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N°7312 - Vingt-quatrième année - Prix : Algérie : 15 DA. France : 1€. USA : 2,15 $. ISSN : 1111-0333 - http:/ / www.elwatan.

com
■La justice italienne, pour qui les liens entre
Chakib Khelil et l’ancien patron de l’ENI, Scaroni, sont
désormais évidents, relancera les auditions début
novembre et sollicite la collaboration de son homolgue
algérienne pour la suite de l’enquête.
CHAMPIONS LEAGUE AFRICAINE. VITA CLUB 2 – ESS 2
L’ENTENTE DANS LA PEAU
D’UN CHAMPION
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LIRE L’ARTICLE DE NOTRE CORRESPONDANTE
NACÉRA BENALI EN PAGE 3
Kinshasa
De notre envoyé spécial
L
’Aiglenoir asurvoléleciel
deKinshasahier, s’offrant
un précieux match nul qui le
met dans lapeau d’un favori
avant lafinaleretour, prévuele
1
er
novembreprochain au stade
MustaphaTchaker deBlida.
Frôlant mêmel’exploit d’un
succès, qui aurait étémérité
au vu delaprestation des
poulains deMadoui, l’Entente
est en passed’offrir àl’Algérie
lepremier titreen Liguedes
champions d’Afrique, 24 ans
après ledernier sacredelaJSK
dans ladéfunteCouped’Afrique
des clubs champions.
Kamel Beniaïche
(Lireen page27)
LE QUOTI DI EN I NDÉPENDANT - Lundi 27 oct obre 2014
ÉDI TI ON DU CENTRE
L’enquête se
recentre sur
Chakib Khelil
Plaidoyer
pour l’égalité
homme-femme
LIRE L’ARTICLE DE CHERIF LAHDIRI EN PAGE 7
■ UN COLLOQUE INTERNATIONAL
S’OUVRIRA DEMAIN À ORAN
LE PARQUET DE MILAN DEMANDE
LA COLLABORATION D’ALGER
RETROUVEZ VOTRE SUPPLÉMENT ÉCONOMIE
EN PAGES 13, 14, 15, 16, 17, 19 ET 20
SUPPLÉMENT ÉCONOMIE
CHUTEDES RECETTES D’EXPORTATION
DES HYDROCARBURES
Les douloureux
arbitrages de l’Etat
■Des documents confidentiels publiés
par un hacker marocain révèlent, sur
le dossier du Sahara occidental, tout le
désarroi du makhzen qui continue à
tenir pour responsable l’Algérie de ses
déboires diplomatiques.
SELON DES DOCUMENTS CONFIDENTIELS
LE MAROC PERD LA MAIN
SUR LE SAHARA OCCIDENTAL
LIRE LES ARTICLES DE HASSAN MOALI EN PAGE 2
●Les Tunisiens ont été nombreux, hier,
à se rendre aux urnes pour élire une
nouvelle Assemblée législative, trois ans
après les premières élections de
la Constituante le 23 octobre 2011.
●Le scrutin va-t-il permettre
l’émergence d’une nouvelle majorité
démocratique incarnée par Nidaa
Tounes en lieu et place des islamistes
du parti Ennahdha ?
LIRE L’ARTICLE DE NOTRE CORRESPONDANT À TUNIS MOURAD SELLAMI EN PAGE 12
RÉSULTATS DES LÉGISLATIVES EN TUNISIE
QUELLE MAJORITÉ
À LA NOUVELLE ASSEMBLÉE ?
■ BAISSEDESREVENUSDEL’ÉTAT
ETDÉPENSESSALARIALESENHAUSSE
Le gouvernement cède
devant la pression de la rue
Réchauffement, Russie :
l’UE tente l’autonomie
énergétique
LA CHRONIQUE D’ EL KADI IHSANE
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 2
L ’ A C T U A L I T É
DES DOCUMENTS CONFIDENTIELS LE RÉVÈLENT
Le Maroc perd la main sur le Sahara occidental
●Dire que le royaume du Maroc est très inquiet de perdre la main dans la gestion du dossier Sahraoui est aujourd’hui un euphémisme
●Le briefing de Christopher Ross, aujourd’hui, risque d’être crucial.
L
e palais royal est vérita-
blement ébranlé par la
perspective, très sérieuse
cettefois, deperdrelecontrôle
desa«qadhiyawatania» (ques-
tion nationale) qu’est leSahara
occidental, qu’il occupedepuis
1975. Et celapourrait commen-
cer dès aujourd’hui puisque
l’envoyé personnel de Ban
Ki-moon au Sahara occiden-
tal, Christopher Ross, va faire
un briefing devant le Conseil
de sécurité sur le blocage du
processus de négociation. Le
royaume craint de faire face
à une «stratégie insidieuse de
délégitimation de la récupéra-
tion du Sahara par leMaroc»,
commesoulignédans un câble
adressé le 22 août dernier par
la mission permanente à New
York à sa tutelle. Ross attend
depuis l’étédernier lefeu vert
du royaumepour pouvoir effec-
tuer unetournéedans larégion.
Lemakhzen, qui n’apas appré-
cié son dernier rapport, quali-
fié de «dérapage dangereux»,
accuseaussi Ross depratiquer
un «doublelangage» et neveut
donc point l’inviter. LeMaroc
aaussi une(lourde) femmesur
les bras en la personne de la
nouvellereprésentantespéciale
du Secrétairegénéral et chef de
la Minurso, M
me
KimBolduc
(Canada), devant prendre ses
fonctions début septembre à
El Ayoun, en remplacement
del’Allemand Wolfgang Weis-
brod-Weber dont le mandat
s’est achevé le 31 juillet der-
nier. Ne connaissant pas son
pedigree diplomatique, il l’a
décrétéepersona non grata au
prétextequ’il n’apas étéasso-
cié(?) àsanomination…
Un double veto qui irrite au
plus haut point le secrétaire
général del’ONU et les Etats-
Unis, de plus en plus édifiés
que c’est le royaume qui em-
pêche un début de solution à
ceconflit. Dommagecollatéral
pour Rabat : le concept de
«territoire non autonome» du
Sahara occidental, conformé-
ment au droit international et
aux résolutions pertinentes des
Nations unies, est désormais
assumé publiquement à New
York. Et c’est le sacro-saint
principe de la «marocanité du
Sahara» qui voleen éclats.
LA FIN DU LAISSER-ALLER
AMÉRICAIN ?
Un coup de semonce pour le
makhzen, qui voit ses anciens
protecteurs l’abandonner l’un
après l’autre. Mieux (ou pire),
le sous-secrétaire adjoint pour
les affaires du Proche-Orient
au département d’Etat, J ohn
Desrocher, a déclaré, lors de
sa visite la semaine dernière
à Rabat, que «la dynamique
doit se poursuivre» et qu’il
fallait «éviter de geler le pro-
cessus». En clair, Washington
somme Rabat d’accueillir les
deux diplomates indésirables,
Christopher Ross et sanouvelle
collègue, M
me
Bolduc. Et quand
l’oncle Samhausse le ton, le
makhzen attrapeinévitablement
le rhume. Cette grosse peur
transparaît assez bien dans une
piledecorrespondances portant
mention «confidentiel» qu’on-
tadressé le représentant per-
manent du royaume à l’ONU,
l’irascible Omar Hilal, et son
adjoint Abderrazzak Laassel à
leur tutelle, le ministère des
Affaires étrangères. Tout au
long de ces dizaines de docu-
ments — dont El Watan détient
des copies — le représentant
deSaMajestéattirel’attention
du makhzen sur le fait que le
Maroc subit les vents contraires
dans les couloirs des Nations
unies.
DES CÂBLES
CATASTROPHÉS
Ni Ban Ki-moon ni Christo-
pher Ross et, fait nouveau, ni
les Etats-Unis ne sont désor-
mais sensibles aux arguments
annexionnistes du royaume. Du
coup, lereprésentant permanent
du Maroc à l’ONU joue les
vierges effarouchées et invitele
makhzen àimaginer lepire.
Le pire, c’est évidemment de
voir les Conseil de sécurité
adopter, en avril prochain, une
résolution élargissant lemandat
de la Minurso à la protec-
tion des droits del’homme. Ce
scénario est plus que jamais
probable, selon les câbles de
Omar Hilal au MAE marocain,
saisis au vol… Ce diplomate
marocain recommande à sa
tutelle de désavouer l’envoyé
personnel du secrétairegénéral,
Christopher Ross, pour blo-
quer leprocessus devant mener
à l’adoption d’une résolution
contraignanteen avril.
Dans sanoted’information da-
téedu 2 octobre2014, ladirec-
tion des affaires américaines
du MAE marocain brosse un
tableau noir de l’évolution du
dossier sahraoui dans les cou-
loirs del’ONU : «La situation
dans son ensemble interpelle,
susciteplusieurs interrogations
et laisseprésager des périodes
difficiles aussi bien au sein des
Nations unies qu’avec nos par-
tenaires américains...»
RABAT-WASHINGTON,
TENSION MAXIMUM
Il y est écrit aussi : «Notre
pays est présenté par M. Ross
commeresponsabledu blocage
en cours dans le processus
politique, une idées véhiculée
dans les couloirs des Nations
unies et auprès des membres du
Conseil de sécurité.» La note
secrètedeRabat s’inquiètesur-
tout delatension avec les Etats-
Unis. On y apprend en effet
que «Washington a d’ores et
déjà commencéà introduiredes
changements dans sa position»
au sein del’ONU. Comment ?
Lors de l’examen du rapport
annuel du Conseil de sécurité
àl’Assembléegénéralepour la
période1
er
aout 2013-31 juillet
2014, ladélégation américaine
a introduit, d’après la note,
des amendements dans la par-
tie sur le Sahara dudit rapport
en supprimant toute référence
«aux Etats voisins». Pour le
makhzen, il s’agit d’un crimede
lèse-majestéen cesens queles
Américains déclarent quel’Al-
gérie n’est pas partie prenante
au conflit. Rabat craint une
grave crise avec l’Administra-
tion américaine, qui achangéde
ton et decap dans laperception
du conflit au Sahara occiden-
tal. Et pour cause, l’ambas-
sadeur des USA à Rabat a
exprimé, le 31 juillet dernier,
au MAE marocain ses doutes
quant à la capacité de Chris-
topher Ross à faire son travail
avec lapersistancedes blocages
de Rabat. La sous-secrétaire
d’Etat aux affaires politiques,
Wendy Sherman, aréitérécette
exigenceen margedela69
e
ses-
sion de l’Assemblée générale
de l’ONU, au même titre que
sa collègue la sous-secrétaire
d’Etat Anne Patterson, lors de
son entretien téléphoniqueavec
laministremarocainedéléguée
aux Affaires étrangères.
Après la crise d’avril 2013
quand les USA ont retiré à la
dernière minute un projet de
résolution élargissant lemandat
de la Minurso, le désamour
s’installe à nouveau entre le
Maroc et son ancien parrain, les
Etats-Unis. Et ledivorcerisque
mêmed’êtreprononcéaux torts
évidents du royaume.
Hassan Moali
D
ans quasiment tous les câbles envoyés
deNew York au ministèremarocain des
Affaires étrangères, l’Algérie est immanqua-
blement citéecommeempêcheusedetourner
en rond dans leconflit sahraoui. On retiendra
notamment cette note de la direction des
affaires américaines, du 2 octobredernier, qui
invitelechef deladiplomatiemarocain «à ne
pas sous-estimer les capacités de manœuvre
denos adversaires». Cettenoteconfidentielle
s’alarme du fait que Ramtane Lamamra ait
étéreçu par lesecrétaired’Etat John Kerry et
la conseillère à la sécurité nationale, Susan
Ric,elors desavisitequ’il aeffectuéedu 18 au
20 septembredernier àWashington. Rabat per-
çoit uneradicalisation delaposition del’Algé-
rieau plan bilatéral depuis lanomination de
RamtaneLamamraàlatêtedeladiplomatie
algérienne. Dans unenotedatéedu 6 janvier
2014, signéepar Mohamed Loulichki, ambas-
sadeur, représentant permanent du royaume
àl’ONU, il y est écrit quel’amélioration des
relations entrel’Algérieet leMaroc, «demeure
un objectif fuyant et difficileà concrétiser en
l’absence d’un changement dans la classe
politiqueet la structuredel’Etat en Algérie».
Rabat reprocheàAlger denepas s’impliquer
dans les négociations avec les Sahraouis.
«Depuis uneannée, les dirigeants decepays
(l’Algérie) ont tout fait pour annihiler les effets
des petits pas queM. Ross a fait faireauxrela-
tions bilatérales avec leMaroc», lit-on dans le
mêmedocument. Et d’ajouter : «Les derniers
jours de2013 sesont distingués par unesuren-
chèresans précédent avec, pour la première
fois, la demande d’élargissement du mandat
dela Minurso faiteofficiellement par l’Algérie
au nomdeson Président, le29 octobre2013 à
Abuja…»
Le document confidentiel met en relief la
«mobilisation dela sociétécivilealgérienne»
àtravers leCNASPS et «l’envoi d’unedélé-
gation de l’Assemblée nationale aux débats
sur la question du Sahara à la quatrième
commission des Nations unies». Il citeégale-
ment les déclarations répétées du porte-parole
du MAE, Amar Belani, accusant, lit-on, «le
Maroc detous les mauxdeson pays». Dans un
autrecâblediplomatiquedatédu 22 août 2014,
lereprésentant du Maroc àl’ONU accusela
direction des affaires juridiques et ladirection
du maintien delapaix, entreautres, «d’adhé-
rer à la thèse polisario-algérienne colportée
par Ross selon laquellelestatu quo au Sahara
occidental sert les intérêts du Maroc». Et de
conclure que le secrétaire général de l’ONU
«agit en supplétif del’Algérieet du Polisario
en vued’affaiblir la position du Maroc et in
finel’obliger à accepter l’inacceptablepour le
règlement deceproblème». H. M.
Ces petites phrases
qui ébranlent le palais
L
e Maroc, qui a longtemps
évolué sous le parapluie pro-
tecteur des grandes puissances,
notamment laFranceet les Etats-
Unis, n’a pas l’habitude d’en-
tendreun autrediscours quecelui
de son «plan d’autonomie cré-
dible et réaliste». Autres temps,
autres discours. Les Américains,
très sensibles àl’instabilitédans le
Sahel et leSahara, semblent avoir
changéleur fusil d’épaule. Publi-
quement, ses hauts responsables
qualifient leSaharaoccidental de
«territoire non autonome» et les
structures de l’ONU, notamment
la Minurso et le HCDH, sont
expressément invitées àmention-
ner ce statut dans toutes leurs
correspondances. Et subséquem-
ment, ledépartement des affaires
juridiques de l’ONU a enjoint
au personnel delaMinurso dese
fairetamponner leurs documents
du voyageàpartir des villes maro-
caines et non plus à El Ayoun,
conformément au principe«Legal
Status-Equal Treatement». Un
désaveu impliciteàlamarocanité
du SaharachèreàM6.
Demême, dans un câbledeOmar
Hilal, datédu 4 septembre2014,
Christopher lui a déclaré que
«l’Algérie n’est pas partenaire
de la négociation» et que «le
Maroc se trompe». Durant la
mêmerencontreRoss afait savoir
au diplomatececi : «J ’ai toujours
eu un problèmeavec la référence
à la souveraineté du Maroc sur
le Sahara.» Aussi, lui a-t-il fait
remarquer, que la Minurso est
«habilitée» às’occuper aussi des
droits de l’homme car, «d’après
les dernières résolutions, elledoit
entreprendre des contacts avec
tous ses interlocuteurs», précise
Ross. Il lui apar ailleurs précisé
quelereprésentant spécial adeux
casquettes : celle de chef de la
Minurso et celle de représentant
du secrétaire général. Par consé-
quent, «il est habilitéà sepencher
sur les droits del’homme, dont le
secrétaire général fait une prio-
ritédans lecadredeson initiative
‘Rights Up Front’ (priorité aux
droits del’homme)».
Le royaume apprécie moyenne-
ment le soutien étriqué de la
France, son meilleur ami. Dans
sanotequi fait letour delaques-
tion en janvier 2014, Mohamed
Loulichki souligne«les nuances»
apportées par Paris à sa posi-
tion durant les débats del’année
dernière. Il cite notamment «la
non-utilisation par la France de
son droit deveto, son respect des
droits del’hommeet lenon-appui
à l’autonomie dans le discours
français». Facteur aggravant
pour leMaroc, lerappel du Quai
d’Orsay de «l’attachement de la
France au droit de manifester»
dans les territoires occupés. Pour
fairerevenir laFranceàdemeil-
leurs sentiments, le diplomate
recommandedela«consulter en
priorité» et de «partager avec
elle nos intentions pour nous
prémunir contre les états d’âme
des Américains et la complicité
britannique».
Il n’est pourtant pas sûr que
les Français puissent gêner la
feuille de route des Américains,
soutenus par les Anglais, si leur
volontédefaireplier leroyaume
seconfirme. H. M.
L’Algérie, le chat noir
du Maroc
Chris
Coleman, le
fantôme du
makhzen
Il est Marocain et se
fait appeler Chris
Coleman. Ce hacker est
en train d’ébranler le
palais en dévoilant des
documents sensibles
et confidentiels (mails,
ordres de virement,
notes secrètes et autres
courriers offi ciels). Il
s’est aussi attaqué aux
activités ultrasensibles
de la Direction générale
des études et de la
documentation (DGED)
rattachée au palais
royal. Surnommé le
«Snowden marocain»,
cet homme inonde
depuis quelques jours
les réseaux sociaux de
la littérature sulfureuse
dont le makhzen se
serait volontiers passé.
C’est la première fois
que des documents
secrets sont ainsi
portés sur la place
publique, qui plus est
concernant la question
hautement stratégique
du Sahara occidental.
Sans doute que ce petit
génie de l’informatique
empêche beaucoup de
hauts responsables
marocains de dormir.
H. M.
Mohammed VI
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L ’ A C T U A L I T É
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 3
LE PARQUET DE MILAN DEMANDE LA COLLABORATION D’ALGER
L’enquête se recentre
sur Chakib Khelil
Rome
De notre correspondante 

L
es magistrats du pôleanticor-
ruption ont lancéhuit commis-
sions rogatoires adressées aux
autorités des pays suivants : Algérie,
Suisse, Luxembourg, Abu Dhabi,
Liban, France, Hong Kong et Sin-
gapour. Les investigateurs italiens
sont certains que la société-écran
Pearls Partners, appartenant au ne-
veu del’ancien ministredes Affaires
étrangères Mohamed Bedjaoui,
n’était en réalitéqu’unecaissenoire
par laquelle transitait l’argent des
pots-de-vin généreusement versés
par les dirigeants de Saipem (la
filiale dont l’ENI détient la majo-
rité des actions) aux responsables
de Sonatrach et aux fonctionnaires
algériens, entre2007 et 2010, pour
décrocher sept contrats d’unevaleur
totale de 11 milliards d’euros. Ces
sommes faramineuses, estimées à
198 millions d’euros, ne seraient,
selon l’enquête, qu’un trésor caché
quel’ancien n°1 del’ENI aurait dis-
simulé dans différents paradis fis-
caux pour pouvoir le récupérer par
lebiais d’un fonds privé, ThePaolo
Scaroni Trust. C’est cet organisme
financier directement liéàScaroni,
à son épouse et à ses descendants,
qui intéresse les enquêteurs. Les
juges Fabio De Pasquale, Gior-
dano Baggio et Isidoro Palma ont
présenté, la semaine dernière, une
demande au juge chargé de l’en-
quêtepréliminaire, AlfonsaFerraro,
pour les autoriser àinterroger deux
anciens dirigeants deSaipem, Pietro
Varone (directeur des opérations)
et Tullio Orsi (ancien directeur de
Saipempour l’Algérie). Des inter-
rogatoires qui seront retenus comme
preuves lors du procès.
7 DIRIGEANTS DE L’ENI
POURSUIVIS POUR CORRUPTION
Rappelons que sept dirigeants de
l’ENI et deSaipemsont poursuivis
pour ledélit decorruption interna-
tionaleainsi quelegroupepétrolier
ENI (EnteNazionaleIdrocarburi) et
Saipem. Scaroni, qui aétéécartéde
la gestion de l’ENI après presque
une décennie durant laquelle il
aurait savamment préparé le futur
desafamilleet deses proches grâce
aux pots-de-vin encaissés par des
subterfuges complexes et diffici-
lement traçables, est au centre de
l’enquêtedu tribunal deMilan. Les
magistrats du pôleanticorruption ne
donnent qu’uneimportancerelative
au rôle du golden boy algérien Fa-
rid Bedjaoui, trop inexpérimenté,
selon eux, pour gérer les centaines
de millions d’euros qui ont tran-
sitéentreles mains des dirigeants de
l’ENI et ceux deSonatrach durant la
décennie passée. En fait, Bedjaoui
ne serait qu’un «transporteur» de
fonds qui aurait prêté son nomet
celui de ses collaborateurs pour
aider deux gros prédateurs rompus
aux mécanismes financiers com-
plexes qui permettent decacher des
fortunes aux quatrecoins du monde.
Il s’agit deScaroni et Chakib Khelil.
L’ancien patron de l’ENI se serait
servi deson trust, fondéen 1996 en
Grande-Bretagne, pour placer dans
des investissements sûrs le capital
détourné. Les fonds ayant tran-
sitépar cetrust ont ensuitebénéficié
d’une loi d’amnistie fiscale que le
gouvernement Berlusconi, homme
politique très proche de Scaroni,
avait promulguée, cequi apermis à
l’ancien n°1 de l’ENI de rapatrier
un gros patrimoine financier non
déclaréen payant unetaxedérisoire
d’àpeine7%. Cet argent blanchi a
étéréinvesti dans unesociétéimmo-
bilière, CortinaSRL, qui appartient
à 100% à Scaroni, selon ce que
le quotidien économique Sole 24
Oreindique.
SCARONI ET KHELIL :
LES CERVEAUX DE L’AFFAIRE
Cette même agence appartenait au
trust Scaroni, au moins jusqu’en
2008. Les avocats del’ancien patron
del’ENI ont soulignéquecefonds
aétéalimentépar les rémunérations
dont Scaroni abénéficiédurant les
années où il travaillait à l’étranger.
Alors, pourquoi ce trust a-t-il été
fondéet avait son siègedans lepara-
dis fiscal del’îledeGuernesey, dans
lecanal delaManche, pour êtreen-
suitetransféréaux Etats-Unis, sede-
mandent les enquêteurs. Rappelons
que c’est grâce aux confessions de
Pietro Varone, dirigeant deSaipem,
que l’on en sait plus sur le scan-
dale Sonatrach-Saipem. Ce dernier
avait accusé Scaroni d’être le cer-
veau decetteopération demégacor-
ruption. Pour se défendre, l’ancien
patron del’ENI avait affirménepas
connaîtreVaroneet s’était dit «fier
d’avoir obtenu son licenciement».
Mais, en avril dernier, un tribunal
italien a déclaré abusif son licen-
ciement et a condamner Saipem
à l’indemniser avec la rondelette
sommede1,2 million d’euros.
Scaroni a-t-il voulu faire porter le
chapeau à Varone, comme Chakib
Khelil veut le faire porter à Farid
Bedjaoui ? En attendant detrouver
une réponse à cette question, les
juges milanais comptent beaucoup
sur la collaboration des autorités
internationales interpellées, surtout
les algériennes.
Ces dernières vont-elles autoriser
les juges du tribunal d’Alger à
communiquer à leurs homologues
italiens les informations dont ils dis-
posent ? Un véritabletest decrédi-
bilité pour l’Algérie, qui permettra
dejauger lasincéritéet lesérieux du
gouvernement algérien dans lalutte
contrelacorruption.
Nacéra Benali
● Le sort de l’ancien administrateur délégué de l’ENI, Paolo Scaroni, et celui de l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil, sont scellés
● Les juges milanais sont convaincus qu’une grande partie de l’argent versé aux Algériens a été récupéré par l’ancien patron de l’ENI
● D’anciens dirigeants de Saipem seront interrogés probablement le 3 novembre prochain.
FRONTIÈRE ALGÉRO-
TUNISIENNE
Renforcement
militaire sans
précédent
D
epuis la veille des premières
élections législatives tunisiennes,
c’est l’alertemaximaleà la fron-
tièrealgéro-tunisienne. En effet, un im-
portant dispositif militairea étédéployé
en renforcement de celui déjà en place,
avons-nous appris desources militaires.
Depuis plusieurs jours, des avions mili-
taires Hercules C130 font la navette
au niveau des aéroports de Annaba et
Tébessa, assurant letransport decontin-
gents. Le défi sécuritaire est tellement
important qu’il a poussél’état-major de
la Gendarmerie nationale à faire appel
à ses réserves deGGF pour parer à toute
tentatived’incursion terroristedeet vers
la Tunisie.
L’état d’alerte concerne toute la région
frontalière sud-est que partagent avec
l’Algériela Tunisieet la Libye. Ainsi, à
partir de la wilaya de Ouargla jusqu’à
Laâyoune (El Tarf) en passant par le
poste-frontière Taleb El Arbi dans la
wilaya d’El Oued, les points decontrôle
ont été multipliés, de même que les
patrouilles motorisées et pédestres.
Le même degré de vigilance est égale-
ment constaté dans le contrôle des per-
sonnes dans ces régions.
Les hélicoptères ne sont pas en reste
puisqu’ordre a été donné d’assurer une
surveillanceaériennedejour commede
nuit. «Parallèlement, six hélicoptères
type Augusta ratissent quotidiennement
letracéfrontalier entrel’Algérie, la Tu-
nisieet unepartiedela Libye, tout autant
que les véhicules tout-terrain des GGF.
Les Douanes algériennes et la Police
aux frontières (PAF) sont également en
alerte», assurent les mêmes sources. Ces
mesures exceptionnelles ont étédécidées
en réponse à la dernière menace terro-
riste en vue de troubler les premières
élections législatives et présidentielles
tunisiennes. «L’Algérien’a pas jugéutile
defermer sa frontièreest et a préféréren-
forcer le nombre et l’activité des unités
relevant du commandement des gardes-
frontières» affirment-elles. M.-F. G.
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El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 4
L ’ A C T U A L I T É
AFFAIRE KHALIFA EN FRANCE
Raghid Echamah ou
l’énigme judiciaire
●De lourdes interrogations entourent les décisions du tribunal de Nanterre relatives à l’affaire Khalifa
● Ainsi, le tribunal semble regretter l’absence d’enquête complémentaire pour élucider le rôle joué par
Raghid Echamah dans la vente des avions-taxi ●Il regrette d’être obligé de rester dans le cadre de l’arrêt du
juge, qui a bien su plomber les qualifications des faits.
S
i l’on seréfèreàladécision
finale, le tribunal de Nan-
terre (France) a condamné
l’ensembledes mis en causepoursui-
vis dans lecadredel’affaireKhalifa,
à l’exception de Raghid Echamah,
l’homme qui a joué un rôle capital
dans la cession des 12 avions-taxi,
achetés par Abdelmoumen Khalifa,
mais aussi delasociétéSocataet son
patron Philippe Debrun, filiale du
géant européen de l’aéronautique,
EADS, auprès delaquellelasociété
J etCorp, de Abdelmoumen, avait
acquis ces appareils. Le tribunal a,
en effet, condamnéBrandella, Krim,
M
me
Tayebi, Lembo, Chachoua,
Aute-Laroy àdes peines respectives
de4 mois deprison, 6 mois assortie
d’une amende de 10 000 euros, 8
mois et uneamendede10 000 euros,
8 mois et 75 000 euros, un an avec
sursis et 10 000 euros, 18 mois dont
un an avec sursis et uneamendede
75 000 euros. Quant à Abdelmou-
men Khalifa, letribunal aprononcé
la peinemaximalede5 ans depri-
son assortie d’un mandat d’arrêt et
d’une amende de 375 000 euros.
En revanche, la même juridiction a
relaxél’épousedeKhalifa, M
me
Ami-
rouchène, et surtout Echamah, Phi-
lippeDebrun et lasociétéSocata. Il a
déclaréirrecevablelaconstitution de
partieciviled’El KhalifaBank et de
KhalifaAirways, en liquidation.
Tout comme pour les décisions du
tribunal criminel de Blida rendues
en 2007, lejugement du tribunal de
Nanterreest restéfidèleau contenu
de l’arrêt de renvoi de la chambre
d’instruction. Aucunerequalification
n’a été retenue. Ce qui a probable-
ment motivél’irrecevabilitédelade-
mandedeconstitution departiecivile
introduitepar KhalifaBank (en liqui-
dation), lui déniant ainsi ledroit de
seprévaloir depréjudices directs liés
aux infractions de banqueroute. En
fait, dès lerenvoi du dossier devant
letribunal par lejuged’instruction,
sans requalification et sans incul-
pation de faits de blanchiment, la
constitution departieciviledevenait
très difficileàfaireadmettre. Durant
leprocès, lajugead’ailleurs précisé,
à plusieurs reprises, que selon elle,
des investigations complémentaires
auraient dû être accomplies. Dans
la motivation de la relaxe dont a
bénéficiéRaghed Echamah, un Fran-
co-Libanais au centre de toutes les
transactions financières opérées par
Abdelmoumen Khalifa à l’étranger,
le tribunal a écrit : «La proximité
d’Echamah avec Khalifa, les incer-
titudes qui demeurent sur la nature
du ‘consultancy agreement’ passé
avec Khalifa et la supposéedation en
paiement des trois TBM (avions) à sa
société, aucun document ne venant
corroborer ses dires n’ayant pu
être fourni par l’intéressé peuvent,
malgréses nombreuses protestations
debonnefoi, légitimement soulever
des interrogations et auraient pu, le
cas échéant, faire l’objet d’investi-
gation spécifique». Visiblement, le
tribunal sembleregretter sadécision
de relaxe au profit d’Echamah. En
fait, ni les investigations demandées
lors de l’instruction et refusées par
le juge ni la qualification retenue
ne pouvaient permettre, selon tou-
jours letribunal, unecondamnation
d’Echamah pour les faits relatifs àla
ventedes avions-taxi. Il aconsidéré
que seules les personnes ayant une
activité au sein de KhalifaAirways
ou KhalifaBank étaient susceptibles
de connaître l’état de cessation de
paiement et donc d’avoir intention-
nellement commis des faits deban-
queroute, notamment par détourne-
ment d’actif.
La question qui reste posée est de
savoir pourquoi lemagistrat instruc-
teur aplombéses conclusions afin de
nelaisser aucunebrèchequi permet-
trait au tribunal depiéger Echamah.
Est-cepour éviter legrand déballage
pouvant éclabousser degrosses poin-
tures del’Etat français, exerçant au
sein d’EADS ? La question mérite
d’êtreposée, surtout lorsquel’on sait
dans quelles conditions ce Franco-
Libanais s’est livréàlajusticefran-
çaiseaprès unelonguecabale.
Comptetenu delasensibilitédece
dossier et surtout satroublanteges-
tion par les juridictions françaises, il
est peu probable de voir le parquet
contester le verdict. Les mêmes
craintes devoir un deuxièmeépisode
de ce procès semblent avoir envahi
lajusticealgériennequi, depuis plus
d’une année, peine à programmer
le procès, après cassation, de Kha-
lifaBank, au tribunal criminel près la
cour deBlida, et adu mal àorganiser
lejugement deAbdelmoumen Kha-
lifa, extradéil y a10 mois.
Salima Tlemçani
P
U
B
L
C
I
T
É
INDUSTRIE MILITAIRE
Sortie des deux premiers véhicules
Mercedes à Tiaret
L
es deux premiers véhicules miltaires de marque alle-
mandeMercedes sont sortis hier del’usinedelaSociété
algériennepour lafabrication des véhicules Mercedes Benz
(Safav-MB) deAïn Bouchekif, dans lawilayadeTiaret. Ces
premiers véhicules ont étémontés en présencedu général de
corps d’arméeAhmed Gaïd Salah, vice-ministredelaDéfense
nationale, chef d’état-major del’ANP, qui aassistéàlacéré-
monieinauguraledecetteusine, premièredu genreen Algérie.
Etaient également présents àcettecérémonie, legénéral-major
Saïd Bey, commandant dela2
e
Région militaire, legénéral-
major Chouaki Rachid, directeur des industries militaires et un
grand nombred’officiers supérieurs del’ANP. Ledirecteur de
laproduction decettesociétéaindiquéquedans unepremière
étapeet durant les premières années, l’usinefabriqueradiffé-
rents types devéhicules utilitaires et 4x4 destinés àun usage
civil. Laproduction théoriqueannuelledecetteusineest de
6000 véhicules detypeMercedes Spartner destinés àtous les
usages, 2000 véhicules 4x4 detypeG. Class delacatégorieG
destinés àun usagemilitaireet paramilitaire. Lereprésentant
du partenaireallemand aévoqué, pour sapart, latechnologie
defabrication des véhicules dans cetteusinequi est lamême
quecelleutiliséeen Allemagneet en Autriche. Il aégalement
insistésur letransfert decettetechnologieafin qu’ellepuisse
êtreadoptéepar lamain d’œuvrealgérienne. Il est àrappeler
quelaréalisation decetteusines’inscrit dans lecadredela
miseen œuvredu programmedelarelanceéconomiqueet du
développement et du renforcement des capacités del’industrie
militairepour lasatisfaction des besoins des forces armées. La
Safav-MB est unesociétémixtecrééeen juillet 2012. Elleest
composéedetrois principaux actionnaires.
Lapartiealgériennedétient 51% des actions. Elleest com-
poséedel’entreprisededéveloppement del’industrieauto-
mobile(EDIV) relevant du MDN (34%) et laSNVI (17%).
Ledeuxièmeactionnaireest représentépar lefonds d’inves-
tissement émirati Aabar (49%). Legroupeallemand Daimler
est considérécommelepartenairetechnologique. Seizeingé-
nieurs formés en Allemagneveillent sur laformation des tech-
niciens et labonnemarchedel’atelier-pilotequi comprend
7 plateformes pour lemontagedes véhicules 4x4 et 5 autres
pour les véhicules utilitaires.
L’usine compte également un centre de formation dans la
technologieautomobile. Il est composéd’unesallepédago-
gique, d’un laboratoired’apprentissagedes langues allemande
et anglaise, six salles de cours, une salle des conférences
multimédias ainsi quedes ateliers demécaniqueet un bloc
administratif. Actuellement 120 stagiaires, diplômés des
CFPA suivent uneformation au niveau dececentredans les
spécialités delamécaniquegénérale, delamécaniqueauto, de
l’entretien et delacarrosserie. L’usines’étend sur unesuperfi-
ciede104 hectares dont 44 bâtis. R. P.
La cession des 12 avions-taxi de Khalifa Airways reste sombre, vu l’absence d’enquête sur cette vente et le principal auteur
L
eConseil des lycées d’Algérie(CLA) revient à
lacharge. Il organiseraun rassemblement le10
novembreà10h, en facedel’annexedu ministère
de l’Education, au Ruisseau, pour dénoncer le
désintérêt dela tutellepar rapport aux revendi-
cations élémentaires. Le CLA observera «une
journéedemécontentement». Leconseil national
du syndicat, qui s’est réuni vendredi dernier, énu-
mèreplusieurs points dans un communiquérendu
public hier. «La situation dans les établissements
scolaires est catastrophique», souligneleCLA.
Et d’ajouter que«lemouvement deprotestation
en a touchéplus de60% pour dénoncer la sur-
chargedes classes. 10% des établissements ont
des classes deplus de50 élèves et 50% travaillent
dans des classes de plus 40 élèves». Le CLA
estimeque«lemanqued’encadrement au niveau
pédagogiqueet administratif conduit à l’anarchie
et à la violencedans les enceintes scolaires», lais-
sant placeà«l’insécurité». Lesyndicat observe
«uneabsencetotaledela tutellequi n’essayepas
detrouver les solutions concrètes». Au contraire,
peut-on lire, leministèredel’Education nationale
«continuesa fuiteen avant en faisant diversion
et en rejetant la responsabilitésur d’autres». Le
CLA pensequeleministèreappréhendeavec «lé-
gèretéledialogueavec les partenaires sociaux»,
tout en dénonçant «le comportement bureau-
cratique de la tutelle vis-à-vis des partenaires
sociauxen matièrededémarche, dedialogueet
de concertation préconisée (absence de PV de
négociation, lourdeurs dans l’octroi des auto-
risations des tenues des conseils nationaux)».
Dans lemêmesillage, leCLA dénonceégalement
«l’organisation des concours depromotion sans
préciser lenombredepostes ouverts qui sera en
dessous des besoins». Le CLA exige, en guise
de propositions, «la réouverture des négocia-
tions du statut particulier de l’éducation et la
régularisation de la situation des enseignants
protestataires».
Par ailleurs, leCLA condamne«leharcèlement
sexuel quesubissent des enseignantes dela part
dedirecteurs d’établissement et d’inspecteurs de
matières».
A cetitre, il demande«l’ouvertured’unecellule
d’écoutespécialedestinéeauxvictimes deharcè-
lement sexuel en milieu scolaire». M. B.
L ’ A C T U A L I T É
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 5
AVIS D’APPEL
D’OFFRES NATIONAL OUVERT
Réf : ECHO/DZA /BUD/2014/91005/002
TriangleGénération Humanitairelanceun avis d’appel d’offres ouvert pour laconstruc-
tion d’un atelier mécaniquedans les camps deréfugiés Sahraouis au Sud deTindouf,
dans le cadre d’un programme financé par l’Office européen d’Aide Humanitaire
(ECHO).
Les soumissionnaires ou leurs représentants dûment mandatés intéressés par leprésent
avis peuvent retirer lecahier des charges contreprésentation d’unecopielégaliséedu
registredu commerceà:
Triangle Génération Humanitaire,
Cité EPLF, 444 logements, bâtiment B5, appartement A,
3
e
étage, Said Hamdine, 16016 Hydra, Alger
Tél. : 049 92 24 33/ 021 60 20 35/ 05 55 61 48 03.
Email : admin.algerie@trianglegh.org
La date limite pour le dépôt des offres est de 21
jours après la parution du présent avis.
Un dispositif
spécifique activé
L
afièvrehémorragiqueEbolasusciteles inquié-
tudes. L’Algérieapris des dispositions pour parer
à toute éventualité. C’est ce que nous a confirmé
hier SlimBelkessam, conseiller àlacommunication
au ministèredelaSantéet delaRéformehospita-
lière, contactépar El Watan. «Nous avons activéun
dispositif spécifiquedecontrôleaux frontières de-
puis avril 2014 et renforcéleniveau d’alertepour
permettreaux services et aux unités deprendreen
chargedes cas contagieux.»
Ledispositif aétéconsolidéégalement sur labasedes
recommandations des commissions d’experts et de
l’OMS. Parmi les autres mesures figurent lecontrôle
sanitaire aux frontières (terrestres, maritimes) et le
déploiement d’unités depriseen chargeàl’intérieur
du pays. Le but est d’identifier très rapidement les
personnes contaminées. Le travail de riposte a été
menéen étroitecollaboration avec lapolicenationale
et laProtection civile, qui ont bénéficiéd’unequantité
importante d’équipements de protection nécessaires
pour éviter toutecontagion (casques et combinaisons).
Par ailleurs, lamêmesourceannoncelelancement
d’opération de sensibilisation et de mise à niveau
des connaissances. Dans ce cadre, une rencontre
à l’Ecole de police sera organisée demain pour
poursuivre le travail de sensibilisation. Le même
dispositif mis en placepour laprévention contrele
virus Eboladans lenord du pays aétédéployédans
le Sud. Le risque est important, notamment aux
frontières sud. Des porteurs du virus qui traversent
cettefrontières peuvent facilement contaminer les
Algériens.
Au niveau du ministère de la Santé, on nous
confirmequ’aucun cas n’aétéenregistréen Algérie
mais quelavigilancedoit êtredemise. «Si un cas se
déclare, nous avons les moyens deledépister et de
leprendreen chargeassez rapidement», confirme
SlimBelkessam.
L’Algérie possède un atout : elle ne propose pas
deliaison aériennedirecteavec les pays concernés
par l’épidémie. Mais lasurveillancedeviendraplus
strictedans lecas où les voyageurs d’autres Etats
touchés par levirus seraient amenés àvenir sur le
sol algérien. Kamel Benelkadi
HARCÈLEMENTS SEXUELS EN MILIEU SCOLAIRE
Rassemblement du CLA le 10 novembre
L
ors de sa virée, hier à Sétif, Nouria Ben-
ghebrit, ministre de l’Education nationale,
a appelé la famille de l’éducation à la mise
en place d’un pacte national pour la sauve-
garde de l’école algérienne ainsi que d’une
chartededéontologiepour tous les enseignants.
«Lesecteur del’éducation est en croissance, ce
qui a engendré l’émergence de nombreux pro-
blèmes. Nous devons êtrevigilants en vuedepré-
server l’école. Cedont on a besoin aujourd’hui,
c’est del’engagement detous. Alors, mobilisons-
nous et militons pour préserver notreécole», a
déclaré M
me
Benghebrit, dans son allocution à
l’occasion delaconférencerégionalesur l’éva-
luation delarentréescolaire2014-2015 regrou-
pant 16 wilayas del’Est, qui setient àSétif les
26 et 27 octobre. Laministreainsistésur levolet
formation du personnel, car «la formation est la
base pour l’amélioration du niveau de l’ensei-
gnement. Leprogrammepour l’année2014-2015
prévoit la formation de500 000 fonctionnaires
dont 400 000 enseignants. Ces derniers repré-
sentent 84,66% del’ensembledu personnel de
l’éducation, dont 67% sont de jeunes recrues.
La formation s’appuiera sur l’amélioration du
niveau des enseignants du cycle primaire, qui
représentent 49% du personnel du secteur».
Concernant les besoins, la ministre a déclaré :
«A l’horizon 2030, lenombred’élèves scolarisés
atteindra les 11millions, soit uneaugmentation
de3millions. Cet important chiffrenécessitera le
recrutement de250000enseignants. En matière
d’infrastructures, les besoins seront de 10 000
nouveauxétablissements, d’ici là, on prévoit des
classes de26 élèves dans lecycleprimaire, 30
au moyen et 32au secondaire.» M
me
Benghebrit
aaussi annoncéqueson département instituera
unechartededéontologiedel’éducation natio-
nale dont les directives et conseils permettront
àl’enseignant deprendreles bonnes décisions.
Par ailleurs, àsasortiedu siègedeladirection
del’éducation deSétif où setient laconférence
régionale, la ministre a été interpellée par des
centaines d’économes et fonctionnaires des
services économiques, en grèvedepuis presque
deux mois, venus deplusieurs wilayas. Ces der-
niers ont profitédel’occasion pour interpeller la
ministre, laquelleaeu un bref échangeavec deux
représentants qui lui ont remis uneplateformede
revendications. «J en’ai jamais ferméles portes
du dialogueet jen’ai jamais refuséderencontrer
quiconque. Concernant vos revendications, il y
a eu effectivement des dysfonctionnements lors
des négociations tenues en 2012; cettecatégorie
a étéexclue. J esuis disposéeà dialoguer mais
dans un cadre légal. Il faut d’abord que cette
grèvecesse. Les conséquences sont dramatiques
pour nos établissements scolaires. J e suis dis-
poniblepour tout dialogue. Alors, montrez-moi
votredisponibilitéen mettant fin à votregrève»,
adéclaréM
me
Benghebrit, qui aterminésavisite
en inspectant des infrastructures deson secteur
en cours de réalisation à Sétif, Ouled Saber,
El Eulma et El Ouldja. Notons qu’en plus des
directeurs del’éducation de16 wilayas del’Est,
des chefs deservice, des inspecteurs centraux et
des chargés decommunication deces directions
étaient présents àcetterencontrerégionale. Sept
ateliers de travail ont été mis en place autour
dethèmes liés àlagouvernance, lagestion des
ressources humaines, financière et matérielle,
l’information et lacommunication, laformation
des formateurs et les structures d’accueil.
Leïla Benani
NOURIA BENGHEBRIT À SÉTIF
«Je suis disponible pour tout dialogue…»
L
e décès, vendredi dernier, d’une fil-
lette malienne de deux ans, des suites
d’unecontamination par levirus Ebola,
incitelaProtection civilenationaleàanticiper.
En collaboration avec ladirection delapréven-
tion auprès du ministèredelaSantéaétéorga-
nisé, hier àAlger, unejournéedeformation et
d’information au profit des médecins chefs de
laProtection civile. Larencontreavait pour but
desensibiliser lepersonnel sur les risques dela
fièvrehémorragiqueàvirus Ebola, ainsi que
d’évoquer les principales mesures àmettreen
œuvreen cas d’apparition d’éventuels cas. Te-
nueàl’Uniténationaled’instruction et d’inter-
vention (UNII) deDar El Beïda, «la rencontre
a regroupéles médecins chefs spécialistes de
la Protection civile pour se préparer à une
éventuelleapparition decas suspects d’Ebola
sur leterritoirenational», affirmelechargéde
communication, lecommandant Achour.
Contrairement aux déclarations du ministre
de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, qui affir-
mait ces dernières semaines qu’Ebolanepeut
prendreformeen Algérieen raison del’envi-
ronnement local, laProtection civiletraitele
sujet autrement. «Avec la mort de la fillette
malienne, il est devenu nécessairepour nous,
Algériens, de prendre les dispositions néces-
saires», explique le lieutenant-colonel Saadi
Ahcène. Et d’ajouter : «Cetterencontredefor-
mation a pour but d’informer sur la pathologie
et les mesures à prendreen cas deson appa-
rition.» A cetitre, laProtection civiledéploie,
parallèlement au ministère de la Santé, des
mécanismes d’anticipation. «Si un citoyen est
touché, il sera tout desuitetransférédans une
salleréservéedans un hôpital exclusivement
destinéeà son isolement», affirmeledocteur
Saadi. Du fait queleMali ait enregistréson
premier cas dedécès dû àEbola, ledispositif
de la Protection civile s’est notamment ren-
forcé dans le sud du pays. «A Tamanrasset
particulièrement, nous avons élevé le niveau
d’alerte», indiqueAhcèneSaadi.
De son côté, le ministère de la Santé main-
tient son dispositif au niveau des entrées sur
le territoire national au niveau des frontières
terrestres, aériennes et maritimes.
Outre la fillette malienne décédée à Kayes
(sud du pays), «plus de50 personnes ont été
mises en quarantaine, dont unedizainedans
la capitale, Bamako», rapporte l’AFP. Les
autorités maliennes procèdent, tout en essayant
de garder un climat apaisé, «à des contrôles
thermiques au niveau des aéroports».
Si le Mali ne ferme pas sa frontière avec la
Guinée, d’où est originairelafillette, qui était
accompagnéedesagrand-mère, laMauritanie
en a décidé autrement. Des sources locales,
citées par l’AFP, indiquent que«Kayes, véri-
table poumon des échanges commerciaux
entreles deuxpays», acontraint cepays àfer-
mer, defacto, lafrontièreentrelaMauritanie
et leMali.
Présentement, l’Organisation mondiale de la
santé (OMS) évalue, au 23 octobre dernier,
10 141 enregistrés et 4 922 décès. L’Afrique
del’Ouest est larégion laplus lourdement tou-
chée. M. B.
POUR LUTTER CONTRE EBOLA
La Protection civile élève
son niveau d’alerte
LE 19
e
SALON INTERNATIONAL DU LIVRE D’ALGER S’OUVRIRA JEUDI
La création d’un grand prix
national du roman envisagé
L
P
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L ’ A C T U A L I T É
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 6
L
e livre et nous» est le slogan choisi cette
année pour la 19
e
SILA, qui se déroulera
du 30 octobreau 8 novembreau Palais des
expositions des Pins maritimes (Safex). Quarante-
trois pays participent àlamanifestation, dont la
Côte d’Ivoire et la Tchéquie pour la première
fois. Les Etats-Unis sont lepays invitéd’honneur.
«Nous avons choisi les Etats-Unis commeinvité
d’honneur cetteannéecar nous avons remarqué
queles jeunes s’intéressent plus à l’anglais qu’au
français. C’est unebonnechosecar c’est unema-
nièredeselibérer dela languedel’ex-puissance
coloniale. De plus, nous n’avons pas oublié la
position favorableà l’indépendancedel’Algérie
du président J ohn Kennedy», apréciséHamidou
Messaoudi, commissaire du SILA, lors d’une
conférencedepresseaniméehier au pavillon cen-
tral du Palais des expositions Safex. Les écrivains
Marc Greaney, EyrePriceet Jennifer Steil repré-
senteront les USA durant leSalon.
La surface d’exposition, estimée à 20 000 m²,
verra la participation de 926 exposants dont
267 algériens. «Nous avons voulu changer la
date du SILA pour qu’il ne coïncide pas avec
celui deSharjah, auxEmirats arabes unis. Mais la
ministredela Culturea insistépour queles dates
soient maintenues aux fins decélébrer les festi-
vités du 60
e
anniversairedu déclenchement dela
GuerredeLibération nationale. Aussi avons-nous
décidéquecetteédition du Salon soit différente
decellequi l’ont précédée», aannoncéHamidou
Messaoudi. Une rencontre internationale est
prévuelesamedi 1
er
novembreet seraprésentée,
selon SlimaneHachi, responsabledes colloques
au SILA, sous formedequatreplateaux : «Pour-
quoi le1
er
Novembre?», «Leretentissement dans
lemonde», «Lasolidaritéinternationale» et «La
répression et la résistance». Les débats seront
animés par, entre autres, Mohamed El Korso,
Marc Perrenoud (Suisse), Khaled Kchir (Tunisie),
J ames House (Grande-Bretagne), Dominique
Wallon (France), Benjamin Brower (Etats-Unis)
et Fouad Soufi. Un hommageserarendu au pen-
seur MustaphaLacheraf àtravers deux journées
dediscussion sur «Les noms et les lieux».
FRILOSITÉ DES SPONSORS
Lacréation d’un pavillon spécial enfant, «interdit
aux adultes», est l’unedes nouveautés du SILA.
Lepavillon est situéàcôtédel’entréeprincipale
du Palais des expositions. Autrenouveauté: toutes
les conférences, rencontres et activités culturelles
du SILA 2015 sont regroupées en uneseulesalle,
installéeau niveau du commissariat du Salon, au
pavillon central. «Cetteannéenous avons consa-
cré des thèmes par journée pour éviter l’épar-
pillement des précédentes éditions. Les 30 et 31
octobre, par exemple, nous avons choisi lethème
du journalismeet dela littérature», aindiquéle
commissairedu SILA. Pour débattredecettethé-
matique, plusieurs journalistes et auteurs ont été
invités àintervenir, commeHadjer Kouidri, Habib
Ayyoub, Kamel Daoud, Smaïl Yabrir, Saïd Bouta-
djine, FaridaHamadou, K. Smaïl, Abdelillah Salhi
(Maroc), Eugène Ebodé (Cameroun) et Carlos
Granès (Colombie).
Selon M. Messaoudi, leSalon d’Alger est leplus
grand en Afriqueet dans leMondearabe: «Sur le
plan mondial, leSILA est en troisièmeposition.
Nous pouvons fairemieuxet dépasser la barredes
1,3 million devisiteurs enregistrés l’annéepas-
sée.» Hamidou Messaoudi a confirmé le retrait
de70 titres : «Nous avons exprimédes réserves
sur ces titres. Il nes’agit pas d’un interdit. Nous
avons un texte de loi qui existe depuis 2002 et
proscrit l’exposition delivres qui font l’apologie
du terrorisme, dela fitna ou qui portent atteinte
à la GuerredeLibération nationale.» Il aregretté
ledésintérêt des entreprises publiques et privées
pour le sponsoring culturel. «Nous avons écrit
des quantitédelettres, avons fait du porteà porte,
mais nous n’avons pas reçu de réponse. Chez
nous, on préfèresponsoriser autrechosequele
livre», a-t-il déploré. LeSILA 2014 est sponso-
risé par huit entreprises et institutions, dont un
opérateur de téléphonie mobile, une compagnie
aérienneet un hôtel. Présenteàlaconférencede
presse, Nadia Labidi, ministre de la Culture, a
annoncé la création prochaine d’un grand prix
pour leroman algérien ; «Nous étudions actuelle-
ment les mécanismes decréation deceprix. Nous
sommes fiers lorsque les auteurs algériens sont
honorés à l’étranger, mais il faut d’abord qu’ils le
soient dans leur proprepays. Il faut qu’on célèbre
nos talents. Nous n’avons pas oublié les autres
formes d’écriture littéraire, comme la nouvelle
et la poésie. Il faut encourager la lecture mais
aussi l’écriture, soutenir les jeunes auteurs, les li-
braires, les éditeurs et tous ceuxqui interviennent
dans la chaînedu livre. Nous avons par exemple
l’intention desoutenir la publication detous les
travaux qui ont décroché le prix Ali Mâachi.»
M
me
Labidi a évoqué la possibilité d’aider les
jeunes àcréer des microentreprises pour assurer la
distribution des livres au niveau national.
Fayçal Métaoui
«ARNAQUÉS» PAR LE CONCESSIONNAIRE
AUTOMOBILE SYDCAR
Les travailleurs de l’ENNA
réclament leur argent
D
es travailleurs de l’Entreprise nationale de navigation aérienne
(ENNA) ont observé, hier en début de matinée, un sit-in devant
le siège de leur direction générale afin d’exiger la livraison de leurs
véhicules ou leremboursement delasommequ’ils ont verséeau conces-
sionnaire multimarques Sydcar Motors. Ces travailleurs accusent ce
concessionnaire automobile d’«escroquerie» et de «non-respect de la
convention» signéeavec les œuvres sociales del’entreprise. Pour rappel,
l’Eurl Sydcar avait lancé, il y aplusieurs mois, uneopération d’envergure
pour la vente de voitures par facilité de paiement. Sydcar avait alors
exigédes acquéreurs leversement de40% du prix du véhiculeen guise
d’apport initial. «Cela fait plus de18 mois quenous avons versécette
sommeet nous n’avons toujours pas réceptionnénos voitures», fulminent
les travailleurs del’ENNA. «Legérant deSydcar Motors, Abdallah Sid,
a étéplacéil ya deuxmois sous mandat dedépôt, alors quenotreargent
est dans la nature», ajoutent-ils. Après avoir épuiséles recours auprès
deSydcar pour récupérer leur argent, observéàplusieurs reprises des
sit-in devant lesiègesocial du concessionnaire, àDouéra, les acquéreurs
setournent, cettefois, vers les œuvres sociales del’ENNA afin depou-
voir récupérer leur argent. «La direction del’ENNA affirmenepas être
l’interlocuteur approprié, ce qui est en soi une dérobade», confie un
travailleur. Et d’ajouter : «C’est avec les œuvres sociales del’entreprise
quela convention a étésignée. L’entreprisedoit attester d’unesortede
garantievis-à-vis des travailleurs quenous sommes.» Signalons quece
n’est làqu’uneénièmearnaquedont sont victimes des cadres aux revenus
moyens. En 2013, Sydcar Motors avait signédes conventions avec les
comités de participation d’une vingtaine d’entreprises, institutions et
organisations publiques, dont l’ENNA. Lenombredevictimes del’entre-
prisedépasseles 250. Plus de300 «arnaqués» sont àsignaler au niveau
d’AlgérieTélécom, nous dit-on.
Dans cetteaffaire, l’absencedel’Etat est clairement illustrée. Par quels
procédés l’Eurl Sydcar apu mettreen œuvreuneformuledeventepar fa-
cilité, alors quel’activitéest interditepour les banques et les organismes
financiers ? Par quel «miracle» ceconcessionnairemultimarques a-t-il pu
signer des conventions avec les comités departicipation des entreprises
publiques ? Où est passélecontrôledes organismes financiers ? C’est à
toutes ces questions queles responsables sont invités àrépondre.
K. Saci
LES GARDES COMMUNAUX
EMPÊCHÉS DE MANIFESTER À ALGER
MARCHE DES PROPRIÉTAIRES DE FUSILS
DE CHASSE À BOUIRA
«Nous ne vous demandons
pas l’aumône, Monsieur le ministre !»
L
apoliceaempêché, hier, unenouvelleaction deprotestation
des gardes communaux qui tentaient demanifester àAlger
pour exiger des pouvoirs publics de réétudier la gestion du
dossier delagardecommunale. A en croireleporte-paroledu
Mouvement des gardes communaux libres (MGCL), Aliouat
Lahlou quenous avons contactépar téléphone, des centaines
depoliciers ont bouclélaplacedelaGrande-Poste, empêchant
ainsi, les gardes communaux deseregrouper et d’y accéder.
Jeudi dernier, plusieurs dizaines degardes communaux, ayant
initié un rassemblement de protestation devant la wilaya de
Bouiraet unemarchevers lesiègedu tribunal, avaient réclamé
ledépart du ministredel’Intérieur qui, selon les manifestants, a
échouésur toutelalignedans lagestion et lapriseen chargedes
doléances des gardes communaux. «Nous réclamons ledépart
du Tayeb Belaïz qui n’a pas tenu ses engagements», asouligné
Aliouat Lahlou en précisant au passagequelapoliceaopéré
hier plusieurs arrestations parmi les manifestants. «Sixgardes
communauxont étéarrêtés avant d’êtrerelâchés après avoir
passéplus de3 heures dans les commissariats depolice», a
précisénotresource. Par ailleurs, leMGCL envisaged’organi-
ser un congrès national qui auralieu le1
er
novembreprochain à
Ifri Ouzellaguen. Lacréation d’un observatoirenational pour la
sauvegardedelamémoireest au menu decetterencontredont
cemouvement aappelétous les gardes communaux avenir y
assister. «C’est une occasion pour nous de rendre hommage
auxvictimes du terrorismeet derenouveler, encoreunefois, aux
pouvoirs publics nos revendications», a-t-il souligné.
Amar Fedjkhi
L
es propriétaires de fusils de chasse
nedésarment pas. Hier et dès les pre-
mières heures delamatinée, plus de300
personnes, dont laplupart des personnes
âgées, se sont regroupées à la place
publiquedu centre-villeet ont organisé
unemarchevers lesiègedu groupement
de la Gendarmerie nationale, a-t-on
constaté sur place. Cette action de rue,
la troisième en une semaine, fait suite
au retard accumulédans laprocédurede
restitution débutéeen mai 2012. Les ma-
nifestants ont tenu àdénoncer l’attitude
qualifiée d’autiste et les engagements
non tenus des autorités en chargedece
dossier. «Les pouvoirs publics n’ont pas
respectéleurs engagements. Leministre
del’Intérieur a récemment affirméque
tous les fusils seront restitués à leurs pro-
priétaires mais sur leterrain rien n’a été
concrétisé», dénonce Abdelkader Gue-
rache, membredel’association Essalem
pour larécupération des fusils dechasse
au niveau de la wilaya de Bouira. Le
nombredefusils restitués àleurs proprié-
taires depuis ledébut decetteopération
n’apas dépasséles 1500 sur un total de
9500 armes confisquées par l’Etat à la
suite de la dégradation de la situation
sécuritaire dans le pays au début des
années 1990. «Nous avons épuisé tous
les recours possibles. Y’en marre. Nous
nesommes pas en train dedemander du
travail ou un logement, nous réclamons
nos armes, confisquées par les pouvoirs
publics. 20 ans barakat. Leministrede
l’Intérieur doit savoir quenous nelui de-
mandons pas l’aumône, mais nos droits»,
déclareen colèreun autreprotestataire.
«C’est inacceptable, sur un total de
9500 fusils confisqués, un quota de1300
armes seulement a été restitué», ajoute
encore M. Guerache en précisant que,
désormais, les propriétaires des fusils
dechasseont décidéd’organiser chaque
dimancheunemarcheet d’autres actions
deruepour fairevaloir leurs droits.
A.Fedjkhi
La ministre de la Culture, Nadia Labidi, et le commissaraire du SILA hier lors de la conférence de presse
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 8
La plaie saignante de l’informel
ALGER INFO
S UR LE V I F
2 4 HEURES
Au lieu d’accueillir
des gerbes de
fleurs, la stèle
érigée à la mémoire
du regretté Hadj
M’rizek reçoit des
sacs poubelles.
Le drame, c’est que
personne
n’intervient pour
réparer cet affront.
MARCHÉ COUVERT DE AÏN NAÂDJA (GUÉ DE CONSTANTINE)
●La présence des vendeurs à la sauvette autour du marché couvert de Aïn Naâdja nuit aux
commerçants légaux et aux habitants de cette localité.
SAISON AGRICOLE 2013-
2014 : HAUSSE DE LA
PRODUCTION AGRICOLE
La valeur financière de la
production agricole de la
wilaya d’Alger, durant la
saison agricole 2013-2014, a
atteint les 33,8 milliards de
dinars, en hausse de 12,6%
par rapport à la valeur
enregistrée durant la saison
2012-2013, selon la direction
de l’agriculture de la wilaya
d’Alger. La chef du service
production et aide technique
de la direction de
l’agriculture de la wilaya
d’Alger, M
me
Ouzna Abadi,
explique que la valeur
financière de la production
agricole dans la wilaya
d’Alger durant la saison
agricole 2013-2014 a atteint
33, 8 milliards de dinars,
contre 30 milliards de dinars
la saison dernière. La
production de légumes a
atteint durant la même
période plus de 3,5 millions
de quintaux. La production
de pomme de terre est
passée à 740 000 quintaux,
celle des agrumes à 960 000,
soit la moitié des besoins de
la wilaya d’Alger en fruits et
légumes, a précisé la
responsable. La production
de lait a atteint 40, 7 millions
de litres, dont la moitié
provient de 6 communes
agricoles parmi les 40 que
compte la wilaya.
TROTTOIRS À ALGER-
CENTRE : TRAVAUX
BÂCLÉS!
Les travaux de réalisation
des trottoirs de la place Ben
Boulaïd à Alger-Centre ont
été bâclés. L’entreprise
chargée des opérations n’a
pas respecté les mesures
qu’il faut : les trottoirs en
béton sont gondolés. Et ce
ne sont pas les petites
interventions réalisées ces
derniers jours qui
permettront aux piétons de
circuler en toute sécurité.
L’APC d’Alger-Centre avait
pourtant décidé de contrôler
tous les travaux menés par
des entreprises privées, dont
le souci est, semble-t-il, le
gain facile. Excepté les
trottoirs de la rue Larbi Ben
M’hidi, les travaux menés
dans les petites ruelles
nécessitent déjà d’autres
replâtrages. La place devait
accueillir, pour le 1
er

Novembre, la statue du héros
de la Révolution, Ben
Boulaïd. L’APC a aménagé
toute la zone faisant face à la
wilaya en terrains de jeux.
P
H
O
T
O
:
H
.
L
Y
E
S
I
nsalubrité, anarchie et plu-
sieurs commerçants infor-
mels envahissent toute la
périphérie du marché couvert
deAïn Naâdja.
Limitrophe de la gare routière
et faisant faceau grand bidon-
villedeAïn Malha, cemarché
est un véritable bazar à ciel
ouvert.
Les commerçants infor-
mels pullulent dans toute
sa périphérie, au point d’y
squatter même les trottoirs.
Pour arriver à la gare rou-
tière, les piétons sont
contraints de marcher côte à
côte avec les voitures. Cer-
tains ont même construit en
dur de petites échoppes dans
l’espoir d’échapper à la pour-
suite des forces de l’ordre.
Des chômeurs pour la plu-
part, ces derniers disent n’avoir
trouvéaucuneressourcefinan-
cière que dans ce créneau.
Leur nombrequi dépasserait la
centainefait sombrer cemarché
couvert dans l’anarchietotale.
Les commerçants légaux du
marché couvert se disent lésés
par cette concurrence déloyale
et n’ont trouvécommesolution
que de dresser des tables de
fortuneet d’intégrer l’illégalité.
Ce qui aggrave encore plus la
situation, c’est l’état d’insalu-
britéchroniquequeconnaissent
ces lieux.
En plus des tonnes de déchets
qui proviennent du bidonville
deAïn Malha, ces commerçants
qui vendent de tout génèrent
chaquejour des quantités consi-
dérables de détritus. Comble
de la situation, d’autres com-
merçants informels stationnent
leurs fourgonnettes bourrées de
fruits et légumes.
Chaquesoir, ils laissent derrière
eux les reliefs deleur marchan-
dise complètement pourrie.
Des odeurs nauséabondes s’en
dégagent, indisposant les habi-
tants des cités environnantes.
«Il n’y a même pas de bacs
à ordures pour ce marché,
s’exclame un résidant. Nous
avons saisi à maintes reprises
les autorités locales, à leur
tête l’APC, pour mettre fin à
cetteanarchie, mais en vain. A
chaquefois qu’ils les chassent,
ils reviennent le lendemain.
C’est vraiment infernal et in-
supportable.»
Apostrophé à ce sujet, M.
Boughobra, P/APC de Gué
de Constantine déclare que la
fin decetteanarchienevapas
tarder. «Pour les besoins dela
réalisation dela lignedu métro
reliant Aïn Naâdja au centrede
la capitale, la gareroutièresera
délocalisée vers le quartier
Megnoucheet tous les commer-
çants informels seront définiti-
vement chassés des lieux. Cela
se concrétisera au plus tard
vers la fin del’année. Il neres-
tera quelemarchécouvert, qui
datede1990, où uneréhabilita-
tion est plus qu’indispensable»,
explique-t-il.
On apprendraquelacommune
deGuédeConstantineadéblo-
qué une somme de près de 9
milliards de centimes pour la
réalisation de 3 marchés de
proximité.
Leur emplacement est au centre
du quartier Semmar, ainsi qu’à
Megnoucheet au quartier Nas-
sim. «A part celui du quar-
tier Nassimqui est achevé à
90%, celui de Megnouche est
à l’arrêt à cause d’un conflit
lié à la propriété du terrain.
La procédure judiciaire suit
encore son cours. Pour celui
du centredeSemmar, plusieurs
problèmes se posent. Le 1
er

est l’insuffisance de box par
rapport à la forte demande.
Nous n’avons inscrit dans notre
projet que 100 box au maxi-
mum. Le 2
e
problème, qui a
complètement mis à l’arrêt le
projet, est l’incapacitédeBati-
metal de répondre à la forte
sollicitation à travers tout le
pays. Nous avons profitédela
présence des représentants de
cette entreprise nationale lors
de la réception d’un marché
communal, construit sur budget
de wilaya, afin de relancer ce
projet. Les travaux devraient
reprendre incessamment»,
conclut-il. Asma Bersali
L’informel gagne du terrain au marché de Aïn Naâdja
IGNORANCE
HORAIRES DES PRIÈRES
Alger et ses environs
LUNDI 27 OCTOBRE 2014
Fadjr……..…
Chorouk.....….
Dohr…………
Asser………..
Maghreb…..
Îcha…….......
5:32
7:04
12:32
3:34
5:59
7:23
P
H
O
T
O
:
D
.
R
.

BATEAU-BUS
CAPITAN MORGAN
PROROGATION
DES DÉLAIS
L
eferry italien Capitan Morgan, affrétépar l’En-
treprisenationaledetransport maritimedevoya-
geurs (ENTMV) pour relier leport deLaMadrague
(Aïn Benian) àlaPêcheried’Alger, devraêtreencore
en servicejusqu’àfin décembre, apprend-on auprès
deladirection des transports delawilayad’Alger.
Le contrat a été ainsi respecté : Algérie Ferries a
affrétélebateau-bus pour unepériodedetrois mois,
avec uneprorogation possibledeplus deux mois.
Lesuccès decemodedetransport, nouveau dans la
capitale, nes’est pas démenti : quelque65 000 passa-
gers ont pris lebateau. Lapremièreligneaétémise
en serviceen grandepompele4 août, reliant leport
d’Alger à La Madrague. D’autres lignes maritimes
sont en cours d’étude par le ministère qui compte
acquérir cinq bateaux. Le parcours de la ligne suit
lacôteouest, longeant les territoires des communes
deLaCasbah, Bab El Oued, Bologhine, Raïs Hami-
dou (Pointe-Pescade), Hammamet et Aïn Benian.
La durée de la traversée est de 40 minutes. La
première ligne initialement prévue vers le port de
Tamentfoust (Alger-Est) aétéreportéepour absence
de«quais», signale-t-on. Nadir I ddir
MARCHÉ DU 8 MAI
(BAB EZZOUAR)
DÉGRADATION
ET MENACE
SUR LES CLIENTS
L
emarchécommunal du Mai 1945 (Sorecal) àBab
Ezzouar s’est dangereusement dégradé : struc-
tureen tôledétériorée, absenced’issues desecours,
insalubrité, etc. Propriétécommunale, mais géréepar
un privé, lastructuren’est plus adéquateet fait peser
un danger sur les commerçants et leurs clients, mais
aussi sur les riverains. Les abords du sitesont squat-
tés. Une odeur nauséabonde due à l’accumulation
des déchets detoutes sortes aenvahi tout lequartier.
L’APC de Bab Ezzouar ne semble pas décidée à
réhabiliter cemarchétrès fréquenté. Signalons que
ledirecteur du commercedelawilayad’Alger, Mi-
moun Bouras, aaffirméque35 marchés nécessitent
uneopération deréhabilitation pour un montant de
35 milliards de centimes. Selon le DCP, les études
sont terminées et il nerestequ’àenvoyer les ODS.
Les habitués du siteen appellent àuneintervention
franchedes services del’APC et delaDCP pour une
réhabilitation du marché. N. I d.
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 8
R É G I O N E S T
L’ouverture des deux gares
routières prévue le 30 octobre
TRANSPORT À CONSTANTINE
●Le projet de gare multimodale est renvoyé aux calendes grecques en attendant un finnacement.
P
as moins de 800 bus et 500 taxis
devront déménager dans les deux
nouvelles gares routières, celles deAli
Mendjeli et du pôled’échange, sis àlazone
industrielle, Palma, et cedès le30 octobre
prochain. C’est cequ’on aappris auprès du
représentant deladirection des transports de
lawilaya, Adel Ameur et celui des services
de la commune, Farid Bouarroudj, invités
hier au forumdelaradio CirtaFm.
Leproblèmecentral, restecenombrequ’il va
falloir affecter dans des espaces réduits. Pour
cela, lereprésentant deladirection des trans-
ports dira: «Effectivement, avec lenombre
impressionnant de véhicules de transports,
nous étions dans l’obligation deprévoir une
airedestockage, c’est-à-dire, unezone de
stationnement qui aura pour mission pre-
mièred’accueillir tous les bus en attendant
l’heure d’ embarquement de leurs passa-
gers. Cetteairesetrouvenon loin du pôle
d’échange, c’est-à-direau niveau dela zone
industrielle, précisément attenant à l’ancien
souk el fellah». l’invité avait, cependant,
du mal àexpliquer lafaisabilitéd’unetelle
démarche, sachant l’anarchiequi caractérise
unebonnepartiedes transporteurs et c’est à
demi mot quenos deux représentants recon-
naissent l’acuité d’une telle problématique
en déclarant : «Certes, la tâche n’est pas
simple, il faut régler certains mécanismes,
notamment decommunication pour gérer un
temps qui restenotreprincipal souci». Sur
un autreregistre, l’on apprend queles nou-
velles gares routières seront gérées par des
professionnels, issus delasociétédegestion
des gares routières algériennes, SOGRA ;
un choix dictépar lagestion calamiteusedes
anciennes structures depuis des lustres, le
chef deservicedes transports terrestres dira:
«En fait, il ne suffit pas de construire des
structures à coups demilliards pour ignorer
le volet de gestion, synonyme de pérennité
des ouvrages en assurant unemaintenance
régulièreet unepriseen chargeeffectivedes
usagers, d’ailleurs un cahier des charges a
étéconçu dans un souci d’en finir avec des
pratiques dont les résultats nesont plus à dé-
montrer». Par ailleurs et concernant lagare
multimodale, conçue comme une réponse
concrète aux problèmes de transport dans
toutes leurs facettes, l’on apprend que les
études sont finalisées, l’octroi du projet àune
sociétéalgéro-turqueeffectiveet il nereste
quel’affectation des crédits pour entamer les
travaux. Selon lereprésentant deladirection
des transports : «Cela fait une année que
nous avons tout finalisé, nous attendons
l’enveloppe financière surtout que lors de
la récentevisitedu ministredetutelle, nous
avons étérassuréqueledossier sera réglé
incessamment». N. Benouar
La nouvelle gare routière de Ali mendjeli
17 COLLOQUES AU PROGRAMME
DE LA MANIFESTATION CULTURELLE DE 2015
La cité revisitée dans tous ses aspects
P
as moins dedix-sept colloques seront organisés durant lama-
nifestation «Constantinecapitale2015 dela culturearabe», en
plus d’autres relevant des ministères des affaires religieuses et des
moudjahidines. Selon SlimaneHachi, responsabledu département
Congrès et colloques, seulement quatorzecolloques étaient prévus
au départ et dont les thèmes avaent étéchoisis, mais les pouvoirs
publics ont décidéd’ajouter trois autres auxquels il fallait choisir les
thématiques. Il nous révèleàcesujet : «D’abord il ya lesoixante-
dixièmeanniversairedes massacres du 8 mai 1945 auquel il faut
impérativement yconsacrer un colloqueet puis, il ya la proposition
demonsieur Mohamed Cherif Zerguine, concernant la célébration
dela journéeinternationaledel’enfance, un thèmequenous allons
prendreen considération pour l’inscriredans leprogrammeglobal
sous réservedela décision du ministèredela culture, seul habilitéà
en décider». Toutefois, notreinterlocuteur, soucieux delabonnemar-
chedeces communications, poseun problèmeayant trait àl‘entame
deceprogrammeet desoumettreàl’approbation deses pairs: «De-
vrons-nous entamer cecycledeces congrès, début février, soit avant
l’ouverturedela manifestation ou encore, les reporter pour clorenos
travauxau-delà dela manifestation, ceci en relation directeavec le
colloquequi setiendra en février prochain à Tiaret concernant la
personnalitéet les œuvres deJ acques Berqueet pour lequel, votre
participation est des plus attendue?».
Il aétéretenu àl’unanimitédans cetterencontretenuejeudi dernier
àl’universtédes sciences islamiques Emir Abdelkader, queledébut
des colloques auralieu en février, unemanièreaussi d’entrer deplain-
pied dans cette manifestation pour lui donner toute sa dimension
intellectuelle en passant par une histoire qu’il va falloir revisiter.
Notons par ailleurs quecetteréunion informelleaétél’occasion de
discuter des termes delaconvention établiepar latutellequi aété
approuvéepar les différents professeurs et autres maîtres deconfé-
rences présents àceconclave. N. B.
KHENCHELA
Les élèves disparus ont
été retrouvés
L
es trois enfants âgés de12 ans, signalés disparus, jeudi
dernier deleur CEM Djeffal àKhenchela, ont étére-
trouvés levendredi soir sains et saufs.Selon nos sources,
l’incident est survenu après unedisputefamilialeentrel’un
des disparus et son beau-père ; l’enfant a décidé alors de
quitter lamaison définitivement, et pour qu’il nerestepas tout
seul, ses deux amis intimes ont pris ladécision del’accompa-
gner dans safugueen signedesolidarité; ils ont mêmevendu
leurs téléphones mobiles pour acheter delanourriture.Les pa-
rents, ayant constatéqu’il était tard et quel’enfant n’était pas
rentré, ils ont alors commencéles recherches avec l’aidede
leurs proches, mais en vain. Ils ont alors décidéd’informer la
police, qui alancéles recherches immédiatement. Finalement,
les trois adolescents ont étéretrouvélelendemain après-midi
dans unemaison abandonnée. Mohamed Taïbi
Trois morts et deux blessés
dans un accident de la route
U
n graveaccident aeu lieu samedi soir vers 9h dans la
communedeBabar (situéeà30 kmdu chef-lieu delawi-
layadeKhenchela), précisément au lieudit Rass El Ma. Une
collision entre deux voitures touristiques, l’une de marque
Renault 25 et l’autredemarqueChevrolet, afait trois morts
sur lecoup et deux autres grièvement blessés. Les corps des
victimes ont ététransportés àlamorguedel’hôpital Saadi
Maâmar delacommunedeChechar, alors queles blessés ont
étéévacués en urgenceàl’hôpital deKhenchela. Les services
desécuritéont ouvert uneenquêtepour déterminer les causes
exactes decedrame. KaltoumRabia
Intoxication alimentaire
dans une fête de mariage
P
lus de30 personnes, tous âges confondus, ont étévictimes
d’uneintoxication alimentairesuiteàlaconsommation
d’un repas servi lors d’unefêtedemariage, dans lanuit du
samedi àdimanche, dans lacommunedeKaïs, situéeà26 km
àl’ouest deKhenchela. Les victimes ont étéévacuées aux ur-
gences del’hôpital deKaïs. Selon les informations quenous
avons pu recueillir, les concernés souffraient dedouleurs ab-
dominales et devomissements. Des sources médicales nous
ont indiquéquesix personnes ont étéhospitalisées et gardées
sous surveillance, alors queles autres victimes sont rentrées
chez elles après avoir reçu les premiers soins. Les causes de
cet incident indéterminé. M.T.
MILA
Deux axes routiers bloqués
par la population
D
eux axes routiers, àsavoir laRN79 et lecontournement
sud delavilledeMila, ont étébloqués au trafic routier,
ce dimanche, par les habitants du quartier de Marachou,
dans lapériphériesud du chef-lieu dewilaya. Des dizaines
d’habitants sont, en effet, descendus sur les deux routes, dès
lepetit matin, et les ont coupées au trafic routier en érigeant
des barricades depneus enflammés et d’objets hétéroclites
sur lavoiecarrossable. Des centaines d’usagers, apprend-on,
sont restés en radedurant toutelamatinée. Au chapitredes
revendications, on retrouvel’aménagement urbain du quartier
deMarachou, l’eau, legaz devilleet laréhabilitation dela
routereliant cettelocalitéau chef-lieu communal. A signaler
quejusqu’au moment delaremisedecet article, les deux axes
routiers étaient encorehors d’usage. B. K.
P
H
O
T
O
S
:
D
.
R
.
U
ne session régionale de formation en ferronnerie d’art
vient d’être lancée mardi à Constantine, à l’initiative de la
Chambre de l’artisanat et des métiers (CAM), a-t-on appris
mercredi auprès de son directeur, Nasreddine Benarab.
Les cours pratiques et théoriques devant être dispensés
dans le cadre de cette formation, organisée pour
la première fois par la CAM de Constantine, ciblent 30 jeunes
de plusieurs wilayas de l’Est du pays dont Oum El Bouaghi,
Skikda, Sétif, Annaba, Mila, El Tarf, Jijel et Constantine,
a précisé le même responsable.La formation s’effectue au
centre de formation professionnelle de la zone industrielle
Palma, en vertu d’une convention signée entre la CAM et la
direction de la formation processionnelle. Elle sera
sanctionnée par un diplôme permettant aux jeunes de créer
leur propre micro-entreprise spécialisée «avec l’aide
et sous la supervision de la CAM», a encore indiqué
M. Benarab. L’objectif recherché est, d’abord, de contribuer
à préserver cette forme d’artisanat, de développer les
performances des artisans et leur permettre d’acquérir
de nouvelles techniques, a expliqué la même source.
Prévue sur une durée d’un mois, cette session régionale
sera renouvelée dans les prochaines années prochaines
afin de toucher le maximum de jeunes de la wilaya
de Constantine et des régions limitrophes.
Une centaine d’artisans ferronniers active actuellement
dans les différentes communes de la wilaya de Constantine,
a-t-on souligné à la CAM.
SESSION RÉGIONALE DE FORMATION EN FERRONNERIE D’ART
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 8
R É G I O N O U E S T
PRÉCARITÉ
Saïda sombre
dans le sous-développement
● La wilaya de Saïda est à la traîne dans bien des domaines. Ses habitants ont ras-le-bol,
et veulent voir une amélioration concrète de leur cadre de vie.
L
awilayadeSaidaaccuseun sérieux
retard dans le développement so-
cio-économique. En 1959, cettewi-
layaaétépromuepar décret commechef-
lieu du 13
ème
département, ellecomptait
les daïras de Mecheria, Ain Sefra, El
Bayadh et Saida. Lors du découpage
opéréen 1984, lawilayadeSaidaaété
amputéedes daïras d’El bayadh, Meche-
ria, Ain Sefraqui donnèrent lieu àdeux
nouvelles wilayas (lawilayad’El Bayadh
et deNaama). Tout lemondeàl’époque
pensait queSaidaallait assurer son décol-
lageéconomiquecomptetenu desapetite
superficie (6764 km
2
) et que cela était
gérable, mais il fallait vitedéchanter. Des
dizaines de citoyens interrogés depuis
fort longtemps sur lemarasmequi sévit
à Saida sont unanimes pour pointer du
doigt les députés, sénateurs, élus APC,
APW, les associations et lapresse. Pour
d’autres, la cause serait l’exode rural et
letribalisme, enfin laminorités’accorde
àdire: «Saida fait figuredemal aimée».
Selon le premier recensement écono-
mique de l’office national des statiques
paru en juillet 2012, lawilayadeSaida
avec ses secteurs d’activités (construc-
tion, commerce, industrie, services) tota-
liselenombrede7974 entités et setrouve
reléguéeainsi àla41
ème
placesur les 48
wilayas du pays devançant particulière-
ment les wilayas concentrées dans le sud
algérien àsavoir Adrar, Tamanrasset, El
Bayadh, Illizi, Tindouf, Naama, Tissem-
silt. Pour cequi est delarépartition des
entités économiques des 16 communes et
des grands secteurs d’activitéquecompte
lawilaya, lavilledeSaidasetaillelapart
du lion avec 4141 activités (construction,
commerce, industrie, services ) représen-
tant 52%, les 15 communes et 5 daïras
restantes se contentent de 48% de ces
structures économiques. Actuellement la
wilaya ne compte qu’une seule ville, le
chef-lieu nepossèdemêmepas decentre
ville. Lavilledes eaux étouffe, quesera-
t-elle dans lefutur ? Il faut d’ores et déjà
prendre les dispositions qui s’imposent
pour élever les daïras en villes, selon un
ancien élu del’APW. Sid Ahmed
MERS EL KEBIR
Les habitants privés
de gaz depuis samedi
CULTURE
Wassyla Tamzali à Oran
Le site romain de Youb en restauration
BENFREHA
Un budget est enfin mobilisé
pour l’aménagement urbain
EL AMRIA
La contrebande
ne désarme pas
U
n lot de2400 cartouches decigarettes demarque«Legend»
aétésaisi, avant-hier, par les douaniers d’El Amriadans la
wilayad’Aïn Témouchent. Un contrôlesur laroutenationale
n°2 reliant Oran àEl Amriaapermis aux agents des douanes dépen-
dant del’inspection divisionnaired’AïnTémouchent d’intercepter un
véhiculedemarquePeugeot. Les contrebandiers ont dû prendrela
fuiteen abandonnant lacargaison. Après unefouille, unequantitéde
2400 cigarettes demarqueétrangèredecontrebandeaétédécouverte.
Lavaleur decelle-ci est de12 millions decentimes. Les douaniers ont
saisi levéhiculeet les cigarettes decontrebandeet dressédes pénalités
del’ordrede21 millions dedinars conformément àlaloi portant sur
laluttecontrelacontrebande. F. A.
D
epuis samedi matin, des équipes techniques delasociétédedistri-
bution degaz Es-Seniasont àpied d’œuvredans lacommunede
Mers El Kebir suiteàuneimportantefuitedegaz. Unegrandepartie
des abonnées deMers El Kebir est privéedegaz. L’alimentation devait
reprendrecesoir. Selon lechargédecommunication delasociétéde
distribution : «L’incident a étéenregistrésamedi à 8 h du matin suiteà
un glissement deterrain. L’éboulement a endommagéuneconduitedu
réseau dela sociétédegestion detransport du gaz, à uneprofondeur
de20 mètres. Les équipes deréparation sont sur leterrain. Des travaux
sont en cours pour accéder à la conduitedéfectueuseet la réparer. La
situation sera rétablieaujourd’hui à 20 heures (NDLR hier 20h)». Le
mêmeinterlocuteur atenu àprésenter les excuses delaSonelgaz aux
abonnés touchés par les coupures degaz. Zekri S.
S
éjournant àOran dans le
cadre de sa participation
au premier congrès internatio-
nal féminin qu’abriteleCCO
du 28 au 31 octobreprochain,
WassylaTamzali animeraune
conférence, ce soir à 18h, à
l’Institut français d’Oran, et
ce à l’invitation de l’associa-
tion FARD (Femmes Algé-
riennes Revendiquant leur
Droits). La conférence qui
serasuivied’un débat, portera
sur la thématique: «Femmes
et féminisme, quel sens au-
jourd’hui en Algérie?». Was-
sylaTamzali, comme chacun
le sait, est une grande figure
du féminismeen Algérie, au-
teure de plusieurs ouvrages,
notamment «Une éducation
algérienne», «Une femme en
colère», ou encore, tout récem-
ment «Histoires minuscules
des révolutions arabes». Elle
aétél’unedes premières àdénoncer lapolygamieau Maghreb, en
publiant «L’énigmedu Maghreb». Le8 mars 2012, en compagniede
7 autres femmes arabes dedifférentes nationalités, elleaétéàl’initia-
tivede«l’appel des femmes arabes pour la dignitéet l’égalité». Elle
animefréquemment des conférences àOran àl’invitation d’associa-
tions ou decentres culturels. AkramEl Kébir
L
es travaux de restauration
entamés par la direction
de la Culture, en mars 2014,
sur le site romain de Lucu
Mâata, situédans lacommune
de Youb à une cinquantaine
dekmdu chef-lieu dewilaya,
seront achevés avant la fin
de l’année en cours, a-t-on
appris. Ces ruines romaines
ont été classées, en 1999,
patrimoinehistoriqueàproté-
ger et àpréserver pour nepas
subir des dégradations ou des
actes de vandalisme. Ce site
antiquequi s’étend sur unesu-
perficiede10 hasembleavoir
étéabandonnéàlafin du 3
ème

siècle ou début du 4
ème
. Les
fouilles et reconnaissances
entreprises en 1886 par Ivan
Lapaïneont permis dedécou-
vrir les ruines d’un important
bâtiment ainsi qu’unequaran-
taine de pièces de monnaie,
des fragments d’ampoules en
verreet des morceaux debois
en charpente. S. A.
U
neenveloppebudgétairede10 mil-
liards de centimes a été débloquée
pour concrétiser une série de projets de
développement dans lacommunedeBen-
freha. Une dizaine d’opérations, parmi
lesquelles les travaux de revêtement de
lachaussée, lebitumagedes accès et la
réfection du réseau d’éclairagepublic, ont
étéinscrites pour améliorer lecadredevie
des habitants decettelocalité, d’après une
source communale qui a précisé que la
prioritéaétéaccordéeau revêtement de
la chaussée et surtout à l’aménagement
urbain.
Le programme mis en place par l’APC
porterasur l’extension du réseau d’assai-
nissement auquel un budget de 780
millions decentimes aétéalloué, lerac-
cordement detrois écoles au chauffage,
une opération pour laquelle plus d’un
milliard de centimes a été débloqué, la
réfection de la chaussée dans plusieurs
quartiers de cette localité, notamment à
lacité155 logements, laroutedes écoles
et la réfection de l’éclairage publique à
HassianeEttoual.
D’autres opérations sont également pré-
vues en matièrederéfection delavoirie.
Celle-ci a toujours posé problème aux
habitants qui ont dénoncé l’état déplo-
rabledelachaussée, notamment du coté
du lycée, dans les environs deHassiane.
A l’approchedelasaison des pluies, les
habitants espèrent que le projet retenu
soit lancé dans les délais afin d’éviter
les désagréments occasionnés ces der-
nières années. Certains sont contraints
de porter des sachets en plastique pour
traverser unechausséeinondéeet surtout
éviter les coulées deboue. A noter qu’une
enveloppe de 17 milliards de centimes
a été débloquée pour l’aménagement
des communes deBenfrehaet deHassi
Mefsoukh. Ce budget permettra de pal-
lier les insuffisances relevées en matière
de voirie, d’éclairage public et surtout
d’aménagement urbain. Cetteenveloppe
a été consacrée à la réalisation d’un
CEM à Benfreha (ex-Fleurus), sachant
quel’assietteaétéretenueet l’entreprise
désignée pour la concrétisation des tra-
vaux. Les responsables vont également se
pencher sur lavoirieoù plusieurs ruelles
et quartiers seront retapés. F. A.
P
H
O
T
O
:
D
R
L’habitat précaire prolifère à Saïda
◗ Centre des conventions : 10h, coup d’envoi du 6ème Salon
international des énergies renouvelables, des énergies propres
et du développement rural, qui se tiendra jusqu’au 29 octobre.

◗ Cinémathèque : 14h30 et 17h, projection du film «Fadhma
N’Soumer».
◗ Salles El Maghreb et Es Saada : 19h, concerts de musique du
genre oranais et de chanson bédouine et de la poésie
«Malhoune» organisés par l’Office des arts et de la culture de la
ville d’Oran pour la célébration du 1
er
Novembre 54. T. K.
OÙ S ORTI R AUJOURD’ HUI À ORAN ?
Wassyla Tamzali, une grande
figure du féminisme en Algérie
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O
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El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 8
SUD INFO
Des Italiens investissent
dans le tourisme intégré
R
icardi Global, Lombardi
SRL, Costruzioni Tiziane
GEOM-Corrado SRL et les
frères Moumene viennent de rece-
voir l’aval du Calpiref delawilaya
deOuarglapour lalocalisation d’un
village touristique sur une super-
ficiede150 hectares, en facedela
nouvelle ville de Hassi Messaoud.
Il s’agit, selon Gianni Ricardi, prin-
cipal promoteur du projet, d’«un
projet inédit au mondeoù unepetite
ville alliera aussi bien l’héberge-
ment touristique que les espaces
de loisirs, de santé, de culte et de
sport». Le projet, doté d’un enve-
loppe dequelque1,3 milliard d’eu-
ros est unesortedecompilation des
différentes thématiques touristiques
grâceàun complexetouristiquedé-
composé comme les pétales d’une
rose des sables, autour d’un grand
lac artificiel. Le village comprend
donc 200 villas de vacances desti-
nées aux familles, un terrain degolf
aux standards internationaux, un
hôtel de160 chambres et 40 suites,
un parc aquatique, un complexe
sportif polyvalent un hôpital de400
lits et une grande mosquée d’une
capacitéde4000 fidèles.
TOURISME INTÉGRÉ
L’objectif, selon les promoteurs,
est de donner aux 15 000 étran-
gers vivant en permanence dans
les zones pétrolières de la région
la possibilité de se payer des mo-
ments de détente et de loisirs lors
de leur séjour professionnel. Les
familles auront quant àelles des ser-
vices spécifiques grâceàdes villas
équipées où elles pourront passer
des week-ends conviviaux et des
vacances full service comprenant
des distractions aussi bien pour les
adultes que pour les enfants grâce
àun parc aquatiquede20 hectares
semi-couvert, développé autour de
piscines de différentes dimensions,
des parcours detoboggans avec des
rivières et des lagunes artificielles.
Le parc prévoit également des to-
boggans aquatiques à différentes
formes et variantes permettant des
descentes sur depetits canots pneu-
matiques, mais aussi des piscines
àvagues et unerivièred’aventures
où les hôtes pourront se laisser
transporter par le courant à bord
de canots ou bouées géantes. Pour
les sportifs, des infrastructures de
standing olympique permettront
des stages et entraînements dans
unepiscineolympique, des terrains
de soccer et de tennis et une zone
d’équitation qui accueillera des
écuries, un champ d’entraînement
et unepistedegalop. Les amateurs
degolf auront droit àun terrain de
18 trous sur un green de65 hectares.
Reste enfin la mosquée, que le
porteur du projet, Gianni Ricardi,
musulman depuis une douzaine
d’années, selon ses propos, voudrait
«spacieuse et ouverte au débat
et à la connaissance, un havre de
paix reflétant les vraies valeurs de
l’islam». L’esquisseprésentéelaisse
voir uneinspiration sahariennedes
dunes roses de Sidi Khouiled. Un
véritable lieu de culte voué à la
réception des fidèles et des touristes
voulant découvrir la mosquée, qui
comprendra également un restau-
rant, un centre commercial, une
bibliothèque, un hammamavec une
position prédominante dans le vil-
lageen facedu lac artificiel.
ENVIRONNEMENT, DITES-VOUS ?
Du tourisme intégré au respect
de l’environnement. Et s’agissant
d’une rose des sables, il est à
souligner l’intérêt affiché pour la
durabilité du projet grâce à l’utili-
sation detechniques et matériaux de
construction amis delanature.
La brique de terre crue associée à
des techniques modernes impor-
tées d’Italie apportera le confort
thermique et une bonne isolation
ainsi que la régulation de l’humi-
dité. Leprojet comporteégalement
un système de récupération et de
recyclagedes eaux pluviales et des
déchets, mais aussi uneexploitation
del’énergiesolaireet éoliennepour
lerefroidissement et lechauffage.
Des toits verts, l’inertie thermique
des masses de maçonnerie, les
systèmes de refroidissement passif
mises en œuvre à travers des che-
minées devent inspirées du Moyen-
Orient, mais aussi et surtout un pro-
fit maximumdes apports gratuits du
soleil pour faire fonctionner toutes
les installations du village. Détails
àrelever après cetour d’horizon du
projet : 6 à9 mois d’adaptation de
l’étudeinitialeàlaréalitédu terrain
de Hassi Maâmar et une phase de
réalisation qui n’a pas été définie
pour lemoment. L’hôpital, pour sa
part, offrira toutes les commodités
et services dignes de San Rafaelo,
leplus grand hôpital italien dont le
concepteur lui-même s’est chargé
deconcevoir l’hôpital italien deSidi
Maâmar d’unecapacitéde400 lits.
Houria Alioua
● Lors d’une conférence de presse organisée ce week-end à la résidence Euro Japan de Hassi Messaoud, un consortium italo-algérien a
présenté l’avant-projet de l’«Oasis rose du désert», le village touristique du futur qui sera édifié à Sidi Maâmar, à équidistance de Ouargla,
Touggourt et Hassi Messaoud, soit un rayon de 80 km.
ILLIZI
Abdelmalek
Sellal
prochainement
à Bordj Omar
Driss et Debdeb
Le Premier ministre,
Abdelmalek Sellal, est attendu
prochainement dans les com-
munes de Bordj Omar Driss et
Debdeb, à la frontière
libyenne, dans la wilaya d’Illi-
zi, à l’extrême sud-est du pays.
Annoncée en marge de sa
visite de travail dans les daïras
d’In Guezzam (wilaya de
Tamanrasset) et Bordj Badji
Mokhtar (wilaya d’Adrar), lundi
dernier, cette visite d’inspec-
tion s’inscrit «dans le cadre de
la mise en application des ins-
tructions du président de la
République, Abdelaziz
Bouteflika, visant à accorder
une attention particulière à la
prise en charge des régions
frontalières du pays», a indi-
qué le Premier ministre. C’est
désormais la course contre la
montre à laquelle s’attellent
les autorités de la wilaya pour
recevoir la délégation ministé-
rielle. Bouda Brahim
GHARDAÏA
Installation du nouveau procureur général
SAISIE DE 452 BOUTEILLES DE BOISSONS ALCOOLISÉES
L
ors d’unecérémonietenuelasemainedernière
au siège de la cour de justice de Ghardaïa,
Slimane Boudi, premier président de la Cour
suprême, aprocédéau nomdu ministredelaJus-
tice, gardedes Sceaux, àl’installation officiellede
Mohamed Bensalemau postedeprocureur général
près lacour deGhardaïaen remplacement deRouini
Abdelhamid, muté dans les mêmes fonctions à la
cour deSétif après plus de8 ans passés àGhardaïa,
très exactement depuis le22 juillet 2006. Son rem-
plaçant, BensalemMohamed, magistrat à la Cour
suprême, est connu dans les rangs delajusticepour
avoir étémembredu bureau permanent du Conseil
supérieur delamagistrature(CSM) et surtout pour
avoir récemment fait partiedelasous-commission
«Paris», desupervision del’élection présidentielle
du 17 avril 2014, couvrant le nord de la France,
notamment Paris, Lille, Strasbourg, Metz, Bobigny,
Nanterre, Pantoiseet Vitry-sur-Seine. Les autorités
civiles et militaires, àleur têteAbdelhakimChater,
wali deGhardaïa, ainsi queles magistrats delacour
et du tribunal, ainsi queles avocats, les greffiers et
les notaires delawilayadeGhardaïainvités pour la
circonstance, ont assistéàlacérémonied’installa-
tion, lors delaquellelenouveau procureur général
a, dans unebrèveallocution, déclaréquesamission
première est d’appliquer les dernières règles en
matière de justice du président de la République,
notamment la procédure juridique de la détention
provisoire. K. Nazim
A
gissant sur information faisant état de l’exis-
tence d’un commerce illicite de boissons
alcoolisées au niveau du centre-villedeGhardaïa,
les éléments delapolicejudiciairedelasûretén’ont
pas tardéàserendresur les lieux afin defiler lesdits
malfrats. Il s’agit, selon un communiquédelasûreté
delawilaya, dedeux individus âgés de24 et 30 ans
qui circulaient àbord d’un véhiculedetypeChe-
vrolet Aveo, qui ont suscitéles soupçons des limiers
delaPJ. Filés discrètement, les deux malfrats ont
effectuéuneséried’arrêts dans des endroits obscurs.
C’est ainsi que l’aventure de ces deux voyous a
pris fin. Ils ont étéarrêtés en flagrant délit decom-
mercialisation illicite de boissons alcoolisées. La
fouilledu véhiculeapermis demettreau jour pas
moins de452 bouteilles devin rouge, transportées
illégalement par les prévenus. Déférés devant le
procureur delaRépubliqueprès letribunal deGhar-
daïa, les deux hors-la-loi ont étéplacés en détention
provisoire. Lamarchandisesaisieaétéremiseaux
services compétents. F. Azzoug
Le wali en inspection à Metlili
L
ewali delawilayaaentaméson péripled’ins-
pection àpartir delanouvelleMetlili, un nou-
veau centreurbain implantéàquelques mètres de
l’aéroport Moufdi Zakaria, où la cité du 5 Juillet
et lacitéHadhabaont étéles premières escales de
la délégation. Le chantier de construction des 20
logements promotionnels (LPP) ainsi quelecentre
deformation professionnelleet laconstruction d’un
groupement scolaire, puis leprojet deréalisation de
260 logements sociaux ont donnéleton delavisite.
Au tour del’anciennevilledeMetlili, qui sesitue
àenviron de45 kmau sud delavilledeGhardaïa,
pour frapper aux portes del’association culturelle
Iqraa, où lewali s’est longuement entretenu avec les
responsables et élèves avant de visiter le nouveau
siège de l’inspection territoriale du commerce, le
nouveau siègedeladaïradeMetlili et letout nou-
veau centredes Domaines et du Cadastre. Au centre
sanitaire du 18 Février, le pavillon des urgences
encore en chantier, le service d’hémodialyse puis
lenouveau centredes finances deladaïraont reçu
les critiques acerbes du premier magistrat qui a
donnédes instructions concernant lelaisser-aller et
leretard deréalisation decertains projets. F. Azzoug
Conférence de presse du consortium italo-algérien à Hassi Messaoud, le week-end dernier
HASSI MAÂMAR (OUARGLA)
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El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 9
R É G I O N E S T
Jet de pierres et cocktail-
Molotov contre la gendarmerie
EXTRACTION ILLÉGALE DE SABLE À JIJEL
●Certains justifient le pillage par l’absence de sablière dans la wilaya, mais est-ce une raison
pour dégrader le littoral dont la ligne recule de jour en jour et dont les vagues risquent de se
jeter sur le bord de la RN43 ?
Q
uelle solution contre
l’extraction illégale de
sable? Lamaffias’est
avéréetellement organiséeque
même les services de la gen-
darmeriesubissent des attaques
en règleavec jets depierres et
même des cocktail-Molotov,
le long de la RN43 qui longe
les plages delacommunes de
l’Emir Abdelkader.
Les évènements qui se sont
produits lasemaineécouléeet
lafin desemainedernièresont
graves. Aucuneautreadminis-
tration ne daigne pour le mo-
ment s’impliquer dans lalutte,
et lagendarmerieest jetéeseule
en pâture contre cette maffia,
et subit des attaques àchaque
sortiesur cetronçon routier et
ces rivages.
Des nuées dejeunes qui s’adon-
nent à ce commerce juteux,
entre camionneurs et main-
d’œuvrequi remplit àcoups de
pelles les camions, n’hésitent
plus à s’attaquer aux gendar-
mes qui reçoivent des volées
de pierres lancées en leur di-
rection. Lasituation est grave.
L’autoritédel’Etat est bouscu-
léedans cettebandelittoraleoù
les extracteurs illégaux desable
veulent imposer leur propre
loi. Ces derniers, une dizaine
de jeunes, ont été arrêtés à
l’issue d’échauffourées avec
des gendarmes dans lanuit de
mercredi à jeudi derniers. La
saisied’un camion en flagrant
délit et dont le conducteur a
pris lapoudred’escampette, a
généréces troubles.
Certes, certains posent lepro-
blème d’absence de sablière
dans lawilaya, mais est-ceune
raison pour continuer àdégra-
der lelittoral dont lalignere-
culedejour en jour et dont les
vagues risquent desejeter sur
le bord de la RN43? L’attente
a assurément trop duré pour
réagir énergiquement devant
cette maffia sans vergogne.
Les actions efficaces doivent
désormais suivre.
Fodil S.
La sablière de Oued Z’hor
SOUK AHRAS
Les poids lourds en surnombre
sur la route nationale n°16
P
lusieurs citoyens deSouk-Ahras, voiredes élus locaux, ont
maintes fois signalé l’existence en surnombre des poids
lourds sur laroutenationalen°16 et qu’ils tiennent pour responsa-
bles deplusieurs désagréments causés àlapopulation localeainsi
quelahaussedu taux des accidents delacirculation. Selon un élu
del’APW, Ils sont plus de300 engins àsillonner quotidiennement
lavillepour atteindrelecomplexesidérurgiqued’El-Hadjar (An-
naba) en prévenance des gisements d’El-Ouenza (Tébessa) ou
vice-versa. Cettefréquenceélevéeaaffectéles chaussées et rendu
difficilelacirculation routièrelelong decet axe. «Nous avons
affaire à des chauffeurs irresponsables qui s’adonnent à une
conduitepérilleuseau risquedeleurs vies et decelles des autres»,
aindiquéun chauffeur detaxi questionnéàcesujet. Les habi-
tants des cités DjeneneTeffeh, Skanskaet le«champ d’aviation»
soulèvent d’autres problèmes. «Au lieu dela routenationale, les
camions empruntent parfois des rues étroites pour réduireletrajet
et là c’est toutes les bordures des trottoirs, les lampadaires et les
plaques designalisation qui sont saccagés», estimeun habitant
del’unedesdites cités. Les évitements et autres routes en cours de
réalisation sont susceptibles d’atténuer un tant soit peu cetteforte
pression … et aussi les embouteillages et les accidents mortels. Le
recours aux chemins defer commemoyen alternatif est uneoption
qui n’apas pu dépasser l’étaped’un vœu, émis aussi bien par la
population localequepar les cheminots. A. Djafri
OUM EL BOUAGHI
Ces motos qui
empoisonnent la vie
C
’est infernal ce qui se passe àAïn Beida ! Le nombre de
motos ne cesse d’augmenter de jour en jour, transformant
lequotidien du citoyen en un vrai cauchemar. D’autant que
lavilleest devenuepar laforcedes choses leplus gros marchéde
ces bolides qui pétaradent àlongueur dejournéeet mêmedenuit.
Leplus inquiétant c’est queles jeunes motocyclistes nerespectent
aucunement lecodedelaroute, encoremoins les paisibles passants.
« Mabelle-filleaétépercutéepar un deces bolides. Elleest admise
àl’hôpital pour des soins.», nous informeDahmane. Cen’est pas
leseul incident provoquépar d’insouciants conducteurs demotos.
Chaquejour, les services delaprotection civileenregistrent un ou
deux accidents demoto. Et il y adans certains cas mort d’homme!
Jusqu’où peut aller l’imprudenceet ladésinvolturedes jeunes qui
enfourchent degrosses cylindrées ? Faisant delavitesseleur jeu
favori, ils risquent àchaquepassagedefairedes victimes parmi les
passants et passantes. Lecomblec’est qu’ils neportent mêmepas de
casques les sécurisant contreles chutes. Et elles sont parfois mor-
telles. Plusieurs motocyclistes ont fait les frais decettenégligence.
« Beaucoup, nous lanceun sexagénaire, nedisposent pas depermis
deconduire, d’où les multiples accidents qu’ils provoquent dans les
rues et sur les boulevards delaville. Plus d’unefois, les services de
lasûretédedaïraont procédéàlamiseàlafourrièredes motocycles
dont les conducteurs sont les auteurs d’incidents dommageables
pour des personnes et des véhicules. Justement, ce sont eux qui
gênent lacirculation automobiles àl’intérieur du réseau urbain de
par leur nombreet lafaçon deconduirepeu enclineau respect et à
labienséance. «Leplus beau, condamneun habitant du centre-ville,
c’est queles conducteurs nesesoucient nullement du repos des ci-
toyens quand ils passent la nuit devant nos habitations, vrombissant
et pétaradant à l’envi.» Celarelèvedu tapagenocturne, outrelefait
quec’est uneformepernicieusedepollution sonore. L. Baâziz
Une voiture se renverse : un
mort et deux blessés graves
L
’accident est survenu avant hier, premier jour del’annéehégi-
rienne, tôt lematin, au niveau d’un carrefour, situésur laRN 3,
près deOuled Zouaï, dans ladaïradeSouk Naâmane, àl’extrême
ouest d’OumEl Bouaghi. Une voiture de marque Kia a dérapé
dangereusement avant defaireun tonneau et desestabiliser sur la
borduredelaroute. On déploresur placeledécès du jeuneA. Z. (26
ans) et deux blessés graves dont leconducteur, un jeunede20 ans,
prénomméM. A. Ces deux derniers ont étéadmis aux urgences de
l’hôpital deAïn M’Lila, tandis queladépouilledeA. Z. aétédépo-
séeàlamorgue, en attendant cequerévèleral’enquêtediligentée
par les services habilités. L. B.
BISKRA
Mort pour avoir mangé des
pommes !
V
endredi dernier, un père de famille, G.Tarek, âgé de 41 ans,
exerçant lemétier dechauffeur detaxi, est décédéen son domi-
ciledelacitéd’El Aliaaprès êtrerentrédel’hôpital où il avait été
admis, avec ses deux filles âgées de11 et 5 ans, pour des troubles
intestinaux et des douleurs abdominales, a-t-on appris d’un membre
desafamille. Ils avaient consommédes pommes achetées au mar-
chétandis queson épouseet son fils de9 ans n’en avaient pas man-
gés, expliquenotreinterlocuteur. Après avoir reçu les soins pour ce
qui aétédiagnostiquécommeétant uneintoxication alimentaire, le
quadragénaireest rentréchez lui tandis queses filles ont étégardées
en observation. Safemmel’adécouvert lecorps sans viegisant dans
lesalon alors qu’elleallait lui chercher un verred’eau. Samedi, des
dizaines depersonnes peinées par cettesoudainedisparition deleur
frère, cousin, amis et voisins très appréciépour son sens delasolida-
ritéont accompagnéledéfunt vers lecimetièredeLaazilet. H. M.
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L
e premier colloque international sur
lavilleet l’enfant aouvert ses portes,
hier matin, à l’auditoriumde l’université
Hadj Lakhdar deBatna, et seprolongera
sur trois jours. Il est organisépar lelabo-
ratoire Enfant, Ville et Environnement
(LEVE), lemêmelaboratoireen chargedu
master «Architectureet environnement de
l’enfant», au département d’architecture.
Plusieurs spécialistes et universitaires in-
ternationaux (Angleterre, Egypte, Arabie
Saoudite, Jordanie, Irak et Soudan) sont au
programme des conférences. Selon l’or-
ganisateur del’évènement et président du
labo, BelkacemDib, lecolloqueapour but
demettresous les projecteurs lasituation
del’enfant dans nos villes et ce, afin que
dans un futur proche, il soit pris en compte
dans les politiques urbaines. «Les espa-
ces dédiés à l’enfant sont très rares dans
nos villes. A titre d’exemple, les écoles
primaires sont majoritairement conçues
selon l’exemple français, Il nous faut un
nouveau model», a-t-il dit. Toujours selon
M. Dib, leconstat est alarmant. Toutes les
habitations conçues par l’Etat, qui coûtent
beaucoup d’argent, sont du mêmemodel
architectural et neprennent pas en compte
l’enfant. Les espaces qui les entourent,
quant à eux, neconviennent nullement à
son épanouissement. «C’est unevéritable
politique de standardisation», s’est-il in-
digné. Par ailleurs, leprésident du LEVE
s’inquiète sur ce qu’il a qualifié comme
le prochain défi des villes algériennes à
savoir « l’écolepréparatoireobligatoire».
Il n’y apas d’infrastructures spécialement
conçues pour cela. «Il s’agit d’écoles pri-
maires qui nesont pas adaptées à l’esprit
del’enfant. Pour les crèches, elles nesont
en fait quedes maisons converties», a-t-il c
onclu. Sami Methni
UNIVERSITÉ DE BATNA
La ville et l’enfant en débat
AGENDA CULTUREL
■LUNDI 27 OCTOBRE – 9H
- Salle des conférences
Sassi Benhamla nouveau
campus université de
Guelma
Colloque international sur
l’œuvre de Kateb Yacine.
■LUNDI 27 OCTOBRE
- Institut culturel français de Constantine
Exposition Entre deux rives- Par la compagnie Nacera Belaza
■MARDI 28 OCTOBRE – 18H
- Institut culturel français de Constantine -
Temps fort danse
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2013 - 9
Des déchets hospitaliers
jetés dans la nature
AÏN EL HAMMAM
(TIZI OUZOU)
UNE AGENCE CNR
EN PROJET
L
acaissenationaledes retraites (CNR) aurabientôt son
antenne àAin El Hammam, chef-lieu de daïra à 45
kmau sud-est deTizi Ouzou. Voilàunenouvellequi, sans
doute, réjouirales nombreux retraités delarégion.
Situéesur lagranderue, l’ancienneagenceBADR, incen-
diéeil y aquelques années, fait actuellement l’objet d’amé-
nagements pour servir d’agencedelaCNR. Les personnes
âgées au courant du projet necachent pas leur soulagement,
eux qui, pour un simplerelevédepension sont contraints
de se rendre àTizi Ouzou avec tous les tracas que sup-
poseledéplacement sur unedistancedeplus dequarante
kilomètres. Quant aux vieux des communes éloignées telle
Illilten dans ladaïrad’Iferhounene, ils sont contraints de
passer plus decinq heures dans les taxis pour serendre
àlaCNR deTizi Ouzou. Les difficultés sont encoreplus
accrues lorsqu’il s’agit devieilles, vivant seules. C’est dire
quelafin des travaux est attendueaveimpatience. Même
si lelocal est encoreen chantier, «on peut d’ores et déjà
espérer d’en voir la fin rapidement», nous confieun vieux
retraitéqui arrivedifficilement àsedéplacer. Près dechez
eux, la«caisse», commeils aiment désigner laCNR, leur
«évitera des déplacements fastidieuxet coûteux», indique
un octogénairequi s’étalesur les difficultés auxquelles il
fait facedès lors qu’il doit serendreau chef-lieu dewilaya.
«Imaginez letrajet jusqu’à la garemultimodaledeOued
Aissi d’où jedois prendrelebus jusqu’ à Tizi Ouzou avant
demonter dans les fourgons qui mènent à la nouvelle-ville
où setrouvelesiègedela CNR. Pour l’aller-retour, jedois
débourser près dequatrecents dinars en transport seule-
ment», dit un retraité. Nacer Benzekri
FORMATION
PROFESSIONNELLE
PARTENARIAT AVEC
DES ENTREPRISES
ÉCONOMIQUES
D
ans lecadredelamiseen œuvredes conventions-
cadres signées par leministèredelaformation et de
l’enseignement professionnels avec d’autres ministères,
ladirection localedelaformation et del’enseignement
professionnels vient de signer trois nouvelles conven-
tions. Lapremièreconcernelaformation et leperfection-
nement du personnel des services des transmissions dans
ledomainedel’informatiqueet delatéléphonie.
Des stages de formation et de perfectionnement seront
organisés au profit des employés de cette direction au
niveau des instituts (Insfp, Cfpa) deTizi Ouzou, Ouague-
noun, Tala Allam, Azazga, Draâ El Mizan et Ain El
Hammam. Ces formations profiteront également aux
travailleurs del’entreprisebriqueterietuileriedeFréhaen
vued’unededévelopper uneformation alternéeau profit
des agents decettemêmeEPE, aindiquéladirection de
wilaya de la formation professionnelle. La convention
signée avec cette entreprise concernera les spécialités
industrielles àsavoir électromécanique, électrotechnique,
chaudronnerie, informatique, entretien des engins de
chantier, chimieindustrielleet l’électroniqueindustrielle.
La certification des qualifications professionnelles du
personnel del’entreprisesur labasedeleur expérience
professionnelleet deleurs acquis est également prévue
dans lecadredecetteconvention, a-t-on précisé. Quant à
latroisièmeconvention, elleaétésignéeavec ladirection
de la pêche et des ressources halieutiques. Objectifs :
développer et promouvoir les métiers delapêcheet de
l’aquaculture, améliorer et maîtriser les techniques dans
ce créneau d’activité, enrichir et actualiser les données
relatives aux spécialités concernées, échanger des infor-
mations. La même convention ambitionne d’identifier
les besoins en main-d’œuvrequalifiéedans les spécialités
du secteur delapêcheafin d’établir des plans deforma-
tion avec les structures delaformation professionnelle.
Commeil seraaussi question deprendreen chargeles
besoins en formation du personnel des entreprises de
cesecteur d’activité. Ces conventions prévoient aussi la
formation des apprentis en milieu professionnel ainsi que
les stagiaires delaformation résidentiellepour les stages
pratiques. Pour la mise en œuvre de ce programme, la
direction decesecteur deformation ainitiéplus d’une
cinquantainedeconventions dont plus d’unedizaineont
étésignées durant l’année2014. A. T.
KABYLIE INFO
●Faute d’appareils de pulvérisation et de stérilisation, de nombreux
établissements sanitaires de la wilaya jettent les déchets hospitaliers
dans les décharges sauvages.
L
es déchets hospitaliers constituent une
réellemenacepour lasantépublique
dans lawilayadeBoumerdès. L’alerte
aétédonnéelors deladernièresession de
l’APW, tenue mercredi et jeudi derniers.
La commission de la santé, de l’hygiène
et de la protection de l’environnement de
cette assemblée fait état d’importantes
quantités de déchets hospitaliers qui sont
jetées dans lanatureen raison del’absence
d’incinérateurs et decentres detraitement
spécialisés. Dans leur rapport, les élus
précisent que «les structures sanitaires
relevant du secteur public dégagent une
moyenned’unetonnededéchets par jour.
Cela sans compter ceux provenant des
activités des cliniques et laboratoires pri-
vés». «Les hôpitaux de Dellys, Thénia et
Bordj-Menaiel dégagent à eux seuls près
de500 kg dedéchets par jour», précisent-
ils en s’inquiétant des risques qui pèsent
sur lasantéet l’environnement. Selon eux,
chaque hospitalisation génère au moins
200g/j deproduits médicaux.
En l’absenced’incinérateurs et/ou destéri-
lisateurs, les élus affirment quelaplupart
des établissements desoins recourent aux
méthodes et moyens traditionnels, àl’ins-
tar des bruleurs pour éliminer les produits
médicaux usagés, tels queles seringues et
les pansements. C’est lecas àl’hôpital de
Dellys où les déchets sont brulés àl’inté-
rieur même de l’enceinte hospitalière. Ce
qui génèredes odeurs et des gaz toxiques
très nuisibles àlasantéhumainedans les
alentours, relèvent-ils dans leur rapport.
Un élu del’assembléedéplorelefait quele
centredetraitement «Ecferal» setrouvant
à l’entrée de la ville de Si Mustapha ne
reçoit queles déchets des hôpitaux implan-
tés en dehors du territoire de la wilaya.
Il faut dire ce problème et le non-respect
des normes d’hygiène dans les milieux
hospitaliers restent la première cause des
maladies nosocomiales en Algérie. Le Dr
BoutabaYakin Tawhida, médecin assistante
en microbiologieàl’hôpital deHadjout, a
souligné lors d’un séminaire tenu en mai
dernier à l’universitéM’hamed Bougarra,
queletaux deprévalencedecettemaladie
en Algérieest de 25%. Lors deleurs sorties
sur leterrain, les élus avaient constatéque
mêmes les cliniques et les laboratoires pri-
vés jettent leurs déchets dans les décharges
sauvages avec tous les risques que cela
implique sur la santé des riverains et de
l’environnement.
Au début de l’année en cours, pas moins
de trois laboratoires d’analyses médicales
privés ont été fermés par des inspecteurs
du ministèreen raison du non-respect des
règles régissant leurs activités avec lerejet
des déchets anarchiquement dans lanature.
Pour remédier àcettesituation, les élus de
l’APW ont recommandé la dotation des
hôpitaux delarégion d’appareils depulvé-
risation et destérilisation ou laréalisation
d’un centrespécialisédans letraitement de
déchets hospitaliers. R.Koubabi
P
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P
as moins de2931 familles habitant différentes localités dela
wilayadeBoumerdès vont êtrerelogées dans des appartements
décents avant lafin del’annéeen cours, a-t-on appris récemment
auprès d’un responsabledel’OPGI.
Lapremièrepartiedecetteopération derelogement touchera1351
familles àtravers plusieurs localités. Notresourceaffirmequela
plupart des bénéficiaires occupedes chalets et autres habitations
précaires commec’est lecas dans les communes deBoumerdès et
Zemmouri. La2
e
tranchedeceprogrammecomprend 1600 unités
immobilières, dont 500 ont étéréalisées àOuled Haddadj et 1100
àKhemis-El-Khechna. Cettedernièrecommuneconnaît unevraie
crise de logement. Elle compte huit bidonvilles englobant 568
habitations précaires. Il faut direquelaréalisation des programmes
d’habitat affectés au profit delawilayadépend deladisponibi-
litédu terrain. Paradoxalement, cesont les communes àvocation
agricoleet àfortedensitédémographique, commeBordj-Menaïel
et Boudouaou qui «accueillent» les plus importants quotas en la
matière. Chosequi n’aidepas àstopper l’exoderural et lapréser-
vation du peu deterres fertiles ayant échappéàl’avancéedu béton
afin degarantir lasécuritéalimentairedes générations futures. La
communed’Ammal aeu droit à270 appartements socio-locatifs
depuis 2001 dont 150 nesont pas encorelancés. R.K.
Les lycéens en grève
L
es élèves des deux lycées de Chabet
El Ameur, à l’est de Boumerdès, ont
enclenché, hier, une grève pour protester
contreles mauvaises conditions descola-
rité. Les lycéens de l’établissement Bou-
kabous Ahmed seplaignent du manquede
salles, précisant que certaines divisions
pédagogiques suivent les cours au niveau
du réfectoire.
Selon eux, quatre classes ont été alors
transformées en bureaux suiteaux dégâts
causés au bloc pédagogiquepar les intem-
péries 2012. Outrecela, les grévistes récla-
ment l’aménagement de la route reliant
la ville à leur établissement. Ce tronçon
routier, revêtu une seule fois depuis son
ouverturedurant les années 1990, setrouve
dans un état déplorable. Les élèves ainsi
que les enseignants éprouvent d’énormes
difficultés pour rejoindre l’établissement
en période hivernale. Les élèves du nou-
veau lycée, ouvert dans laprécipitation en
2010, dénoncent quant à eux le manque
d’enseignants desciences naturelles et des
mathématiques.
Les élèves sont privés decours depuis le
début de la rentrée scolaire. Les mani-
festants sont en grève depuis 3 jours. Ils
exigent l’ouverture de la cantine scolaire
fermée, selon eux, à cause de l’absence
d’un cuisinier. Ils demandent aussi l’amé-
nagement d’un terrain desport et l’ouver-
ture de la salle informatique dotée en
matériels et équipements nécessaires. Les
élèves déplorent, par ailleurs, l’absence
d’eau dans les sanitaires et lapropagation
des égouts àciel ouvert àl’entréedel’éta-
blissement. Z.Youcef
L’absence de centres de traitement spécialisés se fait ressentir à travers le pay
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 09
R É G I O N O U E S T
TIARET
Les chômeurs se mobilisent
● Les représentants locaux du comité national pour la défense des droits des chômeurs
disent «vouloir organiser le 1
er
novembre devant le siège de la wilaya, un sit-in
pacifique pour dénoncer la précarité de l’emploi et surtout ce chômage endémique
qui touche de plus en plus de jeunes».
P
our une première sortie pu-
blique, les chômeurs dénoncent
«la précarité des dispositifs
d’insertion qui ont atteint leurs li-
mites». Selon le communiqué des
représentants du CNDDC-Tiaret par-
venu ànotrerédaction : «c’est à l’aune
depolitiques économiques et sociales
inefficaces et les dures conditions des
chômeurs qui vivent à leurs corps
défendant les conséquences de ces
politiques qu’il est apparu l’idée de
défendre le peu d’acquis qui reste à
exploiter pour valoir de meilleures
conditions de vie aux milliers de
jeunes à l’heure où le pays est gan-
grené par les inégalités sociales et
la corruption», comme le prouvent
les nombreuses affaires traitées par
la justice. «Aujourd’hui, poursuivent
les rédacteurs du communiqué, face
à la dégradation du pouvoir d’achat
du fait d’uneflambéedémentielledes
prixdecertains produits alimentaires,
les chômeurs de la wilaya de Tiaret
ne pourront assister sans agir alors
queles biens publics sont détournés et
la corruption prend des proportions
alarmantes, cequi concourt à la mar-
ginalisation de larges couches de la
société dont sa sève nourricière, la
jeunesse». Lasituation est exacerbéedu
fait del’incapacitédecertains àjuguler
le fléau, ajoute la même source qui
indiqueque«son action s’inscrit dans
une démarche visant la récupération
d’un droit constitutionnel confisqué, le
droit au travail». C’est dans ce cadre
qu’intervient le sit-in pacifique des
chômeurs delawilaya, un 1
er
novembre,
date qui reste une référence à la fois
historiqueet un legs quelagénération
postindépendance devrait fructifier.
Pour cefaire, laCNDDC proposeaux
pouvoirs publics «l’ouverture d’un
dialogue responsable avec le bureau
local de cette entité et une date pour
l’entamer dans la sérénité, pourvoir
des postes d’emplois pour les chômeurs
et accélérer le processus de dévelop-
pement visant à résorber le chômage
endémique» et «la cessation des pour-
suites à l’encontredejeunes chômeurs
à l’échellenationale». A. Fawzi
BÉCHAR
Le réseau d’assainissement
est défaillant
SIDI BEL ABBÈS
Un enfant périt dans un accident
MASCARA
Les scouts rendent hommage au chahid
Abdelkader Habbouche
TLEMCEN
Prévention contre la fièvre Ebola
CHLEF
Les habitants d’El Hammam
réclament le bitumage de la route
P
lusieurs usagers du réseau public d’assainissement élèvent devives pro-
testations contreles défaillances enregistrées au niveau du servicepublic
d’assainissement. Ladéfaillanceconcerneprécisément l’absencetotaled’inter-
vention pour la réalisation de travaux de branchement sur simple demande.
L’officenational d’assainissement (ONA), indiquent les usagers, refused’inter-
venir laissant ces derniers procéder eux-mêmes aux travaux debranchement. Le
refus del’organismepublic est motivépar un plan dechargeinvoquéen matière
d’interventions alors qu’unetellesituation contrevient en effet au règlement
qui fait obligation au concessionnaire du réseau public (ONA) de répondre
aux demandes des citoyens pour réaliser les travaux debranchement sollicités.
L’usager setrouveainsi devant lacontrainted’intervenir par ses propres moyens
sur lavoiepubliqueaprès avoir obtenu unepermission devoirie. Au termede
l’article 13 du cahier des charges-type, le concessionnaire doit exécuter des
ouvrages decanalisations d’assainissement sur lavoiepubliqueen conformité
avec laréglementation en vigueur. Lasolution laplus appropriée, selon certains
usagers, serait deconfier les travaux debranchement àdes entreprises agréées
qui exécuteront ces travaux sous contrôledes agents del’office. Cettepratique
est autoriséeet utiliséepar Sonelgaz pour les travaux debranchement degaz.
Elleauracommeconséquenceaussi lacréation demicros entreprises qui pour-
ront àleur tour insérer des jeunes àlarecherched’emploi. M. Nadjah
U
n enfant âgéd’unedizained’années aperdu lavietandis quequatreautres
personnes ont été blessées dans un accident de la circulation survenu,
vendredi, près delacommunedeRas El Ma, localitéagro-pastoralesituéeà
quelque90 kilomètres du chef-lieu delawilayadeSidi Bel Abbès. Ledrame
s’est produit lorsqu’un véhiculeléger àbord duquel setrouvaient les victimes, a
brusquement dérapéalors qu’il s’engageait dans un viragedangereux, avant de
faireplusieurs tonneaux sur lachaussée. Selon des éléments d’information pré-
liminaires, l’accident aurait vraisemblablement pour originel’excès devitesse.
Uneenquêteaétéouvertepar les services degendarmeriepour en déterminer
les circonstances exactes. M. Habchi
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S
entant lamenace, surtout depuis quedes cas ont étéenregistrés au Mali,
les autorités ont pris les devants pour prévenir toute contagion. «Un
dispositif desurveillanceet d’alertefaceà la menacedela fièvrehémor-
ragiquedu virus Ebola a étémis en placeau niveau des structures sanitaires et
des postes decontrôlesanitaireauxfrontières del’aéroport Messali El Hadj de
Zenata et leport deGhazaouet», aindiqué, àlapresse, jeudi dernier, ledirecteur
delaSantéet delaPopulation delawilayadeTlemcen. Rassurant, il précisera:
«Aucun cas defièvrehémorragiquedu virus Ebola n’a étéenregistréà Tlemcen,
ni dans notrepays. Toutefois, nous recommandons à nos citoyens et citoyennes,
uneapplication des règles d’hygiènedebasequi restent les mesures les plus
importantes pour empêcher la survenuedecetteépidémie». Pour cequi est des
mesures prises au niveau delawilaya, lamêmesourceaexpliqué: «Des camé-
ras thermiques, des thermomètres frontauxet des tapis désinfectants ont étéins-
tallés au niveau del’aéroport deZenata et du port deGhazaouet pour renforcer
lecontrôledes voyageurs et ledépistagedes personnes venant del’étranger.
Des salles d’isolement sont réservées à tout cas suspect d’Ebola ou d’autres
maladies deportéeinternationale». ChahreddineB.
D
ans unecorrespondanceremise, hier, ànotrebureau, des habitants deBocca
El Hammam, dans lacommuned’OumDrou, dénoncent lemauvais état de
laroutereliant leur localitéàcelledeTouait. Ils réclament lebitumagedecetron-
çon de2 kmafin dedésenclaver labourgade, situéepourtant non loin du chemin
dewilayafaisant lajonction entreOumDrou et Zeboudja. Ils affirment quela
persistancedeceproblèmeaccentuel’isolement deleur cité, surtout en hiver où
lechemin en question devient pratiquement impraticable. «Nous avons alerté,
à plusieurs reprises, les élus locaux sur notrecas, mais aucunesuiten’a été
réservéeà nos doléances», indiquent les protestataires dans leur correspondance.
Ces derniers sollicitent donc l’intervention du wali deChlef pour lapriseen
chargedeleur revendication avant lasaison des grandes pluies. A. Yechkour
C
esamedi 25 octobre2014, à8h30, faceàlastèlecom-
mémorativedelavilledeMascara, un rassemblement
des membres delasection des anciens scouts musulmans
algériens (SMA) «Mohamed Bouras» en uniforme (che-
miseblancheet foulard vert et rouge) et d’autres citoyens
attirent l’attention des passants. À 9h précise, deux jeunes
hissent ledrapeau national. En guisederespect aux cou-
leurs nationales, un policier invite un automobiliste à
observer un arrêt. À lalevéedes couleurs, des jeunes sesont
mêlés àlafouleet s’interrogent sur les motifs decerassem-
blement. Hamid Aouimeur, un ancien scout de Mascara
annonce qu’«en ce même jour de l’année 1958, tombait
au champ d’honneur lechahid HabboucheAbdelkader dit
Zaâtout». Il ajoutera: «Lemartyrea étéoubliéet on évoque
jamais son nomdans la cité de l’Émir pour la simple
raison qu’il n’a pas laissédeprogénitureaprès sa mort».
Lelocuteur n’hésiterapas àajouter en substanceque«la
célébration decet évènement qui fait datedans l’histoire
del’Algérienesera pas la dernièreà êtremiseen exergue
à Mascara». À titrederappel, HabboucheAbdelkader dit
Zaâtout naquit en 1932 dans lequartier populairedeBab
Ali, àMascara. Son père, Mohiédine, aparticipémilitaire-
ment àlapremièreguerremondiale. En 1952, Zaâtout aété
appeléàaccomplir son servicemilitaire. Il rejoint les rangs
del’ALN en 1956 après avoir passéson servicenational en
Indochine. Après, il semet, selon Hamid Aouimeur, «en
contact avec des moudjahidinedont Hadj Mostafa Soltani.
Celui-ci le mit en contact avec le commandant Abdelk-
halek qui lui a confiéun groupede15 commandos». Le25
octobre1958, àlafermedeMmeKnino àMascara, Zaâtout
tombaavec son frèred’arme, Mimoun Boudali dit Blindi,
au champ d’honneur lors d’un accrochage qui a duré 2
heures. Souag Abdelouahab
Les chômeurs montent au créneau
Rassemblement des anciens scouts musulmans algériens
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El Wat an - Di manche 27 oct obre 2014 - 11
KABYLIE INFO
Voir Béjaïa et mourir !
●Ces chiffres effarants, on ne les met suffisamment pas en relief faute de campagnes de sensibilisation qui ne profitent que pour la
sécurité routière. Ils autorisent pourtant à voir que le péril de la mer rivalise avec le terrorisme des routes.
«Walah que c’est plus que malheureux de repêcher des baigneurs ivres !»
Entretien réalisé par
Kamel Medjdoub
Ancien chef de poste et plongeur
depuis 1986, Salhi Abdelmadjid a
une expérience longue de 28 ans
sur les plages de Béjaïa.
Actuellement inspecteur des plages,
il rend compte dans cet entretien
d’une situation, le moins que l’on
puisse dire, dégradée. Il décrit un
monde de fous des plages où
inconscience et négligence font bon
ménage, et où l’alcool obnubile de
jeunes baigneurs pour faire d’eux
de faciles proies entre les dents de la
mer. Il tire la sonnette d’alarme.
Un grand nombredesnoyéssur lesplages
de Béjaïa sont originaires des Hauts pla-
teaux. Avez-vouseu à fairececonstat ?
Ceconstat on lefait chaqueannée. Effecti-
vement, lamajoritédes noyés sont des Hauts
plateaux. 90 à 95 % des noyades ont lieu en
dehors des heures detravail, surtout avant 9h,
heure de l’ouverture des plages, mais aussi
après 19h, heure de leur fermeture. Il y a un
sérieux problème. Des personnes dorment sur
les plages mêmeet sejettent àl’eau dès qu’ils
seréveillent. Ils sont H24 sur les plages. Ajouté
àcelalaconsommation d’alcool sur place. Il y a
beaucoup denégligence. Les gens ignorent car-
rément les horaires autorisés pour labaignade.
Çam’est arrivéplusieurs fois demeconfronter
àdes baigneurs qui neveulent rien savoir des
risques delamer déchaînée. Unefois, c’était
avec un homme, en compagnie de toute sa
famille, six enfants entre5 et 10 ans, restésourd
aux paroles des maîtres nageurs. J’ai intervenu
pour lui fairecomprendrequelabaignadeest
dangereuse, qu’il y a drapeau rouge. Rien
n’y fait. «C’est drapeau rouge tout le temps,
quand est-cequ’on sebaignealors ?» m’a-t-il
répondu avec agressivité. Quefairedevant ce
genredecomportement ?
Pourtant lesplagesdeBéjaïa nesont pas
réputéespour êtredangereuses.
Nous avons de grandes plages. Rien à
voir avec les plages de Jijel, d’Alger, deTizi
Ouzou ou d’ailleurs où il est question surtout
de baies. Certaines plages, comme à Aokas
ou Tichy, atteignent les 1000 mètres. Elles
exigent plus de surveillants et à ce propos il
faut direquenous avons un manqued’effectif
cetteannée. Les gens neveulent pas travailler.
Les jeunes préférèrent aller s’inscrire pour
quelques heures de travail dans le cadre de
l’ANEM pour un million huit cent millecen-
times quedetravailler toutelajournéecomme
surveillant de plages pour moins que cela.
Et ils ont raison. Nous avons quelque 300
surveillants recrutés cette saison. Certains
ont travaillé quelques jours avant de s’en
aller. Ils arrivent en retard au travail et se
rebiffent lorsqu’on leur fait la remarquepour
manquement aux heures de travail. Nous
essayons d’être diplomates avec eux, inuti-
lement. D’ailleurs, les cinq maîtres nageurs
saisonniers sur la plage des Aiguades ont
décidé d’arrêter parce que c’était la rentrée
scolaire et nous n’étions que le 2 septembre.
Defait, nous sommes obligés defaireappel à
deux pompiers pour leur remplacement. C’est
un vrai problème.
Lesbaigneurssont-ilssuffisamment sensi-
biliséssur lesrisquesdela mer ?
Beaucoup sont ignorants des risques de la
mer. S’ils sont conscients de ces risques, ils
n’accepteraient pas de s’exposer à la mort.
Nous avons passécetteannéedes nuits pertur-
bées. On nous appelleàminuit pour secourir
des baigneurs qui sesont égarés dans lamer à
bord depédalo ou autreembarcation. Et cela
s’est passéplusieurs fois notamment àAokas.
J’ai vu les vingt derniers jours d’août cequeje
n’ai pas vécu pendant mes 28 ans decarrière
sur les plages. Des groupes dejeunes, dont des
adolescents de 15-16 ans, qui ne sont pas de
larégion, sesaoulent sur les plages àneplus
pouvoir setenir debout. Et il nesert àrien de
discuter avec eux. L’alcool couleàflot. Surtout
les week-ends. Il fait des ravages. Il est pour
quelquechosedans les noyades surtout àTichy,
Aokas et Melbou. Souk El Tenine est moins
touchée. Walah quec’est plus quemalheureux
de repêcher des baigneurs ivres! Ce matin, à
Tichy, où la mer était démontée, nous avons
dégagéun jeune, de20 ou 22 ans, qui est resté
coincésur les rochers. Il y était debon matin
et nes’est pas aperçu du niveau delamer qui
montait progressivement. C’est l’ignorance.
La sensibilisation nedoit-ellepassefaire
dans les wilayas d’origine, avant l’arrivée
sur lesplages?
Il faut unelargecampagnedesensibilisation
àlatélévision, àlaradio…. Il y ales moyens
delefaireet un ou deux mois àl’avance. Cette
année, il paraît qu’ils ont fait ici des tournées
desensibilisation avec affichage. Au niveau de
chaqueunité, àTichy, Aokas, Souk El Tenine,
on a accroché de grandes banderoles mais la
sensibilisation doit toucher toutes les wilayas.
Est-cequela présencedu drapeau rouge
empêche-t-il, à lui seul, la baignade?
Lorsqu’on sait queledrapeau rougesignifie
interdiction de baignade pourquoi s’aventurer
dans l’eau ? On peut toujours rester sur lesable,
jouer au ballon. Il y a certains qui défient la
mer en croyant être de bons baigneurs, et ils
sont souvent suivis par d’autres qui nelesont
pas. Et lorsquenous les rappelons àl’ordre, ils
manifestent tout simplement uneenvied’en dé-
coudreavec les maîtres nageurs. Nous sommes
plusieurs fois arrivés à des dépôts de plainte
auprès de la police. Les conflits se règlent
toujours àl’amiable, mais après des journées de
tracasseries.
Selon vous, quefaut-il fairepour réduire
lescasdenoyades?
La sensibilisation est d’un apport considé-
rable, et non seulement àBéjaïa. A quoi bon de
lefaireici pour lapopulation localealors qu’on
vient deBéchar et d’ailleurs. Croyez moi qu’il
y ades personnes qui nesavent mêmepas ce
queveut direun drapeau rouge, vert ou orange.
Allah ghaleb, ce n’est pas de leur faute, ils
vivent très loin delamer.
Qu’en est-il desmoyens?
Les moyens debasedont nous avons besoin
commeles palmes et les bouées nemanquent
pas. Ces derniers temps, nous avons suf-
fisamment de pneumatiques semi rigides
aussi. Les moyens desecours nous en avons.
Il y a par contre un manque de saison-
niers et le problème que nous rencontrons
cette saison est particulier bien qu’il se
soit manifesté déjà l’année dernière.
C’est catastrophique. K. M.
D
estination enchanteresse,
ensorceleuse et aimantine,
Béjaïaades charmes dévo-
rants. Les baigneurs qui ont déferlé,
depuis la fin du mois de carême,
par dizaines de milliers quotidien-
nement sur la côte bougiote ont
quittélacôteet sesont engagés sur
lechemin du retour depuis les ren-
trées socialeet scolaire. Cen’est pas
pour autant que les plages se sont
désempli. D’insatiables baigneurs,
ou tout simplement derniers arri-
vés ennemis des foules, y profitent
des grands espaces libérés par les
derniers aoûtiens. Les plages atten-
dront encore quelques jours pour
se désemplir, même si le dispositif
sécuritaire a été levé totalement
ce 30 septembre signifiant la fin
officielledelasaison estivale. Mais
le temps est déjà aux bilans. Celui
qui donnelamesuredel’affluence
estivale enchante avec 6,5 millions
debaigneurs, recensés très approxi-
mativement. Un peu au-delà de
la proportion de l’été passé. Mais
les bilans de tous les étés font de
l’ombreàd’autres statistiques. Ma-
cabres celles-là. Malheureusement,
aucune saison estivale n’est passée
sans quelaméditerranéen’avaletraî-
treusement des vies. Depuis début
juin jusqu’au 28 septembre, vingt
six baigneurs se sont noyés sur la
côte bougiote. Un bien lourd bilan
qui signeun pic deces dix dernières
années. Et chaquefin d’été, laliste
des noyés confirme un fait relevé
fatalement l’été d’avant : c’est que
dans leur écrasantemajorité, les vic-
times viennent del’intérieur du pays.
«Voir Béjaïa et mourir !». Sensée
traduiretout justeuneardenteenvie
de goûter au charme irrésistible de
Béjaïamêmeau prix delavie, cette
expression trouve là un tout autre
sens, dramatique, et traduisant une
dernière «volonté» que l’on n’a du
tout pas formulée.
Du 1
er
juin au 31 juillet 2011, la
protection civileacompté13 noyés
dans les eaux de Béjaïa, le plus
âgénedépassant pas laquarantaine
d’années et le plus jeune d’à peine
12 ans. Moins que les étés passés,
parcequelemois decarêmeempié-
tant de plus en plus sur la saison
estivaleet réduisant du coup letaux
defréquentation des plages, mais le
chiffre révèle que sur les 13 noyés,
l’écrasantemajorité, soit 12 victimes,
sont des jeunes venus del’intérieur
du pays que le danger de la mer a
surpris. La majorité a péri sur des
plages interdites àlabaignade, donc
non surveillées, ou en dehors des
horaires de surveillance. Ils sont
de Tebessa, Batna, Sétif, Oum El
Bouaghi, Khenchela, et d’El Oued,
toutes des wilayas del’extrêmeest du
pays. Un hasard ? Avant d’aller plus
loin, voyons voir d’abord ledétail du
bilan del’été2014. Les noyés, tous
desexemasculin, âgés entre14 et 40
ans, sont deSétif, BBA, Tebessa, El
Oued, OumEl Bouaghi, Batna, Mila,
Ghardaia, …. Six d’entreeux sont de
laseulecapitaledes Hauts plateaux.
Et cetristefait nedatepas decet été
qui vient des’achever.
MACABRE LISTE
En 2010, on adéploré16 noyés. Et
cenesont pas forcément dejeunes
baigneurs emportés par lajoiedela
mer, puisque on a aussi repêché le
corps inerted’un vieux de78 ans. La
moitiédes 16 noyés était delawilaya
deSétif. Huit jeunes sétifiens qui ont
laisséleur viesur les côtes bougiotes,
faisant le gros des victimes depuis
déjà quelques années. En 2009, ils
étaient sept jeunes sétifiens sur les
18 noyés et autant en 2008. En 2012,
sur les 8 noyés, trois sont originaires
deSétif. L’étépassé, ils étaient deux
sur unemacabrelistede14 victimes
dont quatreBiskris.
Le chiffre est effrayant : rien que
pour les sept étés 2008-2014, lamer a
rejetéles corps sans viede35 jeunes
sétifiens àBéjaïa. C’est letiers des
109 noyés quelamer arejetédepuis
2008. Presquetous du sexemasculin.
Pas uneseulefemmenes’est aventu-
réedans lagrandebleueavant cet été
de2013 où trois jeunes filles ont péri.
Les listes des victimes sont allongées
par les noms dejeunes baigneurs ori-
ginaires majoritairement de wilayas
non côtières : Laghouat, Constantine,
M’sila…. Les dégâts auraient pu être
plus lourds s’il n’apas fallu compter
avec lapromptitudedes surveillants
debaignadeet plongeurs delapro-
tection civile qui ont sauvé «d’une
mort certaine» bien des vies. A se
fier aux différents bilans delaprotec-
tion civile, et rien quedepuis 2011,
bien plus de 18 000 baigneurs ont
étéarrachés des dents delamer. «La
majorité est originaire des Hauts
plateaux» affirmeàEl Watan capi-
taineSoufi, lechargéàl’information
àladirection delaprotection civile
deBéjaïa.
Un travail de sensibilisation des
risques de la mer semble manquer
dans les wilayas de l’intérieur du
pays. Ces chiffres effarants, on ne
les met suffisamment pas en re-
lief faute de campagnes de sensi-
bilisation qui ne profitent que pour
la sécurité routière. Ils autorisent
pourtant àvoir quelepéril delamer
rivaliseavec leterrorismedes routes.
K. Medjdoub
109 NOYÉS, DONT UN TIERS DE JEUNES SÉTIFIENS, DÉPLORÉS DEPUIS 2008
SALHI ABDELMADJID. Inspecteur des plages.
La mer a avalé bien des baigneurs
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I N T E R N A T I O N A L E
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 12
RÉSULTATS DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES EN TUNISIE
Quelle majorité à la nouvelle
Assemblée ?
L
e Conseil de sécurité des Nations
unies examineraaujourd’hui lamise
en œuvre du plan de paix au Sahara
occidental, rendez-vous ayant été pris
lors de sa réunion d’avril dernier lors
delaquelleaétédécidéeuneprofonde
révision du processus en question tel
que mené depuis septembre 1991. Tel
qu’envisagée, l’approche en question,
devant mettre fin au statu quo actuel,
devra être dévoilée au mois d’avril
2015. Quant au rendez-vous d’au-
jourd’hui, qualifiéde«cruciale» par le
secrétaire général de l’ONU dans son
rapport d’avril dernier, il abénéficiédu
soutien du Conseil desécurité, tout en
annonçant que Christopher Ross (en-
voyépersonnel du secrétairegénéral de
l’ONU pour leSaharaoccidental) «fera
la première évaluation de sa nouvelle
approche basée sur des consultations
bilatérales et une navette diploma-
tique». Qu’en sera-t-il au juste, d’autant
plus quel’instanceonusienneamain-
tenu saposition et unesolution passant
pas l’exercicepar lepeupledu Sahara
occidental de son droit à l’autodéter-
mination. Sauf quel’envoyépersonnel
deBan Ki-moon n’apu serendredans
larégion commeceladevait sefaire, le
Maroc, arguant des questions d’agenda,
s’opposeàsavenueannoncéepourtant
depuis lemois demai. C’est aussi lecas
deM
me
KimBolduc, nomméereprésen-
tantespécialedu secrétairegénéral pour
leSaharaoccidental, qui n’apu prendre
ses fonctions en raison del’obstruction
du Maroc dont les dirigeants tiennent
un tout autre langage, laissant penser
àdes «relations constructives» avec le
secrétairegénéral. Aussi, finit-on par se
demander, comment, alors mêmequ’il
y ablocagesystématique?
Faut-il penser toutefois, comme
le font certains, que l’ONU n’au-
ra rien à débattre ou encore
«à semettresous la dent» ? En d’autres
termes, cela empêchera-t-il l’instance
onusienne de dire son appréciation
d’unetellesituation qui nesaurait être
qualifiée de surprenante, le Maroc
ayant multiplié les entraves, s’oppo-
sant même au travail accompli par
M. Ross en demandant qu’il en soit
démis ? On connaît la réponse de M.
Ban, mais aussi celle de pays réputés
proches de Rabat, mais pas de ses
thèses puisqu’aucun d’entre eux n’a
reconnu l’occupation marocaine du
Saharaoccidental, commeen attestent
les différents votes dans les enceintes
internationales. Un véritable rappel
à l’ordre et Rabat s’y est soumis en
renonçant àson exigence.
C’était déjàlesigned’un certain agace-
ment, et ce, d’autant quelaquestion du
Saharaoccidental agagnéen audience
avec une mobilisation internationale
fortement remarquée. De très nom-
breuses organisations internationales se
sont emparées decettequestion, toutes
soutenant ledroit du peuplesahraoui à
l’indépendance. Il devient alors deplus
en plus difficile de maintenir le statu
quo, celui-ci devenant même dange-
reux. C’est bien Christopher Ross qui
soulignait, en février 2012, que«l’ab-
sencedesolution augmenteles risques
et lecoût pour les parties prenantes et
pour la communauté internationale»
et qu’un règlement de ce conflit «se
fait attendre». C’est sur cettebaseque
des personnalités derenomont décidé
de s’engager et c’est pour contes-
ter le blocage marocain qu’elles s’en
sont retirées. Beaucoup pensent qu’au-
jourd’hui, les urgences, comme elles
sont considérées au plan international,
même si de telles appréciations sont
autant d’aberrations conduisant aux
pires injustices, sont partout. Il devient
certain queleConseil desécuritéaura
à prendre acte d’un blocage délibéré,
alors même que sa mission s’inscrit
dans lecadred’un accord auquel étaient
parvenues les parties en conflit, Front
Polisario et Maroc, avant quecedernier
serétracte, mais sans jamais êtresuivi
par un quelconquemembredel’ONU.
Mohammed Larbi
CONFLIT AU SAHARA OCCIDENTAL
L’ONU face au blocage marocain
Tunis
De notre correspondant
L
e repos dominical et le temps
pluvieux n’ont pas empêché, hier,
des files de citoyens de se for-
mer devant les bureaux de vote bien
avant 7h, heureofficielled’ouverture.
18% des bureaux ont même ouvert
10 minutes en avance. L’affluence
matinale est élevée, un peu partout à
travers la République, en dépit de la
pluie qui s’annonce. Les Tunisiens
(près de 5,3 millions) votaient pour
élire leur première Assemblée des
représentants du peupledepuis larévo-
lution. Denombreux observateurs qua-
lifient le scrutin d’«important» pour
la transition démocratique du pays.
Les Tunisiens ont, rappelle-t-on, déjà
participé en octobre 2011 au premier
scrutin libredel’histoiredelaTunisie,
qui apermis l’élection del’Assemblée
constituante, remportée par les isla-
mistes d’Ennahda.
Les législatives d’hier sont «impor-
tantes» en ce sens qu’elles doivent
permettre à la Tunisie de se doter
d’institutions pérennes. Mais contrai-
rement à 2011, Ennahdha n’est plus
seul sur lascènepolitique. Il a, cette
fois-ci, un sérieux rival capable de
lui damer lepion qui s’appelleNidaa
Tounes.
Labatailles’est d’ailleurs jouéeentre
ces deux grands partis.
Concernant le vote proprement dit,
Chafik Sarsar, président del’Instance
supérieure indépendante des élections
(ISIE), a parlé, lors de son premier
point depressematinal, d’unemoyenne
d’une centaine de votants par bureau
pendant les deux premières heures de
vote. Letaux departicipation s’élevait
déjàà25, 48% à10h30, toujours selon
l’ISIE.
L’ISIE et les observateurs craignaient
l’abstention. «La désaffection est
généralement appréhendée lors des
deuxièmes élections à l’issue d’une
transition», a indiqué Chafik Sarsar,
en exprimant sasatisfaction du taux de
participation enregistré. «Cettecrainte
est également motivéepar la déception
des citoyens par rapport à sa classe
politique, qui neparvient pas à asseoir
les fondements d’une vie politique
performante», asouligné, pour sapart,
Moez Bouraoui, président de l’Asso-
ciation tunisiennepour l’intégritéet la
démocratiedes élections (Atide).
MOBILISATION ET AMBIANCE
DE FÊTE
Malgré les appréhensions, une am-
biancedefêterégnait hier matin devant
le centre de vote du collège d’El
Menzah 5, un quartier huppédans les
environs immédiats deTunis, peu avant
le début du scrutin. Des citoyens ont
garé leurs voitures et se sont rassem-
blés en petits groupes pour discuter
devant l’entrée principale du collège.
Les rires, fusant departout, dénotaient
d’une ambiance détendue. Il y avait
surtout des personnes âgées. «J ’ai
tenu à participer au scrutin parceque
j’ai peur pour l’avenir demes petits-
enfants», a déclaré une vieille dame
venue sur une chaise roulante. De
telles déclarations, faites àvoix haute,
ont rencontrédes signes d’approbation
des personnes del’entourage. Les pré-
sents sont clairement anti-troïka. «J e
veuxcorriger mon erreur de2011», a
dit, à voix haute, une quinquagénaire
voilée. Les quartiers aisés sont connus
pour soutenir les partis modernistes
commeNidaaTounes ou Afek, comme
en 2011.
Lepaysageélectoral n’apas changédu
côté de l’école primaire, sur l’avenue
Hédi Chaker, à la citéEzzouhour, un
quartier populaire deTunis. Les files
d’attentesont toujours làdevant les bu-
reaux devote. L’ambianceest sereine
et les visages souriants. C’est plutôt
les look des électeurs qui achangé. Le
voile est beaucoup plus présent, avec
des rangées pour les femmes et d’autres
pour les hommes. «J evais voter Enna-
hdha», dit àvoix hauteun jeunebarbu,
provoquant des réactions au sein de
la foule, qui demande aux agents de
l’ordredelefairetaire. Unescènemon-
trant qu’Ennahdha ne semble plus en
mesuredefairelaloi. Pourtant, lequar-
tier était acquis aux islamistes en 2011.
UN SCRUTIN SOUS HAUTE
SURVEILLANCE
Dans les bureaux devote, il y ades ob-
servateurs detous les bords. Ennahdha
en a18 000 et NidaaTounes 14 000.
Mais, il y en a également 4000 pour
l’association Mourakiboun et 2 000
pour l’Atide.
Lecontrôleest donc présent dans tous
les bureaux devoteet lescrutin nesau-
rait échapper aux normes.
Il y a certes quelques écarts comme
cebureau devotequi aouvert à10h
à Jedeliane (gouvernorat de Kasse-
rine) pour des raisons sécuritaires. En
tout, six bureaux de vote ont ouvert
en retard. Il y a également un paquet
de bulletins de la circonscription de
Mahdiaqui achutépar erreur dans un
bureau devoteàTakelsa, dans lacir-
conscription deNabeul 2. L’opération
devoteaétésuspenduedans cebureau
pour changer les bulletins.
En gros le scrutin s’est déroulé sans
incident notable.
Pour la première fois de l’histoire
de la Tunisie, des instituts spéciali-
sés ont opéré, hier, des sondages à
la sortie des urnes. Les tendances
en milieu de journée donnent Ni-
daa Tounes devant Ennahdha. Mais
le suspense est à son paroxysme à
l’heure où nous mettons sous presse.
Latension est sur tous les visages, tout
lemondeattend. LaTunisieavécu hier
l’un deses jours les plus longs. Pourvu
que la démocratie en soit la grande
bénéficiaire. Mourad Sellami
●De longues files d’attente ont marqué, hier matin, le début de l’opération électorale, attestant de la volonté des Tunisiens à décider
de leur avenir politique ● Le taux de participation était déjà de 50,84% à 16h, soit un peu plus que le scrutin de 2011.
Des dizaines de personnes devant un centre de vote avant même l’ouverture de ses bureaux
P
H
O
T
O
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D
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R
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JOMAA : «UN SCRUTIN HISTORIQUE
POUR LA FIN DE LA PÉRIODE TRANSITOIRE»
Le chef du gouvernement provisoire de Tunisie, Mehdi
Jomaa, a indiqué hier que les Tunisiens «prendront leur
destin en main et changeront les institutions provisoires
en permanentes» lors du scrutin législatif qu’il a qualifié
d’«historique». Dans une déclaration à la presse après
avoir accompli son devoir électoral dans un bureau de
vote à Carthage, M. Jomaa a ajouté qu’il s’agit d’une
journée «historique tant attendue», soulignant que
«les regards du monde entier sont tournés aujourd’hui
vers la Tunisie». Il a également souligné que la Tunisie
«est confrontée actuellement à plusieurs problèmes et
défis, bien qu’elle demeure un pays prometteur, capable
de réaliser plusieurs acquis en deux ans». A cette
occasion, le chef du gouvernement provisoire a félicité
tous les candidats aux élections législatives pour leur
contribution à «l’édification démocratique», les appelant
tous «à accepter les résultats des élections avec un esprit
sportif», recommandant à celui qui gagnera les élections
à garantir la protection du pays.
Des observateurs relevant de partis politiques et de
la société civile ont aussi assisté à l’opération de
vote, outre la présence des agents de sécurité et de
l’armée nationale. Le vote a commencé dans toutes les
circonscriptions électorales de la Tunisie territoriale,
pour élire 217 députés de l’Assemblée des représentants
du peuple. R. I.
El Watan ÉCONOMIE
Du lundi 27 octobre au dimanche 2 novembre 2014 Supplément hebdomadaire n°440 - Email : suppeco@elwatan.com/Tél. - Fax: 021 65 58 66
El Watan ÉCONOMIE
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COMMENT ASSURER LES ÉQUILIBRES BUDGÉTAIRES DU PAYS DANS UN CONTEXTE PÉTROLIER
DÉFAVORABLE ? C’est ledilemmeauquel sont confrontés les pouvoirs publics àl’heure
où les cours du pétrolepoursuivent leur dégringolade, enregistrant en cemois d’octobre
leur plus bas niveau depuis décembre2012. Ledossier est brûlant d’autant plus que
beaucoup d’indicateurs sont au rouge. Entre le creusement du déficit budgétaire, la
haussevertigineusedes importations, l’absenced’unepolitiquesalarialeet leretard pris
dans ladiversification économique, difficiledefairefaceàun tel défi au moment où
les dépenses s’annoncent en haussepour 2015. Lemalaisequeconnaissent certains
secteurs ne fait que compliquer la situation. Le gouvernement qui a cédé à la
démonstration deforcedes policiers finira-t-il par généraliser detelles mesures faceà
lapression delarue? Ou bien s’agit-il d’uneexception ? Les syndicats autonomes
crient déjààl’injusticesociale. Lire en pages II, III, IV et V
CH U TE DES RECETTES D’EXPO RTATIO N DES H YDRO CARBU RES
LES DOULOUREUX ARBITRAGES DE L’ÉTAT
II Dossier El Watan ÉCONOMIE - Du 27 octobre au 2 novembre 2014
SU BVEN TIO N S, IN VESTISSEM EN T DE PRESTIGE, IM PO RTATIO N S
Quelles dépenses sacrifier face
à la baisse des cours du
> Par
Safia
Berkouk
Le pétrole ayant perdu un quart de sa valeur depuis
trois mois, le gouvernement algérien a toutes les raisons de
s’inquiéter quant à l’évolution à moyen et long termes des
finances du pays. Certains experts prédisent déjà un prix du baril
dans la fourchette des 75-80 dollars pour au moins les deux
prochaines années. L’Algérie, dont la loi de finances est basée sur
un prix de référence de 37 dollars, a besoin d’un baril à plus de
100 dollars pour assurer ses équilibres budgétaires.
Il y a de bonnes raisons de
croire que la dégringolade
des cours du pétrole qui a
ramené, en à peine quelques
semaines, le prix du Brent au
dessous de 90 dollars s’installe
dans la durée si, comme le
rapportent certains médias
américains, la baisse a été
expressément provoquée par les
Etats-Unis d’Amérique et l’Arabie
Saoudite dans le but d’afaiblir
l’Iran, la Russie et le Venezuela
qui auraient pris trop d’aise à leur
égard en raison des faramineux
excédents financiers que les
prix exagérément élevés des
hydrocarbures leur ont permis
d’accumuler tout au long de ces
quinze dernières années.
Par Nordine Grim
L
es pays producteurs de pétrole attendent
fébrilement laréunion del’OPEP qui devrait
se tenir le 27 novembre prochain àVienne pour
connaîtrelaréaction des pays membres du cartel,
notamment celledel’ArabieSaoudite, pour savoir
dequellemanièrelemarchépétrolier évolueraà
terme. Cettepremièrealertesur unefort probable
poursuite de la baisse des cours du brut devrait
cependant interpeller les autorités politiques algé-
riennes qui ont toujours conditionnéledéveloppe-
ment économiqueet social du pays àlaprésence
d’une importante rente d’hydrocarbures, sur la
nécessitédecommencer d’ores et déjààfaireappel
aux capitaux privés pour prendrefinancièrement
en chargeunepart significativedes programmes
dedéveloppement. Lanécessitédefaireappel aux
promoteurs privés est d’autant plus grande que
l’Etat est contraint deréserver unepart deplus en
plus grandedeson budget au paiement d’uneplé-
thoredefonctionnaires et detransferts sociaux si
élevés qu’ils laissent peu deressources àconsacrer
au développement proprement dit. La présence
dans notrepays d’unemannecolossaledecapitaux
oisifs détenus par des milliers d’hommes d’affaires
70%
98%
60
milliards de
dollars
des besoins
des
ménages
et des
entreprises
sont
importés.
des recettes
en devises
viennent des
hydrocarbures
de transferts
sociaux
annuellement
Chifres
clés
de baisse de
recettes de
Sonatrach
entre 2010
et 2013
10
milliards
de dollars
L
’excédent commercial fond
comme neige au soleil, et alors
queles réserves du pays àl’étran-
ger permettent d’assurer au moins
trois ans d’importations, il faudra
penser àtrouver les financements pour
le prochain programme quinquennal
dotéd’uneenveloppede269 milliards
de dollars. L’Algérie avait bénéficié
d’uneconjoncturepétrolièretrès favo-
rablepour serefaireunesantéau début
des années 2000 jusqu’àéponger com-
plètement sadetteextérieure. Cepen-
dant, les prévisions sur l’évolution du
marché énergétique dans l’immédiat
sont beaucoup moins réjouissantes.
Une croissance mondiale au ralenti,
une demande pétrolière en berne, un
excédent de production estimé par
l’Agence internationale de l’énergie
(AIE) à 500 000 barils/jour, et des
enjeux géopolitiques indéterminés
menacent de plomber les cours. A
cela, il faut ajouter uneprogression de
la production américaine de pétrole
de schiste. Selon l’AIE, les Etats-
Unis devraient mêmedépasser dès cet
automnel’ArabieSaouditeen termes
de production. Ces deux pays sont
accusés d’ententepour tirer les cours
vers lebas dans lecadred’uneguerre
à distance menée contre la Russie et
l’Iran. L’éditorialiste du Wall Street
J ournal estimait la semaine dernière
queles deux pays faisaient en sortede
baisser les prix àun niveau qui mettrait
àmal les finances russes et iraniennes.
Mais pas uniquement.
(voir graphique1ci contre)
«L’ensemble des producteurs de
pétrole viennent d’entrer dans une
périodebeaucoup plus difficiledont la
duréedépendradu retour delacrois-
sance mondiale. Si les économistes
qui estiment queceretour prendrades
années plutôt quedes mois ont raison,
la baisse des cours n’en serait donc
qu’à ses prémices», affirme Frédéric
Lasserre, Président deBelaco Capital,
sociétédegestion spécialiséedans les
matières premières, dans unecontribu-
tion au journal LeMonde.
MENACES
Dans cette conjoncture, le gouverne-
ment bien querassurant, seveut réa-
liste, d’autant quelebrut deréférence
algérien, le Sahara blend, a encore
baisséen septembreà97 dollars, selon
lerapport mensuel del’OPEP. Moha-
med Djellab, leministredes Finances a
déclaréque«les dernières fluctuations
des marchés pétroliers présagent un
recul des prix du baril», mais si la
tendanceseconfirme, «elleneconsti-
tue aucune menace sur les équilibres
externes et internes du pays, mais se
veut une alerte que le gouvernement
doit sérieusement prendreen charge.»
Et il y a de quoi s’alarmer. Selon le
ministèredes Finances, les recettes de
la fiscalité pétrolière ont déjà accusé
unebaissede10% au premier semestre
2014, par rapport àlamêmepériodede
2013. Deson côté, un responsablede
Sonatrach asituéles recettes prévues
cette année autour des «60 milliards
dedollars sous réserve(…) quelasta-
bilisation des prix intervienne», cequi
constituedéjàunebaissepar rapport à
l’annéedernière. Par ailleurs, au 1er
semestre2014, leFonds deRégulation
des Recettes (FRR) a reçu à peine
292 milliards de DA contre 470,2
milliards deDA àlamêmepériodede
2013, selon leministèredes Finances.
(voir graphique 2 ci-contre). L’éla-
boration du projet de loi de finances
2015 «s’est faiteen tenant comptede
la conjonctureinternationale», apour-
tant assuréleministredes Finances. Le
prix deréférencede37 dollars retenu
depuis quelques années était considéré
comme une mesure de prudence, au
moment où les dépenses réelles étaient
effectuées sur labased’un prix àplus
de 80 dollars. Le professeur Abder-
rahmneMebtoul notepourtant que«le
budget de fonctionnement et d’équi-
pement entre2013/2015 sefondesur
un cours de115/120 dollars lebaril»
; on est donc loin des chiffres officiels.
Le texte prévoit d’ailleurs un déficit
budgétairedeplus de4100 milliards de
DA, soit l’équivalent de22,1% du PIB.
«On ne peut pas continuer sur cette
dépenseinconsidéréecomptetenu que
nos revenus neviennent quedes res-
sources des hydrocarbures et celles-ci
sont en train dedégringoler», prévient
un économiste.
QUELLES COUPES BUDGÉTAIRES ?
Unebaissedes cours s’inscrivant dans
la durée pourrait donc amener le
gouvernement à sabrer les dépenses.
Certains experts estiment peu probable
que les dépenses d’investissement
soient touchées, même si des pro-
jets à faible impact de croissance et
beaucoup plus àcaractèreprestigieux
peuvent être «révisés ou annulés».
Ce type de dépenses a déjà coûté
des milliards au budget de l’Etat
ces dernières années (100 millions
d’euros pour le Festival panafricain,
5,4 milliards de dinars pour «Alger
capitaledelaculturearabe», plus de
10 milliards pour «Tlemcen capitale
delacultureislamique...»). Legouver-
nement serait, selon certains écono-
mistes, plus enclin àaller chercher du
côtédes dépenses defonctionnement.
«Ce n’est pas dans les dépenses de
l’Education ou dela Santéqu’il faut
chercher», insisteun professeur d’éco-
nomie. Lepremier postededépenseà
considérer serait celui des subventions.
«Il faut ouvrir cedossier. Y aller à pas
fermes. Aujourd’hui, on subventionne
tout le monde». L’idée n’est pas de
les supprimer, mais deles redistribuer
demanièreplus efficiente. LeFMI a
déjàsuggéréau gouvernement deles
supprimer progressivement compte
tenu de leur poids (jusqu’à 30% du
PIB). Cependant, la grande question
est de savoir «qui peut avoir lepou-
voir de bousculer cet ordre sensible
dans le contexte international très
difficile? En Algérie, les équilibres so-
ciaux, politiques sont très sensibles»,
indique un professeur d’économie.
A défaut, legouvernement devratrou-
ver d’autres solutions, commemettre
en place des mesures pour réduire
les transferts de devises et les 60
milliards de dollars d’importations
de marchandises. Jusque-là, toutes celles qui
ont été prises (Credoc, suppression du crédit à
la consommation, etc.) pour enrayer la hausse
delafactureont étévaines. Pour au moins trois
ans, l’Algériepourranéanmoins compter sur ses
réserves de change qui ont atteint près de 195
milliards dedollars au dernier décompte. Au-delà,
c’est l’incertitude. Un espoir cependant : certains
experts internationaux necroient pas àunebaisse
plus prononcéedes cours du pétrolecomptetenu
deson impact sur l’économiemondiale. «Un prix
du pétrolefaiblefavoriseles pays importateurs et
les consommateurs deBrent, mais unechutebru-
taledel’activitépétrolièreauxEtats-Unis nepeut
quefreiner la croissanceoutre-Atlantiqueet avoir
pour effet d’aggraver la menaced’un ralentisse-
ment général dela croissancedans lemonde»,
préviennent les analystes du cabinet Convictions
AM (cités dans LeFigaro). Selon eux, unestabi-
lisation du prix dans unefourchettede90 à100
dollars àplus long termesemble«envisageable».
Pour d’autres, commeFrédéric Lasserre, spécia-
listedes matières premières, des prix àmoins de
75 ou 80 dollars désavantageraient les produc-
teurs depétroledeschisteaméricains qui situent
leur coût marginal deproduction dans cettefour-
chette-là, cequi laisseimaginer unestabilisation
des prix àceniveau-là. S. B.
Source : INSEE
Importations
Recettes
BAISSE DES COURS DU PÉTROLE SUR LES 5 DERNIERS MOIS
($/BARIL)
GRAPH 1
GRAPH 2
ÉVOLUTION DES RECETTES D’HYDROCARBURES
ET DES IMPORTATIONS DEPUIS 2011 (MUSD)
Source : ministère des
Finances, Sonatrach, APS
CH U TE DES REVEN U S PÉTRO LIERS
Les capitaux privés
●●●
Dossier III
El Watan ÉCONOMIE - Du 27 octobre au 2 novembre 2014
peuvent-ils pallier les difficultés budgétaires de l’Etat ?
algériens (environ 50 000 importateurs déclarés,
plus de 100 000 sociétés de services, un nombre
incalculable de milliardaires du marché informel,
etc.), peut en effet inciter, notamment dans un
contextedecrisefinancière, àleur faireappel en
prenant évidemment laprécaution d’encadrer juri-
diquement leurs contributions.
A
u grédel’importancedes projets qu’ils seraient
appelés à promouvoir, leurs participations
pourraient, selon les cas de figure, prendre la
formed’un financement intégral, d’un B.O.T, d’un
partenariat public-privéet autres formules denan-
tissement àconcevoir. Les activités susceptibles de
requérir leurs contributions sont aussi nombreuses
que variées. Le tourisme, l’agroalimentaire, toute
la variété des transports publics, les différentes
formes de promotions immobilières, la culture,
les infrastructures routières, aéroportuaires et por-
tuaires, pour neciter queces domaines. S’agissant
del’infrastructureportuaire, unenouvelleréjouis-
sante vient de nous parvenir sur l’autorisation
enfin accordéepar l’Etat àlasociétéprivéeDAHLI
pour réaliser au niveau dela baied’Alger (Alger
Médina) un port deplaisance(Marina) d’unecapa-
citéd’environ 800 bateaux. En s’entêtant àvouloir
réaliser seul les projets du domaineportuaire, l’Etat
a, à l’évidence, fait perdre beaucoup de temps et
d’argent au pays. Notresouhait serait quecetypede
décision soit élargieaux autres projets portuaires en
attentederéalisation depuis denombreuses années,
àl’instar du fameux projet deport deCap Djinet
que souhaitait réaliser l’homme d’affaires Issad
Rebrab, qui s’est malheureusement heurtéau refus
têtu des autorités algériennes.
UNE MANNE PRODIGIEUSE
Dopéepar les encaisses commerciales provenant en
grandepartiedelareventedeproduits importés, la
mannefinancièreen attentedeplacements dispo-
niblechez les hommes d’affaires algériens est tout
simplement prodigieuse. On peut en cerner l’am-
pleur en ayant àl’esprit quedepuis unequinzaine
d’années, environ 50 000 sociétés privées denégoce
importent, bon an mal an, entre30 et 40 milliards
dedollars demarchandises destinés àlareventeen
l’état, souvent avec de très larges marges bénéfi-
ciaires. Leurs encaisses dépasseraient allégrement
350 milliards dedollars avec unemarge(épargne)
avoisinant les 30 milliards de dollars. C’est pré-
cisément cette épargne que ces opérateurs privés
souhaiteraient investir en fonds propres consolidés
par des crédits bancaires, dans une diversité de
projets, pour peu quel’Etat leleur permetteet leur
en facilitelatâche. Il faudrait sans douteajouter à
ces encaisses oisives tirées des importations légales,
celles non moins importantes provenant des divers
segments du marchéinformel. Les fortunes consti-
tuées au moyen de ces pratiques commerciales
longtemps tolérées sont également très importantes
et il est temps pour l’Etat delereconnaîtreet de
s’évertuer àles canaliser vers des investissements
utiles. Il faut bien se rendre à l’évidence que les
opérateurs nantis quenous évoquons ont pratique-
ment tous laparticularitédevouloir investir dans
leur pays et, à notre connaissance, il n’existe pas
un seul hommed’affaires qui n’ambitionnedepro-
mouvoir un ou plusieurs projets précis en Algérie.
Ils vous feront tous part deleurs déboires avec les
administrations concernées (Foncier, fisc, douanes,
banques, ministères et collectivitélocales, Conseil
national del’investissement, etc.) qui les ont stop-
pés net dans leur élan en leur faisant parfois subir de
lourdes pertes detemps et d’argent. Cesont tous ces
écueils qu’on leur fait quotidiennement subir qui
ont contraint bon nombred’entreeux àserabattre
sur l’acquisition de biens immobiliers en Algérie
et àl’étranger ou l’achat devoitures et autres objets
deluxe. Il faut bien fairequelquechoseavec son
argent. Il faut en effet serendreàl’évidencequ’en
dépit del’amour qu’ils portent àleur pays, aucun de
ces opérateurs nes’aventureraày risquer son argent
si l’Etat algérien ne lui accorde pas les garanties
et des facilités requises pour, notamment, acquérir
les terrains nécessaires et seprotéger des diktats de
la panoplie d’administrations impliquées de près
ou deloin dans l’acted’investir. L’Etat a, en tout
cas, intérêt àlefairecar il abeaucoup àgagner de
la contribution financière du privé à l’aune d’un
probable effondrement des cours du pétrole. Les
apports financiers et managériaux en provenance
du privé auront le mérite de décharger l’Etat du
financement d’un nombreimportants deprojets et
de rationaliser un peu plus les dépenses d’inves-
tissement, le privé étant, comme on le sait, plus
regardant sur la rigueur budgétaire, la qualité du
travail et les délais deréalisation. Il resteàtrouver
les formules de financement et de management
des projets dont l’Etat souhaiterait sedécharger au
profit des opérateurs privés. Les formules seront
évidemment différentes selon qu’il s’agira d’une
infrastructure de base (routes, ports, etc.), d’une
promotion immobilière (logements à vendre ou à
louer), d’un équipement collectif (stades, universi-
tés et instituts deformation, centres culturels et de
loisirs, etc.) ou d’uneunitédeproduction. Les bons
exemples ne manquent pas à travers le monde, il
suffit des’en inspirer. N. G.
●●●
ZINE BARKA // Professeur de sciences économ iques à l’université de Tlem cen
et président de l’Association nationale de fi nances publiques
«Les ajustements se feront à l’intérieur
du budget de fonctionnement»
> Propos
recueillis par
Safia
Berkouk
Un baril à plus de 100
dollars est nécessaire
pour atteindre un équilibre
budgétaire. Quelles peuvent
être les répercussions pour
l’Algérie d’un baril à 85
dollars ou moins ?
L’Algérie comme tous les pays
producteursdepétroleconnaît depuis
quelquesannéesunebaissedesreve-
nus pétroliers dont les recettes bud-
gétaires totales restent dépendantes
à hauteur deprès42% pour 2013en
prévision...
Toutesituation baissièresi ellevenait
à se confirmer et à se durcir obligerait
les autorités du pays à envisager des
politiques d’austérité. Mais, pour les
experts du FMI les marges demanœuvre
dont dispose l’Algérie sont grandes et
constituent un amortisseur important
en cas dechoc sur lesecteur financier.
En effet, les recettes des hydrocarbures
ont permis d’accumuler d’importantes
réserves dechange(plus de90% du PIB,
soit 35 mois d’importations en 2012)
et ont alimentéuneimportanteépargne
budgétaire dans le Fonds de régulation
des recettes qui, en 2012, atteignait
36% du PIB. En plus dececôtépositif,
la dette extérieure peut être considérée
comme totalement remboursée, son
montant n’étant quede1,5% du PIB en
2013. Mais même avec cette marge, le
gouvernement ne peut faire l’écono-
mie de la mise en place des politiques
générales destinées à assurer la gestion
optimale des dépenses publiques. La
situation de baisse du prix du baril, si
ellevenait àseprolonger dans letemps,
est de nature à avoir des répercussions
sur l’économie dans son ensemble. Le
gouvernement serait peut-être amené à
revoir lastructuredes importations. En
effet, il y ades importations incompres-
sibles deproduits depremièrenécessité
qui ne peuvent souffrir de contingente-
ment ou de réduction drastique sous
peine de produire des effets néfastes
ressentis par la population et par les
entreprises économiques. Il y a, de
l’autrecôté, touteunesériedeproduits
importés et qui peuvent être classés de
deuxièmenécessité, voiremêmedepro-
duits deluxe. Leur réduction nesaurait
avoir un effet négatif sur la population
moyenneou sur l’économie.
En outre, cette situation baissière
peut affecter le nouveau programme
quinquennal 2015-2019 dont l’esquisse
financière a été arrêtée à hauteur de
21 000 milliards deDA.
La priorité dans les chantiers risque
d’être revue et des enveloppes risquent
uneréduction. Sur leplan social, il sera
de plus en plus difficile au gouverne-
ment derecourir àl’augmentation incon-
sidéréedes salaires, ou àmettreen place
laréformedelagrilledes salaires. Tous
ces éléments sont réels et nepeuvent être
éludés par desimples décisions dereport
ou autres subterfuges dont legouverne-
ment al’habitude. Lasituation interpelle
le gouvernement sur la mise en place
d’un vrai plan deréformedeladépense
publique, de sa gestion et surtout du
contrôledeson exécution. Or, dans lasi-
tuation actuellemarquéepar un manque
de clarté dans sa gestion budgétaire et
fiscale, il nous est difficile d’entrevoir
unequelconquepistedenatureàsauver
le pays de la dérive financière et de la
dilapidation deses ressources naturelles
non renouvelables.
Pourra-t-on voir une révision à
la baissedu baril deréférencede37
dollars?
Il est vrai que les dernières lois de
finances – 2013 à 2015 – sont basées
sur un prix de référence du pétrole à
37 dollars après avoir été à 19 dollars
le baril pendant une dizaine d’années.
Cette révision est de nature à provo-
quer une augmentation sensible des
recettes budgétaires. Cela semble une
situation complètement déconnectée de
la réalité. Un prix déterminé par on ne
sait quelleméthode, ni quels indicateurs
ou variables pris en considération pour
la fixation de cette référence. Il y a un
manquedeclartéet detransparencesur
cettequestion qui est fondamentaledans
laconstruction d’un projet debudget. Si
cechiffresemblecontestépar beaucoup
d’experts et laissesceptique, cesont tous
les autres indicateurs (chômage, emploi,
inflation) qui en pâtiront et paraîtront
peu crédibles du fait delanon-fixation
transparentedecepoint dedépart.
Mais, encore une fois, le politique
interfère avec la logique économique
dans un contexte de rente et voilà que
lesujet nepeut êtredéfendu quepar les
tenants et concepteurs du système qui
peuvent accéder à cette «boîte noire».
In fine, il s’agit pour l’Algérie de voir
au-delàdelasituation actuelledel’évo-
lution du cours du Brent. Levrai défi est
de savoir comment accroître les capa-
cités de la production d’hydrocarbures
pour éviter que les recettes ne baissent
fortement. Quelle est la politique d’ex-
ploitation des nouveaux gisements, l’in-
vestissement international dans leforage
et les découvertes denouveaux puits de
pétrole, les perspectives d’exploitation
du gaz deschiste…? sont autant deques-
tions qui méritent un éclairage par les
hautes autorités du pays. Répondreàces
quelques questions reviendrait à nous
rassurer sur lasoutenabilitédes dépenses
budgétaires et principalement à rendre
réalistelefinancement des quelque260
milliards dedollars du programmequin-
quennal 2015-2019.
Quels sont les secteurs qui pâti-
raient en premier de la baisse des
cours?
Si la tendance baissière du prix du
baril s’accentue ou se prolonge dans
le temps, il ne fait pas de doute que le
gouvernement devra revoir sa politique
de dépenses publiques. Certaines caté-
gories de la population ressentiront les
effets négatifs. C’est le cas notamment
des bénéficiaires de certaines dépenses
de complaisance qui ont été accordées
généreusement pour étouffer des situa-
tions derévolteou demécontentement,
maintenir ou acheter «la paix sociale».
Mêmesi les effets du «Printemps arabe»
s’estompent graduellement, le mécon-
tentement delapopulation et lademande
sociale resteront fortes. Ceci étant, le
budget se compose des dépenses de
fonctionnement qui assurent lapérennité
des fonctions de l’Etat et des dépenses
d’équipement ou d’investissement qui
ont pour rôle de contribuer à la crois-
sance économique. Là aussi, au milieu
de ces dépenses d’investissement, on
peut distinguer entreles dépenses d’in-
vestissement à fort impact sur la crois-
sance économique, comme les BTP, et
les investissements «grandioses» ou de
«prestige» qui seront réalisées par le
pouvoir. Celles-ci peuvent êtrerévisées
ou mêmeannulées ! J edirais donc que
les ajustements seferont plutôt àl’inté-
rieur des dépenses de fonctionnement.
Et là, denouveau, on est en facededeux
paliers : des mesures urgentes peuvent
être introduites de manière à éviter le
gaspillage des deniers publics et qui
peuvent avoir des effets rapides ; et
d’autres mesures destinées à introduire
lanotion d’efficacitédefonctionnement
du service public. Mais le chantier des
réformes budgétaires et fiscales est
vaste. Lesystèmefiscal est dominépar
lapart import antedelafiscalitépétro-
lière qui provient de l’exploitation de
ressources non renouvelables, et d’une
fiscalitéfortement biaiséeau détriment
des agents del’Etat faisant lapart belle
aux privés qui, d’ailleurs, se voient
accorder des avantages fiscaux démesu-
rés sans beaucoup decontreparties. Ces
avantages doivent êtrerevus et redimen-
sionnés.
Mais pour réussir ces chantiers, il
faudrait une participation inclusive de
toutes les catégories socio-profession-
nelles, des experts chevronnés de la
chosepubliqueet des spécialistes dela
gestion du secteur public. S. B.
IV Dossier El Watan ÉCONOMIE - Du 27 octobre au 2 novembre 2014
BAISSE DES REVEN U S DE L’ÉTAT ET DÉPEN SES SALARIALES EN H AU SSE
Le gouvernement cède devant
la pression de la rue
> Par
Samira
Imadalou
L’enjeu pour les plus hautes autorités de
l’Etat est capital : apaiser unetension dont
les conséquences auraient été fâcheuses
pour lepays. Si la question delacréation
d’un syndicat au sein de ce corps consti-
tuén’apas encoreététranchée, ledossier
des salaires a été réglé illico presto. Le
gouvernement a décidé de puiser dans
les caisses del’Etat pour calmer les poli-
ciers. Les décisions annoncées à l’issue
du Conseil interministériel du 19 octobre
dernier lemontrent clairement. Il y agloba-
lement laconfirmation delamiseen œuvre
d’uneindemnitéau profit des agents dela
Sûreténationale, avec effet, àpartir du 1
er

novembre prochain, la revalorisation de
l’indemnité de zone, actuellement servie
aux agents delaSûreténationaleavec effet
rétroactif à compter du 1
er
janvier 2012,
l’octroi d’une indemnité de déplacement
collectif par agent de la Sûreté nationale
effectuant des déplacements, l’attribution
delaprimedespécialisation (conducteur,
etc.) et delapriseen chargedelarestaura-
tion des unités constituées et lerelèvement
des niveaux des bourses accordées aux
élèves stagiaires des écoles deformation de
laDirection généraledelasûreténationale
(DGSN). Les hausses s’annoncent consé-
quentes, selon les informations dévoilées
jusque-là.
DES DÉBRAYAGES EN GESTATION
Toutes ces mesures ne seront pas sans
impact sur les caisses de l’Etat. Elles
risquent aussi d’«encourager» le déclen-
chement d’autres mouvements deprotesta-
tion. On parled’ailleurs actuellement d’un
débrayageen gestation chez les pompiers,
même si le ministre de l’Intérieur mini-
misela situation en mettant letout sur le
dos de la rumeur. Mais il est clair que le
corps de la Protection civile n’échappe
pas au malaise. Chez les enseignants
également, les annonces portant sur un
éventuel mouvement de protestation se
poursuivent. Idemchez les psychologues et
bien d’autres corporations. Ajoutons àcela
leproblèmedes contractuels en attentede
régularisation. Celapour direqu’il y ades
revendications à prendre en charge et des
promesses non encoretenues, alors queles
dépenses n’ont cesséd’évoluer au cours de
ces dernières années, précisément depuis
2011. Cette cadence haussière du budget
defonctionnement induitepar les augmen-
tations salariales décidées pour apaiser la
tension socialepourrait sepoursuivre. Déjà,
l’abrogation del’article87 bis delaloi 90-
11 régissant les relations de travail arrive
avec son impact sur le budget de l’Etat.
D’ailleurs, les crédits affectés àcechapitre
dans leprojet deloi definances 2015, en
débat actuellement à l’Assemblée popu-
laire nationale (APN), s’élèveront à 4969
milliards dedinars, àpuiser bien sûr dans le
Trésor public.
Maintenant que l’euphorie des recettes
pétrolières est en phase de passer dans le
lot des «bons souvenirs» deces dernières
années et quetous les indicateurs montrent
l’incapacité du budget de l’Etat à soute-
nir cette lourde charge, la relance de la
réflexion sur lapolitiquesalariales’impose.
Laquestion acertes toujours fait débat chez
les pouvoirs publics et les experts. Mais
sans plus. Un retard important est accusé
dans cedossier. Et pour cause, l’on aconti-
nué tout au long de ces quinze dernières
années à distribuer l’argent public sous
formedeprimes, d’indemnités, derappels,
sans aller au fond du problème. Lequel,
faut-il lerappeler, dépend detrois éléments
essentiels, commec’est lecas àtravers de
nombreux pays. A savoir la croissance,
l’inflation et laproductivité. Or, l’inflation
n’apas étéclairement maîtriséeet lepou-
voir d’achat n’aégalement pas étéprotégé.
Aussi, point decroissanceet deproducti-
vitédans un pays où l’économieproductive
peineàsetailler uneplace.
L’URGENCE D’UNE POLITIQUE
SALARIALE
Ce sont, en effet, tous ces éléments qui
jouent en défaveur d’une réelle politique
salariale et qui explique cette récurrence
des mouvements de protestation. Pour
de nombreux experts et syndicalistes, il
est plus qu’urgent de passer aux choses
sérieuses en indexant les salaires sur ces
paramètres mesurables
Amar Takdjout, del’Union généraledes tra-
vailleurs algériens (UGTA), nemanquepas
desouligner justement lanécessitéd’aller
vers unestratégieclaireen matièredesa-
laires. Rappelant lanécessitédetrouver les
moyens d’engager des discussions avec les
policiers concernant leurs revendications
et jugeant quelademandedececorps est
recevable, M.Takdjout noteradans lemême
sillage l’urgence de trouver des solutions
à la dégradation du pouvoir d’achat de
l’ensemble des travailleurs. Car, expli-
quera-t-il, les grèves il y en auratant que
le dossier n’est pas pris effectivement en
chargeet tant queles solutions sont d’ordre
conjoncturel. «Le moment est venu pour
lancer uneréflexion sur lepouvoir d’achat.
C’est un cerclevicieux», dira-t-il, avant de
poursuivre: «Leproblèmedes salaires ne
changera pas. Il ya les salaires et tout ce
qui s’ensuit comme taxes payées par les
consommateurs. Cesont autant d’éléments
sur lesquels il ya lieu d’intervenir», nous
précisera le représentant de l’UGTA. Et
derésumer : «Ledossier des salaires trou-
vera son issuedans l’économieproductive,
c’est-à-diredans la relancedela produc-
tion et la promotion des filières porteuses
en dehors des hydrocarbures.» Or, l’écono-
mienationalecontinueàtourner autour du
pétroleet du gaz dont les exportations sont
en baisse. Un point queles députés ont sou-
levélors des débats sur lePLF 2015. Ces
derniers ont d’ailleurs interpelléleministre
des Finances sur l’amélioration du niveau
deviedes citoyens et du pouvoir d’achat.
Demêmequ’ils ont, àl’unanimité, appelé
àlarationalisation deladépensepublique
et lalibération del’économievis-à-vis dela
dépendanceaux hydrocarbures.
L’AVERTISSEMENT DES EXPERTS
Même son de cloche chez les experts :
passer àladiversification del’économieest
uneurgencepour ces derniers, mêmesi le
ministredes Finances atentéd’êtrerassu-
rant, notant que«legouvernement suit avec
intérêt l’importanterégression des prixdu
pétrole» et affirmant quecettetendancene
constituait pas un risquepour les équilibres
internes et externes, mais plutôt «unealerte
queles pouvoirs publics prennent sérieuse-
ment en charge».
Mais cen’est pas lapremièrefois qu’une
tellealertesurvient.
Il y aeu lacrisefinancièrede2008, et la
flambée des prix des matières premières
alimentaires. Il y aeu également les révolu-
tions qui ont éclatédans lemondearabeen
2011, suivies d’une série de mouvements
degrèvechez les fonctionnaires en Algé-
rie. Une situation que le gouvernement a
traitée avec la revalorisation des salaires
pour de nombreux secteurs. Et voilà que
leproblèmeressurgit aujourd’hui dans un
contextepas tout àfait favorableaux aug-
mentations en masse.
Non seulement les prix du pétrole ont
enregistré ces derniers temps des baisses
relativement importantes, «mais les reve-
nus des exportations du gaz vers les USA
sesont quasiment taris», estimeàcesujet
Mohamed Gharnaout, expert financier.
«A ces baisses, il faut ajouter lefait quela
majoritédes importations sefont en euros,
monnaiequi a subi un revers important par
rapport à la principale monnaie de paie-
ment del’Algérie, ledollar US», précisera-
t-il. Cequi veut dire, selon l’expert, queles
importations vont coûter plus cher et que
les revenus fiscaux inhérents àcechapitre
(importations), ainsi quetous les autres re-
venus fiscaux, et notamment laTVA (Taxe
sur la valeur ajoutée), vont augmenter. A
ces dernières augmentations, il faut ajouter
selon la même source celles qui seront
prévues pour la LF 2015, et notamment
l’IBS (Impôt sur le bénéfice social) qui
passede19% à23%, ainsi quelapossibilité
d’utiliser lataxed’inflation en «ajustant la
valeur du dinar par rapport à l’unedes mon-
naies depaiement des importations ou aux
deuxen mêmetemps», (ledollar et l’euro)
notamment. «On comprend que le risque
est plus que calculé», conclura-t-il sans
relever au préalable l’utilisation d’une
manière «discriminatoire» du FRR. En
somme, la colère exprimée par les tra-
vailleurs des différents secteurs intervient
dans une conjoncture financière difficile
pour l’Etat. Mêmes’il y aurades conces-
sions pour d’autres corps, leproblèmedu
pouvoir d’achat persistera avec toutes les
augmentations des taxes qui s’annoncent.
L’érosion du pouvoir d’achat risquedonc de
s’accélérer. S. I.
En cette période de baisse des revenus de l’Etat, du
creusement du déficit budgétaire, de hausse des importations
alimentaires, et du recours excessif au Fonds de régulation des
recettes (FRR), la revendication salariale s’invite sur la scène
socio-économique avec toute la pression engendrée sur les
pouvoirs publics. C’est dans ce contexte financier dif cile que
les policiers se sont révoltés contre la dégradation de leurs
conditions socioprofessionnelles. La contestation a émané
cette fois d’un corps qui n’a pas habitué le gouvernement à
de tels mouvements. D’où la prise en charge immédiate des
doléances exprimées.
M EZIAN E M ERIAN E // Coordonnateur
du Snapest
«C’est une injustice sociale»
Réagissant à la prise en charge des revendications salariales des policiers, le
Syndicat national autonome de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST)
parle d’injustice sociale. «Jusque-là, le Premier ministre a avancé que le Trésor public
ne permettait pas d’opérer des augmentations salariales. Mais en répondant
favorablement à la demande des policiers, Sellal a démontré que ces augmentations
n’ont pas d’incidence sur le Trésor», nous dira-t-il. Et d’ajouter : «On avance des
arguments pour faire taire des catégories, et on recule pour d’autres. C’est une
injustice sociale et ça ne peut pas continuer comme cela.» Pour Meziane Meriane, il
est temps d’avoir une politique salariale claire, sans compter sur l’argent du pétrole
pour acheter la paix sociale. «Tout cela est éphémère. Tant que la politique
économique n’est pas diversifiée, les acquis sociaux risquent de s’effondrer». Face à
une telle situation, le Snapest semble décidé à continuer sur la voie de la
contestation. M. Meriane n’écarte pas le recours à la grève en novembre prochain à
l’issue du conseil national prévu le 2 du même mois pour faire valoir les
revendications de ce syndicat qui n’est pas le seul à penser au débrayage au cours de
ce premier trimestre de l’année. S. I.
44 928
dinars
85 000
dinars
2600
milliards
de dinars
est le salaire
net moyen
dans le
secteur
public en
2012 selon
l’ONS.
est le salaire
net moyen
le plus élevé
enregistré
dans les
secteurs des
industries
extractives
en 2012.
représente
la masse
salariale en
2013.
Chifres
clés
contractuels
en attente de
régularisation
900 000
P
H
O
T
O
:
B
.
S
O
U
H
I
L
Protestation de policiers pour, entre autres, l’augmentation des salaires

Dossier V El Watan ÉCONOMIE - Du 27 octobre au 2 novembre 2014
KOUIDER BOUTALEB // U niversitaire économ iste
«L’augmentation des salaires
est irrationnelle»
> Par
Samira
Imadalou
Legouvernement a cédéaux reven-
dicationssalarialesdespoliciers. Quel
serait l’impact d’unetelledécision sur
lesdépensesdel’Etat en cettepériode
debaissedescoursdu pétrole?
Les conséquences sont prévisibles.
Il y a d’abord le risque de l’amplifica-
tion des revendications déjà annoncées
par d’autres corps socioprofessionnels
qui considèrent que les manifestations
de rue sont le seul moyen de se faire
entendre. On peut s’attendre donc à
d’autres augmentations desalaires pour
d’autres catégories socioprofession-
nelles et par conséquent àun alourdisse-
ment du budget defonctionnement, dont
lefinancement est deplus en plus assuré
par lafiscalitépétrolière.
En l’absenced’évaluations crédibles
émanant d’organismes publics ou privés,
on nepeut quespéculer… Il est certain
queces augmentations auront un impact
sur les finances publiques du pays.
Comptetenu des données inhérentes
àlasituation delaseuleressourcedont
dispose le pays, les hydrocarbures en
l’occurrence, à savoir la poursuite de
la baisse tendancielle du volume des
exportations due à la baisse de la pro-
duction, àlaquelles’ajoutedésormais la
haussedelaconsommation domestique
favoriséepar les subventions, ainsi que
la baisse des cours (prix) du baril qui
semble se maintenir dans la durée, les
conséquences de telles mesures d’aug-
mentation des salaires sur l’amplifica-
tion des déficits déjà perceptibles sont
certaines.
La masse salariale prise en charge
par lebudget del’Etat aétéestiméepar
ailleurs à 2600 milliards de dinars en
2013 ; selon les données du ministère
des Finances, elle devrait dépasser très
largement le cap des 40 milliards de
dollars l’année prochaine compte tenu
des augmentations desalaires déjàpré-
vues, mais également lerecrutement de
plus de100 000 fonctionnaires sur 2 ans
(2014 et 2015), ceci sans tenir compte
des dernières augmentations décidées au
profit du corps delapolicenationaleet
probablement pour d’autres corps socio-
professionnels encore. Donc, la ques-
tion mérite effectivement d’être posée.
Comment répondre à cette apparente
contradiction ? En théorie, les sciences
économiques nous enseignent que les
dépenses publiques doivent être corré-
lées à l’état des ressources disponibles
en perspective, autrement dit ladépense
publique est fonction de l’état des res-
sources disponibles. Or, au moment où
l’état des finances publiques traverse
une conjoncture contraire aux périodes
antécédentes (2009/2011), les pouvoirs
publics décident d’augmenter les dé-
penses salariales. Celaest irrationnel et
dénote de la fuite en avant dangereuse
pour l’avenir des finances publiques du
pays.
Le malaise touche plusieurs sec-
teurs. Les pompiers menacent de
monter au créneau et lesenseignants
reviennent à la charge. Comment y
faireface?
En Algérie, pour obtenir lasatisfac-
tion des revendications socioprofes-
sionnelles, on recourt, et cela depuis
longtemps déjà, aux manifestations de
rue. Cela signifie que les canaux de
communication et letraitement préven-
tif des conflits sont déficients et cela
relève incontestablement de ce qui est
désormais consacrésous nos cieux par la
«bad gouvernance». Quefont nos gou-
vernants, pourquoi laisser s’exacerber
les conflits latents et agir en pompiers
sous la pression de la rue ? On peut
donc s’interroger sur cette déficience
des pouvoirs publics à traiter préventi-
vement les conflits socioprofessionnels.
Comment expliquer ces «conces-
sions» sous la pression de la rue qui
se traduisent par une redistribution de
revenus ou de biens matériels, et qui
sont particulièrement appréciées par les
citoyens et par conséquent garantissant
la«paix sociale». Alors quel’éthiqueet
la morale tout autant que la rationalité
économiqueimposeraient unetout autre
démarche, à savoir l’engagement de
processus deformalisation des règles et
de dépersonnalisation institutionnelle
qui impliqueraient lamiseen placed’un
dispositif systémique accordant «des
droits à tous sur des bases écrites et
opposables».
Et c’est làoù l’on trouvelaréponse
ànos questionnements, cetteconcession
des droits àtous les citoyens sur unebase
égalitaireet impersonnelleest denature
àmenacer directement les privilèges des
tenants del’ordresocial et des élites al-
liées qui tirent précisément leur pouvoir
deleur accès exclusif aux ressources des
gouvernants. Lesystèmediscrétionnaire
d’allocation de la rente publique sur
lequel repose l’équilibre du système
bureaucratiqued’Etat setrouverait alors
menacé.
Lepouvoir procèdeainsi d’un vaste
marchandagepolitico-économiqueavec
les acteurs sociaux, offrant des oppor-
tunités decaptation derenteen contre-
partied’un soutien politiqueet ouvrede
grandes marges denégociations dans un
systèmecentralisé, provoquant des com-
portements de recherche de rente avec
de multiples répercussions à tous les
niveaux du développement. Ce qui ex-
pliquerait aussi pourquoi les méthodes
de direction de l’économie qui ont été
utilisées jusqu’à présent n’ont fait que
provoquer d’énormes gaspillages de
ressources, décourager les producteurs,
frustrer les jeunes instruits et désabuser
tous ceux qui croient au changement.
Non seulement elles n’ont pas pro-
voqué de changement… et facilité la
transition systémique souhaitée, mais
elles l’ont sur bien des points contrariée,
voiremêmeempêchée.
Partout la relation entre le gain et
l’effort, sans laquelle il n’existe pas
d’ordre économique viable, tend à dis-
paraître si elle n’est déjà inexistante.
Les gains sont devenus, mêmedans les
secteurs officiels, l’objet d’une vaste
foired’empoigneoù triomphel’esprit de
monopole, le favoritisme, les pressions
politiques et l’incohérence…
Dans un tel système, les traitements
et salaires sont fixés d’une manière
bureaucratique au hasard des contin-
gences politiques, indépendamment de
toute référence à la rareté et à l’utilité
véritables des services rendus.
Puiser encore et toujours dans les
revenus tirés de la vente des hydrocar-
bures, qui connaissent déjà une baisse
importante, c’est perpétuer l’économie
de rente avec son cortège de consé-
quences antinomiques aux règles de
fonctionnement d’uneéconomiedemar-
chéefficienteoù les gains sont liés aux
efforts accomplis.
Le temps des reconsidérations est
compté, il faudrait absolument s’enga-
ger résolument sans tarder dans des
réformes de fond pour faire face aux
problématiques socioéconomiques qui
ne pourront que s’exacerber dans le
cadredu modedefonctionnement actuel
du système sociopolitique et traiter
rationnellement la problématique cen-
trale qui est celle de la construction
d’une économie efficiente en termes
d’emplois et devaleur ajoutée, uneéco-
nomieproductricederichesses.
La situation rappelle encore une
fois l’absence d’une politique sala-
riale. Pensez-vousquelesleçonsn’ont
pasététiréesdesprécédentsmouve-
mentsdeprotestation ?
C’est toujours le même constat ré-
current qu’on observe. Aucun change-
ment n’est apparu malgré les critiques
récurrentes qui sont formulées non
seulement par les économistes algériens,
mais par tous les observateurs attentifs
de l’économie nationale et les institu-
tions internationales.
Ceci étant, il faudrait souligner quela
détermination des salaires et leur hiérar-
chisation sont aujourd’hui confrontées à
plusieurs dilemmes :
- des besoins sociaux insatisfaits
exprimés àtravers denombreuses reven-
dications ;
- denouvelles exigences derésultats
économiques particulièrement dans les
entreprises publiques ;
- des structures de répartition qui
s’éloignent delarationalitééconomique
et qui développent demultiples frustra-
tions qui accablent les titulaires de bas
revenus.
Ces enjeux expliquent la
complexité de la tâche en matière de
détermination des salaires, surtout dans
les conditions économiques actuelles.
Lacroissanceéconomiquedemeuretou-
jours faible faute d’un rythme soutenu
et élevé d’investissements productifs.
Par ailleurs, malgré la baisse sensible
du taux del’inflation, lecoût delavie
demeure élevé, ce qui rend légitime la
revendication de hausse des salaires
afin d’équilibrer quelquepeu lepouvoir
d’achat des travailleurs, toutes catégo-
ries confondues.
Or, toute hausse des salaires va
stimuler théoriquement la demande,
et comme l’offre de biens et services,
particulièrement les produits de large
consommation est localement insuf-
fisante par rapport à la demande, cela
entraînera l’inflation par la demande.
Les augmentations de salaires sans
gains de productivité constitueraient
pour les entreprises une réduction de
leurs capacités de financement, et par
conséquent là aussi de moindres pos-
sibilités de création d’emplois. Pour la
fonction publique, autrement dit pour
l’Etat en tant qu’employeur, cesont les
équilibres macro-financiers qui s’en res-
sentiront. Lacompensation des hausses
des salaires sans contrepartieen impôts
et taxes, sources des revenus de de
l’Etat dans uneéconomiefonctionnant à
l’impôt, imposeralerecours aux moyens
depayement issus delarentedes hydro-
carbures qui connaissent déjàunebaisse
importante.
Nous avons longuement exposéles
fondements théoriques des politiques
salariales dans le livre que nous avons
publiéauprès del’OPU en juillet 2013.
Nous avons pu constater que nom-
breux étaient les facteurs déterminant
le niveau de salaire dans un pays à un
moment donné, le coût de la vie, la
pénurie d’offre de travail, le niveau
général des prix, la capacité de paye-
ment des entreprises, la classification
des emplois, la productivité du travail,
lacroissanceéconomique… L’Etat fixe
non seulement les salaires delafonction
publique, mais il détermine de plus
le salaire minimum interprofessionnel
garanti qui assureàtout salariétravail-
lant àtemps complet unerémunération
au moins égaleàson montant et prévoit
un mécanisme d’indexation sur le prix
àlaconsommation afin quelepouvoir
d’achat des salariés les plus modestes
nes’amenuisepas sous l’effet del’infla-
tion.
L’Algérie ne fait certainement pas
exception, sauf que l’application de
telles dispositions ne semble pas opé-
rantedans lamesureoù nombreux sont
les problèmes relatifs àl’indexation dont
les critères d’appréciation, au-delà des
négociations, ne semblent guère être
partagés et reconnus par tous les parte-
naires concernés.
Et c’est une fuite en avant hypo-
théquant l’avenir du pays à laquelle
procèdent les pouvoirs publics en conti-
nuant à réformer ce qui est manifes-
tement irréformable et qui nécessite,
si l’intérêt des générations futures est
considéré, unerupturecourageuseavec
les méthodes de gouvernance publique
devenuetotalement obsolète. S. I .
P
H
O
T
O
:
D
.
R
.

L’attention des médias
français est soutenue ces
derniers jours avec un cap sur
les compensations payées aux
patrons de grands groupes
français, ouvrant à nouveau la
polémique sur les rémunérations
exceptionnelles des patrons
d’industrie.
Par Samir Hadj Ali *
SÉMANTIQUE PRÉALABLE
L’analysedu rapport desens, entreles «Retraites
chapeau» et les «Parachutes dorés», est nécessaire
devant une confusion qui amplifie la polémique
car, pour lecommun des mortels, l’attention reste
figéesur l’amplitudedelacompensation rapportée
àlapersonnalitédu bénéficiaireet surtout àl’état
decrisedel’entrepriseemployeur.
La retraite chapeau est un régime de retraite qui
prend laformed’unerente– généralement men-
suelle– dont lemontant est fixéàl’avanceet qui est
verséeaux bénéficiaires, en plus deleur retraitedite
des régimes obligatoires.
Cerevenu contractuel, additionnel aux pensions de
retraiteest souvent convenu avec des cadres diri-
geants ou cadres supérieurs, qui depar leur position
vont sesoumettreàuneclausedenon-concurrence,
les empêchant delasorteànepas servir, durant leur
retraite, d’autres entreprises.
Laretraitechapeau rentresouvent dans lacatégorie
du régimedit des prestations définies, sous lequel
l’entreprise s’engage sur un montant de retraite
déterminéàl’avanceen fonction delarémunéra-
tion du salariéet deson ancienneté, faisant decette
retraitesachargedirecte.
Cette entente contractuelle est souvent désignée
comme un régime additif, lorsque le montant de
cette pension est indépendant du montant des
autres pensions, mais il existedes régimes dérivés
comme celui des régimes différentiels par lequel
l’employeur s’engage à verser la différence avec
leniveau deretraitegaranti par les régimes obliga-
toires et complémentaires. Le parachute doré est
l’expression péjorative, en raison del’importance
deson montant, qui désignelaprimededépart qui
résulted’uneclausecontractuelleentreun dirigeant
desociétéet son employeur. Ellen’apas forcément
vocation à être une compensation pour services
rendus àl’occasion d’un départ en retraiteou d’un
départ programmé. Elle est souvent prévue pour
parer àl’éviction en cas delicenciement, d’uneres-
tructuration ou d’unefusion avec uneautresociété.
Cetteprimededépart purement contractuellequi
n’est pas àconfondreavec l’indemnitédedépart
en retraites’ajouteaux indemnités servies en appli-
cation dedispositions légales ou conventionnelles.
L’ABSENCE DE LÉGISLATION DÉDIÉE EST
SOUVENT À L’ORIGINE DE LA POLÉMIQUE
Leprochain départ du PDG deGDF Suez, Gérard
Mestrallet, prévu pour mai 2016, a relancé la
polémiqueàlaquelleles syndicats semêlent pour
l’attiser. Ces derniers espèrent qu’en pareille cir-
constance, lePDG deGDF- Suez renonceraàses
avantages commecertains patrons sesont rétractés
dans lepassé. LegroupeGDF Suez assureque son
PDG nebénéficie«d’aucun avantagederetraite
accordéà titreindividuel». Pour mettreun terme
àlapolémique, un communiquédu groupeprécise
quelasommede21 millions d’euros, dont il est
question, nesera pas payéedirectement au PDG
sortant, mais qu’il s’agit d’uneprovision sur une
provision globale de 103 millions d’euros qui
concerne27membres du comitéexécutif.
Si les professionnels peuvent comprendrequ’une
provision est dans l’esprit des normes comptables,
lecumul des droits acquis en conformitéavec les
normes comptables et qu’ellen’est en aucun cas
un chèqueémis ou àémettre, l’amalgameest vite
atteint par les personnes non initiées.
L’absencedelégislation nefacilitepas lasituation
qui tient d’unelimiteconstitutionnelle. Preuveen
est : les tentatives delégiférer n’ont pas manquéà
chaqueoccasion où les projecteurs étaient braqués,
médias aidant, sur les rémunérations versées à
l’occasion dedéparts depatrons des sociétés cotées
au CAC 40.
Les campagnes présidentielles ont même prôné
la mise en place de législation dédiée, telle la
campagne de l’ancien président Nicolas Sarkozy
qui avait promis d’interdire, par laloi, les retraites
chapeau et les parachutes dorés. Difficiledetenir
un tel engagement quand il s’agit d’encadrer des
pratiques contractuelles dès lors qu’une telle loi
servirait plutôt àéviter les abus plutôt qu’àlimiter
des droits. Devant cetteconjugaison dedébats poli-
tiques, mais également delobbies par presseinter-
posée, denombreux cadres dirigeants ont renoncéà
ces compensations.
Il faut préciser que les associations patronales
comme l’AFEP
(1)
et le MEDEF
(2)
ont largement
contribué au débat, au point de faire reconnaître
leur codedeconduitecommeun cadred’autoré-
gulation.
LES CODES DE GOUVERNANCE SONT
POUR L’INSTANT LES SEULS RÉFÉRENTIELS
DES BONNES PRATIQUES
En règle générale, les associations patronales
reconnaissent la nécessité d’une rémunération
différenciéedes dirigeants et mandataires sociaux.
Même le code algérien de gouvernance d’entre-
prise, tout en rappelant que«la rémunérationdes
administrateurs est fixée par l’Assemblée géné-
rale, dans ses montants et sa structure», suggère
«qu’elledoit êtresuffisamment élevéepour attirer,
retenir et motiver les administrateurs qui répondent
auprofil souhaité».
Par ailleurs, il est important de garantir l’indé-
pendance du conseil d’administration et de son
président, dont les décisions ne doivent pas être
influencées par les intérêts particuliers deladirec-
tion générale, mais deles indexer àlarentabilitéet à
l’amélioration delavaleur del’entreprise.
C’est pour ces raisons qu’il aétéconsidéré, dans
un contextedecrise, queles patrons qui n’avaient
pas réussi à prévenir des faillites ou en situation
d’échec nedevraient pas bénéficier deparachute
doré.
C’est du moins ceque, faceàlamenacedu régu-
lateur, lepatronat français aformulédans un code
degouvernancepour limiter l’attribution depara-
chutes dorés, d’autant qu’un ancrageexisteau code
decommercefrançais qui précisequelorsqu’une
société se réfère volontairement à un code de
gouvernement d’entrepriseélaborépar les organi-
sations représentatives des entreprises, son rapport
présenteàl’assembléegénéraleles principes et les
règles arrêtés par leconseil d’administration pour
déterminer les rémunérations et avantages detoute
natureaccordés aux mandataires sociaux.
Lecode«AFEP-MEDEF»
(3)
recommandedelimi-
ter lemontant des retraites supplémentaires à45%
du salairederéférenceet son guided’application
suggère, sur lesujet des systèmes deretraites pro-
visionnés, de préciser dans les rapports annuels
l’existence de tels dispositifs et leurs caractéris-
tiques. Demêmequ’il recommanded’étendrepour
les régimes àprestations définies les bénéficiaires
àun groupeplus largequecelui des mandataires
sociaux, defixer lacondition minimumd’ancien-
netédedeux ans pour en bénéficier et delimiter la
progressivité des droits en fonction del’ancienneté
limitéeà5% delarémunération du bénéficiaire.
Même si le nombre et la structure des comités
dépendent de chaque conseil d’administration, le
MEDEF recommandeégalement quelapolitique
des rémunérations et des «stock options» fasse
l’objet d’un travail préparatoire par un comité
spécialisédu conseil d’administration.
Toujours selon leMEDEF, le statut demandataire
social révocable n’est pas compatible avec une
indemnité de départ préalablement déterminée
quellequesoit laperformancedu dirigeant, garan-
tiemêmeen cas d’échec.
Cela signifie que le cumul d’un mandat social
commecelui dePrésident directeur général ou Pré-
sident deDirectoireavec un contrat detravail serait
susceptibled’entraîner un cumul d’indemnités de
départ, objets delacontroverse.
Ces préoccupations sont encore plus accentuées
lorsqu’il s’agit d’entreprises dans lesquelles l’Etat
détient des participations, créant delasorteun plus
fort sentiment d’injustice, rajoutéàcelui del’écart
entreleniveau des pensions deretraitedes salariés
et decelui des cadres dirigeants. S. HA
(*) Expert-comptable
Notes:
1) Association françaisedes entreprises privées
2) Mouvement des entreprises deFrance
3) Codedegouvernement d’entreprisedes socié-
tés cotées
RETRAITES CH APEAU ET PARACH U TES DO RÉS
Polémique autour des départs des patrons français
VI Chronique El Watan ÉCONOMIE - Du 27 octobre au 2 novembre 2014
2014 est à quelques dixièmes de degré
d’être l’année la plus chaude depuis que
la Terre sait prendre son thermomètre.
L’Europe a réagi spectaculairement cette semaine à
la menace chaotique du réchauffement climatique.
Le sommet de Bruxelles a augmenté la contrainte
sur les Etats membres de l’Union européenne
sur leurs émissions des gaz à effet de serre.
L’objectif de leur réduction était de 20% à 2030
par rapport au niveau de 1990. Il est passé à 40%.
Un véritable choc anti-carbone. Accompagné de
deux autres grosses mesures de réduction de la
dépendance aux énergies carbonées et donc aux
importations : le recours au renouvelable passe
de 20% du mix énergétique à 27% en 2030, et
celui aux économies d’énergie passe également
de 20 à 27%. Certes, de ce train de mesures, seule
la première est formellement contraignante pour
les Etats membres. Réduire les émissions de 40%.
Mais le nouveau tournant stratégique est bien là.
L’attaque du 11 septembre 2001 a provoqué un
virage américain vers l’autosuffisance en pétrole
et en gaz. La guerre d’Ukraine de cet été a relancé
l’autonomie européenne vis-à-vis de ces mêmes
sources énergétiques. Si l’Amérique a cherché
sa réponse d’abord dans les hydrocarbures non
conventionnels, l’Europe va la chercher dans les
économies d’énergie et surtout dans les énergies
propres. Officiellement, l’Europe a fait un forcing
pour infléchir le sort de la conférence mondiale sur
le climat qui se tient à Paris en 2015. En arrière-
plan, elle fait coup double. Elle force ses partenaires
à accélérer la sortie du carbone. Elle prépare une
réduction décisive de sa dépendance vis-à-vis d’un
fournisseur énergétique problématique, la Russie.
La semaine a connu un événement
symbolique troublant. La production
de pétrole des Etats-Unis d’Amérique
a dépassé celle de la Russie. Renversant.
Il ne faut pas chercher plus loin la tendance à
moyen terme des cours pétroliers. Ils resteront
orientés vers la baisse pendant tout le temps où la
demande mondiale ne repartira pas. Et lorsqu’elle
repartira, le sommet mondial du climat sera passé
par là pour la brider par l’obligation de réduire les
émissions carbone. Ce que le ministère algérien
de l’Energie a observé dans l’évolution stratégique
de ces dernières années, c’est que d’anciennes
puissances pétrolières comme les Etats-Unis
peuvent le redevenir. Ce n’est pourtant pas l’essentiel.
Car aucun analyste américain ne prétend que la
production américaine va se maintenir au-dessus
des 8 millions de barils/jour les 5 prochaines années.
Les forages horizontaux déclinent dès la première
année. Par contre, le coût de l’énergie polluante,
lui, va exploser sous la nuisance du réchauffement.
Pour réduire de 40% ses émissions de gaz à effet
de serre et pour consommer jusqu’à 27% d’énergies
renouvelables, l’Europe peut-elle sérieusement
se passer de l’électricité solaire de la rive sud de la
Méditerranée ? Stratégiquement, c’est la question
clé pour l’Algérie.
La bataille symboliquement la plus
significative du début du «4
e
mandat»
a eu lieu cette semaine. A huis clos.
Elle concerne la présidence du Forum des chefs
d’entreprises (FCE). Depuis le 8 octobre dernier,
date de sa déclaration de candidature, tout le monde
est d’accord. La fonction est promise à Ali Haddad,
le patron du groupe ETRHB. Trajectoire naturelle.
Il est financièrement très puissant, il a, avec ses
amis, milité pour le «4
e
mandat» et il a poussé
Réda Hamiani à partir avant même l’assemblée
élective de fin novembre prochain. Mais voilà
qu’un autre réseau d’influence, peu heureux de voir
le clan Haddad prendre autant de pouvoirs, s’est
réveillé ces derniers jours. Il a fait de Issad Rebrab,
le PDG de Cevital, son champion de fait, pour
faire dérailler le projet Ali Haddad. Deux branches
nuancées du capitalisme algérien. La première,
celle de Ali Haddad étant plus fortement liée aux
commandes publiques que la seconde, celle de Issad
Rebrab. Avec quelques entorses à cette critériologie.
Le business de Laïd Benamor, par exemple, le
situe plus près de Cevital que de ETRHB et de
Haddad dont il est pourtant proche. Le duel
électoral n’aura finalement pas lieu. Il a été avorté
dans les coulisses de la villa de Diar Eddiaf, siège
du FCE. Ahmed Tibaoui, président par intérim
du FCE, a expliqué poliment à Issad Rebrab que
son projet – en gestation - de candidature faisait
problème sur le plan réglementaire. Le patron de
Cevital ayant adressé l’été dernier une lettre de
démission à Réda Hamiani. Lettre que les amis de
Rebrab considèrent comme informelle. Il suffisait
donc au potentiel challenger de Ali Haddad de
payer sa cotisation de 2014 pour espérer satisfaire
aux conditions réglementaires qui ouvrent droit à
une candidature à la présidence, sous conditions
de réunir les 79 parrainages nécessaires pour cela.
Les amis de Haddad qui contrôlent déjà le conseil
exécutif du FCE ont agi pour que le chèque 2014
de Rebrab reste dans sa poche. Pas de mise à jour de
l’adhésion et pas de candidature. Faute de nouvelles
candidatures face à Ali Haddad, l’assemblée générale
élective du 27 novembre prochain s’apprête donc à
entériner une intronisation par acclamation. Après
les duels de programmes de mai 2009 entre Réda
Hamiani et Slim Othmani, puis celui, tout aussi
clivant, entre Réda Hamiani et Hassan Khelifati
– arbitré par Mohamed Baïri – en novembre
2011, «l’expression démocratique» de la bourgeoisie
institutionnelle se fige. Le procédé du plébiscite
– utilisé en 2013 pour un troisième mandat de
Réda Hamiani – caricature la situation politique
en Algérie. Correctif. La bataille symboliquement
la plus significative de ce début de «4
e
mandat» n’a
donc pas eu lieu cette semaine. Comme la bataille
politique de l’après-Bouteflika, elle ne se déroulera
pas sur le terrain électoral. Mais ailleurs.
Réchauffement, Russie : l’UE tente l’autonomie
énergétique
LA SEMAINE ÉCO
d’El Kadi Ihsane
LA SEMAINE ÉCO
d’El Kadi Ihsane
TABLEAU DE BORD VII
El Watan ÉCONOMIE - Du 27 octobre au 2 novembre 2014
PRODUITS DE BASE
CAFÉ (BAISSE)
Sur le Liffe de
Londres, la tonne
de Robusta pour
livraison en janvier
valait 2019 USD
vendredi à 10h00
GMT. Sur le ICE
Futures US de
New York, la livre
d’Arabica pour
livraison en
décembre valait
192,10 cents.
SUCRE (HAUSSE)
A Londres, la
tonne de Sucre
blanc pour
livraison en
décembre valait
426,30 USD. A
New York, la livre
de Sucre brut pour
livraison en mars
valait 16,32 cents.
CACAO (BAISSE)
A Londres, la
tonne de Cacao
pour livraison en
décembre valait
2027 GBP. A New
York, la tonne pour
livraison en
décembre valait
3114 USD.
CÉRÉALES
Les cours du maïs
et du soja ont
profité à Chicago
d’une demande
solide pour ces
produits au
moment même
où les moissons
peinent à suivre,
entraînant dans
leur sillage le
marché du blé.
BLÉ (HAUSSE)
Le boisseau de blé
pour livraison en
décembre, le
contrat le plus actif
en ce moment,
s’est établi à 5,1775
dollars (+0,34%).
MAÏS (HAUSSE)
Le boisseau de
maïs pour livraison
en décembre a
terminé vendredi à
3,5300 dollars
(+1,44%).
SOJA (BAISSE)
Le boisseau de
soja pour livraison
en novembre a
clôturé à 9,7750
dollars (+2,71%).
MÉTAUX DE BASE
(HAUSSE)
Les prix des
métaux échangés
sur le London
Metal Exchange
(LME) ont
majoritairement
terminé en hausse,
soutenus par des
données chinoises
jugées dans
l’ensemble positive,
sauf le nickel, qui a
continué sa chute.
Sur le LME, la
tonne de cuivre
pour livraison dans
trois mois
s’échangeait à
6724 USD vendredi
à 13h30 GMT,
l’aluminium valait
1971 USD la tonne,
le plomb valait
2015 USD la tonne,
l’étain valait 19,427
USD la tonne, le
nickel valait 15,174
USD la tonne, le
zinc valait 2265,25
USD la tonne.
MÉTAUX
PRÉCIEUX
L’or a brièvement
continué sur sa
lancée haussière
en début de
semaine, montant
à un plus haut en
cinq semaines,
avant de reculer
sous le coup de
prises de bénéfices
et d’un dollar plus
fort.
OR (BAISSE)
Sur le London
Bullion Market,
l’once d’or a
terminé à 1232,75
USD vendredi au
fixing du soir.
ARGENT (BAISSE)
L’once d’argent a
clôturé à 17,19
USD.
PLATINE/
PALLADIUM (-)
Sur le London
Platinum and
Palladium Market,
l’once de platine a
fini à 1254 USD.
L’once de
palladium a
terminé pour sa
part à 784 USD.
PÉTROLE
Les cours du pétrole étaient à nouveau en baisse
dans les échanges en fin de semaine. Le baril de
«light sweet crude» (WTI) pour livraison en
décembre perdait 31 cents, à 82,50 dollars, tandis
que le baril de Brent de la mer du Nord pour
livraison à la même échéance cédait quatre cents,
à 86,18 dollars. Les cours du pétrole restent à des
niveaux très bas (le WTI à un plus bas depuis
mi-2012, le Brent à un plus bas de quatre ans) dans
un contexte d’offre abondante couplée à la
morosité de l’économie mondiale.
L’euro tentait de se reprendre face au dollar
vendredi, mais restait sous la pression d’inquiétudes
persistantes sur la santé de l’économie de la zone
euro, alors que le billet vert profitait toujours
d’indicateurs américains encourageants.
Vers 13h00 GMT, la monnaie unique européenne
valait 1,2673 dollar et se stabilisait face au yen, à
136,91 yens. Le dollar perdait un peu de terrain face
à la devise japonaise, à 108,04 yens, alors que la
livre britannique restait quasi stable face à la
monnaie unique européenne, à 78,89 pences pour
un euro, et montait face au dollar, à 1,6063 dollar
pour une livre.
Les prix poursuivent leur baisse
La santé de l’économie
européenne pèse sur l’euro
DEVISES
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
43,83
milliards de dollars
La facture des importations de l’Algérie pour les
9 premiers mois de 2014, selon les statistiques
douanières.
COTATIONS
BANQUE D’ALGÉRIE
Valeur du dinar du 27/10/ 2014
Devises Monnaies
Cours
Achat Vente
83.5795
105.7699
134.1350
77.8280
8,767.3870
74.3259
1,420.3814
1,150.7097
1,265.8574
22.7545
22.2754
288.9025
46.3402
9.5274
1 USD
1 EUR
1 GBP
100 JPY
100 CHF
1 CAD
100 DKK
100 SEK
100 NOK
1 AED
1 SAR
1 KWD
1 TND
1 MAD
83.5945
105.8056
134.2021
77.8565
8,772.6414
74.3723
1,421.1193
1,151.3918
1,266.3531
22.7592
22.2824
289.1543
46.8059
9.5864
US DOLLARS
EURO
POUND STERLING
JAPAN YEN
SWISS FRANC
CANADIAN DOLLAR
DANISH KRONE
SWEDISH KRONA
NORWEGIAN KRONE
ARAB EMIRAT DIRHAM
SAUDI RIYAL
KUWAIT DINAR
TUNISIAN DINAR
MAROCCAN DIRHAM
BOURSE D’ALGER
cotations du 22/10/2014
Titre de capital * Cotations
URASSI 420
Saidal 550
ALLIANCE 605
Nca Rouiba 390
Titre de créances
Sonalgaz 100
Dahli 98
(*) Les titres de capital sont cotés en dinars
(**) Les titres de créance sont cotés pied de coupon en pourcentage de la valeur nominale
B
eaucoup de nos analystes s’intéressent
également aux économies des pays déve-
loppés. Normal ! Elles ont un impact
substantiel sur leprix des hydrocarbures et par
làsur notreproprebien-être. Nous commençons
surtout à avoir de mauvaises nouvelles de ce
côté-ci. Unechutedes prix pétroliers s’amorce,
mêmesi ellesembleplutôt conjoncturelle. L’éco-
nomie mondiale peine à retrouver sa vigueur
d’avant-crise.
Les instances internationales – FMI, Banque
Mondiale, etc.– necessent deréviser àlabaisse
leurs prévisions aussi bien internationales que
celles relatives à l’économie algérienne. La
bataillecontrelaspiralesécessionnisteest loin
d’être gagnée. Avec les effets pervers que cela
pourrait avoir sur notre économie. Les débats
économiques continuent d’alimenter la scène
internationale; notamment en Europeoù les pro
et anti-rigueur sedisputent âprement lechoix du
schéma thérapeutique à adopter. Ceux qui ont
obtenu de bonnes performances sont en meil-
leure position pour réclamer la duplication de
leurs choix. L’Allemagne, laSuède, laGrande-
Bretagne, leCanadaet àdegrémoindreles USA
exhibent de meilleurs chiffres de croissance et
d’emploi. La France, l’Espagne et le Portugal
semblent trappés dans des tourbillons sans fin.
C’est làoù beaucoup devoix s’élèvent contrela
rigueur pour insuffler un dynamisme nouveau
àleur économie. Bien sûr quelasituation éco-
nomiqueest extrêmement compliquéeet il faut
examiner des dizaines deparamètres pour donner
un sens àdes contextes très divers.
LES PREMIERS ÉLÉMENTS D’ANALYSE
Lasituation del’Europeest plus compliquéeque
celledu restedu monde. Uneunion monétaire
coexisteavec unegrandediversitédesituations
fiscales. L’harmonisation des politiques écono-
miques semblebeaucoup plus ardue. Unevaleur
uniqued’unemonnaie(euro) peut difficilement
refléter lasituation réelledepays très divers. En
effet, l’euro est probablement sous-évalué par
rapport àl’économieallemandeet surévaluépar
rapport àlaGrèce.
Il permet donc à l’Allemagne d’exporter plus,
surtout en Europe et cause des problèmes de
compétitivitéaux économies faibles. Unemon-
naie unique est un précieux atout en période
d’abondance et de forte croissance mondiale,
mais devient un handicap sérieux en périodede
crise. Beaucoup d’analystes sefocalisent sur cet
aspect pour exiger plus desouplesse. LaBanque
centrale fait face à une diversité de situations
difficilement gérables. La situation de l’Alle-
magneexigeuneprudencemonétaire, celledela
Grèceplus desouplesse, quefaire? Mêmesi au
début laBanqueeuropéennefut responsablede
l’aggravation delacrisepar son zèleprudentiel,
aujourd’hui elleessayed’allier accommodement
et prudence.
Jereviendrai uniquement sur un point dedébat
actuel en Europequi adivisélegouvernement
français et continue d’être âprement débattu
par les experts. Faut-il autoriser des dépenses
publiques plus abondantes pour juguler lacrise,
ou au contraireserrer les vis pour réduireletrain
deviedel’Etat ? En cesens, l’expériencean-
glaiseest appréciéedifféremment par les experts
européens. L’économie de la Grande-Bretagne
repart avec unecroissancede2,8% et un taux de
chômagede6%. Les adeptes delarelancefont
remarquer queledéficit du budget est supérieur
à4,5% du PIB. Ceserait pour eux lapreuveque
laprudenceen termes dedépenses publiques soit
inutile. Mais il y abeaucoup deleçons précieuses
àtirer decetteexpériencequelesimpledéficit
budgétaire.
LA RELANCE QUI RÉUSSIT ET LA RELANCE
QUI ÉCHOUE ?
L’analyse des données macro-économiques des
30 dernières années fournit denombreux mes-
sages. J’en prendrai un seul : quel est letypede
relancequi réussit ? Les expériences internatio-
nales sont très précieuses àanalyser. En résumé,
lorsqueles crises sont bénignes, l’économiepeut
avoir lacapacitédesecorriger touteseule. Mais
dès lors queles dommages sont colossaux (crise
des Subprimes), l’inaction del’Etat serait mor-
telle. A justetitre, l’ensembledes pays, surtout
les USA, avaient pris des mesures expansion-
nistes importantes. Les USA avaient injectédans
leur économieplus de5000 milliards dedollars
par différents canaux : prise de participations
bancaires, grands travaux, crédits garantis aux
grandes entreprises en difficulté, etc ; rares sont
les économistes qui croient en lavieilleidéede
s’abstenir detouteintervention lorsqueles crises
s’aggravent (sauf pour stabiliser lamassemoné-
taire). Lorsqueles turbulences sont fortes, il faut
agir ; mais comment ?
Il semble qu’il faut sauvegarder un certain
équilibreentrel’offreet lademande, entrel’éco-
nomie productive et les dépenses publiques.
L’Etat français dépenseplus de57% du PIB. Les
dépenses publiques sont trop élevées par rapport
à la taille de l’économie productive. A titre de
comparaison, le Canada dépense 41% du PIB.
LaSuèdeet l’Allemagneont ramenécetaux à
plus de7% demoins quelaFrance. Certes, en
Grande-Bretagne le déficit budgétaire est de
4,7%, mais qu’a fait le pays avec ce déficit ?
Le pays a réduit le nombre de fonctionnaires
deplus de500 000. Mais les crédits consentis à
l’économieont permis au secteur privédecréer
1 200 000 emplois. LaFrancecompte24% de
plus defonctionnaires (mieux payés queceux du
secteur privé) quel’Allemagne, qui compteune
plus grandepopulation.
En période de stagnation, il est certain que
l’Etat ne peut pas rester les bras croisés, mais
pour fairequoi ? Laréponsesembleêtreétablir
un juste équilibre entre l’économie productive
et les dépenses publiques, en plus d’une plus
grandeflexibilitédes marchés, surtout celui du
travail. Lemessageest clair, mais les politiciens
n’écoutent queleur proprevoix. A. L.
PH.D en sciences de gestion
Economie mondiale : le long débat
de la rigueur contre la relance
ÉCONOMIQUES
Repères
Par Abdelhak Lamiri
* NB : Le tableau reprend les cours commerciaux (monnaies en compte).
Ces cours ne s’appliquent pas au change manuel (billets de banque et chèques de voyage).
2 8 1
4 9 1 5
9
3 8
6
2 5 3
9
2
1
8 6
6
8 2
7
3
3 4
2 1 5
7 5 1
4 2
4
5
8 1
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 24
J E U X - D É T E N T E

HORIZONTALEMENT : RETICENTE / FORMULES / ELUE / RE / ARROSOIR / IGNARE / LI /
RUS / AMEN / CAR / ANISE / TENACE / AI / ETRE / ONDE / TAR / ONU / ÎECE / SEVISSES.
VERTICALEMENT : DEFLAGRATIONS / TOURNURE / NUE / TIRERAS / NID / CM / OR / AA /
EPI / FEU / SEANCE / IS / NL / MIETTES / STERILES / RACE / ESERINE / ERES.
SOLUTION FLÉCHÉS EXPRESS PRÉCÉDENTS :
OSMOSE - JEAN-PIERRE DARROUSSIN
Jeux proposés par gym C Magazine
REGLE DU JEU
Une grille est composée
de plusieurs
carrés. Chaque carré
contient tous les chiffres
de 1 à 9. Chaque ligne
comme chaque colonne
contient aussi tous les
chiffres de 1 à 9.
Certains chiffres vous
sont donnés, à vous de
trouver les autres. Pour
cela, procédez par
déduction et élimination.
Solution
Sudoku
précédent
Sudoku
N° 253
Définition
du mot encadré
Tout Codé
N° 3953
SOL. TOUT CODÉ PRÉCÉDENT :
En vous aidant de la définition du mot encadré, com-
plétez la grille, puis reportez les lettres correspondant
aux bons numéros dans les cases ci-dessous et vous
découvrirez le nom d’un personnage célèbre.
9 3 1 7 4 2 8 6 5
6 4 5 3 8 1 2 9 7
7 8 2 5 9 6 4 3 1
1 6 3 4 5 9 7 8 2
8 9 4 2 7 3 1 5 6
5 2 7 1 6 8 9 4 3
3 7 8 9 1 5 6 2 4
4 5 9 6 2 7 3 1 8
2 1 6 8 3 4 5 7 9
SOL. QUINZE SUR 15 PRÉCÉDENTS : HORIZONTALEMENT : 1.
ACHEMINEMENTS 2.SOUTIRER. TAU. ES 3.SUTURE. SECTEURS
4.TIENT. TRIEE 5.MUE. IENISSEI. SN 6.MS. NL. TRAINER 7.
AUTELS. OINT. AME 8.NEUVE. AN. ASE 9.TL. EMINENCE 10.ELU.
ASES. RENE 11.SERT. TRAPEZE. FE 12.MISERE. IM. STAR 13.
GENERA. OSER. AN 14.UNE. EDIT. NIECES 15.ETRE. EMETTENT.
VERTI CALEMENT : 1. ASSOMMANTES. GUE 2. COU.
USUELLEMENT 3.HUTTE. TU. URINER 4.ETUI. NEVE. TSE 5.
MIREILLE. ERE 6.IRENE. ESTRADE 7.NE. TNT. AMERE. IM 8.ERS.
IRONISA. OTE 9.ESSAI. PIS 10.ETC. SINCEREMENT 11.NATTENT.
NEZ. RIE 12.TUERIE. ACNES. EN 13.UI. RASEE. TACT 14.ERES. ME.
FANE 15.ESSENCE. RUER. SU.
Peu accommodant ; rébarbatif, bourru.
1
2
3
4
8
14
11
2
7
7
2
2
10
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2
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5
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5
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2
13
18
8
14
13
18
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7
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12
2
11
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15
2
2
13
14
4
11
8 16 14 13 3 12 11 11 2
3 2 18 12 9
V
M
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
1
2
3
4
5
6
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9
10
11
12
13
14
15
HORIZONTALEMENT : 1.Ratifications 2.Américain. Ce
qui ne contrôle rien 3.Inexploités 4.Chassée. Harmonie d'en-
semble 5.Ceinture japonaise. En plus. Happer 6.Exploitant
d'une maison de jeu. Planches algériennes 7.Opéré. Crack.
Mettre noir sur blanc 8.Un peu fous. Attachée. Grande école
9.Marions. Possessif 10.Céderait à une incitation. Brosse d'or-
fèvre 11.Filet. Localisations 12.Poisson. Incroyable 13.Partie
du pied. Suite continue de paroles. Saint de la Manche 14.
Jeune entêté. Point imaginaire. Monnaie jaune 15.Propre. Fait
couler. Parties de jours.
VERTICALEMENT : 1.Introduction d'eau dans l'orga-
nisme. Ecorce de chêne 2.Queue de boa. Autre moi. Fruit exo-
tique 3.De la mémoire. Prix de tombola 4.D'accord ! Ville
d'Algérie (initiales).En parfaite conformités d'idées (à l'…) 5.
Ce qui peut faire naître. Verte république 6.Jeté pour voir.
Brisa. Note 7.Palmier à huile. Déguster lentement 8.Attitude
violente. Jeux de hasard 9.Fleuve ibérique. Craint les calculs.
Erreur grossière 10.Baie de Honshu. Arrête. Caponne pour ses
potes 11.On y entasse des ossements humains. Secs 12.Refus
anglais. Conjonction. Déesse de la Chasse 13.Inquiétant.
Autre moi. Note de rêve 14.Font feu. Mathématicien suisse
15.Fera la noce. Tamisions.
Quinze sur N° 3953
15
Fléchés Express
N° 3953
bouffe
courtisanes
apparue
qui sert
de test
action
d’accomplir
estimée
davantage
pas des
masses
doublé pour
exclure
collège
anglais
ion chargé
personnel
sur un
registre
explosif
abrégé
petits
poissons
fiables
première
dame
service
gagnant
rot
cuba
étude des
ovnis
premier
impair
cardinal
affaiblie
ustensile
de cuisine
partirait
anneaux
de mousse
noyau de
la Terre
déduite
cependant
femelle de
solitaire
acide
nucléique
sont sous
le bonnets
pige
gardé
secret
fin de
verbe
faux
faite de
vive voix
SOLUTION N° 3952
HORIZONTALEMENT
I- FONGIFORME. II- AREOLE - OUR. III- IDEM -
TOURS. IV- NU- INERTIE. V- ERINES - IRA. VI-
AIDAI - ON. VII- NEO - GESIR. VIII- TRIMER -
EUE. IX- NA- RARES. X- RUELLES - ET.
VERTICALEMENT
1- FAINEANTER. 2- ORDURIER. 3- NEE - IDOINE. 4-
GOMINA- MAL. 5- IL - NEIGE. 6- FETES - ERRE. 7- OR
- OS - SA. 8- ROUTINIER. 9- MURIR - RUEE. 10- ER-
SEAU- EST.
HORIZONTALEMENT
I- Incinérations. II- Raccommodée grossièrement. III- Perdu
- Ordinateur individuel. IV- Rapport de cercle -Aile de co-
léoptère. V- Service sans retour - Branché. VI- On le répète
pour rire - Résines - Site irakien. VII - Algue marine - Divine
nounou. VIII- Mâles de plusieurs oiseaux de proie. IX- Une
qui accroche - Berné - Incarnes. X -Note - Tenu à l’écart.
VERTICALEMENT
1- Se déplacer en terrain accidenté. 2- Rend plus intransigeant.
3- Se rebelle contre le chef - Sortes de cales . 4- Génitrice -
Ventilée. 5- Possessif - Instruments à touches. 6- Possessif. 7-
Renard polaire - Feuilletée. 8- Squelette - Sur une borne - Soit.
9- Scorpion d’eau - Tartempion. 10- Décharné - Partie d’une
arme à feu.
Mots Croisés
Par M. IRATNI
N°3953
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
LE MDI-ALGER ET L’ESAA
Dans le top des meilleures écoles
d’Afrique
L
emagazineJ euneAfrique
a publié dans son der-
nier numéro (du 19 au 25
octobre 2014) le classement
des meilleures business schools
(écoles de management) du
continent africain. La compé-
tition aconcerné42 écoles de
commercedel’Afriquefranco-
phone, en sebasant sur un cer-
tain nombredecritères, parmi
lesquels l’ouvertureàl’interna-
tional, le niveau d’attractivité,
l’étroitesse des relations avec
les entreprises, laqualitédela
pédagogie, la recherche et la
notoriété figurent en bonnes
places. Deux écoles privées
algériennes de management
ont pu se placer, cette année
encore, dans letop des 12 meil-
leures écoles de commerce. Il
s’agit du MDI-Alger classé à
la7
e
placeet del’ESAA (Ecole
supérieure algérienne des af-
faires) positionnéeau 11
e
rang.
Cettecompétition annuelle, qui
en est àsacinquièmeédition, a
permis de mettre en évidence
deux écoles privées de com-
merce et management maro-
caines (ESCA, l’ISC et l’EHCI
de Casablanca ) qui ont raflé
respectivement lapremière, la
secondeet la9
e
placedu top 12.
Trois établissements sénégalais
(l’ISM, l’IAM, la Supcomet
la BEM de Dakar) ont, quant
à eux, raflé dans l’ordre les
3
e
, 4
e
, 5
e
et 6
e
places. Deux
écoles privées tunisiennes, en
l’occurrence Dauphine-Tunis
et l’IscamTunis ont obtenu
les 8
e
et 10
e
places. En se
maintenant cinq années durant
dans lacour des 12 meilleures
écoles privées de commerce
et de management d’Afrique
francophone, le MDI-Alger et
l’ESAA confirment la qualité
et lesérieux des enseignements
qu’ils dispensent généralement
avec le concours de grandes
universités et écoles françaises
(la Sorbonne, Paris Dauphine
et l’IAE pour le MDI-Alger
et l’Ecole supérieure de com-
mercedeParis pour l’ESAA).
Visiblement satisfait dececlas-
sement qui honoredeux écoles
privées algériennes, ledirecteur
général du MDI-Alger, Brahim
Benabdeslam, considère que
«ce classement très honorable
confortelebien-fondédela dé-
marche managériale de l’éta-
blissement. Les efforts déployés
en matière de pédagogie, la
proximité que nous entrete-
nons avec les entreprises et les
actions multiformes que nous
mettons en œuvre pour favo-
riser l’ouverture à l’interna-
tional ont, comme l’atteste ce
classement, fait du MDI-Alger
une des meilleures écoles du
continent africain».
NordineGrim
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 25
L ’ É P O Q U E
El Watan - Le Quot idien Indépendant
Édité par la SPA “El Watan Presse” au capital social de 61
008 000 DA. Directeur de la
publication : Omar Belhouchet
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autredocument et illustrationadressés
ouremisàlarédactionneseront pas
renduset neferont l’objet d’aucune
réclamation. Reproductioninterditede
tousarticlessauf accorddelarédaction.
ON VOUS LE DIT
Les dérives d’un conseiller
au ministère de l’Agriculture
Aussi étonnant que cela puisse paraître, un cadre du
ministère de l’Agriculture et du Développement rural «se
trompe d’époque et de pays en confondant allègrement
l’Algérie et la Corée du Nord, l’ère de la guerre froide et le
temps présent», nous ont indiqué, hier, des propriétaires
de chevaux de course. En effet, M. H., obscur conseiller du
SG de ce ministère, aurait affirmé devant des propriétaires
de chevaux de course reçus la semaine dernière,dans son
bureau, que «le MADR devrait chapeauter la création d’une
association nationale de propriétaires et d’éleveurs de
chevaux de course». Rapportés devant l’Assemblée générale
des propriétaires de chevaux de course, tenue samedi dernier
à l’hippodrome du Caroubier, ces propos ont fait l’effet de
l’huile sur le feu, faisant douter davantage les propriétaires
de la bonne foi des responsables du MADR, alors que les
courses hippiques sont à l’arrêt depuis plus d’un mois
et les travailleurs de la SCHPM sans salaire depuis deux
mensualités.
Que devient le projet
de tramway de Chlef ?
Avec le départ de Amar Tou du ministère des Transports, le
projet du tramway de la ville de Chlef semble être mis aux
oubliettes. Pour rappel, le ministre s’était engagé devant
des députés de la wilaya à doter la région d’un moyen
de transport moderne, affirmant même avoir donné des
instructions pour le lancement d’une étude technique en ce
sens. Le projet paraît très improbable, vu le silence étrange
du ministre actuel, Amar Ghoul, de l’engagement de son
prédécesseur, dans le programme quinquennal du secteur.
Il faut rappeler tout de même que la ville de Chlef, qui compte
plus de 300 000 habitants, a plus que jamais besoin d’un
tramway pour faire face aux embouteillages monstres qui
entravent la circulation au chef-lieu de wilaya.
Férié ou pas férié ?
Bien sûr que la journée du 1
er
Mouharram est chômée et
payée. Cette fête religieuse est fériée, sauf pour l’Institut
des sages-femmes de Tizi Ouzou. Et pour cause. Le directeur
de cet établissement a convoqué pour la journée de samedi
25 octobre 2014 (correspondant au 1
er
Mouharram 1436) «les
candidats bacheliers admis (…) pour le choix (orientation) de
leur filière de formation». Le même responsable signale dans
un «Avis important» que les «retardataires et les absents
se satisferont des spécialités restantes». Autrement dit, les
bacheliers ayant obtenu des notes élevées n’auront plus le
choix et se retrouvent sanctionnés par cette mesure. Ce qui
suscite l’ire des parents qui ne comprennent pas pourquoi du
maintien de cette date alors qu’on pouvait la décaler de 24
heures.
Le thé d’Illizi à Kinshasa
Le président de la ligue de football d’Illizi, Bachir Mansouri,
qui a accompagné la délégation sétifienne au Congo, en
qualité de représentant de la fédération de football, s’est
fortement distingué. Tenant plus que tout aux us et coutumes
du Sud algérien, M. Mansouri s’est déplacé avec le beau
costume traditionnel de la région. Avec un tel habit, notre
compatriote a montré l’autre visage de l’Algérie plurielle.
Habitudes et traditions obligent, M. Mansouri s’est déplacé
au Congo avec le thé et ses accessoires. Avant d’entamer un
point presse avec le coach de l’ESS, Madoui, au niveau de la
réception du Grand hôtel, lieu de résidence des Sétifiens, le
gentleman Mansouri a gratifié les journalistes de verres de
thé. La corporation a apprécié le geste.
Un dirigeant de l’Entente
agressé à Kinshasa
Un dirigeant de l’Entente n’oubliera pas de sitôt le
déplacement au Congo qui a failli tourner au drame. Sorti
samedi de l’hôtel pour se dégourdir les jambes, le Sétifien a
été surpris par deux personnes qui l’ont accosté en qualité de
policiers congolais. Avant de l’embarquer de force dans leur
véhicule, les «policiers» ont, dans un premier temps, voulu
connaître la nationalité de leur interlocuteur. En apprenant
qu’ils avaient affaire à un Algérien, celui-ci est vite taxé de
«terroriste». Molesté et délesté de 1400 euros, le kidnappé
(un diabétique) qui a eu la peur de sa vie est relâché à plus
d’un kilomètre du lieu de la vraie-fausse interpellation.
P
H
O
T
O
S
:
D
.
R
.
AMBASSADE D’ALGÉRIE AU DANEMARK
LE CITOYEN N’ARRIVE PLUS À JOINDRE LES DEUX BOUTS
Le casse-tête du S12
La pomme de terre à 100 DA
D
e nombreux compatriotes installés
au Danemark nous ont fait part des
difficultés qu’ils rencontrent pour se
fairedélivrer par l’ambassaded’Algérie
un passeport biométrique, en raison de
l’extrême lenteur à obtenir l’extrait de
naissanceS12 demandédans ledossier.
Ceux qui l’ont commandé par la voie
administrative hiérarchique (commune
denaissance, wilaya, ministèredel’Inté-
rieur, ministère des Affaires étrangères,
ambassade) attendent en vain ceprécieux
document, pour certains depuis plus
d’une année. Le cheminement de l’ex-
trait denaissancedemandépeut êtresuivi
sur lesiteinternet del’ambassade, mais
au grand étonnement de bon nombre
d’entre eux, le document censé être au
niveau decetteinstitution, nel’est pas en
réalité. Lorsque la question est posée à
l’administrateur concerné, cedernier ré-
pond invariablement que les documents
se trouvent dans la valise diplomatique
qu’il n’est pas habilitéàl’ouvrir. Labu-
reaucratie, qui règneen maîtreau niveau
denotrereprésentation diplomatiqueau
Danemark, pénalise nos ressortissants,
qui éprouvent de sérieuses difficultés à
régulariser leur situation vis-à-vis des
services danois del’immigration et àse
déplacer àl’étranger dans lecadredeleur
travail. Certains n’ont mêmepas pu venir
passer leurs vacances en Algérie, fautede
passeport. Nos compatriotes installés au
Danemark invitent le ministre algérien
des Affaires étrangères à régler au plus
tôt ceproblèmequi les affectegravement,
au point deconstituer unemenacesur la
régularitédeleur séjour au Danemark et
lapréservation deleur emploi qui en est
étroitement dépendant.
NordineGrim
C
’est lafolieaux marchés des fruits et
légumes. Lamercurialevalseau gré
des vendeurs ambulants et autres inter-
médiaires. Lapommedeterres’affiche
à 100DA dans plusieurs marchés, alors
quesur certains étals elleest cédéeà80
DA. Idempour les carottes et les tomates
qui sevendent respectivement à70
et 80 DA le kilo. L’oignon
s’affiche lui à 70 DA,
alors que, miracle, la
salade est vendue
entre100 et 120 DA
le kilogramme.
Pour l es
fruits, c’est
la flambée
des prix
d e p u i s
quel ques
semaines. Lekilo depommes sevend à
160 et 250 DA lekilogramme, alors que
les bananes sont cédées entre150 et 180
DA lekilo. Lekilogrammederaisin s’af-
ficheà300 DA. Cetteflambéeinexpli-
quéedes prix des fruits et légumes sonne
mal avec les assurances des pouvoirs
publics quant à la baisse des prix
des produits depremièrenéces-
sité et aux contrôles rigou-
reux. «En raison des prix
exorbitants affichés
des légumes et
autres produits
de première
nécessi té,
le père de
famille rentre
chez lui avec
un couffin presque
vide», dit ce retraité désespéré par la
chertédelavieet par samaigrepension
de retraite. Les familles à faible revenu
doivent donc s’armer de beaucoup de
patienceet espérer unechutedes prix des
fruits et légumes. Dans lecas contraire,
les semaines à venir seront «explo-
sives». «Nous nepouvons plus continuer
ainsi. Les gens continuent à s’enrichir
sur notre dos, les jeunes à investir les
espaces publics et les trottoirs et les
pouvoirs publics maintiennent un silence
radio des plus intrigants, commesi nous
vivions dans un pays qui n’a ni Président
ni gouvernement. C’est la maffia qui
dictesa loi. Ça nepeut plus durer ainsi.
Car on chercheà pousser les gens vers
la révolte, vers un avenir flou pour notre
nation. C’est inadmissible», sedésoleun
autreretraité. N. K.
S P O R T S
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 26
REAL-BARÇA
La leçon du maître
Ancelotti à Luis Enrique
I
l semblait y avoir une classe
d’écart samedi soir entre Carlo
Ancelotti et Luis Enrique: leReal
Madrid de l’expérimenté entraîneur
italien adonnéuneleçon (3-1) au FC
Barcelone du jeune technicien astu-
rien, ànouveau recaléàun examen de
passage.
LE REAL MAGISTRAL
«J e ne suis pas encore professeur»,
plaisantait vendredi Carlo Ancelotti
en conférencedepresse. Pour autant,
son Real Madrid aétémagistral same-
di soir faceàun Barçaqui était jusque-
làinvaincu en Ligaet n’avait pas en-
caissélemoindrebut. Les Madrilènes
ont suivi àlalettreleplan esquissépar
l’Italien : discipline défensive, maî-
trise en milieu de terrain, vitesse en
contreet lapatiencede«nepas perdre
la tête» après l’ouverture du score
précoce de Neymar. «Mes joueurs
travaillent avec un professionnalisme
et un sérieux uniques. Ils suivent les
instructions et l’idée de jeu», s’est
réjoui Ancelotti. Déjàtrois fois lauréat
delaLiguedes champions commeen-
traîneur, «Carletto» s’est notamment
fait une spécialité de reconvertir les
milieux créatifs en joueurs tout terrain
: samedi, face au trio emblématique
Xavi-Busquets-Iniesta, Ancelotti a
ainsi alignéensemblequatremilieux
offensifs reconvertis dans son 4-4-2.
Dans l’entrejeu, Isco, James Rodri-
guez, Toni Kroos et Luka Modric
ont fait la loi, défendant, volant des
ballons et contribuant offensivement
(passes décisives deKroos et James).
Résultat : même sans Gareth Bale,
blessé, le Real a enchaîné une neu-
vième victoire consécutive toutes
compétitions confondues (38 buts
inscrits, 6 encaissés), et est revenu à
un petit point du leader barcelonais
en Liga.
Benzema-Casillas, pupilles deCarlo
KarimBenzema et Iker Casillas ont
tous les deux été en proie aux sif-
flets en début de saison. Mais Carlo
Ancelotti les a toujours soutenus et
les deux élèves sesont appliqués àlui
donner raison samedi soir. L’attaquant
français, en particulier, a été étince-
lant. Brillant dans ses déplacements,
intelligent dans son jeu, Benzema a
étéovationnépar lestadeet désigné
homme du match par les quotidiens
sportifs madrilènes As et Marca. Le
Français a ponctué sa démonstration
d’un but magnifique en contre et il
restesur sept buts en sept matchs avec
leReal, signequ’à26 ans, il aatteint
peut-êtreenfin saplénitudeàMadrid
grâceà«Carletto». Quant àCasillas,
bouc-émissaire des défaites initiales
du Real en Liga (4-2 contre la Real
Sociedad, 2-1 contre l’Atletico), il a
eu droit samedi àdes «Iker! Iker!» de
lapart du Bernabeu : leportier asorti
deux parades décisives, devant Lionel
Messi puis Jérémy Mathieu, justifiant
laconfianced’Ancelotti.
LUIS ENRIQUE, ÉCHECS AUX
EXAMENS
Déjàbattu fin septembrelors deson
premier grand test face au Paris SG
en C1 (3-2), leBarçadeLuis Enrique
n’a pas fait mieux dans le clasico.
Et si l’optimismeallait crescendo au
Camp Nou après letrès bon début de
saison en Liga, la défaite de samedi
remet les Catalans àleur place: celle
d’uneéquipeen reconstruction, dont
beaucoup de cadres ont été changé.
«Cettedéfaitemontreclairement qu’il
y a des adversaires aussi bons que
nous, voire, commece(samedi) soir,
meilleurs que nous», a résumé Luis
Enrique. L’Asturien, 44 ans, aun bien
modesteCV d’entraîneur par rapport
àAncelotti et celasevoit : en seconde
période, letechnicien achoisi desortir
Xavi juste au moment où celui-ci
allait tirer un corner, pour lancer Ivan
Rakitic. LeCroate, àfroid, atrès mal
frappéledit corner, cequi aamenéune
contre-attaque madrilène synonyme
detroisièmebut. RestequeBarcelone
est toujours leader du classement,
cequi laisseun peu demargeàLuis
Enrique pour rebondir. En outre, le
trio «MSN» (Messi-Suarez-Neymar)
s’est montréprometteur : Luis Suarez,
deretour desuspension, anotamment
adresséunepassedécisiveàNeymar
et à plein régime, ces trois-là pour-
raient fairedes dégâts. AFP
RC RELIZANE
Benyellès revient
à de meilleurs
sentiments
L’entraîneur du RC Relizane, Abdelkrim
Benyellès, est revenu à de meilleurs
sentiments 24 heures seulement après
avoir présenté sa démission, en décidant
de reprendre du service dès dimanche,
a annoncé le concerné samedi soir. «Les
responsables du club ont été nombreux
à m’avoir appeler après avoir appris la
nouvelle. Certains joueurs s’étaient même
déplacés chez moi pour me dissuader de
partir et je n’ai pas pu rester insensible à
leur appel. Donc, j’ai décidé de revenir,
dès dimanche», a déclaré l’entraîneur
relizanais à la Radio nationale. Benyellès
avait annoncé sa démission vendredi soir,
juste après la victoire de son équipe (1-0)
face au DRB Tadjenanet pour le compte
de la 9
e
journée du Championnat national
de Ligue 2. Le but était signé Merzougui
(90’+6). L’entraîneur relizanais avait
expliqué sa démission par le manque de
moyens pédagogiques, et surtout «un
conflit avec une frange de supporters»
qui le décourageait à poursuivre sa
mission. La direction du club a cependant
trouvé les mots justes pour le ramener
à de meilleurs sentiments, et ce, dès le
lendemain de sa démission, notamment,
en lui expliquant que cette frange de
supporters ne représentait pas la totalité
des fans relizanais. Un discours qui a vite
porté ses fruits, puisque Benyellès a promis
de revenir à Relizane dès dimanche, où il
commencera par avoir une discussion plus
approfondie avec les dirigeants, avant de
reprendre ses fonctions. (APS)
WA TLEMCEN
La démission de
Beloumi refusée
Le président du WA Tlemcen, Ahmed Slimani,
a manifesté son attachement à l’entraîneur
Lakhdar Belloumi, qui a démissionné de
la barre technique du club de Ligue 2 jeudi
dernier, à la veille de la réception de l’USM
Blida (défaite 1-0), dans le cadre de la 9
e

journée du championnat. «Nous tenons
toujours à Belloumi qui a réalisé un bon
travail depuis son arrivée à Tlemcen. Je n’ai
pas l’intention d’engager un autre entraîneur
avant de lui parler et essayer de le convaincre
de revenir à de meilleurs sentiments», a
déclaré le patron des «Zianides» samedi
soir à la Télévision nationale. Belloumi avait
rendu le tablier en raison de la situation
confuse régnant au WAT causée notamment
par la grève observée par 18 joueurs avant le
déplacement à Bou Saâda, pour réclamer la
régularisation de leur situation financière.
Lors de ce déplacement comptant pour la 8
e

journée, Belloumi a été contraint de miser
sur un effectif composé de joueurs issus des
catégories espoir et junior. Il a renouvelé sa
confiance à ces mêmes joueurs en vue du
précédent match contre l’USM Blida, mais
il n’a pas apprécié que l’on n’accorde pas
d’intérêt à ces jeunes auteurs d’une belle
victoire (2-0), une semaine auparavant sur
le terrain de l’AB. «Personnellement, je
continuerai à faire confiance à ces jeunes.
Les joueurs grévistes ont porté préjudice
à l’image du WAT. Et puis, ils ont perçu
pratiquement tous leurs salaires. Je n’ai plus
besoin d’eux, et je suis persuadé que l’avenir
du WAT sera bâti par nos jeunes. C’est pour
cela que je souhaite vivement le retour de
Belloumi afin de poursuivre le travail qu’il a
entamé avec eux», a encore dit Slimani, qui
compte prendre attache avec l’ancienne star
du football algérien «dans les prochaines
heures». Après sa défaite à domicile contre
l’USMB, le WAT occupe actuellement la 8
e

place au classement du championnat de
Ligue 2 Mobilis avec 12 points.
Benzema, homme du match selon
As et Marca
L
e Français KarimBenzema,
buteur faceau FC Barcelone
(3-1), a été l’homme du match
lors delavictoiredu Real Madrid
dans leclasico delaLiga, ont es-
timésamedi les quotidiens spor-
tifs madrilènes As et Marca sur
leurs sites internet respectifs. As
lui aattribuétrois étoiles, comme
àJames Rodriguez, parlant néan-
moins du Français comme de l’
«hommedu match». Marca, deson côté, lui aassignéune
notede8,5 sur 10, lameilleureparmi les 22 joueurs titu-
laires sur lapelouse, signedelagrandeperformancede
l’attaquant de26 ans. Très actif, Benzemaanotamment
eu unedoubleoccasion très francheen début dematch,
justeaprès l’ouverturedu scoredeNeymar pour leBarça.
leFrançais aurait pu égaliser avec unetêteexpédiéesur la
barretransversalepuis un tir au-dessus (11’). Malgréce
manquederéussiteinitial, son influencedans lejeu aété
décisive, on l’avu décrocher, com-
biner, demander leballon, jusqu’à
la contre-attaque létale conduite
par Isco, Ronaldo et James et
conclue par le Français d’un tir
croiséavec l’aidedu poteau (61’),
soit son 7
e
but sur les sept der-
niers matchs toutes compétitions
confondues avec leReal ! «J edis
toujours la mêmechosesur Ben-
zema (...). Naturellement, Benzema
est en pleine forme, comme tous les autres», a résumé
l’entraîneur Carlo Ancelotti, apparemment en manque
de superlatifs à l’endroit du Français qu’il a toujours
défendu, mêmeen début desaison quand son manquede
réussitedevant lebut cristallisait les critiques decertains
supporters. Signe de sa réconciliation complète avec
le stade Bernabeu, le Français est d’ailleurs sorti sous
l’ovation du public merenguepeu avant lafin du temps
réglementaire. AFP
CABBA
Hadj
Mansour,
nouvel
entraîneur
L
’entraîneur palestinien
Hadj Mansour a été dési-
gné comme nouveau coach
du CA Bordj Bou Arrèridj,
en paraphant, hier un contrat
de 20 mois. «L’objectif est
derevenir en Ligue1 à la fin
dela saison», avait confiéle
président du club, Moussa
Merzougui juste après avoir
émargé le contrat du nouvel
entraîneur.
Pour le nouvel entraîneur,
la mission n’est pas simple
mais pas impossible«puisque
nous sommes au début sai-
son. Mais il faut que tout le
mondes’y mette», ajoute-t-il.
Cechangement vient après le
départ deMohamed Mihoubi
après un échec à la 7
e
jour-
née. Son remplaçant, l’entraî-
neur-adjoint, Hadj Slimani,
a été plébiscité par la suite,
mais n’adirigéquedeux ren-
contres. Y. B.
VOLLEY-
BALL
Les équipes
nationales
en stage
La préparation des diffé-
rentes sélections nationales
de volley-ball est lancée, et
ce, dans le cadre des pro-
chaines échéances conti-
nentales et arabes. A com-
mencer par l’équipe espoir
garçons qui, àlaveilledela
participation au Champion-
nat d’Afrique des nations
prévu au Caire du 4 au 14
novembre prochain, entame
depuis samedi un stage de
4 jours au niveau del’Ecole
nationaledevoile. Cecourt
regroupement sera ponctué
par des matchs amicaux face
au WO Rouiba et l’ASVB
qui aura lieu à Blida. L’EN
junior filles qui prépare le
Championnat arabe entrera
en regroupement àBéjaïadu
31 octobre au 5 novembre.
De son côté l’équipe natio-
nale senior messieurs qui
est engagéeau Championnat
arabedes nations au Koweït
(du 26 novembre au 10 dé-
cembre2014) aprogrammé
deux stages. Le premier à
Alger du 2 au 7 novembre
et le second en Pologne du
8 au 12 novembre. Durant
la mêmepériode, les senior
dames effectueront un stage
decinq jours àAlger. Enfin
les sélections cadettes et ju-
niors garçons sont attendues
dans la ville de Mascara
en vue de prendre part au
tournoi international du 1
er

Novembre qui aura lieu du
28 octobreau 2 novembre.
A. C.
Karim Benzema , attaquant du real
Le FC Barcelone méconnaissable face à un grand Real Madrid
P
H
O
T
O
S
:
D
R
El Wat an - Lundi 27 oct obre 2014 - 27
S P O R T S
◗FARID MELLOULI
«On a réalisé un bon match dans des
conditions très difficiles. Les joueurs
ont trouvé les ressources nécessaires
pour aller marquer deux buts qui
nous ont valus ce précieux nul avant
la joute retour. Désormais, il faudra
oublier ce match, qui fait partie du
passé, et ne penser qu’à cette finale
retour. On sait que le match sera très
difficile, mais on fera tout pour offrir à
l’Algérie son premier trophée de
Ligue des champions d’Afrique.»
K. B.
◗HACEN HAMAR
« Je dédie ce match nul de la finale
aller à tous les Algériens. Nous
devrons vite oublier vite cette
rencontre de Kinshasa et entrer dans
l’ambiance du match de Blida. C’est
une finale retour qui ne sera pas une
sinécure. Je lance un appel à tous les
Algériens de venir en masse pour
soutenir l’ES Sétif. On va défendre
les couleurs de tout un pays et pas
seulement celles de l’Entente. Et ce
sera un devoir pour nous d’offrir ce
trophée à l’Algérie et honorer la
mémoire de nos martyrs en cette
date symbolique et historique du 1
er

novembre.» K. B.
◗SOFIANE YOUNÈS
«C’est un résultat très positif, mais il
ne faut pas crier victoire avant
l’heure. Il reste encore une
deuxième manche dans une
semaine, qu’il faut bien négocier
pour que la fête soit totale. Nous
devons prendre très au sérieux cette
équipe du Vita Club qui a montré de
grandes qualités.»
KHEI REDDI NE M ADOUI . Entraîneur de l’ESS
«Tout un peuple nous attend»
«Les joueurs sont àféliciter car ils ont fourmi unegrandeprestation. Ils ont fait un match d’hommes. C’est un bon
résultat, mêmesi jepensequ’il y avait delaplacepour un troisièmebut synonymedevictoire. Malheureusement,
on n’apas su concrétiser les nombreuses occasions qu’on s’est créé. On ajouécontreunegrandeéquipedu Vita-
Club. Désormais, il faut oublier cematch et seconcentrer sur lafinaleretour qu’on n’apas ledroit derater, car c’est
tout un peuplequi nous attend et on doit fairehonneur au pays.» K. B.
JEAN-FLORENT I BENG. Entraîneur du Vita Club
«On ira à Alger pour remporter la coupe»
«Mes joueurs étaient sous unefortepression àlaveilledecettefinaleen raison del’enjeu, c’est cequi expliqueque
l’équipeaquelquepeu ratécematch. C’est un mauvais résultat pour nous avant lajouteretour, mais leVitaClub
n’est pas mort pour autant. Il resteun deuxièmematch. On varecharger nos batteries et bien préparer cettejoute
retour avant notredéplacement en Algérie. On feratout pour honorer notrepays et remporter lacoupe.» K. B.
CHAMPIONS LEAGUE AFRICAINE
VITA CLUB 2 – ESS 2
L’Entente dans la peau d’un champion
Stade Père Raphaël de Kin-
shasa
Arbitres: Janny Sikazwe, Jer-
son Emiliano Dos Santos et
Bruno Tembo (Zambie)
Buts: Mabidi (45’ +2 sp, 76’)
VitaClub - Mubele(17’ csc),
Djahnit (56’) ESS
Avert. : Lamri (ESS)
AS Vita Club : Lukong, Ma-
bele, Ebunga, Yunus, Mabidi,
Munganga, Issoufou, Lusadisu
(Maghola67’), Luvumbu, Mu-
bele(Kudinkama65’), Mondo
Entr. : Jean-Florent Ibeng
ESS : Khedaïria, Megatli,
Mellouli, Damou, Ze-ondo,
Legraa, Zerara, Lamri, Djahnit
(Raït 87’), Younès (Belamairi
90 +2’), Ziaya(Benyettou 77

)
Entr. : Madoui
L
’Entente de Sétif a bien
négocié le match aller
de la finale de la Ligue
des champions africaine en
allant imposer le nul (2-2) au
VitaClub (RD Congo) sur son
terrain, àKinshasa. Un nul flat-
teur qui ouvregrand les portes
delaconsécration àl’ES Sétif,
lors du match retour prévu le
1
er
novembreprochain au stade
MustaphaTchaker deBlida. La
formation sétifienne, qui s’est
toujours illustrée à l’extérieur
dans cette édition, a entamé
larencontredans lapeau d’un
sérieux prétendant au sacre.
Nullement impressionnés par
lafortepression du stadePère
Raphaël, plein commeun œuf,
les hommes de Madoui sont
entrés dans levif du sujet dès
lecoup d’envoi. Ils étaient les
premiers en attaquepar l’inter-
médiaire de Ziaya, qui a raté
de peu l’ouverture du score
d’une talonnade consécutive
àun joli travail collectif (10’).
Sept minutes plus tard, sur un
corner bien travaillépar Lamri,
Megatli, d’unetalonnade, pro-
longe le cuir qui sera dévié
par un défenseur adversedans
les filets de sa propre cage.
Il a fallu attendre la 21’ pour
assister àlapremièreréaction
des locaux par l’intermédiaire
deLusadisu, d’un tir puissant
à l’intérieur de la surface de
réparation, mais leportier Khe-
daïria était sur la trajectoire.
Et dans le temps addition-
nel de la première mi-temps,
Vita Club bénéficie d’un
penalty qui sera transformé
magistralement par Mabidi.
Après la pause citron, les
Sétifiens continuent sur le
mêmerythmeet lamêmestra-
tégie avec un bloc défensif
très compact et procédant par
des contres. A la 56’, ils par-
viennent àdoubler lamisepar
Djahnit, suiteàunebellecom-
binaison avec Ziaya. Djahnit
s’engouffredans lasurfacede
réparation, élimine le portier
Lukong et redonne l’avantage
à son équipe. Par la suite,
les camarades deMellouli ré-
sistent au retour deVitaClub.
Mais l’ESS finit, dans leder-
nier quart d’heure, par encais-
ser un deuxièmebut, splendide
celui-là, signé Mabidi d’un
tir canon des 25 mètres ne
laissant aucunechanceàKhe-
daïraia. Loin de se contenter
decerésultat positif, lecoach
Madoui incorporeBenyettou à
laplacedeZiayaàlarecherche
du KO, mais lerésultat restera
inchangéjusqu’au coup desif-
flet final.
Kamel Beniaïche
L’ES Sétif voyage bien : le match retour
s’annonce plus difficile
Par Yazid Ouahib
S
étif abien négociélapremièremanche
(aller) delafinaledelaLiguedes
champions en obligeant leVitaClub au
partagedes points (2-2) et préserveainsi
toutes ses chances deremporter letrophée
samedi prochain àBlida. Laprestation des
joueurs sétifiens inspireles observations
suivantes. D’abord, l’équipeaconfirmé
qu’ellevoyagebien. Revenir deKinshasa
avec un match nul, qui plus est agrémenté
dedeux buts dans lacageadverse, n’est
pas àlaportéedu premier venu. Ensuite,
cerésultat positif est lefruit d’uneoption
tactiquedont lecoach KheiredineMadoui
nes’est jamais départi dans leparcours
africain deSétif, cetteannée. Elleest basée
(l’option tactique) sur unedonnéeprônée
par les plus grands techniciens du monde,
àsavoir «défendreen avançant». C’est sans
contestel’un des plus grands mérites du
coach et deses joueurs. Celui derepous-
ser l’adversaireen allant lechercher très
haut sans l’attendreet levoir venir. Cette
façon dejouer àl’extérieur est àlabasede
l’excellent parcours del’Ententeen Ligue
des champions. Enfin, et c’est laseule
ombreau tableau, Sétif n’apas totalement
fructifiécetteoption en laissant échapper
unevictoireàl’extérieur qui lui tendait
les bras. A présent, en prévision du match
retour, le1
er
novembreàBlida, tout resteà
fairepour les Noir et Blanc. Espérons que
les Sétifiens n’auront pas deregrets samedi
prochain, par rapport àlarencontred’hier
qu’ils avaient largement les moyens de
remporter et fairepar lamêmeun grand pas
vers lesacrefinal. Leretour seraun autre
match. Plus difficile, peut-être, quecelui
d’hier àKinshasa. Lescore(2-2) est un
piège. Sétif joueralamontreou attaquera
pour semettreàl’abri ? Dans les deux cas,
latâcheneserapas facile. Ellel’aurait
étési les camarades du capitaineMellouli
étaient revenus avec lavictoire. Cequi était
àleur portéehier. Doit-on cependant faire
lafinebouchesur laperformancefaceau
VitaClub ? Pas du tout, parcequenotre
représentant ales moyens deson ambition.
Gagner laLiguedes champions.
DÉCLARATIONS
■VESTIAIRES
Grosse surprise pour la délégation sétifienne. Alors que la
rencontre se jouait, des inconnus se sont introduits dans
les vestiaires du représentant algérien et ont tenté de tout
saccager. Heureusement que des dirigeants sétifiens se
sont rendu compte des faits et se sont précipités à
l’intérieur. Après vérification, rien n’a été volé.
■ACCÈS DIFFICILE AU STADE
L’équipe sétifienne et les représentants des médias qui
l’accompagnaient ont éprouvé beaucoup de difficultés pour
accéder au stade Père Raphaël de Kinshasa. Les gradins se
sont avérés trop exigus pour contenir la foule qui s’est
déplacée pour suivre la rencontre. Environ 4000 supporters
du Vita Club étaient à l’extérieur. Les membres de la
délégations sétifienne et les journalistes ne sont parvenus
à accéder au stade qu’après une heure d’attente.
■LE CONTRAT AVEC SONATRACH PARAPHÉ CETTE
SEMAINE ?
Selon des informations, la convention de sponsoring entre
l’ES Sétif et la compagnie pétrolière Sonatrach va
finalement être paraphé durant la semaine en cours. C’est
le président du Comité olympique algérien (COA), Mustapha
Berraf, qui aurait été l’intermédiaire entre les deux parties
pour que le problème soit réglé. Il faut rappeler que le club
porte sur son maillot le sigle de Sonatrach depuis quelques
mois alors que la compagnie tarde à signer la convention.
L’ESS était face à un besoin urgent en capitaux, d’autant
plus que l’expédition africaine lui a coûté cher.
■L’AVION TRANSPORTANT L’ESS A DÉCOLLÉ À 21H
L’avion transportant la délégation sétifienne a décollé, hier
soir, de Kinshasa, la capitale du RD Congo, à 21h. L’équipe
atterrira à Alger très tôt ce matin. L’ESS ne rentrera pas à
Sétif puisque elle entamera un stage bloqué à Alger, au
niveau du Centre technique national de Sidi Moussa. En
effet, pour bien préparer cette rencontre, la FAF a décidé de
mettre ses installations à la disposition du club sétifien. A
noter, en dernier lieu, que l’ESS s’est déplacée au Congo via
un vol spécial.
Autour du match
PAROLES DE COACHS
COMMENTAIRE
Abdelmalek Ziaya était derrière le deuxième but inscrit par Djahnit
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LE QUOTI DI EN I NDÉPENDANT - Lundi 27 oct obre 2014
Kamel Daoud
et Lina Attallah primés
L
eprix Omar Ourtilanede
lalibertédelapresse(15
e

édition) aétédécernéau
chroni queur al géri en du
Quotidien d’Oran, Kamel
Daoud, et à la journaliste
égyptiennedu siteMadaMisr,
Li na Attal l ah, l ors de l a
cérémonie organisée samedi
soir à l’hôtel El Aurassi. Un
pri x honori f i que a été
égal ement attri bué au
journaliste et cofondateur du
Soir d’Algérie, Zoubir Souissi.
«C’ est un hommage aux
journalistes assassinés pour
quevivela libertédela presse»,
l ance d’ embl ée Zaki a
Ourtilane, veuve du confrère
assassiné et maîtresse de
cérémonie, chaleureusement
applaudiepar les invités dela
soiréerehausséepar laprésence
de f igures politiques. Ali
Benf l i s, Ahmed Attaf ,
MustaphaBouchachi, Louisette
Ighil-Ahriz, Giuliana Sgrena
ont tenu à partager cet
hommagedédiéàlalibertéde
la presse avec l’équipe du
journal El Khabar.
Lechroniqueur corrosif, Kamel
Daoud, s’est dit «très touché
par cettereconnaissance, parce
que c’est un prix algérien
décernépar des Algériens». Le
chroniqueur, qui s’est imposé
également en littérature, dont le
dernier roman, Meursault,
contre-enquête, salué par la
critique et nominé pour de
prestigieux prix littéraires, ne
boudepas son plaisir. 2014 est
visiblement l’annéedeKamel
Daoud. L’autre lauréat de la
soirée, lajournalisteégyptienne
Lina Attallah est toute aussi
heureuse d’être primée en
Algérie. «J esuis très heureuse
d’êtrela premièreEgyptienneà
êtreprimée. C’est un signede
fraternitéqui doit sedévelopper
sur les bases dela libertédela
pr esse et l a pensée
progressi ste», l ance l a
journalisteàpartir delatribune.
«J e suis fière de recevoir un
prix qui portelenomdeOmar
Ourtilane, un journalistequi a
payé de sa vie le droit à la
libertéd’expression.»
Cofondateur et rédacteur en
chef du quotidien arabophone
El Khabar, Omar Ourtilane a
été tué le 3 novembre 1995,
allongeant ainsi lalongueliste
des journalistes assassinés.
Entre le 26 mai 1993, jour de
l’assassinat deTahar Djaout et
septembre 1997, 110
journalistes et assimilés ont été
lâchement exécutés. Un lourd
tribut payépar les journalistes
dans lecombat pour ladéfense
delalibertéd’expression faceà
la barbarie intégriste et au
despotismedu pouvoir.
Vingt ans après l’assassinat du
premier journaliste, la presse
libresubit encoreles coups de
boutoir d’un régime dont
l’aversion àlaparolelibreest
constitutive de son ADN.
«Nous observons que depuis
cinq ans, lechamp médiatique
serétrécit et ça va crescendo.
Nous sommes arrivés à une
situation où l’on constateque
des pressions sont exercées sur
des patrons privés pour les
di ssuader de pl acer l eur
publicitédans des journauxaux
l i gnes édi t or i al es
indépendantes. La sociétédoit
être consciente de ce danger
qui menace la presse libre.
Nous avons trois ou quatre
journaux qui restent le seul
espace ouvert à toutes les
sensi bi l i tés pol i ti ques et
sociales», résume Cheri f
Rezki, directeur depublication
d’El Khabar. Il sedit déterminé
àlutter contreces attaques et à
«dénoncer toutes les dérives.
Ils sont nombreuxles Algériens
épris de liberté chèrement
acqui se, cette l i ber té
aujourd’ hui menacée par
certains dirigeants qui étaient
loin du pays quand nous, nous
faisions faceau terrorisme».
Hacen Ouali
PRIX OMAR OURTILANE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE
Par Chawki Amari Gourdi et Gourdel
C
'est une histoire qui se passe dans la montagne,
au milieu des chacals nocturnes. L'un d'eux,
Abdelmalek Gourdi, chef local de la filiale EI et
Daech plus ou moins validé par les multinationales du
terrorisme, enlève Hervé Gourdel, un alpiniste français.
Gourdel disparaît avec Gourdi dans l'obscurité d'une
forêt de cèdres du Djurdjura. Il n'y a pas de rapport mais,
quelque temps plus tard, sept têtes de moines trappistes
étaient exhumées à Tibhirine pour les besoins d'une
enquête française, ils avaient été assassinés il y a 18 ans
dans une autre montagne, près de Médéa. Depuis, les
parties algérienne et française se disputent les cadavres,
les assassins et les prérogatives d'enquête. Finalement,
des juges français sont venus. On a les têtes des moines
mais pas les corps, jamais retrouvés. Pour Gourdel, on a la
vidéo mais pas le corps ni la tête, et pour Gourdel, on n'a
ni la tête ni le corps, tout juste un nom. Là n'est pourtant
pas la question. Si un Algérien est assassiné en France, la
justice algérienne ira-t-elle enquêter là-bas ? Peu probable
et d'ailleurs nous sommes en octobre et en 1961, des
centaines d'Algériens soutenant l'indépendance de leur
pays étaient jetés dans la Seine par la police française et il
n'y a pas eu d'enquête de la partie française ou algérienne,
pas même un billet d'excuse publié dans la presse.
La justice française pense à enquêter maintenant en
Algérie sur la disparition de Gourdel pendant que l'armée
française annonce avoir tué les auteurs de l'attaque
contre Tiguentourine en Algérie. On ne comprend plus très
bien, quel genre d'accords ont été conclus entre les deux
pays ? Heureusement, reste la mémoire. L'Amazigh nous
a inventé, le Romain nous a latinisé, le Vandale nous a
vandalisé, l'Arabe nous a islamisé, le Turc nous a régenté,
le Français nous a spolié. L'actuel régime algérien semble
vouloir nous vendre à tous les occupants cités.
POINT ZÉRO
Par Tayeb Belghiche
COMMENTAIRE
I
sraël et l’Egypte ont un ennemi commun : le
peuplepalestinien. Lepremier vient deremettre
au goût du jour lesystèmed’apartheid créépar
les racistes blancs d’Afriquedu Sud et abandonné
en 1990, à la veille de la libération de Nelson
Mandela. Selon le journal Haaretz, les autorités
israéliennes ont décidé de créer, inventant des
prétextes fallacieux, des bus séparés pour les colons et
pour les Palestiniens serendant d’Israël en Cisjordanie.
Quant au pouvoir égyptien, il se défoule sur les
malheureux Palestiniens dès qu’il a un problème
interneàaffronter. Depuis les accords deCamp David
en 1977, il en afait ses souffre-douleur. Quecesoient
Hosni Moubarak, Mohamed Morsi ou Abelfattah
Al Sissi, aucun n’aépargnéles Palestiniens alors que
ces derniers n’ont ni les moyens ni l’enviedeporter
préjudiceàl’Egypteen quoi quesesoit. Lepremier
cité s’est même permis de créer une barrière
souterraine à la frontière égypto-ghazaouie afin
d’empêcher les Palestiniens de creuser des tunnels,
seul moyen pour eux de rester en contact avec le
mondeet derécupérer, entreautres, médicaments et
produits alimentaires pour survivre. Mohamed Morsi,
de son côté, malgré le discours antisémite cher aux
islamistes, s’est empressé de donner des gages à
Tel-Aviv, dès son accession au pouvoir, en annonçant
son total respect pour les accords internationaux
conclus par son pays. Lui aussi afait vivrel’enfer aux
Ghazaouis, en appliquant sournoisement lapolitique
d’isolement décidéeàleur égard par Israël.
Enfin, Al Sissi n’apas dérogéàlarègle. Parceque
30 soldats égyptiens ont été tués vendredi par une
voiture kamikaze dans le Sinaï, il n’a pas trouvé
mieux que de s’attaquer aux populations civiles
palestiniennes en décidant lafermeturedu terminal de
Rafah qui relie Ghaza à L’Egypte. C’est un moyen
commeun autrederemercier Israël pour avoir fait du
lobbying en sa faveur après le coup d’Etat qui a
renversé Morsi. Les Israéliens avaient demandé et
obtenu des autorités américaines denepas suspendre
l’aidefinancièreàl’Egypte.
Fallait-il s’attendreàuneréaction autreàl’égard des
Palestiniens ? Lemaréchal Al Sissi n’amêmepas la
reconnaissance du ventre. Hier, 23 militants pro-
démocratie, c’est-à-dire ceux-là même qui ont
contribué à la chute de Morsi et à l’accession à la
magistraturesuprêmedu maréchal, ont étécondamné
àtrois ans deprison fermepour avoir manifestésans
autorisation.
Le souffre-douleur
des Egyptiens
ALGER
ORAN
CONSTANTINE
OUARGLA
13°
27°
15°
27°

23°
14°
29°
12°
26°
15°
27°

22°
14°
29°
Aujourd’hui Demain
météo
UN ACCIDENT D’AUTORAIL FAIT
13 BLESSÉS LÉGERS À EL ADJIBA
■ Un autorail assurant la
desserte Alger-Batna a percuté,
avant-hier en fin d’après-midi,
un porte-char qui transportait
une pelleteuse au passage
à niveau non gardé situé
au lieudit Bouakache, dans
la commune d’El Adjiba, à
l’est de Bouira. Pas moins
de 13 personnes, qui étaient
à bord de l’autorail, ont été
évacuées vers la polyclinique
de Bechloul et l’EPH de Bouira.
Fort heureusement, elles n’ont
que des blessures légères,
selon les services de santé.
Certains passagers ont aussitôt
quitté l’hôpital et d’autres sont
restés en observation pendant
quelques heures. Il y a lieu de
souligner que l’autorail a subi
des dégâts considérables.
Hier, les habitants de la
localité où a eu lieu l’accident
ont protesté pour exiger des
autorités l’installation d’un
passage à niveau gardé. Une
revendication qui date de
plusieurs années, d’autant plus
que ce passage a enregistré
plusieurs accidents mortels.
Ali Cherarak
BOUIRA
P
H
O
T
O
:
E
L
K
H
A
B
A
R
Remise du prix
lors la cérémonie
organisée
avant-hier en
soirée à l'hôtel
El Aurassi