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Problématique

La période électorale en cours a déclenché encore une fois des discussions sur les politiques pénales et sur les
nouvelles lois visant à retenir les prisonniers plus longtemps. Le Canada a adopté une politique prévoyant la
libération aux deux-tiers de la peine des détenus condamnés à une peine de deux ans et plus. Mais la libération
des détenus n’est pas simplement une question de «temps». Ces dispositions garantissent que la réinsertion dans
la communauté, à partir d’un environnement carcéral, se fera sous surveillance et qu’elle sera assortie de
conditions spécifiques peuvant être vérifiées par rapport à la responsabilité et au soutien. Le débat actuel porte
sur l’élimination de ces dispositions. Certains prétendent que l’abolition de cette forme de libération assortie de
conditions (connue sous le nom technique de «libération d’office» ou LO) aurait des répercussions positives sur
les communautés et réduirait les risques de récidive. Ces prétentions sont toutefois contraires aux constatations
de nombreuses études effectuées au fil des ans. La libération graduelle, contrôlée et supervisée des détenus aide
ceux-ci à devenir des citoyens productifs qui respectent la loi. Certains organismes religieux ont fourni de l’aide et
du soutien aux ex-détenus afin de les aider à développer un sentiment d’appartenance envers la communauté au
moyen de programmes comme Mentorship/Aftercare/Presence (MAP) (Mentorat/Assistance post-
pénale/Présence (MAPP)) et les Cercles de soutien et de responsabilité (CSR). C’est la façon la plus efficace
d’assurer la sécurité de la population.

Historique

La libération d’office est la libération d’un(e) détenu(e) d’un établissement carcéral fédéral lorsqu’il(elle) a purgé
les deux-tiers de sa peine. Il ne s’agit pas d’une disposition ne comportant aucune exception ni aucune mesure de
sécurité, bien au contraire. Les détenus ayant écopé d’une peine d’emprisonnement à vie ou d’une durée
indéterminée ne sont pas admissibles à la libération d’office. La LO s’applique aux détenus qui n’ont pas présenté
une demande de libération conditionnelle ou dont la demande de libération conditionnelle a été refusée par le
passé. La LO n’est pas automatique. Les lois actuellement en vigueur prévoient la détention des prisonniers
fédéraux au-delà de la date de LO jusqu’à la «date d’expiration de leur mandat d’emprisonnement», c’est-à-dire la
toute dernière journée où ils peuvent légalement être détenus.
L’objectif premier de la libération d’office est d’assurer la surveillance des délinquants à risques élevés au
moment de leur réintégration dans la communauté, afin de faciliter leur réinsertion. Les prisonniers qui
bénéficient d’une libération d’office doivent respecter un certain nombre de conditions, par exemple demeurer à
l’intérieur d’une région délimitée par leur surveillant de probation, éviter de troubler l’ordre public, avoir une
bonne conduite, respecter la loi et se rapporter régulièrement à leur surveillant de probation et à la police. La
Commission nationale de libération conditionnelle peut aussi imposer des conditions supplémentaires. Le non-
respect de ces conditions pourrait entraîner la réincarcération de l’individu.

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En 2006-2007 :

 5,250 détenus ont bénéficié d’une libération d’office, ce qui représente 65% de toutes les libérations des
institutions fédérales.
 Plus de 97% des détenus ayant obtenu une libération d’office N’ONT PAS récidivé avec violence.
 On a noté une réduction globale de 72% du taux de récidive de toutes catégories chez les délinquants ayant
participé aux Cercles de soutien et de responsabilité (CSR) comparativement à ceux n’ayant pas participé à un
programme d’assistance post-pénale offert par un organisme religieux.

Répercussions

Si l’on décide d’abolir la libération d’office :


• Plus de détenus passeront une plus longue période de temps en prison , ce que l’on associe généralement à une
augmentation des taux de récidive.
• Moins de détenus bénéficieront d’une libération d’office assortie de conditions. Cela signifie qu’ils ne seront pas
sous surveillance dans la communauté à un coût moindre. Après leur libération, ils ne seront pas obligés de
respecter des conditions comme la nécessité d’habiter dans une maison de transition ou de participer à des
programmes d’assistance ou de traitement, dont l’efficacité est plus grande lorsqu’ils sont offerts dans la
communauté plutôt que dans les prisons, comme l’ont démontré de nombreuses études.
• Plus de prisonniers seront detenus jusqu’à la fin de leur peine. Ce sont les détenus dont le risque de récidive est le
plus élevé. Au moment de leur libération, ils ne seront pas obligés de se rapporter à leur surveillant de probation
ni de respecter les conditions imposées par le Service correctionnel du Canada.

Des analyses laissent entendre que l’abolition de la libération d’office entraînera :


$ Une augmentation approximative de 2,310 de la population carcérale fédérale moyenne à quelque moment que
ce soit.
$ Une augmentation annuelle de 203 millions de dollars des frais d’exploitation.
$ Des coûts de plus de 924 millions de dollars au chapitre de la construction des 5 nouveaux établissements
pénitenciers qui seront requis pour loger la population carcérale grandissante.

Il serait plus judicieux d’investir ces montants dans des services qui profiteront à l’ensemble de la communauté.
«Chaque dollar investi dans les premières années représente une économie future de 9$ aux chapitres des services de
santé, des services sociaux et du système judiciaire.» (M. David Butler-Jones, Administrateur en chef de la santé
publique du Canada, 2008).

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Références :

Bonta, J. & Andrews, D., Risk-Need Responsivity Model for Offender Assessment and Rehabilitation (2007)
<http://www.publicsafety.gc.ca/res/cor/rep/_fl/Risk_Need_2007-06_e.pdf>.

Canadian Criminal Justice Association. “Justice Report” (Winter 2008) 23:1

Chen, M.K. & Shaprio, J.M. “Do Harsher Prison Conditions Reduce Recidivism? A Discontinuity-based Approach.” American Law and
Economics Review (2007) 9: 1-29.

Cercles de soutien et de responsabilité: http://www.ccjc.ca/cosa.html

Cost of supervising an offender in the community: $23,105 annually. Cost of average federally incarcerated inmate: $88,067
annually. National Parole Board, Myths and Realities of the NPB (March 2001) < http://www.npb-cnlc.gc.ca/whatsn/myths053
001_e.htm>.

Mentorat/Assistance post-pénale/Présence: www.mapottawa.com

National Parole Board, Myths and Realities of the NPB (March 2001) < http://www.npbcnlc.gc.ca/whatsn/myths053001_e.htm>.

National Parole Board, Performance Monitoring Report (2006-2007). <http://www.npbcnlc.gc.ca/reports/pdf/pmr_2006_2007/index-


eng.htm>.

Wilson, Cortoni, & McWhinnie. (2007). Circles of Support and Accountability: A National Replication of Outcome Findings.
http://www.ccjc.ca/initiatives/r168_e.pdf

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