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LA TRADUCTION DES ATTENTES DES PARTIES PRENANTES EN

RSE EN INDICATEURS DE LA GLOBAL REPORTING INITIATIVE :


VERS UN MODE CONSULTATIF DE LA GESTION DES PARTIES
PRENANTES
Yasmina Sahed-Granger et Anne-Laure Boncori

Management Prospective Ed. | « Management & Avenir »

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2014/2 N° 68 | pages 73 à 91
ISSN 1768-5958
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La traduction des attentes des Parties
Prenantes en RSE en indicateurs de la Global
Reporting Initiative : vers un mode consultatif
de la gestion des parties prenantes28

par Yasmina Sahed-Granger29


et Anne-Laure Boncori30

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Résumé
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Cet article soulève la question de l’identification des indicateurs traduisant


les attentes des parties prenantes en matière d’engagement des entreprises
en Responsabilité Sociale. Nous tentons d’y répondre à travers une
démarche consultative qui s’appuie sur le référentiel de la Global Reporting
Initiative (GRI). Les résultats de cette étude montrent la convergence des
attentes des différentes parties prenantes et permettent de proposer une
méthodologie applicable par toute entreprise pour intégrer et hiérarchiser, à
travers un mode consultatif, les attentes des parties prenantes.
Abstract

This research aims at identifying the GRI indicators which translate the
stakeholder expectations on CSR, through a consultative process. The
results of this study show 1) the convergence of stakeholder expectations
and 2) the efficiency of the consultative approach to integrate and order the
stakeholder expectations.

D’une manière générale, les entreprises sont de plus en plus sollicitées par leurs
parties prenantes dans la prise en compte de leur environnement et dans leur
création de valeur sous un mode durable. Cet état de fait est renforcé par la
diffusion d’une approche « orientée business » de la Responsabilité Sociale des
Entreprises (RSE), laquelle se déploie notamment par le recours à des référentiels
de gestion et par l’intermédiaire des critères des agences de notation (Capron et
Quairel-Lanoizelée, 2010).

Qui plus est, la multiplication de différentes obligations légales en matière de


RSE prévoit de plus en plus la prise en compte des parties prenantes par les
entreprises dans leurs politiques (Loi NRE  ; Lois Grenelle 1 et 2  ; norme ISO
26 000). Plus précisément, cet appareil législatif, réglementaire et normatif
28. Cet article a été retravaillé tant dans le fond que dans la forme à la suite de deux communications données aux colloques de
l’ADERSE 2012 et du RIODD 2012. En particulier, la partie empirique a été enrichie par des entretiens supplémentaires, confortant un
peu plus en avant les résultats de cette recherche.
29. Yasmina Sahed-Granger, INSEEC Business School, yasmina.sahed@inseec-france.com
30. Anne-Laure Boncori, INSEEC Business School, alboncori@groupeinseec.com

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préconise, au moyen d’une consultation des parties prenantes (PP), l’intégration


de leurs attentes. Au cœur du dispositif est en jeu la réalisation d’un rapport
de gestion rendant compte de leurs actions en matière sociale, sociétale et
environnementale ; par là-même, se joue la crédibilité des entreprises au regard
des parties prenantes. Aussi, la question des indicateurs et critères à prendre en
compte dans la construction de ce rapport et dans le dialogue avec les parties
prenantes est cruciale pour bon nombre d’entreprises (André et al., 2011).

Au regard des difficultés exprimées par les managers sur le choix d’indicateurs

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pertinents rendant compte de leurs politiques de RSE (Swaen et Vanhamme,
2005  ; Essid et Berland, 2010) et dans le cadre des insuffisances soulevées
par la littérature concernant l’identification et la catégorisation des attentes des
parties prenantes selon leurs rôles et statuts (Wolfe et Putler, 2002  ; Capron
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et Quairel-Lanoizelée, 2003  ; Rasolofo-Distler, 2011), nous soulevons dans


cette recherche la question des indicateurs traduisant les attentes des parties
prenantes en matière d’engagement des entreprises en Responsabilité Sociale.

A l’exception des travaux de Baret (2011) portant sur la construction d’un référentiel
d’indicateurs extra-financiers spécifique au secteur «  banque-assurance  »,
aucune recherche n’a présenté de traduction des attentes des parties prenantes
en indicateurs de reddition dans le cadre d’un reporting social. Par indicateurs de
reddition, il faut entendre ici les indicateurs permettant de mesurer la performance
d’une organisation en matière de RSE et de rendre des comptes aux parties
prenantes de cette même organisation (Gond et Igalens, 2008). L’objectif de cette
étude à caractère exploratoire est de proposer une mise en correspondance des
attentes des parties prenantes identifiées avec des indicateurs de suivi et de
reddition issus du référentiel de la Global Reporting Initiative (GRI). Ce référentiel
correspond au socle normatif le plus avancé et le plus utilisé par les acteurs dans
l’élaboration du rapport extra-financier (Igalens et Joras, 2002 ; Capron et Quairel
Lanoizelée, 2003, 2010).

Après avoir présenté la façon dont la littérature traite de la notion des parties
prenantes et de leurs attentes en matière d’engagement social, sociétal et
environnemental des entreprises, nous décrivons l’étude empirique exploratoire
que nous avons conduite pour répondre aux limites identifiées par cette même
littérature. 19 entretiens semi-directifs furent menés à cet effet. Nous terminons
par la présentation et discussion des résultats.

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La traduction des attentes des Parties
Prenantes en RSE en indicateurs de la Global
Reporting Initiative : vers un mode consultatif
de la gestion des parties prenantes

1. Les attentes des Parties Prenantes en matière d’engagement


RSE : cadre théorique

Bien qu’ayant donné naissance à un courant de recherche particulier dès les


années 1950 (Pasquero, 2005), la littérature sur la RSE, trouve ses racines dans
les réflexions menées sur la responsabilité sociale des hommes d’affaires de la
société nord-américaine de la fin du 19ème siècle (Heald, 1970 ; Miller et O’Leary,
1989). Il s’agissait par là de rendre compte du poids croissant de la «  grande
entreprise  » dans la société américaine (Miller et O’Leary, 1989). Sans que le

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concept de parties prenantes ne soit alors évoqué en tant que tel, les premières
idées de responsabilité sociale des entreprises et de leurs dirigeants véhiculent
la notion d’acteurs externes à la prise de décision et à la gestion des entreprises
tout en étant impliqués et concernés par ces dernières.
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1.1. Emergence et intégration du concept des Parties Prenantes


au sein de la littérature sur la Responsabilité Sociale31 des
Entreprises
L’exercice de définition conceptuelle de la RSE se réfère à l’ouvrage fondateur
de Bowen de 1953, pierre angulaire posée à l’édifice conceptuel de la RSE par
l’exercice synthétique qu’il propose (Acquier et Gond, 2007). Il est pleinement
consacré dans les années 1960 (Carroll 1979). La RSE recouvre alors les
décisions, politiques et actions menées par les dirigeants et managers selon des
mobiles et motivations se situant au moins de façon partielle au-delà des intérêts
économiques de la firme (Davis, 1960). Une définition pivot de la RSE est celle
apportée par Carroll (1983) qui dépeint cette forme particulière de responsabilité
comme une façon de gérer l’entreprise «  de telle façon qu’elle soit profitable
économiquement, qu’elle respecte la loi et qu’elle respecte l’éthique ». La RSE
comprend alors responsabilités économique, légale, éthique et philanthropique
(Carroll, 1979).

A partir des années 2000, la définition du concept et du champ de la RSE inclut


la notion de parties prenantes en faisant référence à l’impact des activités des
entreprises sur leur environnement et sur leurs externalités (Van Marrewijk,
2003). Comme le soulignent la plupart des travaux précités, la RSE implique
nécessairement et par définition la prise en compte des attentes de tous les
acteurs internes (actionnaires, salariés, syndicats) et externes à l’entreprise
(clients, fournisseurs, actionnaires, créanciers, société civile) qui peuvent être
affectés par son fonctionnement (Freeman, 1984)  ; en ce sens, les concepts
de RSE et de parties prenantes sont étroitement liés (Mercier, 2010 ; Capron et
Quairel-Lanoizelée, 2010).
31. Nous traduisons littéralement «  corporate social responsibility  » par la responsabilité sociale de l’entreprise, en intégrant sous
l’épithète « sociale » à la fois le volet social et le volet sociétal de la responsabilité incombée aux entreprises.

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1.2. De la définition des Parties Prenantes à leur gestion


Actualisés par Freeman, le terme et la notion de parties prenantes apparaissent
pour la première fois dans la littérature managériale dans une note du Stanford
Research Institute datant de 1963 (Mercier, 2010). Leur théorisation date, en
revanche, des travaux de Freeman et Reed (1983) et de l’ouvrage fondateur de
Freeman (1984).

D’une façon générale, la théorie des parties prenantes présente l’entreprise comme
le réceptacle ou le berceau d’intérêts coopératifs ou concurrents (Donaldson et

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Preston, 1995  ; Martinet et Reynaud, 2004). Comme l’avance Mercier (2010),
la notion de partie prenante a été conçue historiquement dans le but de faire
prendre conscience aux dirigeants des entreprises de l’importance de la prise
en compte stratégique et de la gestion des groupes ou individus concernés
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par l’impact économique, social, environnemental et sociétal des décisions


et activités de l’entreprise. Cependant, la définition même de ces groupes ou
individus constituant les parties prenantes fait débat au sein de la littérature.

En effet, la littérature ne propose pas de consensus en matière de définition des


parties prenantes. La définition la plus large est due aux écrits de Freeman qui,
en se fondant sur la notion d’intérêt (Mercier, 2010), associe la notion de partie
prenante à « tout groupe ou tout individu qui peut affecter ou être affecté par la
réalisation des objectifs d’une organisation » (Freeman, 1984 : p. 48 ; traduction).
A l’extrémité, on trouve des définitions bien plus étroites comme celle liant les
parties prenantes à la notion de risque : les PP sont des groupes ou individus
qui supportent volontairement (partie prenante primaire) ou involontairement
(partie prenante secondaire) un risque (Hill et Jones, 1992). Hill et Jones (1992)
ajoutent qu’elles se distinguent les unes des autres selon ce qu’elles contribuent
à l’entreprise. Quand l’actionnaire apporte des capitaux à l’entreprise, les
collaborateurs apportent par exemple du temps, des compétences et du capital
humain. Il en va ainsi de chaque partie prenante.

L’absence de réel consensus en matière de définition des parties prenantes


s’explique en partie par le fait que la théorie des parties prenantes est irriguée
par différents courants qui apportent tour à tour des perspectives et des éléments
complémentaires, parfois antagonistes. Certains travaux rendent compte d’une
théorie descriptive des parties prenantes (Donaldson et Preston, 1995) dont l’objet
est de décrire et d’expliquer des comportements organisationnels spécifiques qui
sont en lien avec l’existence de parties prenantes. Ces travaux peuvent revêtir
une approche normative et éthique, tandis que d’autres s’apparentent à une
perspective instrumentale de la théorie des parties prenantes (Damak-Ayadi et
Pesqueux, 2003).

Dans le cadre d’un manque de consensus, l’exercice pluriel de définition du


concept de parties prenantes s’accompagne dans la littérature d’un exercice de

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La traduction des attentes des Parties
Prenantes en RSE en indicateurs de la Global
Reporting Initiative : vers un mode consultatif
de la gestion des parties prenantes

typologie et de classification. Ce qui se dessine de façon plus ou moins implicite


à travers cet exercice est l’appréhension et la gestion des parties prenantes par
profil. Une première classification dichotomique est celle qui distingue, selon l’axe
externe/interne (à l’entreprise), les PP primaires impliquées directement dans le
processus économique de l’entreprise et ayant avec elle une relation formelle
ou contractuelle (actionnaires, banquiers, collaborateurs, représentants du
personnel, fournisseurs, clients, banquiers…), des PP secondaires témoignant
de liens indirects avec l’entreprise dans le cadre d’un contrat implicite ou moral –
ces dernières (ONG, Etat, collectivités territoriales, associations de riverains ou

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de consommateurs, médias…) relèvent avant tout de la société civile (Freeman,
1984 ; Carroll, 1979). Cette définition duale des parties prenantes, consacrée par
la littérature, est celle sur laquelle s’appuie notre recherche.
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Or, la question de l’identification des parties prenantes soulève la question


de l’arbitrage entre des attentes disparates (Rasolofo-Distler, 2011), et ce,
d’autant plus que chaque catégorie de PP peut difficilement dans les faits
être reconnue comme un groupe homogène (Wolfe et Putler, 2002). Dans ce
cadre, le management des parties prenantes « occupe une place centrale dans
la conceptualisation et la mise en œuvre de la RSE au sein des entreprises »
(Acquier et Aggeri, 2008  : p. 142). Du point de vue académique, les travaux
fondateurs de Freeman ont pour finalité la gestion des PP (Freeman et Reed,
1983 ; Freeman, 1984). Relevant d’une théorie instrumentale (Walsh, 2005),
les travaux de Freeman avancent, en effet, l’hypothèse selon laquelle « l’intérêt
de l’entreprise et de ses actionnaires passe par la mise en œuvre de réponses
adaptées aux attentes des parties prenantes  » (Capron et Quairel-Lanoizelée,
2003 : p.38). C’est dans la droite lignée de ces travaux que nous inscrivons notre
approche.

1.3. Attentes des Parties Prenantes et crédibilité de


l’engagement des entreprises en responsabilité sociale : le gage
des indicateurs
La question des attentes des parties prenantes est, historiquement, traitée par le
caractère obligatoire de certaines pratiques des entreprises. Parmi celles-ci, on
relève au premier chef les pratiques d’information, de reddition et de communication
des entreprises en matière de gestion sociale et environnementale. Ainsi, la loi du
15 mai 2001 relative aux nouvelles régulations économiques stipule l’obligation
pour les sociétés françaises cotées de rendre compte de leurs impacts sociaux
et environnementaux dans le rapport de gestion. Ce dispositif législatif a pour
objectifs principaux de :
-- conduire les entreprises à transmettre ou communiquer aux parties
prenantes des informations transparentes et accessibles en matière
environnementale et sociale ;

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-- développer un langage commun définissant des indicateurs permettant


une comparaison des performances entre entreprises.

La Global Reporting Initiative, qui participe de la soft law dans le domaine de la


RSE, s’inscrit pleinement dans ce cadre. Créé en 1997 à l’initiative du CERES
(Coalition of Environmentally Responsible Economies), l’organisme de la GRI
a pour objectif de définir «  des directives globalement applicables dans la
préparation des rapports d’entreprises sur le thème du développement durable
et de promouvoir la publication volontaire par les entreprises de tels rapports

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pour rendre compte de leur performance sociale et environnementale » (Laville,
2009 : p. 92).

Or, ce qui est en jeu pour les entreprises dans leurs rapports de gestion, dans
leur relation et communication avec les parties prenantes, c’est la crédibilité de
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leur engagement (Swaen et Vanhamme, 2005 ; Chen et Bouvain, 2009 ; André


et al., 2012). Il en va de leur légitimité. La crédibilité des entreprises en matière
d’engagement RSE est en effet une composante, à l’instar de la réputation,
de la légitimité des entreprises (Gond et Igalens, 2008). Dans un contexte
d’institutionnalisation de la RSE et de diffusion des valeurs associées, présenter
une image de conformité à ces valeurs et de crédibilité quant à ce qui est annoncé
confère à l’entreprise un « avantage de légitimité », se traduisant par l’obtention
de moyens et de soutiens « indépendamment de leur valeur intrinsèque » (Capron
et Quairel-Lanoizelée, 2010 : p. 43-44).

D’une façon générale, l’exercice de reporting social ne rencontre pas à l’heure


actuelle la crédibilité escomptée (Chen et Bouvain, 2009). Des travaux comme
ceux de Hovland et Weiss (1951) ont montré que le changement d’attitude,
souhaité lors d’un acte de communication par la direction donnée au message,
est d’autant plus fort que l’émetteur est perçu comme hautement crédible par le
destinataire. Ceux de Swaen et Vanhamme (2003) indiquent que l’effet positif
des arguments et références à la RSE avancés par l’entreprise est totalement
annulé si celle-ci est suspectée ultérieurement de comportements non
socialement responsables. L’enjeu de la crédibilité des entreprises en matière
de RSE est également soulevé par Swaen et Vanhamme (2005) qui soutiennent
que, des entreprises qui communiquent sur leurs engagements pris en matière
de RSE, doivent d’autant plus demeurer crédibles qu’elles seront, en cas de
suspicion, jugées plus négativement que les entreprises ne s’étant pas engagées
socialement ou n’ayant pas communiqué sur leurs responsabilités sociale,
sociétale et environnementale.

Ainsi, l’idée selon laquelle l’engagement RSE passe par la prise en compte
des attentes des parties prenantes dans la conception de la stratégie RSE fait
consensus (cf. Norme ISO 26000). Cette prise en compte est d’ailleurs entérinée
par le décret d’application 2012 de loi Grenelle 2. C’est également le cas lorsque

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La traduction des attentes des Parties
Prenantes en RSE en indicateurs de la Global
Reporting Initiative : vers un mode consultatif
de la gestion des parties prenantes

l’on traite du choix des indicateurs de suivi et de reddition. Le référentiel de la


GRI évoque à ce sujet le principe d’inclusivité. Selon ce principe, les parties
prenantes doivent être associées à l’élaboration du contenu du volet RSE au
sein du rapport de gestion et/ou dans un rapport dédié et ce, au moyen d’un
processus de consultation interactive.

Aussi, la question de l’intégration des parties prenantes dans la politique RSE


de l’entreprise et la réponse qui leur est faite pour les assurer de l’engagement
de l’entreprise en matière sociale, sociétale et environnementale est essentielle.

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Il en va de leur crédibilité, laquelle est soumise au tamis des indicateurs. Tel est
l’argument défendu dans cette recherche.

1.4. La question du choix des indicateurs au regard des attentes


des Parties Prenantes
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Nous inscrivons cette recherche dans la lignée de Berland (2007) lorsqu’il met en
avant la légitimité du processus d’utilisation d’indicateurs pour opérationnaliser le
concept et les principes de RSE. En effet, nous pensons que l’objectif est d’offrir
aux managers, dans la conduite efficace d’une politique RSE, les mêmes outils
gestionnaires que ceux mis en place dans le cadre d’une politique d’accroissement
des bénéfices à travers des indicateurs financiers de suivi. Demeure alors la
question des difficultés pour opérationnaliser, traduire et mesurer la RSE.

Une des principales raisons de ce constat est le caractère relativement confus


et abscons des indicateurs mentionnés dans les rapports de gestion et/ou de
Développement Durable : trop nombreux, difficilement comparables d’une
entreprise à l’autre, parfois éloignés des préoccupations prioritaires des parties
prenantes. S’intéressant plus particulièrement à la difficulté pour les dirigeants
et les opérationnels de suivre leurs actions de RSE, Essid et Berland (2010)
notent qu’il existe un véritable « foisonnement » d’indicateurs, parce qu’il s’agit
soit de les tester jusqu’à trouver le bon indicateur, soit de «  montrer  » voire
«  donner l’illusion [que les entreprises] arrivent à bien gérer l’ensemble des
processus managériaux impliquant des aspects RSE ». Le recours managérial
à une diversité d’indicateurs est également le résultat de l’influence prégnante
des différents référentiels externes sur les politiques de communication et de
reddition des entreprises d’une part et sur les indicateurs de pilotage de la RSE
en interne d’autre part. Les référentiels véhiculés par la GRI, les lois NRE et
Grenelle (1, 2), le Global Compact, ou encore les différentes normes, proposent,
certes, des lignes directrices ou des indicateurs mais le choix est toujours laissé
au manager qui semble s’y perdre (Essid et Berland, 2010).

Ainsi, dans ce contexte, peut-on observer que les entreprises s’approprient


progressivement le référentiel GRI et que celui-ci tend à s’imposer comme le
modèle à suivre pour reporter les informations RSE chaque année (Laville,

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2009). En effet, plus de la moitié des entreprises françaises publient un rapport


de Développement Durable s’appuyant sur ce modèle normatif. Par exemple,
le rapport annuel de Danone, l’un des plus complets des sociétés du CAC 40,
est structuré selon les recommandations de la GRI (Gond et Igalens, 2012).
Toutefois, la difficulté de choix des indicateurs proposés par le référentiel reste
réelle. Les dirigeants ont besoin d’identifier la pertinence de leurs choix et les
priorités qui sont les leurs et celles de leurs parties prenantes pour construire leur
stratégie et optimiser la précision de leur rapport.

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Par ailleurs, à étudier les limites et modalités d’usage des indicateurs RSE,
Berland (2007 : p. 6) plaide pour que « les indicateurs de performance ne soient
pas la fin du processus d’évaluation de la performance mais la première étape
de ce processus d’évaluation. Les conditions de réalisation de cette discussion
dans le cadre de la RSE semblent alors être l’intégration des parties prenantes
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à la discussion autour des indicateurs ». Ceci est justement pris en compte par
le référentiel GRI au moyen de son méta-principe «  inclusiveness  ». En effet,
le référentiel GRI prévoit pour la réalisation de l’ensemble du rapport que «  la
participation des parties prenantes à l’élaboration du contenu du rapport domine
tous les autres principes du cadre conceptuel ; […] le seul moyen est de mettre
au point une démarche interactive de consultation et d’élaboration du contenu
qui en permette une amélioration continue et améliore sa crédibilité » (Capron et
Quairel, 2003 : p.7).

Dans le cadre de l’intégration des parties prenantes à la définition des indicateurs,


nous faisons le choix de prendre en compte une contrainte soulevée par Bouglet
(2005  : p. 16) et qui semble essentielle lorsque l’on souhaite optimiser une
gestion proactive des parties prenantes : « une même partie prenante peut avoir
plusieurs attentes différentes  » comme plusieurs parties prenantes peuvent
avoir des attentes communes (Fassin, 2009). Si l’on considère la problématique
supplémentaire apportée par la relative homogénéité des catégories des parties
prenantes (Wolfe et Putler, 2002) et leur degré d’ubiquité (Mercier, 2010), l’intérêt
de raisonner sur les attentes est de pouvoir simplifier la prise en compte des
relations avec les parties prenantes et d’en améliorer la gestion. Rappelons
que par ubiquité, il faut entendre le fait qu’une même partie prenante peut être
aussi bien salariée d’une entreprise, actionnaire et militante dans un groupe de
pression (Bouglet, 2005).

Aussi, face à des soucis managériaux de recherche de crédibilité et d’efficience


des moyens mis en œuvre dans une démarche globale de RSE, la question du
choix des indicateurs et de leur capacité à répondre aux attentes des parties
prenantes est de plus en plus pressante. Comme nous l’avons vu, la littérature
n’y répond que partiellement du fait qu’elle traite la question des attentes des
parties prenantes quasi indépendamment des indicateurs. Seuls les travaux de
Baret (2011) proposent à notre connaissance une écoute des attentes des parties

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La traduction des attentes des Parties
Prenantes en RSE en indicateurs de la Global
Reporting Initiative : vers un mode consultatif
de la gestion des parties prenantes

prenantes en matière d’indicateurs extra-financiers. Ces derniers ont, dans le


cadre de la construction d’un référentiel adapté au secteur « banque-assurance »
et aux spécificités d’un ensemble de Caisses régionales, été présélectionnés
en amont. Il en est de même pour les parties prenantes  qui font l’objet d’une
pondération selon leur profil. L’étude de Baret (2011) propose une hiérarchisation
des indicateurs selon le poids accordé aux parties prenantes. Néanmoins, la
question de l’ubiquité des parties prenantes est laissée en suspens ainsi que celle
de la convergence de leurs attentes. Ceci nous conduit à proposer une démarche
d’identification des indicateurs qui traduit les attentes des parties prenantes en

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matière d’engagement des entreprises en RSE, en prenant en compte ces deux
dimensions.

Pour y répondre, nous nous concentrons sur un référentiel précis, celui de la GRI,
lequel référentiel est un des plus diffusés dans la pratique. Il a la caractéristique
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et l’avantage d’être un référentiel construit par un réseau de parties prenantes


et d’être régulièrement actualisé. Par ailleurs, ces indicateurs visent aussi bien
les volets économiques, sociétaux et environnementaux de la RSE que le volet
social.

2. Etude empirique des attentes des parties prenantes

Dans cette deuxième partie, nous présentons les grandes lignes du protocole
méthodologique retenu pour répondre à la problématique de notre recherche.
Puis, en nous attardant sur les étapes clefs de ce dernier, nous présentons les
résultats de la recherche en trois volets. A partir de la mise au jour et de l’analyse
des catégories d’attentes, lesquelles sont traduites en indicateurs pertinents de
la GRI, les résultats de cette recherche soulignent la convergence des attentes
des parties prenantes.

2.1. Une recherche exploratoire de nature qualitative


Cette recherche exploratoire de nature qualitative vise à établir la relation entre
les attentes que peuvent formuler les parties prenantes en matière d’engagement
des entreprises en RSE et les indicateurs de suivi et de reddition les plus
pertinents qui s’offrent aux dirigeants pour conforter leurs engagements en RSE
de manière crédible.

Dans le cadre de la construction d’un échantillon empirique ou raisonné, nous


nous appuyons sur la définition des parties prenantes proposée par Carroll
(1989) et Freeman (1984). Afin de mettre au jour les attentes des PP et de les
traduire en indicateurs, nous avons opté pour deux critères de sélection de notre
échantillon empirique : les individus interviewés devaient, d’une part, maîtriser le
thème de la RSE, de l’autre, constituer une partie prenante d’une ou plusieurs
entreprises cotées. Le premier critère vise à s’assurer de la richesse des

81
68

données collectées à travers un protocole exploratoire. Le second critère vise,


quant à lui, à s’attacher uniquement aux parties prenantes d’entreprises qui sont
tenues de rédiger un volet RSE dans leur rapport de gestion annuel. L’objectif
est de pouvoir s’assurer que les destinataires de ces rapports correspondent à
la diversité des catégories existantes de parties prenantes. Notre échantillon a
par ailleurs comme limites constitutives de correspondre au cadre culturel, socio-
économique, réglementaire et juridique français. Il faut ici souligner que la France
est un pays précurseur en matière de reporting social (Gond et Igalens, 2012).

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Nous avons mené 19 entretiens semi-directifs en face à face ou par téléphone.
Chaque entretien a été conduit sur une durée de 45 minutes à une heure. Nous
avons interviewé 2 élus représentants du personnel et membres de syndicats
distincts, 1 membre d’un Comité d’Hygiène, de Sécurité, et des Conditions de
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Travail, 4 représentants d’ONG membres de trois organisations différentes, 2


membres d’une association de défense des consommateurs, 1 spécialiste
Développement Durable représentant les collectivités territoriales et pouvoirs
publics, 1 directeur d’association d’actionnaires, 2 personnes représentant les
sous-traitants, 1 journaliste spécialiste du Développement Durable représentant
les médias, 1 Responsable du Pôle analyses extra-financières d’une société
cotée de gestion d’actifs dont 10% du montant des actifs sont dédiés à des fonds
ISR, 2 consommateurs, 1 Responsable des appels d’offres et de la coordination
produits d’un grand groupe d’assurance coté recourant à l’ISR, 1 Responsable
Développement Durable du monde associatif. Tous ces individus répondaient au
statut de parties prenantes d’entreprises cotées.

Notre guide d’entretien a été conçu de telle sorte qu’il favorisait l’exploration et
l’identification des attentes des interviewés. Nous avons entrepris un codage
thématique pour traiter les données recueillies. Nous avons en effet codé les
attentes mises au jour en catégories thématiques puis procédé à la « traduction »
de ces attentes en indicateurs sur la base du référentiel le plus largement adopté
par les praticiens, celui de la Global Reporting Initiative. En effet, il apparaît
que la confrontation des indicateurs à un référentiel permet non seulement
d’opérationnaliser des attentes mais aussi d’objectiver le jugement porté sur la
crédibilité de l’engagement des entreprises en RSE (Berland, 2007).

2.2. Catégories d’attentes des Parties Prenantes en matière


d’engagement des entreprises en Responsabilité Sociale
Lors de la phase terrain, nous avons pris en compte deux éléments essentiels
dans la collecte et le traitement des données, à savoir, le degré de sensibilisation
des parties prenantes aux rapports émis par les entreprises sur leurs politiques
RSE et la nécessité de maîtriser les référentiels de suivi et de reddition de la
RSE pour en proposer des indicateurs. Toutefois, la majorité des interviewés a
expliqué que pour identifier le niveau d’engagement et de performance RSE des

82
La traduction des attentes des Parties
Prenantes en RSE en indicateurs de la Global
Reporting Initiative : vers un mode consultatif
de la gestion des parties prenantes

entreprises, elle se référait aux avis et rapports d’experts émis par les agences de
notation et les ONG. Nous avons codé thématiquement les attentes des parties
prenantes. C’est ainsi que nous sommes parvenues aux résultats préliminaires
suivants :

Tableau 1 : Extraits de la table des thèmes du codage des données


Association de
Syndicats CHSCT ONG Médias
consommateurs

Localisation Association /
Gestion du Cadrer l’action Généraliser la
/ gestion concertation / Aller au-delà de la
stress en avec des normes stratégie RSE à la

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géographique de consensus avec réglementation
entreprise (iso 26 000) chaîne de valeur
la RSE les PP

Gestion géographique
Partenariat de la RSE (partout
Importance bien- Importance de Mobilisation des Preuve par l’audit
stratégique avec où l’entreprise
être des salariés l’humain collaborateurs externe
les PP est implantée) /
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Cohérence

Primauté, Vigilance sur


Lutte contre les Prise en compte Mobilisation des Audit externes
reconnaissance les accidents du
discriminations des IRP fournisseurs dans les filiales
du salarié travail

Respect des
Prise des intérêts des
responsabilités consommateurs
Gouvernance Lutte contre les
Donner du sens Arrêts maladie juridique des filiales (prix, qualité,
transparente discriminations
/ centraliser les sécurité
responsabilités accessibilité de
l’offre)

Puis, nous avons imprimé ces résultats, apposé une marque de distinction à
chaque segment textuel correspondant à une unité thématique et ce, afin d’en
reconnaître la source et entreprendre une catégorisation selon la méthode de
l’Analyse des Relations par Opposition (ARO). La méthode ARO est inspirée de
l’analyse structurale des récits (Raymond, 1968). Suivant cette méthode, nous
avons procédé à l’élaboration d’un patchwork en disposant les thèmes découpés
sur le sol puis nous avons constitué des catégories mères de thèmes, c’est-à-dire
des catégories accueillant des attentes portant sur des notions similaires, tout en
gardant leur spécificité.

Ces catégories sont au nombre de vingt et sont les suivantes : 1. Promouvoir la


RSE dans la sphère d’influence de l’entreprise ; 2. Cohérence et responsabilités
sur la chaîne de valeur et sur les impacts indirects ; 3. Partenariat stratégique avec
les PP ; 4. Considération des collaborateurs ; 5. Transparence ; 6. Importance de
la gouvernance ; 7. Volonté / sincérité de l’engagement et morale du dirigeant ;
8. Développement économique durable / anticipation des risques  ; 9. Droits
de l’Homme  ; 10. Lutte contre les discriminations  ; 11. Respect des lois  ; 12.
Soutien au développement d’autres structures / bonnes œuvres ; 13. Stratégie
financière responsable ; 14. Déploiement cadré ; 15. Contrôle / suivi crédible ;
16. Protection de l’environnement ; 17. Consommation responsable ; 18. Gestion
géographique de la RSE. ; 19. Dégagement du budget RSE ; 20. Respect des
consommateurs.

83
68

2.3. Convergence des attentes des différentes Parties Prenantes


Afin d’optimiser la lecture des résultats, nous avons fait le choix d’attribuer un
code correspondant au profil de l’émetteur des attentes en attribuant une lettre à
chaque typologie de partie prenante : A : Syndicats et représentants du personnel ;
B : CHSCT ; C : ONG et associations ; D : Consommateurs et Associations de
défense des consommateurs ; E : Collectivités Territoriales et Pouvoirs Publics ;
F : Sous-traitants et fournisseurs ; G : Créanciers et Actionnaires ; H : Médias.
Grâce à la méthode ARO qui permet d’organiser les résultats en fonction des
segments de texte codés sans prendre en compte la source des données, nous

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avons pu mettre en exergue la convergence qu’il existe dans les attentes des
différents profils de parties prenantes. En effet, lors de l’organisation des résultats
en fonction des catégories d’attentes, nous avons obtenu 20 tableaux qui se
présentent comme suit :
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Catégorie d’attente : « Partenariat stratégique avec les Parties Prenantes »


Tableau 2 : Extrait du tableau de résultats n°3 de l’étude intégrale
PP ayant formulé cette attente Attente (code attribué au segment de texte)
Intégration des PP dans la stratégie
Partenariat stratégique avec les PP
F+C+H+D+G
Relations / association avec les PP
Dialogue entre l’entreprise et les PP (relation de confiance)

Intégrer les PP dans le rapport DD


Prouver que les remarques des PP sont prises en compte
C+F+A+G+D
Intégrer les PP dans le choix des indicateurs
Association / concertation / consensus avec les PP

Echanges avec les IRP


B+C+A+G Prise en compte des IRP
Récurrence / permanence des dialogues

Catégorie d’attente : « Considération des collaborateurs »


Tableau 3 : Extrait du tableau de résultats n°4 de l’étude intégrale
PP ayant formulé cette attente Attente (code attribué au segment de texte)
Importance des conditions de travail
A+B+D+H Respect du droit du travail
Humaniser le travail

Importance de la GPEC
Primauté, reconnaissance du salarié
A+B+C+H+D
Impliquer les collaborateurs
Développer la formation continue des salariés

Equité des salaires/ de la rémunération


Décence et équité des salaires
B+A+G+C+D
Niveau de rémunération
Egalité salariale H/F

84
La traduction des attentes des Parties
Prenantes en RSE en indicateurs de la Global
Reporting Initiative : vers un mode consultatif
de la gestion des parties prenantes

Ainsi, se trouvent confortées les pistes de recherche dégagées par Bouglet


(2005) lorsqu’il propose qu’une partie prenante puisse avoir plusieurs attentes
et par les travaux de Fassin (2009) qui soulignent le fait que plusieurs parties
prenantes puissent avoir des attentes communes. Le protocole et les processus
méthodologiques adoptés dans cette recherche permettent d’identifier très
clairement et objectivement la convergence des attentes des différentes parties
prenantes et de connaître les revendications pour lesquelles la possibilité d’une
coalition entre les acteurs est réelle.

2.4. Les indicateurs GRI traduisant les attentes des Parties

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Prenantes
Lors de cette phase, un travail préalable a dû être effectué afin d’acquérir la
connaissance nécessaire à la traduction des attentes formulées par les parties
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prenantes en indicateurs de suivi RSE et de reddition. Pour cela et au regard de


l’ensemble des informations que nous avons relevées précédemment concernant
l’adoption croissante des travaux de la Global Reporting Initiative (Igalens et
Joras, 2002 ; Capron et Quairel-Lanoizelée, 2003, 2010) notre choix s’est porté
sur l’analyse du référentiel GRI. Après avoir atteint un niveau de compréhension
et de prise en main suffisant du construit, nous avons attribué, face à chaque
attente, les indicateurs GRI correspondants lorsqu’ils existaient.

Le référentiel de la GRI est composé de 6 volumes regroupant les indicateurs


et protocoles par thème32. Il faut donc considérer les volumes suivants : Emploi,
relation sociales et travail décent (LA) ; Environnement (EN) ; Economie (EC) ;
Droits de l’Homme (HR)  ; Société (SO)  ; Responsabilité du fait des produits
(PR).

32. Volumes du référentiel téléchargeables sur www.globalreporting.org

85
68

Voici un exemple de ces tableaux :

Catégorie : « Cohérence :
Responsabilités sur la chaîne de valeur et sur les impacts indirects »
Tableau 4 : Extrait du tableau de résultats n°2 de l’étude intégrale
PP ayant formulé Attente (code attribué au
Indicateurs GRI
cette attente segment de texte)

EN7 Initiatives pour réduire la


consommation d’énergie indirecte et

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réductions obtenues.
Responsabilité de
EN8 Volume total d’eau prélevé, par source.
l’entreprise sur les impacts
EN21 Total des rejets dans l’eau, par type et
macros
par destination.
Gestion des impacts
G+A+C+F EC9 Compréhension et description des
indirects sur la population
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impacts économiques indirects significatifs,


(pollution, transports des
y compris l’importance de ces impacts.
salariés)
EN26 Initiatives pour réduire les impacts
Vision macro des impacts
environnementaux des produits et des
services, et portée de celles-ci.
EN23 à 29
PR1 Etapes du cycle de vie où sont évalués
en vue de leur amélioration les impacts
des produits et des services sur la santé et
la sécurité, et pourcentage de catégories
Anticiper tous les impacts
de produits et de services significatives
Anticipation et réflexion
soumises à ces procédures.
avant d’agir
PR3 Type d’information sur les produits
Anticipation des
et les services requis par les procédures
conséquences positives et
et pourcentage de produits et de services
négatives de l’activité
significatifs soumis à ces exigences
B+D+C+G Prise en compte des
d’information.
impacts à long terme des
EC2 Implications financières et autres
activités
risques et opportunités pour les activités
Anticiper le futur
de l’organisation liés aux changements
Prise en compte des
climatiques.
impacts de l’activité sur la
SO1 Nature, portée et efficacité de tout
société
programme et pratique d’évaluation et de
gestion des impacts des activités, à tout
stade d’avancement, sur les communautés.
HR 1 à 3 et HR 5 à 8

Nous observons que pour répondre à une attente exprimée par une ou plusieurs
parties prenantes, il faut régulièrement associer plusieurs indicateurs, provenant
des différentes classes d’indicateurs de la GRI. Ce constat est d’autant plus vrai
lorsque l’attente concerne un engagement transversal, telle que la promotion
de la RSE par l’entreprise au sein de sa sphère d’influence. Cette méthode a
été appliquée aux vingt catégories identifiées afin de permettre l’interprétation
des résultats. Ces tableaux offrent donc une visibilité transversale des attentes
des parties prenantes d’une part et permettent, de l’autre, l’identification des
combinaisons de parties prenantes face à chaque attente. Enfin, après une phase

86
La traduction des attentes des Parties
Prenantes en RSE en indicateurs de la Global
Reporting Initiative : vers un mode consultatif
de la gestion des parties prenantes

de montée en compétence spécifique aux indicateurs RSE du référentiel GRI, il


s’avère pertinent d’attribuer le ou les indicateurs correspondants à chacune des
attentes des parties prenantes ou d’en dégager les limites.

Les indicateurs prévus par le référentiel de la GRI répondent fréquemment à ceux


attendus par les parties prenantes. Cependant, ils ne couvrent pas l’exhaustivité
des informations recherchées. Il est intéressant pour l’entreprise de s’interroger
sur les attentes spécifiques de ses propres parties prenantes afin d’établir un
rapport RSE holistique et crédible. La méthode que nous proposons semble être

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un moyen pertinent pour collecter ces informations et s’approprier le référentiel
de la Global Reporting Initiative.

3. Discussion et conclusion
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Un des premiers apports théoriques et méthodologiques de notre recherche tient


dans le fait que nous avons traité de l’opérationnalisation de la RSE et traduit, à
ce sujet, les attentes des Parties Prenantes en indicateurs. Comme le rappelle
Rasolofo-Distler (2011), si la littérature traite largement la RSE en termes de
communication et de reporting externe, elle comprend très peu de travaux qui
se sont penchés sur la traduction opérationnelle de la RSE. Notre recherche
présente, ainsi, l’intérêt de combler de façon relative ces manques théoriques. Et
elle le fait, en proposant par ailleurs, une méthodologie innovante qui se destine
à la fois à de futurs travaux académiques et à des applications managériales.

Notre recherche comporte toutefois quelques limites, lesquelles sont inhérentes


à la démarche exploratoire. Ainsi, les 20 catégories d’attentes qui ont émergé
des 19 entretiens menés sont de fait contingentes aux caractéristiques de
notre échantillon empirique (taille, composition). Une voie future de recherche
serait de répliquer notre méthodologie à de nouveaux échantillons empiriques,
idéalement plus larges. Par ailleurs, dans le cas d’une application spécifique de
notre méthodologie, les possibilités de classification des données recueillies sont
multiples : le manager ou le chercheur qui souhaite utiliser notre méthodologie
pourra opter pour une classification normalisée telle que présente dans les
référentiels GRI ou ISO 26000 ou pourra recourir à une libre classification.

Ceci dit, notre démarche et les résultats de recherche viennent conforter les
arguments de Berland (2007)  en faveur d’une gestion proactive des attentes
des parties prenantes et de la traduction de celles-ci en indicateurs déjà établis
et diffusés suffisamment dans la pratique, auxquels peuvent s’adjoindre des
indicateurs construits in vivo. En identifiant en amont les attentes des parties
prenantes et en les traduisant en indicateurs qui seront déployés afin de rendre
visibles et lisibles les engagements pris par les entreprises en Responsabilité
Sociale, nous adoptons et mettons en place à travers un mode consultatif des

87
68

parties prenantes une approche proactive de la gestion de celles-ci (Igalens et


Point, 2009). Cette dernière approche pallie les limites des approches statiques
et traditionnelles de la gestion des parties prenantes (Igalens et Joras, 2002  ;
Bouglet, 2005 ; Mercier, 2010).

La mise au jour des attentes des parties prenantes a ici consisté dans le recours
aux méthodes non structurées des entretiens (Cossette, 1994), favorisant la
génération de données riches de façon spontanée. Si la méthode de l’entretien
comporte une limite quant à la fiabilité des données produites, elle s’avère

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pertinente pour l’étude en profondeur des représentations et attentes des individus.
Nous pourrions également envisager le recours aux méthodes de cartographies
cognitives (Cossette 1994) pour appréhender les attentes des parties prenantes
en matière d’engagement des entreprises en Responsabilité Sociale. Notons que
des pratiques de cartographie des parties prenantes, bien qu’éloignées de la
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méthode des cartes cognitives, se sont développées afin de répondre à un besoin


managérial de meilleure lisibilité des parties prenantes (Binninger et Robert,
2011). C’est le cas par exemple des études et outils proposés par l’ORSE.

Un autre apport théorique intéressant tient dans la proposition de recherche selon


laquelle les parties prenantes ont des attentes convergentes. Cette proposition
permet de repenser la gestion des parties prenantes non plus selon leur profil mais
selon des catégories d’attentes ou thématiques. Les résultats de notre recherche
mettant au jour la convergence des attentes des parties prenantes vont dans
le sens des travaux de Wolfe et Putler (2002) et Fassin (2009). Toutefois, notre
méthodologie a montré qu’il était possible de faire émerger au sein des catégories
d’attentes une segmentation plus fine, ce qui répond in fine à la question de la
segmentation des parties prenantes (Mercier, 2010).

La convergence des attentes n’exclut pas celle de leur hiérarchisation (Bouglet,


2005) et de leur opérationnalisation. Notons à ce sujet que les travaux d’André
et al. (2012) montrent que les entreprises établissent des priorités dans leur
communication vis-à-vis des parties prenantes, lesquelles sont traitées de
façon inégale dans les rapports de développement durable. En fonction de
la prépondérance de certaines catégories d’attentes, nous proposons de
hiérarchiser les indicateurs les traduisant. A ce sujet, on pourrait s’appuyer sur
la distinction opérée par la GRI dans l’annexe 4 de son édition 2002 entre des
indicateurs principaux (core indicators), « les plus révélateurs et les plus attendus
par les stakeholders » et des indicateurs complémentaires (additional indicators)
correspondant à des demandes spécifiques des PP ou à des spécificités de
l’entreprise (Igalens et Joras, 2002  : p. 117). Une autre possibilité serait de
réaliser une hiérarchisation des indicateurs en fonction de la fréquence et des
convergences des attentes exprimées par les parties prenantes. Ce second
processus présentant l’intérêt d’être objectif et neutre dans la réalisation de cette
hiérarchie.

88
La traduction des attentes des Parties
Prenantes en RSE en indicateurs de la Global
Reporting Initiative : vers un mode consultatif
de la gestion des parties prenantes

Par ailleurs, la gestion des parties prenantes par leurs attentes a le mérite de
contourner la problématique de leur ubiquité (Mercier, 2010). Il s’agit là d’une
limite dans l’identification et la gestion traditionnelle des parties prenantes par
profil, tandis qu’elle n’a plus lieu d’être dans une gestion des stakeholders par
leurs attentes. Aussi, préconisons-nous aux managers d’inclure leurs parties
prenantes à la création ou sélection de leurs indicateurs d’engagement en RSE.
Ceci va dans le sens des recommandations de la GRI fondées sur le principe
d’inclusivité des parties prenantes en matière de définition des indicateurs.
L’espace discrétionnaire des managers ou dirigeants n’en est pas pour autant

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diminué. Il s’agit d’envisager cette inclusivité dans sa version aboutie comme
une co-création des indicateurs entre management et PP. Nous rejoignons ainsi
les travaux d’Igalens et Point (2009) qui proposent, au-delà de la démarche
d’information des parties prenantes, une véritable stratégie de consultation de ces
dernières, voire d’implication. Sur ce point, nous recommandons aux entreprises
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d’opter, dans un premier temps, pour la consultation des PP parce qu’il s’agit
d’une solution satisfaisante, probablement plus aisée à mettre en place qu’une
démarche de co-construction des indicateurs qui implique un dispositif plus
conséquent.

Ainsi, en mettant au jour vingt catégories d’attentes et en proposant une


méthodologie dédiée à la traduction de celles-ci en indicateurs connus des
managers et relevant d’un langage commun à toutes les parties prenantes,
notre recherche prône l’écoute des attentes des parties prenantes. Cette étude
exploratoire met en lumière le caractère convergent de ces attentes et soulève
non seulement la question de la gestion des parties prenantes par leurs attentes
mais aussi celle de leur traduction. Nos résultats et notre méthodologie permettent
d’apporter des solutions aux managers dans le choix et la construction des
indicateurs. A cet égard, les praticiens peuvent s’appuyer sur le référentiel GRI
pour choisir des indicateurs traduisant les attentes de leurs parties prenantes
car il apparaît que le référentiel couvre l’essentiel des attentes. Une autre voie
possible ou complémentaire consisterait en la co-création de ces indicateurs par
les managers et les parties prenantes.

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