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Histoire Des Faits Et Idees Economiques Notes 2008

Histoire Des Faits Et Idees Economiques Notes 2008

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Les Carthaginois, Phéniciens et grecs sont les ancêtres du libéralisme économique.
Certes, le libéralisme des grecs se teinte déjà d’un certain interventionnisme
étatique
. C’est sans doute la nécessité du commerce maritime qui soutient cette
inspiration libérale, comme se sera le cas, longtemps après, pour les puissances
maritimes comme l’Angleterre et le Japon.

A l’inverse, les Egyptiens sont généralement considérés comme les précurseurs de
la planification centrale : « Les pyramides symbolisent à elles seules toute la société
de l’Egypte ancienne, une société hiérarchisée et centralisée au sommet
» 6
.

La position géographique de l’Egypte, désert traversé par un Nil sujet à d’importantes
crues, semble conduire à une vision centralisée de l’économie. Quel entrepreneur
individuel, à supposer même que la notion d’entrepreneur eût pu exister à ces
époques reculées, pouvait financer les travaux d’infrastructure nécessaires à la
domestication, même partielle, de ce fleuve immense (6671 kilomètres) ? Il fallait des
esclaves et une autorité centrale absolue pour les gouverner dans les tâches
économiques que furent la construction des digues nécessaire pour atténuer le
courant et conserver le limon fertile. Une coordination très stricte était obligatoire
puisque la présence du désert imposait de gérer l’eau avec parcimonie. Il fallait créer
des réservoirs aux endroits stratégiques afin de pouvoir irriguer pendant la période
sèche. Creuser les canaux et les entretenir était un travail « pharaonique » à une
époque où les seules forces brutes disponibles étaient celles de l’homme et de
l’animal domestique, secondés il est vrai par une ingéniosité sans limites. Le travail
était donc autoritairement organisé afin de concourir à l’œuvre commune.

On a beaucoup écrit sur l’inutilité économique des pyramides, mais si on se place
dans la perspective d’une nécessité de mobiliser les forces autour d’un objectif
commun très élevé comme la domestication d’un fleuve, on comprend que leur

6

Jacques BRASSEUL, 2001, déjà cité, page 61.

26

constructions aient pu servir d’exemple que nulle tâche n’est impossible si le travail
commun est collectivement organisé.

L’Etat possède tout, y compris le travail des particuliers quand il le juge nécessaire.
L’Etat réglemente tout : il faut des autorisations pour utiliser l’eau et le commerce est
un monopole d’Etat. De ce fait, la place de la monnaie, véhicule et outil d’expansion
des échanges dans une économie libérale, tient une place limitée dans cette
économie planifiée où c’est l’Etat qui dirige la production.

Si l’on se rapporte à la typologie de Robert HEILBRONNER7

des trois formes de
gouvernance - autorité, tradition et marché - on placera sans hésiter l’Egypte
ancienne du côté de la gouvernance par l’autorité. Mais aussi par la tradition : dans
cette société chaque génération est le reflet très exact de la précédente. Le fils
exerce le métier du père. Le fils du scribe est un scribe, et il est impensable
d’envisager un autre métier que celui du père.

En contrastant de façon volontairement schématique l’Egypte ancienne avec la
Mésopotamie, mais plus encore avec les empires maritimes carthaginois, phéniciens
et grecs, on voit clairement que l’avenir de la planification est l’autarcie, l’absence
d’échange et d’expansion, alors que l’avenir du marché est l’échange économique et,
sinon encore le développement au sens moderne, du moins l’expansion à travers les
échanges. L’Egypte ancienne, malgré son rayonnement multi millénaire
(Toutankhamon), est restée « collée » au Nil, tandis que les empires commerciaux et
maritimes se sont développés tout autour de la méditerranée et jusqu’à l’Asie.

Mais cet « égypto-centrisme » explique peut-être aussi la longévité de la civilisation
égyptienne, qui commence vers 3000 av. J.-C. et se perpétue encore à l’époque
gréco-romaine, comme en témoigne les aventures de la reine CLEOPATRE avec
Jules CESAR (100-44 av. J.C.) et MARC-ANTOINE (83-30 av J.-C.).

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