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31/10/2017 ADN-2

Les protéines
2. Sur la piste de l'ADN
Sur la piste de l'ADN
Au début du XXe siècle, on savait déjà que les caractéristiques physiques des Les nucléotides
êtres vivants étaient déterminées par des facteurs héréditaires transmis de
génération en génération par les parents. Restait à savoir quels étaient ces La double hélice
mystérieux facteurs. Quelle substance, contenue dans les spermatozoïdes et
les ovules, peut bien déterminer la couleur de la peau ou des yeux, la taille du L'ADN dans la cellule
nez ou la forme des oreilles de l’enfant à naître ? La réplication

En 1909, le médecin anglais Archibald Garrod fut le premier à faire le lien Le code génétique
entre les maladies héréditaires et les protéines. Il démontra que certaines
maladies héréditaires (donc transmises par les parents) étaient dues à
l’absence de certaines enzymes chez la personne atteinte. On démontra
également, à la même époque, que certaines anomalies dans la couleur des
yeux des mouches à fruit (une espèce beaucoup étudiée en génétique) étaient
dues à des anomalies héréditaires dans la structure d’une enzyme. Mais
pourquoi un individu pouvait-il fabriquer une enzyme différente et comment
transmettait-il cette différence à ses descendants? Nul ne pouvait répondre à
cette question au début du siècle.
Archibald E. Garrod (1857-1936)

L'expérience de Griffith
C’est une expérience qui n’avait, au départ, rien à voir avec la recherche des
facteurs héréditaires qui mettra les biologistes sur la piste de l’ADN.

En 1928, le microbiologiste anglais Frederick Griffith travaillait sur Streptococcus


pneumoniae, une bactérie pouvant causer une grave méningite et ou une
pneumonie mortelle chez l'humain.
La souche S possède une
capsule que n'a pas la
souche R

Les bactéries de la variété R


sont dépourvues d'une
enveloppe de
polysaccharides qui
recouvre les bactéries
normales de la variété S.
Cette enveloppe, appelée
capsule, protège la
bactéries contre les attaques
du système immunitaire. On
sait, aujourd'hui, que
Griffith observa que dans ses cultures, il se formait parfois une variété de bactéries
l'absence de la capsule est
différente de la variété courante. Cette nouvelle variété formait sur les milieux de
due à une mutation causant
culture des colonies à l’aspect rugueux (alors que la variété normale forme des
une anomalie dans une des
colonies lisses et brillantes). Il baptisa R (pour rought) la variété aux colonies
enzymes nécessaires à la
rugueuses et S (pour smooth) la variété normale.
synthèse de cette capsule.

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On cultive couramment les bactéries sur des
milieux nutritifs solides. Il s'agit généralement
d'une gelée aditionnée d'éléments nutritifs
qu'on dépose au fond d'un contenant plat. Sur
ces milieux, chaque bactérie déposée se
multiplie rapidement et forme un amas dense
de bactéries identiques. Ce sont ces amas de Colonies de bactéries sur un
bactéries que l'on appelle des colonies. milieu solide. Chaque petit point
est une colonie résultant de la
multiplication d'une bactérie
ensemencée à cet endroit.

La variété S était mortelle si on l’injectait à des souris alors que la variété R ne


l’était pas.

L'injection de seulement
quelques bactéries de type S
peut provoquer une
septicémie mortelle chez la
souris. Par contre, la souris
peut résister à l'injection de
millions de bactéries de type
R.

On ne sait pas trop pourquoi, mais Griffith eut l’idée d’injecter à des souris un mélange
de bactéries S tuées par la chaleur et de bactéries R bien vivantes. À sa grande
surprise, le mélange provoqua une septicémie mortelle aux souris inoculées. Pourtant,
comme il fallait s’y attendre, l’injection des seules bactéries S tuées à la chaleur ne
provoquait rien chez les souris. Le plus étonnant, c’était que les souris tuées par le
mélange R vivantes et S mortes contenaient des bactéries S bien vivantes!!! Certains ont pensé que
c'était peut-être les souris
qui avaient transformé les
R en S. On démontra
rapidement que le
mélange en éprouvette
de S tuées à la chaleur et
de R vivantes produisait
des S vivantes.

Même des bactéries S


tuées et broyées (on les
passe au blender pour en
Il fallait donc conclure qu'au contact des bactéries S mortes, briser les constituants
des bactéries R s'étaient transformées en bactéries S cellulaires) pouvaient
mortelles bien vivantes. Quelque chose, une information de également transformer en
S, est passée dans les R et les a transformées en bactéries éprouvette des R en S.
S. Ce quelque chose se transmet de façon héréditaire
puisque les S ainsi formées se reproduisent en donnant
d'autres bactéries S.

Voir cette animation Flash (tiré du site Bioanim)

Interprétation moderne de l'expérience de Griffith


Certaines bactéries
peuvent absorber de
Les bactéries S synthétisent une capsule leur permettant de résister au système
l'ADN provenant
immunitaire. La capsule est une épaisse enveloppe de polysaccharides qui d'autres bactéries de
entoure certaines espèces de bactéries. Cette capsule peut protéger la bactérie leur espèce. Une
contre le système immunitaire de l'organisme qu'elle envahit. bactérie résistante à un
Les R sont dépourvues d'une enzyme essentielle à la synthèse de cette antibiotique peut, par
exemple, transmettre
capsule car elles n'ont pas la recette de cette enzyme (en fait elles en ont une,
cette résistance à une
mais une mutation l'a rendue défectueuse). autre qui ne l'était pas.
Les bactéries S ont donné aux R la recette de l'enzyme qui leur manquait.
Ainsi, les R pouvant maintenant fabriquer l'enzyme ont pu synthétiser la capsule.
Elles sont devenues des bactéries S.

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La grande question maintenant était de savoir ce qu'était ce quelque chose pouvant
passer d'une bactérie à l'autre. Deux hypothèses s'affrontaient. La première, qui faisait
presque consensus chez les biologistes, soutenait qu'il devait s'agir de protéines. La
seconde, soutenue par une minorité, penchait plutôt pour l'acide désoxyribonucléique
ou ADN.

Expérience de Oswald Avery, Colin MacLeod et Maclyn McCarty

C'est dans les années 40 que ces trois chercheurs (Avery et MacLeod étaient
canadiens et McCarty américain) vont démontrer que la substance transformante qui
passe des bactéries S mortes aux R vivantes est bel et bien de l'ADN.

Ils ont repris l'expérience de Griffith avec une légère variante. Les bactéries S mortes
étaient broyées (on les brise en morceaux en les passant au blender) et traitées avec
une enzyme digestive avant de les mélanger aux R vivantes.

Si l'enzyme utilisée était une protéase (enzyme qui digère les protéines), les
bactéries R se transformaient quand même en bactéries S virulentes.
Si l'enzyme utilisée était une DNase (enzyme qui détruit l'ADN), alors la
transformation des R en S ne se faisait pas. La souris survivait. Les résultats de Avery et
de son équipe furent
accueillis avec
scepticisme. À cette
époque, on croyait que
l'ADN était une molécule
relativement simple.
Comme nous le verrons
plus loin, l'ADN est un
polymère formé de
seulement quatre
monomères différents
(contre 20 pour les
protéines). La plupart des
biologistes croyaient cette
molécule trop simple pour
servir de support à
quelque chose d'aussi
Avery démontra également que l'ADN purifié extrait des bactéries de type S était complexe que l'hérédité.
suffisant pour induire la transformation des R en S. En fait, on ne savait rien
de la fonction de l'ADN
La conclusion s'imposait, c'est bien l'ADN, et non les protéines, dans la cellule. Plusieurs
qui provoque la transformation. croyaient qu'il s'agissait
d'une substance sans
Leurs travaux furent publiés en janvier 1944 dans le Journal of Experimental Medicine. grande importance pour la
cellule.
Studies on the chemical nature of the substance inducing transformation of
Pneumococcal types
Avery, O.T., MacLeod, C.M. & McCarty, M.
J. Exp. Med. 79, 137-159 (1944)

"Both Francis (Crick) and I had no doubts that DNA was the gene. But most
people did. And again, you might say, "Why didn't Avery get the Nobel Prize?"
Because most people didn't take him seriously. Because you could always argue
that his observations were limited to bacteria, or that [the transformation of
Pneumococcus that he described was caused by] a protein resistant to
proteases and that the DNA was just scaffolding".
James Watson, in Nature, 302, 21 (April 1983): 654

Les protéines Les nucléotides

© Gilles Bourbonnais / Cégep de Sainte Foy

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