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Histoire Des Faits Et Idees Economiques Notes 2008

Histoire Des Faits Et Idees Economiques Notes 2008

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Les enclosures ont engendré un fort mouvement de concentration des terres. Les
petits et moyens propriétaires n’ont souvent eu d’autres choix, à défaut d’enclore
leurs terres, que de les vendre aux landlords, qui allaient bientôt devenir des
gentlemen farmers.

L’appellation de gentleman farmer date de cette époque, quand la noblesse et la
gentry (littéralement : « les gens de la haute société »), s’est mise à s’intéresser à la
mise en valeur des terres et à posséder les moyens juridiques lui permettant de
récupérer les bénéfices de ses investissements.

C’est dans les grandes exploitations du comté de Norfolk (façade Est de la
l’Angleterre, à la hauteur des Pays-Bas) que le mouvement de modernisation de
l’agriculture allait débuter et se diffuser progressivement à toutes les campagnes
anglaises, sous l’impulsion de gros propriétaires terriens tels que : Jethro TULL
(1674-1741, invention et introduction du semoir mécanique), Lord TOWNSHEND
(1674-1738), pratique de l’assolement, création de prairies artificielles pour mieux
nourrir le bétail en hiver), Robert BAKEWELL (1726-1795), Arthur YOUNG (1741-
1820) et Thomas W. COKE (1754-1842).

Ces innovations de productivité et l’accueil de plus en plus favorable qui leur était
réservé parmi les propriétaires terriens soucieux d’améliorer la rentabilité de leurs
exploitations ont permis d’augmenter de façon considérable la productivité et la
production agricoles.

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Principaux promoteurs de la révolution agricole
anglaise au 18ème

siècle

Ainsi, tandis que les campagnes se vidaient de leurs éléments improductifs pour aller
nourrir la grande industrie des villes, les progrès de la production agricole allaient
permettre de nourrir cette nouvelle population urbaine. En outre, vers la même
époque, ainsi que nous le verrons dans le chapitre suivant en étudiant la pensée de
David RICARDO (1772-1823), l’Angleterre n’allait pas tarder à s’ouvrir au libre-
échange sous l’impulsion des industriels et au grand dam des propriétaires terriens,
ce qui contribua à maintenir la nourriture à bas prix (en particulier le pain) et donc
aussi les salaires63
.

63

Mentionnons que sont réunis ici les éléments du débat entre les tenants de la sécurité alimentaire
et les partisans du libre-échange. Les premiers soutiennent que c’est grâce à la révolution agricole
anglaise que l’Angleterre put résister efficacement au blocus continental (1806-1813) instauré par
NAPOLEON. Les seconds répliquent que c’est l’ouverture au libre-échange qui a favorisé l’essor
industriel de l’Angleterre, donnant des débouchés à ses produits. Selon Bertrand de JOUVENEL :
« [Les mesures prises dans le cadre de la politique du blocus ont] "provoqué de profonds et durables
changements dans les courants commerciaux internationaux et dans la structure économique de
l'Europe. C'est alors que le sucre de betterave a commencé à remplacer le sucre de canne. C'est
l'occasion du conflit de vingt-trois ans qui a permis aux États-Unis de devenir une grande puissance
commerçante. C'est parce que Napoléon les a finalement entraînés dans une guerre contre
l'Angleterre que, privés des objets manufacturés britanniques, ils ont fondé leurs propres fabriques
qu'au rétablissement de la paix, ils défendront par des tarifs protecteurs. C'est à la faveur de
l'exclusion des marchandises anglaises que s'est fondée l'industrie moderne de l'Allemagne. Son
étouffement par les marchandises insulaires, affluant sitôt NAPOLEON défait, suscitera le tarif
prussien, la campagne de LIST et enfin le Zollverein. Ainsi les deux grandes puissances économiques
qui, au XX siècle, dépasseront l'Angleterre et la France, doivent leur premier essor au Blocus
continental, comme les Etats de l'Amérique espagnole lui doivent leur indépendance.
", in Bertrand de
JOUVENEL, NAPOLEON et l'économie dirigée- le Blocus continental, éditions de la Toison d’or,
Bruxelles, 1942.

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