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Le Haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye,

s'apprête ce jeudi à annoncer ses propositions pour réformer le système


de retraite français. Après de longs mois d'une concertation entamée en
avril 2018 avec les partenaires sociaux, ce chiraquien va remettre
officiellement ses propositions au Premier ministre, Édouard Philippe,
après l'avoir vu continûment ces derniers week-ends pour arbitrer les
grandes lignes de ce projet crucial du quinquennat d'Emmanuel Macron.
"Le Point" vous dévoile en exclusivité les grandes lignes de ses
propositions.
Conformément à l'engagement du candidat, le système de retraite va
basculer d'un système par répartition « en annuités » à un système par
points. Les 42 régimes existants vont ainsi fusionner pour basculer dans
un régime universel dans lequel chaque euro cotisé tout au long de la
carrière vaudra la même chose pour chacun, quel que soit le statut
(salarié, fonctionnaire ou indépendant) et le moment de la carrière où il
aura été cotisé. Chaque salarié pourra suivre sur un compte personnel le
nombre de points accumulés au fil de sa carrière. Des points seront
accordés au cours d'une période de maladie ou de maternité ou de
chômage. Le régime universel rentrerait en vigueur à partir de 2025, à
partir de la génération de 1963. Les retraités à moins de cinq ans de la
retraite ne sont donc pas concernés, comme promis.
Un âge d'équilibre à 64 ans

Pour les indépendants, le taux de cotisation sera de 12,94 % à


partir 40 000 euros de revenu par an et ce jusqu'à 120 000 euros, par
exception au taux de 28,12 % pour les salariés et les fonctionnaires. Il y
aura par ailleurs une trajectoire de convergence variable des régimes
spéciaux de 5, 10, 15 ou 20 ans, à négocier avec chacun des régimes
concernés, dans les prochains mois.
L'âge l'égal de départ restera, sans surprise, fixé à 62 ans, mais cela
deviendra un âge minimum de départ. Le Commissaire s'apprête en effet
à soutenir, comme on s'en doutait, l'instauration d'un âge « d'équilibre »
à 64 ans au taux plein en deçà duquel une décote sera appliquée sur la
valeur des points et au-delà duquel il y aura une surcote. Le but est
d'éviter que des salariés ne partent à la retraite avec une pension trop
faible. Car le régime embarquera des règles d'or pour garantir son
équilibre financier sur la durée d'un cycle économique, avec un lien entre
la valeur de conversion des points en pensions de retraite et les
tendances démographiques ainsi qu'avec l'espérance de vie. Le système
devra être à l'équilibre dès 2025 compte préciser Jean-Paul Delevoye, ce
qui va nécessiter des mesures de réduction du déficit. Elles devront être
négociées avec les partenaires sociaux. A priori, rien ne sera fait dans le
projet de loi de financement de la Sécurité sociale de 2020.