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FASCICULE

FASCICULE TECHNIQUE
L’AUDIT
ENERGETIQUE
D’UN

TECHNIQUE
ETABLISSEMENT
SCOLAIRE
définir les priorités
d’intervention

DGTRE

remplacement des vitrages ?

isolation des murs extérieurs ?

remplacement de la chaudière ?
isolation des tuyauteries ?

rénovation de l’éclairage ?
L’AUDIT ENERGETIQUE D’UN
ETABLISSEMENT SCOLAIRE
- définir les priorités d’intervention -

sommaire

1 situer la consommation d’un établissement par rapport au secteur ................. 1


1.1 relever les consommations (électricité + combustible) .................................... 1
1.2 normaliser les consommations de chauffage .................................................... 1
1.3 comparer les ratios aux valeurs statistiques ...................................................... 3

2 connaître l’évolution du secteur ............................................................................ 11


2.1 une croissance de la consommation électrique galopante .............................. 11
2.2 un coût électrique amplificateur de cette croissance ........................................ 11
2.3 une dispersion des consommateurs ................................................................. 12

3 identifier l’origine des consommations ................................................................ 13


3.1 une répartition globale, a priori ........................................................................ 13
3.2 le bilan énergétique simplifié des consommations de chauffage ...................... 14
3.3 l’analyse des consommations d’électricité ....................................................... 24

4 repérer les mesures les plus rentables ................................................................. 33


4.1 définir les principaux projets économiseurs d’énergie ...................................... 33
4.2 estimer les temps de retour .............................................................................. 39

5 établir un plan d’action ......................................................................................... 41


intégrer le bilan énergétique et les mesures les plus rentables pour
établir un plan d’action adapté à son bâtiment
1 situer la consommation d’un
établissement par rapport au
secteur

« Mon bâtiment consomme 33 000 litres de mazout par


an. Est-ce normal ?... »

1.1 relever les consommations (électricité +


combustible)

Un gestionnaire de bâtiment doit pouvoir situer la consomma-


tion de son établissement par rapport aux autres établissements
scolaires. Dans ce but, il peut profiter des ratios énergétiques
établis par la Région Wallonne afin de comparer son niveau de
consommation et de détecter rapidement si sa situation est cri-
tique.

Pour établir les ratios énergétiques d’un bâtiment, il faut, selon


les cas, faire le relevé :
• de la consommation en gaz, au départ des factures men-
suelles. Par facilité, on utilise le « m3 » comme unité de mesure.
• de la consommation en fuel, au départ des livraisons répar-
ties sur une année. Attention, il faut tenir compte des stocks
existants dans les cuves en début et en fin d’année. A défaut, si
aucune mesure n’est prise à la jauge au 31 décembre, il faut
totaliser les consommations des trois dernières années et divi-
ser par trois : l’influence de l’erreur sur les stocks sera réduite.
• de la consommation électrique, au départ des factures men-
suelles du distributeur. Les ratios étant exprimés sur base des
kWh totaux consommés, on totalisera les kWh en Heures Plei-
nes et en Heures Creuses (régime Haute Tension) ou les kWh
jour et nuit (régime Basse Tension).

1.2 normaliser les consommations de chauffage

Comparer les consommations d’un hiver froid et d’un hiver doux


n’a pas beaucoup de sens. De plus, il est logique de consom-
mer plus à Spa qu’ à Wavre. Aussi, est-il nécessaire de « nor-
maliser » les relevés de consommation, c’est-à-dire de les ra-
mener à une consommation type pour une année de rigueur
moyenne et pour un bâtiment situé à Uccle. Les ratios de réfé-
rence ont été établis sur ce même schéma.

situer la consommation d’un établissement par rapport au secteur 1


Pour quantifier la rigueur d’un hiver, on utilise une grandeur
appelée degrés-jours. Ceux-ci sont constitués par la somme de
tous les écarts entre la température intérieure moyenne et la
température extérieure, de chaque journée de la saison de
chauffe. La température intérieure de référence est prise à 15°C
pour tenir compte des apports gratuits, notamment des apports
solaires.

Par exemple, si la température est de 5°C à l’extérieur durant


une journée, on comptabilisera (15° - 5°) x 1 jour = 10 degrés-
jours pour cette journée. La référence belge, c’est Uccle où 2 074
degrés-jours ont été enregistrés en moyenne sur les 30 derniè-
res années.

Si Z degrés-jours ont été relevés dans une région et pour une


année donnée, on applique une simple règle de trois pour la
normaliser par rapport à Uccle :

consommation annuelle normalisée =


consommation annuelle mesurée x (2 074/Z)

Comment connaître les degrés-jours d’une année de me-


sure dans une région donnée ?

Voici les valeurs pour Uccle (*) :

année civile degrés-jours Uccle


1995 1922
1996 2383

saison de chauffe degrés-jours Uccle


1995/1996 2198
1996/1997 2102

Et voici les degrés-jours normalisés pour d'autres lieux de


Wallonie :

degrés-jours degrés-jours
normalisés normalisés

BEAUVECHAIN 2274 LIEGE-MONSIN 2016

NECHIN 2102 SCRY 2465

HUISSIGNIES 2259 THIMISTER 2399

WASMUEL 2131 HOCKAY 2845

* Les degrés-jours mensuels et annuels sont également communiqués dans le bimestriel « Le Réactif »

distribué gratuitement à tous les Responsables-Energie intéressés par les projets URE.

2 situer la consommation d’un établissement par rapport au secteur


LA HESTRE 2286 MONT-RIGI 3321

THIRIMONT 2335 ST-VITH 2970

ERNAGE 2370 SUGNY 2653

DOURBES 2435 NADRIN 2920

ST-GERARD 2441 LIBRAMONT 2795

MALONNE 2235 SIBRET 2984

HASTIERE 2298 DOHAN 2582

CINEY 2472 ARLON 2567

ROCHEFORT 2597

En première approximation, partant de l’idée que si l’hiver d’une


année est 10 % plus froid que la normale à Uccle, il est aussi
10 % plus froid ailleurs en Wallonie. Ainsi, les degrés-jours à
Ciney pour 1996 sont approximativement de :

(2383/2074) x 2472

Mais pour plus de précisions, on peut consulter l’IRM-service


climatologie au 02/374.02.78

Remarques :
• l’année civile 1991 est très proche d’une année type du point
de vue climatique. La consommation enregistrée en 1991 est
donc le reflet fidèle des besoins moyens d’ un bâtiment.
• pour plus d’informations sur la normalisation des consom-
mations, on consultera la brochure « comptabilité énergéti-
que » dans la même collection.

1.3 comparer les ratios aux valeurs statistiques

Chaque année, l’Institut Wallon réalise une analyse des con-


sommations par secteur d’activité. Il est donc possible d’établir
des ratios de consommation par élève ou par m2, et de compa-
rer les valeurs obtenues dans les tableaux de la page suivante.
Pour convertir les consommations d’un bâtiment en GJ (Giga-
Joule), on sait que 1 000 litres de fuel ou 1 000 m3 de gaz natu-
rel riche génèrent environ 36 GJ, et que 1 000 kWh = 3,6 GJ.
Voici un extrait du bilan énergétique régional daté de janvier
1996, basé sur les consommations de 1994.

situer la consommation d’un établissement par rapport au secteur 3


La particularité des établissements scolaires réside dans la diversité des
locaux existants, diversité qui trouve son explication dans les activités
qui s’y pratiquent (cours, sport, repas...) ainsi que dans les publics diffé-
rents qui occupent les classes (gardienne, primaire, secondaire, cours
du soir...). De plus, l’occupation de ces locaux est essentiellement inter-
mittente. On y trouvera sans doute un début d’explication des différen-
ces de consommations spécifiques moyennes relevées pour les diffé-
rents réseaux présentés dans les paragraphes suivants.

Les établissements dans les différents échantillons repris ne possédent


pas d’internat.

1. ENSEIGNEMENT DES COMMUNAUTES FRANCAISE ET


GERMANOPHONE

1.1 CONSOMMATION PAR ELEVE

valeurs moyennes :

ELECTRICITE COMBUSTIBLES
2,1 GJ / élève 12,5 GJ / élève
soit 574 kWh / élève soit 347 lfuel / élève
347 m3gaz / élève

4 situer la consommation d’un établissement par rapport au secteur


1.2 CONSOMMATION PAR METRE CARRE

Les consommations spécifiques établies par mètre carré et par élève, nous donnent le
même ratio entre consommation moyenne d’électricité et consommation moyenne de
combustibles, à savoir 1/6 comme rapport des énergies.

valeurs moyennes :

ELECTRICITE COMBUSTIBLES
0,12 GJ / m2 0,72 GJ / m2
soit 32 kWh / m2 soit 20 lfuel / m2
20 m3gaz / m2

Commentaires
D’une manière générale, les écoles dépendant de la Commu-
nauté française consomment nettement plus que les écoles des
autres réseaux. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer :

situer la consommation d’un établissement par rapport au secteur 5


2. ENSEIGNEMENT COMMUNAL ET PROVINCIAL

2.1 CONSOMMATION PAR ELEVE

Pour des échantillons de même taille, et pour des écoles de taille moyenne équi-
valente, les consommations spécifiques par élève de l’enseignement communal
et provincial sont sensiblement plus faibles que dans l’enseignement communau-
taire(+/- 1/3 en moins).

valeurs moyennes :

ELECTRICITE COMBUSTIBLES
1,4 GJ / élève 8,6 GJ / élève
soit 385 kWh / élève soit 239 lfuel / élève
239 m3gaz / élève

6 situer la consommation d’un établissement par rapport au secteur


2.2 CONSOMMATION PAR METRE CARRE

valeurs moyennes :

ELECTRICITE COMBUSTIBLES
0,17 GJ / m2 0,88 GJ / m2
soit 47 kWh / m2 soit 24 lfuel / m2
24 m3gaz /m2

situer la consommation d’un établissement par rapport au secteur 7


3. ENSEIGNEMENT LIBRE ET PRIVE

CONSOMMATION PAR ELEVE

Par rapport à l’échantillon de l’enseignement communal et provincial, les consom-


mations spécifiques de l’enseignement libre et privé sont plus faibles de 14 % pour
l’électricité et de 22 % pour les combustibles.

valeurs moyennes :

ELECTRICITE COMBUSTIBLES
1,2 GJ / élève 6,7 GJ / élève
soit 335 kWh / élève soit 186 lfuel / élève
186 m3gaz / élève

8 situer la consommation d’un établissement par rapport au secteur


commentaires :

D’une manière générale, les écoles dépendant de la Commu-


nauté Française consomment nettement plus que les écoles
des autres réseaux. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer :
• l’enseignement communautaire belge héberge des activi-
tés qui peuvent se dérouler hors journée (ex : cours de pro-
motion sociale).
• la surface des bâtiments mis à la disposition des élèves est
en général plus importante.
L’enquête de l’Institut Wallon fait apparaître :
- 14 m2 /élève dans la communauté,
- 10 m2 /élève dans le provincial et le communal,
- 9 m2 /élève dans le libre et le privé.
• la responsabilité en matière de consommation d’énergie
dans l’enseignement communautaire est éparpillée. En effet,
ce sont les écoles qui supportent le coût des consommations
tandis que les investissements en équipement sont réalisés
par le Fond des Bâtiments Scolaires ou par les Sociétés Pu-
bliques d’Administration des Bâtiments scolaires.

Dans ces conditions, et contrairement aux écoles libres, les in-


vestissements consentis par l’organisme propriétaire ne lui sont
jamais retournés grâce aux économies de consommation.

***

situer la consommation d’un établissement par rapport au secteur 9


10 situer la consommation d’un établissement par rapport au secteur
2 connaître l’évolution du secteur

« La consommation d’électricité augmente chaque an-


née... »

2.1 une croissance de la consommation


électrique galopante

Il est intéressant de prendre conscience de l’évolution des con-


sommations ces dernières années. En particulier, la consom-
mation électrique est en forte croissance :
• entre 1981 et 1994, la consommation électrique dans l’en-
seignement des Communautés a augmenté de 61 %,
• en trois ans seulement, de 1991 à 1994, la consommation
électrique dans l’enseignement libre a augmenté de 20 %.

Par contre, la consommation de combustibles est en stagna-


tion, voire en légère baisse dans l’enseignement libre.

Ce phénomène de croissance des consommations électriques


est général dans le tertiaire. Dans les écoles, il fait suite notam-
ment à l’accroissement des équipements électriques de bureau-
tique (ordinateurs, photocopieuses, ...) mais également au pas-
sage au « tout électrique » dans la cuisine collective.

2.2 un coût électrique amplificateur de cette


croissance

Jusqu’ici nous avons parlé des évolutions énergétiques de


l’électricité en kWh. Le même bilan réalisé en francs serait
encore plus préoccupant puisque le coût du kWh électri-
que est environ cinq fois plus élevé que le coût du kWh
gaz ou fuel !

Un m 3 de gaz a environ le même pouvoir calorifique qu’un


litre de fuel. Tous deux, en brûlant, fournissent environ
10 kWh ou 36 MJ (Méga-Joule). Si le prix d’achat du litre
fuel est de 7 BEF, le prix de revient du kWh-fuel est donc de
0,7 BEF/kWh. Si on intègre un rendement de l’installation
de chauffage de l’ordre de 70 %, le prix de revient du kWh
de chaleur apporté dans les locaux est de l’ordre du franc.
Le prix du gaz est de l’ordre de 20 à 30 % plus cher que le
fuel.

connaître l’évolution du secteur 11


Par contre, le prix de revient du kWh électrique de jour est
d’environ 4,5 BEF (HTVA) en tarif haute tension (HT) (le coût
de la pointe quart horaire étant intégré), et d’environ 4,9 BEF
(HTVA) en tarif basse tension (BT).

2.3 une dispersion des consommateurs

Cette montée en puissance du budget électrique est insidieux


car il résulte de la multitude des équipements répartis dans toute
l’école. C’est donc lors de chaque achat qu’il faut se poser la
question de l’efficacité énergétique de l’équipement, du distri-
buteur de boissons fraîches à la nouvelle photocopieuse. Heu-
reusement les possibilités de programmation des équipements
sont en croissance également, de l’interrupteur de nuit et de
week-end sur le distributeur de boissons, jusqu’aux possibilités
de mise en veille de la photocopieuse. (*)

***

* Pour plus d’informations : « Bureautique et énergie » dans la même collection.

12 connaître l’évolution du secteur


3 identifier l’origine des
consommations

« Où partent ces 33 000 litres de mazout ?... »

3.1 une répartition globale, à priori

Une première idée de la répartition des consommations dans


une école est donnée ci-dessous sur base d’une enquête réali-
sée par l’ADEME en France.

Répartition des consommations

100

80
pourcentage

60

40

20

0
chauff age 81% eau chaude 6% cuisson 4% éclairage 6% autres 3%

A présent, réalisons la même répartition mais sur une base bud-


gétaire : l’électricité fait cette fois part égale avec le chauffage !
(cette estimation se fait sur base de l’hypothèse d’un coût du
kWh électrique cinq fois plus élevé que le coût du kWh com-
bustible et d’une production d’eau chaude électrique). L’éclai-
rage représente 6 % de l’énergie consommée, mais 17 % du
budget énergie de l’école.

Répartition des coûts

50

40
pourcentage

30

20

10

0
chauffage 46% eau chaude 17% cuisson 11% éclairage 17% autres 9%

Les chiffres ci-dessus ne constituent qu’une moyenne de me-


sures effectuées sur un grand nombre d’écoles. Idéalement la
répartition doit être faite spécifiquement pour l’école concernée :
c’est l’objet des deux chapitres ci-après.

identifier l’origine des consommations 13


3.2 le bilan énergétique simplifié des consom-
mations de chauffage

La mesure de la consommation de combustible ne pose pas de


problèmes : sa centralisation permet un comptage facile. (*)
Une autre chose est sa répartition en postes consommateurs :
parmi les 33 000 litres consommés, quelle est la « responsabi-
lité » des vitrages ?
Une telle répartition est très utile pour établir un plan d’action de
réduction des dépenses énergétiques. En voici une approche
très simplifiée, mais efficace.

Procédons par étapes.

étape 1 : dissocier l’enveloppe du bâtiment et l’instal-


lation de chauffage
Il est primordial de scinder l’étude en deux parties : l’étude des
besoins du bâtiment, et l’étude du rendement du système de
chauffage.

La consommation d’un bâtiment est donnée par :

consommation =
besoins du bâtiment / rendement du chauffage

Ainsi, si les besoins sont de 300 000 kWh et que le rendement


de l’installation de chauffage est de 60 %, la consommation an-
nuelle sera de 300 000 / 0.60 = 500 000 kWh. Les 200 000
kWh de différence représentent les pertes de l’installation de
chauffage. On peut d’ailleurs dissocier mentalement le bâtiment
et le système de chauffage comme le montre la figure ci-des-
sous. 

* Tous les détails sur les techniques de mesure de la consommation de fuel sont repris dans la fiche
technique « Mesure de la consommation de fuel », éditée dans la même collection.

14 identifier l’origine des consommations


étape 2 : établir les pertes de l’enveloppe
La consommation d’un bâtiment est directement liée au flux de
chaleur qui traverse les parois extérieures.

On peut faire une analogie avec un seau percé que l’on remplit
d’eau. Pour maintenir le niveau, il faudra ajouter en permanence
de l’eau pour compenser les pertes par les divers trous. Il en est
de même pour les radiateurs qui compensent en permanence les
pertes de chaleur des parois des locaux, pour maintenir la tempé-
rature intérieure à sa consigne.

Seules les pertes par les parois extérieures de l’enveloppe du


bâtiment doivent être évaluées. Les parois internes (parois de
séparation entre deux locaux) n’ont aucune importance dans
le bilan.

Prenons l’exemple d’un vitrage. Pour évaluer la perte calorifique


pour 1 m2 de vitrage, il faudra :

• estimer la qualité thermique du vitrage : elle est donnée


par son coefficient de transmission thermique « k ». Ainsi, pour
du simple vitrage, le coefficient k vaut 6 Watts par m2 et par
degré d’écart entre l’intérieur et l’extérieur.
• déterminer la température intérieure moyenne du local,
moyenne jour-nuit, semaine-week-end, intégrant les périodes
de congé : elle est évaluée à 15,5°C pour les écoles avec cours
du soir et à 14°C pour les écoles sans cours du soir et de faible
inertie thermique. De cette valeur, on retirera encore 2 à 3°C
pour tenir compte des apports gratuits : soleil, occupants,... (la
valeur de 3°C est prise pour les bâtiments avec façades large-
ment vitrées).
• déterminer la température moyenne extérieure durant la
saison de chauffe : cette température varie d’un bout à l’autre
du pays, de même que la durée de la saison de chauffe sur
base de laquelle on établit la température moyenne. Pour sim-
plifier on considérera que la saison démarre le 15 septembre et
finit le 15 mai. Dans ce cas la température extérieure moyenne
équivalente est de :
- Uccle 6,5°C
- Hastière 5,5°C
- Libramont 3,5°C
- Mons 6°C
- Saint V.ith 2,7°C
• évaluer la durée de la saison de chauffe : entre le 15 sep-
tembre et le 15 mai, il y a 242 jours de chauffe, soit 5 800 heu-
res. En fait, on calcule les besoins en faisant comme si la tempé-
rature extérieure était constante et égale en permanence à la
température moyenne extérieure. Par exemple, un bâtiment si-
tué à Mons ressent l’hiver comme s’il y faisait 6°C pendant 5 800
heures.

identifier l’origine des consommations 15


Conclusions : pour calculer les besoins de chaleur, on prendra : 

besoins = surface x coefficient de transmission x


écart de température x durée de chauffe

Appliquons ceci à 1 m2 de simple vitrage, situé à Mons, dans un


bâtiment occupé le soir :
besoins = 1m2 x 6 W/m2.°C x (15,5°-2°- 6°) x 5 800 h
= 261 000 Wh
= 261 kWh
Remarques :
• En principe, la normalisation impose d’exprimer les écarts de
température en Kelvin « K » (1K = 1°C). On utilisera donc doré-
navant des valeurs de coefficient k exprimés en W/m2.K.
• Cette méthode permet d’évaluer rapidement l’impact d’un rem-
placement de vitrage. Sachant que le coefficient k d’un double
vitrage ordinaire est de 2,9 W/m2.K, on voit de suite que les per-
tes du vitrage diminueront de moitié.

Généralisation :

Pour calculer les pertes de l’ensemble du bâtiment, on établira un


bilan similaire pour toutes les parois de l’enveloppe. Ceci sup-
pose :
• un relevé des surfaces de toutes les parois des façades,
• un repérage des parois de l’enveloppe qui ne seraient pas en
contact avec l’air extérieur mais bien en contact avec des lo-
caux non chauffés ou avec le sol. Afin de diminuer leurs déper-
ditions, on prendra par exemple 2/3 des déperditions lorsque la
paroi est en contact avec un local non chauffé, comme un ga-
rage ou une cave , et 1/3 des déperditions lorsque la paroi est
en contact avec le sol,
• l’établissement des coefficients « k » de chacune de ces pa-
rois, sur base des valeurs moyennes du tableau ci-contre.

16 identifier l’origine des consommations


type de paroi épaisseur coefficient
d’isolant k
2
(cm) (W/m .K)

fenêtres simple vitrage châssis bois 5


châssis alu sans coupure 6,2
thermique
double vitrage châssis bois ou PVC 2,7
châssis alu sans coupure 3,9
thermique
châssis alu avec coupure 3,1
thermique
porte bois de 4 cm 2,5
aluminium 0 6
3 0,9
murs extérieurs mur plein briques 23 cm 0 1,7
briques 35 cm 0 1,2
mur creux blocs intérieurs en béton 0 2
lourd, parement en briques,
+ laine minérale 4 0,7
8 0,4
mur creux blocs intérieurs creux en 0 1,4
béton léger, parement en
briques ,
+ polystyrène extrudé 4 0,5
8 0,3

toitures toiture inclinée tuile, sous-toiture en bois 0 3,5


15 mm
+ laine minérale 6 0,6
12 0,3
toiture plate béton 12 cm 0 2,8
+ polystyrène extrudé 6 0,5
10 0,3
planchers plancher sur vide béton + chape : 22 cm 0 2,4
ventilé
+ polystyrène extrudé 4 0,6

plancher sur local non béton + chape : 17 cm 0 2


chauffé
+ polystyrène extrudé 4 0,6
plancher sur sol béton + chape : 15 cm 0 3,2
4 0,7

identifier l’origine des consommations 17


La totalisation des pertes pourra avoir lieu, comme repris dans
l’exemple suivant :

influence des puissance de


surface coeff. k
2 2 locaux non déperdition
(m ) (W / m .K)
chauffés (W / K)

vitrages 400 5,5 2 200

murs extérieurs 1 200 0,6 720

toitures 500 1 500

plancher 500 1,2 2/3 (cave) 400

total : 3 820

estimation des pertes de chaleur par les parois :


3 820 x (15,5°-2°-6°) x 5 800 x 1/1 000 = 166 170 kWh/an

Remarque : le facteur 1/1 000 est utilisé pour passer de Wh en


kWh.

18 identifier l’origine des consommations


étape 3 : estimer les besoins en ventilation
L’énergie nécessaire à la ventilation d’un bâtiment peut à nou-
veau être estimée simplement si on imagine que pendant toute
la saison de chauffe (5 800 heures), de l’air entre dans le bâti-
ment à la température moyenne extérieure saisonnière et doit
être réchauffé jusqu’à atteindre la température moyenne inté-
rieure.

Dès lors :

besoins de chauffage de l’air de ventilation =


0,34 x Volume du bâtiment x b x
écart de température x durée de chauffe

où b est le taux de renouvellement d’air horaire du bâtiment.

On prendra pour b

• 0,65 pour un bâtiment très étanche en site urbain,


• 1 pour un bâtiment peu étanche en site urbain,
• 1,4 pour un bâtiment peu étanche en site rural dégagé.

En reprenant notre exemple de bâtiment (volume chauffé de


6 600 m3) et en supposant un b de 1, on obtient :

Besoins de ventilation =
0,34 x 6 600 x 1 x (15,5° - 2° - 6°) x 5 800 x 1/1 000 = 97 615 kWh

étape 4 : estimer les besoins en eau chaude sanitaire


Le poste chauffage de l’eau chaude sanitaire est un poste très
variable d’une école à l’autre.

Il peut être estimé (source Ademe - France) sur base de be-


soins forfaitaires moyens :
• base : de 2 à 8 kWh/m2 par an, suivant la taille et le type
d’enseignement (ateliers, classes maternelles,...).
• internat : sur base de 35 l/interne/jour à 45°C , on obtient un
besoin de 270 kWh/an/interne, pour l’hébergement de 187 jours
(sans repas).
• cuisine : sur base de 6 l/repas/jour à 45°C, on obtient un
besoin de 46 kWh/an pour un repas par jour durant 187 jours.

identifier l’origine des consommations 19


Remarque : on peut estimer les kWh nécessaires en sachant
que chauffer un litre à 45° demande 0,041 kWh.

Pour obtenir les consommations générées par ces besoins, il


est nécessaire d’intégrer le rendement de production de l’eau
chaude sanitaire. Pour les systèmes à accumulation par boiler
électrique, on prendra un rendement de 60 à 80 % suivant le
degré d’isolation du réservoir et des tuyauteries de la boucle
de distribution.

Pour les systèmes à accumulation alimentés par le chauffage


du bâtiment, un rendement de 40 à 85 % sera choisi,
- 40 % si la chaudière est très ancienne, surdimensionnée, si
la boucle de distribution de l’eau chaude est très longue et
mal isolée, ...
- 85 % si l’installation est récente, bien isolée et que la chauf-
ferie est très proche du lieu d’utilisation.
Ce rendement perd encore de 10 à 20 % d’efficacité si la chau-
dière est maintenue en température en été uniquement pour
les besoins de l’eau chaude sanitaire.

étape 5 : évaluer le rendement de l’installation de


chauffage
A priori, le rendement d’une installation de chauffage est compris
entre 50 % et 85 %. C’est pourquoi, à défaut d’une étude détaillée,
on choisira un rendement moyen de 70 %.

Ce qui fait pencher la balance vers les 85 % :


• une nouvelle chaudière et un nouveau brûleur, respectant les
Labels Optimaz ou HR-Haut Rendement, avec un rendement
instantané de combustion de plus de 90 %,
• des conduites bien isolées,
• un découpage du réseau de tuyauteries conforme aux zones
thermiquement homogènes (un circuit distinct pour la façade
sud, un pour le réfectoire,... )
• la présence d’isolant réfléchissant derrière les radiateurs,
• une régulation par optimiseur (voir brochure sur « La régula-
tion du chauffage dans les établissements scolaires »),
• ...

Ce qui fait pencher la balance vers les 50 % :


• une chaudière de plus de 20 ans, dont le rendement instan-
tané de combustion avoisine les 80 % (voir fiche d’entretien an-
nuel), dont les pertes à l’arrêt sont importantes (on le détecte
par le niveau élevé de la température de l’air en chaufferie), ...
• une chaudière gaz atmosphérique maintenue en permanence
à température par son aquastat,

20 identifier l’origine des consommations


• des tuyauteries en cave non isolées,
• des radiateurs logés en alcôve dans un renfoncement du mur
extérieur,
• un circuit hydraulique unique pour tout le bâtiment,
• ...
Remarque : le rendement peut être meilleur que 85 % s’il est
fait usage d’une chaudière à condensation (chaudière qui ré-
cupère la chaleur des fumées et qui condense la vapeur d’eau
contenue dans les fumées).

Il sera très utile de procéder à une évaluation du rendement


de la chaudière (réalisée obligatoirement lors de l’entretien
annuel des installations à mazout). Attention : il ne faut pas
confondre rendement instantané et rendement saisonnier. La
valeur inscrite au bas de l’attestation d’entretien (dite, attesta-
tion « CEDICOL ») correspond au rendement instantané, la va-
leur moyenne saisonnière est beaucoup plus basse. En quel-
que sorte, une chaudière c’est comme une voiture qui roule
30 % du temps et attend à un feu rouge 70 % du temps, le moteur
au ralenti. Dans ces conditions, il est fort important d’évaluer
également la consommation de ralenti qui va faire baisser la
moyenne ! Il est certain qu’un rendement instantané inférieur à
85 % doit inquiéter le gestionnaire : le rendement saisonnier
est alors probablement inférieur à 70 %...
La technique d’évaluation détaillée du rendement d’une chaudière
est décrite dans le manuel du Responsable Energie (à comman-
der au service publications de la Région Wallonne : 08001-1901).

étape 6 : évaluer les consommations totales


Il est à présent possible d’estimer les consommations tota-
les par la relation :

consommation théorique = (besoins de chauffage +


besoins de ventilation + besoins d’eau chaude) / rendement.

Reprenons l’exemple présenté à l’étape 2.


En supposant que la production d’eau chaude se fasse par des
appareils électriques indépendants, et que le rendement de l’ins-
tallation soit estimé à 70 %, on obtient :

consommation théorique (chauffage du bâtiment ) =


(166 170 + 97 615) / 0.7 = 376 836 kWh / an

Sachant que le Pouvoir Calorifique du mazout est de 10 kWh/litre


(ou que le Pouvoir Calorifique du gaz est de 10 kWh/m3 envi-
ron), on déduit une consommation théorique de 37 684 litres de
mazout ou mètre cube de gaz.

identifier l’origine des consommations 21


Si la consommation réelle diffère de plus de 20 % de la va-
leur théorique calculée ci-dessus, il y a lieu de revoir les hy-
pothèses faites à chaque niveau du calcul. Autrement, un
simple ajustement est possible par règle de trois.

Cette technique permet de conserver l’importance relative des


postes consommateurs, tout en réajustant les consommations
à leur valeur réelle.

Par exemple, la consommation réelle est de 33 000 litres au lieu


des 37 684 calculés : c’est probablement le système de chauf-
fage qui est meilleur que prévu ou la température intérieure équi-
valente qui est un peu plus basse. On peut ajuster les consom-
mations théoriques comme décrit dans le tableau ci-dessous.

Le coefficient d’adaptation est de 33 000/37 684 = 0.88

consom- consom- consom-


coeff.k puissance mation mation mation
surface (m )
2
coefficient
(W/m2.K ) (W/K ) théorique réelle réelle
(kWh) (kWh) (litres fuel)

vitrage 400 5,5 2 200 95 700 0.88 83 806 8 381

murs
1 200 0,6 720 31 320 0.88 27 427 2 743
extérieurs

toitures 500 1 500 21 750 0.88 19 047 1 905

plancher 500 1,2 400 17 400 0.88 15 238 1 524

ventilation 2 244 97 614 0.88 85 482 8 548

sous-total : 263 784 231 000 23 100

pertes
chauffage
113 052 0.88 99 000 9 900
(30 % du
total)

total : 376 836 330 000 33 000

22 identifier l’origine des consommations


Si le fuel est acheté à 7 BEF/ litre, l’économie financière annuelle
suite au remplacement des châssis est donc de 87 000 BEF.

Evolution des consommations

35000

30000

25000
litres de fuel / an
20000 avant
15000 après

10000

5000

l
r

s
s

ta
s

io

rte
ur

re
ge

ch

To
t
M

itu

ila

Pe
tra

an
To

nt
Vi

Pl

Ve
3.3 l’analyse des consommations d’électricité

étape 1 : comprendre le contenu de la facture


Si l’interprétation d’une facture électrique est aisée en Basse
Tension, elle est plus complexe pour le régime Haute Tension.
Reprenons ci-dessous les éléments principaux pour le tarif Bi-
nôme A, le tarif le plus couramment rencontré dans les établis-
sements scolaires. Le tarif horo-saisonnier est également pos-
sible ; il se caractérise par un coût très faible en été, faible en
mi-saison et très élevé en hiver. Le profil de consommation d’une
école trouve donc rarement avantage à ce type de profil.

24 identifier l’origine des consommations


1. principes de base

La facture est mensuelle.


Deux éléments sont facturés :
• la puissance maximale (kW) prélevée au réseau durant le mois écoulé : c’est le
terme de « puissance »,
• l’énergie consommée (kWh) durant le mois : c’est le terme « proportionnel ».

On parle dès lors d’une structure binôme.

Le terme de puissance est destiné à couvrir les charges fixes liées aux investisse-
ments (centrales, réseaux, ...) nécessaires pour assurer la mise à disposition de la
puissance demandée.

Le terme proportionnel couvre les frais directement liés à la production d’énergie


électrique.

Par exemple, le coût facturé par le distributeur pour 1 000 kWh consommés sera beau-
coup plus élevé s’il s’agit de 1 000 kW demandés durant 1 heure que de 1 kW durant
1 000 heures !
• terme énergie (ou « proportionnel ») inchangé : 1 000 kWh = 1 000 kWh
• terme puissance nettement plus élevé : 1 000 kW >> 1 kW

La puissance payée est basée sur la puissance maximale appelée durant un quart d’heure
au cours du mois. Elle est encore appelée « pointe quart-horaire ».
• en « binôme A - éclairage », le kW de pointe revient à ± 450, BEF,
• en « binôme A - force motrice », le kW est facturé à ± 380, BEF, TVAC.

Le tarif « force-motrice » est appliqué si l’on peut justifier que moins de 15 % de la


consommation est utilisée à des fins d’éclairage. Pour le prouver, il faut évaluer les
puissances installées dans les différents équipements.

Il existe également le tarif « électrothermie », encore nettement moins cher, mais il


n’est plus accessible pour de nouveaux contrats. Seuls ceux qui en sont déjà bénéfi-
ciaires peuvent conserver ce tarif avantageux ! C’est la version électrique des droits
acquis !

identifier l’origine des consommations 25


2. les heures de consommation

La tarification fait une distinction entre les termes proportionnels applicables à l’énergie
consommée en Heures Pleines (kWh HP) et celle consommée en Heures Creuses
(kWh HC).
Les Heures Pleines HP représentent les heures de jour en semaine : 15 heures par jour
ouvrable, du lundi au vendredi, à l’exception des jours fériés légaux nationaux. Il y a
quelques variations suivant les distributeurs, mais généralement elles ont lieu de 7h00
à 22h00. Ceci représente 43 % du temps ou 3 765 h/an.

Les Heures Creuses HC représentent les heures de nuit et de week-end : 9 heures par
jour ouvrable, du lundi au vendredi, et 24 heures sur 24 les samedis, dimanches et
jours fériés légaux nationaux. L’heure de passage vers le tarif Heures Creuses varie
suivant les distributeurs, mais généralement, on est en Heures Creuses de 22h00 à
7h00. Ceci représente 57 % du temps ou 4 995 h/an.

3. la consommation d’énergie réactive

La consommation d’énergie réactive est liée à la présence de tubes fluorescents, de


moteurs, ... dans l’installation.
Le cos phi, indiqué en bas de la facture, sert d’indicateur :
Si le cos phi est < à 0,9 la consommation d’énergie réactive est jugée excédentaire et
une pénalité est appliquée par le distributeur.

Le placement de condensateurs de compensation pour réduire la consommation d’éner-


gie réactive est une opération très rentable grâce à la suppression de la pénalité :
l’investissement est rentabilisé en 6 mois généralement, maximum en 1 an.

4. le prix plafond pour le binôme A

Si le diagramme de charge est très « pointu » (la cuisine collective qui « tire » à midi,
par exemple), le coût de la pointe de puissance sera très important dans le coût final
du kWh !

Le distributeur a dès lors prévu un prix « plafond » maximal pour le kWh aux Heures
Pleines, applicable pour le tarif binôme A.

En pratique, il calcule le prix moyen du kWh HP :

(coût de la pointe + coût des kWh HP)/(nbre de kWh HP)

Si ce prix est supérieur à la valeur du « prix plafond », c’est celui-ci qui sera appliqué.

26 identifier l’origine des consommations


Pour plus d’informations sur la tarification, la gestion de la pointe
quart-horaire, le placement de condensateurs de compensa-
tion de la consommation réactive,... on consultera la brochure
« Gestion de la pointe quart-horaire » dans la même collec-
tion.

étape 2 : comprendre l’origine des consommations


Il est difficile de répartir la consommation électrique, vu la
multiplicité des consommateurs.

Plusieurs possibilités apparaissent :


• procéder à un enregistrement de la charge électrique
tout au long d’un mois. Cela met en évidence les moments
de pointe, la consommation de nuit, la consommation de week-
end,...

L’enregistrement peut être demandé gratuitement auprès


d’Electrabel ou de l’Institut Wallon (dans la mesure de leurs
disponibilités), ou peut être demandé à un bureau d’études
spécialisé (coût : +/- 30 000 BEF, analyse comprise)
• placer des compteurs de passage sur les principales lignes.
On notera que ce type de compteur constitue également un
outil de motivation dans le cadre d’une future sensibilisation
des occupants d’un bâtiment. Ainsi, la motivation d’une
« équipe cuisine » passe par la possibilité de leur communi-
quer l’évolution de la consommation de la cuisine.
• utiliser le compteur général de l’installation, si on peut
mesurer une à une les consommations de chacun des cir-
cuits en jouant avec les disjoncteurs des tableaux divisionnai-
res. Pendant les heures de cours, cela pose de réels problè-
mes ! Mais pour découvrir l’origine des consommations de
nuit ou de week-end, la coupure successive de chaque circuit
est efficace.
• à défaut, mesurer le courant dans les principaux départs
de l’installation avec une pince ampèremétrique.

identifier l’origine des consommations 27


Attention au cos phi de certains appareils comme les moteurs,
les lampes fluorescentes, ... ! La puissance active des appa-
reils alimentés en alternatif est donnée par P = U x I x cos phi ;
il ne suffit donc pas de multiplier le courant mesuré par 220
Volts pour obtenir la puissance.
• visiter le bâtiment en dehors des périodes de fonction-
nement normales (en soirée, un samedi,...). OK, il faut être
vachement mordu par l’énergie, mais on en découvre des équi-
pements en fonctionnement pour rien !!!
• répertorier les équipements présents dans le bâtiment,
mesurer ou évaluer leur puissance, leur donner une durée de
fonctionnement, et tenter de retrouver le bilan total de con-
sommation, comme montré dans le tableau ci-dessous :

énergie énergie
heures de heures
heures de consommée consommée
équipement puissance nuit en de week-
jour heures heures
semaine end
pleines creuses

circulateur 0,3 kW 5 x 15 h 5x9h 2 x 24 h 22,5 kWh 27,9 kWh


éclairage extérieur 2 kW 0 5x9h 2 x 10 h 0 kWh 130 kWh
... ...

Ce calcul est difficile à réaliser pour les consommations en heures


pleines, mais il est fort utile à faire pour les heures creuses : cela
motive l’achat de quelques horloges pour couper les consom-
mations parasites ! Attention au gel : certaines coupures doivent
être limitées par l’action d’un thermostat d’ambiance de contrôle !
On est aidé dans ce travail par la connaissance de certaines con-
sommations-type d’appareils.
Par exemple, la consommation :
• d’un distributeur de boissons froides est de 400 kWh par an,
• d’un distributeur de boissons chaudes pour bureaux (1 kW) :
800 kWh/an,
• d’un distributeur de boissons chaudes pour cantine sco-
laire (3 kW) : 1 500 kWh/an.
Il existe un appareil de mesure qui s’insère entre l’appareil con-
sommateur et la prise de courant (un peu comme une allonge).
Il fournit puissance et consommation pour tous les équipements
traditionnels (c’est l’occasion de voir si le frigo n’est pas à rem-
placer !). Certaines régionales d’Electrabel peuvent prêter ce
type d’appareil de mesure. L’institut Wallon également, si vous
vous engagez à leur faire part de vos résultats de mesure,... qui
viendront enrichir la banque de données !

28 identifier l’origine des consommations


étape 3 : repérer une pointe quart horaire excessive
(en régime Haute Tension)

diagramme des charges montrant l’évolution de la pointe quart horaire.

L’enclenchement simultané des groupes frigorifiques de 9h15


à 9h45 a provoqué une pointe de 196 kW qui, pour le tarif « bi-
nôme A-force motrice », se chiffre par un supplément du terme
puissance de l’ordre de 60 000,-BEF.

La structure « binôme » de la tarification entraîne le paiement


des kWh consommés (énergie) mais également des kW appe-
lés (= puissance). Des économies tarifaires, financières, sont
donc possibles si l’on parvient à « lisser » le diagramme de
charge. L’enregistrement de la charge est le meilleur instrument
pour détecter l’importance de la pointe mais la facture peut déjà
permettre d’orienter les réflexions, à partir de deux outils :

1. la durée d’utilisation mensuelle


Un premier indicateur nécessaire pour évaluer l’intérêt de ré-
duire la pointe est le rapport U exprimé ci-après par :

durée d’utilisation U en h = consommation en kWh HP/


pointe quart horaire en kW

Remarque :
Il s’agit donc bien du rapport entre les kWh en Heures Pleines
et les kW de pointe. A ce titre, il se distingue du coefficient
d’utilisation repris dans le bas de la facture électrique men-
suelle, sous l’appellation « UTILISATION USAGES GENE-
RAUX », qui regroupe les kWh en Heures Pleines (jour de se-
maine) et les kWh en Heures Creuses (nuit + week-end).

identifier l’origine des consommations 29


Pour un mois de consommation donné, la figure ci-dessous
fournit le prix d’achat du kWh en fonction de ce rapport U :

On peut y remarquer l’importance de la pointe quart horaire


dans le coût du kWh : le prix du kW de pointe est relativement
moins important si U est grand, c’est-à-dire si le profil d’utili-
sation est assez régulier.

Au maximum, la durée d’utilisation est égale à 315 heures,


soit le nombre total d’heures pleines par mois. Dans ce cas, le
diagramme des charges est plat, la pointe est égale à la puis-
sance moyenne.

D’autre part, pour une durée d’utilisation inférieure à 120 heu-


res environ, on atteint le prix plafond où l’effet de pointe est
plafonné. A ce moment, la facture est basée sur le nombre de
kWh consommés (la pointe n’intervient plus).

Si bien que lorsque le U est inférieur à 80 heures (pointe très


élevée), les efforts à consentir pour étaler la demande seront
importants et risquent d’être peu récompensés financièrement:
le prix plafond restera d’application tant que U ne dépassera
pas 120 heures.

exemple :
une école, avec une préparation des repas « tout électrique » :
la pointe de 11 heures sera très importante par rapport au
restant de la journée.

Au-delà de 80 heures et en deçà de 200 heures d’utilisation


mensuelle, une gestion de la pointe est à envisager

30 identifier l’origine des consommations


2. le ratio W / m²
Il est possible de rapporter la pointe quart horaire maximale à
la surface du bâtiment et de la comparer à celle donnée par
une enquête au sein des immeubles de bureau de la Région
Wallonne : le ratio oscille entre 7 et 20 W/m2.

Pointes quart horaires maximum dans les bâtiments de la Région


Wallonne.

remarques :
• ces valeurs sont données à titre indicatif puisqu’elles cor-
respondent à un parc de bâtiments particulier. Ce ne sont pas
des écoles. Nous devons, dans les années futures, établir une
statistique de ce type pour les écoles et toute collaboration,
via une association d’économes par exemple, serait la bien-
venue.
• la valeur de 7 W/m² est réalisée dans un bâtiment nouveau
où, dès la construction, l’effort a été mis en matière de limita-
tion des puissances installées (dimming de l’éclairage, déles-
tage automatique,...). Pour plus d’informations sur ce bâtiment,
on peut contacter Claude Rappe du Service de l’Energie de la
Région Wallonne (081/32.15.69).

***

identifier l’origine des consommations 31


32 identifier l’origine des consommations
4 repérer les mesures les plus
rentables

« Agir, oui, mais par où commencer ?... »

4.1 définir les principaux projets économiseurs


d’énergie

Passons en revue les mesures les plus pertinentes et pour les-


quelles certains établissements scolaires ont déjà engrangé des
résultats tangibles.

• remplacer une ancienne chaudière


Le remplacement d’une chaudière « à bout de course » est
l’action « énergie » la plus rencontrée dans les écoles, par
souci d’économie d’énergie ou par remplacement d’une ins-
tallation défectueuse.

Nombreux sont ceux qui vantent les mérites des vieilles chau-
dières en fonte (fin des années 60) : « elles sont increva-
bles » ! Et pourtant, elles ne brillent pas par leurs performan-
ces. Leur rendement de production moyen saisonnier est voi-
sin de 60 %, ce qui s’explique par :
• des pertes à l’arrêt importantes
• un surdimensionnement pouvant dépasser les 100 %.

Remplacer ces vieilles chaudières dès à présent permet d’éco-


nomiser de l’ordre de 20 % de la consommation annuelle. Le
rapport entre le budget de rénovation et le montant représenté
par 20 % de la consommation permet de trouver le temps
d’amortissement du projet en années, entre 5 et 10 ans géné-
ralement. Après cette période, c’est tout bénéfice !

D’autant que la nouvelle chaudière sera d’une puissance infé-


rieure à la puissance actuelle : jusque dans les années 70,
toutes les chaudières étaient largement surdimensionnées. En
fait, un surdimensionnement de 20 % est suffisant pour assu-
rer en toutes circonstances la relance du lundi matin. On peut
exiger du bureau d’études ou de l’installateur un calcul de la
puissance suivant la norme NBN 62-003, norme précisant le
calcul des déperditions d’un bâtiment. Pour plus de détails
concernant le choix d’une nouvelle chaudière, on consultera
la brochure « réagir en situation d’urgence » dans la même
collection, brochure qui part de la constatation angoissante :
la chaudière vient de rendre l’âme et il gèle dehors !... 

repérer les mesures les plus rentables 33


• réguler l’installation de chauffage
Le régulateur est au chauffage ce que l’accélérateur est au
moteur d’une voiture : l’instrument qui permet de fournir en
permanence la puissance adaptée aux besoins !

Une telle adaptation précise de la fourniture de chaleur aux


besoins réels se justifie largement suite aux spécificités des
établissements scolaires :
- diversité des locaux et des exigences de confort (halls de
sport, classes, réfectoires, locaux administratifs, ateliers,...),
- occupation essentiellement intermittente,
- importance des apports de chaleur gratuits liés à l’occupa-
tion des locaux ou à l’ensoleillement.

C’est pourquoi une stratégie efficace de régulation doit être


mise en place :
• disposer de circuits séparés pour desservir des zones aux
besoins thermiques différents (différents par l’orientation, par
les périodes d’occupation, par les activités diférentes)
• réguler ces circuits en fonction soit des conditions climati-
ques extérieures, soit des besoins internes, soit d’une combi-
naison de ces deux facteurs, et ceci au degré près : un degré
de trop, c’est 8 % de consommation supplémentaire.
• prévoir une programmation horaire de ces circuits, éven-
tuellement au moyen d’un régulateur-optimiseur qui valorisera
au mieux les coupures du soir, du week-end ou des congés
scolaires. On entend parfois la réflexion : « cela ne sert à rien
de couper le chauffage durant la nuit, la chaleur économisée
est repayée en début de journée suivante pour recharger les
murs ! ». C’est faux. En fonction de l’inertie du bâtiment et de
son degré d’isolation, le gain réalisé par une coupure la nuit
et le week-end varie entre 15 et 40 % par rapport à une situa-
tion de chauffage continu. Un simple ralenti de nuit (abaisse-
ment de la température de l’eau circulant dans les radiateurs)
est beaucoup moins efficace.
• placer des « régulateurs de finition » dans chaque lo-
cal : ce sont les vannes thermostatiques qui pourront au
mieux récupérer les apports gratuits venant du soleil ou des
occupants. Elles peuvent être programmables et programmées
pour ne chauffer que durant les quatre heures hebdomadai-
res d’ouverture de la bibliothèque, par exemple.
• et ceci sans oublier de réguler la production en chauffe-
rie, par une régulation de la cascade de chaudière. On cons-
tate souvent la présence dans les établissements scolaires de
deux chaudières. La plupart du temps, une seule chaudière
suffit pour couvrir les besoins. Alors, pourquoi prendre un
camion alors que la camionnette suffit ! Seulement, il faut

34 repérer les mesures les plus rentables


qu’une véritable cascade soit organisée. Les chaudières ne
doivent pas s’enclencher simultanément lorsque de la cha-
leur est demandée. Lorsqu’une chaudière est à l’arrêt, l’eau
chaude ne doit pas la traverser (une coupure hydraulique de
la chaudière doit avoir lieu). Enfin, la température de l’eau de
la chaudière doit suivre l’évolution des besoins du bâtiment.
On trouve encore bien souvent des chaudières maintenues
sur leur aquastat toute l’année à température élevée, pour le
cas où...
• si le découpage hydraulique ne correspond pas aux be-
soins des différentes zones, des astuces sont possibles no-
tamment par l’utilisation de vannes de zones. A ce propos
et pour plus de détails concernant ce qui précède, on consul-
tera la brochure « La régulation du chauffage dans les bâti-
ments scolaires » dans la même collection.

• isoler les tuyauteries


Imaginons une tuyauterie non isolée d’1 pouce, soit 2,7 cm
de diamètre extérieur, parcourue par de l’eau à 70°C dans
une cave à 15°C. Elle perd 60 Watt/mètre courant vers l’am-
biance !
Sur le plan énergétique, chaque mètre de tuyauterie pourrait
être remplacé par une lampe de 60 Watts qui brûlerait en per-
manence... !
Il suffit de 2 cm d’isolant pour faire chuter cette consomma-
tion au quart de sa valeur.

• isoler les combles


Dans les bâtiments anciens, une des actions les plus renta-
bles consiste à isoler le plancher des combles non occupés.
Cette opération peut rapidement être réalisée en déroulant un
matelas de laine minérale. Si les greniers ne servent pas à
l’entreposage, l’investissement est minime. Si les greniers sont
utilisés, il faudra prévoir la pose complémentaire d’un plan-
cher en aggloméré sur chevrons.
L’isolation des pans de la toiture est également possible et
rentable. Pour plus de détails, on se référera à la brochure
relatant une étude de cas d’isolation d’une toiture inclinée,
dans la même collection. Le CSTC (Centre Scientifique et Tech-
nique de la Construction) a également publié des Notes d’In-
formations Techniques précises sur ce sujet.

• remplacer les simples vitrages par les doubles


vitrages
Le remplacement des vitrages n’est pas « rentable » au sens
financier du terme. Un temps de retour de plus de 20 ans est
nécessaire, suite au coût élevé des nouveaux châssis. Cepen-
dant, une rénovation des fenêtres apporte un confort accru (éli-
minations des infiltrations d’air, diminution de l’effet de paroi
froide) et permet de donner un nouveau look à la façade !

repérer les mesures les plus rentables 35


Il faut savoir que des doubles vitrages dits « à basse
émissivité » sont actuellement disponibles. Ils ont un coeffi-
cient de transmission thermique de 1,5 W/m2.K, contre 3 pour
les doubles vitrages ordinaires et 6 pour les simples vitrages.
Le léger supplément de prix est rapidement amorti par les
économies d’énergie engendrées, d’autant qu’une négocia-
tion commerciale permet de faire chuter ce prix, parfois artifi-
ciellement majoré en tant que « nouveau produit ».

• placer des horloges


Une horloge s’amortit en moins de temps qu’il n’en faut pour
faire les calculs !

On peut envisager de mettre sous programmation horaire de


nombreux postes consommateurs. Les éléments suivants peu-
vent donner des pistes de solution :

- éclairage
• éclairage extérieur => interrupteur crépusculaire ?
• extinction automatique en fin de journée ?
• fonctionnement par détecteur de présence ?
• ...

- ventilation
interrupteur crépusculaire
• arrêt des extracteurs sanitaires ?
• arrêt de la ventilation des locaux non utilisé ?
• fonctionnement par détecteur de présence ?
• fonctionnement à deux vitesses ?
• regroupement des locaux utilisés la nuit ? 

- eau chaude sanitaire


• arrêt du circulateur de la boucle d’ECS ? (peut-on admettre
interrupteur horaire un temps d’attente avant d’obtenir de l’eau chaude la nuit ?)

- chauffage
• arrêt du circulateur de chauffage la nuit, le week-end ?
(avec un thermostat pour limiter tout risque de gel).

- réfrigération
• arrêt de certains équipements (le réfrigérateur des locaux
administratifs qui ne contient que des éléments non périssa-
bles (boissons) peut-il être arrêté le week-end ? et le distribu-
teur de boissons froides du couloir ?)

36 repérer les mesures les plus rentables


• rénover l’éclairage
Il y a généralement beaucoup de choses à faire dans l’éclairage
des écoles, mais ce n’est pas forcément rentable !

En effet, la situation de départ est souvent très inconfortable


(éclairement seulement de 100 lux dans les classes...) alors
qu’une rénovation devra rétablir un confort décent soit 400 lux.
Malgré le placement de lampes et de luminaires beaucoup plus
performants, il apparaît un statu quo, voire une augmentation
de la consommation !

En fait, il faut repérer le niveau actuel de puissance spécifique


installée (*) : s’il dépasse 20 W/m2, une rénovation de l’éclai-
rage sera rentable car actuellement on atteint les 400 Lux avec
10 W/m2. Des indices de mauvaise rentabilité de l’installation
existante sont donnés par la présence de tubes nus, de tubes
de 38 mm de diamètre, de diffuseurs opalins, l’absence de ré-
flecteurs métalliques au dessus des tubes, ...

Cette rénovation, non seulement permettra une amélioration de


l’éclairage des tables de travail, mais en plus permettra une
meilleure lisibilité du tableau par un éclairage adéquat.
Pour aller plus loin, on peut :
• consulter la brochure « l’éclairage dans les écoles », com-
plétée par la brochure sur la rénovation de l’éclairage en gé-
néral : toutes les précisions sont données sur la mise en place
d’un éclairage de qualité et économe.
• consulter Electrabel qui est actif dans la promotion du
« relighting », via la subsidiation des investissements et des
frais d’études. Quelques classes types ont été rénovées afin
de servir de locaux-témoins.

• surveiller et comptabiliser
Si un passage le soir ou le week-end dans l’école permet de
bien se rendre compte de l’efficacité de la régulation, on peut
également repérer une dérive des consommations grâce à un
suivi mensuel. Le logiciel COMEBAT mis au point par la Région
Wallonne et disponible gratuitement en s’adressant à l’Institut
Wallon, peut aider à organiser ce suivi : il ramène la consom-
mation de chaque mois à un mois climatique type, pour rendre
la consommation comparable et pour pouvoir détecter graphi-
quement des dépassements éventuels.

• sensibiliser les occupants


« Le meilleur des régulateurs ne peut rien contre une fe-
nêtre qui reste ouverte dans une classe ». La collabora-
tion des enseignants et des élèves, quoique difficile à ob-
tenir, reste un des modes d’action possible, pratiquement
sans dépenser un franc.

* Cette puissance se mesure par l’addition des puissances de tous les luminaires, majorée de 20 % pour

tenir compte des ballasts traditionnels.

repérer les mesures les plus rentables 37


Lancer une campagne de sensibilisation, c’est possible.
La ville de Charleroi a pu ainsi faire diminuer de 8,7 % en
moyenne la consommation dans huit établissements sco-
laires test. La brochure sur « La sensibilisation des occu-
pants » peut vous aider à mettre en place une telle cam-
pagne. Mais il faut se dire que c’est une action permanente,
que la cause ne sera jamais définitivement acquise, ... Il
suffit de voir que Coca Cola continue en permanence ses
spots publicitaires...

Une solution consiste peut-être a miser sur l’enthousiasme


des adolescents,
• soit en les motivant par une action de préservation de
l’environnement : « diminuer concrètement la produc-
tion de CO2, cela passe aussi par mon école ». L’asbl
COREN peut aider à mettre sur pied un tel projet, dans le
cadre de leur action  « écoles pour demain » (tel : 02/
640.53.23).
• soit en les motivant par un partage des bénéfices :
50 % de l’économie pour l’école, 50 % pour la classe qui
aura soutenu la campagne de sensibilisation durant toute
l’année. De quoi financer un voyage en fin d’année ! Cela
peut constituer le thème d’un projet de mini-entreprise
au sein de la classe, les uns s’occupant de la publicité,
les autres étudiant les aspects techniques, ... en colla-
boration avec le prof de sciences et/ou d’électricité. Un
soutien technique à la mise en place d’un tel projet peut
être donné par Jacques Claessens à l’UCL (010/47.21.45)

• mettre en place un responsable énergie


La gestion de l’énergie demande du temps. La situation ne
peut être améliorée que progressivement. Le plan d’action
sera pluriannuel.

Et toute action de longue haleine doit être portée par une


personne : l’économe, un éducateur qui a la fibre écologi-
que, le responsable technique, un prof de physique, un
enseignant de cours technique, ...

L’institution doit lui reconnaître un statut particulier, celui


de Responsable Energie. A ce titre il coordonne l’ensem-
ble de la gestion énergétique du bâtiment, au niveau :

• des actions de suivi comptable des consommations,


• de l’animation des campagnes de sensibilisation,
• de l’amélioration technique du bâtiment et de ses
équipements.

38 repérer les mesures les plus rentables


Ceci ne l’empêche nullement de déléguer une partie de cette
tâche en fonction de ces compétences. L’essentiel est de tenir
le cap !

4.2 estimer les temps de retour

Les chiffres ci-dessous sont approximatifs. Ils demanderaient à


chaque fois une analyse détaillée qui intégrerait les données
particulières de chaque bâtiment. Mais il sont là pour fixer les
ordres de grandeur.

A noter que ce bilan devra également tenir compte :


• de l’existence de subventions accordée par le Service de
l’Energie de la Région Wallonne pour les établissements sco-
laires : 20 % des investissements économiseurs d’énergie sont
accordés dans le programme ECHOP.
Pour plus d’informations, contacter monsieur Le Ba au 081/
32.15.69.
• des subsides d’Electrabel pour des projets économiseurs
d’énergie d’électricité comme la rénovation de l’éclairage, l’uti-
lisation de délesteurs de charge ou l’application de la vitesse
variable sur les moteurs.
• des interventions éventuelles des compagnies gazières dans
la rénovation des chaufferies pour autant que la conversion
du fuel au gaz soit décidée.

Projet Economie annuelle Temps de retour

- remplacement de chaudière 20 % de la consommation globale 5....10 ans


de plus de 20 ans

- régulation en cascade de chaudières 3 % de la consommation globale 2 ... 4 ans


(avec isolation hydraulique des
chaudières à l’arrêt)

- intermittence du chauffage 10...30 % de la consommation globale 1 an

- diminution des consignes de 1 °C 8 % de la consommation globale 0 an

- isolation des tuyauteries dans 100...300 BEF / m de tuyau 1 an


les locaux non chauffés

2
- isolation des allèges derrière 200 BEF / m 1 an
les radiateurs

repérer les mesures les plus rentables 39


Projet Economie annuelle Temps de retour
2
- isolation des murs extérieurs 120...150 BEF / m 15 ... 25 ans

2
- remplacement des simples vitrages 300 BEF / m 25 ans
par des doubles vitrages

2
- isolation du plancher des combles 130 BEF / m 2...5 ans

- rénovation complète 3...6 ans


de l’éclairage

- réalisation d’une campagne 0...20 % de la consommation globale 0 an


de sensibilisation

***

40 repérer les mesures les plus rentables


5 établir un plan d’action

Le chapitre 3 donne les éléments d’analyse de la consomma-


tion d’un bâtiment donné. Le chapitre 4 précise les lieux d’inter-
vention les plus rentables, a priori.

A présent, il reste à intégrer le bilan énergétique et les mesu-


res les plus rentables pour établir un plan d’action plurian-
nuel, valable pour un établissement scolaire particulier.

L’idée est de pondérer les économies potentielles par la con-


sommation de chaque poste consommateur. A chacun de déci-
der les mesures les plus adéquates pour son établissement et
de proposer au P.O. un programme d’intervention pour les 5
prochaines années.

L’investissement dans les projets économiseurs d’énergie est


un des rares postes budgétaires qui rapporte de l’argent ou
qui, au minimum, s’auto-rembourse durant sa durée de vie, tout
en apportant très souvent une amélioration du confort pour les
occupants. Placer un ferme-porte automatique, rénover la ré-
gulation du chauffage, ... ce ne sont pas des dépenses, ce sont
des achats remboursés par l’économie réalisée.

Contrairement aux idées reçues, c’est aujourd’hui qu’il faut


investir, tant que le prix du fuel reste bas. Tout économiste
sait qu’un produit qui se raréfie augmente de prix. Demain (dans
10 ans, dans 20 ans, personne ne le sait, mais ce n’est pas si
long dans la vie d’une école...), le prix de l’énergie augmentera
et votre école risque d’être étranglée par le coût des consom-
mations. Vous ne disposerez plus alors de marge de manoeu-
vre pour investir...

Si vous le souhaitez, dans le cadre des actions de promotion des économies d’éner-
gie financées par la Région Wallonne, une aide à la réalisation de ce plan d’action
peut vous être apportée gratuitement. Contacter l’Institut Wallon au 081/25.04.80
en demandant Pascal Ons ou Fabrice Derny.

***

établir un plan d’action 41


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notes

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Dans la même collection :
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• L’éclairage dans les écoles
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• La régulation des installations frigorifiques de climatisation
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• Mesure de la consommation du fuel
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• Types de châssis

Etudes de cas
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Tél. : 010/47.21.42

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tution via des formations, des conseils méthodo-
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