des phénomènesde la nature, mais

présentés
et ordonnésparrapport à la viesocialedu groupehumamvivant
en commun.

J. M.

Saintyves (P.). – Essais de folklore biblique.Magic,mythes
et miraclesdans VAncienet le Nouveau Testament.–

Paris,

Nourry,1923,483 p. in-8°.
M.S. a groupésous cetitre unesérie d'articlesassezdécousus
sur un certain nombre de thèmes folkloriquesqu'on retrouve
dansl'Ancienet le NouveauTestament, et aussidans un grand
nombrede contes,de traditions ou de mythologiesappartenant
auxcivilisationset aux religionsles plus différentes le feu qui

524

l'an.\£e sociologique

descend du oiel, la

vergo fleurie d'Aaron, l'eau

jaillissant du

rocher,l'eauchangéeenvin, lamultiplication dos

pains,la marche
sur les eaux, la tunique sans couture et le déchirementdu voile
dela passion.L'auteur n'a pas de peinea retrouver un peu par-
tout des succédanés ou des analogues de ces thèmes, et ses
rapprochementssont souvent intéressant», ingénieuxet érudits.
Mais ses efforts d'explication paraissent moins généralement
heureux ainsi que nousl'avons dit dans la précédentenotice,
la séparation des croyances et des rites est artiilcielle ot
vaine les conceptionsfondamentales de l'auteur sur la magie
(oonsidéréocommeprimitive par rapport à la religion)sont dos
plus discutables.Sa notion du symbolisme et, d'une manière
générale,sesooncoptioiiBet ses classifioationssontinsuffisamment
claires.Le folklorea véritablement subi une régression, depuis
qu'il tend u seperdre onune collectionde faite et en une pous-
sière do concepts sans vigueur et sans lien.

J. M.

Bki.t(H.) -Nursery RbymesandTales, TlwiroriginandHistory,

Londres, Methuen, 1924,in-8°. (Intéressant.)

Jacob (G.).–

Mârchenund Traum mit besondererBeriicksichli-
gung des Orients. Hannover, Orient. Buchh, H. Lafani,
1923,111p. in-8°, (Psychoanalytique.)

Pebt (T. E ). – Egyptand the OldTestament (The Ancient
World).– Univ. Pr. of

Liverpool.–

Londres, Hodder et

Stoughton,1923,230p. in-8°;

Par un battement du balancier, la mode est revenue restituer unevaleur historiqueaux traditions de la Bibleet aux
traditions en général. Non sans raison le séjour en Egypte cIb
tribus

sémitiques,sinonsûrement hébraïques,et leur exode sontt
maintenant bien prouvés par les documents historiques des
Egyptiens.M.P., l'undeségyptologueslespluscritiques,examine
cesdocumentset comparece quel'on sait de ce

queles Egyptiens

disaientdes Hébreux,avecce que la Biblesavait des

Egyptiens.
Mêmepourles dates récentes,commecellede Jérémie,les docu-
mcnts hébraïques apparaissent fautifs. Et cependant le fond
historique ne manque nulle part ù la tradition.

M.
M. M.

Lons (A.). Le rôledela tradition orale dans la formation des
récitsde l'Ancien Testament.–

Revued'histoire desreligions,
1923,t. LXXXV1II, p. 51 sq. (Maintient, avec raison, au
nom du

l'expérience des folklurigtos et des ethnographes,
qu'une tradition oralepeut être très longuement conservée,
et que la Biblea souvent conservéet respecte des fragments
de traditions de ce genre.)

M. M.

HLPKÈliUN'l'AllONBlttfUÛtEtlSES

525

Wgiix (R.).– L'Installation des Israélitesen Palestine et la
Légende des Patriarches. Revued'histoire des religions,
1923,t. LXXXVII, p. 69sq t. LXXXVIII, p. 1sq.

Effortpourreconstituerl'histoire àtraversla légende,les docu-
ments égyptiens,l'onomastique des noms de lieu et des sanc-
tuaires et la critique biblique. Le problème est sans doute
plus désespéréque ne croit M.W.

M.M.
M. M.

Lodb (A.). –

Quelquesremarques sur l'histoire de Samson.
– Revued'histoireet de philosophiereligieuses,Strasbourg,
IV, 1924,493.
« Le héros du récit aurait d'abord été le soleil personnifié.
Lorsque le dieu eut été réduit aux proportionsd'un héros, ou
lui appliqua le thème folkloriquede l'dmo extérieure enfermée
dans la chevelure.Et c'est plustard sansdoute qu'il devint l'in-
carnation idéalede la résistancedesrudeshabitants des collines
et de la montagneaux envahisseurs plus civilisésvenus de la
plaine. »

Johnson (L.). The Legendsot Israël.Essaya in interpretation
of somefamous8toriesfrom tlie OldTestament, –

London,

GeorgesAllenet Unwln, 1924,34? p. in-12.
Série de méditations, où l'auteur part bien de ces légendes,
maispour lestransformeren allégorieset pouren tirer desleçons
morales.

Radin (P.). –

WappoTexts (lre série).– Univ. of CaUjornia
Publ in AmericanArok a. Etfm.tvol. XIX, n° 1. –

Univ,

of CaliforniaPress, Berkeley, 1924, 150 p. iu-8°.

Edition detextes avectraduction et notes. Leshuit premiers
sont d'origine espagnoleévidente, et on ne voit pas pourquoi
M. R. intitule mythes cescontes européens.Les mythesWappo0
sont intéressants.Les plus importants appartiennent aux cycles
du coyote, de la lune et de l'oiseau-tonnerre les thèmes princi.
paux, celuidesfilleset desépreuvesdeleurs

époux,par exemple,
sont d'un type assez répandu dans l'ouest américain,mais, Ici,
remarquablement riche.

M. M.

Borland (H. G.). RockymountainsTlplTales -New-York,
Doubleday, 1924, 255 p. in-12. (Contesracontés à l'auteur
enfant.)

WESTBnvELT(W,D.).–

Mawailanh!storical Legends,– NowYork,
Revell, 1923,215 p. in-12. (Extrait» choisis et rangés par
phases de la vie.)

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