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Histoire Des Faits Et Idees Economiques Notes 2008

Histoire Des Faits Et Idees Economiques Notes 2008

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Pour les néo-classiques, la trappe à liquidité et l’inélasticité de l’investissement au
taux d’intérêt ne sont cependant pas le fin mot de l'histoire du retour à l'ajustement
automatique.

En effet, selon PIGOU (1877-1959), le contemporain de KEYNES et comme lui élève
d'Alfred MARSHALL, le retour automatique à l’équilibre (sans intervention de l’Etat
via une politique monétaire ou budgétaire), est possible même si :

• l'économie est dans la trappe à liquidité (LM horizontale) et/ou
• si l’investissement privé est inélastique au taux d’intérêt (IS verticale)

C’est L'effet PIGOU ou "effet d'encaisses réelles", déjà évoqué à propos de la
contribution de PIGOU à l’édifice néo-classique. L'effet PIGOU repose sur
l'observation que la baisse des prix (liée au marasme de la demande) a aussi un
effet sur les encaisses monétaires privées (ou "encaisses réelles » ) qu'elle
revalorise. Dès lors, la consommation augmente, ce qui a pour effet
d'engendrer un déplacement autonome de la courbe IS vers la droite
, ce qui
peut permettre un retour au plein emploi, même quand la courbe IS croise au départ
LM dans sa partie horizontale (trappe à liquidité) et que la courbe IS est verticale
(inélasticité de l’investissement au taux d’intérêt).

301

L'effet PIGOU (effet d'encaisses réelles)

La controverse sur la possibilité d’un retour automatique à l’équilibre dans un
contexte d’équilibre de sous-emploi ne fut jamais tranchée, chacun acceptant les
arguments théoriques de l’autre, mais se retranchant derrière la force respective des
effets en jeu pour pencher l’un en faveur de l’impossibilité d’un retour automatique à
l’équilibre dans un temps raisonnable (KEYNES) et l’autre au contraire en faveur de
la possibilité d’un retour automatique à l’équilibre de plein emploi quel que soit le
temps nécessaire (PIGOU). Les faits ont cependant donné raison à KEYNES et ceci
doublement. D’une part parce que le retour automatique à l’équilibre supposé ne
s’est jamais produit et ensuite parce que tous les gouvernements se sont empressés
de s’appuyer sur les préconisations de KEYNES pour piloter leurs économies au
moyen des politiques budgétaires et monétaires. La controverse allait alors se
déplacer sur la question de l’efficacité relative de ces deux politiques et opposer
cette fois keynésiens orthodoxes (HICKS, TOBIN, entre autres) et monétaristes
(FRIEDMAN, encore que celui-ci ait finalement récusé l’utilisation du schéma IS-LM
pour régler les différents théoriques, soulignant que celui-ci était de toute façon
construit sur des hypothèses contestables à la base, notamment s’agissant de la
fonction de consommation, voir plus loin la théorie du revenu permanent proposée
par FRIEDMAN comme alternative).

302

5) La controverse sur l'efficacité respective des politiques monétaire et
budgétaire

Ainsi, l'une des grandes controverses de la fin des années 1960, qui allait opposer
les keynésiens orthodoxes comme James TOBIN (prix Nobel d'économie en 1981,
formé à Harvard, puis professeur à l'université de Yale) aux monétaristes comme
Milton FRIEDMAN, fut-elle de savoir laquelle des deux politiques, budgétaire ou
monétaire, serait la plus efficace pour piloter l'économie américaine au plein emploi
(les économies des autres pays tels que la Royaume-Uni, l’Allemagne ou la France
s’essayant avec plus ou moins de retard et de succès à mimer les débats qu’ils
observaient outre-Atlantique)134

. La politique budgétaire était généralement préférée
par les keynésiens orthodoxes à la politique monétaire, parce que les effets des
mesures de politique budgétaire étaient considérés comme plus directs, plus
prévisibles et plus rapides que ceux de la politique monétaire. Nous allons
maintenant voir comment ces conceptions ont été justifiées dans le cadre du modèle
IS-LM.

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