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Le commentaire d’arrêt en 25 erreurs et autant


139b8

Cécile De CET BERTIN


Maître de conférences
de droit privé, HDR de consignes pour les éviter 139b8
UMR 6308 AMURE, UBO
Le tableau ci-dessous est nourri de l’expérience des corrections des copies d’examen
et Julien BOISSON et autres préparations de séances de travaux dirigés en droit privé et, en particulier, en
Maître de conférences droit des contrats. Il a été conçu pour transmettre aux étudiants de 2e année de licence
de droit privé en droit, la méthode du commentaire d’un arrêt de la Cour de cassation qui nous pa-
EA 7480 LAB-LEX, UBO raît l’exercice le plus complet de l’apprentissage du juriste en herbe. Pour être complet,
il est également difficile à réaliser et l’expérience montre que les étudiants ont des diffi-
cultés à en comprendre l’intérêt et la méthode. Pour les y aider, nous avons relevé, sans
prétendre à l’exhaustivité, les erreurs les plus graves comme les plus fréquentes, celles
qui, par leur nature et leur accumulation, sont souvent rédhibitoires et condamnent
leur travail (ou révèlent leur absence de travail) aux yeux de l’évaluateur. Nous leur don-
nons, en vis-à-vis dans le tableau, des consignes simples pour les éviter.

N°  Les erreurs constatées Les consignes pour les éviter


La forme, le style
1 Vous ne corrigez pas vos fautes Relisez et corrigez votre travail avant de le présenter à la correction.
d’orthographe, de grammaire, de Efforcez-vous d’être compréhensible. Construisez de courtes phrases dans la
syntaxe. mesure du possible.
Vous êtes confus(e), voire inintel- Soignez votre style. Bannissez les formules que vous employez à l’oral (ex. : « du
ligible. coup », « suite à » etc.).
Employez à bon escient – et non systématiquement – les connecteurs logiques (en
effet, car, donc, ainsi, etc.) sous peine d’être inintelligible.
Votre écriture est illisible. Écrivez lisiblement au risque que votre travail ne soit pas lu.
2 Vous utilisez un vocabulaire im- N’oubliez pas que le droit repose sur un vocabulaire précis  : n’utilisez pas les
propre ce qui revient à faire des termes à tort et à travers. Rappelez-vous que le langage juridique ne connaît que
erreurs en droit. très peu de synonymes.
Ex. 1 : ne confondez pas les moyens (arguments des parties) et les motifs (argu-
ments des juridictions qui constituent leur motivation) ;
Ex. 2 : souvenez-vous que les termes « valable », « valide » et « validité » ont un sens
bien particulier. Il n’est pas question de se demander si « la solution est valable ».
3 Vous n’introduisez pas vos citations. Ne plaquez pas les citations d’auteurs et de textes (entières ou tronquées) ; intro-
duisez-les.

NDA : Adde Blanc  N. et Mazeaud  D., Méthodes générales de tra-


vail, 3e éd., 2014, LGDJ ; Bonnet D., L’essentiel de la méthodologie
juridique, 3e éd., 2015, Ellipses ; Cayrol N. et Grua F., Méthode des
études de droit, 4e  éd., 2017, Dalloz  ; Goubeaux  G. et Bihr  G., Les
épreuves écrites en droit civil, 12e éd., 2013, LGDJ ; Mendegris R. et
Vermelle G., Le commentaire d’arrêt en droit privé, 7e éd., 2004, Dal-
loz ; Pansier F.-J., Méthodologie du droit, 7e éd., 2016, LexisNexis.

6 - Petites Affiches - 11 octobre 2018 - no 204


N°  Les erreurs constatées Les consignes pour les éviter
L’introduction
4 Votre introduction est une fiche d’ar- N’oubliez pas que l’on ne peut écrire une introduction qu’après avoir conçu ce qui
rêt confuse. doit être introduit (c’est élémentaire !).
Ne confondez pas la fiche d’arrêt (vous y décomposez l’arrêt étape par étape) et
l’introduction (vous y introduisez votre commentaire).
5 La phrase initiale est trop générale Faites court et efficace.
ou trop précise. Elle est donc sans L’annonce d’un commentaire est simple : la date de l’arrêt, la formation de la Cour
intérêt. de cassation qui l’a rendu, son thème sans rentrer dans le détail des faits, mais
sans être non plus trop général.
C’est trop tôt pour affirmer qu’il s’agit d’un arrêt de principe ou d’un revirement
de jurisprudence ; l’affirmation est souvent péremptoire, hâtive et seul le corps
du commentaire peut le démontrer.
6 Les faits sont repris in extenso, copiés Ne retenez que les faits intéressant le sujet (le problème de droit).
et souvent mal copiés.
Vous en inventez. Ceci a le don de N’utilisez que les faits contenus dans l’attendu qui leur est consacré. Ne reconsti-
crisper le correcteur dès le début de tuez pas les faits à l’aide des moyens du pourvoi ou des motifs de la cour d’appel
la copie. ou de la Cour de cassation.
Qualifiez les parties, leurs noms sont à proscrire de même que «  M.  X  » ou
« Mme Y ». Vous devez identifier leur qualité juridique (locataire/bailleur, acqué-
reur/vendeur, associé, etc.).
7 La demande au juge n’est pas expo- Identifiez la demande faite au juge, exposez-la aussi simplement que possible.
sée/ Précisez quelle est la partie demanderesse et, le cas échéant, le fondement invo-
la demande au juge est recopiée de qué.
l’arrêt. Identifiez la demande faite au juge en rapport avec le problème de droit. Celui-ci,
épreuve d’examen oblige, est en lien avec la matière juridique dans laquelle vous
composez (par exemple le droit des contrats).
C’est la dernière étape de la présentation des faits.
8 La procédure est trop détaillée/la pro- Résumez simplement les étapes antérieures du procès.
cédure n’est pas assez détaillée. N’inventez rien ! D’une part, n’allez pas inventer la solution rendue en premier
ressort dont on connaît le sens (rarement) s’il est précisé que l’arrêt de la cour
d’appel est infirmatif ou confirmatif. D’autre part, n’allez pas reconstituer la solu-
tion de la cour d’appel à l’aide des éléments du pourvoi, de la solution de la Cour
de cassation ou des moyens annexés à l’arrêt.
N’oubliez pas de préciser le siège de la juridiction qui a rendu la décision attaquée
et la date de celle-ci.
Précisez, enfin, quelle partie se pourvoit en cassation.
9 Vous oubliez de présenter l’argumen- Présentez systématiquement l’argumentation rejetée, que ce soit les moyens du
tation rejetée par la Cour de cassation. pourvoi (arrêt de rejet) ou les motifs de l’arrêt d’appel (arrêt de cassation), voire les
deux (arrêt de cassation partielle).
Là encore, n’allez pas reconstituer celle-ci à l’aide de la solution de la Cour de
cassation, voire, le cas échéant, des moyens annexés à l’arrêt (cf. rubrique précé-
dente).
10 Le problème juridique est mal expo- N’oubliez pas qu’il s’agit de la question posée à la Cour de cassation par l’argu-
sé/la question de droit est mal posée. mentation qui est rejetée et non la question que pose la solution qu’elle rend, ce
qui reviendrait à écrire que la Cour de cassation est invitée à répondre à une ques-
tion qu’elle se pose elle-même !
La formulation de la question est essentielle. Elle montre votre compréhension
de l’arrêt (donc du droit dit en l’espèce). Elle permet, le cas échéant, de révéler
les « non-dits » de l’arrêt. Il arrive, en effet, que la Cour de cassation ne réponde
pas précisément ou entièrement à la question qui lui était soumise, ce qui est un
élément important de commentaire.
Vous devez donc partir du pourvoi (arrêt de rejet) et/ou du ou des motif(s) des
juges du fond (arrêt de cassation) pour déterminer la question. En revanche,
vous devez proscrire la question inversée (fondée sur la réponse de la Cour et à
laquelle la réponse serait oui ou non).
11 La motivation de la Cour de cassation La présentation de la solution de la Cour de cassation doit être exhaustive : n’ou-
est tronquée. bliez pas le visa et, s’il y en a un, le chapeau introductif.
N’écartez aucun attendu à ce stade.
12 L’annonce de votre plan est péremp- Vous devez bannir ces formules péremptoires et expliquer pourquoi vous avez
toire. choisi de présenter votre commentaire selon tel plan. En d’autres termes, vous
devez expliquer votre plan et justifier les attendus dont vous écartez l’étude (ex-
trêmement rare). Votre plan met en relief votre commentaire.
Vous utilisez des formules telles que : Si vous utilisez de telles formules vous devez impérativement avoir développé
« il convient de », « il faut », « il est des arguments qui les précèdent ou qui les suivent.
nécessaire de ».
Vous utilisez des formules telles que : Ces formules sont trop scolaires. Le plan doit être « intuitif », comme s’il ne résul-
« dans une première partie nous tait pas de vous, mais directement de l’arrêt.
présenterons/étudierons ». Ex. : Dans son arrêt, la Cour de cassation retient/affirme que… (I) et/mais… (II).
N’oubliez pas de préciser entre parenthèses le numéro de la partie (I) et (II).

Petites Affiches - 11 octobre 2018 - no 204 - 7


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N°  Les erreurs constatées Les consignes pour les éviter


Le plan
13 Le balancement du plan ne Le plan doit être divisé en 2 parties et 2 sous-parties.
convient pas. Ne cherchez pas le plan original. N’oubliez pas que la forme est, et doit rester, au ser-
vice du fond. Optez pour un énoncé simple.
Il vaut mieux un plan « bateau » et de bonnes analyses…
Le plan est déséquilibré/le Organisez au brouillon les éléments de commentaires que vous inspire la décision de
plan conduit à des redites (les la Cour de cassation et répartissez-les au sein des quatre sous-parties.
développements au sein des L’essentiel se trouve en I. B/ et II. A/.
sous-parties se répètent).
14 Les intitulés du plan sont insen- Relisez-vous en vous demandant ce que signifie l’intitulé que vous avez choisi. Que
sés ou incohérents. voulez-vous dire ?
Vos titres :
structurent votre commentaire de la décision, ils doivent mettre en évidence les élé-
ments de celle-ci ;
doivent être fidèles aux développements qu’ils titrent (i.e.  : les titres doivent être
fidèles au contenu).
Travaillez les intitulés  ! Ils doivent être synthétiques, simples et énoncer une idée
unique (proscrivez les conjonctions de coordinations suivantes : « et », « ou », « mais »).
Les intitulés du plan ne sont pas L’intitulé doit pouvoir être repris expressis verbis dans la première phrase du chapeau
travaillés. qui suit.
Les intitulés du plan ne sont pas Le plan annoncé doit être le plan adopté/apparent : les titres de vos parties doivent
ceux annoncés. être scrupuleusement ceux que vous avez annoncés. C’est bien souvent l’écueil le plus
important des commentaires d’arrêts.
Les intitulés contiennent des Vos titres doivent être épurés de verbes conjugués et des références aux différentes
verbes conjugués et/ou des réfé- juridictions qui ont connu l’affaire ayant conduit à l’arrêt commenté, y compris la Cour
rences à la « Cour de cassation », de cassation puisque c’est sa seule décision que vous commentez.
à la « cour d’appel », au « pour-
voi », à la « jurisprudence ».
15 Il manque les chapeaux intro- Rédigez des chapeaux qui expliquent pourquoi vous avez choisi les sous-parties A. et
ductifs sous les I. et II. B. (v. rubrique n° 12), puis annoncez-les en veillant à ce que les titres soient ensuite pré-
cisément ceux annoncés (v. rubrique précédente).
Dans l’idéal, le chapeau commence par l’intitulé de la partie qu’il introduit (v. rubrique
précédente).
N’oubliez pas de préciser entre parenthèses le numéro de la partie (A) et (B).
16 Il manque les transitions. Rédigez une transition qui explique le passage d’une division du plan à l’autre (de I. A.
vers I. B., de I. B. vers II., puis de II. A. vers II. B.).
À la fin de votre transition n’indiquez pas le numéro de la partie suivante (B)/ (II).
17 Vos développements ne sont Au sein des sous-parties, vous devez structurer vos développements dans des para-
pas structurés, mais s’articulent graphes – idéalement deux – comprenant chacun une idée forte.
autour d’une succession de
phrases ou de mini-paragraphes.

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N°  Les erreurs constatées Les consignes pour les éviter
Le contenu du commentaire
18 Vous faites un commentaire Si l’arrêt à commenter est ancien, vous devez mettre la décision commentée en pers-
d’« époque » d’un arrêt ancien. pective avec le droit en vigueur. Vous ne devez pas manquer d’observer si tel est le cas
que la décision a été rendue sous l’empire de règles anciennes. Maîtrisez les règles en
matière d’application de la loi dans le temps et ne confondez pas les textes en vigueur
au jour où la Cour de cassation statue avec ceux applicables au litige ou encore ceux en
vigueur au jour de votre commentaire. L’erreur est classique, mais rédhibitoire.
Par exemple, vous devez être particulièrement vigilants avec les arrêts rendus en droit
des contrats, du régime général des obligations et de la preuve des obligations modi-
fiés par l’ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 et sa loi de ratification n° 2018-287
du 20 avril 2018. Vous devez maîtriser les dates d’entrée en vigueur de ces deux textes
majeurs. S’agissant de cette matière (comme beaucoup d’autres), il vous appartient en
amont de rechercher dans votre code où sont retranscrits les nouveaux textes comme
les anciens textes. Le point de départ de votre réflexion sera de comparer et confronter
ces textes.
Il faut vous demander systématiquement – au stade de la portée de l’arrêt – quelle se-
rait la solution rendue sous l’empire du droit nouveau (la même ? différente ? un doute
existe-t-il ?). À cet égard, demandez-vous si la législation/réglementation postérieure à
l’arrêt a consacré ou rejeté la solution retenue (bris de jurisprudence).
19 Vous paraphrasez l’arrêt. L’exercice du commentaire d’arrêt consiste à expliquer le sens, la valeur et la portée de
la décision commentée (et non à réécrire l’arrêt autrement).
20 Vous ne commentez pas l’arrêt, Identifiez à la première lecture, ce qui est dit par la Cour de cassation (et non par l’au-
c’est-à-dire la solution de la Cour teur du pourvoi ou les juges du fond).
de cassation, mais le pourvoi, C’est la solution de la Cour de cassation qui doit faire l’objet de votre commentaire. Cela
l’arrêt d’appel, voire toute autre ne signifie pas qu’il n’est pas intéressant de commenter l’argumentation qu’elle rejette,
chose… mais faites-le à partir de sa propre solution.
En d’autres termes, concentrez-vous sur l’analyse et le commentaire de l’ensemble
des motifs de la Cour de cassation, sauf si vous avez écarté l’étude de certains en intro-
duction (cf. rubrique n° 12). En revanche, ne vous égarez pas, le cas échéant, dans les
moyens annexés à l’arrêt (ils peuvent néanmoins vous aider à comprendre la solution ;
jetez-y un œil rapide).
Partez toujours de l’arrêt. Pour vous y aider, débutez chacun de vos paragraphes par
« La Cour de cassation a décidé/retenu/considéré/jugé que… ».

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N°  Les erreurs constatées Les consignes pour les éviter


Le contenu du commentaire
21 Vos développements sont Votre commentaire doit révéler les sens-valeur-portée de l’arrêt
superficiels, l’analyse est trop En premier lieu, vous devez expliquer le sens de l’arrêt, c’est-à-dire l’analyser, expliquer
faible, voire inexistante. les fondements de la solution, sa raison d’être, pourquoi celle-ci ? À quel texte elle se
rattache ? Quel(s) principe(s) et règle(s) met-elle en œuvre (liberté contractuelle, bonne
foi, etc.) ? C’est là que vous devez mobiliser vos connaissances relatives au thème abor-
dé et à lui seul (le commentaire n’est pas la récitation d’un cours, cf. rubrique n° 22).
Au besoin, vous devez expliquer également l’argumentation écartée par la Cour de
cassation, i.e. celle du pourvoi (arrêt de rejet) ou de la cour d’appel (arrêt de cassation)
sans oublier que c’est la solution de la Cour de cassation que vous commentez et non
les moyens du pourvoi ou les motifs des juges du fond (cf. rubrique précédente).
Pour pousser plus loin l’analysea, vous pouvez utilement vous aider des motifs de cas-
sation (lorsqu’il s’agit d’un arrêt de cassation), principalement ceux de fond :
violation de la loi (règle mal appliquée ou mal interprétée par les juges du fond) ;
manque de base légale (insuffisance de motivation ne permettant pas à la Cour de cas-
sation de vérifier s’il y a ou non violation de la loi ; n’en déduisez surtout pas que la cour
d’appel de renvoi rendra une décision différente de la première cour d’appel) ;
dénaturation des faits, des éléments de preuve ou du contrat (limite à l’appréciation
souveraine des juges du fond).
Il est également utile de maîtriser le vocabulaire retenu par la Cour de cassation : « par
motifs propres [ceux de la cour d’appel] et adoptés [ceux des juges de première ins-
tance non infirmés par la cour d’appel et donc repris à son compte], la cour d’appel a
décidé que… », le motif surabondant (motif non nécessaire à la justification en droit de
la décision de la cour d’appel eu égard à son ou ses autres motifs, mais qui laisse penser
qu’avec ce seul motif la décision de la cour d’appel aurait pu être cassée), la substi-
tution de motifs (la Cour de cassation justifie la solution en retenant une motivation
différente et qui montre que la motivation des juges d’appel est erronée).
Souvenez-vous toujours de l’office de la Cour de cassation (questions de droit) qui, sauf
la dénaturation, n’a pas à se prononcer sur les faits (appréciation souveraine des juges
du fond).
En deuxième lieu, vous devez vous interroger sur la valeur de la solution autrement
dit, en proposer une critique juridique. Une autre solution aurait-elle été possible en
droit  ? La solution est-elle opportune  ? Est-elle cohérente au regard du droit appli-
cable ? Quid en termes de sécurité juridique ?
Gardez-vous de tous préjugés et jugements de valeur, surtout ceux qui voudraient
qu’une décision ne faisant pas droit in fine à une partie dite « faible » soit forcément
injuste ou critiquable.
Enfin, en dernier lieu, vous devez vous interroger sur la portée de la solution. D’une
part, vous devez vous demander si la solution est nouvelle ou constante, si elle a été re-
prise, affinée (notamment au travers la politique jurisprudentielle dite des petits pasb)
ou abandonnée ensuite tant par la Cour de cassation (revirement de jurisprudence)
que par le législateur (bris de jurisprudence). D’autre part, vous devez vous demander
quelles pourraient être les répercussions de la décision sur les thèmes connexes à
celui développé dans l’arrêt.
SENS, VALEUR et PORTÉE sont les éléments essentiels du commentaire que vous
devez présenter tout au long de vos développements. Évitez ainsi le plan qui présen-
terait : I. Le sens ; II. La valeur et la portée.
Pour vous aider à comprendre ce qu’implique l’analyse d’un arrêt, lisez régulièrement
des notes et observations de jurisprudence.
22 Vous récitez des parties de votre Le sujet du commentaire d’arrêt est l’arrêt lui-même.
cours. Le commentaire n’est pas une récitation du cours. Vous devez accepter la frustration
de ne vous référer qu’à une infime partie de celui-ci, faites habilement des liens avec
les autres parties en vous interrogeant sur la portée de l’arrêt (v. rubrique précédente).
23 Vous recopiez des pans de l’arrêt Vous ne devez pas recopier des blocs d’arrêt. Votre lecteur (correcteur) a l’arrêt à sa
in extenso, voire de législation. disposition, il n’a pas besoin de ce recopiage qui n’apporte aucune valeur à votre com-
mentaire. Vous ne devez reprendre que les éléments de l’arrêt (mots ou expressions
employés par le juge) sur lesquels vous fondez vos remarques. Il en va de même de la
législation que vous citez.
24 Vous commentez le dispositif. Vous n’avez pas à commenter le dispositif, qui ne vous est pas systématiquement
reproduit dans son intégralité.
Identifiable par la formule : « Par ces motifs :… », il constitue la solution définitive de la
Cour de cassation au regard de l’argumentation qui lui est soumise (casse et annule,
rejette le pourvoi ou casse, mais seulement en ce que… [i.e. cassation partielle]). Il ne
s’y trouve aucun élément de motivation. Il n’y a pas d’analyse possible.
25 Vous commentez une partie de Quelle drôle d’idée ! Auriez-vous emprunté le commentaire d’autrui ?
l’arrêt à partir du dispositif alors Si l’enseignant a supprimé une partie de l’arrêt, déduisez-en que c’est parce que vous
que cette partie a été supprimée n’avez pas à la commenter (d’autant qu’en général, vous n’avez pas les connaissances
par l’enseignant. requises pour ce faire).
a
Adde Jobard-Bachelier M.-N. et Bachellier X., La technique de cassation, 2018, 9e éd., Dalloz.
b
Canivet G. et Molfessis N., « La politique jurisprudentielle », in Mélanges en l’honneur de Jacques Boré : la création du droit jurisprudentiel,
2007, Dalloz, p. 79.139b8

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