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FASCICULE 4

PEREZ T., SARTORETTO S., SOLTAN D., CAPO S., FOURT M., DUTRIEUX E.,
VACELET J., HARMELIN J.G., REBOUILLON P. (2000). Etude bibliographique sur les
bioindicateurs de l’état du milieu marin. Système d’évaluation de la Qualité des Milieux
littoraux – Volet biologique. Rapport Agences de l’Eau, 4 fascicules, 642 pp. + 1 Cd-rom.

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – Volet bio
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

CONCLUSIONS

1. RAPPEL ..................................................................................................................................................... 609

2. CONCEPT ET UTILISATION D’OUTILS BIOLOGIQUES .............................................................. 610

3. ETAT DE L’ART DE LA BIOEVALUATION ...................................................................................... 617


3.1. UTILISATION DE BIOACCUMULATEURS COMME SUPPORT D’ANALYSE CHIMIQUE ................................. 617
3.2. EVALUATION ECOLOGIQUE DE LA QUALITE D’UN ENVIRONNEMENT MARIN ......................................... 621
3.3. MESURES DES EFFETS BIOLOGIQUES DES STRESS ENVIRONNEMENTAUX .................... 625

4. RECOMMANDATIONS .......................................................................................................................... 629


4.1. CONCEPT D’UNE STRATEGIE IDEALE DE BIOSURVEILLANCE DE QUALITE DU MILIEU MARIN ................. 629
4.2. PROPOSITIONS D’UN SYSTEME D’EVALUATION DE LA QUALITE ............................................................ 630
4.3. BESOINS EN RECHERCHES COMPLEMENTAIRES ..................................................................................... 633
4.4. PERSPECTIVES................................................................................................................................. 635

5. GLOSSAIRE.............................................................................................................................................. 637

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 608
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

1. RAPPEL
Ce fascicule est la conclusion de l’étude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du
milieu marin. Son objectif est de présenter une synthèse de l’état de l’art développé dans les
fascicules 2 et 3. Les informations obtenues au cours de cette étude sont autant que possible
regroupées dans des vues schématiques pour une compréhension globale de ces résultats. Les
diagrammes présentés ont été en partie inspirés par des ouvrages de références (Blandin,
1986, Lagadic et al., 1997, 1998, Phillips & Rainbow, 1993), des présentations réalisées par
des experts à l’occasion d’une réunion internationale (Fascule 1 ; Annexe II) et parfois édités
sur internet (e.g. www.esd.ornl.gov/programs/bioindicators).
Ce fascicule de synthèse reprendra les traits majeurs des résultats obtenus lors de cette étude
bibliographique, et les articulera en présentant dans un premier temps les grands concepts
d’utilisation des bioindicateurs, dans un second temps l’état des connaissances en matière
d’outils de bioévaluation, et enfin nos recommandations quant à la réalisation d’un système
idéal d’évaluation de la qualité des eaux littorales.

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2. CONCEPT ET UTILISATION D’OUTILS BIOLOGIQUES

La surveillance de la qualité de l'environnement peut se faire suivant deux approches


complémentaires : (i) La détection des polluants et leur quantification ; (ii) l'évaluation des
effets des polluants sur les organismes vivants, soit au niveau des individus, soit au niveau des
populations et / ou communautés. L’accumulation de polluants dans les organismes peut être
le résultat d’une contamination directe depuis le milieu, ou d’une « bio-magnification » au
sein des réseaux trophiques. La détection d’un marqueur de stress peut être le résultat d’effets
combinés de paramètres physico-chimiques, biologiques (compétition pour l’espace, pour la
ressource, etc…) et de contaminants.
Voies de transmission de la contamination au sein des réseaux trophiques

AUTRES STRESS ENVIRONNEMENTAUX

Piscivores Omnivores
CONTAMINANTS

Planctonophages Détritivores

Zooplancton Invertébrés
benthiques

Algues Détritus

Apports de matière
organique

Facteurs de stress d’un organisme


Variations de
Disponibilité
température
d’un habitat
Ressource
Compétition alimentaire

Variables physico- Contaminants


chimiques

Réponses intégrées
Succès de
Croissance reproduction

Réponse au niveau de la
population

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 610
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

QUE SONT LES BIOINDICATEURS ?


Une multitude de mesures de la santé des organismes à plusieurs niveaux d’organisation
biologique et différentes échelles de temps.

Le diagramme précédent montre que l’emploi d’indicateurs écologiques permet une bonne
évaluation des effets à long terme sur les populations et / ou les communautés, et que les
marqueurs biochimiques et moléculaires sont les plus à même de donner une réponse précoce
à un stress. Cependant les liens symbolisés par cette figure entre les différentes réponses
biologiques, qui s’expriment, suivant le stress, depuis l’heure jusqu’à l’année, ne sont que très
rarement connus.

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 611
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Si ces connaissances sont suffisantes, il est alors possible d’utiliser les mesures d’effet au
niveau infra-individuel (marqueurs physiologiques, biochimiques voire moléculaires) pour
évaluer et surtout prévenir précocement les impacts de la contamination.
L'intérêt de la mise en place de grilles de qualité, utilisant une collection de bioindicateurs,
repose sur la nécessité de prendre en compte des effets de la contamination sur
l'environnement à court, moyen et long terme, et de définir les liens existant entre effets
toxicologiques et écologiques.

EVALUATION DE LA QUALITE DE
L’ENVIRONNEMENT

Succès d’une
population

Structure des
populations

Reproduction
ECHELLE DE
TEMPS
Physiologie
Croissance
années Métabolisme

mois
Biochimie
jours
Histopathologie
heures Molécules

INFRA- INDIVIDUEL POPULATION


INDIVIDUEL

STRESS ENVIRONNEMENTAL

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Ainsi, les bioindicateurs peuvent être utilisés dans des programmes de surveillance des
milieux aquatiques pour :

 émettre des signaux précoces de problèmes environnementaux ;

 identifier les relations de cause à effet entre les facteurs d’altération et les effets
biologiques ;

 évaluer l’état de stress global de l’environnement à travers différentes réponses


d’organismes indicateurs ;

 évaluer l’efficacité de mesures réparatrices sur la santé des systèmes biologiques.

Face à un stress, l’état physiologique d’un organisme peut être caractérisé par trois niveaux
majeurs de stress. Ces niveaux sont déterminés en fonction des dommages causés par les
facteurs de stress :

Mort
DESTABILISATION

Dommages importants
Maladie

non réparables 3

Dommages réparables 2
Réparation

Santé Stress 1

Ok

Homéostasie Compensation Non compensation


AFFAIBLISSEMENT

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 613
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

Les techniques biologiques d’évaluation peuvent être utilisées pour caractériser l’état
physiologique des organismes dans chacun des 3 niveaux de stress. Les indicateurs de niveau
1 sont les plus sensibles et les plus précoces.

DES BIOINDICATEURS REPRESENTATIFS DE CHAQUE


NIVEAU DE STRESS
NIVEAU 1 NIVEAU 2 NIVEAU 3
TRES SENSIBLE MOYENNEMENT PEU SENSIBLE
SENSIBLE

Enzymes de détoxication Histopathologies Paramètres de la population


Dommages à l’ADN Immunologie Paramètres de la
communauté
Métabolites dans la bile Energie Altération du sex-ratio
Enzymes anti-oxydantes Indices de condition Altération du régime
alimentaire
Paramètres sanguins Croissance Relations entre les niveaux
trophiques
Protéines de stress Reproduction

Parallèlement à l’application de techniques d’évaluation de la qualité globale du milieu, une


batterie de biomarqueurs peut être déployée de manière à tenir compte de la nature complexe
de la contamination.

Contaminants Sources Biomarqueurs potentiels


Hydrocarbures et pétroles Puits de pétrole, industrie CYP1A, Métabolites des HAP
du pétrole, trafic maritime,
accidents
Métaux lourds Extraction de minerais, MT, HSP, Marqueurs de stress
métallurgie, agriculture oxydants
Pesticides Agriculture, industries, CYP1A, AChE, HSP, GST,
zones de loisirs Vitellogenine
Organochlorés Activité industrielle, CYP1A, HSP, GST,
transformateurs, Vitellogenine, Stress oxydant
combustion, déchets
toxiques, etc.
Hydrocarbures Métallurgie, combustion CYP1A, HSP, GST,
polyaromatiques Métabolites des HAP,
dommages à l’ADN
TBT Peintures antifouling, ports, Imposex
etc.
Alkyl phénols Détergents industriels, Vitellogenine
plastiques, etc.

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Aucune de ces approches ne se suffit à elle-même pour fournir des informations fiables et
complètes sur l'état de l'environnement. Il est aujourd'hui admis que c'est de l'association de
ces différentes approches biologiques couplées avec des mesures de paramètres physico-
chimiques que dépend une évaluation pertinente de la qualité de l'environnement marin.

L’illustration suivante montre comment pourraient s’articuler les différentes méthodes


d’évaluation.

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 615
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

Parmi les approches biologiques d’évaluation de la qualité du milieu marin, on peut


considérer que les marqueurs non spécifiques, fournissant des renseignements sur la santé
globale de l’organisme, et les indicateurs écologiques peuvent être utilisés comme systèmes
d’alarme. Pour identifier les sources de contamination, deux voies sont possibles:
• Les marqueurs spécifiques représentent à la fois un moyen de mesure des effets au niveau
infra-individuel, et une méthode d’identification de la contamination, peu précise, mais
relativement peu onéreuse.
• Les dosages de contaminants dans des organismes aquatiques donnent une image
beaucoup plus précise des niveaux de contamination du compartiment biologique, mais
nécessitent des moyens financiers et matériels beaucoup plus importants.

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3. ETAT DE L’ART DE LA BIOEVALUATION

3.1. UTILISATION DE BIOACCUMULATEURS COMME SUPPORT


D’ANALYSE CHIMIQUE
Tous les types de contaminants sont détectables dans la matière vivante. Les bioindicateurs
idéaux doivent répondre à plusieurs critères de sélection :

_ Etre des espèces opportunistes, tolérantes faces aux perturbations de


l'environnement.
_ Etre sédentaires et abondants sur les sites à étudier.
_ Etre faciles à récolter et à identifier.
_ Accumuler et non pas réguler les contaminants.

Avant de les employer, on doit bien connaître les cinétiques d'accumulation, et en particulier
maîtriser les facteurs influençant sur l'absorption ou l'élimination des contaminants
(température et salinité de l'eau, métabolisme de l'organisme utilisé).
Une question que l'on peut se poser est : "indicateurs de quoi". En effet, les polluants
occupent tous les compartiments du milieu marin : l'eau, les sédiments, le compartiment
biologique. Du mode de vie de l'organisme dépend l'image qu'il va donner de la
contamination. Une algue est susceptible d’accumuler les polluants sous forme dissoute et va
intégrer une tendance générale de contamination du milieu. Parmi les filtreurs, les bivalves
sont les organismes sentinelles les plus évidents. Le mode de fonctionnement de ces
organismes est bien connu, et leur emploi comme organisme sentinelle est internationalement
admis. Généralement, ils reflètent bien les niveaux de contamination observés dans l'eau ou
les sédiments, mais leur mode de vie leur confère une plus grande capacité à mesurer des
phénomènes relativement courts et marqués, plutôt que de grandes tendances spatiales ou
temporelles. Parmi les inconvénients de l’utilisation des bivalves dans les réseaux de
surveillance, on peut citer leur durée de vie trop courte, et leur métabolisme fluctuant qui peut
influencer l'accumulation des contaminants.
Pour pallier aux limites d’utilisation des populations sauvages de bivalves, l’IFREMER et
l’Agence de l’Eau RMC ont développé un programme de transplantation de moules en
Méditerranée. Les campagnes de 1996 et 1998 ont permis l’élaboration et la validation des

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« stations artificielles de moules » à l’échelle d’une façade maritime. Ce nouveau concept


est aujourd’hui prêt à être intégré dans les systèmes d’évaluation de la qualité des eaux
littorales.

Les spongiaires sont aussi des filtreurs actif, mais utilisent une plus large gamme de
particules que les mollusques bivalves. Leur régime alimentaire est composé majoritairement
de bactéries de moins de 2 µm mais aussi de matières organiques dissoutes. Les spongiaires
peuvent donc refléter les niveaux de contamination, à la fois des compartiments dissous et
particulaires. Plusieurs exemples ont montré le potentiel de ces organismes comme
indicateurs écologiques, bioaccumulateurs de polluants et matrice de recherche de marqueurs
biochimiques. Compte tenu de leur large distribution géographique et bathymétrique, de leur
faible niveau de différentiation tissulaire, de leur capacité à capter à la fois du dissous et du
particulaire, ces organismes peuvent apporter des informations complémentaires des bivalves
et peut-être pallier à certaines de leurs limites (Perez, 2000a et b).

D'autres organismes intervenant à un niveau plus avancé du réseau trophique peuvent aussi
jouer un rôle dans l'évaluation de la qualité de l'environnement. Ce rôle peut être joué par
d'autres filtreurs, utilisant du phyto- ou du zooplancton pour se nourrir (cnidaires et crustacés
cirripèdes) ou par des organismes brouteurs, racleurs, prédateurs, nécrophages (échinodermes,
vers polychètes, crustacés décapodes, poissons, etc.). On a alors une bio-concentration de la
pollution dans les échelons supérieurs du réseau trophique. Les questions que l’on se pose
alors doivent être : (i) veut-on déterminer précocement les niveaux de contamination à l’aide
de « pièges à particules biologiques » ? (ii) veut-on avoir une idée de l’impact de cette
contamination sur l’ensemble du réseau trophique ?

De notre point de vue, les organismes sentinelles doivent être utilisés pour déterminer le plus
tôt possible une contamination. Mesurer les niveaux de contamination d’organismes situés à
des échelons élevés des réseaux trophiques n’a d’intérêt que pour des raisons de santé
publique ou pour contribuer à l’étude de l’impact de la pollution sur l’ensemble d’un
écosystème.

Dans l’optique d’une couverture globale des sources de contaminants de l’environnement,


trois groupes d’organismes sont recommandables pour une intégration à court ou moyen
terme dans un système d’évaluation de la qualité du milieu marin :

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Les végétaux : algues et phanérogames marines

Ο sources dissoutes de contaminants

Les invertébrés filtreurs : bivalves et spongiaires

Ο sources particulaires et dissoutes de contaminants.

Les détritivores : vers polychètes et crustacés

Ο contaminants accumulés dans les sédiments.

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CONCLUSIONS Agences de l’Eau

1 : applicable
BIOACCUMULATEURS DE CONTAMINANTS 2 : à développer
MANCHE & ATLANTIQUE 3 : prometteur
MEDITERRANEE 4 : à rechercher

4 3 2 1
Caractère opérationnel

Moules, huîtres, poissons (Limanda limanda, Platichtys flesus, Callionymus lyra)

Algues (Enteromorpha spp, Ascophyllum nodosum, Fucus spp)

spongiaires, vers polychètes, crustacés (espèces à identifier)


Métaux lourds

Moules (Mytilus galloprovincialis)

Spongiaires (Spongia officinalis, Suberites domoncula), poissons (Mullus barbatus,


Serranus sp.)
Phanérogames (Posidonia oceanica)

Algues, vers polychètes, crustacés (espèces à déterminer)

Algues (Ascopyllum nodosum, Fucus vesiculosus)


Radio-éléments

Algues (espèces à déterminer)

Phanérogames (Posidonia oceanica)


métalliques

TBT – moules
Organo-

MeHg et TBT – poissons

Moules (Mytilus sp.), poissons (Gadus morhua, Limanda limanda, Platichtys flesus,
callionymus lyra), mammifères marins (lard de différentes espèces dont Tursiops truncatus)
métabolites, pesticides
PCB, DDT et

Moules (Mytilus sp.), poissons (différentes espèces commerciales, dont Mullus barbatus et
Serranus sp.), mammifères marins (lard de différentes espèces dont Tursiops truncatus)

Spongiaires, vers polychètes, crustacés


(espèces à identifier)

Moules (Mytilus sp.), poissons (Gadus morhua, Limanda limanda, Platichtys flesus,
Hydrocarbures (dont PAH

callionymus lyra), mammifères marins (autopsie de différentes espèces dont Tursiops truncatus)
et métabolites)

Moules (Mytilus sp.), poissons (différentes espèces commerciales, dont Mullus barbatus et
Serranus sp.), mammifères marins (autopsie de différentes espèces dont Tursiops truncatus)

Spongiaires, vers polychètes


(espèces à identifier)

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CONCLUSIONS Agences de l’Eau

3.2. EVALUATION ECOLOGIQUE DE LA QUALITE D’UN ENVIRONNEMENT


MARIN
Ces techniques paraissent moins onéreuses que l’analyse de contaminants dans la matière
vivante. Cependant, l’évaluation de la qualité par l’utilisation de bioindicateurs écologiques
demande souvent, et quels que soient les groupes d’organismes étudiés, des moyens en
personnels et en temps importants. Généralement, ces études nécessitent l’intervention de
naturalistes et écologues spécialistes pour les déterminations. Le temps passé sur le terrain est
également très important.
La majorité des grands groupes d’organismes marins a été utilisée pour des caractérisations
écologiques de la qualité de l’environnement. De nombreuses études de structure des
peuplements en rapport avec une perturbation anthropique ont identifié des espèces ou
groupes d’espèces particulièrement informatifs sur la qualité du milieu. Cependant peu
d’indices écologiques sont aujourd’hui opérationnels. Les démarches de simplification de
l’outil écologique pour l’évaluation de la qualité sont peu nombreuses, et mériteraient donc
amplement d’être encouragées.
A ce jour, la majorité des approches simplifiées s’adressent aux peuplements de substrats
meubles. Parmi les techniques les plus opérationnelles, deux sont particulièrement
intéressantes :

• L'indice trophique (IT) de Word (1990), développé pour évaluer l'impact de la pollution
organique sur les milieux côtiers californiens et repris pour une application en milieux
côtiers britanniques (Codling et Ashley, 1992) apparaît comme le plus opérationnel. L'IT
fait aujourd'hui l'objet d'une adaptation au contexte méditerranéen. Il a déjà été appliqué
avec succès à l'impact de l'émissaire de la station d'épuration de Toulon au cap Sicié
(champ proche) et à la qualité des fonds du golfe d'Aigues Mortes (champ moyen) où il
permet de mettre en évidence des gradients d'enrichissement organique. Cet indice peut
être considéré aujourd'hui comme opérationnel. Son adaptation à une zone donnée
suppose simplement d'attribuer les espèces rencontrées à un groupe trophique. Cet indice
est probablement mieux adapté à l’étude de gradients prononcés qu’à des études en
champs moyen ou lointain1.

1
Champ proche = zone présentant un gradient de pollution très prononcé dont on peut clairement identifier la source ; champ moyen = zone
sous influence de plusieurs sources de pollution ; champ lointain = zone dont le niveau de pollution correspond au bruit de fond.

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CONCLUSIONS Agences de l’Eau

• Le travail sur les foraminifères du LEBIM : malgré leur petite taille, ces protozoaires
benthiques peuvent être de bons candidats pour l’évaluation de la qualité des substrats
meubles. Certaines espèces sont considérées comme cosmopolites, et le groupe est bien
représenté dans toutes les aires géographiques. Cette approche peut s’avérer très utile en
milieu portuaire et estuarien ; elle est d’ailleurs régulièrement employée sur la façade
Atlantique. Un indice appelé « indice de confinement » (Debenay, 1995) est opérationnel
en milieu tropical et nécessiterait une adaptation pour être appliquée en aires tempérées.

En substrats durs, plusieurs approches ont été développées, sans être par la suite normalisées :
• L’indice IAP de Bellan (1980, 1984) utilisant les Polychètes, appliqué à de nombreuses
reprises sur le littoral français, et principalement sur le champ proche ;
• L’indice amphipodes de Bellan-Santini (1981) mis au point en Méditerranée,
• L’indice IP proposé par Belsher (1979) pour les macroalgues en Méditerranée.

La simplification structurale des peuplements de macroalgues de milieux pollués permet


d'envisager l'étude de ce degré d'altération pour la caractérisation de la qualité du milieu.
Quelques voies de recherche sont envisageables et prometteuses : le suivi de la stratification
des peuplements algaux en fonction du degré de perturbation, l'inventaire des peuplements
d'un étage littoral donné pour un classement en catégories diversement altérées le long d'un
littoral. Ces méthodes en privilégiant les aspects structuraux des peuplements
(indépendemment de la composition spécifique), permettent d'envisager la mise au point d'un
outil généralisable à différentes façades maritimes.

Une démarche similaire est en cours dans le cadre d’un programme national sur les
bioindicateurs de substrats durs, et concerne les grands bryozoaires « ascophores dressés ».

Les poissons sont les organismes qui suscitent le plus grand intérêt des usagers de la mer. Ils
sont couramment employés pour des dosages de contaminants ou des mesures d’effets
biologiques. Cependant, leur utilisation pour une évaluation écologique de la qualité du milieu
marin n’est pas aisée, compte tenu de l’interaction de nombreux facteurs sur la composition
des peuplements (effort des pêches professionnelle et amateur, fréquentation, pollution,
facteurs physico-chimiques, migrations, etc.). A ce jour, aucune méthode d’évaluation par les
peuplements de poissons n’est opérationnelle.

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 622
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

Enfin, la valeur du patrimoine sous-marin est aujourd'hui intégrée dans la plupart des études
conduisant à la mise en place de schémas d'aménagement du littoral, de contrats de baies ou
d'observatoire du littoral. Pourtant les approches méthodologiques proposées conduisent
rarement au développement ou à l'utilisation de véritables outils standardisés d'évaluation puis
de suivi. Chaque équipe d'intervenants possède sa propre approche, basée la plupart du temps
sur des inventaires plus ou moins exhaustifs d’espèces remarquables et / ou déterminantes,
et excluant généralement une vision globale et intégrée de ce patrimoine. Il semble donc
nécessaire aujourd'hui d'établir les bases d'une véritable évaluation du patrimoine sous-marin,
en s’appuyant sur des outils fiables permettant le suivi de sa dégradation ou de sa restauration.

De la même manière, un certain nombre d’espèces sont suffisamment informatives pour


donner une image de la qualité du milieu où elles prospèrent. Il peut s’agir d’espèces
autochtones proliférantes dans des conditions trophiques particulières, ou d’espèces
allochtones invasives.

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 623
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

Le diagramme suivant présente la synthèse des approches écologiques les plus


opérationnelles.

APPROCHES ECOLOGIQUES 1 : applicable


MEDITERRANEE 2 : à développer
3 : prometteur
MANCHE & ATLANTIQUE
4 : à rechercher

4 3 2 1

Phanérogames : Posidonia oceanica Caractère


opérationnel
Phanérogames : Zostera spp.
Espèces (ou groupes d’espèces)

Macroalgues : Fucales, Ulvales


bioindicatrices

Spongiaires : Cliona celata, Cliona viridis

Vers polychètes : Capitella capitata, Malacoceros fuliginosa, Cirriformia tentaculata,


Dorvillea rudolphii

Crustacés amphipodes : Jassa falcata, Podocerus variegatus


Crustacés copépodes : Acartia spp., Podon spp.

Indice Annélidien de Pollution (IAP)


Indices biotiques

Indice Trophique (IT)

Indice de confinement (IC, Foraminifères)


Structure des peuplements et des communautés

Phytoplancton

Zooplancton
Macro-échinodermes

Foraminifères

Macroalgues

Spongiaires

Bryozoaires

Gorgonaires

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3.3. MESURES DES EFFETS BIOLOGIQUES DES STRESS


ENVIRONNEMENTAUX
L’unité biologique du monde vivant rend possible l’utilisation des mêmes types de
biomarqueurs chez des organismes appartenant à des groupes taxonomiques très variés du
règne animal et végétal. La possibilité de mesurer des biomarqueurs qui remplissent des
fonctions similaires chez des organismes très différents donne en théorie accès à l’ensemble
des compartiments de la biosphère afin d’y déceler la présence de polluants et éventuellement
d’évaluer les effets de ces derniers sur les animaux et les végétaux.

Les biomarqueurs peuvent être classés selon deux approches (cf. fasc. 2) :
ƒLes marqueurs d’exposition et les marqueurs d’effets,
ƒLes marqueurs de qualité générale et les marqueurs spécifiques d’un contaminant.

Les marqueurs spécifiques offrent la possibilité d’une part d’identifier un type de


contamination et d’autre part de mesurer les effets de cette contamination sur les organismes.
De la même manière que les tests de toxicité, les marqueurs de qualité globale peuvent servir
de système d’alarme d’un organisme ou d’une population. Comme les tests de toxicité sub-
létale, ils peuvent donner, avec une meilleure sensibilité, une indication des effets de la
contamination.

Une bonne évaluation de la qualité par les biomarqueurs passe par la validation d’un certain
nombre d’entre eux. De nombreuses réunions d’experts ont lieu chaque année, et permettent
de valider régulièrement l’intérêt de nouvelles techniques. La plus récente s’est déroulée à
Copenhague en novembre 1998. Cette réunion a permis de valider les techniques les plus
prometteuses et a donné lieu à une proposition de programme d’application pilote du concept
de biomarqueurs. Ce programme sera proposé pour un financement européen dans le courant
de l’année 1999. Au niveau national aussi, certaines techniques vont faire l’objet d’une
application pilote dans le cadre du RNO. Seront étudiés durant deux années dans la moule :
Cytochrome P4501A (BaP hydroxylase), Acétylcholinestérase, Stabilité lysosomale, Adduits
à l’ADN, Indice de condition, Malformation des gonades, et système MXR.

Compte tenu des programmes d’intercalibration de ces méthodes en cours et des applications
pilotes à venir, les diagrammes qui suivent font la synthèse de ce qui pourrait être

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 625
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

opérationnel à court ou moyen terme. Autant que faire se peut, la distinction de niveau
d’opérationnalité des méthodes sera aussi faite en fonction de la façade maritime, et surtout
des modèles animaux utilisables (cf. fascicule 3).

BIOMARQUEURS DE QUALITE 1 : applicable


2 : à développer
GLOBALE 3 : prometteur
(TOUTE ZONE GEOGRAPHIQUE) 4 : à rechercher

4 3 2 1

Caractère
Test Comète – moules et hépatocytes de poissons opérationnel
Génotoxixité

Fragmentation de l’ADN - moules

Fragmentation de l’ADN – Spongiaires et autres invertébrés


(identifier les meilleures espèces)
Cytotoxicité

Stabilité des membranes lysosomales – moules et hépatocytes de poissons

Stabilité des membranes lysosomales – identifier de nouvelles espèces


Protéines de

Protéines de choc thermique – moules et autres invertébrés (espèces à identifier)


stress

Système de résistance multixénobiotique – moules et autres invertébrés (espèces à


identifier)

« Scope for Growth » - mollusques bivalves (moules, huîtres et autres)


Métabolisme

Test « stress sur stress » - moules

Maladies cutanées – espèces commerciales, poissons plats (flet, limande, etc.)

Test de toxicité sub-létale (effluents et délais de dragages) –larves d’invertébrés


(moules, huîtres, vers polychètes)

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CONCLUSIONS Agences de l’Eau

BIOMARQUEURS SPECIFIQUES 1 : applicable


(MANCHE ET ATLANTIQUE) 2 : à développer
3 : prometteur
4 : à rechercher

4 3 2 1

Caractère
Métallothionéines – poissons (Flet, limande, dragonnet, hépatocytes) opérationnel
Métaux lourds

Métallothionéines – moules, huîtres

Métalloprotéines – autres invertébrés bioaccumulateurs

Adduits à l’ADN – poissons (morue, flet)


polyaromatiques
Hydrocarbures

Adduits à l’ADN – moules

Métabolites des HAP dans la bile – poissons (morue, flet, turbot)

Cytochrome P450, EROD – poissons (limande, flet, plie, turbot, dragonnet,


Organochlorés (PCB, DDT)

hépatocytes)

Cytochrome P450, BaPMO - moules

Autres activités enzymatiques du système MFO – poissons et invertébrés


bioaccumulateurs

Acétylcholinestérase – poissons (limande, flet, dragonnet)


Pesticides

Acétylcholinestérase – mollusques bivalves, crustacés


Organométalliques

IMPOSEX – mollusque gastéropode (Nucella lapilus)


TBT

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BIOMARQUEURS SPECIFIQUES 1 : applicable


(MEDITERRANEE) 2 : à développer
3 : prometteur
4 : à rechercher
4 3 2 1

Caractère
Métallothionéines – poissons (rascasses, sars) opérationnel
Métaux lourds

Métallothionéines – moules, hépatocytes de poissons

Métalloprotéines – autres invertébrés bioaccumulateurs

Adduits à l’ADN – poissons (rouget, serrans)


polyaromatiques
Hydrocarbures

Adduits à l’ADN – moules

Métabolites des HAP dans la bile – poissons (espèces à déterminer)


Organochlorés (PCB, DDT)

Cytochrome P450, EROD – poissons (rougets, serrans, hépatocytes)

Cytochrome P450, BaPMO - moules

Autres activités enzymatiques du système MFO – poissons et invertébrés


bioaccumulateurs

Acétylcholinestérase – poissons (rougets, serrans)


Pesticides

Acétylcholinestérase – mollusques bivalves, crustacés (espèces à déterminer)


Organométalliques

IMPOSEX – mollusque gastéropode (espèces à déterminer)


TBT

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 628
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4. RECOMMANDATIONS

4.1. CONCEPT D’UNE STRATEGIE IDEALE DE BIOSURVEILLANCE DE


QUALITE DU MILIEU MARIN
Tout ce qui a précédé avait pour objectif de réaliser un recensement des techniques
biologiques disponibles ou envisageables pour la création du SEQ littoral. A partir de cet état
des connaissances, une bonne stratégie de surveillance doit intéger le meilleur rapport
« qualité / prix ». Le dernier volet de cette étude consiste donc à présenter le concept d’une
stratégie idéale de biosurveillance. Compte tenu de tout ce qui a été énoncé précédemment,
cette stratégie doit se décomposer en plusieurs phases :

Phase 1 : Détection précoce d’une perturbation


Cette phase doit impliquer les techniques les plus économiques et les plus globales possible.
¾L’observation dans le milieu d’espèces particulièrement indicatrices d’une perturbation
peut permettre de signaler un problème environnemental.
¾Des tests de toxicité sub-létale ou des marqueurs non spécifiques (génotoxicité,
cytotoxicité, protéines de stress, marqueurs de maladie) peuvent donner des signaux
d’alarme plus précoces.

Phase 2 : Identification de la nature de la contamination


Cette phase peut impliquer deux types d’approches complémentaires :
¾Des dosages de contaminants dans la matière vivante, relativement coûteux mais
permettant d’identifier de façon très précise la composition d’un complexe de
contaminants ;
¾Des recherches de marqueurs spécifiques, moins onéreux, mais moins précis que les
dosages chimiques, qui toutefois permettent aussi de mesurer les effets des contaminants
sur les organismes.

Phase 3 : Suivi à long terme de la qualité du milieu marin


Cette phase fait appel à des mesures périodiques d’un certain nombre de paramètres qui
peuvent être écologiques (eg. réseau posidonie, suivi des peuplements benthiques), chimiques
(eg. RNO, Mussel Watch) ou biochimiques (à définir).

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 629
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

4.2. PROPOSITIONS D’UN SYSTEME D’EVALUATION DE LA QUALITE


La combinaison d’approches biologiques et le découpage en trois phases d’évaluation de la
qualité doivent être appliqués aux différents compartiments et plus particulièrement aux
champs proche (zone influencée par un rejet identifié), moyen (zone influencée par les
apports telluriques) et lointain (zone du large). Les schémas suivants présentent les
combinaisons réalisables sur les différentes façades maritimes françaises, en fonction du
caractère opérationnel d’une approche. Ils présentent à la fois les outils directement
intégrables dans le SEQ bio, et ceux qui pourraient l’être à court terme après la fin de
programmes de recherche en cours ou la réalisation de courtes études complémentaires.

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 630
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio
631
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio
632
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

4.3. BESOINS EN RECHERCHES COMPLEMENTAIRES


Malgré la disponibilité d’un panel conséquent de techniques d’évaluation, il existe
aujourd’hui peu de connaissances sur les liens entre les images apportées par ces différentes
approches. En particulier, il convient d’identifier les différentes étapes qui mènent de la
manifestation précoce d’un stress au niveau moléculaire à la modification globale d’une
population voire d’un écosystème. Les besoins présentés ci-dessous traduisent aussi des
manques dans la couverture des différents compartiments du milieu marin pour la réalisation
d’une grille de qualité complète.

APPROCHE ECOLOGIQUE

Un indice écologique basé


Un indice écologique basé sur des les peuplements de la colonne d’eau
peuplements de substrats durs (poissons)

Des candidats Standardisation d’un protocole


d’évaluation de la valeur patrimoniale des
fonds marins

Macroalgues
Bryozoaires
Ascidies
Echinodermes

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 633
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

DE NOUVEAUX
BIOACCUMULATEURS

Validation de l’emploi des algues et Validation de l’emploi d’organismes


des phanérogames comme détritivores ou suspensivores comme
accumulateurs de polluants dissous accumulateurs de polluants piégés dans les
dans l’eau de mer sédiments marins

Des candidats

Crustacés (Carcinus maenas)


Polychètes (Neanthes arenaeodentata, Nereis spp.)

Remarque : les espèces proposées sont d’une part très bien réparties sur l’ensemble du
littoral français, et ont d’autre part fait l’objet de plusieurs études écotoxicologiques.

RECHERCHES DE BIOMARQUEURS

En général, valider l’emploi


de mesures d’effets
biologiques pour évaluer
Des méthodes pour travailler en
l’état de santé du
milieu rocheux de l’infra- et du
compartiment biologique
circalittoral

Biomarqueurs dans les


bivalves et les poissons

Processus d’apparition des nécroses chez


les gorgonaires (e.g. marqueurs précoces
de stress)

Biomarqueurs dans les espèces


de substrats meubles
Recherche de biomarqueurs dans les spongiaires. Mise
en évidence des processus de détoxication des polluants
organiques et inorganiques (cytochrome P450,
métallothionéines, etc.)

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 634
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

4.4. PERSPECTIVES

L’ensemble de ces documents (fasc. 1 à 4) a présenté des techniques et des organismes qui ont
un rôle à jouer dans la création du SEQ littoral.

De même que le concept d’une espèce unique pour la surveillance de l’environnement marin a
été abandonné, une évaluation précise et globale de l’état santé de l’environnement marin
requiert plusieurs techniques, s’adressant à différents niveaux, de la molécule jusqu’à
l’écosystème. L’idéal serait de réussir à combiner ces différentes approches de manière à
mieux comprendre les mécanismes de perturbation voire de disparition des écosystèmes.

L’enjeu d’un tel système d’évaluation réside dans sa pérennité, la précocité et la sensibilité de
l’information qu’il donne. Avec l’optimisation des structures d’assainissement des eaux usées,
la qualité des milieux récepteurs s’améliore, mais les polluants encore présents sont de plus en
plus insidieux, et parfois véhiculés par des particules très fines. Il convient donc de mettre en
œuvre des outils offrant une bonne sensibilité face à ce type de pollution et de s’intéresser aux
effets qu’elle peut avoir.

Plusieurs outils permettant de mesurer les effets de la contamination sont aujourd’hui


disponibles pour un test à l’échelle du littoral. Les réseaux de surveillance employant des
techniques d’évaluation biologique de la qualité des milieux sont pour le moment très peu
nombreux dans le monde.

Un des problèmes à résoudre avant d’appliquer en routine de tels outils réside dans la
compréhension des liens existants entre les différents niveaux de perturbation.
Exemple : liens entre l’affection d’une fonction enzymatique à la modification d’un comportement voire de la
composition d’un peuplement.

D’autre part, il existe un manque de connaissance fondamentale des référentiels pour la


majeur partie des outils biologiques recensés, résultant le plus souvent d’un manque de
connaissance des effets combinés que peuvent avoir les altéragènes entre eux ou avec d’autres
types de paramètres environnementaux. En milieu marin, la température, la salinité, la
turbidité, l’éclairement et l’hydrodynamisme sont probablement parmi les paramètres qui ont

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 635
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

un impact majeur sur les référentiels des outils biologiques envisageables dans le cadre d’un
réseau de surveillance.

Le caractère hautement technique ou spécifique de certaines de ces approches peut aussi en


partie expliquer le manque d’application d’outils biologiques. Mais la vulgarisation de ces
outils doit passer par des applications pilotes.

S’il veut donner la meilleure image possible de la qualité de l’environnement littoral, le SEQ
doit permettre aux approches biologiques les plus prometteuses de combler les déficits en
connaissance et de leur faire passer le cap de la haute technicité.

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 636
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

5. GLOSSAIRE
Acétylcholinestérase (AChE) : enzyme jouant un rôle primordial dans la transmission de
l’influx nerveux. De nombreux contaminants neurotoxiques peuvent être impliqués dans les
phénomène d’inhibition de cette enzyme.

Adduit à l’ADN : addition de produits à l’ADN provoquant des altérations structurales, et


provenant de la métabolisation de xénobiotiques en composés actifs susceptibles de se lier.

Altéragène : entité susceptible d’entraîner chez les organismes vivants une altération des
fonctions biologiques au niveau biochimique, cellulaire, histologique, individuel ou
biocénotique.

Apoptose : mortalité cellulaire brutale se distinguant du processus de nécrose par l’absence


apparente de phénomène déclenchant.

Bioaccumulation : accumulation par les organismes vivants de contaminants présents dans le


milieu ambiant.

Bioamplification (biomagnification) : concentration par les organismes vivants de


contaminants par des voies indirectes (nourriture, etc) jusqu’à des niveaux nettement
supérieurs au niveau de contamination du milieu physique (eau, sédiments)

Bioconcentration : capacité des organismes vivants à accumuler certains contaminants


directement à partir du milieu ambiant.

Bioévaluation : ensemble des procédures à fondements biologiques qui peuvent servir à


l’établissement de diagnostics écologiques.

Bioindicateur (= indicateur biologique) : organisme ou ensemble d’organismes qui, par


référence à des variables biochimiques, cytologiques, physiologiques, éthologiques ou
écologiques, permet, de façon pratique et sûre, de caractériser l’état d’un écosystème ou d’un
écocomplexe et de mettre en évidence aussi précocement que possible leurs modifications,
naturelles ou provoquées (Blandin, 1986).

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 637
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

Biosurveillance (= biomonitoring) : stratégie de surveillance de la qualité des milieux grâce


à des organismes vivants utilisés comme bioaccumulateurs, indicateurs écologiques ou
biomarqueurs.

Caging : méthode consistant à placer en milieu naturel des organismes vivants confinés en
cage de manière à réaliser par la suite des dosages de contaminants ou de biomarqueurs.

Carcinogène : qualifie tout facteur qui provoque le cancer et qui peut être de nature physique,
chimique, bactérienne ou virale.

Coenenchyme : chez les Gorgonaires, c’est le tissu vivant couvrant le squelette corné ou
calcaire. Il comprend notamment l’ensemble des polypes qui forment la colonie.

Cytochromes P450 : enzymes intervenant dans les processus de biotransformation, qui


catalysent l’oxydation et la fonctionnalisation des xénobiotiques. Certains sont inductibles par
des micropolluants de l’environnement, et peuvent être utilisés comme biomarqueurs
(CYP1A, en particulier).

Cytosol : synonyme de hyaloplasme. Milieu cellulaire où baignent tous les organites


cytoplasmiques.

Epiphyte : organisme animal ou végétal qui vit sur un végétal.

EROD : activité enzymatique (7-éthoxyrésorufine-O-déethylase) permettant de mesurer


l’induction du cytochrome P4501A1.

Etage littoral : espace vertical du domaine benthique où règnent des conditions relativement
homogènes auxquelles correspond un peuplement donné. Quelque soit la région du globe, on
rencontre un schéma d’étagement très constant et l’on distingue d’une manière générale :
- un étage supralittoral au dessus du niveau atteint par les hautes mers et les vagues mais
recevant les embruns,
- un étage médiolittoral soumis à une humectation périodique en raison des marées et des
vagues,

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 638
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

- un étage infralittoral toujours immergé ou ne connaissant pas d’émersion prolongée en tant


que phénomène habituel. Cet étage se termine lorsque disparaissent les végétaux photophiles
(algues ou phanérogames),
- un étage circalittoral où ne subsistent que des algues sciaphiles et défini essentiellement
par le peuplement animal. Cet étage s’étend sur le plateau continental.

Génotoxicité : propriété d’un contaminant à altérer les molécules du patrimoine génétique


(ADN et ARN).

Heat Shock Protein (HSP) ou protéine de choc thermique : de la famille des protéines
inductibles par un stress (HSP, Ubiquitine, Métallothionéines, P-glycoprotéines du MXR,
etc.) présentes chez tous les organismes vivants (de la bactérie aux mammifères supérieurs) et
induites par des stress thermiques ou par des altéragènes (métaux, PCB, virus, parasite, etc.).

Hémolymphe : terme générique utilisé pour désigner le liquide du milieu intérieur (« sang »)
des invertébrés.

Hépatocarcinome : tumeur maligne du foie à structure épithéliale prédominante.

Hépatopancréas : glande digestive présente chez les mollusques.

Hyperplasie : augmentation du volume d’un tissu par multiplication cellulaire sans


changement de taille des cellules.

Imposex : apparition de caractères sexuels mâles (pénis) chez les femelles de mollusques
gastéropodes, induite par la contamination par le TBT.

Indicateur écologique : (voir BIOINDICATEUR), dans l’ensemble des indicateurs


biologiques, correspond soit à des populations, soit à des ensembles pluri-spécifiques. Il est
dans ces cas fait appel à des techniques propres à l’écologie.

Intertidal : de l’anglais « tide » (marée), désigne la zone de balancement des marées.

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 639
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

Lépidochronologie : technique permettant de donner un âge en années aux faisceaux de


Posidonia oceanica en utilisant les variations d’épaisseur des écailles (pétiole persistant des
feuilles).

Lymphocystis : Maladie virale reconnaissable par la présence de nodules sur le corps, les
nageoires et parfois dans la bouche des poissons.

Lysosome : organite cellulaire polymorphe des cellules animales et végétales. Les lysosomes
sont limités par une membrane lipoprotéique et contiennent des enzymes (hydrolases).

Métallothionéines : famille de protéines et d’oligopeptides de faible poids moléculaire et


riche en cystéine, susceptibles de se lier aux métaux. Elles se retrouvent dans tout le règne
animal et végétal et interviennent les processus de détoxification et de régulation au niveau
cellulaire.

MFO : « Mixed Function Oxidase system », système enzymatique microsomal intervenant


dans la transformation des xénobiotiques absorbés par l’organisme.

Micronoyaux : aberrations chromosomiques résultant de cassures ou de la désorganisation du


fuseau chromatique. Les micronoyaux séparés du noyau principal sont en fait des fragments
d’ADN.

MXR : Système de résistance multiple aux xénobiotiques, assimilés au système de résistance


multi-drogue des cellules cancéreuses humaines, conférant à la cellule la faculté de résister à
un large éventail de composés cytotoxiques. L’expression d’une P-glycoprotéine du système
MXR, responsable de l’expulsion des toxines exogènes, peut être utilisée comme
biomarqueur.

Neurotoxique : qualifie l’action d’une substance toxique agissant sur le système nerveux.

Nodule : terme général désignant des petites tumeurs sphérique.

Oncogène : gène qui après altération devient capable de transformer une cellule normale en
cellule tumorale.

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 640
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

Osmorégulation : régulation de la pression osmotique intérieure par échanges d’eau et de


sels minéraux avec le milieu extérieur.

Papillome : tumeur bénigne en forme de papille, se développant sur la peau ou les


muqueuses.

PCB : abréviation de Poly Chloro Biphényl. Famille d’Hydrocarbures halogénés largement


utilisé par l’industrie (lubrifiants, peintures, plastifiants, condensateurs, etc).

Photoautotrophe : organisme capable de subvenir à ses besoins métaboliques à partir de


sources de matières nutritives exclusivement minérales et en employant comme source
d’énergie le rayonnement solaire.

Prénéoplasie : processus de formation de tissu nouveau menant à l’apparition d’une tumeur.

Rhizome : tige des végétaux vasculaires, rampante et souvent enfoncée dans le substrat.

Stabilité lysosomale : Test visant à évaluer l’intégrité de la membrane des lysosomes de la


cellule.

Stress : ensemble de perturbations biologiques provoquées par une agression quelconque sur
un organisme et des réponses de celui-ci.

Subtidal : de l’anglais « tide » (marée), désigne la zone en dessous de la zone de balancement


des marées.

Test comète : Technique de mesure du niveau de fragmentation de l’ADN. Elle ne nécessite


pas au préalable d’extraction de l’ADN.

Test « Stress sur Stress » : temps de survie à l’air ; technique de mesure de l’état de stress
global d’un lot de moules.

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 641
CONCLUSIONS Agences de l’Eau

Vitellogénine : lipoprotéine plasmatique, précurseur du vitellus de l’œuf. L’élévation du taux


plasmatique de cette protéine chez les mâles, constitue un biomarqueur sensible et spécifique
des substances « oestrogeno-mimétique ».

Xénobiotique : molécule non produite par les organismes vivants, provenant des activités
humaines, présente dans le milieu extérieur et susceptible d’être accumulée par ces
organismes et / ou d’y provoquer des altérations d’ordre, biologique, physiologique et
biochimique.

Etude bibliographique sur les bioindicateurs de l’état du milieu marin SEQ littoral – volet bio 642