P. 1
Histoire Des Faits Et Idees Economiques Notes 2008

Histoire Des Faits Et Idees Economiques Notes 2008

|Views: 518|Likes:
Publicado porIkram Chakir

More info:

Published by: Ikram Chakir on Nov 13, 2011
Direitos Autorais:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

11/07/2012

pdf

text

original

Peut-être à cause de la géographie, et en ce cas par contraste avec la Russie,
l’industrialisation du Japon, sous l’impulsion de l’Etat, a été une réussite remarquable
qui apparaît comme le contre-exemple le plus connu d’une réussite économique
durable basée sur le volontarisme et non sur l’initiative individuelle et le libre
marché72

, mais qui se fonde sur un orgueil national immense qui trouvera ses limites
bien des années plus tard, lors des bombardements nucléaires d’HIROSHIMA (6
août 1945) et de NAGASAKI (9 août 1945) qui feront en tout près de 200 000 morts
si l’on compte les décès par cancer des suites de l’irradiation.

Mais le nationalisme japonais ne s’est pas réveillé tout seul. Il a été sollicité par
l’ouverture forcée de ses principaux ports au commerce international, ouverture
imposée par les gouvernements américains et européens. C’est notamment le
commodore73

de l'US Navy Matthew Calbraith PERRY (1794-1858) qui fut envoyé en
1852 au Japon, au large d'Uraga, porteur d'une lettre du président américain Millard
FILLMORE (1800-1874), avec pour mission d'ouvrir les routes commerciales que le
Japon gardait jusque-là résolument fermées. PERRY et ses canonnières à vapeur
firent une impression telle que le gouvernement militaire japonais (le « Bakufu »),
céda et que le Japon s'ouvrit progressivement au commerce avec l'Occident, en
signant la convention de Kanagawa (31 mars 1854). Le fait que l'Occident venait
de forcer l'ouverture de la Chine, avec les deux guerres de l'opium (1839-42 et
1856-1860) fit sans doute pencher la balance dans le sens de l'ouverture.

La classe dirigeante japonaise a cependant su tirer profit du rapport de force qui lui
était imposé en comprenant l’intérêt qu’elle pouvait tirer du développement
économique. Après des luttes internes, la faction qui prend le pouvoir en 1868

71

Voir notamment A. GERSCHENKRON, Economic Backwardness in Historical Perspective, le
chapitre intitulé “Russia: Patterns and Problems of Economic Development, 1861-1958”, Harvard
University Press, 1962, pages 125.

72

Cela n’exclut pas évidemment qu’avec un système réellement libéral on n’eût pas pu faire encore

mieux.

73

Commodore : grade qui se situe au-dessus de celui de capitaine de vaisseau dans la marine

militaire américaine.

117

instaure une ère dite du « Meiji ». C’est le nom de la période comprise entre 1868 et
1912. L'empereur Mutsuhito pris même pour nom « Meiji » qui signifie
gouvernement éclairé (mei = lumière, clarté - ji = gouvernement)

L'ère Meiji est également appelée « Restauration de Meiji », car elle symbolise la fin
de la politique d'isolement volontaire et l'ouverture du Japon sous la menace des
canons de l'expédition américano-européenne de PERRY.

A la suite de ce choc exogène, le Japon entre dans une ère de développement
impressionnante et sans égal : essor du commerce international et
industrialisation
, passage de la féodalité (qui est alors abolie) à une course aux
technologies nouvelles pour finalement entrer dans une phase d’expansion de son
empire colonial.

Durant cette première phase d’expansion, l’empereur fait venir de nombreux
spécialistes européens militaires prussiens et français, des ingénieurs britanniques,
des chimistes et des médecins allemands, ainsi que des agronomes hollandais. S’il
fait appel aux compétences étrangères, c’est pour former ses propres ingénieurs et
techniciens. Le processus se déroule avec une efficacité et une rapidité
remarquables. Pour des raisons que les historiens et les sociologues étudient
encore, les asiatiques en général et les japonais en particulier semblent
particulièrement doués pour l’ingénierie inverse, la capacité de remonter de l’objet
fini à son processus de conception, puis d’appliquer ensuite cette compréhension au
développement de variantes nouvelles, voire par la suite à des produits
complètement originaux par transposition d’un schéma technique donné ancien sur
des formes nouvelles.

Très vite, le Japon va être capable de maîtriser ses processus industriels et même
de produire ses propres biens d’équipements (machines textiles, locomotives, etc.).
Grâce à une main-d’œuvre abondante, le prix des produits reste bas et les japonais
peuvent se tourner vers l’exportation pour écouler leurs productions et vont bientôt
profiter de la première guerre mondiale pour prendre des parts des marchés aux
européens, notamment sur le marché nord-américain.

Par ailleurs, les terres sont redistribuées de façon à obliger les masses paysannes à
chercher du travail dans les centres industriels qui sont créés parallèlement par une
politique astucieuse d’aménagement du territoire.

Le gouvernement encourage la natalité et la réduction de la mortalité infantile et
générale par une politique de santé publique novatrice ce qui renforce les effets
positifs d’une démographique alors galopante (ce n’est plus le cas aujourd’hui où le
Japon est l’un des pays les plus avancés en matière de vieillissement
démographique).

118

4 – Origines, conséquences et prolongements de la révolution industrielle

You're Reading a Free Preview

Descarregar
scribd
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->