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Les 3 lunes

Ecrit par
METARKA

Roman d’anticipation
Psycho MYSTIQUE

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1er Lune
Schizophrénie
2004

2eme Lune
Black Water
2005-2008

3eme Lune
L’odyssée intérieure
2009

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3
Schizophrénie
Ecrit en 2004 par METARKA

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Il venait d’ouvrir un œil en ressentant une douleur aigüe à l’estomac. Encore une soirée, dont
les peu de souvenirs qui lui en restaient, pouvait lui confirmer qu’il avait encore abusé des
joies de la vie nocturne. Il ouvrit son deuxième œil et s’aperçut que l’endroit lui était inconnu.
Cette petite chambre le rendait mal à l’aise. Une atmosphère mortuaire s’en dégageait. Il se
trouvait sur un lit à ressorts qui chantait au moindre mouvement, créant un son strident
résonnant dans ce calme oppressant. Il se leva avec difficulté et ressentit un sentiment étrange
d’incompréhension. Il s’habilla. Une chose dont il pouvait au moins être sûr, c’est que les
vêtements près de son lit n’étaient pas les siens. Son pantalon avait été remplacé par une jupe
en toile épaisse, sa chemise dernier cri achetée à un fripier italien s’était envolée pour faire
place à un t-shirt en coton noir à fermeture éclair. Il essaya de rassembler ses souvenirs, se
rappelant d’être allé à ce club près du canal, réputé comme un endroit expérimental où se
mélangent musiques pointues et expériences impulsives. Il fit tourner son regard autour de la
pièce et remarqua une porte blindée. Il décida de l’ouvrir en s’apercevant au dernier moment
qu’il n’y avait pas de poignée. A la place apparaissaient un écran électronique et des touches
numériques. Un vent de panique commença à lui effleurer la nuque, la chaleur était pesante. Il
tourna en rond cinq minutes dans cette pièce vide entièrement blanche. Dans un acte frôlant
l’hystérie, il courût vers la porte, épaule en avant, essayant de l’ouvrir. Il entendit un
craquement d’os horrifiant, mais ne ressentit pas la moindre douleur. Malgré son estomac qui
lui tiraillait l’esprit, son corps était vidé d’émotion. Que faire dans une pièce avec un lit à
ressorts, un écran digital et un clavier numérique ? Se laisser bercer par la mélodie des
ressorts et jouer avec ce clavier. Il décida de se recoucher. Enfant, il avait eu une expérience
malheureuse avec un écran d’ordinateur qui lui avait éclaté en plein visage. Depuis des
allergies se manifestaient, sous forme d’un changement de couleur de peau, à la vue de
n’importe quel objet dégageant des ondes P3 émises par tous les appareils électroniques.
Convulsé de peur face à cette potentielle situation, il entreprit un périple spirituel dans les
méandres de son cortex cérébral.

Une force l’emmena dans un monde parallèle.

Un brin d’herbe reflétait par la rosée les regards convulsés de deux hommes seuls dans une
prairie. Le bruit d’un train à vapeur résonnait au loin. Un éclair, peut être le bruit du
croisement d’une colonie de perdrix dressée au combat. Il sentait un courant d’une grande
puissance comme si sa main était connectée à une prise électrique, les cheveux gominés au
Viagra. Joe, le plus rusé des deux, se nourrissait à l’aide de son masque alimentaire. Max son

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acolyte comptait ses poils de bras en se disant qu’il n’avait jamais vu ce grand lac aperçu dans
une publicité pour le chocolat en poudre. Serait-t-il réglé comme une montre à bascule, propre
d’un destin qu’il avait longtemps rejeté.

Jeanne était une belle femme qui avait l’obsession du paraître. Son physique lui posait des
problèmes pour évoluer dans cette société dont l’image obsédait les yeux du faucon. Son âme
se perdait souvent dans une spirale paranoïaque qu’elle ne pouvait contrôler que par
l’absorption d’un médicament appelé le TXH5. Cette gélule prise lors de ses crises d’angoisse
avait un fort pouvoir hallucinogène. Prohibé par l’Etat et vendu par la deuxième vague
d’immigration tchétchène, ces pilules lui permettaient de matérialiser son esprit comme une
entité à part entière. Elle pouvait par cela analyser sa psyché en prise de vol, et extraire ses
ambitions par une liposuccion interne. Un soir elle avait été invitée par son frère Enrique, qui
pour la remercier d’avoir nourri son poisson rouge pendant son séjour aux îles Yuji, lui
dévoila qu’il avait eu une relation sexuelle avec sa voisine du quatrième. Par cette révélation
Jeanne imagina la scène, son frère prenant cette femme cul de jatte comme un morceau de
rosbeef ficelé. Après un moment de flottement socio-temporel à essayer d’analyser les
motivations d’un tel acte, elle finit sa tarte à la mirabelle avec un regard de joueuse
professionnelle de tennis de table. Fatiguée de cette soirée, elle décida de rentrer chez elle à
pied. Elle vivait en collocation dans une petite maison avec deux autres femmes : l’une
féministe travaillant au bureau des impôts, l’autre technicienne du travail à la chaîne et
passionnée par les reportages animaliers. Sur la route elle ressentit un effet acide provenant de
la gélule qu’elle avait gobée la veille. Mais elle reprit ses esprits et continua son chemin. Sa
maison se situait à un kilomètre en vol de nain de jardin.

Joe fut dès l’enfance ce que l’on peut appeler un enfant surdoué. Mais au lieu de se
marginaliser face à une société qui ne pouvait l’accepter, il comprit très vite que la
manipulation des êtres humains était à la fois un moyen de s’adapter mais également de se
procurer une jouissance indescriptible. Il apprit très vite à manier le sabre pour couper en
rondelle les cervelets de ses ennemis. Il connaissait quinze positions suivant l’angle du coup
porté. Chaque position avait un effet plus ou moins destructeur sur ses victimes. La première
fois qu’il découvrit son pouvoir, c’est quand le pitbull de sa voisine le mordit alors qu’il
n’avait que huit ans. On retrouva le pauvre chien allongé sur la pelouse, de la purée d’organe
sortant de ses oreilles. Il avait mis beaucoup de temps à succomber. Cette morsure avait

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déclenché dans son esprit l’envie de découper ce chien à la tondeuse. Une simple pensée avait
fait de ce jour la révélation de son existence.

C’était un bel après midi d’automne quand les jours vous font regretter l’hiver qui approche.
Il était sorti rendre visite à son dealer ; comme toujours pour le voir il fallait le prévenir une
semaine avant. Vous comprenez l’importance d’anticiper. Chaque client possédait un code
pour se différencier, qui permettait une identification personnalisée et une sécurité infaillible
contre la nouvelle loi anti-drug qu’avait mis en place l’empereur Zoldac depuis sa prise de
pouvoir. Zoldac avait longtemps travaillé pour la direction de la sécurité internationale du
regroupement fondamental de l’indépendance du mouvement anarchique des extrémistes
armés du régime libéral de la dictature totalitaire. Son goût pour la stratégie et le pouvoir lui
avait permis de mettre en place un piège infaillible anéantissant tous les partis politiques du
pays. Contrôlant les médias, il lui était d’une simplicité enfantine de formater l’esprit du
peuple. Lancer un bout de gruyère dans une colonie de rats des champs texans et vous verrez
les fontaines de Venise se remplir de sang. (Petite parenthèse politique qui ne fait pas de mal
au lecteur afin de se situer dans le contexte). Pour se procurer « l’aspirine qui transpire », il
avait fait, comme dans la procédure habituelle, toute une démarche pour entrer en contact
avec son dealer. On l’appelait le caméléon camé. Personne n’avait vu son visage, même sa
mère vous imaginez ! Il était entré en contact avec lui par l’intermédiaire de son collègue Fix
qui connaissait le septième intermédiaire du réseau Kacam. Avec sa ruse, digne des plus
grands détectives du pays, et de son attrait pour ces nouvelles friandises, il put entrer
indirectement en contact au bout d’un an avec l’homme sans ombre. Il eut l’idée ensuite de
monter une épicerie fine et une boucherie qui servaient de couverture au stockage et à la
distribution de stupéfiants.

La colère pris le dessus de ce qui lui restait de raison. Le sang coula à flot, ses coups de
couteau étincelant dans cette ruelle sombre. Sauvage animal, ses yeux se perdaient dans les
lambeaux de chair déchiquetée de manière chaotique. Et d’un seul coup, un flash…
Il aperçut un champ où le soleil brillait, un arbre planté au milieu d’enfants qui chantaient le
bonheur aveugle de la réalité. Une belle carte postale détruite par le soleil pleurant le sang des
victimes de la folie humaine. Il était soulagé, comme le lendemain d’une soirée alcoolisée,
lorsque vous évoquez un trop plein coincé dans l’estomac. Une situation ou un acte rapide
vous soulage de votre nausée devenue obsessive. Max reprit son calme doucement comme la
bouffée d’une première cigarette suite à l’arrêt d’une semaine. Et là il pensa à Lisa, cette belle

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créature céleste qui avait pris une part importante dans ses rêves. Il l’avait rencontrée à une
rave party. Elle avait éclairé cet univers chaotique de sa pureté; un ange descendant du ciel.
Depuis cette illumination, il tuait ses victimes avec grâce et distinction.
Depuis la mort de cette bête à quatre pattes, il comprit qu’il détenait une force puissante mais
dangereuse. Le fantasme de voir ce chien mort s’était matérialisé avec une précision
remarquable. L’excitation qu’il avait ressentie lui avait permis de franchir un monde étrange
où se mêlent les conséquences cachées des actes perdus. Il fit un rêve étrange ce soir là, peut
être la clef de voûte de ce terrible incident qui l’avait en premier temps traumatisé. Un
présage, telle la fumée d’un cigare cubain noyant une salle rouge d’un flot incandescent de
lumière, insupportable à l’œil humain et grisant l’amertume d’une atmosphère jazzy. Il se
souvint du moindre détail de cette illumination nocturne. Il marchait dans un couloir couvert
de miroir qui ne reflétait aucune image. Au fond de ce couloir il entrevit une cage d’oiseau. Il
s’arrêta un moment car il sentit une présence derrière le dos qui lui glaça la nuque. Essayant
de tourner son corps, il comprit très vite que cela lui était impossible. Un nuage noir
s’approcha de lui et le plongea dans une obscurité effrayante. Une voix le guida ; le langage
lui en était inconnu mais attirait son corps comme si chaque mot était une main qui le poussait
violemment. Dans ce noir obscur il distingua une porte rouge entourée d’un néon vert qui
clignotait comme le battement du cœur d’un homme qui perd le contrôle de ses actes. Il
décida de l’ouvrir en s’apercevant au dernier moment qu’il n’y avait pas de poignée. Il décida
de reculer pas à pas sans se retourner puisqu’il en était incapable. Il s’aperçut avec le recul
que la porte en question se métamorphosait, dessinant le visage d’un homme. Il comprit très
vite que ce visage était le sien. Il vit une lumière blanche sortant de la narine gauche de ce
visage comme un spot de lumière éclairant un acteur sur les planches grinçantes d’un petit
théâtre de province. Et là, un escalier fit son apparition entre le sol du couloir et l’orifice
nasal. Il choisit de le prendre, mais il ressentit à chaque enjambée une douleur aigue partant
du nez à son cerveau. Cette douleur pouvait s’identifier telle une colonie de scorpions clostros
imbibés de coke, qui pour sortir de sa tête multipliaient les coups de queue avec la précision
d’un joueur professionnel de golf. Lorsqu’il arriva à la dernière marche, son affreuse
souffrance s’estompa. Il se fit aspirer par l’orifice. Il se retrouva dans une fôret et sentit un
silence pesant. Aucun bruit ne se dégageait de ce décor, rien pas même le bruissement d’une
branche au contact du vent. On ne pouvait même pas qualifier cette forêt de morbide, car
même la mort a un bruit, le bruit de la décomposition audible des feuilles à l’automne. Il avait
l’impression d’être dans une peinture, perdu dans un tableau dont le cadre formait une cage. Il
pouvait visualiser ses barreaux à travers les arbres. Il ressentit un sentiment de castration,

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impuissant face à l’œil qui l’épiait. Il marcha longtemps dans un décor qui se figeait. Epuisé,
il décida de s’asseoir un peu et s’endormit. Avez-vous déjà rêvé que vous dormiez ? C’est un
sentiment étrange comme si votre cerveau se mettait à fonctionner à l’envers. Il se réveilla
dans cette même forêt obscure mais quelque chose lui manquait : son corps. Il n’était plus
qu’une vision, comme s’il voyait à travers les yeux d’une autre personne. Il remarqua un arbre
qui sortait de terre. Il dirigea sa vision sur l’écorce et remarqua deux empreintes de mains
sculptées dans le bois. Il n’avait pas de mains mais imagina les poser dans ces moules. Il vit
apparaître une sève bleue couler lentement puis le liquide commença à s’amplifier. La sève se
transforma en eau en un débit très important, tellement puissant que la terre ne pouvait même
plus l’engloutir. Il vit un scarabée rouge…….Et se réveilla dans sa chambre d’enfant. Il était
paralysé par la peur, il mit bien trente minutes pour décider d’allumer la lumière. Puis il
s’aperçut avec effroi, en se retournant, le dessin d’un scarabée sur son mur.

Après un petit détour, elle décida qu’il était temps de rentrer. Elle s’aperçut qu’une présence
maléfique l’épiait. Elle prit peur et commença à courir comme une hystérique. Elle fit l’un des
cent mètres les plus rapides de son existence qui fut stoppée par une chute impressionnante
due à un trottoir glissant. Une heure avant, Claude le boucher avait, comme tous les soirs, lavé
son magasin avec ce fameux liquide miracle qui rend votre carrelage aussi lisse que les fesses
d’un nouveau né. Ce liquide, bourré de substances graisseuses qui, au contact du goudron,
rend une surface aussi glissante qu’une piste de bowling. Les semelles plates de ses
chaussures n’avaient pas facilité l’adhérence. Ces chaussures à la mode sont belles mais peu
pratiques face au danger de la jungle urbaine. Elle se fit mal, car elle tomba telle une
marionnette désarticulée un soir de pleine lune, sans espoir ni rêve, un simple morceau de bois
se fracassant sur le sol. Quand elle reprit connaissance, elle sentit tout d’abord cette vielle
odeur de produit chimique lui brûlant les parois nasales. Elle n’arrivait pas à ouvrir les yeux,
ou quelque chose voulait l’empêcher de le faire. Ce sentiment de menace s’était multiplié de
plus belle, la plongeant dans une angoisse psychotique. Elle entendit une voix lointaine,
comme le plongeon d’une vierge sur un nénuphar géant sans écho ni distorsion.

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Black Water
Ecrit entre 2005 et 2008
par METARKA

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2017

La guerre épidémique dure depuis cinq ans. A l’heure actuelle quatre-vingt cinq pourcent de
la race humaine vient de disparaître comme une comète en plein vole. Cette guerre entre l’axe
Bâtisseur (composé de l’Europe, de la Chine et du Moyen Orient) et l’axe Architek (composé
des Etats-Unis, de l’Amérique du Sud, de la Russie et de l’Inde) commença en février 2012
suite à l’assassinat du président des Etats-Unis, Jeff Marshal, lors d’un voyage officiel à
Pékin. Celui-ci devait à cette époque négocier un partenariat avec la Chine pour installer une
base d’essais expérimentale près de la source de « l’Eau Noire ». Cette eau, découverte dans
les sous-sols du désert de Gobi, avait été testée par des chercheurs chinois comme engrais sur
différents plants de légumes. Les analyses donnaient le résultat suivant : une augmentation de
la durée de conservation des catégories étudiées. Suite aux résultats publiés, la Chine
construisit un rempart autour du puits et s’appropria les droits de propriété. Après l’annonce
de cette découverte, le gouvernement américain contacta les émissaires chinois afin
d’organiser un accord de partenariat. Le déplacement du président en Chine était donc la
première phase de la stratégie diplomatique américaine. Passé la frontière chinoise, le jet privé
du président fut la victime d’une attaque aérienne non revendiquée. Les Etats-Unis accusèrent
la Chine d’avoir collaboré à cette exécution. De son coté, la Chine accusa les américains
d’avoir comme à leur habitude, manipulé l’opinion publique afin d’obtenir un prétexte
substantiel pour entrer en conflit. Les Chinois, souhaitant entrer en guerre, mais ne pouvant
utiliser les armes nucléaires de dernière génération tellement puissantes qu’elles détruiraient
la surface de la terre, s’engagèrent dans un conflit à destruction épidémique. Les derniers
penseurs de la civilisation humaine s’étaient longuement interrogés sur l’énergie employée
par les hommes pour perfectionner les armes nucléaires. A en avoir poussé leurs
performances aussi loin, elles étaient devenues inutilisables par la portée destructive de leurs
effets.

2009

« TZ ça va ? »
Il répondit difficilement à cette réponse. Léa avait perçu sur les traits de son visage une
sensation de terreur.
« Euh!!…..je..j’ai…dû faire…cauchemar…je crois…..

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- Tu suffoquais tellement fort que ça m’a réveillé
- J’ai fait un rêve étrange …. Mais je me souviens plus…. »

2012

Les réseaux s’étaient rapidement identifiés et les stratégies de guerre étudiées. La guerre
commença quatre mois après l’assassinat du président américain. La première crise fut
détectée sur la côte Est de l’Italie, ravageant en quatre heures plus de vingt mille personnes.
Après cette attaque le gouvernement italien prit la décision d’organiser l’exode humain. Les
survivants furent envoyés en quarantaine dans un camp gardé secret pour des raisons de
sécurité intérieure. Les rescapés, voulant s’échapper et émigrer vers les pays frontaliers furent
vite stoppés par une armée ultra organisée. Les armées françaises, suisses, autrichiennes,
slovènes furent déployées de telle manière qu’elles formèrent la plus grande barrière humaine
jamais vue dans l’histoire. La zone était surveillée par satellite. N’ayant pas assez d’effectifs,
la Chine envoya une armée, montrant par cet engagement la non-responsabilité de cette
attaque biologique.

2009

TZ avait toujours été un enthousiaste par nature…. Jeunesse heureuse, brillant élève…les
gens avaient toujours cru en sa réussite. Vivant à Kyiv à l’ère du développement glorieux de
l’Ukraine, il fit ses études dans une école d’ingénieurs renommée. Suite à l’obtention de son
diplôme, il choisit de partir à Shanghai afin de débuter sa carrière, recruté par une firme
pétrochimique. Il partagea un deux pièces avec un français expatrié depuis un an. Alex, féru
d’informatique et d’architecture de réseaux, travaillait à l’époque dans la centralisation
d’information pour une banque chinoise. C’était un mercredi, comment oublier ce jour…
Alex rentra à dix huit heures à l’appartement et vit TZ plongé dans un essai sociologique sur
la culture chinoise.

« Salut mec….. Ça roule ! » Lança Alex


« Tranquille ! Je suis allé visité cette après midi le temple de Jade….. Une splendeur »

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« C’est cool ! Tu as fait un premier pas vers la découverte des valeurs du peuple chinois, mais
je vois que tu es toujours plongé dans tes œuvres pseudo-intello écrites par des européens qui
ne connaissent rien à ce pays. C’est du Marketing….mec….de la branlette sociale
- Je ne suis pas d’accord … et je ne vais pas encore me prendre la tête sur ce sujet… tu
connais mon point de vue, la théorie est la source de la découverte, et sans elle c’est comme
visiter une grotte sans lampe torche
- J’ai une collègue qui m’a invité ce soir à une soirée ! Tu es également convié »

2014

L’épidémie, conséquences de la première attaque, fit trente-deux mille six cents soixante-
quatorze morts (vingt-neuf mille deux cent vingt-deux italiens, cinq cents soixante-dix-huit
français, deux mille quatre cents quatre-vingt-sept autrichiens, trois cents soixante-dix-sept
slovènes et dix croates). Le conseil de sécurité européen déclara l’état d’urgence, et le temps
que la commission prenne une décision, conseilla à tous les habitants de se cloîtrer chez eux.
Cette situation engendra une grande panique qui dura une semaine, jusqu’au moment où la
source de l’épidémie fut trouvée. Le virus avait été inséré dans les fast-food de la chaîne
américaine BJ. Celui-ci avait été utilisé la première fois à faible dose pour abattre les fauves
qui s’étaient échappés en décembre 2009 du zoo de Pennsylvanie, et tué vingt et une
personnes sur son passage. L’Europe et la Chine avaient maintenant toutes les preuves pour
accuser les Etats-Unis de cette attaque virale. Mais pourquoi l’épidémie pris sa source en
Europe, alors que la Chine en était la cible ? Erreur humaine ou stratégie machiavélique ?
D’après certaines sources, le gouvernement américain avait pour objectif de mettre cette
attaque sur le dos des chinois, formulant ainsi un prétexte pour s’allier avec l’Europe et
attaquer la Chine. Avant l’attaque les relations entre l’Europe et la Chine étaient désastreuses.
Des conflits avaient éclaté au sujet de l’affaire EFC, compagnie énergétique russe rachetée
par les chinois. La Chine, ayant le monopole mondial, avait soumis l’Europe à une dictature
tarifaire mettant à mal toute l’économie européenne. Cette affaire avait engendré un conflit
social d’une grande ampleur, recréant une seconde guerre froide entre deux nouveaux blocs.
Suite à cette attaque, les américains furent victimes de leurs propres pièges. L’arroseur fut
arrosé et les deux anciens ennemis se réconcilièrent et s’allièrent pour contre-attaquer.

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2009

Ayant tendance à tout planifier, il était plutôt hostile à sortir en soirée. Il ne se sentait pas prêt
psychologiquement, mais changea vite d’avis devant l’enthousiasme d’Alex qui l’en
persuada. Il avait encore cette phobie de l’inconnu, de se confronter à un peuple dont il ne
connaissait presque rien. Et pourtant, Shanghai était devenu une grande ville cosmopolite,
suite à l’augmentation massive des joint venture. Cela constat facilitait les contacts et
l’intégration dans une ville capitaliste dirigée par le pouvoir de l’argent qui avait irradié
l’idéologie communiste, même au sein des ruelles sombres des habitations précaires. Alex
avait été invité par Adris, une jolie russe expatriée depuis trois ans, travaillant au sein de sa
société. Une copine d’Adris, Lea, photographe renommée présentait pour la première fois ses
œuvres en Chine. Adris envoya à Alex deux entrées pour le vernissage privé qui avait lieu au
musée d’art contemporain de Shanghai. Elle lui précisa également, lors d’un coup de fil assez
rapide, qu’il serait invité par la suite à une soirée organisée par Adris dans l’appartement d’un
oncle de Léa, qui avait des relations très haut placées au sein du gouvernement chinois. Son
appartement d’une surface de deux cents mètres carrés se trouvait au trente-cinquième étage
dans une tour réservée aux nouveaux riches. Alex avait prévenu TZ du vernissage, mais en ce
qui concernait la soirée, il préférait garder le secret jusqu’au dernier moment.

2015

Les Etats-Unis réfutèrent l’attaque épidémique de l’Italie. L’Europe décida de renverser le


pouvoir américain avec l’aide de la Chine. La guerre était déclenchée, la plus rapide et
meurtrière jamais vu dans l’histoire, appelée « Guerre Invisible ». A la surprise des européens,
la Chine avait déjà son plan d’attaque bien ficelé, une stratégie que les dirigeants chinois
avaient certainement élaborée bien avant l’attaque américaine. Les laboratoires de Pékin
avaient conçu une substance liquide virale, ayant une phase de propagation ultra-rapide et des
effets redoutablement destructeurs. En contact avec celle-ci, aucun cœur humain ne pouvait
tenir le choc, l’arrêt cardiaque était inévitable. Il fallait trouver un moyen d’infiltrer cette
substance au sein du Pentagone, de la Maison Blanche et tous les organismes
gouvernementaux du pays. Les américains, suite à l’accusation, renforcèrent la sécurité de
leurs systèmes et élirent un remplaçant provisoire, le colonel Lewis connu pour sa grande

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compétence lors du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran. Le pouvoir du pays était maintenant
détenu par l’armée.

2009

TZ se mit sur son trente et un, sa chemise « Hugo Boss » noire à rayures blanches, son
pantalon « Paul Smith » blanc à rayures noires. Il avait un vrai goût pour la mode, au moins
pour un étudiant en école d’ingénieur. Il prit une douche pour enlever le dépôt de pollution
que la journée avait laissé sur son corps. Il se lava les dents, mit du gel et sourit devant sa
glace. Alex, qui était parti acheter des cigarettes, était revenu avec une bouteille de Jack
Daniel’s et ces nouvelles pilules de haute qualité qu’il ramenait de temps en temps pour les
grandes occasions, la Mélatripx, mélange d’Extasy et de LSD, qui laissaient en général peu
d’effets secondaires, mais composées d’un fort dosage d’hallucinogènes, elles pouvaient créer
des incidents psychotiques. Ils décidèrent avant de sortir de prendre un petit apéro maison, un
mix JackDanielsMélatripx, décrit par Alex comme une combinaison psychédélique. TZ
n’était pas grand fan de ces stupéfiants, considérant ceux ci comme une aide psychologique à
s’assumer. Il en avait déjà pris une fois à l’insu de son plein gré, par un ami qui avait eu la
brillante idée de verser cette mixture dans son verre. C’était lors d’une soirée estivale bien
agréable, dans une maison du sud avec piscine qui appartenait à un pote de lycée. Il avait
couché ce soir là avec la brune aux gros seins, il ne se rappelait plus son prénom, bref une
histoire de cul banale et sans lendemain. Il prit goût à ce souvenir, et décida sur un coup de
tête de prendre cette drogue. Ils burent la moitié de la bouteille de Jack et l’emportèrent pour
le trajet en taxi. Ils prirent le premier qui passait dans la ruelle éclairée de salons de coiffure
dirigés par des prostituées. Le taxi driver était vraiment cool. Il essaya de communiquer, mais
le barrage de la langue était difficile. Au moins le chauffeur comprit où ils voulaient aller à
l’aide du papier sur lequel était marqué l’adresse en chinois. L’effet de la drogue commença à
prendre le contrôle de son esprit et TZ commença à halluciner. Cette belle fin de journée de
printemps commença à se transformer en une tempête de neige de couleur rouge. Les gratte-
ciels, jungle urbaine, commencèrent à se transformer en une grande forêt, jungle végétale. Le
taxi roulait sur un chemin composé de plaques de bois, telles une passerelle survolant la
misère humaine. En dessous il vit une tribu de néopunk, style tiré tout droit d’un film à la
Mad Max remastiqué. Cette vision lui rappela l’ambiance des raves illégales de la fin des
années quatre-vingt-dix, au moins à ce qu’il avait pu voir dans les reportages consacrés à ce

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mouvement. Aurait-il fait partie de ce mouvement s’il avait été assez âgé à cette époque pour
s’y rendre. Cette question lui traversa l’esprit et s’envola dans l’air électrique de Shanghai :
soudain il prit Alex pour un homme mutant. Celui-ci avait l’aspect d’un grand bol de lait si ce
n’est la pigmentation noire et rouge de ses deux rétines. Cette espèce humaine, aux cheveux
blancs, portait un habit mélange entre d’uniforme d’armée et de robe tibétaine, et un masque
sorti d’un film d’horreur des années soixante-dix, cachant seulement sa bouche également de
couleur blanche. Il ressemblait à un ange qui aurait vendu son âme pour un pack de bière. Il se
pencha vers TZ, et lui dit à l’oreille, « quoi que tu fasses nous te tuerons ! ».
Il disparut, Alex reprenant la place de cette créature terrifiante. Le paysage redevint vision
métallique de cette ville champignon, et la neige fut remplacée par ces derniers rayons de
soleil de cette belle fin de journée.

« Et mec…. Elle est puissante la pilule que tu m’as filé…. J’ai failli faire un bad trip » dit TZ
à Alex.
« Ah ! Je n’ai pas eu cette impression…tu t’es tapé un sacret délire…Je ne t’avais jamais vu
comme ça… Tu ne te rappelles plus ce que tu as fait ?
- Non, je suis parti dans un monde parallèle… mais je ne me rappelle plus trop ce que j’ai vu.
A vrai dire c’était plutôt flippant
- Ah oui ! Je sais ne pas si tu sais, mais tu as des vrais talents de pétomane…Tu nous as fait la
cinquième symphonie de Mozart avec ton cul… et en plus sans odeur … tu sais que tu peux te
faire du fric avec ton don
- Va te faire enculer Alex, t’es qu’un putain trou du cul … mais tu restes toujours mon pote
pour autant… petite salope ! »

2015

La Chine et l’Europe s’allièrent avec le monde arabe qui avait toujours eu une relation
difficile avec les Etats-Unis. Ils signèrent un partenariat diplomatique, et déclarèrent au
Monde que l’Axe Bâtisseur était né. Face à cette nouvelle, les Etats-Unis essayèrent de rallier
les amis et les états partenaires de leur développement économique. Connu pour ses
massacres à travers le monde, les Etats-Unis eurent du mal à trouver des alliés fiables. Après
l’assassinat du chef de l’état cubain trois mois avant le début des conflits de la Guerre
Invisible, les états contestataires d’Amérique du Sud développèrent des partenariats accrus

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avec les Etats Unis. La Russie, partenaire économique privilégié des américains, accepta un
rapprochement diplomatique. L’Inde fut le dernier pays à se rapprocher des Etats-Unis. L’axe
Architek était né.

2009

Le taxi s’arrêta devant le musée. TZ eut du mal à s’extraire à cause des substances qu’il avait
ingurgitées et le fait d’être resté vingt minutes dans un immobilisme quasi-morbide suite à la
vision plutôt effrayante ressentie auparavant. Une foule de personne attendait devant l’entrée.
A cette époque, certains ouvrages de psychologie avaient étudié le phénomène de société :
une population de plus en plus importante profitait des événements artistiques dans le but
premier de se saouler au champagne et de manger des petits fours à l’œil. TZ se remémora un
article qu’il avait lu, et ne put s’empêcher d’avoir une crise de rire, qui s’estompa lorsqu’il vit
les yeux ronds d’Alex.

« Et TZ, arrête ton délire, bordel …. s’il s’aperçoit que l’on est black et decker… la masse que
tu vois là bas nous refusera d’entrer… je ne t’ai pas dit mais je dois rencontrer ce soir une
personne réellement importante… c’est pour mon boulot… Ok ! Alors, tant que l’on n’est pas
entré dans l’enclos de la luxure tu te tiens à carreau ….ok….merci ma poule »

Ils contournèrent le troupeau qui s’était accumulé devant l’entrée, et Alex, l’éclaireur, donna
les deux invitations au cube humain. Ils entrèrent dans le hall qui ressemblait à la forêt
visualisée dans le flash qu’il avait eu quelques minutes plus tôt dans le taxi. Pour l’événement,
les organisateurs avaient placé au centre de la salle un chêne artificiel. Ce concept donna à TZ
un sentiment de bien être et de sécurité. Des lampes rouges, créant une atmosphère intimiste,
étaient accrochées dans les branches de l’arbre. TZ fit un tour sur lui même pour scruter les
personnes présentes et s’aperçut qu’elles étaient bien étranges. Elles avaient un look tout
droit sorti d’un film de science fiction. Certains hommes portaient de longues robes, fusion
entre habit traditionnel chrétien et combinaison de motard.

« Quel désastre d’être dans l’antre de la création et voir tous ces clones qui s’habillent de la
même manière…. Ah les artistes tous des psychos ! »
- Pardon tu disais…. Ah voilà Adrias ! … viens je vais te présenter », dit Alex

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Ils se dirigèrent vers Adris qui était au bar, une coupe de champagne à la main. Alex
l’embrassa sur la bouche et lui toucha discrètement les fesses.
« Salut Adris… Je vois que tu as fait du sport dernièrement
- Toujours aussi drôle je vois…Vous devez sûrement être TZ ? »

Elle était très belle, une blonde en tailleur Versace que TZ n’avait l’occasion de voir que dans
les affiches de pub. Il pensa, dans un éclair de lucidité qu’Alex était vraiment un enfoiré de
côtoyer de si jolies filles et de ne pas faire en profiter ses amis. Il commença à avoir des
bouffées de chaleur.

« Bonjour, oui c’est exact


- Tenez prenez une coupe, vous avez l’air d’avoir couru un marathon
- Oui ça m’arrive souvent lorsque je rencontre des femmes aussi belles que vous »
Mais quel boulet pensa t-il, pourquoi avait-il sorti cela, ce n’était pas son genre. Cela devait
sûrement provenir des effets de la drogue.
« Il est charmant ton ami » dit-elle à Alex
« Au fait il est là ?
- Oui, il t’attend »
Adris se tourna vers TZ
« Nous devons nous absenter un instant, profitez en pour visiter l’exposition » Ils
s’éloignèrent et TZ commença à se sentir perdu au milieu de ces sauvages. D’un coup, il eut
mal de tête et dut s’agenouiller en attendant que cette crise passe. Il avait l’impression qu’un
corps inconnu était entré dans son cerveau.

2015

Profitant du conflit entre la Chine et les Etats-Unis, la Russie envoya des milices armées pour
prendre possession du puits de « l’Eau Noire ». Mais l’armée russe n’avait pas toutes les
informations en main. Un renforcement de protection militaire avait été établi autour du
centre de forage par un appui massif de ses alliés, la Chine ayant demandé à l’Europe
d’installer un périmètre de sécurité pour protéger cette ressource. Trois barrages avaient été
construits autour du centre de l’établissement. Le premier se trouvait à cinq cent mètres et
était matérialisé par la construction d’une muraille de trente mètres de haut. La zone entre ce

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mur et le deuxième barrage, qui se trouvait à deux kilomètres du premier, était parsemée de
mines anti-personnelles. Au niveau de la zone deux se trouvaient quinze miradors hauts de dix
mètres qui permettaient, grâce à des appareils de visionnage, de voir à une distance de dix
kilomètres de distance. Un troisième barrage situé à cent mètres du deuxième, comprenait des
chars de cinquième génération prêts à tirer en cas de menace potentielle. La Russie envoya
cinquante hélicoptères et deux mille soldats au massacre. Ces engins furent localisés bien
avant d’atteindre la frontière du désert de Gobi. Arrivée à dix kilomètres du puits, l’armée
chinoise commença à lancer ses missiles à tête chercheuse. La première rafale n’abattit que
cinq hélicoptères mais les autres suffirent pour anéantir le reste de l’escadron. La Chine ne
déclara nullement la guerre à la Russie, souhaitant garder le secret sur cette attaque, mais
engagea des moyens colossaux avec l’aide de l’Europe et les combattants du monde arabe
pour protéger la frontière asiatique et y déployer une surveillance accrue du ciel. La Chine
devait d’abord s’occuper de son ennemi numéro un, les Etats-Unis.

2009

Je me sens mieux, c’était quoi cette putain de crise ? Tiens je vais boire un peu pour m’en
remettre et après j’essaierais d’être sociable … au moins faire semblant. Il n’est pas mauvais
ce petit champagne, il se boit sans fin, profitons pendant que le barman a le dos tourné, pour
en dérober une des bouteilles sur la table. Non ça ne se fait pas, on est dans le grand monde,
même si j’ai l’impression d’être le moins psycho de tout ces gars. Putain, c’est qui ce mec qui
se rapproche, la tronche qu’il a. Il a autant de métal planté dans le visage que de surface de
peau. Bon allez je vais enchaîner les verres, la drogue va remonter et je vais finir par montrer
mon cul en guise d’intégration. Les gens auront sûrement l’idée de venir me parler ensuite.
Non évite de faire un truc dans ce genre t’a plus de poils au cul que sur ton crâne, ils vont se
foutre de ta gueule. Et là je sentis la force qui montait en moi. Venir à cette exposition était
une mauvaise idée. Le sujet en disait long sur l’art contemporain. Le thème de cette soirée
avait pour nom « la manipulation de la déesse fourmi ». Super, je ne sais pas à quoi elle
carbure cette artiste. Elle ne doit pas tourner qu’au sirop de grenadine. Bon allons faire un
tour. Merde cet arbre il bouge. Allons voir ce qui se passe. C’est quoi ce trou dans l’écorce,
allez je vais tenter ma chance, peut être qu’il à un billet de cent Yuan. Eh !! C’est quoi ce
bordel je me suis fais piquer.

20
2016

L’Europe et la Chine engagèrent une série d’attaques biologiques qui dura près de deux
semaines et qui éradiqua plus de vingt-cinq pour cent de la population américaine, ce qui
n’était pas prévu à l’origine. Souhaitant toucher les points stratégiques de la puissance
américaine, ils ne pensaient pas que ces attaques feraient autant de morts. La substance avait
déjà été utilisée à petite dose, mais jamais à grande échelle. Les anglais, toujours ralliés aux
américains s’étaient tournés vers l’Axe Bâtisseur, à la grande surprise de ces derniers. Si les
anglais avaient choisi l’autre camp, Le Royaume-Uni aurait été rapidement envahi par les
pays européens voisins. Les membres de l’axe Bâtisseur demandèrent aux anglais de simuler
un ralliement aux américains afin d’obtenir leur confiance et pour pouvoir insérer la source du
virus au sein de la firme ultra-sécurisée Purewater, établissement exclusif de la distribution
d’eau de l’état. Cette usine avait été construite pour répondre à la psychose du terrorisme
organique qui avait terrorisé le début des années 2000. En deux semaines la stratégie réussit.
Les personnes contaminées par l’eau devenaient des virus humains, et ils secrétaient même
après leur mort un gaz destructeur. La majorité de la classe dirigeante américaine fut
éradiquée en même temps qu’une grande partie de la population américaine.

2009

Et là, il vit une colonie de fourmis sortir du trou. Il fit un bon de deux mètres. Il revint au bar
et vit qu’elles suivaient. Il prit peur quand les fourmis s’arrêtèrent, en créant une flèche géante
à l’opposé de sa direction. Il se demanda pourquoi il était terrorisé. Ce n’était qu’une
hallucination. Il avait l’impression que personne n’avait remarquée. Les insectes rampèrent et
se dirigèrent vers le fond du musée, s’arrêtèrent et formèrent un mot sur le sol. TZ dut prendre
du recul pour comprendre le sens. Il lut le verbe « to wait ». Il se trouva devant une œuvre
assez intéressante, une photo représentant Jésus en costume cravate dans une salle des
marchés, levant les bras au ciel. Devant lui une vingtaine de traders étaient hypnotisés devant
leurs écrans d’ordinateurs. Il resta accroché à l’image qui l’interpellait. Quand il arriva à
décrocher son regard, il vit une jeune femme positionnée juste à côté de lui. Elle était très
belle, eurasienne brune aux yeux bleus.
« Comment trouvez-vous cette œuvre ?
- A vrai dire assez déroutante » répondit TZ

21
« Est-ce que cette photographie vous parle ?
- A vrai dire, je pense que l’artiste a voulu mettre en avant l’exploitation financière de la
religion chrétienne, et par la même de toutes les religions
- Votre jugement est assez pertinent, cela m’intéresse de connaître la perception des gens sur
mes créations
- Je suppose donc que vous en êtes la créatrice
- Oui, excusez moi je me suis pas présenté, je m’appelle Léa et vous devez sûrement être TZ
- Comment connaissez-vous mon nom ?
- C’est Adrias, la copine de votre amie Alex, qui m’a parlé de vous…à l’instant
- Ah ! D’accord, au fait savez-vous où ils se trouvent, j’ai l’impression que cela fait un bon
moment qu’ils ont disparu
- Oui, suivez moi, le vernissage va bientôt se terminer et il est grand temps d’en profiter »

2016

Le reste des américains fut appelé à une grande mobilisation, tous les hommes quel que soit
leur âge devaient combattre pour l’honneur de leur pay. Il n’y eut pas grande difficulté à
recruter, puisque très peu de familles avaient été épargnées par l’attaque virale. La vengeance
prit le dessus sur la conscience collective. Ils déclenchèrent une attaque atomique de faible
portée en premier lieu sur Vienne rasant la majeure partie de l’Europe.

2009

TZ se trouvait depuis la rencontre avec Léa, dans un sentiment de bien être, comme s’il
flottait dans du coton. Dès que ses yeux rencontraient les siens, il se sentait comme nu,
totalement déstabilisé. Ils arrivèrent devant une petite porte. Elle tapa dix fois. Une femme
ouvrit la porte, on ne voyait que ses yeux car elle portait un voile rouge. Ils descendirent un
long escalier étroit qui menait vers les sous-sols. Les voûtes étaient en pierre.

« Eh Léa, pourquoi cette femme portait un voile rouge ?


- Sûrement une manière de se démarquer »

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TZ sentit que cette question l’avait dérangée. Il vit ses yeux devenir noirs. Il avait ressenti un
frisson psychologique. Ils arrivèrent dans une grande salle dans laquelle la lumière était
tamisée. TZ vit plusieurs compartiments fermés par des rideaux à travers lesquels on pouvait
apercevoir à l’aide de jeux de lumière, les ombres bouger. L’odeur était étrange, mélange
d’encens et de peinture fraîche. Au bout d’un long couloir, ils tournèrent à gauche et entrèrent
dans un petit salon faisant à peu près cinq mètres carrées. Contre les quatre murs se trouvaient
de larges sofas et une table basse au centre. Trois d’entre eux étaient occupés ; Alex et Adrias
étaient là, entourés de personnes que TZ n’avait jamais eu l’occasion de rencontrer : deux
hommes de type asiatique et deux autres qui portaient les mêmes uniformes que la plupart des
gens au vernissage. Sur la table il put apercevoir des dossiers et des pichets contenant une
texture étrange de couleur rouge et verte. L’homme qui était en face d’Alex prit les
documents et les rangea dans une mallette qui se trouvait à ses pieds.

« TZ, comment as-tu trouvé les œuvres de Léa ? » dit Alex


« Je n’ai pas tout apprécié, mais il y avait des choses intéressantes…. Comme par exemple
l’Arbre à Fourmi
- De quel arbre parles-tu ?
- Celui au centre de la pièce
- Eh mec il faut que t’arrêtes de fumer, il n’y a aucun arbre dans la salle d’expo
- Euh…. Ah oui ?
- Alex je te présente des amis…. Voilà Yini et Yani les gérants du musée, Sionu et Pilia qui
sont des amis d’enfance
Enchanté de vous rencontrer »
Il s’assit avec Léa sur le sofa vide, et fut servi de ce breuvage par l’un des chinois.
« Tenez, Tz ceci est une boisson traditionnelle à effet thérapeutique » dit Yini
« Sans vouloir vous manquer de respect, qu’est ce qu’il y a dedans ? »

Alex répondit qu’il n’avait pas besoin de savoir, ce qui déplut à Alex. Il but une gorgée. Ce
goût lui était inconnu jusqu’au point de ne reconnaître aucune substance. Un effet étrange se
fit ressentir. Il l’avait l’impression d’être invisible et commença à parler, ce qui n’était pas son
genre. Il n’était pas de tempérament timide, à vrai dire la définition « réservé » lui convenait
mieux. Il commença à parler de son travail, les raisons pour lesquelles il était à Shanghai, ses
passions, ses rêves. Le fait de se dévoiler lui procurait un réel plaisir, car depuis son arrivée

23
dans cette ville, il n’avait eut que peu d’occasion de sortir et de rencontrer des personnes, à
part ses collègues et Alex.

2016
La Chine attaque l’Inde avec l’aide du Monde Arabe

2009

Brusquement Léa se leva et dit à l’assemblée qu’il était temps de faire la fête. Tout le monde
se leva et se prépara à partir. Ils sortirent du salon. Une autre femme se trouvait à la porte et
portait comme celle de l’entrée un voile, mais celui-ci était vert. Ils se retrouvèrent dans une
autre salle et montèrent des escaliers donnant sur un parc.

« Mais où est le musée » dit discrètement TZ à Alex


« De quel musée parles-tu ? …. Tu es vraiment bizarre ce soir
- Arrête de me prendre pour un con Alex
- Ok, excuse moi … je suis dans un état. Laisse tomber… viens suis nous »
Le parc menait à une petite route où était garée une grande limousine. TZ hallucina, quand il
s’aperçut que celle-ci les attendait. Léa pris la main à TZ et lui dit à l’oreille
« Viens avec moi »

La limousine comprenait sur chaque aile trois portes. Les cinq autres personnes prirent la
deuxième en partant du nez de la voiture. Léa l’emmena à la troisième. TZ comprit que cette
voiture possédait deux compartiments. La voiture démarra. Léa décida d’enclencher la
discussion

« TZ tu te plais à Shanghai ?
- J’ai toujours du mal à m’intégrer à la culture, mais je commence à y prendre goût…..où va-t-
on ?
- On va chez moi, j’ai organisé une petite fête. On est attendu… j’ai demandé à une de mes
copine d’organiser cette soirée… je n’avais pas le temps de m’en occuper »

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Ses yeux plongèrent dans ceux de TZ. Elle se leva et s’assit sur ses genoux face à face. Elle
mit ses mains derrière la tête et approcha ses lèvres pulpeuses, s’arrêtant à dix centimètres des
siennes. Elle s’arrêta comme si elle attendait un accord de sa part. Et en ne voyant aucune
réaction de rejet de la part de TZ elle l’embrassa. Il se perdit totalement comme si il était
baigné dans un extase cosmique. Elle avait un goût de cerise. Il avait envie de la croquer.

« J’ai envie de toi » chuchota Léa


« Ici tu crois que c’est raisonnable » Mais quel con pensa t-il, il n’avait jamais rencontré une
fille aussi belle et là il s’était permis de lui dire que ce n’était pas forcément une bonne idée. Il
est vrai que coucher avec une déesse dans une limousine cela arrive tous les jours.
« T’est sûr qu’à côté ils nous entendent pas
- T’inquiète, de toute manière les autres ne sont plus dans la voiture
- Comment ça ?
- Ils sont entrés car ils avaient un colis à prendre et ils en sont ressortis de suite
- Tu veux dire qu’à part le chauffeur, on est seul
- Oui »

Les barrières qui l’empêchaient de dégrafer le soutien gorge se dérobèrent à travers le paysage
défilant des rues illuminées. L’instinct animal prit le contrôle de son esprit déshabillant
sauvagement Léa. Ses seins étaient fermes et si symétriques qu’il pensait que c’était un rêve.
Après ils se rhabillèrent doucement. TZ scruta la beauté de Léa, encore sous le choc.

2017

L’Inde riposte mais se fait envahir par la Chine

2009

Ils descendirent de la limousine qui devait être garée depuis bien vingt minutes et firent face à
un grand immeuble métallique. Deux gardes se tenaient devant la porte. On pouvait voir
apparaître une sangle qui dépassait de leurs grands imperméables, sûrement des armes à feu.

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Dès qu’ils arrivèrent devant eux, les gardes s’écartèrent de l’entrée de manière automatique.
TZ et Léa entrèrent dans le hall. TZ vit cet ascenseur qui ressemblait à un frigo.

« Eh ! Léa je ne monte pas la dedans c’est trop étrange


- Tu rigoles c’est le nouvel ascenseur dessiné par Sparkcompany, il n’y en a que mille dans le
monde…
- C’est le délire
- Oui regarde il a l’ouverture verticale, c’est cool tu ne trouves pas ?
- A quoi ça sert ?
- A rien »
A l’intérieur un robot accroché à un des murs de l’ascenseur, annonçait d’une voie mécanique
« Bonjour Madame ! Bonjour Monsieur ! A quel étage souhaitez-vous vous rendre ? »
TZ répondit de manière étonnée
« Je voudrais aller à Shenzhen, c’est possible ? »
Le robot répondit « Impossible ! Cet ascenseur ne peut vous transporter vers cette ville. Vous
devez prendre le taxi face à l’hôtel. Demandez-lui de vous emmener à l’aéroport nord. A
l’aéroport vous vous dirigerez vers China-Air-Speed. Vous demanderez un billet pour le
prochain avion en disant que vous venez de l’hôtel. Il vous demandera votre nom, et si vous
désirez voler en classe affaire ou en classe touriste ….Quand souhaitez vous partir ?
- Mais non c’était une blague » il se rendit compte avec violence qu’il parlait à une machine.
« Je vois que monsieur a de l’humour !
- Il est génial Léa ton ascenseur. Il est tripant
- Attend de voir mon appartement » dit Léa
« Comment tu fais pour te payer ce luxe ?
- Avec mes œuvres »
Il sentit tout de suite qu’elle avait contourné la question. Une artiste, même célèbre, aurait du
mal à se payer ce luxe. TZ sentit tout d’un coup l’adrénaline monter au cerveau, et des
palpitations firent trembler ses mains. Il avait également une certaine appréhension. Ils
entrèrent par la porte de gauche et entendirent une musique electro-newwave qui vibrait à
travers les murs capitonnés.

Léa dit à Tz.


« Ecoute, on va passer en premier lieu dans la cuisine….car si je te fais passer dans le salon,
tu risques d’avoir une attaque cardiaque… cela fera trop d’un coup. Ils entrèrent dans la

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cuisine séparée du salon par un bar américain. Ce qu’il vit en premier, c’est le DJ devant les
baies vitrées à travers lesquelles on pouvait découvrir une magnifique vue de la ville. Un
grand nombre de personnes dansaient ou mangeaient, assises dans un petit coin du salon. La
pièce faisait bien soixante-quinze mètres carrés, décorée de peintures en tous genres, sûrement
celles de Léa. Egalement un écran géant, genre mini cinéma de quartier joignait le sol au
plafond. On pouvait voir danser des algorithmes digitaux, sûrement créés par le son que l’on
entendait. Les gens étaient tous différents. TZ avait l’impression que les cinq continents
étaient réunis. La diversité des styles vestimentaires aurait fait pâlir d’envie n’importe quel
styliste.
« Je vais appeler ma copine Salea ... attends-moi là une petite minute… tiens en attendant une
coupe de champagne » proposa Léa
TZ scruta les détails de la cuisine. Il n’avait jamais vu de sa vie une cuisine si hi-tech. Il arrêta
son analyse en voyant arriver Léa et Saléa. Il passa une très bonne soirée, rencontra des tas de
gens influents. Il but beaucoup de champagne qui était fort délicieux. Il passa la nuit avec Léa
et pensa qu’il avait une chance incroyable de l’avoir rencontrée.

2017

La Russie attaqua la Chine mais perdit la guerre. Le conflit se termina par la victoire de l’axe
« Bâtisseur », et la Chine devint le maître de cet empire dévasté. Les survivants, ennemis
compris, s’exilèrent à Shanghai, dernier bastion de l’humanité.

2009

Léa et TZ prirent le petit déjeuner ensemble. La lumière blanche éclairait le visage


magnifique de Léa. Même si il avait réussi à posséder son corps, il eut encore ce sentiment
qu’il vivait quelque chose d’irréel. Pourquoi l’avait-elle choisi, c’était incompréhensible. Mais
il préférait mettre ce sentiment de côté pour apprécier chaque moment. Et là plus rien….
qu’un souvenir lointain….beauté gravée dans sa mémoire. Il se réveilla douze heures plus tard
dans son appartement. Mais que s’était-il passé entre temps ? Où était Léa ? Il regarda s’il
avait toutes ses affaires de la veille. Rien ne manquait. Dans un élan d’énergie, il prit une
douche en deux minutes chrono, descendit dans la rue et décida d’aller chez elle. Il avait

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besoin d’une explication. Il était dans le brouillard complet. Il s’arrêta devant l’immeuble et
s’aperçut que les gardes de la veille n’étaient plus là.

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