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La Romanisation

C'est le processus d'assimilation, voire d'acculturation, rencontré dans les


diverses régions conquises par Rome. Pour faire plus simple, il s'agit de
l'adoption par les vaincus du système politique et social, des coutumes et des
différentes formes de culture émanant de Rome.

1. La conquête romaine

Au IIIe siècle av. J.-C. la Péninsule Ibérique entre dans le champ de la


compétition entre Rome et Carthage pour contrôler la Méditerranée de l’Ouest.
Après la défaite de Carthage lors de la Première Guerre Punique, les Carthaginois
arrivent en Ibérie, qui devient leur base d’opérations et la principale source de
minerais. Cependant, en 218 av. J.-C. les Romains débarquent à Ampurias et
commencent la conquête d’Hispanie lors de la Seconde Guerre Punique. Après
la prise de Sagunto, Cartago Nova et Cadix, ils maîtrisent le Sud et le Levant.

Néanmoins, les peuplades indigènes se rebellent contre l’occupation


romaine, en opposant une farouche résistance en Lusitanie, où Viriathe
commande la révolte contre Rome, caractérisée par les embuscades et les assauts
répétés, entre 154 et 137 av. J.-C., lorsqu’il est, finalement, assassiné.

À l’intérieur de la péninsule, dans l’aire celtibère, les Romains se livrent à


une guerre contre les indigènes. L’épisode le plus remarquable est le siège de
Numance pendant dix ans, mené par Publius Cornelius Scipion Émilien.
Finalement, la cité est détruite, les chefs celtibères se suicident avec leurs familles
tandis que le reste de la population est vendue comme esclave.

Grâce aux alliances signées entre Romains et indigènes en guerre les uns
des autres, la conquête continue jusqu’au Ier siècle. La péninsule est un théâtre
des guerres civiles entre Sertorius et Pompée, et puis, entre ce dernier et Jules
César. Finalement, c’est Auguste qui finit la conquête d’Hispanie lors des
Guerres Cantabres (29-19 av.J.-C).

2. Le processus de romanisation

L’intégration de la Péninsule Ibérique dans la civilisation romaine est


connue sous le nom de romanisation. C’est le produit de l’assimilation
progressive de la part des habitants d’Hispanie des mœurs et des modes de vie
sous l’influence d’une culture hégémonique : Rome.

Cependant, il s’agit d’un processus caractérisé par un rythme discontinu


et par des différents degrés d’intensité au niveau régional.

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 Dans l’aire ibérique (Sud et Levant), l’intégration est plus facile
grâce au degré d’urbanisation et au développement des formes
d’organisation politiques et sociales plus complexes.
 Au centre et à l’ouest, dû au bas degré d’urbanisation, la
romanisation est plus faible que dans l’aire ibérique.

 Au nord, la région la moins développé et la dernière conquise, le


processus d’assimilation de la culture romaine est très faible.

De cette manière, les différentes voies ou les instruments qui permettent


le développement de la romanisation en Hispanie sont :

2.1. L’organisation politique et administrative : les provinces.

Dans le but d’organiser le territoire, L’Hispanie est divisée, d’abord, dans


deux provinces : Hispanie Citérieure (autour de la Vallée de l’Èbre et le littoral
méditerranéen) et Hispanie Ultérieure (le reste de la péninsule).

L’empereur Auguste réorganise l’administration en 27 av. J.-C. en créant


trois provinces en Hispanie : la Bétique, la Lusitanie et la Tarraconaise. Au IIIe
siècle, les provinces sont réorganisées en Tarraconaise, Carthaginoise, Bétique et
Galice. En plus, de la fin du IVe au Ve siècle, on peut trouver la province de
Baléares, détachée de la Carthaginoise.

Les provinces sont considérées des territoires soumis et exploités au profit


de Rome. Le préteur est le gouverneur de la province et il est conseillé par le
Conseil (Consilium). En ce qui concerne à l’administration de Justice, l’institution
des conventus iuridici, des districts judiciaires, est créé dans les provinces afin
d’imposer la juridiction romaine sur un territoire donné. Les questeurs sont
chargés des finances et des impôts dans les provinces.

2.2. Les voies de communication

Afin de maîtriser le territoire, les Romains améliorent et créent de


nouvelles voies de communication, en formant un réseau de voies couvrant
presque toute la péninsule. De plus, ces voies constituent des axes commerciaux
entre les cités de l’intérieur et les ports. Parmi ces voies, les plus importantes
sont :

La Via Augusta relie toutes les cités du littoral méditerranéen, de Cadix


aux Pyrénées, jusqu’à Rome.

La Via Lata (Voie de l’Argent) relie les cités de la Bétique à la Meseta et le


littoral Cantabre, de Cadix à Finisterre.

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Il y a aussi des voies secondaires reliant Mérida (Emerita Augusta) à
Saragosse (Caesaraugusta).

2.3. Les cités hispano-romaines

Parmi les conséquences de la romanisation on peut constater l’importance


de la vie urbaine en Hispanie. Les cités dans la Péninsule Ibérique sont dotées
d’institutions propres, sont autonomes et doivent gérer les affaires locales. Les
Romaines profitent de l’existence des communautés indigènes et transforment
beaucoup de villages en cités romaines. De la même manière, ils fondent aussi de
nouvelles cités.

De plusieurs statuts juridiques peuvent être constatés. Il y a des municipes, des


colonies, des cités stipendiaires, fédérées ou immunes ; selon elles sont prises par
la force ou collaborent avec les Romains. Les pouvoirs municipaux sont aux
mains des élites locales les plus riches. Les vétérans des légions, mais également
des colons italiques en quête de nouvelles terres et de meilleures conditions de
vie influent alors sur le processus de romanisation.

2.4. L’organisation de l’économie

Grâce à la conquête romaine, l’Hispanie s’intègre dans le système


économique romain. Sous la mainmise de Rome, la production agricole et le
commerce augmente, de la même manière que la population hispano-romaine (7
millions d’habitants environ). Les terrains les plus productifs sont aux mains de
l’aristocratie sénatoriale, détentrice des latifundia, des immenses exploitations
agricoles appartenant aux grandes familles. Les unités d’exploitation agricole à
la campagne sont les villas.

La production agricole traditionnelle en Hispanie est la trilogie


méditerranéenne : du blé, de l’olivier et de la vigne. La péninsule devient une
colonie commerciale exportatrice de vins, de l’huile, de céréales, ainsi que
d’esclaves et de minerais, grâce à la richesse de ses mines, surtout de l’argent, le
plomb et le cuivre. En plus, les produits de l’industrie de la pêche (garum) sont
aussi très célèbres.

2.5. L’organisation sociale

La société hispano-romaine est formée de population libre et esclave, elle


est très hiérarchisée et on peut trouver plusieurs statuts juridiques. De cette
manière, on distingue entre l’ordre sénatorial (aristocratie foncière), l’ordre
équestre (les chevaliers) et le peuple (plebs). Les différents groupes sociaux n’ont
pas le droit de citoyenneté romaine reconnu. Néanmoins, au IIIe siècle,
l’empereur Caracalla accorde le droit de citoyenneté romaine à tous les habitants
libres de l’Empire qui ne l’avaient pas encore. C’est la Constitution

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Antoninienne ou Édit de Caracalla (212), grâce auquel, toute la population
obtient la citoyenneté romaine, permettant ainsi le ralliement des élites urbaines
hispanes.

En outre, l’institution de l’armée est une autre voie de diffusion de la


civilisation romaine, car le recrutement des troupes auxiliaires hispanes est une
bonne manière d’obtenir la citoyenneté romaine et des terroirs lors de leur
retraite.

Finalement, les esclaves sont au dernier échelon social. Ils n’ont pas de
droits et, normalement, ils sont devenus esclaves par la condition de prisonniers
de guerre. Comme main d’œuvre ils employés comme des miniers ou des
domestiques.

2.6. La Culture, la Religion et l’Art

Les principales manifestations du processus de romanisation sont la


langue (le Latin), le Droit et la religiosité romaine. Depuis le IIe siècle av. J-C. le
Latin est d’abord diffusé par les noyaux urbains de l’Est et du Sud (l’aire
ibérique), tandis que dans l’aire celtibérique la diffusion est lente et difficile. Sauf
l’Euskera, le Latin s’impose finalement sur les langues indigènes comme langue
orale et écrite dans tous les milieux sociaux hispaniques, en devenant un facteur
décisif de la romanisation, bien que dans certains groupes sociaux conservent
leurs langues indigènes.

Un autre facteur d’importance c’est l’adoption du Droit romain comme


cadre légal de référence dans la péninsule qui supplante les coutumes éthniques.
De même, la romanisation se manifeste par la pénétration de la religion romaine.
Elle se traduit également par l'adoption des vêtements et du mobilier, des noms,
par l'usage de la monnaie, etc. L'adoption des pratiques commerciales romaines
est favorisée par la construction des voies romaines pavées (permettant le
désenclavement des provinces les plus reculées de l'Empire) et le développement
des routes maritimes. Le processus de romanisation est renforcé par la fondation
ou la restructuration des villes et des colonies romaines, ce qui comporte
systématiquement un forum et des édifices symboliques de l'identité et de la
culture romaine : amphithéâtres, thermes, temples, aqueducs…

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1. La première phase de romanisation se résume essentiellement à une conquête
militaire, mais doit composer avec les rébellions qui marquent une certaine
résistance. (En Gaule, l'insurrection menée par l'Arverne Vercingétorix en 52 av.
J.-C). Toutefois, comme le signale Jules César dans ses Commentaires de la guerre
des Gaules, huit années ont suffi pour pacifier le pays (mais il aura fallut deux
siècles pour pacifier la péninsule ibérique). Après la Pax Romana, l'arrivée
d'immigrants d'origine romaine et italique s'établissant dans les cités permet
l'émergence de foyers de diffusion culturelle, doublés de centres de contrôle
politique et administratif. Les vétérans des légions, mais également des colons
italiques en quête de nouvelles terres et de meilleures conditions de vie influent
alors sur le processus de romanisation.
2. La seconde phase de la romanisation est liée à l'accession à la citoyenneté
romaine. Pour les peuples italiques, ce sera chose faite au Ier s. av JC. Les Gaulois
des villes obtiennent le droit de cité en 49 av. J.-C., permettant ainsi le ralliement
des élites urbaines. Enfin en 212, l'empereur Caracalla élargit ce droit à tous les
sujets libres de l'Empire, en vertu de la Constitutio Antoniniana. Ce droit de
citoyenneté permet la mise en place d'un climat propice à l'acceptation de Rome.
3. La troisième phase est liée à l'assimilation culturelle : l'adoption de la langue
latine dans tous les milieux reflète une tendance à l'uniformisation culturelle.
Néanmoins, les régions conservent leurs dialectes ainsi que certaines coutumes
et traditions culturelles. De même, la romanisation se manifeste par la
pénétration de la religion romaine. Elle se traduit également par l'adoption des
vêtements et du mobilier, des noms (praenomen, nomen et cognomen), par
l'usage de la monnaie, du système métrique ainsi que par l'acceptation du droit
romain qui supplante les coutumes tribales. L'adoption des pratiques
commerciales romaines est favorisée par la construction des voies romaines
pavées (permettant le désenclavement des provinces les plus reculées de
l'Empire) et le développement des voies maritimes. Le processus de
romanisation est renforcé par la fondation ou la restructuration des villes.
Construites selon un plan en damier, les villes des colonies romaines comportent
systématiquement un forum et des édifices symboliques de l'identité et de la
culture romaine : amphithéâtres, thermes, temples, aqueducs. Le nouveau visage
des villes permet d'amener progressivement et en douceur les populations aux
pratiques des colonisateurs (voir Leptis Magna en Libye et les exemples locaux).
Limites à la Romanisation - Même si l'intégration de la Gaule par Rome a été une
réussite presque totale, la romanisation n'a pas été générale dans tout l'Empire.
Comment expliquer cet échec ? Deux éléments de réponse : 1 - le peu d'intérêt
des Romains à contrôler et peupler des territoires pauvres et marginaux ; 2 - parce
que la domination romaine a parfois été plus nominale qu'effective.

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